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6 octobre 2021 3 06 /10 /octobre /2021 08:41
Soirée Latino avec le duo IDIK...

 

Deux guitares, deux voix, de la bonne humeur, de l'énergie, du talent, du charme pour une soirée latino offerte par le duo IDIK...

 

Une soirée dans un cadre somptueux : la Maison Carrée de Nîmes, un temple augustéen qui date de plus de 2000 ans.

Les deux musiciennes nous ont proposé un voyage enchanteur vers l'Espagne, l'Italie, la France, l'Amérique Latine...

 Ambar et Elsa ont charmé un public nîmois enthousiaste venu en nombre pour écouter les deux jeunes musiciennes.

 

D'abord, une chanson d'amour triste avec Veinte años, une habanera composée en 1935 par la célèbre chanteuse Maria-Teresa VERA sur des paroles de Guillermina ARAMBURU. Interprétée depuis par de très nombreux chanteurs, elle a accédé au statut de tube planétaire grâce à l’interprétation de Omara Portuondo chanteuse et danseuse cubaine née le 29 octobre 1930 à La Havane. 


"Qué te importe que te amé Que t'importe que je t'aime
Si tù no me quieres ya, Si tu ne m'aimes plus
El amor que ya ha pasado L'amour qui s'en est allé
No se debe recordar Il ne doit pas revenir
Fui la ilusion de tu vida Je fus l'illusion de ta vie
Un dia lejano ya Un jour déjà éloigné
Hoy represento al pasado Je ne suis plus que le passé
No me puedo recordar Je ne peux pas m'y faire
Hoy represento al pasado Je ne suis plus que le passé
No me puedo recordar Je ne peux pas m'y faire..."


 

 

Puis, une chanson engagée du groupe Zoufris Maracas qui étrille les déviances du monde avec tant de  verve !  Koutémoué :

"Je suis content d'avoir compris
Qu'avec tout le pognon du monde
On ne rachète pas les années
Que le travail nous a volées
On ne rachète pas les années
Qui nous ont passé sous le nez

Je suis content d'avoir compris
Que tout ça n'a pas d'importance
Qu'il faut faire l'amour à la vie
Et se souvenir de l'enfance
Aussi longtemps qu'il soit permis
Et de la garder comme essence…"

 

On écoute encore avec bonheur un titre de Mecano : Una rosa es una rosa..., une chanson d'amour encore !

"Es por culpa de una hembra
C'est par culpabilité d'une femme
Que me estoy volviendo loco
Que je suis devenu fou
No puedo vivir sin ella
Je ne peux pas vivre sans elle
Pero con ella tampoco
Mais avec elle non plus"

 

On est ému par cette chanson :  "Siempre me quedará Il me restera toujours". Dans cette chanson, la chanteuse espagnole Bebe a voulu écrire sur le thème de l'anorexie. Elle montre comment cette maladie transforme la vie des individus.
Elle se met dans la peau d'une femme souffrant de ce mal, et insiste sur l'obsession qu'elle se fait de la perfection physique

 

"Cómo decir que me parte en mil
Las esquinitas de mis huesos,
Que han caído los esquemas de mi vida
Ahora que todo era perfecto.
Y algo más que eso,
Me sorbiste el seso y me defiende del peso

Comment dire que se brisent mille
Les légères lésions de mes os,
Que les schèmes de ma vie sont tombés
Maintenant que tout était parfait
Et encore plus que ça,
Tu m'as lavé le cerveau
Et je me défends de ce poids

De este cuerpecito mío
Que se ha convertido en río.

De ce petit corps qui est mien
Qui s'est transformé en fleuve"

 

Puis, on se laisse bercer par ce titre:  "Me haces bien", titre de Jorge Drexler, encore une merveilleuse chanson d'amour pleine de tendresse et de douceur...

 

 
"Pour te raconter, je chante
Para contarte, canto

je veux que tu saches combien
Quiero que sepas cuánto

Tu me fais  du bien
Me haces bien

Je t'aime de mille façons
Te quiero de mil modos

je t'aime par dessus tout
Te quiero sobre todo

Tu me fais  du bien
Me haces bien


Il suffit de voir le reflet de tes yeux dans les miens
Basta ver el reflejo de tus ojos en los míos

Comment le froid s'en va
Como se lleva el frío

Pour comprendre
Para entender

Que le coeur ne ment pas
Que el corazón no miente"

 

Pour continuer le programme, une chanson rythmée, du reggae, Que palique de  Sergent Garcia...

 

On écoute encore avec plaisir Plantation du groupe Kana :

 

"J'ai tout petit problème dans ma plantation, pourquoi ça pousse pas
J'ai tout petit problème dans ma plantation, pourquoi ça pousse pas

Moi, j'ai planté coco, coco ça pousse pas
Moi, j'ai planté bananes, bananes ça pousse pas"

 

 

En fin de récital, une chanson révolutionnaire : Bandiera rossa,  le plus célèbre des chants révolutionnaires italiens. Il signifie Drapeau rouge. La chanson est née au début du XXe siècle et la musique est issue de la fusion de deux chants populaires lombards. Le texte, écrit à l'origine par Carlo Tuzzi en 1908, a subi plusieurs modifications au fil des ans.

"Avanti o popolo, alla riscossa,
Bandiera rossa (bis)
Avanti o popolo, alla riscossa,
Bandiera rossa trionferà.
Bandiera rossa la trionferà (ter)
Evviva il comunismo e la libertà.
Degli sfruttati l’immensa schiera
La pura innalzi, rossa bandiera.
O proletari, alla riscossa
Bandiera rossa trionferà.
Bandiera rossa la trionferà (ter)
Il frutto del lavoro a chi lavora andrà.
Dai campi al mare, alla miniera,
All’officina, chi soffre e spera,
Sia pronto, è l’ora della riscossa."

