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20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 09:01
Sauver les lettres, c'est urgent !

 

 

La culture c'est le terreau de toute civilisation, la culture doit être réhabilitée dans notre enseignement : non, la culture n'est pas un gros mot, comme veulent nous le faire croire certains "pédagogistes"...

La culture doit être remise au centre de notre école, et notamment la culture des lettres...

C'est cette transmission des savoirs qu'il faut remettre à l'honneur : la grammaire, l'orthographe, les savoirs fondamentaux.

Non, il ne faut pas sacrifier ces disciplines sur l'autel de la facilité.

L'orthographe, la grammaire font partie de notre patrimoine : comment pourrait-on y renoncer ?

L'apprentissage de la langue n'est-il pas essentiel ? Comment pourrait-on s'en passer  ? La réflexion n'est possible qu'à travers un langage bien maîtrisé.

 

Il est indispensable, aussi, de continuer à enseigner la littérature : par exemple, étudier des textes de Rabelais, de Montaigne, des humanistes dont la pensée nous nourrit encore.

 

On le sait maintenant : la pédagogie de la découverte a fait des ravages et, parallèlement, l'école ne cesse de baisser le niveau d'exigences pour donner l'illusion de la réussite.

 

Ainsi, les taux de réussite au baccalauréat battent, chaque année, de nouveaux records : on s'en réjouit, alors que nombre de bacheliers n'ont pas les compétences nécessaires pour poursuivre des études universitaires.

Il n'est plus temps, pourtant, de se leurrer en gonflant les notes des élèves : ce sont, là, les consignes données, chaque année, par les inspecteurs.

 

Les différentes réformes menées n'ont fait qu'appauvrir les contenus, amoindrir les enseignements, introduire des méthodes hasardeuses et inefficaces...

Il convient de revenir à une véritable formation intellectuelle des élèves.

Celle-ci passe par la maîtrise des savoirs, par l'accumulation et la révision constante de connaissances.

 

Non, les EPI ou enseignements pratiques interdisciplinaires ne vont pas résoudre les difficultés des élèves qui ne dominent pas certains savoirs...

 

Il faut revenir, aussi,  à une véritable notation qui permette à chaque élève de percevoir son niveau. Les livrets de compétence très compliqués, mal conçus ne sont compris ni des élèves, ni des enseignants.

Quel "pédagogiste" tortueux  a pu imaginer de tels gadgets si complexes ?

 

De nombreux enseignants qui sont sur le terrain le disent : les réformes engagées ne vont pas dans le bon sens et ont tendance à amoindrir la place de la culture dans les écoles, les lycées et les collèges...

Il est temps de rétablir des enseignements fondamentaux et de redonner à la culture une place prépondérante dans l'éducation...

 

 

 

Un collectif d'enseignants a créé une association, Sauver les Lettres : ces professeurs sont en lutte contre l'affaiblissement de l'enseignement des lettres et ils interpellent les prétendants à l'Elysée en leur soumettant un questionnaire.

 

Voici leur message :

 

"Réunis dans un collectif fondé en 2000, nous sommes en lutte, depuis la "réforme"
Allègre, contre l'affaiblissement, le dévoiement, voire la disparition de l'enseignement de la langue et de la littérature et contre une série de transformations, menées avec une cohérence paradoxale et un acharnement sans relâche par tous les gouvernements, qu’ils soient de droite(Ferry, Fillon, Darcos, Chatel) ou qu’ils se prétendent de gauche (Lang, Peillon, VallaudBelkacem),
et qui ont pour conséquence une baisse graduelle des exigences et des résultats de
l'école publique. Nous dénonçons cette convergence délétère de politiques qui délaissent peu à peu la visée humaniste de l'enseignement au profit d'orientations étroitement utilitaires, et considèrent d'abord l'Éducation nationale comme un « coût » à réduire plutôt qu'un devoir fondamental."

 

 

 

 

Le site  Sauver les lettres :

 

https://www.sauv.net/

 

Le questionnaire :

https://www.sauv.net/Questionnaire_Presidentielle.pdf

 

 

 

 

 

Sauver les lettres, c'est urgent !
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13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 13:55
L'étymologie ou la science du vrai...

 

 

 

L'étymologie est essentielle : elle nous fait remonter aux origines des mots, à leur essence : issu du grec " ἔτυμος, étumos" qui signifie "vrai", le terme désigne bien la science du "vrai"...

