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18 avril 2020 6 18 /04 /avril /2020 08:44
Je lui dirai les mots bleus...

 

 

Une chanson que nous avons tous fredonnée, une chanson d'amour où l'on perçoit toutes les difficultés d'exprimer ses sentiments amoureux : "ces mots bleus qu'on dit avec les yeux...", ces mots que seul le regard peut traduire...

Le chanteur Christophe, de sa voix douce, fragile et rauque à la fois, nous a tant émus et charmés avec ces mots bleus...

 

C'est sur un cadre familier et quotidien que s'ouvre cette chanson : 

"Il est six heures au clocher de l'église
Dans le square les fleurs poétisent"

Un cadre que tout le monde peut côtoyer : "une église, un square, une mairie" quoi de plus banal ? 

 

Et pourtant, dès le deuxième vers, les fleurs personnifiées "poétisent", comme si elles voulaient accompagner la rencontre amoureuse qui va suivre, belle expression qui confère au texte une sensibilité particulière.

 

C'est une rencontre régulière et attendue qui est évoquée, un rendez-vous, un rituel, comme le montre l'expression "chaque soir".

La jeune fille "sourit" à l'inconnu qui l'attend : n'est-ce pas une invitation à l'amour ? Et l'amoureux se sent d'autant plus encouragé pour l'aborder, lui parler.

Mais seul le regard permet de dire l'essentiel :

"Je lui dirai les mots bleus
Les mots qu'on dit avec les yeux
Parler me semble ridicule
Je m'élance et puis je recule
Devant une phrase inutile
Qui briserait l'instant fragile
D'une rencontre
D'une rencontre..."

Les hésitations de l'amoureux, son trouble, son émotion transparaissent physiquement dans ses gestes : "Je m'élance et puis je recule".

On entre même dans ses pensées : "Parler me semble ridicule", et il nous semble ainsi d'autant plus proche de nous. On perçoit aussi son inquiétude dans cette expression : "l'instant fragile".

Et l'amoureux réaffirme sa volonté de "dire les mots bleus", avec un futur de l'indicatif qui marque une certitude, comme  un élan associé à l'idée de bonheur, celui d'une rencontre amoureuse.

"Je lui dirai les mots bleus
Ceux qui rendent les gens heureux
Je l'appellerai sans la nommer
Je suis peut-être démodé
Le vent d'hiver souffle en avril
J'aime le silence immobile
D'une rencontre
D'une rencontre"

Le personnage se sent alors en décalage : "peut-être démodé", à l'unisson tout de même de la nature, puisqu'un "vent d'hiver souffle en avril".

L'expression poétique "le silence immobile" restitue bien le moment sacralisé de la rencontre, un moment où le temps est comme suspendu, un moment de grâce, bien sûr.

Soudain, le cadre change : le personnage se retrouve sur le quai d'une gare, et voit à nouveau la jeune fille qui lui sourit... on a l'impression d'être dans un rêve différent de la réalité : "plus d'horloge, plus de clocher, Dans le square les arbres sont couchés..."

On a l'impression d'entrer dans l'univers onirique du personnage ou peut-être le temps a-t-il passé et l'amoureux évoque alors des "retrouvailles".

 

Et la volonté d'utiliser les mots bleus revient... il s'agit toujours de ne pas "gâcher l'instant fragile" des retrouvailles.

"Les excuses" sont comparées à des "baisers que l'on vole", les mots ordinaires sont à nouveau discrédités par cette belle comparaison.

 

"Je lui dirai les mots bleus
Les mots qu'on dit avec les yeux
Toutes les excuses que l'on donne
Sont comme les baisers que l'on vole
Il reste une rancœur subtile
Qui gâcherait l'instant fragile
De nos retrouvailles
De nos retrouvailles"

L'amoureux se méfie encore du "protocole", des "longs discours futiles"... il préfère les mots bleus, ceux de la sincérité et de la vérité.

 

Ainsi, les mots sont-ils toujours adaptés pour dire l'essentiel ? Un geste, un regard, un élan disent parfois beaucoup plus que les mots et les grands discours.

 

La mélodie traduit à la fois douceur et déchirure, bonheur de la rencontre et difficulté de rendre compte de ses sentiments...

 

Paroles de Jean-Michel JARRE
Musique de Daniel BEVILACQUA  (le vrai nom de Christophe)

 

Le texte :

https://www.paroles.net/christophe/paroles-les-mots-bleus

 

 

 

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8 avril 2020 3 08 /04 /avril /2020 12:39
En temps de confinement, rien de mieux qu'un bon livre...

 

 

Du temps pour lire... nous en manquons souvent. Mais en cette période de confinement, on peut retrouver le bonheur d'ouvrir un livre... de s'évader, de rêver ou encore de s'intéresser à des ouvrages de réflexion.

Quel apaisement dans la lecture ! Un temps de repli sur soi, un temps d'attention et de concentration essentiel.