"En avant ô peuple, à la révolte,
Le drapeau rouge (bis)
En avant ô peuple, à la révolte,
Le drapeau rouge triomphera.
Le drapeau rouge triomphera (ter)
Et vive le communisme et la liberté.
Des exploités l'immense troupe
Hisse le rouge drapeau.
Ô prolétaires, à la révolte
Le drapeau rouge triomphera.
Le drapeau rouge triomphera (ter)
Le fruit du travail à qui travaille ira.
Des champs à la mer, de la mine,
Au bureau, qui souffre et espère,
Qu'il soit prêt, c'est l'heure de la révolte."

Un vent de révolte a alors soufflé sur le parvis de la Maison Carrée !

 


 Merci à ces deux musiciennes pour ce moment chaleureux et ce récital enthousiasmant : une bouffée d'air et de fête proposée par Ambar et Elsa.

 

 
 

 

 

https://zikoccitanie.fr/idik/

 

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29 septembre 2021 3 29 /09 /septembre /2021 09:55
Mes journées du patrimoine...

 

La ville de Nîmes est riche d'un patrimoine varié : on connaît bien sûr les monuments romains, la célèbre Maison Carrée, les Arènes, ou encore les jardins de la Fontaine, ancien lieu de culte dédié à l'empereur Auguste...

 

On connaît moins les nombreux hôtels particuliers du centre-ville : des merveilles d'architecture, des demeures cossues qui témoignent du passé prestigieux de la ville.

 

A l'occasion des journées du patrimoine, j'ai pu visiter la cour de l'hôtel de Meynier de Salinelles, un édifice qui date du 16ème siècle : on peut y admirer de grandes fenêtres à meneau, un décor Renaissance.

Les Meynier de Salinelle, riches négociants de tissus ont acquis cet hôtel au 18 ème siècle.

 

Dans le mur du vestibule sont scellés des fragments de deux sarcophages du 4e siècle en marbre taillés en relief, représentant l'un le passage de la mer Rouge (Pharaon et son armée, Moïse et les Hébreux) et l'autre les miracles du Christ.  Ces éléments sont classés en tant qu'objets monuments historiques.

 

J'ai pu aussi admirer la cour de l'hôtel de Bernis, une demeure médiévale recomposée au 17ème siècle.

 

L'hôtel de Bernis figure parmi les plus anciennes et les plus belles maisons nîmoises. Sa façade gothique, du 15e siècle, est pourvue de belles fenêtres à meneaux. Sa cour du 17e siècle est remarquable.

La voûte en plein cintre du rez-de-chaussée abritait une échoppe au Moyen Age. La charmante cour intérieure s'inspire des Arènes. Les façades sur cour, réaménagées sous le règne de Louis XIII, ont, elles, emprunté le style du temple de Diane.

La façade sur rue conserve des fenêtres à croisée de pierres finement moulurées. Les façades sur cour présentent au rez-de-chaussée sur deux côtés des arcades et des colonnes copiées sur l'amphithéâtre, et à l'étage des fenêtres couronnées d'un fronton triangulaire inspirées du temple de Diane.

 

 

Je suis encore entrée dans la chapelle Sainte-Eugénie qui est, avec la cathédrale, la plus ancienne église de Nîmes, un édifice dont on perçoit la vétusté au premier regard, une façade grise, très sombre. L'autel néogothique a été refait au 19ème siècle dans un style assez chargé et maniéré.

 

Mais j'ai encore plus apprécié une petite exposition organisée par des artisans de la région, près des quais de la Fontaine : peintre, créatrice de bijoux, calligraphe, lapidaire, potière, etc
Et je me suis plus particulièrement attardée devant les créations d'une potière : Annita Boucheteil.

Dans la grande famille des argiles, c'est le grès qu'elle a choisi de travailler : on admire des volumes sobres et épurés, des décors bruts, simples à accueillir du regard.

Ses oeuvres font songer à des céramiques antiques, avec une magnifique patine aux teintes nuancées...

 

Magnifique travail ! Annita Boucheteil crée des œuvres uniques, en grès et cuites à haute température, réalisées selon la technique ancestrale du colombin, ainsi que des pièces utilitaires tournées. 

 

 

 

 

 

 

Mes journées du patrimoine...
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22 septembre 2021 3 22 /09 /septembre /2021 08:24
Un vingt-deux septembre au diable vous partîtes...

 

 

Le début de l'automne évoque traditionnellement le déclin, la perte, une certaine nostalgie du passé...

Pour Brassens, le 22 septembre est associé à une rupture amoureuse dans une célèbre chanson intitulée "Un vingt-deux septembre".

"Un vingt-deux septembre au diable vous partîtes..."

L'expression est savoureuse car elle ne traduit pas vraiment un désarroi, une tristesse : elle exprime au contraire une certaine désinvolture, comme si le poète avait souhaité le départ de la belle... ou comme si, le temps étant passé, la rupture semblait moins amère.

Et pourtant, chaque année, cette date était ponctuée par des pleurs : 


"Et, depuis, chaque année, à la date susdite,
Je mouillais mon mouchoir en souvenir de vous..."

Les thèmes du souvenir et du temps qui passe sont ainsi entremêlés dès le début de la chanson : l'alternance des temps, passé simple, imparfait, présent suggère bien cette fuite du temps, ainsi que les adverbes de temps qui scandent le texte : "aujourd'hui, jadis, à présent."