Cette science nous fait comprendre le véritable sens des mots, leur évolution, leur histoire...

De nombreux termes remontent aux langues grecques et latines : l'étymologie, c'est le retour aux sources, elle nous fait comprendre le sens premier des mots, elle permet de mémoriser l'orthographe.

 

On trouve, ainsi, des familles de mots qui ont une même origine : "misanthrope, anthropophage, anthropologie, anthropomorphe", autant de mots qui renvoient au nom grec "ἄνθρωπος, anthropos" qui désigne l'homme.

 

C'est le terme latin "homo" qui a donné naissance à cette autre famille : "homme, humain, humanité, humanisme" et ce substantif  doit être rattaché au nom latin de la terre "humus".

C'est de là que viennent, aussi,  les mots "humilité, humble".

 

Ainsi, l'homme se définit , dès les origines comme un être vivant sur la terre, attaché à elle, soumis à ses lois, et en ce sens, il devrait faire preuve d'une certaine humilité, une humilité qu'il semble avoir perdue, car l'homme s'acharne souvent à détruire la terre, en la polluant, en se livrant à toutes sortes d'exactions : gaspillage, déforestations, mépris de la nature.

 

Les terriens que nous sommes oublient le respect dû à cette planète pleine de ressources et de merveilles.

L'homme lié à la terre, au cosmos, à l'ordre du monde en vient à pervertir cet ordre et cette harmonie par cupidité, appât du gain.

L'homme, dans son inconscience, en vient à détruire ce qui lui permet de vivre, d'aimer, d'admirer ce "cosmos,  κόσμος," qui désigne en grec "l'ordre".

 

Pourtant, l'homme n'est qu'un "microbe" devant l'immensité du cosmos...

"Microbe", encore un mot venu du grec ! Issu de l'adjectif " μικρός, mikros", comme "microscope, microcosme."

Ainsi, l'étymologie nous permet de comprendre la place de l'homme dans l'univers, elle nous donne des leçons, nous apprend une forme de modestie et de mesure.

On avait envisagé, il y a quelques années, de supprimer l'orthographe d'usage, et de pratiquer une écriture phonétique, mais on voit bien là tout ce que l'on aurait perdu...

La phonétique, justement ! Encore un mot forgé sur un terme grec "phoné" : "la voix", qui doit être associé au "phonème", à l'adjectif "aphone", "sans voix".

 

Si la phonétique est utile, il ne faut pas oublier l'orthographe et l'origine des mots : ceux-ci s'inscrivent dans une longue histoire, ils sont un témoignage précieux du passé.

 

Les mots nous donnent des leçons d'humilité : ils ont traversé des siècles d'histoire, ils nous parlent du passé, nous relient à tous ceux qui nous ont précédés.

 

Les mots, leur étymologie doivent être préservés précieusement, comme la terre sur laquelle nous vivons et qui nous offre tant de sources d'émerveillements...

 

 

 

 

 

 

L'étymologie ou la science du vrai...
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26 octobre 2016 3 26 /10 /octobre /2016 11:56
Comment propager l'ignorance ?

 

 

 

 

Comment propager l'ignorance ? De plus en plus, les enfants, les adolescents ne maîtrisent plus la grammaire française, l'orthographe, disciplines tombées en disgrâce depuis nombre d'années.

Or, la langue, tout le monde le sait, est le support de la pensée, elle est essentielle pour exprimer des idées et comprendre le monde.

 

Les élèves d'aujourd'hui disposent, pourtant, d'outils merveilleux pour accéder à la connaissance : internet, les ordinateurs, les tablettes, les portables... Ils peuvent très rapidement se connecter et trouver toutes sortes d'informations sur toutes sortes de sujets.

Mais encore faut-il comprendre ces informations, les trier, les analyser.

 

Chaque année, le taux de réussite du baccalauréat bat des records : on a tendance à brader ce diplôme de fin de cycle.

Chaque année, les inspecteurs donnent des consignes d'indulgence très strictes aux enseignants chargés de corriger le baccalauréat.

 

Dès lors, ce diplôme est considérablement dévalorisé : on donne aux jeunes gens l'illusion de la connaissance, mais arrivés sur les bancs de l'université, un grand nombre d'entre eux échouent dans leurs études.

Une façon, encore, de propager et de cultiver l'ignorance.

