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15 janvier 2021 5 15 /01 /janvier /2021 12:28
Converser avec un robot ?

 

Converser avec un robot ? Mais quel intérêt ? Et pourtant, ces robots conversationnels existent déjà...

En Corée du sud, Lee Luda, un chatbot, permet de converser avec ce qui serait une étudiante de 20 ans.

Ce robot a rapidement obtenu un succès phénoménal grâce à sa spontanéité, son naturel.

Une jeune étudiante a forcément du succès !

On croit rêver ! Nous voici dans un scénario digne du film de Spike Jonze intitulé Her, une histoire moderne qui aborde le thème de la solitude dans nos sociétés déshumanisées.

 
Le héros de ce film Théodore est un homme sensible, inconsolable à la suite d'une rupture amoureuse. Il acquiert alors un logiciel informatique, capable de s'adapter à la personnalité de chaque utilisateur. En lançant le système, il fait la connaissance de Samantha, une voix féminine pleine de charme, intelligente, et particulièrement drôle... c'est alors que commence un jeu de séduction et les deux personnages tombent amoureux l'un de l'autre.


On le voit : un thème passionnant qui évoque l'emprise des ordinateurs dans le monde moderne...

 

Et ce robot sud coréen illustre bien cette emprise.

Comment peut-on avoir envie de converser avec une machine ?

Il déjà assez agaçant de tomber sur un robot, lorsqu'on se sert d'un téléphone...

 

En plus, ce robot a déraillé : il a tenu des propos sexistes, homophobes, et a prononcé des propos haineux à l'encontre de personnes handicapées.

" Lee Luda fonctionnait sur la base de discussions qui ont existé, et ses déboires pourraient être révélateurs de l'enracinement de certaines idées au sein de la société sud-coréenne."

En fait, si les robots déraillent, c'est l'homme qui en est l'origine. Les machines ne font que reproduire ce qu'on leur a appris.

Inutile donc de rêver à de machines parfaites...

 

La modernité nous entraîne ainsi à créer des objets inutiles, des gadgets sans intérêt...

Plutôt que de converser avec un robot, il serait plus bénéfique de converser avec des livres.

La lecture ouvre des horizons nouveaux, les livres rendent compte d'expériences, de sentiments, de sensations...

La lecture nous rend plus heureux, plus épanouis, et meilleurs. Elle nourrit notre âme et notre intelligence...

La lecture peut ainsi nous métamorphoser, elle élargit nos horizons...

 

Oui, les livres permettent une conversation enrichissante avec leurs auteurs, leurs personnages...

Mieux vaut un bon livre qu'un robot !

 

 

 

Source :

 

https://www.lepoint.fr/monde/coree-du-sud-un-chatbot-deraille-et-se-revele-homophobe-et-sexiste-14-01-2021-2409591_24.php

 

 

 

Converser avec un robot ?
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6 novembre 2020 5 06 /11 /novembre /2020 11:26
Les chansons et le cinéma : tout un programme...

 

 

Un concert de chansons et des airs d'accordéon, des musiques de films : un très joli moment pour ce concert donné dans une bibliothèque, au milieu des livres, des films, des disques, des partitions...

Une ambiance chaleureuse, intimiste, grâce au bibliothéco-maestro Jean Bousquet-Véla, et à l'accordéoniste Esther Hégé....

Une belle complicité avec le public, des chansons connues de notre répertoire, ou d'autres venues d'ailleurs...

 

D'abord, les artistes nous invitent à une belle promenade au bord de l'eau... une chanson emplie de gaieté et de joie de vivre... une chanson créée en 1936 pour le film La Belle Équipe, réalisé par Julien Duvivier.

Dans le film, elle est chantée par Jean Gabin. Les paroles furent écrites par Julien Duvivier et Louis Poterat, et la musique par Maurice Yvain et Jean Sautreuil.

Le texte évoque tout un monde de sensations agréables : "l'odeur des fleurs, le bleu, le vert, le trémolo des p'tits oiseaux."

 

"Quand on s'promène au bord de l'eau
Comme tout est beau
Quel renouveau
Paris au loin nous semble une prison
On a le coeur plein de chansons
L'odeur des fleurs
Nous met tout à l'envers
Et le bonheur
Nous saoule pour pas cher
Chagrins et peines
De la semaine
Tout est noyé dans le bleu dans le vert

Un seul dimanche au bord de l'eau
Au trémolo
Des p'tits oiseaux
Suffit pour que tous les jours semblent beaux
Quand on s'promène au bord de l'eau"

 

Puis, c'est la magnifique Complainte de la butte qui raconte un beau rêve d'amour : 

 

"En haut de la rue St-Vincent
Un poète et une inconnue
S'aimèrent l'espace d'un instant
Mais il ne l'a jamais revue

Cette chanson il composa
Espérant que son inconnue
Un matin d'printemps l'entendra
Quelque part au coin d'une rue

La lune trop blême
Pose un diadème
Sur tes cheveux roux
La lune trop rousse
De gloire éclabousse
Ton jupon plein d'trous..."

 

La Complainte de la Butte a été écrite par Jean Renoir pour les paroles et Georges van Parys pour la musique. Créée originellement pour le film French Cancan (1955) de Jean Renoir, La Complainte de la Butte est devenue un classique de la chanson française.

 

Puis, on redécouvre une autre Complainte, celle des infidèles, avec laquelle Mouloudji obtint son premier grand succès, une chanson extraite du film La Maison Bonnadieu de Carlo Rim (1951).

 

"Bonnes gens
Ecoutez la triste ritournelle
Des amants errants
En proie à leurs tourments
Parce qu'ils ont aimé
Des femmes infidèles
Qui les ont trompés
Ignominieusement...

(Refrain)
Coeur pour coeur
Dent pour dent
Telle est la loi des amants
Coeur pour coeur
Dent pour dent
Telle est la loi des amants."

