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13 octobre 2017 5 13 /10 /octobre /2017 14:03
Arrias, pour confondre tous les vaniteux...

 

 

Voilà un portrait de la Bruyère qui dénonce un caractère humain intemporel : le vaniteux, c'est un portrait en action original car l'auteur ne décrit pas l'aspect physique du personnage, il n'énumère pas non plus ses défauts, mais il nous fait percevoir ses caractéristiques morales en nous montrant sa façon d'agir : c'est ce que l'on appelle un portrait en action, technique souvent utilisée par cet auteur du 17ème siècle.

 

La Bruyère sait mettre en scène ce personnage qui nous est présenté à travers une anecdote exemplaire : au cours d'une conversation mondaine, à la table d'un homme important, Arrias trouve une occasion de briller...
Et l'occasion est particulièrement tentante : on parle "d'une cour lointaine"... il pourra, ainsi, inventer à loisir...


Puis, comme dans une pièce de théâtre, intervient un conflit qui montre que le personnage ne supporte pas la contradiction.


Certaines indications font penser à des didascalies théâtrales : "il en rit le premier jusqu'à en éclater" "avec plus de confiance..."

Arrias semble victorieux, il cite même le nom de "Sethon, ambassadeur de France", pour justifier ses propos.


La scène s'achève sur un coup de théâtre final : un renversement de situation qui ridiculise Arrias, puisqu'il se trouve devant Sethon, en personne. Le hâbleur est condamné à se taire jusqu'à la prochaine occasion où il pourra encore briller...
 

En fait ce personnage nommé "Arrias" parle plus qu'il n'agit, le champ lexical de la parole est particulièrement développé : "on parle, il prend la parole, il discourt, il récite, dit-il, je ne raconte..."

Arrias est avant tout un beau parleur.... et il représente un défaut principal : la vantardise.

Ce défaut s'incarne dans cette volonté qu'a le personnage de s'imposer à autrui par la parole.

Une succession de phrases courtes, sans mot de liaison  nous montre qu'Arrias monopolise la parole. La Bruyère sait utiliser différents types de discours pour mettre en évidence la faconde intarissable du personnage : discours indirect, indirect libre, discours direct.

Arrias apparaît aussi comme un être égocentrique, plein d'assurance, et d'autosuffisance, ce que suggèrent 6 occurrences du pronom personnel "je" : " Je n'avance, lui dit-il, je ne raconte rien que je ne sache d'original : je l'ai appris de Sethon, ambassadeur de France dans cette cour, revenu à Paris depuis quelques jours, que je connais familièrement, que j'ai fort interrogé, et qui ne m'a caché aucune circonstance. "

La répétition du mot "tout" dans la première phrase du portrait souligne son assurance : "Arrias a tout lu, a tout vu, il veut le persuader ainsi ; c'est un homme universel, et il se donne pour tel..."

De plus, ce personnage est violent, excessif, sans gêne, autoritaire : non content de monopoliser la parole et l'attention, il s'emporte facilement, si quelqu'un vient à le contredire : "Arrias ne se trouble point, prend feu au contraire contre l'interrupteur."

A la fin du portrait, le personnage, confondu par son interlocuteur, s'efface : on ne voit pas sa réaction, il devient inconsistant.

 

Les Arrias sont encore si nombreux à notre époque !

Certains se reconnaîtront-ils dans ce portrait ? La vanité dont ils font preuve risque de les aveugler encore et toujours, sans doute...

Mais ils sont nombreux les fanfarons de pacotille, les bouffons petit pied, les prétentieux beaux parleurs...

Ils sont nombreux les hâbleurs qui essaient de s'imposer par un verbe haut et des mensonges.

"L'oeuvre de La Bruyère tend un miroir à l'âme pour qu'elle s'y regarde à fond et quand nous croyons rire d'un tel, Pamphile ou Cliton, c'est déjà de nous qu'il est question..."

 

 

 

 

 

 

Le texte : 


Arrias a tout lu, a tout vu, il veut le persuader ainsi ; c'est un homme universel, et il se donne pour tel : il aime mieux mentir que de se taire ou de paraître ignorer quelque chose. On parle à la table d'un grand d'une cour du Nord : il prend la parole, et l'ôte à ceux qui allaient dire ce qu'ils en savent ; il s'oriente dans cette région lointaine comme s'il en était originaire ; il discourt des mœurs de cette cour, des femmes du pays, de ses lois et de ses coutumes ; il récite des historiettes qui y sont arrivées ; il les trouve plaisantes, et il en rit le premier jusqu'à éclater. Quelqu'un se hasarde de le contredire, et lui prouve nettement qu'il dit des choses qui ne sont pas vraies. Arrias ne se trouble point, prend feu au contraire contre l'interrupteur : « Je n'avance, lui dit-il, je ne raconte rien que je ne sache d'original : je l'ai appris de Sethon, ambassadeur de France dans cette cour, revenu à Paris depuis quelques jours, que je connais familièrement, que j'ai fort interrogé, et qui ne m'a caché aucune circonstance. » Il reprenait le fil de sa narration avec plus de confiance qu'il ne l'avait commencée, lorsque l'un des conviés lui dit : « C'est Sethon à qui vous parlez, lui-même, et qui arrive fraîchement de son ambassade. » 

 

 

 

 

 

Arrias, pour confondre tous les vaniteux...
Arrias, pour confondre tous les vaniteux...
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9 septembre 2017 6 09 /09 /septembre /2017 09:50
Le château de Saumane et le marquis de Sade...

