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18 mai 2015 1 18 /05 /mai /2015 16:44
Poésie, violence, tendresse : L'Odyssée de Pi...

 

 

Poésie, violence, tendresse, émotions, aventures, tels sont les ingrédients de ce film L'Odyssée de Pi, réalisé en 2012, par Ang Lee,  adapté d'un roman à succès Histoire de Pi de Yann Martel.


On retrouve, ici, le thème ancien du voyage initiatique : celui de l'Odyssée d'Homère, récit fondateur qui n'a pas fini d'inspirer auteurs et réalisateurs.


Le film raconte l'épopée extraordinaire d'un jeune indien, nommé Piscine Molitor Patel, fils du directeur d'un parc zoologique à Pondichéry. Durant son enfance, Piscine, moqué à cause de son prénom, se présente à tous sous l'abréviation "Pi". Sa famille, ne pouvant plus tenir le zoo, décide de déménager au Canada, et d'embarquer à bord d'un cargo.... À la suite d'un naufrage, Pi se retrouve en plein océan à bord d'un canot de sauvetage, accompagné d'un zèbre, d'une hyène, d'un orang-outan et d'un tigre du Bengale, appelé Richard Parker. 


On est subjugué, dès l'introduction du film, par la beauté des images, celles des animaux, d'abord, puis celles des paysages marins : le naufrage, l'immensité des flots peuplés d'étranges créatures...

Le personnage principal fait le récit de ses aventures à un journaliste, de la même façon qu'Ulysse, dans l'épopée d'Homère, raconte rétrospectivement certains épisodes de son périple, alors qu'il se trouve à la cour du roi Alkinoos.

On retrouve, comme dans l'Odyssée d'Homère, des dangers symbolisés par des "monstres" : la hyène, qui représente le mal absolu, s'attaque aux autres animaux, menace le jeune garçon, héros de l'histoire.

Elle fait penser au Cyclope qui dévore les compagnons d'Ulysse, dans l'Odyssée primitive.

Le tigre qui a un nom humain, Richard Parker, peut évoquer ces magiciennes de l'ancienne épopée : fascinant, mystérieux et dangereux à la fois, l'animal représente une force brutale, pleine de charmes...

Le héros, confronté à la disparition de ses parents lors du naufrage, face à la violence de la hyène et du tigre, face à la solitude, la désespérance, doit trouver toutes sortes de ressources, de ruses et de stratagèmes pour échapper, lui-même, à la mort.

Le destin de l'homme est, ainsi, mis en scène, un destin fait d'épreuves, de souffrances, de conflits qui permettent à l'être humain d'évoluer, de comprendre le monde, de lutter envers et contre tout.

Belle métaphore de la vie humaine en butte à des embûches, des drames, des obstacles qu'il faut, sans cesse, franchir !

Bien sûr, dans cette épopée, les dangers sont exacerbés à l'extrême, puisque le personnage doit lutter contre des animaux sauvages, féroces et dangereux, contre les éléments qui se déchaînent : tempêtes, ouragans...

La hyène tue successivement le zèbre, le singe, et Pi se retrouve, seul, en compagnie de Richard Parker, le tigre.

Ce tigre, au nom bien humain, impressionnant de force et de beauté, est finalement dompté par le jeune garçon, au prix d'efforts inouis de patiences et de ruses...

Le film montre aussi, au début, une sorte de quête mystique du jeune Pi, adepte de l'hindouisme, puis du christianisme, de la religion musulmane, alors que son père affirme : " Ne laissez pas toutes ces belles histoires et toutes ces lumières vous abuser. La religion, c'est l'obscurité..."

Le film déroule de superbes images : celles de la tempête déchaînée, des fonds marins vertigineux, la fureur des flots sur lesquels se retrouve le héros.

Le canot de sauvetage devient une sorte d'arche de Noé, où règnent la peur, la souffrance, le désarroi... Les dangers sont permanents, avec la présence du tigre menaçant, des requins qui tournent autour de l'embarcation.

Le thème de la survie, dans un univers hostile, celui de la culpabilité sont évoqués de manière dramatique et émouvante.

Le miroir de l'eau nous fait voir les spectacles magiques des ondes reflétant des paysages célestes, emplis de nuées drapées d'or, qui bourgeonnent et s'étirent.

L'humanité, la tendresse transparaissent, quand le héros a la possibilité de tuer le tigre tombé à l'eau et qu'il le sauve de la noyade, en lui offrant la possibilité de remonter sur le canot de survie.

Un tableau nocturne de l'océan, rempli de lumières, nous fait admirer une baleine qui bondit et met, encore, en péril la vie du héros...

