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15 janvier 2022 6 15 /01 /janvier /2022 09:43
Pour moi, la beauté me ravit partout où je la trouve...

 

Nous commémorons, en ce 15 janvier, les 400 ans de la naissance de Molière, l'occasion de lire et de relire son oeuvre, notamment la fameuse tirade de Dom Juan, célébrant l'inconstance : un chef d'oeuvre d'élégance, de poésie et de cruauté.


 Dom  Juan apparaît sur scène à l'Acte I, scène 2, après avoir été décrit par son valet, Sganarelle dans la première scène de la pièce :  il s’exprime longuement dans une tirade. On passe d’une vision populaire, d’une esquisse caricaturale, celle de Sganarelle, à une peinture plus approfondie du personnage.


Au début de la scène, Dom Juan confirme qu’il n’aime plus Done Elvire et exprime son intention d’enlever une jeune fiancée, il envisage donc une nouvelle conquête. Sganarelle ose émettre une critique : c’est là que se situe la tirade.
Dom Juan y expose sa propre conception de l’amour : une théorie  mûrement réfléchie, il  développe sa philosophie et celle des libertins de son temps.


 
I)  L’ART DE CONVAINCRE : APPEL A LA LOGIQUE (LE LOGOS), UN DISCOURS A  VALEUR GENERALE

  1)On peut d'abord étudier l’énonciation : dans la première phrase : les pronoms « on » «  nous »  l’emportent.
Plus loin: « pour moi, la beauté me ravit … »  on trouve l'emploi de la première personne.
Plus loin « on goûte une douceur extrême… »
Constamment Dom Juan  alterne  « je » et « nous » : il généralise donc son discours et lui donne ainsi une valeur de théorie.
   

2)Dom Juan parle sous forme de maximes ou de proverbes : « la constance n’est bonne que pour les ridicules »  « tout le plaisir de l’amour est dans le changement ». On note l'emploi du présent à valeur intemporelle : un présent de vérité générale et l'utilisation du pluriel à valeur généralisante.


  3)Ce discours bien construit vise à convaincre:
-1ère partie : « Quoi…….sur nos coeurs »  La fidélité est ridiculisée.
-2ème partie :« Pour  moi…je les donnerais tous » Eloge de l’inconstance.
-3ème partie : Les inclinations naissantes…conquêtes amoureuses » Le thème de la conquête.

Ce plan est habile : il va du négatif au positif, de la défensive à l’offensive. Dom Juan renverse les valeurs traditionnelles : il valorise l’infidélité et  discrédite la fidélité : c’est un éloge paradoxal  de l’inconstance.

 

II) LA CRUAUTE  ET LA DUPLUCITE DU PERSONNAGE

 

1) La stratégie de séduction passe par la tromperie : il s'agit de flatter par "cent hommages", de jouer un rôle avec des "larmes, des soupirs".

 

2) Dom Juan s'attache à séduire des femmes jeunes, naïves : "l'innocente pudeur d'une âme".

 

3) La femme devient un objet entre les mains de Dom Juan, un objet qu'il "mène" et manipule à sa guise...

 

 

III) L’ART DE PERSUADER : APPEL AUX SENTIMENTS  (LE PATHOS) APPEL A 
L’AFFECTIVITE, AUX EMOTIONS

     1)Dans la dénonciation de la fidélité,  Dom  Juan caricature la constance.
           -il utilise un ton interrogateur et ironique, au début de la tirade « Quoi   tu veux qu’on se lie.. » : c'est une fausse question qui  contient en elle-même la réponse : Sganarelle n’est même pas invité à répondre. On remarque dans la première phrase un  rythme ternaire insistant.

 

Plus loin, on trouve l’expression « la constance  n’est bonne que pour les ridicules ». Ainsi, la fidélité est associée  au rire et à des  termes péjoratifs « ridicules …. faux honneur ».


-la fidélité est aussi représentée par une succession d’images: « se lier…nous  prend…renoncer au monde….s’ensevelir  …être mort ». Celles-ci évoquent toutes l’idée d’enfermement, le manque de liberté : elles sont classées  dans un ordre croissant. On passe du verbe « lier » à  la claustration religieuse(« renoncer au monde ») plus loin à la mort, avec le tombeau, symbole ultime de l’enfermement.
Ces images de prison et de mort  ont pour but  de susciter la peur. La fidélité est aussi associée à  l’immobilité  et l’infidélité au mouvement  (« demeurer #entraîne  …changement »)


C'est un discours habile qui trouble l’auditeur d’autant que la morale traditionnelle est renversée : l’infidélité devient morale, elle est valorisée : Dom Juan parle en termes de droit : « les justes prétentions ». Ainsi la constance est une "injustice" faite  aux autres femmes. Dom Juan substitue une morale naturelle à la morale traditionnelle,  comme le suggère l’expression : « la nature nous oblige ». Dom Juan semble défendre la liberté, une idée séduisante.


   2)dans l’éloge de l’inconstance : là encore, Dom Juan  sait se montrer persuasif.
-il use d’un langage poétique : « la beauté me ravit partout où je la trouve » : un bel alexandrin suivi de deux octosyllabes. On relève un autre procédé poétique, un oxymore : « douce  violence ». Plus loin des sonorités très douces sont mises en jeu dans la phrase : « les inclinations naissantes ont des charmes inexplicables… » 
des sifflantes « s  z », une chuintante « ch », des voyelles nasalisées  « an    on » qui ralentissent le rythme. Dom Juan sait donner à ses idées une force irrésistible, une grâce poétique : la douceur des sonorités correspond bien à l’idée énoncée : le plaisir l’emporte.
   -le champ lexical du plaisir domine : « charmes, plaisir, goûter, extrême douceur ».
On perçoit la sensualité du personnage, son goût du plaisir.


    3)dans le thème de la conquête : la quête amoureuse devient une entreprise périlleuse et glorieuse. Ce thème est perceptible  à travers différents procédés :
-une longue phrase suggère les étapes successives de cette quête : « combattre par des transports…larmes, soupirs » : la réussite doit être lente, progressive. De nombreuses relatives permettent de ralentir le rythme dans cette phrase.
-le  procédé de l’énumération de verbes : « voir …combattre …forcer.. vaincre »
-le vocabulaire du combat, de la guerre : « combattre  forcer  vaincre  être maître  triompher, conquérants   victoire ». Ce champ lexical traduit une volonté de domination et de puissance  implacable.