 

 

Le château de Saumane de Vaucluse réserve aux visiteurs bien des surprises... construit sur les hauteurs du village, ce château qui date du XIIème siècle a été maintes fois transformé : une bâtisse hétéroclite où se mêlent forteresse médiévale, bastion de style Renaissance, château remanié du XVIIème et du XVIIIème siècles.

 

Ce château est célèbre parce qu'il abrita le marquis de Sade durant son enfance : à l'intérieur du bâtiment, une exposition est dédiée à ce personnage sulfureux dont la vie tumultueuse défraya la chronique.

 

 

Dans la montée qui mène à la forteresse, chacun peut admirer d'immenses pins sur l'escarpement : ils se détachent sur un ciel d'un bleu lapis-lazuli.

Le chant des cigales, les senteurs de pins s'exacerbent dans la chaleur de cette après-midi d'été.

 

Lorsque nous entrons dans l'enceinte,  nous sommes immédiatement impressionnés par l'épaisseur des murs. Les fenêtres laissent entrevoir un paysage verdoyant d'arbres : pins, cyprès, cèdres.

 

Rigueur architecturale et raffinement libertin se côtoient dans cet édifice somptueux.

 

A l'intérieur, nous découvrons une cheminée artistiquement agrémentée de feuillages en reliefs, une chapelle richement décorée, des fresques : une fête galante représentant deux jeunes filles à la fontaine, une scène pastorale encadrée de gypseries aux motifs de roses, ou encore des nobles visitant un monument antique, d'autres scènes champêtres, des plafonds somptueusement décorés...

 

Un escalier voûté en caissons déroule des marches usées par le temps : nous sommes, alors, subjugués par l'architecture ordonnée et rigoureuse de la voûte...

La chambre du marquis de Sade, ornée de fresques aux teintes de rouilles sur des panneaux encadrés d'or, révèle luxe et élégance.

 

Une exposition nous fait, aussi, découvrir la vie et l'oeuvre du célèbre Marquis...

Donatien Alphonse François, marquis de Sade appartient à une vieille famille aristocratique provençale : il passe donc une partie de son enfance en Provence.

 

De quatre à dix ans, son éducation est confiée à son oncle, l’abbé Jacques-François de Sade, qui l’héberge dans ce château de Saumane, près de L'Isle-sur-la-Sorgue.

 

Adulte, il se livre au libertinage des gens de sa caste qui se croient au dessus des lois.

 Le 17 mai 1763, il épouse Renée Pélagie de Montreuil, de noblesse récente, mais fortunée. Il ne s' assagit pas pour autant et fait, dans la même année, son premier séjour en prison pour « débauches outrées ». En 1768, il est à nouveau incarcéré six mois pour avoir enlevé et torturé une passante. Il donne fêtes et bals dans son domaine provençal de La Coste, voyage en Italie, notamment avec sa belle-sœur, dont il s'est épris.

 

L'exposition évoque, notamment, le séjour que les deux amants firent à Venise.

En Juillet 1772, le marquis et sa maîtresse quittent la Provence, traversent les Alpes, se rendent à Venise, capitale de la peinture et de l'opéra.

La vie vénitienne est décrite grâce à des tableaux, des gravures : le carnaval, les gondoles, les courtisanes...

 

On peut, à loisir, admirer des reproductions de toiles de Pietro Longhi, Le Ridotto, de Canaletto, de Michele Marieschi, de Francesco Guardi : des vues du grand canal, des îles...

 

Chacun de ces tableaux est illustré par un extrait représentatif de l'oeuvre de Sade.

 

On découvre aussi l'arbre généalogique de la famille de Sade qui remonte au Moyen âge : on est étonné de voir que figure dans ce lignage Laure de Noves, jeune Avignonnaise dont s'est épris le poète italien Pétrarque et qu'il célèbre maintes fois dans ses poèmes.

L'abbé Jacques François de Sade s'était passionné pour cette aïeule prestigieuse : il avait réuni de nombreux documents qui prouvent ce lien familial et avait même composé des Mémoires pour la vie de François Pétrarque.

Cet abbé semble lui-même avoir mené une vie très libre : c'est ce qu'on appelait, à l'époque, un libertin éclairé et cultivé.