Le présent marque un changement total souligné par cette image : "Or, nous y revoilà, mais je reste de pierre" et par une expression brutale et triviale :

"Plus une seule larme à me mettre aux paupières 
Le vingt-deux de septembre, aujourd'hui, je m'en fous."

Et le poète revient pourtant sur la force de cet amour qui lui faisait accomplir des prouesses :

"Jadis, ouvrant mes bras comme une paire d'ailes,
Je montais jusqu'au ciel pour suivre l'hirondelle
Et me rompais les os en souvenir de vous..."

On perçoit un élan, un enthousiasme avec l'image de l'hirondelle...

Mais  cet élan a disparu et on trouve comme souvent dans les chansons de Brassens, une référence littéraire et mythologique :

"Le complexe d'Icare à présent m'abandonne,
L'hirondelle en partant ne fera plus l'automne:
Le vingt-deux de septembre, aujourd'hui, je m'en fous."

On aime aussi ce renversement du dicton "Une hirondelle [arrivant] ne fait pas le printemps", qui signifie qu'un seul signe ou indice ne constitue pas une preuve.

Brassens n'oublie pas d'évoquer de nombreux thèmes associés à l'automne : le départ des hirondelles mais aussi les feuilles mortes, le deuil :


"On ne reverra plus au temps des feuilles mortes,
Cette âme en peine qui me ressemble et qui porte
Le deuil de chaque feuille en souvenir de vous...
Que le brave Prévert et ses escargots veuillent
Bien se passer de moi pour enterrer les feuilles."

Sans oublier la référence littéraire aux poèmes de Prévert...

On retrouve le thème des pleurs et des souvenirs tristes dans la strophe suivante :


"Pieusement noué d'un bout de vos dentelles,
J'avais, sur ma fenêtre, un bouquet d'immortelles
Que j'arrosais de pleurs en souvenir de vous..."

Les "immortelles" que Brassens arrose de pleurs semblaient, pourtant, être là pour signifier un amour éternel.

Mais la suite vient à nouveau former un contraste saisissant avec cette déclaration d'un amour sans fin :


"Je m'en vais les offrir au premier mort qui passe,
Les regrets éternels à présent me dépassent:
Le vingt-deux de septembre, aujourd'hui, je m'en fous."

Brassens n'oublie pas de jouer malicieusement sur le sens du verbe "passer", ce verbe signifiant aussi par euphémisme "mourir".

L'amour s'en est allé, et c'est une rupture qui semble définitive, comme le suggère l'emploi du futur dans la strophe suivante :


"Désormais, le petit bout de coeur qui me reste
Ne traversera plus l'équinoxe funeste
En battant la breloque en souvenir de vous..."

Finis la tristesse et le désarroi...

Et Brassens de reprendre les clichés traditionnels de la poésie amoureuse et galante, avec ces images précieuses mêlées à un vocabulaire familier... c'est là tout le talent de Brassens de mélanger les genres !


"Il a craché sa flamme et ses cendres s'éteignent,
A peine y pourrait-on rôtir quatre châtaignes:
Le vingt-deux de septembre, aujourd'hui, je m'en fous."

 

Et, le poème s'achève sur ce vers :

 

"Et c'est triste de n'être plus triste sans vous"

 

 Ainsi, cette chanson exprime, malgré tout, la nostalgie d’un bonheur passé et … l’indifférence nouvelle.

Quelle richesse dans ce texte, que de références littéraires, quelle culture et quelle bonhomie aussi !

Brassens nous livre ici un véritable poème de facture classique en alexandrins, un poème où se mêlent jeux de langage, culture, humour, tendresse...

 

 

 

 

 

 

 

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3 septembre 2021 5 03 /09 /septembre /2021 09:14
N'ayez pas peur !


"Coopérez, n'ayez pas peur" dit l'animateur TV afghan, alors que derrière lui, des talibans en armes prennent la pose...

Le présentateur est entouré de huit hommes armés qui semblent le surveiller pendant qu’il lit son message...

 

Une image effrayante ! L'information encadrée par des hommes armés jusqu'aux dents !

La journaliste iranienne Masih Alinejad a retweeté la vidéo et a déclaré: “C’est surréaliste. Des militants talibans posent avec des armes derrière cet animateur de télévision visiblement pétrifié et lui font dire que les Afghans ne devraient pas avoir peur de l’émirat islamique. Les talibans eux-mêmes sont synonymes de peur dans l’esprit de millions de personnes. Ceci n’est qu’une preuve supplémentaire.”

 

Régner par la peur, la terreur...

Selon CNN, le chanteur folk Fawad Andarabi a été tué d’une balle dans la tête par les talibans, faisant craindre une nouvelle répression du régime islamiste.

Ce chanteur  Fawad Andarabi a été traîné hors de son domicile, puis tué par les talibans, vendredi 27 août, dans une ferme de la vallée d’Andarab.
 

La musique avait en effet déjà été interdite par les talibans, lorsqu’ils étaient à la tête de l’Afghanistan, entre 1996 et 2001. Le porte-parole des talibans Zabiullah Mujahid a rappelé, dans un entretien accordé au New York Times, "que la musique était interdite dans l’islam", assurant toutefois que les talibans espéraient pouvoir "persuader les Afghans de ne pas faire de telles choses, au lieu de faire pression sur eux."

 

"N'ayez pas peur !"

 

Quand la musique, ce langage universel devient un péché mortel... et qu'elle est punie de mort... c'est le retour assuré de la barbarie.