 

Les adolescents, sûrs de maîtriser le savoir grâce à internet, en viennent à refuser toute notion d'effort et d'apprentissage.

Et le système les encourage dans ce sens.

Il faut de plus en plus aplanir les difficultés qui se présentent devant eux : l'orthographe est trop complexe et difficile, on va la simplifier.

La grammaire est trop rébarbative, il suffit de la passer sous silence.

Le latin et le grec, jugés très ardus, seront purement et simplement sacrifiés sur l'autel de la facilité et de la paresse.

Par ailleurs, dorénavant, les enseignants sont invités à pratiquer l'évaluation positive : il faut, à tout prix, valoriser les copies, éviter les notes "humiliantes".

Il faut donc donner l'illusion de la connaissance et du savoir.

Et c'est bien ainsi qu'on propage l'ignorance, c'est bien ainsi que l'on asservit les individus, qu'on les rend passifs.

C'est ainsi que les gens ne réfléchissent plus, se soumettent au règne des machines.

 

L'ignorance serait-elle devenue un moyen pour annihiler la volonté des peuples, pour les transformer en robots sans âme ?

La nouvelle réforme des collèges va accorder une large place aux EPI, enseignements pratiques interdisciplinaires qui se veulent attractifs et ludiques.

Mais on voit bien que des élèves qui ne maîtrisent pas les connaissances de base ne peuvent tirer profit de ces pratiques interdisciplinaires.

On sert aux élèves de la poudre aux yeux, une illusion de savoir : comment mêler plusieurs disciplines quand on ne les a pas vraiment assimilées ?

 

On va inéluctablement entraîner un émiettement des savoirs, préjudiciable aux "apprenants". J'utilise volontairement ce néologisme, synonyme jargonnant du mot "élèves".

Et, au fond, ce vocabulaire est très révélateur : il ne s'agit plus de hisser les jeunes vers la connaissance, il faut qu'ils apprennent d'eux-mêmes.

 

Mais comment apprendre si l'on ne maîtrise pas les outils élémentaires de la connaissance : une syntaxe élémentaire, un vocabulaire riche et varié ?

La pratique raisonnée de la langue est essentielle pour comprendre des textes et en percevoir toutes les subtilités : si l'on ne sait pas reconnaître le mode conditionnel, le subjonctif, l'impératif, on ne peut analyser correctement des textes littéraires.

Comment avoir envie d'apprendre quand tous les obstacles sont aplanis ?

Notre système éducatif doit être réformé, afin de redonner une véritable place à la culture, à la notion d'effort indispensable pour tous les apprentissages.

 

 

 

 

Comment propager l'ignorance ?
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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 15:55
Léa et la quête des mots...

 

 


Léa n'avait jamais vu de livres dans la maison : ses parents n'en possédaient pas, ils vivaient pauvrement, et les livres ne faisaient pas partie de leur univers.

Un jour, pourtant, Léa ouvrit le tiroir d'une commode et découvrit l'objet, un livre unique, aux pages élimées, aux vieilles senteurs de papier...

Elle se mit à feuilleter l'ouvrage avec curiosité : partout, des dessins amusants, des aventures cocasses, des histoires surprenantes, des personnages étranges...
Une famille était mise en scène : la famille Fenouillard !

Le nom lui-même résonnait comme une caricature, il fleurait bon le canular.

Aussitôt, Léa se mit à lire avec avidité ce récit illustré : elle sourit devant les bêtises des deux fillettes, Artémise et Cunégonde. 
Les dessins, aussi, étaient des caricatures : Artémise et Cunégonde étaient affublées de chapeaux identiques et ridicules.

Artémise ! Cunégonde ! Des prénoms venus d'un autre monde, d'un autre temps ! Des prénoms aujourd'hui disparus.

Léa découvrit, alors, la magie des mots et des noms, elle comprit que chaque mot avait une résonance particulière et n'était pas choisi au hasard...
Elle saisit leur valeur, elle fut sensible à des sonorités, elle se mit à l'écoute des mots.

Dès lors, Léa s'intéressa aux mots, elle voulut en découvrir d'autres, elle se mit en quête, et elle décida de lire et de s'enrichir de mots nouveaux.
Elle lut Balzac, Flaubert, elle lut Zola, Racine, Molière, elle fut avide d'auteurs variés.