 

La biographie du marquis de Sade est longuement évoquée sur des panneaux illustrés, le libertinage sadien nous est présenté... le marquis se nourrit de philosophie matérialiste : "il n'existe, selon lui, que la nature qui n'est dirigée par aucune entité métaphysique. Nous sommes entraînés par une force irrésistible, sans jamais pouvoir choisir les goûts que la nature a mis en nous. Ainsi, la nature aime le crime et nous pousse à assouvir nos désirs."

 

On le voit : il s'agit de cautionner et de justifier la vie débridée, faite de débauches, à laquelle s'est livré le marquis.

 

Les libertins peuvent, alors, expérimenter toutes les perversions, toutes les cruautés et commettre tous les crimes.

Des illustrations de ces tortures et de ces perversions sont visibles dans une petite salle réservée à un "public averti", annonce une pancarte.

 

Philosophe subversif de la liberté, débauché, libertin, le marquis de Sade continue à nous intriguer et à susciter fascination et interrogations.

Un personnage qui ne se soumet pas, un délinquant sexuel, un être épris de liberté, un poète : qui était vraiment le marquis de Sade ?

 

Le marquis garde une part de mystères, et dans tous les cas, le château de Saumane mérite qu'on s'y arrête et qu'on visite ce lieu riche d'histoires...

 

 

 

Pour mieux découvrir le marquis de Sade... une émission sur France Inter :

 

https://www.franceinter.fr/emissions/l-heure-des-reveurs/l-heure-des-reveurs-11-octobre-2013

 

 

Photos : rosemar

Le château de Saumane et le marquis de Sade...
Le château de Saumane et le marquis de Sade...
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Le château de Saumane et le marquis de Sade...
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Le château de Saumane et le marquis de Sade...
Le château de Saumane et le marquis de Sade...
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20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 09:01
Sauver les lettres, c'est urgent !

 

 

La culture c'est le terreau de toute civilisation, la culture doit être réhabilitée dans notre enseignement : non, la culture n'est pas un gros mot, comme veulent nous le faire croire certains "pédagogistes"...

La culture doit être remise au centre de notre école, et notamment la culture des lettres...

C'est cette transmission des savoirs qu'il faut remettre à l'honneur : la grammaire, l'orthographe, les savoirs fondamentaux.

Non, il ne faut pas sacrifier ces disciplines sur l'autel de la facilité.

L'orthographe, la grammaire font partie de notre patrimoine : comment pourrait-on y renoncer ?

L'apprentissage de la langue n'est-il pas essentiel ? Comment pourrait-on s'en passer  ? La réflexion n'est possible qu'à travers un langage bien maîtrisé.

 

Il est indispensable, aussi, de continuer à enseigner la littérature : par exemple, étudier des textes de Rabelais, de Montaigne, des humanistes dont la pensée nous nourrit encore.

 

On le sait maintenant : la pédagogie de la découverte a fait des ravages et, parallèlement, l'école ne cesse de baisser le niveau d'exigences pour donner l'illusion de la réussite.

 

Ainsi, les taux de réussite au baccalauréat battent, chaque année, de nouveaux records : on s'en réjouit, alors que nombre de bacheliers n'ont pas les compétences nécessaires pour poursuivre des études universitaires.

Il n'est plus temps, pourtant, de se leurrer en gonflant les notes des élèves : ce sont, là, les consignes données, chaque année, par les inspecteurs.

 

Les différentes réformes menées n'ont fait qu'appauvrir les contenus, amoindrir les enseignements, introduire des méthodes hasardeuses et inefficaces...

Il convient de revenir à une véritable formation intellectuelle des élèves.

Celle-ci passe par la maîtrise des savoirs, par l'accumulation et la révision constante de connaissances.

 

Non, les EPI ou enseignements pratiques interdisciplinaires ne vont pas résoudre les difficultés des élèves qui ne dominent pas certains savoirs...

 

Il faut revenir, aussi,  à une véritable notation qui permette à chaque élève de percevoir son niveau. Les livrets de compétence très compliqués, mal conçus ne sont compris ni des élèves, ni des enseignants.

Quel "pédagogiste" tortueux  a pu imaginer de tels gadgets si complexes ?

 

De nombreux enseignants qui sont sur le terrain le disent : les réformes engagées ne vont pas dans le bon sens et ont tendance à amoindrir la place de la culture dans les écoles, les lycées et les collèges...

Il est temps de rétablir des enseignements fondamentaux et de redonner à la culture une place prépondérante dans l'éducation...

 

 

 

Un collectif d'enseignants a créé une association, Sauver les Lettres : ces professeurs sont en lutte contre l'affaiblissement de l'enseignement des lettres et ils interpellent les prétendants à l'Elysée en leur soumettant un questionnaire.