-le registre épique a pour but de provoquer l ‘admiration de l’auditeur : des hyperboles  avec de nombreux pluriels « toutes les autres beautés, toutes les belles. aux autres etc. »
Des nombres : « dix mille,  cent hommages ».


-la dernière partie de la tirade est significative avec la référence à « Alexandre ».
On perçoit l’orgueil démesuré de Dom Juan : il se compare au plus grand des conquérants.


Dom Juan  a le goût de l’absolu : il refuse les limites.  Cet absolu s’exprime à travers une antithèse : « rien…toute la terre ». La phrase mime la démesure de Dom Juan : les membres de phrase  deviennent de plus en plus longs, le rythme s’amplifie...

 

On perçoit dans cette tirade la force et le pouvoir de persuasion du discours de Dom Juan : il fascine, il subjugue Sganarelle mais aussi l'ensemble de l'auditoire.
  

 

Le texte :

 

Dom Juan
Quoi ? Tu veux qu’on se lie à demeurer au premier objet qui nous prend, qu’on renonce au monde pour lui, et qu’on n’ait plus d’yeux pour personne ? La belle chose de vouloir se piquer d’un faux honneur d’être fidèle, de s’ensevelir pour toujours dans une passion, et d’être mort dès sa jeunesse à toutes les autres beautés qui nous peuvent frapper les yeux ! Non, non : la constance n’est bonne que pour des ridicules ; toutes les belles ont droit de nous charmer, et l’avantage d’être rencontrée la première ne doit point dérober aux autres les justes prétentions qu’elles ont toutes sur nos cœurs. Pour moi, la beauté me ravit partout où je la trouve, et je cède facilement à cette douce violence dont elle nous entraîne. J’ai beau être engagé, l’amour que j’ai pour une belle n’engage point mon âme à faire injustice aux autres ; je conserve des yeux pour voir le mérite de toutes, et rends à chacune les hommages et les tributs où la nature nous oblige. Quoi qu’il en soit, je ne puis refuser mon cœur à tout ce que je vois d’aimable ; et dès qu’un beau visage me le demande, si j’en avais dix mille, je les donnerais tous. Les inclinations naissantes, après tout, ont des charmes inexplicables, et tout le plaisir de l’amour est dans le changement. On goûte une douceur extrême à réduire, par cent hommages, le cœur d’une jeune beauté, à voir de jour en jour les petits progrès qu’on y fait, à combattre par des transports, par des larmes et des soupirs, l’innocente pudeur d’une âme qui a peine à rendre les armes, à forcer pied à pied toutes les petites résistances qu’elle nous oppose, à vaincre les scrupules dont elle se fait un honneur et la mener doucement où nous avons envie de la faire venir. Mais lorsqu’on en est maître une fois, il n’y a plus rien à dire ni rien à souhaiter ; tout le beau de la passion est fini, et nous nous endormons dans la tranquillité d’un tel amour, si quelque objet nouveau ne vient réveiller nos désirs, et présenter à notre cœur les charmes attrayants d’une conquête à faire. Enfin il n’est rien de si doux que de triompher de la résistance d’une belle personne, et j’ai sur ce sujet l’ambition des conquérants, qui volent perpétuellement de victoire en victoire, et ne peuvent se résoudre à borner leurs souhaits. Il n’est rien qui puisse arrêter l’impétuosité de mes désirs : je me sens un cœur à aimer toute la terre ; et comme Alexandre, je souhaiterais qu’il y eût d’autres mondes, pour y pouvoir étendre mes conquêtes amoureuses.

 

 

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12 janvier 2022 3 12 /01 /janvier /2022 09:41
Houellebecq sous haute protection !

 

Le nouveau roman de Michel Houellebecq est paru ce vendredi 7 janvier... le lendemain, je me rends en librairie pour le feuilleter avant de l'acheter... ce que je fais souvent, avant d'acheter un livre, quel qu'il soit...

Sur un rayon, bien en vue, de nombreux exemplaires du roman... ils étaient tous sous blister, un emballage plastique transparent.

 

J'entreprends alors de déchirer le blister, afin de feuilleter l'ouvrage.

Sacrilège ! La libraire se précipite vers moi, me tance, et m'arrache le livre des mains...

 

Je n'avais pas le droit de le feuilleter et d'en découvrir quelques extraits.

Je lui rétorque alors : "On n'a pas le droit de voir ce que l'on achète ? Tous les autres livres sont à disposition, et on peut les feuilleter..."

Peine perdue. La libraire emporte le livre pour le mettre à l'abri ! (Il est vrai que l'édition est soignée : une belle couverture cartonnée, un signet rouge...)

Aussitôt, je lui dis : "Bon, alors, je vais acheter le livre ailleurs ! Je rebrousse chemin en lui lançant : "Bonne après midi, Madame !"

J'ai trouvé cette dame très pointilleuse et ce n'est pas la première fois : c'est elle qui avait vertement réprimandé un client lorsqu'il avait simplement enlevé son masque anti-covid pour se moucher !

 

Je suis donc allée à la FNAC pour découvrir le livre...

Un exemplaire était en libre accès, je l'ai feuilleté et j'ai été aussitôt intriguée par un message crypté, illisible, écrit avec des caractères inconnus et mystérieux, au début du roman, et je l'ai acheté : peut-être serai-je déçue ?

J'avais particulièrement apprécié Soumission, Sérotonine : des romans emplis de surprises, d'humour.

 

Houellebecq a amorcé un renouveau en littérature : c'est un auteur atypique qui surprend, étonne, Houellebecq dépeint la déprime, la misère de l'homme moderne, mais il nous fait rire.

Et le rire est salvateur, bénéfique.

J'aime le personnage et j'aime l'écrivain : un auteur qui étonne, qui surprend par son humour décalé, par ses références au monde moderne, un auteur qui vit dans son temps et qui se fait l'écho de notre époque...