"Salammbô" ! Ce nom flamboyant et étrange la fit rêver... "La peau de chagrin" attira son attention, "La rabouilleuse" suscita, en elle, effroi et curiosité.
"La mare au diable" lui parut mystérieuse...

Et les mots contenus dans ces livres étaient, aussi, une fête : une variété infinie de noms, de verbes, d'adjectifs, des mots à découvrir, des mots à partager...

Léa comprit que cet univers était infini et que sa quête lui permettrait toujours de nouvelles découvertes, un bonheur de la curiosité...
Les mots lui offraient, ainsi, la possibilité de mieux saisir le monde, de mieux l'appréhender et l'apprécier.

Une fleur n'était plus une simple fleur : son nom lui donnait plus de valeur, plus de poésie et de tendresse.
Lilas, rose, jasmin, campanule, liseron, camélia, géranium... des mots évocateurs, empreints de douceurs...

Les noms des arbres étaient aussi un émerveillement : marronnier, châtaignier, tilleul, platane, pin, chêne, micocoulier...

Les noms des étoiles la fascinaient : Deneb, Aldébaran, Altaïr, Perséides, Alpha du centaure, Sirius...

Et même les mots les plus simples, les plus ordinaires se prêtaient à des découvertes, les noms des saisons, des fruits, des jours de la semaine, des nuages....

Ainsi, Léa put redécouvrir le monde à travers les mots : elle comprit leur importance, leur humanité, elle voulut en saisir les différents sens.

Elle comprit que les mots sont essentiels, car ils sont oeuvre humaine, chargés d'histoire, d'un passé ancien, ils sont l'essence de l'humanité, de la pensée, de la réflexion, du bonheur...




 

 

 

 

Léa et la quête des mots...
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12 septembre 2016 1 12 /09 /septembre /2016 13:23
De l'art de prendre les gens pour des cons...

 

 

 

J'ai reçu, ces jours-ci, un mail publicitaire, m'incitant à participer à un test de culture générale : je vous laisse juges du haut niveau et de l'intérêt de ce test !

La question posée était la suivante : laquelle de ces silhouettes est un pokémon ?

Et on avait le choix entre 4 solutions : Pikachu, Dora, Hello Kitty, Mickey !

Tentez de gagner 500 euros, telle était l'annonce alléchante qui précédait ce test...

Un tel message n'est-il pas révélateur ? Une façon de dévaloriser la culture, la vraie, une façon de se moquer des gens avec une question débile, dont la réponse est évidente.

Si la culture générale consiste à repérer un Pokémon, on est tombé bien bas !

 

L'univers publicitaire ne fait pas dans la dentelle : un moyen, sans doute, de récupérer le phénomène Pokémon qui déferle, comme une traînée de poudre, en France...

 

Il serait temps de remettre la culture à l'honneur, d'inciter les jeunes à lire, plutôt que de les lancer à la recherche de monstres virtuels, aux noms farfelus.

 

Notre culture est riche d'une littérature variée, elle doit être un objet de curiosité permanent, tant elle est diverse.

C'est cette culture qui permet aux êtres humains de progresser, de s'enrichir, tous les jours, d'idées, de savoirs diversifiés.

C'est cette culture qu'il faut promouvoir et dont il faut montrer tout l'intérêt.

Que chaque jour soit l'occasion d'une découverte ! 

Lectures, visites d'expositions, promenades dans la nature, spectacles de théâtre, de musique, films... la culture est accessible à la plupart d'entre nous.

 

Il faudrait que chacun soit friand du bonheur de la découverte. La culture est essentielle et peut prendre différentes formes...

Ne nous laissons pas engluer dans le magma de la société de consommation qui nous pousse à oublier l'importance de cette culture.

 

On nous invite, sans cesse, à consommer, à acheter de nouveaux produits, parfois néfastes pour la santé, on nous abrutit avec des jeux stupides qui servent encore cette société de consommation.

 

Il est temps de réhabiliter la culture, au lieu de l'entourer de suspîcions : c'est par elle que l'homme s'élève, c'est par elle que nous accédons au bonheur.

Certes, la culture passe par un certain effort : l'homme doit franchir des obstacles pour accéder à une culture de plus en plus complexe.

 

Et c'est en progressant qu'il s'enrichit, toujours plus, de connaissances.

Refusons l'abêtissement général ! 

