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22 janvier 2023 7 22 /01 /janvier /2023 13:52
Un joli voyage musical...

 

Un mini concert donné à Nîmes dans le cadre du Festival des Hémisphères, un concert sur le thème du voyage...

Le Trio Borsalino nous emmène d'abord en Afrique avec une musique de Henry Mancini composée en 1961 pour le film Hatari...

Nous voici transportés sur le dos d'un bébé éléphant, un air enjoué, plein d'entrain, de vivacité...

On se laisse bercer par cette musique enfantine, légère, emplie d'humour...

 

Puis, nous empruntons le funiculaire ! 

Encore une musique célèbre, rayonnante, et si vive !

Funiculì funiculà est une chanson napolitaine dont la musique fut composée par Luigi Denza en 1880 sur des paroles en napolitain du journaliste italien Giuseppe Turco.

Cette chanson publicitaire a été écrite pour commémorer l'inauguration du funiculaire du Vésuve à Naples, qui eut lieu un an plus tôt.

Une musique que j'ai entendue très tôt dans mon enfance : mes grands-parents paternels étaient enfants d'émigrés italiens venus de Naples et de Gênes... et ils écoutaient souvent des airs du pays : O sole mio ! Funiculi, funicula !

 

"Nè jamme da la terra a la montagna
No passo nc'è! No passo nc'è
Se vede Francia, Proceta e la Spagna
E io veco a tte! E io veco a tte
Tirato co li ffune, ditto 'nfatto
'Ncielo se va, 'ncielo se va
Se va comm' 'à lu viento a l'intrasatto
Guè, saglie sà! Guè, saglie sà
Jamme, jamme 'ncoppa, jamme jà
Funiculì, funiculà!"

 
"Montons de la terre à la montagne,
Il n'y a qu'un pas
On voit la France, Procida, l'Espagne
Et je te vois,
Tirés par des cordes, aussitôt dit aussitôt fait,
On va au ciel
On va comme le vent et, tout à coup,
Oh, tu montes, tu montes
Allons, montons, allons,
Funiculi, funicula, funiculi, funicula"


 

Enfin, un hommage aux musiciens du Titanic qui ont joué jusqu'à la dernière minute : une musique nostalgique, si douce... Un moment d'émotions et de rêves...

 

Merci aux trois musiciennes pour ce joli moment de détente : Michelle Lalor, une irlandaise alto, accompagnée par Sharman Plesner, originaire du Texas au violon et Laurence Aragon à la contrebasse...

 

 

 

 

Trois premières vidéos : rosemar

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18 janvier 2023 3 18 /01 /janvier /2023 10:44
Une grande absente...

 

"Personne ne s'est aperçu ni ne s'est ému de sa disparition pourtant assez déroutante...

 

Au cours des derniers mois, on a parlé inflation, Covid, retraites, ( je rajoute ; guerre) on a parlé du réchauffement climatique, je trouve d'ailleurs cela assez normal : les répliques du Covid nous guettent et nous menacent de nouveau, la réforme des retraites nous menace de nouveau... quant à l'inflation qui lamine les plus précaires et le réchauffement climatique dont les effets sont patents, ce ne sont même plus des menaces, c'est le quotidien.

 

Tout cela pour dire que personne ne semble s'être aperçu de la grande absente des discours politiques, des commentaires journalistiques au point que plus personne ne se souvient qu'elle existe encore sous la forme d'un ministère... qui pourrait seulement dire le nom de la titulaire de ce portefeuille ?

 

Evidemment, je veux parler de la culture.

Oui, oui, je sais, la culture, cela fait vieux jeu, le mot s'est à ce point dilué dans l'atmosphère qu'il semble d'un autre âge.

 

Et pourtant, rien n'a jamais été plus essentiel. 

 

Parce que la culture, comme le rappelait tout à l'heure Michelle Perrot, c'est ce qui sert à penser contre soi, à mettre en doute la validité de nos opinions, à interroger nos premiers réflexes pas toujours sains, à lutter contre nos réactions épidermiques.

 

Sans elle, comment analyser les menaces qui pèsent sur nous, comment penser les alternatives, lutter contre le repli sur soi, la détestation de l'étranger, la haine du pauvre ?

 

Sans elle, comment pourra s'imposer la solidarité, l'indispensable partage des richesses ?

 

On ne parle plus de culture.