Le fanatisme religieux à l'oeuvre...

La musique, la danse, la culture clouées au pilori... l'obscurantisme fait des ravages.

Et quel sera le sort réservé aux femmes afghanes ? On peut craindre le pire pour elles.

Les femmes afghanes avaient obtenu le droit d’étudier, de travailler...

Que vont-elles devenir ? Fillettes mariées de force, vouées à l'enfermement, femmes soumises, femmes esclaves, femmes bétail...

L'horreur absolue !

 

 

Sources :

https://www.lepoint.fr/monde/afghanistan-un-chanteur-a-ete-assassine-par-les-talibans-31-08-2021-2440780_24.php

 

https://www.7sur7.be/monde/un-presentateur-afghan-presente-le-journal-entoure-de-talibans-armes~a114f4f8/?referrer=https%3A%2F%2Fwww.google.com%2F

N'ayez pas peur !
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1 septembre 2021 3 01 /09 /septembre /2021 08:49
Dans un monde intoxiqué par la vitesse, la lecture est un acte de résistance...

 

Vite, encore plus vite, toujours plus vite ! Notre monde est voué à la vitesse, à une frénésie d'activités sans fin...

La télévision, internet nous emportent dans un flot d'images rapides : a-t-on le temps de les analyser ?

Les images nous dictent leur rythme, nous sommes happés par toutes sortes d'informations qui nous submergent...

 

Le télétravail lui aussi ne nous laisse guère le temps de nous déconnecter...

 

A l'inverse, ouvrir un livre, c'est comme "lancer un défi au culte de la vitesse".

On se cale dans un fauteuil et on oublie tout le reste : on se livre entièrement à la lecture, avec délice et selon le rythme qui nous convient.

 

On a même le loisir de feuilleter les pages, de revenir en arrière, de relire pour mieux savourer...

Quelle détente ! Un pur bonheur !

La lecture permet un maximum de concentration et de réflexion...

Oui, vraiment, lire est un acte de résistance !

 

Dans notre monde hyperactif, la lecture permet un temps d'arrêt, un recul, une attention, une concentration qu'il nous faut retrouver.

Evidemment, dans un monde voué au marché, à l'économie, la culture littéraire semble obsolète, elle paraît n'avoir aucun intérêt...

 

Et pourtant, quel apport essentiel ! 

"Le lecteur de littérature apprend la langue de l'âme. Il apprend que d'autres peuvent ressentir les choses d'une manière différente de la sienne. Un autre amour, une autre haine. Il apprend de nouveaux mots et de nouvelles métaphores pour décrire les états d'âme. Grâce à l'enrichissement de son vocabulaire, de son répertoire de notions, il est en mesure de parler de son vécu d'une façon plus nuancée, ce qui lui permet de ressentir les choses avec plus de finesse.", écrit le philosophe berlinois Peter Bieri.

 

Dans un temps où prime l'économie, la lecture, la culture deviennent suspectes...

Il est temps de réagir contre ces tendances : le culte de la vitesse et de la performance, le mépris de la culture littéraire jugée inutile dans un monde de technicité grandissante...

Il est temps de réagir !

Lisons !

 

 

 

 

 

Dans un monde intoxiqué par la vitesse, la lecture est un acte de résistance...
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23 août 2021 1 23 /08 /août /2021 09:33
La fin des "journées du patrimoine" en Belgique...

 

Non, ce n'est pas une histoire belge, ce n'est pas une blague belge... on annonce la fin des "Journées du patrimoine" à Bruxelles, en Belgique. Pas l’événement en tant que tel, mais sa dénomination !

Le terme "patrimoine" étant jugé sexiste, voire peu inclusif, les autorités bruxelloises, notamment le secrétaire d’État chargé de l’Urbanisme et du Patrimoine, Pascal Smet, et l’administration ont décidé de les rebaptiser "Heritage Days", rapporte le média francophone La Libre , mercredi 18 août.

L’appellation "patrimoine" renvoie, en effet, à l’héritage transmis par le père, selon le secrétaire d’État, le mot patrimoine venant du latin "pater", "le père".

 

Mais, au nom de l'inclusion, à quelles dérives se livre-t-on ?

Faudrait-il ne plus utiliser aussi les mots "patrie, expatrier, rapatrier, patronyme" ?

 

Que dire aussi de l'emploi d'une expression anglaise "Heritage Days" pour remplacer le joli mot venu du latin "patrimoine" ?

Faut-il renier notre histoire, notre langue, notre culture ?

Alors que la langue anglaise s'impose toujours un peu plus sur internet, alors qu'elle se fait de plus en plus présente sur les affiches, dans le langage publicitaire, il faut refuser ces intrusions.

 

On assiste à une véritable invasion de la langue anglaise sur internet : les publicitaires ont constamment recours à des termes venus d'outre-Manche...

"French days, it-shoes, slingback, fashion news, sense of seduction, battle de look, sun is back, c'est le moment de shopper..." j'en passe et des meilleures...

 

Quelle est cette mode stupide à laquelle les gens se conforment ?

Notre chef de l'état lui-même, Emmanuel Macon a volontiers recours à des termes anglais.

 

Avec la crise du coronavirus, on a vu  aussi se développer et se multiplier nombre d'anglicismes...

Avant l'épidémie, nous n'avions jamais entendu ce terme "cluster" utilisé dans le jargon scientifique. Les hommes politiques l'ont rapidement adopté.

Les mots "care", "tracking" sont aussi à la mode...