 

Voici leur message :

 

"Réunis dans un collectif fondé en 2000, nous sommes en lutte, depuis la "réforme"
Allègre, contre l'affaiblissement, le dévoiement, voire la disparition de l'enseignement de la langue et de la littérature et contre une série de transformations, menées avec une cohérence paradoxale et un acharnement sans relâche par tous les gouvernements, qu’ils soient de droite(Ferry, Fillon, Darcos, Chatel) ou qu’ils se prétendent de gauche (Lang, Peillon, VallaudBelkacem),
et qui ont pour conséquence une baisse graduelle des exigences et des résultats de
l'école publique. Nous dénonçons cette convergence délétère de politiques qui délaissent peu à peu la visée humaniste de l'enseignement au profit d'orientations étroitement utilitaires, et considèrent d'abord l'Éducation nationale comme un « coût » à réduire plutôt qu'un devoir fondamental."

 

 

 

 

Le site  Sauver les lettres :

 

https://www.sauv.net/

 

Le questionnaire :

https://www.sauv.net/Questionnaire_Presidentielle.pdf

 

 

 

 

 

Sauver les lettres, c'est urgent !
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13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 13:55
L'étymologie ou la science du vrai...

 

 

 

L'étymologie est essentielle : elle nous fait remonter aux origines des mots, à leur essence : issu du grec " ἔτυμος, étumos" qui signifie "vrai", le terme désigne bien la science du "vrai"...

Cette science nous fait comprendre le véritable sens des mots, leur évolution, leur histoire...

De nombreux termes remontent aux langues grecques et latines : l'étymologie, c'est le retour aux sources, elle nous fait comprendre le sens premier des mots, elle permet de mémoriser l'orthographe.

 

On trouve, ainsi, des familles de mots qui ont une même origine : "misanthrope, anthropophage, anthropologie, anthropomorphe", autant de mots qui renvoient au nom grec "ἄνθρωπος, anthropos" qui désigne l'homme.

 

C'est le terme latin "homo" qui a donné naissance à cette autre famille : "homme, humain, humanité, humanisme" et ce substantif  doit être rattaché au nom latin de la terre "humus".

C'est de là que viennent, aussi,  les mots "humilité, humble".

 

Ainsi, l'homme se définit , dès les origines comme un être vivant sur la terre, attaché à elle, soumis à ses lois, et en ce sens, il devrait faire preuve d'une certaine humilité, une humilité qu'il semble avoir perdue, car l'homme s'acharne souvent à détruire la terre, en la polluant, en se livrant à toutes sortes d'exactions : gaspillage, déforestations, mépris de la nature.

 

Les terriens que nous sommes oublient le respect dû à cette planète pleine de ressources et de merveilles.

L'homme lié à la terre, au cosmos, à l'ordre du monde en vient à pervertir cet ordre et cette harmonie par cupidité, appât du gain.

L'homme, dans son inconscience, en vient à détruire ce qui lui permet de vivre, d'aimer, d'admirer ce "cosmos,  κόσμος," qui désigne en grec "l'ordre".

 

Pourtant, l'homme n'est qu'un "microbe" devant l'immensité du cosmos...

"Microbe", encore un mot venu du grec ! Issu de l'adjectif " μικρός, mikros", comme "microscope, microcosme."

Ainsi, l'étymologie nous permet de comprendre la place de l'homme dans l'univers, elle nous donne des leçons, nous apprend une forme de modestie et de mesure.

On avait envisagé, il y a quelques années, de supprimer l'orthographe d'usage, et de pratiquer une écriture phonétique, mais on voit bien là tout ce que l'on aurait perdu...

La phonétique, justement ! Encore un mot forgé sur un terme grec "phoné" : "la voix", qui doit être associé au "phonème", à l'adjectif "aphone", "sans voix".

 

Si la phonétique est utile, il ne faut pas oublier l'orthographe et l'origine des mots : ceux-ci s'inscrivent dans une longue histoire, ils sont un témoignage précieux du passé.

 

Les mots nous donnent des leçons d'humilité : ils ont traversé des siècles d'histoire, ils nous parlent du passé, nous relient à tous ceux qui nous ont précédés.

 

Les mots, leur étymologie doivent être préservés précieusement, comme la terre sur laquelle nous vivons et qui nous offre tant de sources d'émerveillements...

 

 

 

 

 

 

L'étymologie ou la science du vrai...
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26 octobre 2016 3 26 /10 /octobre /2016 11:56
Comment propager l'ignorance ?

 

 

 

 

Comment propager l'ignorance ? De plus en plus, les enfants, les adolescents ne maîtrisent plus la grammaire française, l'orthographe, disciplines tombées en disgrâce depuis nombre d'années.

Or, la langue, tout le monde le sait, est le support de la pensée, elle est essentielle pour exprimer des idées et comprendre le monde.

 

Les élèves d'aujourd'hui disposent, pourtant, d'outils merveilleux pour accéder à la connaissance : internet, les ordinateurs, les tablettes, les portables... Ils peuvent très rapidement se connecter et trouver toutes sortes d'informations sur toutes sortes de sujets.