 

Lire : un loisir quelque peu négligé à notre époque où les écrans s'imposent partout.

Oui, c'est le moment d'ouvrir un livre et de savourer le plaisir des mots, c'est le moment de retrouver l'attention nécessaire pour la lecture.

Se concentrer sur un texte littéraire, de qualité, lire et relire de la poésie, se détendre devant un bon livre, une occasion de solliciter l'imagination, mais aussi la réflexion.

 

On peut ainsi voyager avec Sylvain Tesson sur les traces de La panthère des neiges, on peut le suivre dans ses pérégrinations et lire aussi avec profit Géographie de l'instant...

Quel merveilleux titre qui mêle l'espace et le temps ! Une succession de réflexions et d'anecdotes prises sur le vif...

Un ouvrage qui élargit nos horizons en ces temps de confinement, un livre où s'exprime aussi le bonheur et l'ivresse des sensations...

 

Jugez plutôt :

"Se baigner dans l'eau de mer. Sentir le sel cristalliser sur le dos. Se cuire au soleil. Sécher dans le vent : rares sensations qui ne doivent qu'au dialogue de la peau avec les éléments et restent donc inchangées depuis le paléolithique. Il faut prêter grande attention à ces instants mémoriels. On croit que c'est du farniente, on vit en réalité des émotions identiques à celles qu'éprouvaient nos ancêtres."

 

Ou encore :

"Un attelage tiré par deux chevaux chiliens parcourt les allées du domaine d'Almaviva dans la vallée du Maipo. Les cueilleurs soupèsent les grappes, coupent les meilleures, en laissent d'autres sur pied. Le temps est suspendu, la poussière levée par la voiture retombe. Pourquoi tout est beau ? Parce que tout est lent."

 

Ou encore :

"Le spectacle hypnotique des vagues. Cette hargne de la mer à l'encontre de la terre... Impossible de détourner les yeux des avalanches de mousse blanche. On dirait des citadelles de nuages qui s'effondrent dans le reflet du ciel. Ou des explosions de lait sur une nappe de soie. Ou de la mousseline écrue que des mains de couturière feraient bouffer dans le soleil..."

 

On peut lire encore un ouvrage de Jean-Claude Carrière : Croyance. Un livre bourré d'érudition, d'anecdotes sur les religions, une bonne façon de réfléchir à toutes nos croyances anciennes ou plus récentes. L'auteur y pourfend toutes les superstitions, tous les fanatismes...

 

Bonnes lectures à tous !

 

 

 

 

 

En temps de confinement, rien de mieux qu'un bon livre...
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7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 11:20
Le vocabulaire du théâtre...

 

Un peu d'étymologie pour commencer :

Le mot "théâtre" vient d'un verbe grec  "θεάομαι, théaomai" : regarder. Le théâtre est donc associé dès ses origines à l'art du spectacle et de la mise en scène, il est fait pour être vu et regardé.

Toute pièce de théâtre est une oeuvre dramatique : ce mot est encore issu du grec "drama", "l'action", car elle développe une ou plusieurs actions où interviennent des conflits.

 

1) Les didascalies : ce sont toutes les indications de mise en scène en dehors du texte prononcé par les personnages : les noms des personnages, les indications sur le découpage du texte, les indications de lieu, sur les apparences des personnages, leurs gestes, sur la façon dont l'acteur doit prononcer une réplique... toutes les didascalies ont pour fonction d'orienter le travail du metteur en scène.

Remarque : les didascalies sont peu nombreuses dans le théâtre classique : il faut penser à les commenter car elles révèlent les intentions de l'auteur.

Au contraire, elles se multiplient dans le théâtre moderne : les auteurs montrent ainsi l'importance qu'ils accordent à la mise en scène : ils semblent vouloir contrôler cette mise en scène.

 

2) Les répliques : ce sont les propos échangés par les personnages.

 

3) Une tirade : c'est une longue réplique souvent très bien structurée : il est alors intéressant d'en étudier le plan.

 

4) Le procédé de stichomythie : il intervient quand les personnages se répondent vers par vers, les répliques sont constitués d'un seul vers. Ce procédé sert souvent à souligner un conflit ou la vivacité d'un dialogue.

 

5) La double énonciation : le théâtre instaure une situation de communication bien particulière :

a) les personnages parlent entre eux.   b) L'auteur ou le personnage s'adresse au spectateur.

Cette situation justifie des conventions théâtrales comme :

-le monologue : le personnage est seul sur la scène, le public seul entend ses propos.

-un aparté : c'est une réplique prononcée par un personnage et censée ne pas être entendue par les autres personnages. L'aparté est destiné, en fait, au spectateur : il instaure une connivence, une complicité.

 

6) Les différentes parties d'une pièce de théâtre :

- La scène et l'acte d'exposition : la scène d'exposition apporte au lecteur/ spectateur les éléments d'information sur l'histoire, elle présente les personnages, elle situe la pièce : contexte, lieu époque, registre... Elle met aussi en place l'action. Souvent, c'est tout l'acte I qui est consacré à l'exposition.