 

J'ai vu quelques critiques sur France Culture : elles ne sont pas bonnes.

"Un roman plat, ennuyeux, la construction est complètement bancale, un personnage plat..."

"Un roman de la banalisation de l'extrême-droite... un roman misogyne, un niveau de réflexion problématique..."

"Ce n'est même pas un roman d'anticipation..."

"Une grande place accordée au catholicisme : il montre l'horreur du monde sans Dieu, mais ce n'est pas original."

Bref, des critiques plutôt sévères...

De toutes façons, je lirai le roman pour m'en faire une idée précise...

A suivre, donc...

 

 

https://www.franceculture.fr/litterature/lire-ou-pas-aneantir-le-nouveau-roman-de-michel-houellebecq

 

https://www.franceinter.fr/emissions/parcours-critiques/michel-houellebecq-episode-4

Houellebecq sous haute protection !
Houellebecq sous haute protection !
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7 janvier 2022 5 07 /01 /janvier /2022 12:21
Le succès du livre...

 

Face à l'avalanche de mauvaises nouvelles que nous subissons, enfin une éclaircie en ce début d'année 2022 : le succès du livre !

 

L'année 2021 a été marquée par des ventes exceptionnelles de livres : elles ont augmenté de 19% en deux ans : confinements, couvre-feux, restrictions nous auraient donc donné des envies de bouquiner...

Une très bonne nouvelle !

 

Il est vrai que les Français ont été saturés d'écrans avec le telé-travail : ils aspirent à autre chose, ils refusent le règne des images.

Le livre, lui, permet une vraie concentration, une attention, une curiosité sur toutes sortes de sujets...

 

J'aime les livres, ils peuvent procurer une détente, une évasion, mais aussi une réflexion sur le monde.

 

Il est important aussi d'offrir des livres à ceux que l'on aime : une forme de partage essentiel...

 

Entrez dans une librairie, c'est tout un monde à découvrir ! Il y a une âme ! Un monde qui fait rêver...

On peut feuilleter les livres à loisir, mieux les choisir : on est attiré par un titre, une phrase, un titre de chapitre, un développement...

Oubliez la vente en ligne ! Rien ne vaut une visite chez un libraire pour faire un choix judicieux !

 

La lecture est un moment de repli sur soi, de recueillement, mais aussi d'ouverture sur les autres et le monde...

Vive le livre !

Le livre est un bien essentiel, une respiration, un bonheur à découvrir...

Quand j'ouvre un livre, une curiosité insatiable me saisit...

C'est un outil de discernement, de jugement si important !

Comment a-t-on pu fermer les librairies en temps de confinement ? Quelle erreur !

 

Comme l'écrit Céline Pina dans son ouvrage Ces bien essentiels, "Aldous Huley imagine le type de société que les progrès techniques de son époque pourraient engendrer. La pensée a disparu, la culture se limite au divertissement et l'homme n'est plus conscient de sa condition... Le Meilleur des Mondes est une dystopie ou une contre-utopie. Celle-ci nous montre par le biais de la fiction un univers déshumanisé et totalitaire dans lequel les rapports sociaux sont dominés par la technologie et la science."

Lire est un acte de résistance dans un monde dominé par la technologie...

 

 

Quelques suggestions de lecture :

 

Seules les pensées que l'on a en marchant valent quelque chose, de Christophe Lamoure

L'Art d'être Français, de Michel Onfray

Ces biens essentiels, de Céline Pina

La joie des larmes, de Francis Métivier

Entrer dans la douceur, de Jean-Claude Guillebaud

L'Autre à distance, de Anne Muxel

Aujourd'hui : parution du nouveau roman de Michel Houellebecq, Anéantir... affaire à suivre...

 

https://www.francetvinfo.fr/culture/livres/roman/culture-des-ventes-de-livres-exceptionnelles-en-2021_4896939.html

 

Le succès du livre...
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1 janvier 2022 6 01 /01 /janvier /2022 10:15
Une bonne année à tous !

 

Une bonne année à tous,

 

 

 

 

Une bonne année de musique, de chansons, d'harmonie...

 

 

 

 

Une bonne année de lectures, de curiosité, de découvertes, de voyages, de culture, et surtout de poésie...

 

 

 

 

Une très bonne année à tous !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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29 décembre 2021 3 29 /12 /décembre /2021 09:24
Pourquoi les meetings sont-ils épargnés ?

 

La situation est critique, nous dit-on. De plus en plus de cas de Covid, des hôpitaux qui commencent à être débordés, un nouveau variant encore plus contagieux...

De quoi s'inquiéter, de quoi susciter la peur...

Donc, instauration d'un pass vaccinal obligatoire pour se rendre dans tous les lieux culturels, cinémas, théâtres, musées, etc.

Curieux tout de même ! Les meetings politiques, eux, sont exemptés de pass vaccinal.

 

En somme, on a le droit d’attraper le Covid en allant à un meeting politique mais pas en allant voir un film, assister à une pièce de théâtre, un concert, etc.

La vie démocratique doit poursuivre son cours, nous dit-on.

Pas de mesure de jauge pour les meetings politiques, non plus... Le covid peut circuler sans problème quand il s'agit des meetings.

La situation est-elle vraiment critique ? On peut se poser la question.

Deux poids, deux mesures... Pourquoi ?

 

Une fois de plus, il s'agit de privilégier le domaine politique.

Ce pass est-il sanitaire ? Dans ce cas, il devrait s'appliquer en toutes circonstances...

Pour certains médecins, c'est "une décision incompréhensible". On a imposé des mesures drastiques dans les lieux de spectacle, dans les entreprises, et pour les meetings, on admet des dérogations.

"Il est totalement incompréhensible d'imaginer qu'on puisse avoir des dérogations, le virus se fiche de savoir si on est à un meeting politique ou à un concert de musique. Le risque de propagation est exactement le même", avait  réagi le Professeur Djillali Annane, chef du service de réanimation à l'hôpital de Garches, lors de l'instauration du pass sanitaire.