Après une nouvelle tempête, l'escale sur l'île luxuriante des suricates fait penser à un paradis trompeur puisque, pendant la nuit, l'île se transforme en monstre carnivore et dévore tout : on est bien dans un univers mythique, où intervient le merveilleux.

Puis, parvenu sur les côtes du Mexique, épuisé, Pi voit s'éloigner vers la jungle Richard Parker, son compagnon de naufrage, qui ne lui accorde même pas un regard : un regret pour le héros qui semble vouloir le remercier, car, c'est finalement grâce à l'animal sauvage qu'il a pu se maintenir en vie, le tigre lui donnant un but, par le dressage...

L'histoire est incroyable, et d'ailleurs les hommes de la compagnie maritime qui interrogent le jeune homme refusent de le croire.

Dès lors, devant l'incrédulité générale, le héros raconte une autre version de l'aventure avec cette fois, des survivants humains, le cuisinier, un marin, la mère de Pi.

Dans cette deuxième version, le tigre se confond avec le jeune garçon.

La première version emporte, bien sûr, la préférence du journaliste qui recueille l'histoire de Pi.

Beau mensonge, histoire vraie, magnifiée ?

Le film démontre bien l'illusion de la littérature qui transforme la réalité pour la rendre plus belle : Ulysse, le héros de l'ancienne épopée, ce beau parleur, n'a t-il pas lui-même embelli sa propre histoire, grâce au poète qui retranscrit ses aventures, Homère ?

Belle réflexion sur l'oeuvre d'art qui réinvente la réalité, sur les difficultés de la vie humaine, ce film nous donne des leçons de courage, nous révèle les beautés des océans et du monde, met en scène l'instinct de survie  de l'homme et des animaux, nous fait, tout simplement,  rêver à une belle histoire...

 

 

 

 

 

 

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30 novembre 2014 7 30 /11 /novembre /2014 17:04

 grace-kelly-5.jpg

 

 

Une émission intitulée Monaco, le rocher était presque parfait, diffusée sur France 3, a été l'occasion, pour Gérard Miller, d'évoquer la vie et le destin de Grace Kelly... Son image d'icône du cinéma fait encore rêver et pourtant, sa vie a été marquée par une volonté farouche d'échapper à toutes sortes de carcans...

 

D'abord, le carcan familial, car le père de Grace Kelly imposait une discipline de fer à toute sa famille, à ses enfants : il voulait que ses enfants réussissent dans un domaine où il avait lui-même connu quelques échecs, le sport...

 

Pour échapper à ce carcan, Grace devint actrice et réussit une brillante carrière, sous la direction de réalisateurs illustres, comme Alfred Hitchcock.

 

Mais la belle expérience cinématographique se révéla être, à nouveau, un carcan : Grace Kelly en fut, bientôt, réduite à jouer des rôles insignifiants, sans consistance.

 

La jeune actrice put, alors, trouver une nouvelle échappatoire, puisqu'elle  rencontra Rainier de Monaco, acquit le statut de princesse, et, comme dans les contes de fée, connut une nouvelle gloire...

Une vie faite de bonheurs, de plaisirs renouvelés, pourrait-on croire...

 

Mais, en fait, le rêve devint vite un nouveau cauchemar : sous le feu permanent des caméras, des photographes, la famille princière était en constante représentation.

Difficile de préserver une intimité, quand on a été une star de cinéma, qu'on a épousé un prince, difficile d'échapper à des obligations lourdes et pesantes au quotidien.

 

Et la dernière tentative de Grace Kelly, pour échapper à ce carcan fut un échec : son réalisateur préféré lui proposait un nouveau rôle au cinéma, mais son élan fut rapidement brisé, et le prince, son époux lui interdit cet ultime espoir de renouveau et de délivrance...

 

Ainsi, le destin de Grace Kelly n'est-il pas le révélateur de nos propres vies ? 

Ne sommes-nous pas, tous, soumis à des carcans successifs : celui de l'enfance, parfois, celui du travail, celui du mariage, celui des contraintes domestiques ?

 

Nous tentons tous d'échapper à ces prisons, mais souvent nous retombons dans d'autres entraves tout aussi rudes et difficiles...

 

Bien sûr, on peut, désormais, vaincre certains carcans : le mariage n'est plus une institution indissoluble, les gens peuvent divorcer, se remarier, mais la présence d'enfants dans le couple fait que certains restent dans ces entraves.

 

Le travail est un carcan, pour certains car il impose trop de contraintes, de difficultés.

Le chômage peut, aussi, être une prison, car il exclut l'individu, le met à la marge de la société.

La vieillesse peut apparaître comme un carcan, quand une personne est affaiblie, diminuée par la maladie.

 

La souffrance est bien une des composantes de nos vies humaines : nous sommes souvent muselés, emprisonnés...