 

On se laisse, ensuite, charmer par la douce Chanson de Maxence, extraite du film Les Demoiselles de Rochefort...

 


"Je l'ai cherchée partout j'ai fait le tour du monde
De Venise à Java de Manille à Hankor
De Jeanne à Victoria de Vénus en Joconde
Je ne l'ai pas trouvée et je la cherche encore

Je ne connais rien d'elle et pourtant je la vois
J'ai inventé son nom j'ai entendu sa voix
J'ai dessiné son corps et j'ai peint son visage
Son portrait et l'amour ne font plus qu'une image

Je pourrais vous parler de ses yeux, de ses mains
Je pourrais vous parler d'elle jusqu'à demain..."

 

 

On écoute encore avec bonheur India Song, titre d'une chanson tirée du film éponyme, interprétée notamment par Jeanne Moreau :

"Chanson,
Toi qui ne veux rien dire
Toi qui me parles d'elle
Et toi qui me dis tout
Ô, toi,
Que nous dansions ensemble
Toi qui me parlais d'elle
D'elle qui te chantait
Toi qui me parlais d'elle
De son nom oublié
De son corps, de mon corps..."

 

 


Pour ne pas oublier le registre humoristique, Jean Bousquet-Véla interprète une chanson célèbre de Boby Lapointe "Avanie et Framboise", que l'on pouvait entendre dans le film de François Truffaut Tirez sur le pianiste (réunissant en vedettes Charles Aznavour et Marie Dubois), sorti en 1960.

 Ce virtuose des calembours nous a laissé des textes d'une drôlerie inouïe...
Boby Lapointe nous surprend encore par les trouvailles de langage dont il fait preuve : poète incontestable des mots, il nous fait rire, sourire de sa bonne humeur...

 

"Elle s'appelait Françoise
Mais on l'appelait Framboise
Une idée de l'adjudant
Qui en avait très peu, pourtant, des idées
Elle nous servait à boire
Dans un bled du Maine-et-Loire
Mais ce n'était pas Madelon
Elle avait un autre nom
Et puis d'abord, pas question
De lui prendre le menton
D'ailleurs, elle était d'Antibes !
Quelle avanie !

Avanie et Framboise
Sont les mamelles du destin !


Pour sûr qu'elle était d'Antibes !
C'est plus près que les Caraïbes
C'est plus près que Caracas
Est-ce plus loin que Pézenas ? Je ne sais pas
Et tout en étant Française
L'était tout de même Antibaise
Et, bien qu'elle soit Française,
Et malgré ses yeux de braise
Ça ne me mettait pas à l'aise
De la savoir Antibaise
Moi qui serais plutôt pour !
Quelle avanie !"

 

On remonte encore le temps avec une chanson qui était interprétée par Frehel, intitulée "Où est-il donc ?" une chanson extraite du film Pépé le Moko (Paroles de Lucien Carol et André Decaye - Musique de Vincent Scotto)

"Y’en a qui vous parlent de l’Amérique
Ils ont des visions de cinéma
Ils vous disent " quel pays magnifique
Notre Paris n’est rien auprès d’ça "
Ces boniments-là rendent moins timide,
Bref, on y part, un jour de cafard...
Encore un de plus qui, le ventre vide
A New-York cherchera un dollar
Parmi les gueux et les proscrits,
Les émigrants aux cœurs meurtris;
Il dira, regrettant Paris

{Refrain:}
Où est-il mon moulin de la Place Blanche?
Mon tabac et mon bistrot du coin?
Tous les jours pour moi c’était Dimanche!
Où sont-ils les amis les copains?
Où sont-ils tous mes vieux bals musette?
Leurs javas au son de l’accordéon
Où sont-ils tous mes repas sans galette?
Avec un cornet de frites à deux ronds
Où sont-ils donc?"

 

On écoute enfin America, extrait de West Side Story... joué magnifiquement à l'accordéon...

 

Une belle revue de chansons de cinéma au cours de ce spectacle : une occasion de remonter le temps, d'écouter des textes emplis de charme, de poésie...

 

 

 

Quand on se promène au bord de l'eau...

La Complainte de la Butte...

La chanson de Maxence...

India Song...

Avanie et Framboise...

America West Side Story

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11 mars 2020 3 11 /03 /mars /2020 11:19
Louise de Vilmorin, une femme passionnée...

 

 

Vilmorin... Cela vous dit quelque chose ? Tout le monde connaît les graines Vilmorin, les produits pour jardins et potagers...

 

Mais qui connaît Louise de Vilmorin, cette femme de lettres française née au début du vingtième siècle ?

Geneviève Haroche lui a consacré une biographie intitulée "Louise de Vilmorin, une vie de Bohème"... Elle est venue présenter son ouvrage, lors du Festival de la Biographie, à Nîmes.

 

"Elle a été oubliée en tant que poète, c'était aussi une grande romancière, une grande épistolière, une journaliste et aussi quelqu'un dont le goût a beaucoup compté au vingtième siècle, aussi bien le goût en matière de décoration qu'en matière d'élégance... on peut parler de son élégance, de sa tenue, de ses bijoux. et de sa conversation.

Elle avait, dit-on, une conversation absolument étincelante.

Et donc tous ces éléments font d'elle un personnage d'Ancien Régime. Il y a chez elle quelque chose de Marivaux.

Pourquoi ? Parce que Marivaux était quelqu'un qui se plaçait à un point d'observation d'une société extrêmement raffinée et spirituelle.

Et Louise de Vilmorin qui a un art du dialogue tout à fait hors du commun marivaude un peu à la façon du XVIIIème siècle.

 

Et d'ailleurs, certains cinéastes ne s'y sont pas trompés, puisque Louis Malle lui a confié les dialogues du film Les amants, Orson Welles aussi a pris ses conseils, et un cinéaste comme Ophüls s'est inspiré de ses romans.