 

Quant à la mode "inclusive", à la culture victimaire, elle envahit aussi tous les secteurs de la société : l'orthographe devrait être plus inclusive, nous dit-on ..."le racisme dominerait dans l'art, l'école, la musique classique, trop blanche et inadaptée à la diversité ethnique...", comme l'écrit Pascal Bruckner.

Un pur délire !

"Voir du racisme ou du sexisme partout, c'est vivre dans un univers paranoïaque", comme l'écrit fort justement le politologue Pierre-André Taguieff.

 

 

 

 

Source :

 

https://www.lepoint.fr/europe/belgique-pas-assez-inclusives-les-journees-du-patrimoine-rebaptiseesbelgique-pas-assez-inclusives-les-journees-du-patrimoine-rebaptisees-19-08-2021-2439494_2626.php

La fin des "journées du patrimoine" en Belgique...
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13 août 2021 5 13 /08 /août /2021 08:48
Un somptueux récital de piano avec Violaine Debever...

 

Elle entre en scène, rayonnante, avec sa longue robe bleue pour un récital de piano qui nous invite à la découverte de musiques contemporaines.

Violaine Debever se spécialise en 2011 dans le répertoire contemporain si peu connu.

Au programme de ce récital : Robert Scuhmann, Scènes d'enfant, George Crumb, A little suite for Christmas, Harrison Birtwistle, Harrison's Clock n° 3, Claude Debussy, Trois préludes, et enfin Franz Liszt, Rhapsodie hongroise n° 12.

L'occasion de découvrir certains compositeurs que je ne connaissais pas du tout.

Scènes d'enfants (Kinderszenen), op. 15, est une œuvre pour piano de Robert Schumann écrite en 1838 et composée de treize courtes pièces. Malgré son titre, elle ne s'adresse pas à des enfants, mais elle a, selon les termes de Schumann, été conçue "par un grand enfant", comme "souvenir pour des personnes qui ont grandi".

On est d'abord comme envoûté par la grande douceur de cet extrait, puis la musique devient enjouée, emplie de pirouettes, presque comique, comme dans un jeu qui prête à rire.

Le rythme s'accélère ensuite comme une cascades de notes et de rires...

Le rythme change encore, se fait lent, langoureux, plein de douceur, de tendresse propre à l'enfance.

Et on retrouve cette alternance dans l'ensemble du morceau.

Nous sommes bien dans le monde de l'enfance !

 

Avec George Crumb, on entre dans un tout autre univers musical : il invente son propre langage sonore, grâce à des sons inouïs comme venus d'un autre monde.

George Crumb, né le 24 octobre 1929 à Charleston (Virginie-Occidentale), est un compositeur américain de musique contemporaine.

"On peut parler d'une véritable réorchestration avec un piano.", nous annonce Violaine Debever.

Et l'exécution du morceau interprété nécessite la préparation du piano : cordes pincées, frottées.

Le son vient de l'intérieur du piano.

Et de fait les sonorités étranges ont de quoi surprendre ! Une véhémence qui étonne, fait presque peur... des sons caverneux puis cristallins !

On entend des sons qui résonnent à l'infini, puis un long silence...

On est séduit alors par une douce mélodie qui incite à la rêverie... La pianiste joue sur les touches mais aussi à l'intérieur du piano...

Etonnante musique parfois déconcertante, nerveuse, rude, parfois emplie de douceur !

 

Harrison Birtwistle, né le 15 juillet 1934 à Accrington, Angleterre, est, quant à lui, un compositeur britannique. Il reconnaît les influences d'Igor Stravinsky, Varèse (les sonorités extrêmes) et Messiaen (les structures rituelles) sur sa musique.

 

Avec Harrison's Clocks,  Harrison Birtwistle compose une musique totalement différente qui ne s'attache pas aux sons mais aux rythmes.

Harrison's Clocks est constitué de cinq pièces inspirées des horloges maritimes du XVIIIe siècle de John Harrison.

Elles ont été inspirés par le livre de Sobel Longitude, sur la gestation douloureusement prolongée des horloges de mer de John Harrison, aujourd'hui conservées à Greenwich. Il y a cinq morceaux substantiels, chacun commençant par une ruée de notes jusqu'au bas du clavier. Dans Clock, les mouvements contraires irréguliers et les figures saccadées sont délibérément déphasés.

Ce sont des pièces virtuoses fascinantes et exaltantes. 

Le rythme est heurté, saccadé, étrange avec des répétitions : on a l'impression d'un automate qui s'emballe...

Une mélodie en évolution furtive intégrée dans un accompagnement de notes répétées dont l'articulation exige de l'endurance et de la virtuosité de la part de l'interprète...

 

Avec les trois préludes de Debussy, on est sensible, cette fois, à la richesse des évocations et de l'orchestration : c'est une invitation au voyage et à la rêverie...

Magnifique !

D'abord, La terrasse des audiences du clair de lune : une atmosphère nocturne, calme, apaisée...

Puis, Voiles : des notes claires comme des éclats sur l'eau, on a l'impression de voir des voiliers qui dansent sur les vagues...

Enfin, Ce qu'a vu le vent d'ouest : un rythme houleux, renversant, des vagues de notes qui s'accélèrent et sont de plus en plus tempétueuses. La musique nous fait ressentir les zigzags du vent, sa puissance.

 

On aborde un univers encore plus familier avec la Rhapsodie hongroise de Liszt : on assiste à un enchaînement d'impressions et de sentiments divers...

D'abord une musique intense, nerveuse, puis un rythme enfantin, joyeux, une impression de gaieté, de valse tourbillonnante.