-Le noeud de l'action : c'est le processus de transformation de l'état initial, l'action connaît alors plusieurs péripéties qui constituent l'intrigue.

-Le dénouement : c'est la conclusion de la pièce.

 

7) La représentation théâtrale : elle fait intervenir la notion de mise en scène : les décors, costumes, jeux de lumières, musique, bruitages etc.

La mise en scène est une interprétation du texte, parfois une réinterprétation... 

Une pièce de théâtre peut être modernisée. Des mises en scène peuvent donner lieu à des lectures différentes de la pièce : ainsi, certaines insistent sur l'aspect comique de Tartuffe, d'autres sur son aspect tragique.

 

8) Le théâtre classique est régi par des règles précises :

-La règle des 3 unités : 

unité de temps : l'action doit se dérouler en 24 heures.

unité d'action : l'intrigue doit être unique.

unité de lieu : l'action doit se dérouler dans un seul lieu. (un intérieur bourgeois pour la comédie, un palais pour la tragédie...

La règle des 3 unités découle de la règle de vraisemblance : on fait coïncider le plus possible le temps de l'action et celui de la représentation.

La règle des bienséances : tous les événements ne peuvent pas être représentés sur la scène, les meurtres, les batailles, la mort : un acteur ne doit pas mourir sur scène. On évoque ces actions violentes sous forme de récits : les faits sont racontés par un personnage.

 

9) Le théâtre ou le drame romantique rejette toutes ces contraintes.

 

10) Le conflit théâtral : 

Au théâtre, les personnages s'opposent les uns aux autres par des sentiments, des idéaux, des intérêts contradictoires.

Le dialogue mais aussi le monologue théâtral sont souvent la représentation verbale de ces conflits externes ou internes.

 

11) La parole :

a) Le dialogue peut être informatif : c'est le cas dans la scène d'exposition. Il peut être aussi conflictuel : il fait intervenir un affrontement d'idées dans un échange plus ou moins vif de répliques. Il peut, à l'inverse, établir une complicité.

b) Le monologue : on assiste souvent à un dédoublement du personnage, le monologue mettant en jeu un conflit interne. Le personnage est partagé : il hésite entre deux comportements possibles.

Le dédoublement apparaît à plusieurs niveaux :

-dans le système énonciatif : recours à la 2ème personne du singulier, le personnage s'apostrophe lui-même. Le pronom "je" peut apparaître dans des tournures interrogatives.

-au niveau sémantique, avec des champs lexicaux contradictoires.

-dans le rythme et l'organisation du texte : on trouve des césures nombreuses (coupes au milieu des vers). Le rythme joue sans cesse sur des oppositions symétriques.

Le monologue traduit donc souvent le déchirement intérieur du personnage partagé entre des sentiments, des idées contradictoires, confronté à des choix impossibles.

 

 

 

 

 

Le vocabulaire du théâtre...
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3 avril 2020 5 03 /04 /avril /2020 08:48
Imaginez un monde...

 

Imaginez un monde où les gens ne peuvent plus se toucher, se serrer la main, un monde où ils ne peuvent plus s'embrasser, où ils sont contraints de se tenir à distance...

Imaginez-vous un monde où les gens avancent masqués ? Un monde où tout contact peut être dangereux ?

 

Un monde où les objets eux-mêmes deviennent inquiétants, suspects ?

Un monde de défiance permanente...

 

Et aussi, un monde où les gens ont l'obligation de rester chez eux, confinés, où il ne peuvent sortir qu'après avoir rempli un papier officiel dûment daté et signé...

 

Un monde encore où tous les êtres humains sont contrôlés, surveillés, obligés de se soumettre à des tests de santé, ou à des contrôles de température...

Un monde où les gens vivent cachés, terrés dans leur appartement...

 

Un monde où toutes les fêtes, toutes les réunions, toutes les manifestations culturelles, sportives sont prohibées et interdites ? 

Un monde où les vacances sont supprimées...

Un monde où l'on traque la moindre toux, le moindre essoufflement ?

Un monde où les malades sont entassés dans des hôpitaux débordés, où les soignants sont obligés de les trier en fonction de leur âge, de leur état de santé...

 

Imaginez encore un monde où il faut se protéger de l'air ambiant, porter des lunettes, des masques, des gants...

Un monde où l'on ne peut se parler qu'à distance...

Une société qui communique essentiellement grâce à des machines, des ordinateurs, des téléphones...

Un monde où il peut être dangereux de prendre des transports en commun...

Un monde où les enfants, les adolescents ne peuvent plus se rendre à l'école, où ils doivent recevoir des cours à distance...

 

Un monde où des messages d'alerte au coronavirus sont diffusés régulièrement sur les médias...

ALERTE AU CORONAVIRUS ! Si VOUS AVEZ DE LA TOUX ET DE LA FIEVRE...