Mais encore faut-il comprendre ces informations, les trier, les analyser.

 

Chaque année, le taux de réussite du baccalauréat bat des records : on a tendance à brader ce diplôme de fin de cycle.

Chaque année, les inspecteurs donnent des consignes d'indulgence très strictes aux enseignants chargés de corriger le baccalauréat.

 

Dès lors, ce diplôme est considérablement dévalorisé : on donne aux jeunes gens l'illusion de la connaissance, mais arrivés sur les bancs de l'université, un grand nombre d'entre eux échouent dans leurs études.

Une façon, encore, de propager et de cultiver l'ignorance.

 

Les adolescents, sûrs de maîtriser le savoir grâce à internet, en viennent à refuser toute notion d'effort et d'apprentissage.

Et le système les encourage dans ce sens.

Il faut de plus en plus aplanir les difficultés qui se présentent devant eux : l'orthographe est trop complexe et difficile, on va la simplifier.

La grammaire est trop rébarbative, il suffit de la passer sous silence.

Le latin et le grec, jugés très ardus, seront purement et simplement sacrifiés sur l'autel de la facilité et de la paresse.

Par ailleurs, dorénavant, les enseignants sont invités à pratiquer l'évaluation positive : il faut, à tout prix, valoriser les copies, éviter les notes "humiliantes".

Il faut donc donner l'illusion de la connaissance et du savoir.

Et c'est bien ainsi qu'on propage l'ignorance, c'est bien ainsi que l'on asservit les individus, qu'on les rend passifs.

C'est ainsi que les gens ne réfléchissent plus, se soumettent au règne des machines.

 

L'ignorance serait-elle devenue un moyen pour annihiler la volonté des peuples, pour les transformer en robots sans âme ?

La nouvelle réforme des collèges va accorder une large place aux EPI, enseignements pratiques interdisciplinaires qui se veulent attractifs et ludiques.

Mais on voit bien que des élèves qui ne maîtrisent pas les connaissances de base ne peuvent tirer profit de ces pratiques interdisciplinaires.

On sert aux élèves de la poudre aux yeux, une illusion de savoir : comment mêler plusieurs disciplines quand on ne les a pas vraiment assimilées ?

 

On va inéluctablement entraîner un émiettement des savoirs, préjudiciable aux "apprenants". J'utilise volontairement ce néologisme, synonyme jargonnant du mot "élèves".

Et, au fond, ce vocabulaire est très révélateur : il ne s'agit plus de hisser les jeunes vers la connaissance, il faut qu'ils apprennent d'eux-mêmes.

 

Mais comment apprendre si l'on ne maîtrise pas les outils élémentaires de la connaissance : une syntaxe élémentaire, un vocabulaire riche et varié ?

La pratique raisonnée de la langue est essentielle pour comprendre des textes et en percevoir toutes les subtilités : si l'on ne sait pas reconnaître le mode conditionnel, le subjonctif, l'impératif, on ne peut analyser correctement des textes littéraires.

Comment avoir envie d'apprendre quand tous les obstacles sont aplanis ?

Notre système éducatif doit être réformé, afin de redonner une véritable place à la culture, à la notion d'effort indispensable pour tous les apprentissages.

 

 

 

 

Comment propager l'ignorance ?
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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 15:55
Léa et la quête des mots...

 

 


Léa n'avait jamais vu de livres dans la maison : ses parents n'en possédaient pas, ils vivaient pauvrement, et les livres ne faisaient pas partie de leur univers.

Un jour, pourtant, Léa ouvrit le tiroir d'une commode et découvrit l'objet, un livre unique, aux pages élimées, aux vieilles senteurs de papier...

Elle se mit à feuilleter l'ouvrage avec curiosité : partout, des dessins amusants, des aventures cocasses, des histoires surprenantes, des personnages étranges...
Une famille était mise en scène : la famille Fenouillard !

Le nom lui-même résonnait comme une caricature, il fleurait bon le canular.

Aussitôt, Léa se mit à lire avec avidité ce récit illustré : elle sourit devant les bêtises des deux fillettes, Artémise et Cunégonde. 
Les dessins, aussi, étaient des caricatures : Artémise et Cunégonde étaient affublées de chapeaux identiques et ridicules.

Artémise ! Cunégonde ! Des prénoms venus d'un autre monde, d'un autre temps ! Des prénoms aujourd'hui disparus.

Léa découvrit, alors, la magie des mots et des noms, elle comprit que chaque mot avait une résonance particulière et n'était pas choisi au hasard...
Elle saisit leur valeur, elle fut sensible à des sonorités, elle se mit à l'écoute des mots.

Dès lors, Léa s'intéressa aux mots, elle voulut en découvrir d'autres, elle se mit en quête, et elle décida de lire et de s'enrichir de mots nouveaux.
Elle lut Balzac, Flaubert, elle lut Zola, Racine, Molière, elle fut avide d'auteurs variés.