Quelle gaieté enivrante ! On est emporté par un tourbillon de notes étourdissant et éblouissant !

 

Un tonnerre d'applaudissements bien mérité  pour Violaine Debever...

 

Sous les rappels, elle revient interpréter Le vieux château de Mussorgsky, un air empli de douce mélancolie...

 

Bravo à cette jeune musicienne qui a su enchanter tout le public !

 

 

 

 

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4 août 2021 3 04 /08 /août /2021 08:12
Compositrices, autrices, musiciennes : autres chemins...

 

A portée de notes : "Compositrices, autrices, musiciennes : autres chemins" avec Marc Simon...

Une conférence passionnante de Marc Simon nous faisait découvrir toutes ces femmes de l'ombre, compositrices, autrices, musiciennes souvent méconnues.

 

"Dans tous les arts, les femmes ont suivi leur propre chemin, souvent empêchées par les normes sociales et négligées par les institutions (masculines à outrance), au-delà de remarquables exceptions (l’allemande Hildegarde Von Bingen au XII°, la française Elisabeth Jacquet et l’italienne Barbara Strozzi au XVII°…), de Clara Schumann à Brigitte Fontaine en passant par Lakshmi Shankar et Billie Holiday."

 

Quelle est donc la proportion d'artistes féminines ? telle est la question posée par Marc Simon au début de sa conférence. En fait, elles sont nombreuses depuis les siècles passés, mais on n'en parle pas ou si peu : la moitié de l'humanité a produit des oeuvres, mais on ne la connaît pas.

Ces messieurs occupent toute la place !

Dès l'antiquité, la sphère du privé revient au féminin, la sphère du public est dévolue aux hommes.

Les hommes se sont organisés pour que les femmes n'aient pas droit à la parole.

 

Ainsi, on a longtemps méconnu une héroïne du 12 ème siècle : Hildegarde Von Bingen, une religieuse à la carrière artistique exceptionnelle...

Elle disait qu'elle avait des visions, et par là même, elle s'est rapidement attiré des ennuis mais elle a réussi à défendre le bien fondé de ses visions, elle a acquis une autorité morale. Des princes, des rois la consultaient. Elle était intéressée par les soins de la nature, elle a même écrit un traité sur des plantes médicinales.

Hildegarde a composé plus de soixante-dix chants liturgiques, hymnes et séquences, une oeuvre remarquable de poésie.

 

Au Moyen-Age, les troubadours étaient des hommes, car c'était une vie qui ne convenait pas aux femmes.

Pourtant, Marie de France composa des lais : des poèmes, des contes consacrés à l'amour courtois, par exemple le lai de Bisclavret ou celui du chèvrefeuille.

Le lai du Bisclavret est particulièrement étrange et étonnant : une histoire de loup garou !

 

Dans la noblesse, les femmes étaient parfois éduquées à la musique : Marie Tudor jouait du virginal, ancêtre du clavecin.

Au XVI e siècle encore, Maddalena Casulana fut une compositrice, luthiste et chanteuse italienne de la fin de la Renaissance. Elle fut la première compositrice occidentale à avoir été publiée.

Les femmes qui composent étaient contraintes de s'entourer de précautions... Au XVIIe siècle, Barbara Strozzi composa des madrigaux. En  1644, elle publia sous son nom un livre de madrigaux : le livre est pourvu d'une dédicace adressée à la duchesse de Toscane Vittoria della Rovere, épouse du duc Ferdinand II de Médicis. Dans cette dédicace, Barbara Strozzi offre son premier opus à la duchesse, en la remerciant de l'aide affectionnée qu'elle lui a apportée. Elle affirme qu'elle se sent très téméraire, en tant que femme, de publier son œuvre, mais qu'elle sait que la grande dame lui assurera la protection nécessaire.

 

Sous Louis XIV, Elisabeth Jacquet s'illustra aussi dans la composition : son père était musicien, la jeune fille fut présentée à Louis XIV et devint la protégée de Mme de Montespan. Son mari était lui-même organiste du roi.

Elisabeth Jacquet a composé de très belles pièces inspirées de la mythologie : "Le sommeil d'Ulysse, La tempête".

Au XIXème siècle, Clara Schumann fut encore une remarquable compositrice : elle s'est beaucoup occupée de son mari qui avait une santé mentale fragile. Son père était professeur de piano. Elle se fiança secrètement avec Robert Schuman (son père n'était pas d'accord ). Elle eut 8 enfants.

Elle a commencé à composer très jeune : à 14 ans, elle composa son sabbat. Elle fit des tournées dans toute l'Europe. Son effacement du milieu de la composition est directement lié à sa condition de femme.

Confrontée aux tâches domestiques, elle dut s'occuper de huit enfants : un travail très prenant!

 

Fanny Mendelssohn, la soeur de Félix fut aussi une compositrice de talent au XIXème siècle : qui la connaît ?

 

Alma Mahler a composé des lieder. En épousant Gustav Mahler, il fut convenu qu'elle devait abandonner ses propres aspirations artistiques en musique et en peinture.

 

Dans le domaine de la chanson, les femmes étaient souvent des interprètes, des "enveloppes", elles n'écrivaient pas les chansons.

Piaf a pourtant écrit les textes de quelques chansons parmi lesquelles : La vie en rose, et souvent, on ne le sait pas.

 

Quoi qu'il en soit, une chanson est portée par son interprète : le compositeur produit mais il a besoin d'interprètes de talent.

 

Barbara, elle, fut à la fois autrice, compositrice, et interprète.