Donc, voilà un auteur qui est véritablement au point de jonction de différentes façons de vivre, d'écrire, et elle vit poétiquement sa vie."

 

"Alors, il y a un cahier photos très intéressant", commente le journaliste qui interroge Geneviève Haroche : "On la voit choisir ses étoffes, dans son salon particulièrement bien meublé avec des recherches de couleurs tout à fait étonnantes...

Et puis parlez-nous de son éducation, parce que Vilmorin, cela rappelle les graines, la famille des grainetiers, il y a encore un magasin à Paris."

 

"Elle naît en 1902 dans la célèbre famille de grainetiers, elle reçoit une éducation strictement familiale et elle meurt en 1969, entre temps, il y a un homme fondamental, c'est Malraux...

Il y a eu beaucoup d'hommes dans la vie de Louise de Vilmorin.

 

Il y a eu d'abord quelqu'un de très important : Saint-Exupéry qui a été son fiancé, qui lui dédie des poèmes, avec qui elle a une sorte de parenté poétique, et aussi une parenté d'insatisfaction.

 

Et puis, Malraux, c'est celui qui va lui mettre le pied à l'étrier, c'est celui qui lui dit : "Osez écrire...", c'est celui qui lui ouvre la porte des Editions Gallimard.

 

Sur le plan des recherches verbales, avant l'Oulipo, elle joue avec le langage, elle aime les mots, elle aime déconstruire la poésie.

 

En revanche, sur le plan politique, on ne peut pas dire qu'elle soit réellement intéressée, vraiment en phase avec son temps....

La seule question politique qui l'ait vraiment passionnée, ça a été la question de la Hongrie et le moment où les chars russes rentrent dans Budapest, elle prend position, à ce moment-là, elle s'engage.

Mais, elle avait cela en commun avec Roger Nimier, c'est cette très profonde indifférence historique."

 

Question du journaliste :"Est-ce qu'elle est réactionnaire ? Il y a un moment extraordinaire où un journaliste lui dit : "Mais est-ce que vous êtes pour l'indépendance des femmes ?"

Alors, là elle est furieuse, elle dit : "Mais comment ? Mais jamais je ne serai indépendante, c'est horrible d'être indépendante !"

Elle s'exprime avec beaucoup de préciosité, beaucoup de charme... et quand même, elle n'est pas pour le MLF..."

 

Voici la réponse de Geneviève Haroche : "C'est à dire qu'officiellement, elle n'est pas pour l'indépendance des femmes, mais en réalité, elle a toujours vécu de façon totalement libre, complètement indépendante, rêvant peut-être d'une dépendance dont elle ne voulait pas.

Ce n'est pas le moindre des paradoxes parce qu'on peut dire de la destinée de Louise de Vilmorin qu'elle est un enchaînement de paradoxes."

 

"De qui a-t-elle été la plus amoureuse ?" questionne encore le journaliste...

"Je pense qu'elle beaucoup aimé Jean Hugo, l'arrière petit-fils de Victor Hugo, qui était peintre, dessinateur et poète.

J'ai eu la chance de bénéficier d'un inédit, 30 années de correspondance avec Jean Hugo et on voit bien que c'est la relation la plus longue, la plus fidèle et je pense qu'elle aurait aimé vivre avec Jean Hugo..."

 

 

 

 

 

 

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6 mars 2020 5 06 /03 /mars /2020 10:52
Marlène Dietrich, la scandaleuse...

 

 

Jean-Paul Bled, auteur d' une biographie intitulée "Marlène Dietrich, la scandaleuse de Berlin", est venu présenter son ouvrage lors du Festival de la Biographie, à Nîmes, au Carré d'Art...

 

"J'en suis venu à ce sujet par la fascination que Marlène Dietrich exerçait sur moi...

J'ai d'abord été fasciné par sa voix, qui est une voix tout à fait particulière, féminine, mais aussi masculine, un mélange des deux, un mélange qu'on retrouve d'ailleurs dans sa vie...

Elle-même détestait qu'on écrivît sur elle... 

Elle avait écrit ses mémoires, donc c'était la vérité obligatoire... pour elle, en dehors de ses mémoires, rien n'existait. D'ailleurs, pour sa dernière apparition à l'écran, elle a tourné un documentaire avec Maximilian Schell... celui-ci lui pose une série de questions, et elle lui répond à chaque fois : "C'est dans mes mémoires... j'en ai déjà parlé."

Quelques dates...

Elle naît avec le siècle, en 1901 et elle meurt en 1992, à Paris.

Entre ces deux dates, elle est orpheline de son père à 7 ans, et là, elle a une passion pour sa grand-mère maternelle : ce versant de la famille est le versant aisé. Cette grand-mère possède une bijouterie-horlogerie réputée à Berlin... l'horlogerie de référence à Berlin, c'est l'horlogerie de la famille Felsing.

Cette grand-mère a le goût du luxe, de la beauté, et elle en instruit sa petite fille.

 

Ensuite, différentes étapes dans sa carrière...

D'abord, en 1930, bien sûr L'Ange Bleu... Sternberg, l'ère Sternberg... ça c'est fondamental pour comprendre sa carrière, pour comprendre sa personnalité, le corps, l'allure, le cinéma...

Jusqu'en 1929-30, elle a acquis une certaine notoriété à Berlin, mais elle ne figure pas dans le Panthéon des actrices ou comédiennes allemandes... et puis, arrive à Berlin ce metteur en scène austro-américain Josef von Sternberg qui a été chargé de tourner L'Ange Bleu, il lui faut trouver une actrice pour jouer le rôle féminin principal, le rôle de Lola Lola...