Par bonheur, il nous reste les livres et les librairies, grandes ou petites..."

 

Voilà un bel et vibrant hommage à la culture que l'on doit à Pierre Lemaitre dans le cadre de la Grande Librairie...

La culture oubliée, sacrifiée, la culture laminée dans nos écoles par les gouvernements successifs qui ont mis en place des réformes absurdes, négligeant l'importance de la transmission des connaissances.

La culture qu'il convient de magnifier et de réhabiliter en ces temps d'incertitudes...

 

 

Source :

https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/la-grande-librairie-saison-15/4455361-emission-du-mercredi-11-janvier-2023.html

 

 

Une grande absente...
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15 janvier 2023 7 15 /01 /janvier /2023 13:29
La Maison Carrée en lumières !

 

Un temple romain au coeur de la ville de Nîmes ! Un des plus beaux temples romains, un des mieux conservés...

Les fêtes de Noël ont été l'occasion de mettre en lumière ce monument unique, l'occasion d'évoquer l'histoire de ce bâtiment vieux de 2000 ans...

 

D'abord, la construction de ce temple de culte impérial entre 2 et 5 après JC : il occupe à l'origine l'extrémité du forum, place principale de la cité antique. Le temple est réalisé pour l'essentiel en pierre de Lens, extraite d'une carrière à 30 km de Nîmes. Un temple commandité par le premier empereur romain Auguste.

 

En 345, les premiers chrétiens en font une église...

 

A partir de 462, Wisigoths, Sarrasins et Francs l'occupent successivement...

 

En 1198, le temple devient Maison Consulaire : elle accueille en son sein les quatre consuls.

 

1530 : Louis Boys un laboureur de Nîmes acquiert le bâtiment comme maison d'habitation...

 

1670 : les moines Augustins la rachètent pour en faire une église.

 

1758 : Jean François Séguier un érudit nîmois déchiffre et réussit à reconstituer la dédicace disparue au fronton de la Maison Carrée. Les traces laissées dans la pierre par les accroches des pierres lui suggèrent l'inscription :  "A Caius Caesar, fils d'Auguste, consul et Lucius Caesar, fils d'Auguste, consul désigné. Aux Princes de la Jeunesse." La Maison Carrée est donc un temple de culte impérial dédié aux petits fils d'Auguste, adoptés par l'empereur et destinés à lui succéder.

 

La Révolution française confisque les biens ecclésiastiques, et la Maison Carrée devenue bien national accueille les archives.

 

1823 : la Duchesse d'Angoulême en fait un musée qui abrite des collections d'art.

 

1840 : la Maison Carrée est classée Monument Historique.

 

2005 : Jean Paul Fournier, maire de Nîmes lance les travaux de restauration de la Maison Carrée.

 

2010 : fin de la restauration qui rend sa splendeur au monument romain...

 

On le voit : ce monument a été préservé car il n'a cessé d'être utilisé au fil des siècles...

Inspirée par les temples d'Apollon et de Mars Ultor à Rome, la Maison Carrée séduit par l'harmonie de ses proportions. C'est le seul temple du monde antique complètement conservé.

 

 

 

 

Photo et vidéos : rosemar

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1 janvier 2023 7 01 /01 /janvier /2023 12:00
Une bonne année à tous...

 

Une bonne année à tous...

 

 

Dans un monde insensé où règnent la guerre, la violence et la haine...

 

 

Dans un monde insensé qui détruit la nature...

 

 

Il nous faut retrouver le bonheur de nous émerveiller devant la beauté du monde...

 

 

Le bonheur d'admirer un paysage, une fleur, un arbre, un oiseau, un texte littéraire, une poésie, une musique...

 

 

Le bonheur de nous enivrer de toutes les beautés du monde...

 

 

 

Une très bonne année à tous !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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30 décembre 2022 5 30 /12 /décembre /2022 11:38
Un chaleureux concert de Noël...

 

Un concert composé de musiques très connues pour ce spectacle offert aux Nîmois... L'ensemble CALLIOPE et la chorale de Sommières étaient dirigés par Laurent Richard avec la participation de Anne Derym et Mélina Gerbith, sopranos...

Le concert s'ouvrait sur la célèbre symphonie du nouveau Monde de Dvorak : une musique exaltante et triomphante....