Refusons ces jeux stupides qui nous envahissent et ne servent à rien.

Mettons en garde les jeunes, les adolescents ! Eux se laissent facilement entraîner par l'engouement pour certains loisirs.

 

 

 

 

 

 

De l'art de prendre les gens pour des cons...
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3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 12:03
Un conte fantastique à découvrir et à méditer : Le chevalier double...

 

 



Combattre ses propres démons, vaincre le mal que chacun peut avoir en soi, parvenir à faire triompher le bien, c'est, là, le thème de cette nouvelle fantastique, intitulée Le chevalier double, dont l'auteur est Théophile Gautier.


Nous sommes, tous, plus ou moins, soumis à une dualité, le bien, le mal, et nous avons tous eu la tentation du mal.

Dans ce conte de Théophile Gautier, une jeune châtelaine, prénommée Edwige, mariée au comte de Lodbrog, s'est laissé envoûter par un étranger "beau comme un ange", au sourire glaçant, un chanteur, accompagné d'un corbeau noir.

L'histoire se déroule dans un pays du Nord qui n'est pas nommé, comme le suggèrent les noms des personnages aux consonances scandinaves.

Venu se réfugier dans le château de la dame, par une nuit d'orages et de tempête, cet inconnu est double : un sourire d'ange et un regard terrifiant.

On retrouve au début de ce récit, de nombreux ingrédients du conte fantastique... le lieu : il s'agit d'un château, le moment : l'histoire se déroule la nuit. L'évocation de la tempête est particulièrement inquiétante : "Il faisait un terrible temps cette nuit-là : les tours tremblaient dans leur charpente, les girouettes piaulaient, le feu rampait dans la cheminée, et le vent frappait à la vitre comme un importun qui veut entrer."

Dans cette description, on perçoit, comme souvent, dans le registre fantastique, le procédé de personnification de certains éléments du décor, ce qui accroît le mystère et la peur.

Après le départ du mystérieux inconnu, la châtelaine donne naissance à un fils, prénommé Oluf... mais elle perçoit en lui, le "regard noir de l'étranger".

Un "mire", une sorte de médecin ou de mage est consulté : il déclare, aussitôt, que le petit "Oluf" a une étoile double, une verte, une rouge, une verte comme l'espérance, une rouge comme l'enfer..."

L'enfant grandit, tantôt "bon comme un ange", tantôt "méchant comme un diable".

Choisira-t-il le bien ou le mal ?

Quel sera son destin ? Qu'est-ce qui pourra le sauver du mal ?

Il devra combattre, de toutes ses forces, le mal qui est en lui, dans une lutte héroïque et féroce, il devra vaincre ses mauvais démons.

Ce combat est mis en scène, quand Oluf rencontre son double maléfique : un choc violent entre deux chevaliers, un choc dont l'issue semble incertaine...

Ainsi, chacun d'entre nous doit lutter contre des pulsions de haine, de jalousie, de rancoeur, chacun d'entre nous a une part d'ombre.

Ce récit fantastique a valeur de message : il nous montre toutes les difficultés de vaincre les forces du mal : le mensonge, l'hypocrisie, la méchanceté, le désir de soumettre, la violence.

Ne sommes-nous pas tous doubles ?

Il nous faut souvent affronter ces forces du mal, les vaincre, essayer de dépasser le désir de vengeance, la haine.

C'est ce qui fonde l'humanité : cette lutte passe par la réflexion, par l'effort, par des conflits internes qu'il nous faut résoudre et comment les résoudre ?

Comment affronter ses propres démons ?


Ce récit bref, fascinant, facile à lire, écrit dans un style original et vivant, nous entraîne dans un univers fantastique, tout en nous incitant à la réflexion : une lecture de vacances accessible à tous !






Le texte :

 

https://fr.wikisource.org/wiki/Romans_et_Contes_de_Th%C3%A9ophile_Gautier/Le_Chevalier_double

 

Un conte fantastique à découvrir et à méditer : Le chevalier double...
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1 août 2016 1 01 /08 /août /2016 13:40
La connerie se banalise sur internet...

 

 

 

Internet est un merveilleux outil de connaissances : il offre à chacun la possibilité de s'informer rapidement, les sources sont nombreuses, variées, et pourtant, force est de constater que la connerie se répand et se banalise de plus en plus sur la toile.