Il n'en a pas, il la recherche et un beau jour, sans prévoir qu'il va découvrir Marlène Dietrich, il se rend dans un théâtre de Berlin pour assister à une revue, et là, il découvre Marlène Dietrich qui danse, qui chante et il est immédiatement fasciné.

 

Alors, c'est une fascination à la fois, parce qu'il a trouvé l'actrice qu'il cherchait, et aussi une fascination personnelle : c'est un véritable coup de foudre.

Immédiatement, il tombe amoureux de cette femme qu'il n'avait jamais vue auparavant.

 

Il va tourner avec elle 6 films en dehors de L'Ange Bleu et il va y avoir un travail de transformation qu'on va voir se dessiner au cours des prochains films.

Par exemple, une silhouette beaucoup plus fine : Marlène Dietrich qui était une femme superbe, certes, mais un peu boulotte... cela disparaît car Sternberg lui donne pour ordre de perdre plusieurs kilos, et elle suit à la lettre ses instructions."

 

"Le cahier-photos est magnifique, commente le journaliste qui interroge l'auteur... Le corps qu'elle a, elle sait ou ils savent l'habiller...

Les robes que portaient Marlène Dietrich donnaient l'impression qu'elle est nue sous sa robe, ce qui est très érotique...

On a l'impression que la couleur des robes correspond au corps."

 

"Elle ne part pas pour Hollywood par opposition à Hitler : lorsqu'elle part pour Hollywood, nous sommes en avril 1930, Hitler ne représente pas à ce moment-là une menace. C'est quelques mois plus tard qu'il y aura des élections, le parti nazi fera alors 18%, et là, la menace deviendra tout à fait réelle.

 

En revanche, lorsqu'en 31, elle rentre en Allemagne pour voir ses amis, célébrer la Noël, puis en 32, c'est là un moment décisif, elle refuse de revenir en Allemagne, parce que la menace hitlérienne est devenue une réalité très forte, et elle ne rentrera plus en Allemagne, à Berlin, qu'en 45, après la chute de Berlin.

 

Et, entre temps, jusqu'en 1938, il y aura toute une série de tentatives d'approches du régime, notamment par Goebbels pour tenter de la convaincre de revenir en Allemagne.

Là, on lui propose des ponts d'or évidemment, et à chaque fois, elle refuse...

 

Il y a une seule fois, où elle peut donner l'impression qu'elle va accepter, mais elle met une condition, évidemment irréalisable, elle dit : "D'accord, je rentre, mais à une condition, c'est que : je choisirai mon metteur en scène, et dans ce cas ce sera Josef Sternberg, or, il faut savoir que Sternberg était juif, donc par définition, c'était une demande qui ne pouvait pas être réalisée par le régime nazi.

Bon, en d'autres termes, elle a toujours refusé."

 

"Marlène Dietrich (1901-1992) incarne la femme fatale, sensuelle, sophistiquée et libre – une liberté dont témoignent ses multiples expériences artistiques comme ses nombreuses relations avec les hommes et les femmes qui ont traversé sa vie. L’immense artiste se métamorphose aussi en symbole politique."

 

 

 

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4 mars 2020 3 04 /03 /mars /2020 09:32
Le siècle rouge... une histoire passionnante des communismes...

 

 

Jean-Christophe Buisson est l'auteur d' une histoire passionnante des mondes communistes : il vient de publier un livre intitulé Le siècle rouge Les mondes communistes 1919-1989...

Il est venu présenter son ouvrage lors du Festival de la Biographie à Nîmes...

 

"On arrive à une époque où le communisme est un mot qui ne sonne plus très familièrement à beaucoup d'oreilles, notamment aux jeunes gens pour qui la notion de Mur de Berlin est totalement étrangère, qui voyagent dans le monde entier grâce à la mondialisation, qui ne peuvent pas imaginer que l'Europe, à un moment donné, était partagée en deux par un rideau de fer...

 

J'ai deux filles qui ont 24 et 26 ans, c'est vrai qu'elles entendent dire que Mélenchon était communiste dans sa jeunesse, qu'il était trotskiste, mais elles ne savent pas trop bien ce que cela veut dire... avant-hier Alain Badiou disait qu'il fallait repenser l'hypothèse communiste, donc, c'est quelque chose qui reste quand même très imprégné dans notre mémoire mais qui a disparu dans la génération suivante...

 

Je me suis dit :"Il faut faire un livre qui soit une sorte de synthèse de tout ce qui était le communisme, d'un point de vue mondial... vous savez, la première phrase du Manifeste du parti communiste, c'était : "Un spectre hante l'Europe, le communisme."

 

En 1919, c'est la création de la troisième internationale : il est décidé que le communisme sera mondial ou ne sera pas... Pourquoi ? Parce qu'on est en pleine guerre entre les Rouges et les Blancs en Russie, les Bolchéviques ne sont pas du tout sûrs de garder le pouvoir... ils se disent : "Le seul moyen de garder le pouvoir, c'est que d'autres pays dans le monde fassent aussi une révolution, comme ça, on se mettra ensemble et on abattra dans le monde entier le capitalisme."

Donc, on crée cette troisième internationale, une structure qui a pour but d'exporter l'idée de révolution dans le monde entier....

 

Très vite, en 1919, on l'a complètement oublié, il y a des révolutions qui éclatent en Allemagne, en Bavière, en Hongrie, en Slovaquie, en Ukraine, en Roumanie, en Iran qui s'appelle la Perse à l'époque, en Italie avec des grèves insurrectionnelles, où des communistes sont sur le point de prendre le pouvoir... ils sont très violemment réprimés, ils échouent.

 

Très vite, Staline prend le pouvoir en Russie et considère qu'il faut d'abord consolider le communisme dans l'Union Soviétique... mais il garde quand même un oeil sur cette idée qu'on peut exporter la révolution à droite, à gauche..