"Dvorak écrit sa 9ème Symphonie alors qu’il réside aux Etats-Unis. Les critiques de l’époque ont voulu y voir le début d’une musique américaine. Mais si Dvorak s’est inspiré de différents styles présents sur le sol américain, tels les musiques indienne et irlandaise, la Symphonie du Nouveau Monde reste essentiellement imprégnée de l’âme tchèque du compositeur.

A l’écoute du premier mouvement, certains critiques américains ont cru déceler l’élan d’une jeune nation en marche."

 

Puis, on se laisse bercer par la Barcarolle d'Offenbach... un air langoureux et passionné.

Une barcarolle est une musique, généralement composée sur un rythme ternaire qui évoque l’eau, le balancement d’une barque ou d’un petit bateau.
A la base une barcarolle est une chanson qu’interprètent les gondoliers qui naviguent sur les canaux de Venise.
Ce morceau si célèbre est extrait d’un opéra d’Offenbach intitulé : Les contes d’Hoffman. Au cours de cette œuvre, le héros, Hoffman raconte ses amours malheureuses avec trois femmes.

Anne Derym et Mélina Gerbith interprètent magnifiquement cette barcarolle envoûtante....

 

On est ensuite captivé par l'âpreté, la vivacité et la douceur du concerto de Vivaldi, les quatre saisons,  l'hiver... Au violon, deux très jeunes filles : Amandine et Camille Nguyen...

 

Avec le morceau suivant : changement total de registre, c'est la Valse des Fleurs, extrait du ballet Casse-noisette de Tchaïkovski... on est alors entraîné dans un tourbillon féerique et enchanteur...

 

Puis, c'est Le duo des fleurs, chanté par Anne Derym et Mélina Gerbith, un extrait de l'opéra Lakmé de Léo Delibes qui nous séduit et nous entraîne "Sous le dôme épais..."

"Sous le dôme épais
Où le blanc jasmin
À la rose s'assemble
Sur la rive en fleurs,
Riant au matin
Viens, descendons ensemble.
Doucement glissons de son flot charmant
Suivons le courant fuyant
Dans l'onde frémissante
D'une main nonchalante
Viens, gagnons le bord,
Où la source dort et
L'oiseau, l'oiseau chante.
Sous le dôme épais
Où le blanc jasmin,
Ah!
Descendons
Ensemble!
Sous le dôme épais
Où le blanc jasmin
À la rose s'assemble
Sur la rive en fleurs,
Riant au matin
Viens, descendons ensemble.
Doucement glissons de son flot charmant
Suivons le courant fuyant
Dans l'onde frémissante
D'une main nonchalante
Viens, gagnons le bord,
Où la source dort et
L'oiseau, l'oiseau chante.
Sous le dôme épais
Où le blanc jasmin,
Ah!
Descendons
Ensemble!"

 

Le célèbre choeur des chasseurs Jägerchor, de Carl Maria von Weber nous transporte alors dans une atmosphère champêtre...

 

On écoute encore un extrait de l'opéra Rigoletto, un opéra populaire composé par Verdi en 1850, à partir de la pièce de théatre de Victor Hugo "Le roi s'amuse".

Il est connu pour le fameux air du Ténor "La Donna è mobile", ainsi que le choeur des courtisans "Scorrendo uniti remota via", repris par quelques publicités... 

 

Un autre air très célèbre : l'hymne à la joie de Beethoven, nous apporte un apaisement infini, une grande sérénité...

 

Une ambiance exotique et un dépaysement garantis avec un dernier extrait : une pièce orchestrale de Albert Ketèlbey,  Sur un marché persan...

 

Un tonnerre d'applaudissements pour l'orchestre, la chorale...  et les musiciens nous offrent le bouquet final avec La Marche de Radetzky de Strauss...

 

Merci à tous les musiciens pour ces merveilleux moments de paix, de bonheur et d'harmonie...

 

 

 

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26 décembre 2022 1 26 /12 /décembre /2022 13:23
Danseuses et danseurs Ukrainiens...

La danse pour oublier les horreurs de la guerre... la danse pour retrouver une vie normale, loin des périls de la guerre... C'est vital en temps de guerre et de bombardements à l'aveuglette...

 

"Une arrivée à Paris tout en grâce, après un long voyage en provenance d'Ukraine...

 Il y a quelques jours, Natalia Matsak et Sergii Kryvokon se trouvaient chez eux, à Kiev. Couple sur la scène et dans la vie...