 

Le prêt-à-penser se développe : le copié-collé connaît un succès grandissant, certains ne pensent plus par eux-mêmes, mais se contentent d'une argumentation toute faite, en laquelle ils croient aveuglément.

 

Copier plutôt que réfléchir et raisonner ! C'est une tendance à laquelle se laissent aller volontiers les adolescents, les élèves de collège et de lycées.

 

Mais, bien sûr, les adultes ne sont pas en reste et eux aussi se laissent entraîner volontiers vers cette tentation.

 

Internet, il faut le savoir, n'est pas une garantie de vérité, ce n'est pas parce que c'est écrit sur internet que c'est vrai ! Combien de sites répandent de fausses rumeurs, combien de sites comportent des erreurs !

Il faut, bien sûr, faire le tri.... il faut choisir, et faire preuve d'une attitude critique, en maintes occasions.

 

Or, certains préfèrent se dispenser de l'effort de la réflexion...

Ils "recrachent" textuellement ce qu'ils ont lu sur internet : la réflexion se délite et s'évanouit.

D'autres se lancent dans des affirmations hasardeuses, sans se soucier de vérité et d'exactitude. 

Par ailleurs, on voit de plus en plus les internautes se livrer à des assauts d'insultes, des propos grossiers, vulgaires : la mauvaise foi se manifeste sous forme d'injures. Bien sûr, il est plus facile d'invectiver que de raisonner.
Le réflexe remplace la réflexion : l'insulte immédiate, spontanée fuse... 

 

Internet devient une foire à la bêtise, à la haine : on aimerait que chacun mesure l'impact de certains propos, que chacun prenne conscience de ce qu'il affirme.

Certains s'amusent à émettre de fausses rumeurs, parfois dangereuses, inquiétantes : c'est ce qui s'est produit, lors du récent attentat de Munich, par l'intermédiaire de Twitter et de Facebook.

 

"Un con, ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît", disait Michel Audiard.

Et, effectivement les cons osent tout sur internet, d'autant plus volontiers qu'ils bénéficient d'un anonymat et d'une impunité totale.

 

Certains n'hésitent pas à mentir, s'inventent des titres honorifiques ou universitaires, se font même "mousser", afin d'attirer la confiance des autres.

Les EGO s'exacerbent et s'imposent. On en vient à mépriser l'autre, à le vilipender sans raison.

On en vient à oublier la réflexion qui permet de raisonner avec mesure et en pleine conscience.

En ces temps où le fanatisme gagne du terrain, il est plus que jamais nécessaire de combattre l'ignorance et la bêtise.

Hélas ! La connerie se banalise sur internet : cet outil de connaissances devrait être utilisé avec plus de discernement et de précautions.

 

 

 

 

 

 

 

La connerie se banalise sur internet...
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25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 15:16
Le culte de l'utilitarisme...

 

 

 

 

Utile ! Désormais, il faut que tout soit utile ! On en oublie l'essentiel : le rôle de la culture dans la formation de l'individu...

Dans notre monde moderne, les humanités n'ont plus leur place, l'enseignement du latin et du grec est, ainsi, sacrifié, avec la nouvelle réforme des collèges, prévue pour la prochaine rentrée scolaire.

 

Bientôt, les cours de Français pourraient se réduire à l'apprentissage de la langue : fini l'enseignement de la littérature, finies la lecture et l'explication des grands textes de notre patrimoine.

A quoi bon étudier Racine, Corneille, Molière, Rabelais, La Fontaine ?

 

Il faut privilégier ce qui est directement utile dans la formation des individus : on s'oriente vers une éducation pratique et technique.

On en oublie la sensibilité, l'importance de la culture littéraire et humaniste...  grave lacune dans un monde où l'individualisme est grandissant...

 

Je me souviens d'une remarque d'un de mes élèves : "A quoi sert le cours de Français ? Je sais parler Français...", comme si la seule maîtrise de la langue suffisait à la formation d'une personnalité.

Que fait-on de l'intelligence, de la compréhension du monde et des autres ?

La littérature offre justement cette ouverture aux autres qui manque cruellement dans nos sociétés...

 

La plupart des médecins deviennent des techniciens sans âme : or, la relation avec les patients est essentielle, une confiance doit s'établir et doit passer par un dialogue humaniste.

Les administratifs n'ont plus le sens de la relation humaine : ils traitent, parfois, les gens comme des objets, des numéros.