"Salammbô" ! Ce nom flamboyant et étrange la fit rêver... "La peau de chagrin" attira son attention, "La rabouilleuse" suscita, en elle, effroi et curiosité.
"La mare au diable" lui parut mystérieuse...

Et les mots contenus dans ces livres étaient, aussi, une fête : une variété infinie de noms, de verbes, d'adjectifs, des mots à découvrir, des mots à partager...

Léa comprit que cet univers était infini et que sa quête lui permettrait toujours de nouvelles découvertes, un bonheur de la curiosité...
Les mots lui offraient, ainsi, la possibilité de mieux saisir le monde, de mieux l'appréhender et l'apprécier.

Une fleur n'était plus une simple fleur : son nom lui donnait plus de valeur, plus de poésie et de tendresse.
Lilas, rose, jasmin, campanule, liseron, camélia, géranium... des mots évocateurs, empreints de douceurs...

Les noms des arbres étaient aussi un émerveillement : marronnier, châtaignier, tilleul, platane, pin, chêne, micocoulier...

Les noms des étoiles la fascinaient : Deneb, Aldébaran, Altaïr, Perséides, Alpha du centaure, Sirius...

Et même les mots les plus simples, les plus ordinaires se prêtaient à des découvertes, les noms des saisons, des fruits, des jours de la semaine, des nuages....

Ainsi, Léa put redécouvrir le monde à travers les mots : elle comprit leur importance, leur humanité, elle voulut en saisir les différents sens.

Elle comprit que les mots sont essentiels, car ils sont oeuvre humaine, chargés d'histoire, d'un passé ancien, ils sont l'essence de l'humanité, de la pensée, de la réflexion, du bonheur...




 

 

 

 

Léa et la quête des mots...
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12 septembre 2016 1 12 /09 /septembre /2016 13:23
De l'art de prendre les gens pour des cons...

 

 

 

J'ai reçu, ces jours-ci, un mail publicitaire, m'incitant à participer à un test de culture générale : je vous laisse juges du haut niveau et de l'intérêt de ce test !

La question posée était la suivante : laquelle de ces silhouettes est un pokémon ?

Et on avait le choix entre 4 solutions : Pikachu, Dora, Hello Kitty, Mickey !

Tentez de gagner 500 euros, telle était l'annonce alléchante qui précédait ce test...

Un tel message n'est-il pas révélateur ? Une façon de dévaloriser la culture, la vraie, une façon de se moquer des gens avec une question débile, dont la réponse est évidente.

Si la culture générale consiste à repérer un Pokémon, on est tombé bien bas !

 

L'univers publicitaire ne fait pas dans la dentelle : un moyen, sans doute, de récupérer le phénomène Pokémon qui déferle, comme une traînée de poudre, en France...

 

Il serait temps de remettre la culture à l'honneur, d'inciter les jeunes à lire, plutôt que de les lancer à la recherche de monstres virtuels, aux noms farfelus.

 

Notre culture est riche d'une littérature variée, elle doit être un objet de curiosité permanent, tant elle est diverse.

C'est cette culture qui permet aux êtres humains de progresser, de s'enrichir, tous les jours, d'idées, de savoirs diversifiés.

C'est cette culture qu'il faut promouvoir et dont il faut montrer tout l'intérêt.

Que chaque jour soit l'occasion d'une découverte ! 

Lectures, visites d'expositions, promenades dans la nature, spectacles de théâtre, de musique, films... la culture est accessible à la plupart d'entre nous.

 

Il faudrait que chacun soit friand du bonheur de la découverte. La culture est essentielle et peut prendre différentes formes...

Ne nous laissons pas engluer dans le magma de la société de consommation qui nous pousse à oublier l'importance de cette culture.

 

On nous invite, sans cesse, à consommer, à acheter de nouveaux produits, parfois néfastes pour la santé, on nous abrutit avec des jeux stupides qui servent encore cette société de consommation.

 

Il est temps de réhabiliter la culture, au lieu de l'entourer de suspîcions : c'est par elle que l'homme s'élève, c'est par elle que nous accédons au bonheur.

Certes, la culture passe par un certain effort : l'homme doit franchir des obstacles pour accéder à une culture de plus en plus complexe.

 

Et c'est en progressant qu'il s'enrichit, toujours plus, de connaissances.

Refusons l'abêtissement général ! 

Refusons ces jeux stupides qui nous envahissent et ne servent à rien.

Mettons en garde les jeunes, les adolescents ! Eux se laissent facilement entraîner par l'engouement pour certains loisirs.

 

 

 

 

 

 

De l'art de prendre les gens pour des cons...
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3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 12:03
Un conte fantastique à découvrir et à méditer : Le chevalier double...

 

 



Combattre ses propres démons, vaincre le mal que chacun peut avoir en soi, parvenir à faire triompher le bien, c'est, là, le thème de cette nouvelle fantastique, intitulée Le chevalier double, dont l'auteur est Théophile Gautier.