"Paris est toujours belle, même sous la pluie. Ici, l'ambiance est complètement différente de celle de notre pays. Il n'y a pas de guerre, on peut retrouver une vie normale", déclare Natalia.

 

Ces deux danseurs étoiles font partie de la troupe du ballet national d'Ukraine, accueilli pour les fêtes de fin d'année par un grand théâtre parisien.

 

Au programme, Giselle, célèbre classique du répertoire romantique français...

 Première répétition pour le corps de ballet et pour le chef d'orchestre, venu lui aussi d'Ukraine. C'est la première fois depuis le début de la guerre que ces artistes quittent leur pays.

"Etre à Paris, en France, c'est respirer une bouffée d'air fais, c'est faire de nouvelles rencontres..." dit ce chef d'orchestre.

 

Dans ce cocon parisien, les danseurs renouent avec un confort qui n'est plus qu'un lointain souvenir. À Kiev, leur quotidien sur scène, ce  sont les bombardements, les coupures d'eau et d'électricité. 

Mais chacun, là-bas, tient à maintenir coûte que coûte un spectacle pour la population ukrainienne. 

"En Ukraine, nous dansons pour les gens, afin de leur donner du plaisir, afin qu'ils gardent espoir dans la vie. Nous dansons pour la paix pour apporter un peu de joie..."

 

Arrive le grand soir, celui de la première devant le public parisien.

Ultime échauffement... la guerre a bouleversé les rangs de la Compagnie. Des ballerines mettent leur carrière entre parenthèses pour s'occuper de leur famille. Certains danseurs deviennent soldats.

Un de ces danseurs a choisi de servir dans un bataillon de secours aux blessés...

"Je ne voulais pas être face à face avec l'ennemi, mais je me suis dit que je pouvais quand même être utile sur le front. C'est pour cela que j'ai suivi, avant de partir, une formation paramédicale."

Après quelques semaines en première ligne, le danseur étoile a réintégré le ballet et a retrouvé sa famille.

Mais le combat se poursuit d'une autre manière... "Il est important pour nous de lutter sur le plan culturel : nous sommes là, nous sommes vivants, nous avons notre culture, nous voulons la préserver." dit Sergii Kryvokon.

 

Dans quelques minutes, levée de rideau.

"A Kiev, lorsqu'il y a une alerte aérienne, le public descend dans l'abri, mais les danseurs, eux, continuent à s'échauffer. On ne sait pas combien de temps cela va durer, c'est vraiment un grand stress émotionnel." témoigne Natalia Matsak.

 

À Paris, les arabesques des danseurs se sont faites plus légères et les applaudissements du public ont fait taire les sirènes d'alerte."

Un peu de répit pour ces artistes ukrainiens dont le quotidien est bouleversé par la guerre.

Mais, en Ukraine, pas de trêve de Noël et les Russes continuent cette guerre insensée : seize morts dans les frappes russes sur le centre de Kherson. Au total, 64 personnes ont été blessées dans les attaques.

 

 

 

 

Source :

https://www.francetvinfo.fr/replay-jt/france-2/20-heures/fetes-de-fin-d-annee-a-paris-le-ballet-national-d-ukraine-danse-pour-son-pays_5560728.html

 

 

 

Danseuses et danseurs Ukrainiens...
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23 décembre 2022 5 23 /12 /décembre /2022 09:40
Une jolie découverte lors d'un concert de Noël : Albert Ketèlbey...

 

Une musique envoûtante, celle du compositeur britannique : Albert Ketèlbey...

Ses œuvres, en général courtes, présentent souvent un caractère mystique ou oriental. Parmi les plus connues figurent Sur un marché persan, Dans le jardin d'un monastère et Dans le jardin d'un temple chinois.

 

Lors du récent concert de Noël donné à Nîmes par l'ensemble CALLIOPE, sous la direction de Laurent Richard, j'ai été subjuguée par ce morceau intitulé Sur un marché persan...

Une musique si suggestive, si évocatrice qu'elle nous fait voyager vers l'orient, ses mystères...

Ketèlbey nous fait entendre, nous fait voir même toute une ambiance orientale : on visualise des personnages, des scènes pittoresques...

Premier tableau : c'est l'entrée des chameliers et la démarche majestueuse de leurs montures... une musique chaloupée, rythmée par des tambours, très orientale...

 

Deuxième tableau : on entend le chant des mendiants demandant l'aumône : "Bakshish bakshish Allah, empshi empshi..." des cris joyeux, insistants qui ponctuent la musique...