Parfois, nous nous emprisonnons nous-mêmes dans des habitudes, une façon de vivre.

Les carcans de la vie sont multiples, divers, et nous empêchent de nous épanouir pleinement : ils font partie de toutes les épreuves que nous devons traverser, tout au long de nos vies.

 

Et qui peut vraiment échapper à ces carcans ?

 

http://youtu.be/E-a93zp2WY0

 

 

 

 

 

 

 

 grace kelly libre

 

 

 Grace Kelly 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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21 août 2014 4 21 /08 /août /2014 16:55
Lauren bacall promo photo

Sur Agoravox, le "journal citoyen", un article, intitulé "Lauren Bacall a rejoint Bogey", évoque la carrière de l'actrice Lauren Bacall, sous forme d'hommage, après son décès survenu le 12 août 2014...
 
L'actrice dont le regard, le jeu mystérieux, la voix rauque ont marqué le cinéma américain méritait bien cet hommage.
 
Lauren Bacall représentait l'élégance, la finesse, le charme envoûtant d'un regard, d'une voix, d'un mystère...
 
Pourtant, les réactions des agoranautes surprennent et détonnent, alors qu'il s'agit, ici, d'honorer la mémoire d'une actrice que tout le monde connaît, a appréciée dans de nombreux films.
 
D'abord, celle d'un certain "gros macho", qui affiche, au moins, déjà la couleur, par le choix de son surnom :
"Faut arrêter avec ce délire américano-béat de soumis à l’Empire. 
Toutes ces actrices n’avaient que pour elles d’être jolies à regarder. Enlevez leur leur physique et leurs jeux d’actrice deviennent tout à fait quelconques. Je suis désolé de vous délobotomiser de votre nourrice la télévision, mais c’est nécessaire pour vous décritiniser."
Le même commentateur récidive, histoire d'enfoncer le clou :
"@ l’auteur. J’ai une bonne nouvelle pour vous ! Disneyland Paris vient d’ouvrir une nouvelle attraction ! Vous devriez y aller, ça a l’air sympa, vous pourrez aller encore une fois a-do-rer ce beau pays américain et détester le vôtre. Vous pouvez y amener vos enfants pour qu’ils aient le même niveau de culture et de haine que vous."
 
Voilà de quoi décourager le rédacteur d'un article qui se contente d'évoquer une actrice disparue et qui, pour le coup, se retrouve "soumis à l'empire américain" ! Le commentateur parle de "délire", mais il ne se rend même pas compte de sa propre inconscience et de sa démesure : on est, ici, dans la provocation pure et simple.
 
Un autre intervenant, surnommé Fergus, après avoir dit bonjour, se permet, lui, de dénigrer l'actrice :
"Il faut se rendre à l’évidence, Lauren Bacall n’a dû l’essentiel de ses grands succès qu’à son partenariat puis son mariage avec Humphrey Bogart. Après le décès de celui-ci, l’actrice est retombée dans un quasi anonymat. Rien là de bien étonnant, Lauren Bacall a été une bonne actrice, comme des dizaines d’autres, mais sans l’étincelle de génie qui fait les grandes dames du cinéma."
 
Non décidément, d'après ce commentateur, Lauren Bacall n'est pas une "grande dame du cinéma", tout juste une bonne actrice qui n'a dû ses succès qu'à son mari ! On voit ,là, réapparaître une sorte de machisme ambiant : Lauren Bacall réduite à n'être que l'épouse de Humphrey Bogart !!
 
Tout cela est désolant ! De quoi décourager bien des rédacteurs sur ce site ! 
 
Bien sûr, il est permis à chacun de ne pas apprécier tel ou telle acteur ou actrice, mais peut-on, ainsi, prétendre que Lauren Bacall a surtout "bénéficié" de son mariage, de son partenariat avec son mari ???
 
Lauren Bacall a poursuivi sa carrière, après la mort d'Humphrey Bogart, elle a fait du théâtre, a tourné dans d'autre films : bien sûr, l'âge d'or de sa carrière se situe dans les années 40, l'âge de la jeunesse et de l'éclat... mais on ne peut lui dénier d'autres succès et réussites qui ont suivi...
 
Tout cela est désolant et récurrent sur ce site ! La liberté de paroles doit exister, certes, mais elle doit passer par un certain respect, une certaine retenue, dans une société où le réflexe irréfléchi l'emporte trop souvent : pourtant l'écriture impose un certain recul, une certaine mesure : on doit peser ses mots et nuancer certains propos.
 
Mais il est vrai que certains sont là pour "passer" le temps, pour délirer, dénigrer, s'amuser.
 
De plus, le sujet n'attire pas les foules... pourtant, le cinéma devrait occuper une bonne place, dans un journal qui se veut éclectique...
lauren-bacall 2

 

 

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