 

Le message communiste est relayé par cette structure de la troisième internationale, pas pour une victoire politique, mais pour une victoire quasiment intellectuelle, morale, en ce sens que la troisième internationale, c'est le sommet d'une pyramide, avec en-dessous, l'internationale syndicale rouge, l'internationale sportive, qui organisait des jeux olympiques prolétaires, les spartakiades, l'internationale paysanne, le secours international rouge, l'union des écrivains internationaux qui vont alimenter l'idée communiste dans le monde entier...

 

L'Union soviétique est la grande gagnante de la guerre contre le nazisme, elle instaure des régimes communistes dans l'est de l'Europe, et la complaisance dans les milieux intellectuels français vient de ces structures créées dans les années 20-30.

Le communisme va triompher dans le monde entier, dans les années 40-50, puis il va connaître des premières ruptures, fractures, avec Tito, avec la Chine, puis il va décliner, péricliter et quasiment s'effondrer avec la chute du Mur de Berlin, en tout cas, dans sa vocation à s'extérioriser dans le monde entier.

 

Après, le communisme reste présent, la Chine est encore communiste, Cuba est communiste, la Corée du Nord, le Laos, le Vietnam...

Mais grosso modo, l'idée qu'on va refaire un monde communiste a disparu.

 

On voit que structurellement, le communisme est fait de scissions, puisque c'est la révolution permanente.

Il y a beaucoup de nuances dans le communisme : entre Staline, Trotsky, Mao, Tito, Che Guevara, les nuances sont fortes, elles sont souvent dépendantes du pays, de la structure, de la culture, de l'histoire du pays...

 

Il y a une culture de l'image assez impressionnante : très vite, il y a eu l'idée que par l'art, par l'image, la peinture, le cinéma, le théâtre, la littérature, on pourrait diffuser des messages de propagande.

 

L'image a été un vecteur à la fois du communisme et de l'anticommunisme : ce livre est aussi une histoire de l'anticommunisme : dès 1929, avec Hergé, Tintin chez les Soviets, Victor Serge, Boris Souvarine, se lèvent des gens qui condamnent, qui vont en URSS et qui disent : "Ce n'est pas ce vous croyez, c'est atroce."

 On peut citer Kravchenko jusqu'à Soljenitsyne, Jean-Paul II, Simon Leys en Chine...

Et aussi André Gide et son ouvrage Retour de l'URSS... le lendemain de sa mort, l'humanité titre : "Un cadavre est mort", sous-entendu, depuis qu'il est devenu anticommuniste, il n'existe plus.

 

Pour revenir à l'image, ce qui est assez cocasse, par exemple dans le cinéma, en 1953, sort un film aux USA, Pickup on South Street, on est en pleine chasse aux sorcières, avec le maccarthysme, les Rosenberg viennent d'être condamnés à mort... Samuel Fuller qui est un grand réalisateur de films patriotiques, un peu militaires, fait ce film qui raconte cette histoire : le FBI suit une femme dans le métro, parce qu'on sait qu'elle est la maîtresse d'un agent communiste, et on pense que, dans son sac à mains, elle a un microfilm avec tous les noms des agents communistes qui se trouvent aux USA...

Le FBI s'apprête à capturer cette femme, mais pas de chance, un pickpocket lui vole son microfilm, donc ça devient un polar, une course-poursuite dans New-York, et à la fin, cette femme se rend compte qu'elle vivait avec un communiste et va le dénoncer : c'est donc un film très patriotique, anticommuniste.

 

En France, quand le PC fait 28% des voix, on se dit : "Si on montre ce film, ça va pas aller", on change le titre, le scénario, les dialogues, et le film s'appelle : Le port de la drogue, avec Richard Widmark... des trafiquants de drogue sont poursuivis par le FBI parce qu'une femme a dans son sac un microfilm avec la recette d'une nouvelle drogue...

 

Il ne faut pas oublier aussi que le pacte germano-soviétique de non agression permet à Hitler d'envahir paisiblement l'ouest de l'Europe sans crainte d'une contre attaque par la Russie : il y a une énorme responsabilité de la part de Moscou dans le déclenchement de la seconde guerre mondiale qui n'est possible que grâce à ce pacte de non agression...

Mais il faut rappeler qu'un certain nombre de communistes étaient horrifiés par ça, ils ont déchiré leur carte du parti, ils ont rejoint la résistance très vite, et ils ont refusé l'idée qu'ils soient alliés à Hitler. Rien n'est manichéen... des communistes ont été dissidents au sein de leur parti...

 

On ne peut pas résumer le communisme aux horreurs qui ont été commises en son nom, ni aux splendeurs, ni aux progrès sociaux qui ont été permis, à sa résistance parce qu'après 41, les communistes sont entrés en résistance, et pour la plupart, sans ambiguïté.

 

Ce n'est ni tout noir, ni tout rouge... Ce que j'a voulu faire dans ce livre, c'est mettre factuellement tout ce qui s'est passé...

 

Et puis, après, à chacun de se faire une opinion... si on préfère retenir les dizaines de millions de morts, si on préfère retenir quand même aussi les avancées sociales, ce que le communisme a permis dans notre société... on est encore le produit, qu'on le veuille ou non, du communisme.

 

Le spectre du communisme nous hante encore dans l'art, mais pas seulement, dans la politique, dans l'économie...

On a été bénéficiaire ou victime du communisme : à nous de faire la distinction..."

 

 

 

Le siècle rouge... une histoire passionnante des communismes...
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28 février 2020 5 28 /02 /février /2020 12:00
Jean-Pierre Marielle, un comédien si attachant...

 

 

Un acteur très secret qui n'a jamais aimé qu'on parle de ses histoires personnelles... c'est Jean Pierre Marielle.

 

L’essayiste et romancier Stéphane Koechlin vient de publier une biographie de l'acteur intitulé "Jean-Pierre Marielle- Le lyrique et le baroque".