 

Troisième tableau : changement total de rythme et d'ambiance avec un chant langoureux à souhait qui suggère la danse d'une belle princesse... quelle douceur enivrante !

 

Quatrième tableau : le rythme s'accélère avec un numéro de jongleurs et se fait ensuite doucereux avec des charmeurs de serpents...

 

Cinquième tableau : on annonce le passage solennel du Calife visitant le marché... une musique triomphante...

 

Puis, de nouveau le chant des mendiants, la danse de la princesse et la caravane des chameliers qui s'éloigne, figurant le marché qui se vide peu à peu au soleil couchant... la musique s'atténuant peu à peu...

 

Quelle magnifique représentation d'un marché oriental ! On s'y croirait...

 

Et aussi une belle interprétation de l'ensemble Calliope et de la chorale de Sommières, sous la baguette de Laurent Richard...

 

 

 

 

 


Photo et vidéo : rosemar

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16 décembre 2022 5 16 /12 /décembre /2022 12:54
Le ciel couleur d'améthyste...


"L'aube a des lueurs exquises ; on entend des chants d'oiseaux, le ciel est couleur d'améthyste ; et quand j'ouvre les yeux, sous l'impression plus douce du matin, je vois des frémissements de bien-être courir à l'extrémité des palmiers."

C'est ainsi que le romancier Eugène Fromentin décrit la beauté de paysages orientaux, à l'aube, dans un de ses ouvrages intitulé Un été dans le Sahara.


L'améthyste ! Des couleurs violettes surgissent ! Des brillances, des éclats, des transparences !

Améthustos ! Nom grec aux sonorités éblouissantes !

Le mot, avec sa labiale "m", sa dentale redoublée "t", sa consonne sifflante "s", sa graphie de consonne aspirée "th" venue du grec, nous entraîne dans un monde de mystères et d'étrangeté...

Le mystère des mots, leurs douceurs, leurs éclats ! 

Que de résonances et d'images étonnantes, que de couleurs et de lueurs !
Ce mot rare nous étonne, nous fait rêver : il évoque des teintes nuancées de mauve, de violet, de rose pâle ou de xanthe....

Il nous fait voir des glacis de lumières, des pierres aux éclats de roches, des envolées de cônes élancés...

Pierre de lucidité, de clarté, l'améthyste, censée préserver de l'ivresse, aux couleurs de vin coupée d'eau, fait briller des facettes lumineuses....


Ce mot venu du grec ἀμέθυστος / améthustos, est un adjectif verbal composé du verbe μεθύω / methúô (« être ivre »), et du préfixe privatif ἀ- / a- ... La pierre aurait été ainsi nommée parce qu'elle a la couleur du vin coupé d'eau, dont le titre alcoolique est moindre. Par rapprochement, elle passait pour préserver de l'ivresse...


Ciels étoilés, lumières étincelantes sur la voûte sombre et violette !


L'améthyste rutile de scintillements, elle s'enflamme de lueurs éclatantes, elle nous entraîne vers des nuits d'été aux cieux flamboyants, des mers vineuses et violettes aux flots déchaînés....


Champs de lavandes, bleuets, glycines, lilas, iris, toutes les fleurs bleues s'épanouissent sous nos yeux !


Fleurs de thym, de romarin, des harmonies de bleu s'éveillent, des ciels du sud, couleur de blanc-bleu s'ouvrent à nous...


Des mers aux reflets de soleil, replient leurs vagues bleues sur le sable, des cèdres bleutés vrillent le ciel, des embruns de glycines flottent dans l'air...


Des opalines laissent apparaître des teintes adoucies de mauves, on voit des fleurs violettes mêlées de blancs, des écumes de vagues sur les pierres...


 Pour mémoire :


 

"Le poète Rémy Belleau (1528-1577) a composé un poème mythologique intitulé L'améthyste, ou Les Amours de Bacchus et d'Améthyste,  dans lequel il imagine Bacchus éperdument épris de la belle Améthyste et la poursuivant avec fureur. Améthyste aux beaux yeux implore alors Diane, déesse de la chasteté, qui a pitié d'elle et la transforme en pierre. Bacchus, frustré, décrète alors que quiconque boira dans une coupe faite de cette pierre ne pourra pas savourer l'ivresse de son vin. Et la pierre prit en outre la couleur du vin.