La communication devient de plus en plus inhumaine, elle passe par des téléphones, des ordinateurs et la vraie communication se délite.

Les hommes politiques, au cours de campagnes électorales tapageuses, font, aussi, de fausses promesses, n'hésitent pas à leurrer les gens pour s'emparer du pouvoir : leur visée est utilitaire.

 

Les êtres humains attachés à des biens matériels, à leurs voitures, leurs portables perdent le contact avec les autres.

Il faut, donc, plus que jamais, former les individus à la culture : si celle-ci semble ne pas avoir une utilité immédiate, elle est pourtant essentielle pour assurer la cohésion d'une société, elle apporte à chacun un épanouissement personnel, une curiosité, une acuité d'esprit.

Elle offre une liberté, une façon d'appréhender le monde et les autres, avec humanité.

Notre monde de technicité grandissante ne doit pas renoncer à la culture qui est essentielle.

 

Vers quel abîme d'égoïsme se dirige-t-on, si on renonce à la culture ? Vers quel gouffre d'inhumanité allons-nous être précipités ?

Un monde purement utilitaire ne peut pas être un monde heureux. Nous avons tous besoin d'une formation à la sensibilité.

La réflexion est, aussi, essentielle : les grands textes nous offrent l'occasion de réfléchir à toutes sortes de sujets qui nous concernent tous.

Ne perdons pas notre humanité dans un monde d'objets, ne perdons pas ce qui fait l'essence même de l'être humain : redonnons à la culture toute sa place, pour un avenir meilleur.

 

 

 

 

 

Le culte de l'utilitarisme...
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10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 12:39
Un spectacle sous les tilleuls : une demande en mariage tout terrain...

 

 

 

Le printemps permet des spectacles en plein air et une pièce de théâtre sous l'ombrage bienveillant de tilleuls, dans un jardin, offre l'occasion de se détendre dans une atmosphère champêtre...

 

Au programme : "Une demande en mariage tout terrain", adaptée d'une célèbre pièce d'Anton Tchékhov...

Les spectateurs assis en cercle, au coeur même du spectacle, sont invités à prendre part à cette réunion de famille...

Une réunion pour le moins houleuse qui met en scène une mère, sa fille, Natalia et un homme  de quarante ans, Ivan qui vient faire sa demande en mariage.

 

Reçu par la mère, le prétendant exprime son désir... 

On assiste, ensuite,  au monologue de ce personnage Ivan, avec des répliques savoureuses : " Je ne peux pas ne pas me marier...Si tu espères trouver l'amour véritable, tu ne te marieras jamais", se dit-il... Il se plaint aussi d'avoir déjà quarante ans et énumère ses nombreux soucis de santé : psoriasis, manque de sommeil, digestion difficile, souffle au coeur...

 

La jeune promise intervient, alors, et le dialogue s'engage entre la jeune fille et son prétendant : ils évoquent les relations amicales entre leurs parents respectifs...

 

Mais, très rapidement la discussion s'envenime à propos de "petits prés aux vaches", dont les personnages se disputent la possession.

Le ton monte, à tel point qu'ils se mettent à hurler : Natalia s'en va, son prétendant la poursuit : il est au bord de l'apoplexie...

Les acteurs prennent, alors, à témoin les spectateurs "Ils sont à moi, à moi !"

 

La mère réapparaît, entre dans la dispute qui se propage et devient un paroxysme d'insultes violentes... Les pires mots sont prononcés de part et d'autre : "cinglé, pervers, hypocrite, menteur, crapule, épouvantail à moineaux... ce petit lustucru, cet oeil de taupe..."

Le fiancé est bientôt chassé de la maison à coups de pieds.

 

C'est alors que la mère apprend à sa fille que le jeune homme était venu la demander en mariage.

Aussitôt, on assiste à un coup de théâtre : intéressée par la proposition, elle ordonne à sa mère de ramener le prétendant.

 

La pièce met en oeuvre toutes sortes de ressorts comiques : comique de geste, de mots, de répétition, de caractère, comique de situation, avec de brusques renversements ou coups de théâtre...

Les situations se répètent car une nouvelle dispute éclate, tout aussi futile que la première...

 

L'outrance est au rendez-vous et le grossissement comique provoque les rires complices des spectateurs.