Invité lors du Festival de la Biographie à Nîmes, il a présenté son ouvrage :

"Il m'a fallu quatre ans pour cerner ce grand acteur qui finalement fait partie de l'histoire... il n'est pas qu'un acteur de cinéma, il a fait une grande carrière théâtrale, il a été au début de la télévision, et il a vraiment marqué l'histoire du théâtre, du cinéma, de la télévision, au vingtième siècle."

 

"Jean-Pierre Marielle est mort, il y a quelques mois. On n'a pas l'impression que vous l'ayez rencontré" ? demande le journaliste qui interviewe l'auteur.

"Les gens croient que je suis un vil opportuniste, parce que le livre sort juste après sa mort, mais j'avais commencé le livre il y a 4 ans, et à l'époque, j'espérais le rencontrer, mais finalement, je ne l'ai pas rencontré parce que j'ai appris qu'il avait des problèmes de mémoire... vous savez, il y a une espèce de voile pudique autour de la maladie d'Alzeimher...

 

Et il ne fallait pas le dire parce qu'il tournait encore à l'époque... les assureurs, quand un acteur est malade, ne veulent plus engager l'acteur... donc, il fallait suggérer de manière très délicate qu'il avait peut-être des problèmes de mémoire.

 

Et au moment où je termine le livre, il meurt, ce qui m'a permis finalement d'ajouter un malheureux dernier chapitre.

 

Au début des années 60, il doit tourner un film avec Marina Vlady, il doit jouer un rôle de jeune premier, il renonce alors à un film avec Belmondo, Cartouche, il devait jouer le rôle d'un lieutenant de Belmondo, un second rôle...

 

Et là il a enfin la possibilité de jouer un rôle de séducteur, qui est déchiré entre trois femmes, et il se dit : "C'est le moment où jamais, je vais devenir le nouveau Gérard Philippe, ça va être génial..."

 

Malheureusement, le film est un flop, et on trouve que Jean-Pierre Marielle est dans ce rôle-là d'un ennui abyssal, on le traite de "cow-boy de Bougival", bref, il se fait dégommer par la critique.

 

Et, là, ça va repousser son accession aux premiers rôles de 10 ans en arrière parce que les producteurs penseront que Jean-Pierre Marielle n'est pas capable d'assumer un premier rôle.

Par la suite, Marielle a refusé de jouer un certain nombre de navets : il sélectionnait ses films, à la différence de Galabru, par exemple.

 

Il y a eu des films qui ont marqué, "Les galettes de Pont-Aven", dont la qualité a été reconnue bien des années plus tard, parce que sur le moment, la critique était parfaitement acerbe, et puis, il y a eu cette consécration, alors qu'il est une personne âgée, sur un rôle qu'il ne devait pas avoir, c'est : "Tous les matins du monde..."

"Les Galettes de Pont-Aven", c'est quand même un film assez cru, c'est l'histoire d'un représentant de commerce qui plaque tout pour devenir peintre, il va à Pont-Aven, la capitale de la peinture, et il devient obsédé par les culs de femmes, la première scène est remarquable : il se réveille, il dégage délicatement les fesses de sa femme, il met une lampe et il peint le cul de sa femme...

A l'époque, le film a été très mal reçu, éreinté par la critique.

 

Ce film a tout de même permis à Marielle de s'épanouir artistiquement, mais il faudra effectivement attendre "Tous les matins du monde" pour qu'il soit consacré comme un très grand acteur.

 

Marielle s'est toujours défini comme un acteur de théâtre avant d'être un acteur de cinéma... c'était peut-être une coquetterie, parce que le cinéma n'était pas très gentil avec lui, donc, il s'est dit : bon, je suis acteur de théâtre, et effectivement, très tôt il a commencé à avoir de très bons rôles au théâtre.

C'est lui qui, le premier, a interprété Beckett, tout le théâtre anglais, Harold Pinter....

Il a joué Clérambard de Marcel Aymé, et, là, le succès était énorme.

 

Et Marielle, alors, a toujours dit qu'il ne pensait pas au cinéma. Il y songeait de temps en temps parce que le cinéma lui permettait de mettre du beurre dans les épinards.

Mais le théâtre était pour lui quelque chose de très important.

 

Et d'ailleurs, au Conservatoire, quand un apprenti acteur faisait du cinéma, il était très mal vu... C'était un prostitué, une prostituée parce que le cinéma était assez méprisé dans les années 50, c'était quelque chose de  superficiel, de frivole...

 

Marielle, c'est le rôle du grand imbécile du cinéma français : pathétique, se croyant génial, alors que c'est un crétin fini... il a très bien joué ce rôle, cela lui a plu pendant un certain temps, puis il en en a eu un peu marre de jouer ce type de rôle."

 

L'auteur de sa biographie a rencontré ses femmes, ses proches, son fils... ce qui lui a permis d'approcher mieux le personnage.

 

 

 

 

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27 mai 2019 1 27 /05 /mai /2019 09:38
Bienvenue chez les Ch'tis... moi aussi j'ai vécu une mutation dans le Nord-Pas-de-Calais...

 

Comme le personnage du film Bienvenue chez les Ch'tis, Philippe Abrams, j'ai été mutée, au début de ma carrière, dans le Nord-Pas-de-Calais, plus exactement à Montreuil-sur-Mer, non loin de Berck.

Ce fut mon premier poste d'enseignante dans un collège...

 

Pour moi qui suis née à Marseille, cette mutation dans le Nord de la France était un véritable exil, loin de ma famille, de mes amis.

On l'oublie trop souvent : les professeurs sont, en début de carrière, souvent envoyés loin de leur région d'origine. Il faut, alors, s'adapter à un environnement, un climat très différents.

Et ce n'est pas facile : dès les vacances d'été, il a fallu partir, trouver un logement, avant la rentrée de septembre.