L'améthyste est un membre de la famille des quartz dont la couleur varie du violet foncé au bleu lavande. Elle tient cette couleur d'un mélange de fer et d'aluminium, ainsi que d'une irradiation naturelle. L'améthyste est un cristal très répandu qui se trouve aux États-Unis, en Grande Bretagne, au Canada, au Brésil, au Mexique, en Russie, au Sri Lanka, en Uruguay, en Afrique de l'est, en Sibérie et en Inde."






 

Le ciel couleur d'améthyste...
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9 décembre 2022 5 09 /12 /décembre /2022 12:59
Un magnifique éloge du livre...

 

Un magnifique éloge du livre que l'on doit au romancier Yasmina Khadra dans le cadre de La Grande Librairie, sur la Cinq.

"Le livre, c'est notre meilleur confident, c'est le meilleur compagnon de l'homme. On ne peut pas trouver meilleur ami que le livre. Il ne demande rien, le livre... il est là, il ne bouge pas, il prend la poussière et puis, on l'ouvre et il vous offre le monde..."

Quelle belle déclaration d'amour à la littérature, aux livres !

 

Le livre nous offre un moment de répit, de repos, d'évasion, de détente, dans ce monde de vitesse effrénée où nous sommes emportés par la modernité.

Oui, le livre est le meilleur compagnon de l'homme : ami de la lenteur, il nous permet de rompre avec le rythme habituel de nos journées... S'il nous immobilise sur une chaise ou un fauteuil, il mobilise notre attention, nous invite à la réflexion...

Le livre est associé à la lenteur : on prend le temps de le savourer...

 

Le livre nous ouvre à d'autres univers, d'autres mondes, d'autres façons de penser...

Il nous entraîne dans son sillage de mots, de phrases, de mystères, de bonheurs, de joies, de peines, de douleurs...

Le livre est une occasion d'émerveillements et de découvertes...Le nom des arbres, la beauté des saisons, le nom des oiseaux, des insectes... un monde inconnu se révèle à nous...

Le livre est aussi un moment d'apaisement et de détente loin de l'agitation du monde. C'est Montesquieu qui écrivait : "Je n'ai jamais eu de chagrin qu'une heure de lecture n'ait dissipé..."

Le livre nous fait du bien, nous réconforte...


"Salammbô" ! "La peau de chagrin" "La rabouilleuse", "La mare au diable", "La bête humaine", des titres mystérieux, des oeuvres, des romans inoubliables !

 

"Le livre est aussi un moyen de se réapproprier le temps : on peut regarder une émission de télévision ou un film avec un portable à la main. On ne peut pas lire un livre avec un portable à la main. C'est une cocréation : on est obligé d'être complètement dans le texte. La lecture est un acte de résistance. On se reconnecte à notre temps, au temps long... on se connecte à ce temps qui nous a été volé par la technologie..." déclare Victor Dixen, auteur de livres pour la jeunesse, dans une autre épisode de la Grande Librairie...

Le livre est bien un instrument de liberté et de culture...

 

A Noël, offrez des livres plutôt que des écrans ou des jeux vidéos !

 

 

Vidéo : à 2 minutes, 36 secondes

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11 novembre 2022 5 11 /11 /novembre /2022 13:20
Manon Lescaut : quelles visions du monde ?

 

Présentation : le roman raconte une histoire d'amour entre un noble et une jeune fille légère. Ce roman très célèbre a connu un succès de scandale : les journaux de l'époque qualifient le héros d'escroc, l'héroïne de catin ou de prostituée. Un fils de bonne famille est ensorcelé par une fille de joie !

 

Quelles sont les visions du monde présentes dans ce roman ?

 

I Ce roman est d'abord le reflet d'une époque : la Régence (début du 18ème siècle), une période libertine, débridée.

 

Louis XIV meurt en 1715 : c'est la fin d'un long règne qui s'achève dans l'austérité, la tristesse. Louis XIV représentait l'absolutisme, le conformisme, un catholicisme rigide et étroit.

A la mort du roi, Philippe d'Orléans devient régent : on assiste alors à une libération des moeurs. Le grand argentier Law, un écossais, invente le papier-monnaie, la banque, le crédit, c'est le début du capitalisme moderne.