Brigitte Fontaine écrit des chansons originales, pleines de fantaisie et de drôlerie. Elle confie ses musiques à des compositeurs.

 

 

 

https://youtu.be/ExWvAJ29jKY

 

https://www.francemusique.fr/emissions/musicopolis/1644-barbara-strozzi-compose-le-premier-livre-de-madrigaux-op-1-73161

 

 

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17 juillet 2021 6 17 /07 /juillet /2021 08:36
Marcel Proust à l'honneur...

 

 

Marcel Proust est né le 10 juillet 1871 à Paris, il y a 150 ans...

Pour commémorer cet anniversaire, voici un article déjà publié sur mon blog : l'analyse d'un magnifique extrait de son oeuvre Sodome et Gomorrhe...

Un extrait où l'on perçoit toute la sensibilité de cet auteur, notamment sa sensibilité face à la nature et  ses splendeurs. 

Dans notre monde moderne, voué à la vitesse, nous ne savons plus observer, admirer, nous étonner devant la nature et ses merveilles.

Proust nous réapprend l'importance du regard...

 

Dans cet extrait,  Proust décrit un champ de pommiers en fleurs... A la manière d'un peintre, il compose un véritable tableau empli de charme et de séduction.

Le champ de pommiers est évoqué à travers un réseau d'images qui font songer à une rencontre amoureuse : la première phrase est révélatrice : " Dès que je fus arrivé à la route, ce fut un éblouissement..."

Proust semble suggérer un coup de foudre, une séduction brutale, inattendue qui le saisit : cette soudaineté se traduit par la brièveté de la phrase, par l'emploi du passé simple à valeur ponctuelle et du mot "éblouissement"

Les pommiers sont présentés à travers des personnifications, des métaphores qui transfigurent le paysage : ils sont "d'un luxe inouï", "en toilette de bal", "ne prenant pas de précautions pour ne pas gâter le plus merveilleux satin rose qu'on eût jamais vu..."

Toutes ces évocations font songer à une beauté féminine, parée pour aller au bal... Le style hyperbolique restitue un émerveillement : "luxe inouï, le plus merveilleux satin rose."

Plus loin, la personnification se poursuit et fait penser encore à une séduction amoureuse : "une brise légère mais timide faisait trembler légèrement les bouquets rougissants". Le verbe "trembler", le terme "rougissant" évoquent des émois amoureux.

Enfin, la description s'achève sur la vision d'une "beauté fleurie et rose."

Le narrateur semble ébloui par le spectacle qu'il a sous les yeux, comme on pourrait l'être au cours d'une rencontre amoureuse. Ce procédé restitue toute l'émotion qu'il éprouve devant ce tableau...

De fait, cette description nous fait songer à un tableau, d'abord grâce à la composition de cet extrait : au premier plan, le champ de pommiers, en arrière plan, le fond du tableau, avec "l'horizon lointain de la mer".

On perçoit aussi des éléments du tableau : "des bouquets, des mésanges, des branches" qui se juxtaposent selon la technique impressionniste, avec des touches de couleurs successives.

Proust fait aussi référence, au cours de la description, à "une estampe japonaise", certains détails correspondent bien à un tableau oriental : "les mésanges, les bouquets de fleurs" étant des thèmes récurrents souvent reproduits dans les estampes japonaises.

Le tableau est coloré dans des tons assez doux : "satin rose, le bleu du ciel, les bouquets rougissants, des mésanges bleues, le gris de la pluie".

La dernière phrase de l'extrait, dans sa brièveté pourrait constituer le titre du tableau : "C'était une journée de printemps..."

Les références artistiques sont bien présentes dans le texte : "estampe japonaise, amateur d'exotisme et de couleurs, artificiellement, effets d'art.."

On perçoit le grand sens artistique de Proust et sa sensibilité : la musique, la peinture occupent une place essentielle dans son oeuvre, ici, la beauté du champ de pommiers a des effets extraordinaires sur le narrateur qui en est ému jusqu'aux larmes, l'impression artistique se traduisant par un effet physique.

La nature devient une véritable oeuvre d'art.

Le champ lexical de la nature est particulièrement développé : "feuilles, pommiers, boue, soleil, mer, ciel, azur, brise, bouquets, mésanges, pluie"... et les 4 éléments y sont représentés : la terre, l'eau, l'air, le feu...

Et cette nature semble elle-même participer à la création du tableau, grâce à l'emploi réitéré du verbe "faire" : "satin rose que faisait briller le soleil, les fleurs qui faisaient paraître son bleu rasséréné.. une brise légère faisait trembler les bouquets rougissants..."

La nature semble vouloir embellir le tableau, par la lumière, par le contraste des couleurs, par le mouvement.

Ainsi, la nature se fait art, elle semble imiter l'art.

La réalité est tellement belle qu'elle semble presque composée artificiellement, tout en restant naturelle....