 

Un monde où l'on fait chaque jour le décompte des victimes. Un monde où règnent la peur et l'angoisse.

Comment appeler un tel monde ? 

Un univers concentrationnaire ? Un régime dictatorial qui ne dit pas son nom, une dictature consentie, puisque, de toutes façons, nous n'avons pas le choix...

 

Bien sûr, on peut espérer que toutes ces mesures soient provisoires...

Mais le fait est que le confinement et les contraintes risquent de se prolonger plusieurs mois : il faudra vérifier l'état de santé de chacun, repérer ceux qui ont été immunisés après avoir contracté le virus...

Jusqu'à quand devrons-nous subir toutes ces restrictions à la vie ordinaire ?

Hélas, on peut craindre que cette situation perdure, tant que le virus sera actif. Et sommes-nous sûrs que d'autres virus ne vont pas apparaître ?

 

Comment en est-on arrivé là ?

 

 

 

"Par un petit matin d'été / Quand le soleil vous chante au coeur / Qu'elle est belle, la liberté, la liberté."

Henri Colpi : Heureux qui comme Ulysse, un texte chanté par Georges Brassens

 

 

En contrepoint : la chanson de Lennon...

 

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2 avril 2020 4 02 /04 /avril /2020 08:36
La crise du coronavirus : un échec humain inexcusable... qui sont les responsables ?

 

"Si nous ne pouvons avoir la certitude qu'un nouveau virus Ebola ou une souche de grippe inconnue ne va pas balayer la planète et tuer des millions de gens, nous y verrons non pas une catastrophe naturelle inévitable, mais un échec humain inexcusable, et réclamerons la tête des responsables..." écrit Yuval Noah Harari dans son essai intitulé HOMO DEUS.

Alors qui sont les responsables de la crise du coronavirus ?

En tout premier lieu, les Chinois qui sont à l'origine de l'apparition de ce nouveau virus : les premiers cas sont bel et bien apparus dans la ville chinoise Wuhan. Le virus serait apparu sur un marché aux poissons et animaux sauvages. -Des informations ont depuis révélé que le tout premier cas, un patient de 55 ans, remonte en réalité au 17 novembre 2019. Ce virus a donc des origines animales.

 

Les scientifiques soupçonnent un mammifère et ont tour à tour suspecté les chauves-souris, les pangolins ou d’autres animaux.

Des civettes figuraient parmi les dizaines d’espèces mises en vente par l’un des marchands de Wuhan. Y figuraient également des rats, des serpents, des salamandres géantes et des louveteaux vivants.

 

Eh oui, les Chinois consomment ces animaux sauvages ! Curieuse pratique qui nous semble d'un autre âge, une pratique dangereuse.

Ces marchés auraient dû être interdits depuis longtemps car on sait qu'ils sont vecteurs de maladies graves.

 

De plus, il semble que la Chine ait voulu cacher le début de cette épidémie : Le virus est apparu dès décembre à Wuhan, mais la gravité de la maladie n'a été publiquement reconnue que le 20 janvier, quand le président Xi Jinping a appelé à enrayer l'épidémie. 

La Chine a commencé à censurer en ligne toute référence au nouveau coronavirus, qui touche à présent plus de 60 pays.

Ainsi, la Chine porte une lourde responsabilité dans le développement et l'extension de ce virus.

C'est dans ce pays qu'est né le coronavirus et les autorités ont cherché à cacher la réalité du danger.

La gestion de cette épidémie a été catastrophique dans les premiers temps de l'apparition du virus.

 

Hélas, de nombreux autres pays ont aussi tardé à réagir : les Etats-Unis où Donald Trump a minimisé la pandémie et n'a pas pris tout de suite les mesures nécessaires pour la juguler, la Grande-Bretagne où Boris Johnson a aussi refusé de mettre en application les mesures barrières aptes à protéger la population.

 

En France, si le confinement a été instauré, le premier tour des élections municipales a été maintenu.

 

De plus, on voit combien de nombreux pays sont démunis face à l'épidémie : manque de matériel, de masques, de médicaments, de personnel, de lits d'hôpital etc. Ainsi, les soignants en sont contraints à pratiquer une médecine de guerre, sacrifiant des patients, sélectionnant même les malades accueillis en réanimation.

On a ainsi l'impression d'être revenu au Moyen Age...

Comment ne pas voir là le résultat désastreux et les dangers des politiques ultra-libérales ?

On a laissé à l'abandon des domaines essentiels comme la santé, l'éducation, la culture, les transports, et on les a soumis honteusement aux lois du marché, ce qui est complètement immoral.

De plus, pour satisfaire ses désirs insatiables, dans une économie où le marché est souverain, l'homme s'applique à détruire la nature, il saccage les écosystèmes, il extermine des espèces animales, il perturbe le climat pour soutenir des choix absurdes, qui ne le rendent même pas heureux.