 

1) Importance du plaisir, du luxe

Manon représente bien ce goût du luxe : elle a sans cesse besoin d'argent. C'est l'époque où le peintre Antoine Watteau met en scène dans ses tableaux des couples dans des habits somptueux en train de se distraire...

2) Le goût du jeu

On s'adonne au jeu avec frénésie : les pertes d'argent sont pour certains si grandes que certains jeux sont interdits par ordonnance. Les maisons de jeu clandestines se multiplient. Des joueurs ruinés se suicident.

 

3) Les déportations en Louisiane

La Louisiane, nouvelle colonie récemment conquise par Louis XIV doit être peuplée : des femmes, des prisonnières, des prostituées sont envoyées en déportation pour peupler cette colonie. Le transport de ces femmes a lieu dans des charrettes : l'embarquement se fait au Havre de Grâce ou à La Rochelle. Des gravures de l'époque représentent ces convois de déportées.

Au début du roman, le Marquis de Renoncour voit pour la première fois Manon dans l'un de ces convois.

4) Les personnages du roman symbolisent bien cette époque

Manon est coquette, avide d'argent, de plaisirs, elle ne supporte pas le manque, la pauvreté.

Des Grieux lui-même subit l'influence de Manon : il enfreint la loi à plusieurs reprises : vol, tricheries, meurtre.

L'argent est un thème essentiel dans le roman.

 

II La vision du romancier transforme les faits et les personnages.

 

1) Si les personnages s'insèrent dans un cadre réaliste et une époque précise, ils sont aussi idéalisés et deviennent des symboles.

Les deux héros ne sont jamais décrits longuement ( à la différence des héros de romans du 19ème siècle ).

Le lecteur ne voit pas Manon : elle est simplement charmante, il s'agit d'exalter l'imagination du lecteur qui a une connaissance lyrique du personnage.

Manon et Des Grieux symbolisent la passion amoureuse : un couple idéal, ravissant, émouvant, malgré tout.

2) Les faits et les lieux sont aussi idéalisés, embellis ou stylisés.

L'évocation du convoi des déportées reste très sobre. Manon elle-même en haillons rayonne, elle attire tous les regards.

Les maisons de jeux ou tripots sont évoqués dans un langage noble, élégant : on parle "d' Académie."

La prison, ( l'hôpital de la Salpêtrière ) n'est pas vraiment décrite : elle est d'ailleurs transformée grâce à la présence de Manon : elle devient un palais, "Versailles."

Prévost transfigure la réalité : il utilise souvent un langage noble, un style classique, plein de pudeur... l'amour embellit tout, transforme les êtres et les lieux.

 

III Quelle est la signification de l'oeuvre ?

 

1) C'est apparemment une oeuvre morale : au 18ème siècle, la religion exerçait encore toute son influence, la morale religieuse occupait une place importante.

La religion jouait un rôle essentiel : les précepteurs, les maîtres étaient souvent des religieux. L'abbé Prévost est lui-même un ecclésiastique.

Le récit a une valeur morale : la passion conduit Des Grieux vers la déchéance. A la fin du roman, Manon est punie, elle meurt en Amérique.

On perçoit encore l'influence de la littérature du 17ème siècle et de ses auteurs dont la devise était "Instruire et plaire". Prévost montre les dangers de la passion amoureuse de manière plaisante, à travers un roman d'aventures aux multiples péripéties.

2) Pourtant, le message est plus ambigu 

La passion amoureuse est aussi valorisée : les héros attirent la sympathie de nombreux personnages, Tiberge l'ami fidèle de Des Grieux, l'homme de qualité, ou encore l'administrateur de la prison, M. de T.

La plupart des personnages secondaires aident le couple en perdition.

Le sujet lui-même était audacieux à l'époque : un noble s'éprend d'une fille des rues qui l'entraîne dans la déchéance.

 

Conclusion :

 

On perçoit dans ce roman un monde en train d'évoluer sous la Régence : le plaisir, l'argent occupent une place importante. Le monde semble se libérer aussi du carcan de la religion.

Manon et Des Grieux sont, en ce sens, des héros modernes, ils revendiquent une certaine liberté de vie, de moeurs.

De plus, les romanciers dépassent souvent le contexte historique et social pour donner à leur oeuvre une valeur universelle : Prévost se livre à une réflexion universelle sur la passion amoureuse, il nous en présente à la fois les dangers et les attraits.

 

 

 

 

 

 

Manon Lescaut : quelles visions du monde ?
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