 

Les meetings politiques peuvent rassembler des milliers de personnes... N'est-ce pas une situation à risques ?

 

Les meetings électoraux ont tendance à échauffer les esprits et à créer des désordres publics.

Peut-on respecter les gestes barrières dans de telles conditions ?

 

Le Premier ministre jean Castex a clairement déclaré que les meetings politiques de la campagne électorale, en vue de la présidentielle au printemps, ne seront pas concernés par les mesures de jauge désormais imposées aux grands rassemblements.

Résultat, plusieurs artistes se sont précipités sur cette annonce pour faire part avec humour qu’ils se lançaient désormais en politique. C’est le cas de Julien Doré qui ne se dit plus “en concert” mais “en meeting”, de Grand Corps Malade et Eddy de Pretto qui se présentent à l’élection présidentielle...

 

 

 

 

 

 

 

Pourquoi les meetings sont-ils épargnés ?
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24 décembre 2021 5 24 /12 /décembre /2021 09:41
Un merveilleux concert de Noël !

 

Je crois profondément aux vertus de la musique : elle apaise, elle soulage, elle réunit et rassemble les gens les plus divers, elle est source de sensibilité et d'émotions...


"De qualité, la musique envahit âme et corps, emplit, sature les os. Immobilise, saisit, pétrifie... rend dense et attentif. Elle aère, allège, libère, assouplit, dynamise les muscles, fait voler. Fait couler, ruisseler, fait jaillir les larmes et les mouvements. Allume les sentiments, embrase les émotions, enflamme l'intelligence, incendie l'inventivité..." c'est ainsi que Michel Serres décrit les effets magiques de la Musique...

 

Et le concert de Noël donné cette année à Nîmes vient conforter encore cette impression.

 

Un pur bonheur ! Un moment de détente, de concentration, d'attention, d'émotions...

Sous la direction de Laurent Richard, l'ensemble CALLIOPE a enchanté le public nîmois. En raison du Covid, la chorale n'était pas présente : 60 choristes au total.

 

Le concert fut, malgré ce manque, éblouissant !

Avec tout d'abord, l'ouverture du TE DEUM de Marc Antoine Charpentier : un air célèbre entre tous puisqu'il sert encore de générique à l'Eurovision...

 

On apprécie aussi la Danse Hongroise n°5 de Brahms, un chef d'oeuvre musical, empli de vivacité...

 

On est saisi ensuite par cette musique puissante, poignante de la Danse des Chevaliers de Prokofiev, extrait de Roméo et Juliette. Magnifique !

 

Puis, c'est la Barcarolle d'Offenbach qui nous enveloppe de sa douceur infinie : 


"Belle nuit, ô nuit d’amour
Souris à nos ivresses
Nuit plus douce que le jour
Ô,belle nuit d’amour!
Le temps fuit et sans retour
Emporte nos tendresses
Loin de cet heureux séjour
Le temps fuit sans retour
Zéphyrs embrasés
Versez-nous vos caresses
Zéphyrs embrasés
Donnez-nous vos baisers!
Vos baisers! Vos baisers! Ah!
Belle nuit, ô, nuit d’amour
Souris à nos ivresses
Nuit plus douce que le jour,
Ô, belle nuit d’amour!
Ah! souris à nos ivresses!
Nuit d’amour, ô, nuit d’amour!
Ah! ah! ah! ah! ah! ah! ah! ah! ah! ah!"
 

Une magnifique interprétation de la soprano Anne Derym accompagnée par Laurent Richard, en personne...

 

Comment ne pas être ébloui encore par l'air du matin de Grieg ? Une magnifique aurore, un monde pur et enchanté, comme une renaissance !

 

On change de registre avec la musique ténébreuse à souhait de Star Wars, avec, en prime, l'apparition surprenante de Dark Vador faisant tournoyer son épée flamboyante...

 

On revient à une infinie  douceur avec l'air de Nessun Dorma de Puccini : un moment de rêve et d'émotion !

 

Palladio de Jenkins nous entraîne dans un univers très rythmé, plein de vivacité.

 

La Valse n°2 de Chostakovitch nous fait virevolter dans ses tourbillons majestueux !

 

Après un début apaisant et serein, sonnez trompettes et clairons!  La musique intense et si vive de l'ouverture de Guillaume Tell de Rossini nous éblouit...

 

L'Amour est un oiseau rebelle, extrait de Carmen de Bizet, nous séduit encore grâce à l'interprétation de la Soprano Anne Derym, assisté de Laurent Richard et du public : PRENDS GARDE A TOI !

"L'amour est un oiseau rebelle
Que nul ne peut apprivoiser
Et c'est bien en vain qu'on l'appelle
S'il lui convient de refuser
Rien n'y fait, menaces ou prières
L'un parle bien, l'autre se tait:
Et c'est l'autre que je préfère
Il n'a rien dit mais il me plaît
L'amour!
L'amour!
L'amour!
L'amour!
L'amour est enfant de Bohême
Il n'a jamais, jamais connu de loi
Si tu ne m'aimes pas, je t'aime
Si je t'aime, prends garde à toi!
Si tu ne m'aimes pas
Si tu ne m'aimes pas, je t'aime!
Mais, si je t'aime
Si je t'aime, prends garde à toi!
Si tu ne m'aimes pas
Si tu ne m'aimes pas, je t'aime!
Mais, si je t'aime
Si je t'aime, prends garde à toi!
L'oiseau que tu croyais surprendre
Battit de l'aile et s'envola
L'amour est loin, tu peux l'attendre
Tu ne l'attends plus, il est là!
Tout autour de toi, vite, vite
Il vient, s'en va, puis il revient
Tu crois le tenir, il t'évite
Tu crois l'éviter, il te tient
L'amour!
L'amour!
L'amour!
L'amour!"

 

Le ballet du Lac des Cygnes de Tchaïkovski nous ravit par son intensité... tant de beauté, tant de majesté !

 

C'est un tonnerre d'applaudissements bien mérité  pour tous les musiciens et le chef d'orchestre !

 

Ils reviennent, après un rappel, pour interpréter la Marche triomphale de Radetzky.