 

Les acteurs se donnent à fond dans ce jeu de la démesure : tous trois se retrouvent à terre anéantis par la violence de la confrontation...

 

Les conflits se focalisent sur les biens matériels, l'argent qui divise les familles, qui perturbe les relations entre les gens...

Finalement, le mariage sera décidé, bien sûr et la mère tire cette conclusion : "Ce sont les joies de la famille qui commencent !"

Dans cette pièce, Tchékhov nous met sous les yeux nos querelles éternelles, nos envies de domination, des rancoeurs familiales de tous les temps.

Les passions féroces, exacerbées sont soulignées par le jeu des acteurs qui évoluent tout près des spectateurs : ceux-ci sont interpellés, associés à l'action, on leur offre des petits cannelés, et même du champagne, à la fin de la pièce.

 

 

 

Création de la compagnie Les Lubies

Les acteurs : Nathalie Marcoux, Vincent Nadal, Mercedes Sanz

 

 

 

 

 

 

Photo et vidéo : rosemar

Un extrait de la pièce : la dispute commence...

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9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 13:30
Pour Antoine Leiris, le partage de la culture est essentiel...

 

 

 

"La culture nous fait avancer, elle nous fait grandir... à force de la refuser, cette culture, à force de la mettre de côté... on finit par en priver une grande partie des gens qui ont pourtant ce désir là de s'élever... il y a un désir profond d'élévation, et l'élévation, c'est par la culture..."

 

On doit cette profession de foi en la culture à Antoine Leiris, ce journaliste qui a écrit un récit bouleversant après la mort de sa femme, assassinée le 13 novembre, lors de l'attaque terroriste du Bataclan.

 

Invité sur le plateau de l'émission On n'est pas couché, Antoine Leiris,  a livré un témoignage rempli d'émotion et a expliqué la raison d'être de son livre, Vous n'aurez pas ma haine.

 

Antoine Leiris le dit clairement, il ne pardonne pas, il n'oublie pas mais il refuse de céder à la tentation de la haine destructrice : pour son fils, il choisit d'aller de l'avant, de se projeter dans l'avenir.

Ainsi,  la culture permet cette projection pour progresser sans cesse dans la compréhensionu du monde.

 

La culture contient une humanité, elle nous offre une multitude de pensées, une diversité sans fin, elle nous ouvre des horizons différents, elle développe la curiosité, une envie renouvelée de découvertes...

Oui, la culture est multiple...

La culture, c'est, aussi, l'amour de la terre que nous habitons et de la nature, ce n'est pas un hasard si le mot "culture" désigne aussi l 'action de cultiver la terre.

 

La culture nous permet de mettre en oeuvre cette osmose avec la nature et le monde qui nous entoure : le déroulement des saisons, les paysages qui suivent ce rythme, les arbres qui changent d'aspect....

 

La culture, c'est aussi l'univers des livres, celui des mots, de leur précision, de leur origine, de leur valeur.

Et plus on découvre, plus on éprouve le besoin de découvrir, de s'enrichir de mots, de réflexions.

 

Oui, la culture est une occasion de s'élever, car elle apporte de multiples possibilités, elle nous offre tant de sujets de réflexion dans différents domaines : sciences, phiolosophie, arts, littérature...

 

Elle devient, ainsi, une quête incessante, une façon de vivre dans l'éveil, dans l'attention aux choses et aux autres.

Elle aiguise l'esprit, elle avive la compréhension du monde, et ce faisant, elle rend plus heureux.

 

La culture, c'est le contraire de la haine, c'est un amour de la vie et du monde qui nous entoure.

La culture est une force : s'appuyant sur le passé, elle nous guide vers le futur, et nous donne des repères essentiels...

 

Ainsi, le livre d'Antoine Leiris, loin de la haine barbare des terroristes du Bataclan, est rempli d'amour, pour sa femme disparue et pour son fils...

Il est rempli d'espoir en l'avenir...

 

Prenant le contre-pied des terroristes, Antoine Leiris refuse leur haine et leur violence, et nous donne, aussi, une magnifique leçon de vie et d'espérance.

 

 

 

http://www.lesinrocks.com/inrocks.tv/vous-naurez-pas-ma-haine-le-recit-bouleversant-dantoine-leiris-sur-le-plateau-donpc/

 

 

 

 

 

 

Sur la vidéo : Antoine Leiris évoque la culture à 17 minutes...

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