 

 

"_ Tout cela, dit-il, est notre faute. Les hommes ont libéré les forces terribles que la nature tenait enfermées avec précaution. Ils ont cru s’en rendre maîtres. Ils ont nommé cela le Progrès. C’est un progrès accéléré vers la mort. Ils emploient pendant quelques temps ces forces pour construire, puis un beau jour, parce que les hommes sont des hommes, c’est-à-dire des êtres chez qui le mal domine le bien, parce que le progrès moral de ces hommes est loin d’avoir été aussi rapide que le progrès de leur sciences, ils tournent celle-ci vers la destruction... "

Extrait de Ravage Barjavel

 

"L'homme pille la nature, mais la nature finit toujours par se venger."
Gao Xingjian ,
La montagne de l'âme

 

"La nature se venge aujourd'hui de la science qui l'opprime, la défigure et la pollue depuis bien des années."
Jean Dutourd

 

 

 

 

https://fr.theepochtimes.com/6-especes-animales-mangees-jusquau-bord-de-lextinction-chine-714512.html

 

 

La crise du coronavirus : un échec humain inexcusable... qui sont les responsables ?
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1 avril 2020 3 01 /04 /avril /2020 08:29
Un mal qui répand la terreur...

Tout le monde connaît cette fable de Jean de La Fontaine... Les animaux malades de la Peste...

"Instruire et plaire..." telle est la devise des auteurs classiques : ils s'attachent souvent à dénoncer la société de leur temps de manière vivante et amusante... Certains ont recours à la comédie, comme Molière, d'autres à un autre genre littéraire très ancien : la fable, un court récit en vers qui illustre une morale.

Ainsi, La Fontaine dans la fable intitulée "Les animaux malades de la peste" met en scène un procès truqué au cours duquel on cherche un coupable, une victime expiatoire, lorsqu'une maladie, la peste, se déclare.

L'ordre de présentation des personnages est intéressant, leurs discours sont révélateurs,  nous verrons aussi que la fable délivre plusieurs morales et qu'elle a une valeur universelle.

 

Tout d'abord, les personnages de la fable représentent une hiérarchie sociale...

La Peste est évoquée au début du texte de manière énigmatique grâce à une périphrase  : "Un mal qui répand la terreur", elle est d'autant plus inquiétante, le mot "Peste" n'apparaissant qu'au vers 4, comme si on hésitait à prononcer son nom. Elle est présentée comme un véritable personnage, elle est sujet de verbes d'action, on remarque aussi que le mot est écrit avec une majuscule.

La Peste apparaît ainsi comme une force qui domine les hommes : dans l'expression "tous étaient frappés", on peut noter l'emploi de la forme passive qui suggère bien l'impuissance du genre humain.

La Peste est aussi une force obscure, instrument de la vengeance divine, selon une croyance ancienne des hommes.

Elle est associée au vocabulaire de la guerre et La Fontaine décrit de manière expressive tous les ravages de la maladie : on entend dans les 3 premiers vers un fracas d'allitérations en "r", une gutturale très dure.

"Un mal qui répand la terreur,
Mal que le Ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre..."

Le verbe principal est rejeté au vers 6, il est ainsi mis en relief : "faisait aux animaux la guerre".

 

Et La Fontaine décrit bien les effets dévastateurs et négatifs de la peste : les négations sont nombreuses : "plus d'appétit, plus de désir". Le chiasme du vers 7 "Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés" traduit bien aussi l'universalité du malheur.

L'imparfait utilisé dans cette première partie du texte restitue la durée de l'épidémie, ainsi que le rythme régulier des octosyllabes.

 

Après cette évocation, on perçoit 3 intervenants essentiels : le lion, le renard et l'âne. Leur ordre d'intervention représente une hiérarchie sociale.

Le lion est traditionnellement le roi des animaux, le renard représente les courtisans proches de ce pouvoir, l'âne, lui, est le représentant du peuple : c'est l'animal méprisé, qui n'a aucun pouvoir, aucune force, c'est la victime désignée.

 

 

Dans un deuxième temps, il est intéressant d'analyser les discours des différents personnages...

Face à l'épidémie, c'est le lion qui décide de réunir un conseil. Son discours est habile, ses propos sont ambivalents, ambigus : "je crois, peut-être", ces mots traduisent une hésitation, une certaine modestie.

Mais cette hésitation première est vite oubliée à partir du vers 19, où s'impose la décision du roi : il faut sacrifier un coupable. Le langage devient alors solennel, avec une expression empreinte de noblesse : "Que le plus coupable de nous / Se sacrifie aux traits du céleste courroux".

 

Le roi en vient à une confession publique : il emploie la première personne du singulier, "Pour moi..." Il choisit de se défendre en s'accusant : de toutes façons, il sait que son pouvoir l'excusera.

Quels sont ses crimes ? Ce sont les plus terribles, puisqu'il a détruit des vies, des animaux et des hommes. On peut noter le rejet du mot "berger" qui est ainsi mis en relief, après une hésitation feinte.