 

Ce fut, je m'en souviens, un été glacial : pluie, vent, fraîcheur des températures...

Dans la petite ville de Montreuil, il a fallu prospecter pour obtenir un logement : j'ai visité des appartements insalubres, humides, inconfortables, et j'ai dû me résoudre à louer un appartement au fond d'un couloir obscur, qui donnait sur une cour intérieure, sans lumière.

Les murs suintaient l'humidité... et j'ai vécu là pendant environ deux années, avant de pouvoir intégrer un logement neuf qui venait d'être construit.

 

J'ai connu des hivers rudes, la neige, des canalisations gelées, j'ai connu des printemps froids, humides.

 

Alors, bien sûr, l'accueil des gens du Nord est chaleureux, bienveillant, mais on se sent tout de même comme débarqué dans une terre étrangère.

Tout est différent : l'accent, le climat, le vocabulaire, les paysages...

 

Alors, bien sûr, la ville de Montreuil-sur -Mer est pittoresque, charmante avec ses anciens remparts, ses vallées verdoyantes.

Mais, comment oublier sa terre d'origine, sa famille ?

 

Après cinq longues années passées dans le Nord, je n'avais qu'une envie : retrouver le sud, la douceur de son climat, la Méditerranée...

J'ai pu alors retrouver ma terre natale, grâce à une demande de mutation.

 

Bien sûr, mon exil forcé fut, malgré tout, une expérience enrichissante : la découverte d'une région, de ses habitants, de ses paysages.

Mais, ce fut aussi une rude épreuve : quand on commence à exercer le métier d'enseignant, on manque d'expérience, on est confronté à des difficultés, et le fait de se retrouver loin de sa terre natale complique la tâche.

Non, je n'ai pas pleuré quand j'ai quitté le Nord Pas-de-Calais. J'étais ravie de retrouver mes racines, ma famille. 

Bien sûr, le film Bienvenue chez les Ch'tis véhicule des clichés, des stéréotypes, les traits sont caricaturés, comme souvent dans une comédie, mais j'y ai retrouvé une ambiance, un fond de vérité...

 

 

 

 

Bienvenue chez les Ch'tis... moi aussi j'ai vécu une mutation dans le Nord-Pas-de-Calais...
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23 février 2019 6 23 /02 /février /2019 15:03
Un acteur si sympathique  : Jean-Pierre Kalfon...

 

Jean-Pierre Kalfon vient de faire paraître sa biographie : Tout va bien m'man... Avec un certain humour, il évoque de nombreux épisodes de sa vie.

 

Il a fugué de chez ses parents alors qu'il avait 15 ans : il a très tôt été attiré par le métier de musicien, puis il a pris des cours de théâtre, de danse.

 

Il s'est vite intéressé plus particulièrement au théâtre, puis il a été acteur de cinéma, de télévision.

 

Né en 1938, Jean-Pierre Kalfon restitue toute une ambiance : celle de la guerre, et de l'après guerre, des moments difficiles, sans doute, mais il sait les raconter avec beaucoup de tendresse et d'humour.

 

"Mes parents d'origine modeste étaient des gens formidables, ils m'aimaient, faisaient tout pour me donner ce qu'ils pouvaient,  mais comme beaucoup de gens, à cette époque, ils ne savaient pas trop communiquer avec les enfants. La transmission n'avait pas l'importance qu'elle a de nos jours."

 

Venu présenter son livre au Festival de la biographie, à Nîmes, l'acteur a lu de nombreux extraits de son ouvrage, avec bonhomie.

 

Il raconte qu'il aurait pu mal tourner quand il a fui le domicile de ses parents, mais il n'était "pas très doué comme voyou..." Il a préféré faire le voyou à l'écran.

Sa carrière a été très éclectique : musique, danse, théâtre, cinéma, télévision, une carrière éparpillée.

 

L'acteur évoque aussi les tickets de rationnement : "Mes parents et leurs amis ne parlaient que de ces fameux coupons, et plus généralement de ravitaillement, ainsi que des différents moyens de se nourrir, après ces temps de privation, cette obsession se comprenait... A l'époque, les parents ne savaient pas trop communiquer avec les enfants, ils les élevaient, c'était déjà assez difficile...

Mes parents étaient des gens adorables, efficaces pour le quotidien, mais qui n'avaient pas la moindre idée de ce que peut être la transmission, tellement fashion de nos jours..."

 

Le récit est émaillé d'anecdotes amusantes : "On m'habillait façon Tintin, pantalon de golf et chemisette à manches courtes... Arriva aussi la vogue des cols roulés, un de mes amis en avait un du plus beau vert... Je voulais le même. Maman m'a dit alors : "Je vais t'en tricoter un, mon chéri, elle en a parfaitement maillé un à l'endroit et à l'envers, pendant 6 mois. Le pull terminé, l'été était là et la mode passait."

On retrouve là l'ambiance d'une famille modeste de l'après guerre : on n'achetait pas les vêtements, on les confectionnait soi-même...

 

Autre anecdote : la rencontre avec les femmes, l'éveil de la sexualité, toujours racontés avec beaucoup d'humour.

 

Jean-Pierre Kalfon évoque enfin les films qui ont jalonné sa carrière : Une étrange affaire de Pierre Granier-Deferre, Les uns et les autres de Claude Lelouch, Mille milliards de Dollars, Saint-Cyr, Canicule...

 

Voilà un beau moment qui nous a fait découvrir un acteur sympathique, émouvant, un être humain proche de nous...

Et en l'écoutant, de nombreux spectateurs pouvaient s'identifier à cet acteur issu d'un milieu modeste...

 

 

 

 

 

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6 février 2019 3 06 /02 /février /2019 11:42
Rencontre avec un cinéaste : Jean-Jacques Annaud...