 

 

 

 

Le texte :

 

 

"Mais, dès que je fus arrivé à la route, ce fut un éblouissement. Là où je n’avais vu, avec ma grand’mère, au mois d’août, que les feuilles et comme l’emplacement des pommiers, à perte de vue ils étaient en pleine floraison, d’un luxe inouï, les pieds dans la boue et en toilette de bal, ne prenant pas de précautions pour ne pas gâter le plus merveilleux satin rose qu’on eût jamais vu et que faisait briller le soleil ; l’horizon lointain de la mer fournissait aux pommiers comme un arrière-plan d’estampe japonaise ; si je levais la tête pour regarder le ciel entre les fleurs, qui faisaient paraître son bleu rasséréné, presque violent, elles semblaient s’écarter pour montrer la profondeur de ce paradis. Sous cet azur, une brise légère mais froide faisait trembler légèrement les bouquets rougissants. Des mésanges bleues venaient se poser sur les branches et sautaient entre les fleurs, indulgentes, comme si c’eût été un amateur d’exotisme et de couleurs qui avait artificiellement créé cette beauté vivante. Mais elle touchait jusqu’aux larmes parce que, si loin qu’on allait dans ses effets d’art raffiné, on sentait qu’elle était naturelle, que ces pommiers étaient là en pleine campagne comme des paysans, sur une grande route de France. Puis aux rayons du soleil succédèrent subitement ceux de la pluie ; ils zébrèrent tout l’horizon, enserrèrent la file des pommiers dans leur réseau gris. Mais ceux-ci continuaient à dresser leur beauté, fleurie et rose, dans le vent devenu glacial sous l’averse qui tombait : c’était une journée de printemps."

 

 

   

 

 

 

Marcel Proust à l'honneur...
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7 juillet 2021 3 07 /07 /juillet /2021 08:48
Hommage à Axel Kahn...

 

On le savait gravement malade, atteint d'un cancer incurable, mais on n'imaginait pas une fin si rapide : le grand scientifique Axel Kahn, humaniste, nous a quittés hier, le 6 juillet 2021.

Agé de 76 ans, le président de la Ligue contre le cancer est mort après avoir lutté contre un cancer dont il avait lui-même annoncé l’issue fatale.

Docteur en médecine et docteur ès sciences, Axel Kahn a été directeur de recherche à l’Inserm, directeur de l’Institut Cochin (2002-2007), président de l’université Paris Descartes (2007-2011) et président de la Ligue nationale contre le cancer.

Il était spécialiste des maladies génétiques, notamment hématologiques.

 

J'avais assisté à une de ses interventions lors du Festival de la Biographie à Nîmes, en 2019. Un moment fort, inoubliable, une interview passionnante.

Voici l'article que j'avais publié, à cette occasion :

 

Axel Kahn, c'est d'abord pour moi un phrasé particulier qui nous fait savourer les mots, les phrases : on aime l'écouter parler, avec sa verve caractéristique, on reconnaît tout de suite son timbre de voix.

 

Généticien, scientifique, médecin, Axel Kahn est aussi un écrivain : après avoir écrit la biographie de son père qui s'est suicidé le 17 avril 1970, il se lance dans un autre projet : rédiger sa propre autobiographie intitulé Chemins.

 

"Une autobiographie à travers ce qui, après tout, me caractérise mieux que tout, mieux que la génétique, mieux que la médecine, mieux que l'éthique, mieux que beaucoup de choses, c'est à dire mon amour absolu, mon besoin physique, mon besoin vital d'être sur les chemins, en train de cheminer... c'est l'autobiographie d'un homme, des flashs de mémoire entre 5 ans et 73 ans."

 

Axel Kahn évoque l'héritage immense, démesuré qui est celui de son père. Et notamment ce message que lui a laissé son père : "Sois raisonnable et humain..." et Axel Kahn, de se poser ces questions : "Qu'entendait-il par être raisonnable et humain ? En quelles circonstances notre raison et notre humanité sont-elles menacées ?"

Cette phrase, cette injonction ont accompagné Axel Kahn tout au long de son parcours, "comme un fil d'Ariane qui lui a permis de se retrouver dans les dédales de la vie où les Minotaures sont multiples."

 

Il parle aussi de son enfance au Petit-Pressigny, un petit village de 500 habitants dans le sud de l'Indre et Loire qui fut pour lui comme un paradis terrestre : et il a retrouvé maintes fois sur les chemins cette impression de bonheur absolu liée à l'enfance.

 

Axel Kahn raconte des souvenirs, notamment une rencontre éblouissante avec son père : à Chamonix, alors que le jeune Axel atteint de tuberculose fait un séjour dans un sanatorium, une rencontre forte, chargée d'émotions dans de somptueux paysages enneigés... Il découvre alors un homme qui est son père et qui l'aime.

 

Axel Kahn parle aussi de religion : les dogmes catholiques lui ont paru à un moment de sa vie totalement incroyables : la virginité de Marie, la Trinité, le Jugement dernier, la résurrection du Christ...

Mais il ne peut pas rejeter l'humanisme chrétien : même si on ne fait pas l'hypothèse de Dieu, tout n'est pas permis... Axel Kahn reste attaché à un humanisme rationnel sans Dieu.

 

Axel Kahn évoque encore son expérience de président d'Université : une mission exaltante... "essayer de préparer l'avenir, et essayer de dire aux étudiants : "Vous savez, si vous vous intéressez au passé, à vos racines, à ce qui vous a permis d'être là, non seulement ce ne sera pas un affaiblissement pour préparer l'avenir, mais cela vous donnera un ressort extraordinaire."

 

Axel Kahn raconte de nombreuses anecdotes survenues lors de ses pérégrinations et il rappelle que son livre intitulé Chemins est un document sur la France du début du XXIème siècle : "l'importance de l'attachement aux territoires, la diagonale du vide, là où les gens voient tout foutre le camp, des gens pour qui seul le pire est certain...", la France des gilets jaunes.

 

Ainsi, son autobiographie n'est pas seulement un éloge de la marche, elle est aussi le reflet de la France contemporaine : une étude sociologique de notre époque...

 

 

 

http://rosemar.over-blog.com/2019/01/une-rencontre-passionnante-avec-axel-kahn.html

 


 

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