 


 

 

 

 

 

 

Photo et vidéos : rosemar

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22 décembre 2021 3 22 /12 /décembre /2021 09:42
Crèches de Provence et d'ailleurs...

 

Noël approche : c'est le moment de confectionner une crèche selon la tradition provençale... un peu de mousse fraîchement cueillie sur les collines environnantes, un peu de houx, quelques santons disposés tout autour de l'étable... 

 

C'est là une habitude qui remonte à l'enfance et que j'essaie de perpétuer chaque année.

 

"La crèche est un moyen d'expression... Au fond, nous sommes toujours à l'époque des cavernes : il nous faut dessiner sur les parois.

Il n'y a pas que les santons. Il y a la composition du paysage. Ce n'est jamais un paysage de Judée. C'est toujours celui qui nous est familier ; le Marseillais y représente Marseille ; le Manosquin, Manosque ; le Parisien, Paris...."

C'est ainsi que Jean Giono évoque la confection des crèches de Noël, dans son ouvrage intitulé Provence.

 

Les crèches varient en fonction des villes, des pays, des continents, de nos personnalités, de notre culture, de nos goûts.

 

Crèches confectionnées par des enfants, des adultes, une exposition leur était consacrée en l'église Saint-Charles de Nîmes...

 

Grande crèche en bois traditionnelle avec une multitude de personnages, crèche stylisée faite d'une simple hutte en bois, quelques pierres, avec la seule représentation de la nativité...

 Crèche en carton, avec de grands santons revêtus de vêtements somptueux en tissu, crèche coquillages dont on admire l'originalité, garnie de petits santons d'argile...

Crèche africaine décorée de galets, crèche tricotée, crèche avec des personnages dessinés sur du carton, sur un fond scintillant...

 

Crèche mandarine sous cloche, crèche avec des silhouettes en bois, etc.

 

Une des plus originales est sans conteste cette crèche où le corps des personnages est composé de papiers imprimés pliés en accordéon, avec des bergers, des moutons...

Les anges ont aussi des ailes en accordéon...

 

Gardons nos traditions ! Elles sont essentielles, car elles nous relient au passé : de nombreuses polémiques sont apparues, quand des crèches de Noël ont été installées dans des mairies ou dans des lieux publics.

Pourtant, la crèche fait partie de notre culture : en Provence, nous sommes particulièrement attachés à ces crèches ancestrales, aux santons empreints de charmes et de naïveté.

 

Même si l'on n'est pas croyant, on aime le symbole de la crèche : un enfant qui évoque un renouveau, un espoir...

Toute la population d'un village vient admirer l'enfant Jésus. Et les santons célèbrent, aussi, la vie quotidienne de la Provence.

 

 

 

 

 

 

Crèches de Provence et d'ailleurs...
Crèches de Provence et d'ailleurs...
Crèches de Provence et d'ailleurs...
Crèches de Provence et d'ailleurs...
Crèches de Provence et d'ailleurs...
Crèches de Provence et d'ailleurs...
Crèches de Provence et d'ailleurs...
Crèches de Provence et d'ailleurs...
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13 décembre 2021 1 13 /12 /décembre /2021 12:53
François Sarano, Réconcilier les hommes avec la vie sauvage...

 

Dans son ouvrage intitulé Réconcilier les hommes avec la vie sauvage, François Sarano, plongeur et océanographe nous raconte l’Océan, sa faune, sa flore, et la cohabitation de l’homme avec ce qui lui est étranger. Il invite à voir dans la diversité du vivant une richesse et à changer notre regard sur la vie sauvage. Un témoignage salutaire illustré de jolis moments de ballets avec les cachalots et les raies géantes.

J'ai pu assister à une conférence de cet océanographe : François Sarano insiste sur la notion de rencontre, de partage sans tomber dans la culpabilisation : les livres écologistes sont souvent pessimistes, ce n'est pas le cas du livre de François Sarano.

Voici le message qu'il délivre :

"En plongée, on n'est jamais seul, mais toujours en équipe... C'est beaucoup mieux de partager les bonheurs, à la rencontre de la vie sauvage, de l'autre côté de la surface de la peau de l'océan... c'est un monde qui n'a rien à voir avec notre monde à terre...

Sur terre, on est toujours besogneux, sous l'eau, on s'envole, on vole au dessus d'une forêt de gorgones, on rejoint les poissons, tout est léger, une sensation physique formidable.

C'est un monde libre, ouvert, pas de route... c'est notre dernier monde sauvage.

On peut s'approcher des poissons, on peut se mêler à cette vie sauvage sans que cela perturbe. On peut tisser des liens, être bienveillant l'un avec l'autre.

On peut encore rencontrer les géants de la planète, des baleines, des cachalots. On peut rencontrer les derniers prédateurs de notre planète. On peut même s'approcher du grand requin blanc.

Cela nous amène à comprendre ce que pourrait être notre relation avec tous "les sauvages."

Pour beaucoup de gens, le requin représente la mort : on reste avec cette image du film Les dents de la mer..."

Et François Sarano nous raconte ses rencontres avec les requins blancs dans le Pacifique. "Il faut être très discret, les attirer avec l'odeur de poissons.

En fait, les requins ont peur, fuyant l'approche des plongeurs. Mais un jour, une femelle l'a accepté pendant une minute, tout près.

Oubliez le film de Spielberg et tous les films sensationnels ! s'exclame François Sarano.

Cette rencontre nous dit des choses extraordinaires... On n'ose pas aller à la rencontre des autres.

C'est valable pour toutes les autres différences de religions, de sexualité, de traditions.

Il faut y aller sans rien, sans fusil, sans bâton, sans tricherie : si on veut recevoir, il faut être complètement offert.

En fait, nous faisons partie du même monde : il faut considérer les animaux à égalité.

Ainsi, on peut leur donner des noms : Lady Mystery pour cette femelle requin, par exemple. On peut côtoyer l'animal à 10 centimètres sans le toucher, on respecte ainsi la vie sauvage, avec une marque de respect essentielle.

Aujourd'hui, tout est médiatisé : les animaux nous appartiendraient, la nature serait à notre service.