Nous sommes, tous, plus ou moins, soumis à une dualité, le bien, le mal, et nous avons tous eu la tentation du mal.

Dans ce conte de Théophile Gautier, une jeune châtelaine, prénommée Edwige, mariée au comte de Lodbrog, s'est laissé envoûter par un étranger "beau comme un ange", au sourire glaçant, un chanteur, accompagné d'un corbeau noir.

L'histoire se déroule dans un pays du Nord qui n'est pas nommé, comme le suggèrent les noms des personnages aux consonances scandinaves.

Venu se réfugier dans le château de la dame, par une nuit d'orages et de tempête, cet inconnu est double : un sourire d'ange et un regard terrifiant.

On retrouve au début de ce récit, de nombreux ingrédients du conte fantastique... le lieu : il s'agit d'un château, le moment : l'histoire se déroule la nuit. L'évocation de la tempête est particulièrement inquiétante : "Il faisait un terrible temps cette nuit-là : les tours tremblaient dans leur charpente, les girouettes piaulaient, le feu rampait dans la cheminée, et le vent frappait à la vitre comme un importun qui veut entrer."

Dans cette description, on perçoit, comme souvent, dans le registre fantastique, le procédé de personnification de certains éléments du décor, ce qui accroît le mystère et la peur.

Après le départ du mystérieux inconnu, la châtelaine donne naissance à un fils, prénommé Oluf... mais elle perçoit en lui, le "regard noir de l'étranger".

Un "mire", une sorte de médecin ou de mage est consulté : il déclare, aussitôt, que le petit "Oluf" a une étoile double, une verte, une rouge, une verte comme l'espérance, une rouge comme l'enfer..."

L'enfant grandit, tantôt "bon comme un ange", tantôt "méchant comme un diable".

Choisira-t-il le bien ou le mal ?

Quel sera son destin ? Qu'est-ce qui pourra le sauver du mal ?

Il devra combattre, de toutes ses forces, le mal qui est en lui, dans une lutte héroïque et féroce, il devra vaincre ses mauvais démons.

Ce combat est mis en scène, quand Oluf rencontre son double maléfique : un choc violent entre deux chevaliers, un choc dont l'issue semble incertaine...

Ainsi, chacun d'entre nous doit lutter contre des pulsions de haine, de jalousie, de rancoeur, chacun d'entre nous a une part d'ombre.

Ce récit fantastique a valeur de message : il nous montre toutes les difficultés de vaincre les forces du mal : le mensonge, l'hypocrisie, la méchanceté, le désir de soumettre, la violence.

Ne sommes-nous pas tous doubles ?

Il nous faut souvent affronter ces forces du mal, les vaincre, essayer de dépasser le désir de vengeance, la haine.

C'est ce qui fonde l'humanité : cette lutte passe par la réflexion, par l'effort, par des conflits internes qu'il nous faut résoudre et comment les résoudre ?

Comment affronter ses propres démons ?


Ce récit bref, fascinant, facile à lire, écrit dans un style original et vivant, nous entraîne dans un univers fantastique, tout en nous incitant à la réflexion : une lecture de vacances accessible à tous !






Le texte :

 

https://fr.wikisource.org/wiki/Romans_et_Contes_de_Th%C3%A9ophile_Gautier/Le_Chevalier_double

 

Un conte fantastique à découvrir et à méditer : Le chevalier double...
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1 août 2016 1 01 /08 /août /2016 13:40
La connerie se banalise sur internet...

 

 

 

Internet est un merveilleux outil de connaissances : il offre à chacun la possibilité de s'informer rapidement, les sources sont nombreuses, variées, et pourtant, force est de constater que la connerie se répand et se banalise de plus en plus sur la toile.

 

Le prêt-à-penser se développe : le copié-collé connaît un succès grandissant, certains ne pensent plus par eux-mêmes, mais se contentent d'une argumentation toute faite, en laquelle ils croient aveuglément.

 

Copier plutôt que réfléchir et raisonner ! C'est une tendance à laquelle se laissent aller volontiers les adolescents, les élèves de collège et de lycées.

 

Mais, bien sûr, les adultes ne sont pas en reste et eux aussi se laissent entraîner volontiers vers cette tentation.

 

Internet, il faut le savoir, n'est pas une garantie de vérité, ce n'est pas parce que c'est écrit sur internet que c'est vrai ! Combien de sites répandent de fausses rumeurs, combien de sites comportent des erreurs !

Il faut, bien sûr, faire le tri.... il faut choisir, et faire preuve d'une attitude critique, en maintes occasions.

 

Or, certains préfèrent se dispenser de l'effort de la réflexion...

Ils "recrachent" textuellement ce qu'ils ont lu sur internet : la réflexion se délite et s'évanouit.