 

Invité au Festival de la biographie, à Nîmes Jean-Jacques Annaud a évoqué sa carrière, son amour du cinéma : il fait d'abord ses armes en réalisant de nombreux films publicitaires...

 

Puis, ce sera, en 1976, La victoire en chantant, un premier film qui lui vaut l'oscar de meilleur film étranger. Dès lors, les nombreux projets de ce voyageur infatigable le conduiront aux quatre coins du monde, en Côte d'Ivoire, au Canada, en Argentine, en Allemagne, en Espagne, au Kenya, en Italie, en Écosse, au Vietnam, en Tunisie, au Qatar, en Mongolie...

Une vie passionnante vouée au septième art... Il raconte son parcours dans un ouvrage intitulé Une vie pour le cinéma.

 

De nombreux films du cinéaste restent gravés dans nos mémoires : La guerre du feu, L’ours, Le nom de la rose, L’amant, Sept ans au Tibet, Stalingrad…

Ces films sont devenus des classiques. 

 

Bien sûr, tout d'abord Le nom de la rose, adaptation d'un roman de Umberto Eco.

Magnifique film qui nous transporte au Moyen âge dans une abbaye bénédictine du Nord de l'Italie... Morts suspectes, mystère, angoisses... un polar médiéval qui célèbre le rire subversif, véritable danger pour l'église et les pouvoirs en place.

 

On se souvient aussi de La guerre du feu : une épopée préhistorique dont le thème central est le feu, ce symbole de la technique, et donc de la supériorité de l'homme sur les autres espèces.

Jean-Jacques Annaud nous  livre, dans ce film, une conception de l’homme optimiste : ce dernier est un être de connaissance, en perpétuel progrès. La technologie lui permet de passer de l’ignorance au savoir. Ainsi, l'homme apparaît responsable: personne, ni rien excepté lui-même, ne peut le sauver.

Une des prouesses de Jean-Jacques Annaud est de réaliser un film sans réel dialogue : les personnages s'expriment dans un langage primitif.

 

Eh oui ! Le cinéma est avant tout un art de l'image et Jean-Jacques Annaud aime à nous le rappeler.

Quatre ans pour réaliser La guerre du feu !"Quand j'ai commencé le film, mes cheveux étaient bruns, quand je l'ai terminé quatre ans plus tard, ils étaient blancs..."

 

"J'étais enfin là où je voulais être dans un cinéma qui fait fi du dialogue, donc de la littérature, au profit de l'expression visuelle et sonore. J'avais envie de me plonger dans la communication non verbale, j'ai poursuivi dans cette voie avec L'ours et j'ai trouvé mon bonheur là-dedans..."

 

Jean-Jacques Annaud insiste aussi  sur l'importance de la création au cinéma : dans son métier, il a pris des risques, il a cherché à innover et, en ce sens, il se présente comme un véritable créateur.

 

 

 

 

https://www.challenges.fr/cinema/la-guerre-du-feu-l-age-de-pierre-selon-annaud_552217

 

 

 

 

Photo et vidéos : rosemar

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1 octobre 2018 1 01 /10 /octobre /2018 08:53
Vous avez dit "harcèlement" ?

 

 

 

Une publicité pour le cinéma a suscité une polémique : certains y ont vu une promotion du harcèlement...

Le spot s'intitule "Les plus grandes histoires se vivent au cinéma". Il est l'œuvre du réalisateur  Xavier Giannoli et vante les mérites de la carte illimitée des cinémas Pathé Gaumont.

 

On y voit un jeune homme repérer une spectatrice dans une salle. Au fil des séances, il cherche sa présence et son regard. Elle commence par ne pas se montrer très réceptive, puis peu à peu la jeune femme se laisse finalement charmer par les regards muets du jeune homme et l'invite même à s'asseoir à côté d'elle...

Tout un art de la séduction est déployé par le jeune homme... séduction qui passe par le regard, l'attention à l'autre, la recherche de l'autre.

 

Et certains de dénoncer une banalisation du harcèlement !

On est stupéfait devant une telle réaction.

 

Comme si le coup de foudre n'existait pas et devait être réprimé, comme si la séduction ne faisait pas partie de la vie...

Jusqu'où peut aller le féminisme mal placé ?

Vers quelle société se dirige-t-on si le puritanisme triomphe et si l'on voit le mal partout ?

Qui n'a jamais connu un coup de foudre ? Faudrait-il le réprimer, interdire les regards ?

Triste monde, dans lequel il ne serait plus permis de séduire !

Triste monde dans lequel un regard attentif et appuyé devient du harcèlement !

 

Je trouve le film de Xavier Giannoli plein de délicatesse et de charme : le jeune homme suit parfois la jeune femme mais il le fait avec tact et retenue.

Une façon de séduire tout à fait décente...

 

Ne l'oublions pas, le coup de foudre a donné naissance aux plus belles pages de notre littérature, il a inspiré de nombreuses oeuvres cinématographiques : faudrait-il censurer ces romans, ces films où la rencontre amoureuse est évoquée avec sensibilité, émotion ?

Ce motif est un lieu commun de la littérature sentimentale, il permet d'ouvrir des perspectives, de lancer un personnage dans une aventure amoureuse, d'orienter son destin.

Ces pages, ces images sont empreintes de beauté, d'émotions, de sensibilité : on y perçoit l'intensité du sentiment amoureux, les perturbations qu'il provoque, les métamorphoses qu'il génère.

Assez de puritanisme ! Nous vivons dans un monde ouvert où les rencontres sont possibles, alors que dans certains pays, cette liberté n'existe même pas...

 

 

 

 

 

 

Source :

 

http://www.lepoint.fr/culture/harcelement-ou-romantisme-une-publicite-pour-le-cinema-divise-28-09-2018-2258701_3.php

 

 

 

Vous avez dit "harcèlement" ?
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