Après avoir proposé de se sacrifier, le roi décide de chercher plus coupable que lui.

 

Le discours du renard est celui d'un courtisan flatteur, il emploie un vocabulaire élogieux et hyperbolique : "trop bon roi, trop de délicatesse, Seigneur, beaucoup d'honneur."

A l'inverse, les victimes du lion sont désignées par des termes péjoratifs : "canaille, sotte espèce".Le courtisan atténue les crimes du roi, ainsi il évite de parler des siens.

 

Enfin, l'âne se signale par sa modestie et par sa maladresse : il s'accuse d'un crime qui n'en est pas un, il a brouté de l'herbe ! Il précise qu'il a brouté "un pré de Moines" : les puissants l'accuseront d'autant mieux d'avoir suscité la colère divine.

 

Le loup, quant à lui, intervient dans un discours indirect, il joue le rôle d'accusateur, et son discours lui permet aussi d'éviter de parler de ses propres crimes.

 

La Fontaine accélère alors la narration pour mettre en évidence une justice expéditive : le coupable est désigné par la foule :"A ces mots, on cria haro sur le baudet"

Les assonances des voyelles "a, o" peuvent restituer les cris déchaînés de la foule.

On assiste ainsi à un procès truqué. Le récit est particulièrement vivant grâce à l'utilisation du discours direct dans une grande partie de la fable : on a l'impression d'assister à une scène de théâtre.

 

 

A travers ce récit, La Fontaine délivre plusieurs morales.... 

Tout d'abord une morale explicite : La justice est injuste, elle est celle du plus fort. On connaît bien ces deux vers que l'on cite souvent :

"Selon que vous serez puissant ou misérable,/ Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir".

Mais le récit lui-même nous invite à dégager d'autres leçons : on perçoit le double langage du lion, la duplicité du loup, et La Fontaine met ainsi en évidence les pouvoirs du langage.

La fable dénonce aussi l'esprit grégaire : l'opinion publique est manipulée par l'autorité, par les puissants.

Cette fable évoque aussi le phénomène du bouc émissaire : dès qu'un malheur se produit, on cherche un responsable. La collectivité se décharge ainsi de ses peurs et de son agressivité.

 

 

 

 

Tout cela nous rappelle bien sûr la situation que nous sommes en train de vivre : un mal qui répand la terreur, les hommes impuissants face à ce mal, un chef de l'état, des ministres qui font des discours...

Bien sûr, il n'est pas question de trouver une victime expiatoire, ni d'imputer la maladie à une vengeance divine...

Mais qui subira le plus lourdement les conséquences de cette crise ? qui paiera ? Probablement les gens les plus modestes... déjà ceux qui vivent dans des logements exigus, insalubres, qui sont contraints au confinement traversent une période difficile et douloureuse. Le chômage va exploser, et ce sont les plus pauvres qui vont en souffrir.

Nous sommes aussi tous confrontés à des discours de responsables politiques... et aux pouvoirs du langage, des pouvoirs d'autant plus grands que ces discours sont désormais médiatisés, et répercutés partout.

"Nous sommes en guerre... " a affirmé à plusieurs reprises, Emmanuel Macron, une rhétorique guerrière destinée à rassembler, à créer une union nationale...  

Le problème est que le personnel médical est désarmé dans cette guerre : où sont les masques, où sont les flacons de gel hydroalcoolique, où sont les équipements de protection, où sont les tests de dépistage ?

Si c'est une guerre, elle envoie ses soldats au casse-pipe.

Les responsables pourraient aussi falsifier la vérité : on nous mentirait sur le nombre de morts ? Le décompte serait inexact ? On apprend que les décès survenus dans les 7 000 Ehpad et maisons de retraite qui abritent 800 000 personnes âgées ne sont pas comptabilisés dans le bilan global, pas plus que les victimes du Covid-19 mortes à leur domicile.

En Chine, le nombre de morts du coronavirus à Wuhan serait beaucoup plus élevé que les chiffres annoncés par le régime communiste, selon les témoignages récoltés sur place.

Une façon de minimiser les effets de l'épidémie...

Des rumeurs circulent aussi sur d'éventuels médicaments qui seraient susceptibles de guérir la maladie... mais les études sont encore très incomplètes.

 

Le texte :

https://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/Poemes/jean_de_la_fontaine/les_animaux_malades_de_la_peste

 

 

Un mal qui répand la terreur...
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30 mars 2020 1 30 /03 /mars /2020 09:50
Utiles et solidaires...

 

 

Face à la catastrophe, face au virus qui nous menace et qui envahit nos esprits, soyons solidaires et utiles... Sur internet, nous disposons de moyens de communication performants, efficaces qui nous permettent d'échanger des informations utiles.

Bien sûr, il faut faire le tri car les fausses rumeurs envahissent la toile.