Le génie de l'homme, c'est d'avoir conscience du monde, de toutes les espèces, de leur fragilité, de notre force, et cette conscience nous donne une invraisemblable responsabilité à leur égard. Il s'agit de respecter les autres avec leurs différences, de nous réconcilier avec la vie sauvage.

Dans ces moments de contact avec un requin, on aime le monde entier : la vie sauvage est riche parce qu'elle est imprévisible à la dimension de nos rêves.

La diversité biologique, c'est la richesse de notre planète.

Le requin a un langage, même s'il ne fait pas de bruit alors que les petits poissons demoiselles se servent de leurs dents pour communiquer. Le langage du requin est fait d'attitudes, de contorsions : si ses nageoires sont baissées, il manifeste son mécontentement, il essaie de vous intimider et vous demande de partir, et si on reste calme, il se détourne.

D'autres animaux extraordinaires sont des animaux sociaux : les cétacés, notamment les cachalots qui ne sont que tendresse. Les cachalots jouent, se caressent, se font des câlins. Ces animaux sauvages se laissent approcher, acceptent une autre espèce, même dans des moments de fragilité.

Une maman cachalot qui allaite un bébé accepte la présence des humains. Chez les cachalots, il existe des nounous : un bébé tête une femelle puis une autre.

Quand on prête attention à ces animaux, on découvre des choses incroyables : ces animaux qui ressemblent à de grosses saucisses sont très proches de nous.

Un jour, un cachalot a commencé à danser pour nous : avec des expressions sonores, associées à une demande de câlins, il a essayé de m'apprivoiser. Moi, l'autre espèce, j'étais l'objet de toutes ses attentions. Jamais, il ne nous touchait, il était délicat, attentionné...

Non, je ne fais pas d'anthropomorphisme ! Il a choisi de venir voir une autre espèce, de rentrer en contact et de m'apprivoiser. C'est le renard et le petit Prince...

Les cachalots sont différents de nous, mais ils ont une société basée sur la solidarité. Non, la vie sauvage n'est pas agressive si nous nous montrons bienveillants et accueillants.

Bientôt, nous serons 10 milliards d'habitants sur cette planète : on ne pourra pas tous se comprendre, cette impossibilité nous oblige-t-elle à nous affronter ?

Ce qui est important, c'est de vouloir se comprendre. Prêter attention aux fleurs, aux arbres, aux hérissons, aux libellules... Ce sont là des trésors que nous avons oubliés : on a les poches pleines d'or !"

 

Une conférence pleine d'enthousiasme et d'optimisme : François Sarano sait passionner son auditoire et remporter l'adhésion !


 

 

 

 

https://www.lepoint.fr/sciences-nature/cop26-les-oceans-ces-grands-oublies-09-11-2021-2451319_1924.php

François Sarano, Réconcilier les hommes avec la vie sauvage...
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6 décembre 2021 1 06 /12 /décembre /2021 12:26
Merveilleuses Chansons de la Commune !


 

Voici 150 ans que se déroula la Commune de Paris...

En mars 1871, refusant la capitulation face aux Prussiens, les Parisiens constituent un gouvernement révolutionnaire qu’ils nomment Commune et qui sera un des fleuves nourriciers des soulèvements et révolutions à venir. Ces 72 jours vont aussi propager de nombreuses musiques et chansons : chroniques,  révoltes, désillusions, espoirs, tous ces aspects ont été évoqués lors d'une conférence de Marc Simon, au Carré d'Art à Nîmes...

Pour nous mettre dans l'ambiance, Marc Simon interprète d'abord une chanson de Louis Marchand et Aristide Bruant : La commune...

"Le fracas du canon s 'entend à l'horizon

C'est la commune qu'on vient de proclamer

Chacun, chacune

Pour elle veut s'armer..."

 

En fait, la Commune a généré des chansons surtout bien des années plus tard. Cette chanson date de 1910.

La Commune a aussi recyclé des chansons précédentes.

 

Un peu d'histoire pour commencer :

Napoléon s'est fait proclamer président en 1848, et assez vite le régime a glissé vers quelque chose de plus autoritaire, vers une monarchie.

Napoléon s'est lancé dans des guerres hasardeuses au Mexique, puis il s'est piqué de déclarer la guerre à l'Allemagne. Le 2 septembre 1870, Napoléon III est fait prisonnier par les Prussiens : la guerre est perdue.

Le peuple parisien envahit la mairie de Paris et proclame la République.

Beaucoup de gens vivent mal dans une extrême pauvreté : les révoltes grondent, en province, il y a déjà eu des révoltes à Marseille, à Lyon... Le "midi rouge" s'était soulevé...

Les Prussiens assiègent Paris : les Parisiens passent l'hiver dans le froid, les privations.

Le 8 février 1870, des élections sont organisées : les conservateurs gagnent, le gouvernement est rapatrié à Versailles. Les Versaillais : c'est ainsi que l'on nomme les soldats du gouvernement.

Le 17 mars 1871, Adolphe Thiers et son gouvernement, évaluant mal l'état d'esprit des Parisiens, envoient au cours de la nuit la troupe sous le commandement du général Lecomte s'emparer des canons de la Garde nationale sur la butte Montmartre. 

Quand le gouvernement décide de désarmer les Parisiens, ceux-ci se sentent directement menacés. Il s'agit de leur soustraire les 227 canons entreposés à Belleville et à Montmartre. Les Parisiens considèrent comme leur propriété ces canons qu'ils ont eux-mêmes payés par souscription lors de la guerre contre la Prusse. Ils se voient sans défense vis-à-vis d'éventuelles attaques des troupes gouvernementales (comme en juin 1848). Cependant ils disposent de près de 500 000 fusils.

De son côté, le gouvernement craint la présence de cette artillerie en cas d'émeute ouvrière, et justifie le retrait des canons par l'application des conventions prises avec le vainqueur dont le désarmement de la capitale fait partie. Les Prussiens sont en effet toujours présents autour de la ville.