D'autres se lancent dans des affirmations hasardeuses, sans se soucier de vérité et d'exactitude. 

Par ailleurs, on voit de plus en plus les internautes se livrer à des assauts d'insultes, des propos grossiers, vulgaires : la mauvaise foi se manifeste sous forme d'injures. Bien sûr, il est plus facile d'invectiver que de raisonner.
Le réflexe remplace la réflexion : l'insulte immédiate, spontanée fuse... 

 

Internet devient une foire à la bêtise, à la haine : on aimerait que chacun mesure l'impact de certains propos, que chacun prenne conscience de ce qu'il affirme.

Certains s'amusent à émettre de fausses rumeurs, parfois dangereuses, inquiétantes : c'est ce qui s'est produit, lors du récent attentat de Munich, par l'intermédiaire de Twitter et de Facebook.

 

"Un con, ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît", disait Michel Audiard.

Et, effectivement les cons osent tout sur internet, d'autant plus volontiers qu'ils bénéficient d'un anonymat et d'une impunité totale.

 

Certains n'hésitent pas à mentir, s'inventent des titres honorifiques ou universitaires, se font même "mousser", afin d'attirer la confiance des autres.

Les EGO s'exacerbent et s'imposent. On en vient à mépriser l'autre, à le vilipender sans raison.

On en vient à oublier la réflexion qui permet de raisonner avec mesure et en pleine conscience.

En ces temps où le fanatisme gagne du terrain, il est plus que jamais nécessaire de combattre l'ignorance et la bêtise.

Hélas ! La connerie se banalise sur internet : cet outil de connaissances devrait être utilisé avec plus de discernement et de précautions.

 

 

 

 

 

 

 

La connerie se banalise sur internet...
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25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 15:16
Le culte de l'utilitarisme...

 

 

 

 

Utile ! Désormais, il faut que tout soit utile ! On en oublie l'essentiel : le rôle de la culture dans la formation de l'individu...

Dans notre monde moderne, les humanités n'ont plus leur place, l'enseignement du latin et du grec est, ainsi, sacrifié, avec la nouvelle réforme des collèges, prévue pour la prochaine rentrée scolaire.

 

Bientôt, les cours de Français pourraient se réduire à l'apprentissage de la langue : fini l'enseignement de la littérature, finies la lecture et l'explication des grands textes de notre patrimoine.

A quoi bon étudier Racine, Corneille, Molière, Rabelais, La Fontaine ?

 

Il faut privilégier ce qui est directement utile dans la formation des individus : on s'oriente vers une éducation pratique et technique.

On en oublie la sensibilité, l'importance de la culture littéraire et humaniste...  grave lacune dans un monde où l'individualisme est grandissant...

 

Je me souviens d'une remarque d'un de mes élèves : "A quoi sert le cours de Français ? Je sais parler Français...", comme si la seule maîtrise de la langue suffisait à la formation d'une personnalité.

Que fait-on de l'intelligence, de la compréhension du monde et des autres ?

La littérature offre justement cette ouverture aux autres qui manque cruellement dans nos sociétés...

 

La plupart des médecins deviennent des techniciens sans âme : or, la relation avec les patients est essentielle, une confiance doit s'établir et doit passer par un dialogue humaniste.

Les administratifs n'ont plus le sens de la relation humaine : ils traitent, parfois, les gens comme des objets, des numéros.

La communication devient de plus en plus inhumaine, elle passe par des téléphones, des ordinateurs et la vraie communication se délite.

Les hommes politiques, au cours de campagnes électorales tapageuses, font, aussi, de fausses promesses, n'hésitent pas à leurrer les gens pour s'emparer du pouvoir : leur visée est utilitaire.

 

Les êtres humains attachés à des biens matériels, à leurs voitures, leurs portables perdent le contact avec les autres.

Il faut, donc, plus que jamais, former les individus à la culture : si celle-ci semble ne pas avoir une utilité immédiate, elle est pourtant essentielle pour assurer la cohésion d'une société, elle apporte à chacun un épanouissement personnel, une curiosité, une acuité d'esprit.

Elle offre une liberté, une façon d'appréhender le monde et les autres, avec humanité.

Notre monde de technicité grandissante ne doit pas renoncer à la culture qui est essentielle.

 

Vers quel abîme d'égoïsme se dirige-t-on, si on renonce à la culture ? Vers quel gouffre d'inhumanité allons-nous être précipités ?

Un monde purement utilitaire ne peut pas être un monde heureux. Nous avons tous besoin d'une formation à la sensibilité.

La réflexion est, aussi, essentielle : les grands textes nous offrent l'occasion de réfléchir à toutes sortes de sujets qui nous concernent tous.

Ne perdons pas notre humanité dans un monde d'objets, ne perdons pas ce qui fait l'essence même de l'être humain : redonnons à la culture toute sa place, pour un avenir meilleur.

 

 

 

 

 

Le culte de l'utilitarisme...
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