 

Mais la résistance s'organise et nous sommes contraints en la circonstance d'utiliser des termes de guerre : "résister", "lutter" contre l'inertie imposée par le confinement et les mesures sécuritaires.

Ainsi, dans mon quartier, des gens qui sont en télé travail proposent aux personnes âgées qui ne peuvent pas, de faire gratuitement et bénévolement leurs courses.

Des messages sont laissés dans les boîtes aux lettres : propositions d'aides, messages de solidarité... ou encore un exemplaire de l'autorisation de sortie.

On peut aider aussi les SDF de son quartier : leur apporter de la nourriture, leur offrir un réconfort, un sourire...

 

Face aux difficultés, face au fléau de l'épidémie, la solidarité s'impose : agir pour le bien commun, être utile, retrouver le sens de notre humanité... que nous avons tendance à perdre et oublier en temps ordinaire.

Emportés par le flot de nos occupations, nous ne voyons plus les autres, nous ne connaissons pas nos voisins qui vivent pourtant tout près de nous.

Nous ignorons tout d'eux, qui ils sont, leur métier, leurs loisirs, leurs activités.

Nous vivons dans des bulles d'égoïsme : le travail nous accapare et nous mobilise.

 

Nos loisirs nous conduisent aussi à nous replier sur nous-mêmes, les écrans happent notre attention...

N'oublions pas les deux sens du mot, l'écran, c'est ce qui nous permet de voir des images, mais c'est aussi tout ce qui arrête le regard, qui dissimule, empêche de voir...

Et puis, ce temps de confinement doit être aussi une occasion de se cultiver, de lire, de s'ouvrir au monde par la lecture...

C'est le moment d'ouvrir un livre et de savourer le plaisir des mots, c'est le moment de retrouver l'attention nécessaire pour la lecture.

 

Se concentrer sur un texte littéraire de qualité, lire et relire de la poésie, se détendre devant un bon livre, une occasion de solliciter l'imagination, mais aussi la réflexion.

 

C'est la culture qui signe notre appartenance à l'humanité, c'est la culture qui nous unit, nous relie aux autres, à notre passé, à notre présent, à notre avenir.

 

 

 

 

Utiles et solidaires...
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22 mars 2020 7 22 /03 /mars /2020 11:08
L'oasis comme un éblouissement...

 

Pour se détendre et rêver... la poésie des mots...

 

Dans le cadre de la Semaine de la langue française et de la Francophonie... du 14 au 22 mars 2020... Dis-moi dix mots : au fil de l'eau.

 

L'oasis ! Il suffit d'entendre ce mot plein d'exotisme pour voir se dérouler des paysages magiques de déserts, des dunes et des barcanes incendiées de soleils et de lumières, et soudain, comme un miracle, apparaît un lieu de verdures, aux palmes alanguies...

 

Le mot lui-même aux douces sonorités de sifflantes "s", réitérée nous apaise, et nous étonne aussi, avec ses voyelles variées qui s'enchaînent dans ce nom très court.

 

L'oasis semble, ainsi, comme un éblouissement, une découverte soudaine et inattendue...

 

L'oasis évoque l'Egypte, des dieux antiques aux sonorités voisines : Isis, Osiris, Apis, Anubis, Sérapis, Satis...

 

Ce mot venu du grec"ὄασις" a, aussi, des origines égyptiennes : issu de langues anciennes, il revêt un caractère mystérieux, étrange, d'autant que ce nom est resté intact au fil des siècles.

Préservé de toute altération, le mot "oasis" nous étonne, et nous éblouit...

 

Havre de paix, de repos et de bonheur, l'oasis sollicite tous les sens : on perçoit des couleurs nouvelles, on entend des clapotements d'eau, la fraîcheur d'une source nous apaise, on peut goûter une eau vivifiante...

 

Repos, détente, harmonie du lieu, brise légère, l'oasis apporte bonheur et réconfort, au milieu d'un désert de solitude.

Une palmeraie, une eau bruissante, des teintes verdoyantes..., l'oasis offre un bonheur longtemps attendu.

 

Un bruit d'eau, des frémissements de palmes agitées doucement, des murmures d'oiseaux, des reflets d'or sur les palmiers dattiers, des bruits d'eau "avec des rayons d'or dans les palmes...

 

Quels apaisements et quelle harmonie ! Miroirs d'ondes où se reflètent les longs fuseaux de palmiers hérissés de buissons ! Roseaux ondoyants !

 

L'oasis nous fait rêver à des lieux de paix, de repos, elle nous fait voyager vers d'autres paysages aux couleurs étonnantes...

Le vert côtoie des ocres aux douceurs de sables, le brun illumine le vert...

L'oasis nous offre un réservoir de sensations : couleurs, fraîcheur du lieu, bruissements de l'eau...

 

 

Les dix mots retenus :

aquarelle (nom)
à vau-l'eau (adv.)
engloutir (v.)
fluide (adj.)
mangrove (nom)
oasis (nom)
ondée (nom)
plouf (interj.)
ruisseler (v.)
spitant (adj.)