À Montmartre, au matin, le peuple parisien s'éveille et s'oppose à la troupe venue chercher les canons. Puis, rapidement, celle-ci fraternise avec lui. Un peu partout dans Paris, la population s'en prend aux représentants supposés du gouvernement, élève des barricades et fraternise avec la troupe. 

Montmartre reprend ses canons.

 

La Commune est un mouvement populaire très divers : toutes les tendances politiques républicaines et socialistes sont représentées, jusqu'aux anarchistes. 

Dans le terme "Commune" on trouve l'idée de partage...

Les réformes démocratiques de la Commune sont nombreuses : école laïque, écoles professionnelles gratuites, les filles accueillies à l'école, etc.

 

Marc Simon évoque alors une autre chanson liée à la Commune : La Canaille, un chant révolutionnaire de 1865, précurseur de la Commune de Paris, d'abord appelé La Chanson des gueux. Les paroles sont d'Alexis Bouvier et la musique de Joseph Darcier.

"Dans la vieille cité française
Existe une race de fer
Dont l'âme comme une fournaise
A de son feu bronzé la chair.
Tous ses fils naissent sur la paille
Pour palais ils n'ont qu'un taudis.
C'est la canaille, eh bien j'en suis.
Ce n'est pas le pilier du bagne
C'est l'honnête homme dont la main
Par la plume ou le marteau
Gagne en suant son morceau de pain.
C'est le père enfin qui travaille
Les jours et quelquefois les nuits.
C'est la canaille, eh bien j'en suis.
C'est l'artiste, c'est le bohème
Qu sans souper, rime, rêveur,
Un sonnet à celle qu'il aime
Trompant l'estomac par le coeur.
C'est à crédit qu'il fait ripaille
Qu'il loge et qu'il a des habits.
C'est la canaille, eh bien j'en suis.
C'est l'homme à la face terreuse
Au corps maigre, à l'oeil de hibou
Au bras de fer, à main nerveuse
Qui sortant d'on ne sait pas où
Toujours avec esprit vous raille
Se riant de votre mépris.
C'est la canaille, eh bien j'en suis.
C'est l'enfant que la destinée
Force à rejeter ses haillons
Quand sonne sa vingtième année
Pour entrer dans vos bataillons
Chair à canon de la bataille,
Toujours il succombe sans cris.
C'est la canaille, eh bien j'en suis.
Les uns travaillent par la plume,
Le front dégarni de cheveux,
Les autres martèlent l'enclume
Et se saoulent pour être heureux.
Car la misère en sa tenaille
Fait saigner leurs flanc amaigris.
C'est la canaille, eh bien j'en suis"

 

Puis, c'est l'évocation de la chanson La semaine sanglante Paroles : Jean Baptiste Clément (1871)

Ce chant tragique évoque les derniers jours de la Commune : Jean Baptiste Clément s’inspira de sa propre expérience pour rédiger ses paroles, peu de temps après avoir témoigné des exactions commises par les Versaillais contre le peuple parisien. Son refrain comprend néanmoins une note d’espoir, en proclamant que "les mauvais jours finiront !"

"Sauf des mouchards et des gendarmes
On ne voit plus par les chemins
Que des vieillards tristes en larmes
Des veuves et des orphelins
Paris suinte la misère
Les heureux mêmes sont tremblants
La mode est aux conseils de guerre
Et les pavés sont tout sanglants
Oui mais
Ça branle dans le manche
Les mauvais jours finiront
Et gare, à la revanche
Quand tous les pauvres s'y mettront
Quand tous les pauvres s'y mettront
On traque, on enchaîne, on fusille."

 

Autre chanson très connue liée à la Commune : c'est l'Internationale.

Cet hymne intemporel du mouvement ouvrier fut écrit par Eugène Pottier, vraisemblablement dans les semaines qui ont suivi la Commune de Paris. L’Internationale ne sera pourtant publiée que bien des années plus tard, avant d’être mise en musique en 1888 par  Pierre Degeyter. Chantée à l’occasion des congrès de l’Internationale, elle deviendra ensuite l’hymne national de l’URSS jusqu’en 1944. Figurant parmi les chants politiques les plus traduits au monde, l’Internationale résonne encore aujourd’hui dans les cortèges des manifestations parisiennes.

 

Les musiques de ces chants font songer à des hymnes militaires : il ne faut pas oublier que la Commune fut aussi un mouvement militaire dont le but premier était de se battre contre les Prussiens.

Pourtant, dans ce mouvement révolutionnaire, on trouvait de nombreux pacifistes : c'est donc assez paradoxal.

 

Une autre chanson célèbre : Le Temps des cerises, une chanson dont les paroles ont été écrites en 1866 par Jean Baptiste Clément et la musique composée par Antoine Renard en 1868.

Bien que lui étant antérieure, cette chanson est néanmoins fortement associée à la Commune de Paris de 1871, l'auteur étant lui-même un communard ayant combattu pendant la Semaine sanglante.

 Jean Baptiste Clément dédie sa chanson à une ambulancière rencontrée lors de la Semaine sanglante, alors qu'il combattait en compagnie d'une vingtaine d'hommes.

En fait, c'est à l'origine une chanson évoquant simplement le printemps et l'amour (particulièrement un chagrin d'amour, dans la dernière strophe).

La chanson fut ensuite interprétée comme une nostalgie de ce qu'aurait pu être cette révolution...

Le texte suffisamment imprécis parle d'une "plaie ouverte", d'un "souvenir que je garde au cœur", de "cerises d'amour [...] tombant [...] en gouttes de sang". Ces mots peuvent aussi bien évoquer une révolution qui a échoué qu'un amour perdu. 

 

Cette révolution a suscité aussi un espoir immense de fraternité, de bonheur, un monde tel que le rêve Léo Ferré dans sa chanson L'âge d'or... chanson bien postérieure à la Commune, évidemment.

On connaît moins cette chanson : Quand viendra-t-elle ?, une chanson d'Eugène Pottier écrite en 1870 : La personne semble attendre un grand changement, sous couvert de romance, on est bien dans la critique sociale.

"J'attends une belle,
Une belle enfant,
J'appelle, j'appelle,
J'en parle au passant.
Ah! je l'attends, je l'attends!
L'attendrai-je encor longtemps?
 
J'appelle, j'appelle,
J'en parle au passant.
Que suis-je sans elle?
Un agonisant.
Ah! je l'attends, je l'attends!
L'attendrai-je encor longtemps?
 
Que suis-je sans elle?
Un agonisant.
Je vais sans semelle,
Sans rien sous la dent..
Ah! je l'attends, je l'attends!
L'attendrai-je encor longtemps?"

 

Marc Simon évoque ensuite une figure importante de la Commune : Louise Michel.
 

Cette institutrice s'est engagée dans la Commune de Paris, autant en première ligne qu'en soutien. Capturée en mai, elle est déportée en Nouvelle-Calédonie où elle se convertit à la pensée anarchiste. Elle revient en France en 1880, et, très populaire, multiplie les manifestations et réunions en faveur des prolétaires.

Elle reste surveillée par la police et est emprisonnée à plusieurs reprises, mais poursuit son militantisme politique dans toute la France, jusqu'à sa mort à l'âge de 74 ans.

 

Chantée par les poètes, notamment Victor Hugo (Viro Major), Louise Michel elle-même n'a cessé d'écrire des poèmes sa vie durant. Un volume  intitulé A travers la vie et la mort- le plus complet qui soit retraçant son œuvre poétique - rassemble cent deux poèmes, dont ceux du seul recueil publié de son vivant, À travers la vie, d'autres retrouvés dans des revues oubliées, et enfin des inédits. Des années de jeunesse empreintes de romantisme à l'exil en Nouvelle-Calédonie, l'œuvre poétique de Louise Michel retrace la trame de toute une vie, les luttes révolutionnaires et, au-dessus de tout, la Commune. Chaque grand événement qui l'a fait vibrer trouve ici sa résonance lyrique.

Marc Simon chante alors cette magnifique poésie de Louise Michel qu'il a mise en musique :

 

"Sous les flots

Au fond lointain des mers sont des forêts mouvantes;
Des poissons ont leurs nids, ainsi que les oiseaux.
Dans d'étranges massifs dont les fleurs sont vivantes
Autour errent légers les colibris des eaux.
Des monstres inconnus sous les flots vont s'ébattre,
Et la méduse bleue, et le poulpe blanchâtre
          Errent à travers les rameaux.

Quand sur la mer paisible, on voit flotter les ombres
Des mornes vers le soir, de petits point brillants
S'étoilent en dansant dans les espaces sombres;
Comme on voit dans les bois briller les vers luisants
Où parfois réunis, formant un disque intense,
Ils voguent lentement, pareils dans l'onde immense,
          A des soleils étincelants.

 

La mer se retirant a laissé sur la grève
Un peu de son écume et des varechs flottants,
Et des êtres pareils à des formes de rêve,
Et l'on n'entend plus rien au loin que les brisants
C'est la paix du désert, la grande paix sauvage,
Que les flots gris du sable et les flots de la plage
Conservent dans leurs plis mouvants."

                                            Le livre du bagne (1873-1880)

 

Pour clore la séance, Marc Simon interprète une chanson de Léo Ferré bien dans l'esprit de la Commune : Graine d'ananar...

 

Merci à Marc Simon pour ce joli moment de convivialité, de musique, d'histoire, de culture autour des Chansons de la Commune.
 

 

.

 

https://parislightsup.com/2021/02/10/les-plus-belles-chansons-de-la-commune-de-paris/

 

 

 

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26 novembre 2021 5 26 /11 /novembre /2021 13:19
Un somptueux récital de piano avec Benoit Tourette...

 

Un récital donné dans le cadre des Jeudis de Nîmes : un programme somptueux... Bach, Extraits de Le clavier bien tempéré...  Chopin, Berceuse, opus 57, Barcarolle, opus 60... Debussy, L'Isle joyeuse...

 

Avec Le Clavier Tempéré, on est séduit aussitôt par une musique élégante qui coule, emplie de douceur, une musique qui charme et berce, on se laisse emporter dans un monde de rêve et d'harmonie...

Puis, le rythme devient plus sautillant, dansant...

On se laisse encore charmer par la délicatesse du morceau suivant mais aussi par une gaieté soudaine... on a l'impression d'écouter le murmure d'un ruisseau, comme des frissons sur l'eau...

La musique se fait ensuite plus mélancolique, nocturne, solennelle...

 

Vient alors un morceau plus vif, rapide qui s'adoucit enfin...

On aime la légèreté, l'élégance de cette musique et toutes les nuances qui ponctuent ces extraits de Bach.

Puis, on entend des notes qui dévalent en cascades, une musique nerveuse qui reste élégante, fluide, on est aussi comme ébloui par un air de chanson enfantine, des cavalcades de notes, une fluidité dansante, envoûtante...

 

Oui, vraiment, la musique classique est propice au recueillement, à l'attention, la concentration, des qualités qui se perdent dans notre monde moderne voué aux écrans...

La musique classique est une école d'attention, une source d'émerveillement.

 

 

Que dire de la Berceuse de Chopin ? On est ému par une douce fantaisie, des vertiges de notes éblouissantes, des envolées emplies de charme.... une Berceuse apaisante, fluide, enchanteresse.... Magique !

 

Quant à la Barcarolle, elle nous emporte dans une musique qui virevolte, avec un crescendo de notes plus intenses, puis, la musique s'apaise, douce, limpide...

On est charmé par un vertige de notes éblouissantes : un pur bonheur !

 

 

Le récital se poursuit avec L'Isle joyeuse de Claude Debussy : on entre alors dans un univers musical plus étrange, plus surprenant...

On retrouve des vertiges de notes, puis la musique s'assourdit, s'emporte, se rebelle... Vertigineux !

 

A la fin du spectacle, c'est un tonnerre d'applaudissements pour Benoît Tourette.

 

Le pianiste revient interpréter Festa No Sertao de Villa Lobos. Une musique intense, fiévreuse, vive, étourdissante de virtuosité !

 

Un grand bravo à Benoît Tourette pour la maîtrise et le brio de son interprétation !

 

 

 

 

 

 

 

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