 

 

http://www.dismoidixmots.culture.fr/ressources/la-thematique-et-les-dix-mots-au-fil-de-leau

 

 

 

L'oasis comme un éblouissement...
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16 mars 2020 1 16 /03 /mars /2020 11:16
Au fil de l'eau : une ressource qui s'épuise...

 

Dans le cadre de la Semaine de la langue française et de la Francophonie... du 14 au 22 mars 2020... Dis-moi dix mots : au fil de l'eau...

 

La magie de l'eau ! Sa fluidité, ses transparences, ses mystères, les symboles qu'elle représente : la vie, la pureté, la fraîcheur...

 

L'eau peut être fontaine, source, rivière, fleuve, torrent, lac, mer, océan, pluie, rosée du matin...

 

Que de mots sont associés à l'eau ! Des mots anciens car l'eau est à l'origine de la vie et elle a toujours accompagné l'homme...

 

On admire depuis toujours sa fluidité : venu du latin "fluo" et plus anciennement du grec φλύω, le mot restitue bien avec sa fricative initiale cette caractéristique de l'eau, un radical que l'on retrouve dans le nom "le fleuve".

 

On est parfois surpris par une "ondée" : une pluie soudaine, souvent bienvenue et bienveillante... Là encore, le mot remonte au latin "unda", et plus anciennement au grec "ὕδωρ"... L'ondée rafraîchissante embellit les jardins, magnifie les fleurs, régénère les arbres...

 

Et l'eau ruisselle, se répand, devient petits ruisseaux ondulants... des mots anciens, venus du latin populaire rivuscellus, diminutif de rivus "petit cours d’eau", "rivière".

 

L'eau est encore si bienveillante quand elle fait naître des "oasis" dans un désert hostile... l'oasis, lieu de verdure aux palmes alanguies nous fait rêver... le mot nous promet une halte reposante, emplie de fraîcheur, de luxuriance...

Ce mot venu du grec"ὄασις" a, aussi, des origines égyptiennes : issu de langues anciennes, il revêt un caractère mystérieux, étrange, d'autant que ce nom est resté intact au fil des siècles.

 

L'eau peut aussi devenir "mangrove", formation végétale caractéristique des littoraux marins tropicaux, où dominent les palétuviers...

La mangrove joue un rôle écologique essentiel dans la conservation des littoraux tropicaux. ... La mangrove abrite une grande biodiversité animale. Certains poissons viennent s'y reproduire, d'autres y assurent leur croissance.

 

L'eau peut se faire aussi oeuvre d'art, elle permet de dessiner des "aquarelles", peintures légères sur papier avec des couleurs transparentes délayées dans de l'eau... des paysages, des arbres, des portraits naissent alors sous la main experte des artistes...

On reconnaît immédiatement l'ancienneté du mot : il vient bien sûr du latin "aqua"... un radical que l'on retrouve dans les termes "aqueduc, aquarium, aquatique."

 

Plus étrange encore, pour les Belges, l'eau peut être "spitante", chez nous elle serait plutôt pétillante... Et quelle agréable sensation procure cette eau pétillante au plus fort de la chaleur de l'été ! Elle stimule les papilles...

 

Mais l'eau peut soudain devenir turbulente, terrifiante quand tumultueuse, elle "engloutit" des rues, quand elle se fait torrentielle et qu'elle inonde des paysages entiers.

Et voici encore un mot ancien puisqu 'il est issu du verbe latin "inglutire", "avaler gloutonnement, faire disparaître dans un gouffre."

Quel verbe expressif dans ses sonorités de consonnes : gutturale "gu", dentale "t"!

 

Et parfois plus rien n'empêche le passage de l'eau, elle s'emporte et emporte tout sur son passage : alors, tout s'en va à vau-l'eau...

Ce nom "eau" a lui-même des origines anciennes puisqu'il est issu à nouveau du latin "aqua", par une dérivation populaire : "aqua" est devenu au XIe siècle egua et ewe, au XIIe siècle aive, aigue, eve puis eaue.

 

Enfin, on ne peut oublier la chanson de l'eau, ses murmures, ses bruissements, ses glouglous... ou encore le bruit d'un corps ou d'un objet qui tombe dans l'eau : "Plouf !", une onomatopée sympathique... 

 

Hélas, l'eau est devenue une ressource menacée : pollution, surexploitation, gaspillages, prélèvement des eaux souterraines, agriculture intensive. Un million de personnes meurent chaque année de maladies liées au manque d'eau potable et c'est la mauvaise gestion humaine de l'eau qui en est la cause.

 

 

http://www.dismoidixmots.culture.fr/ressources/la-thematique-et-les-dix-mots-au-fil-de-leau

 

 

Les dix mots :

 

aquarelle (nom)
à vau-l'eau (adv.)
engloutir (v.)
fluide (adj.)
mangrove (nom)
oasis (nom)
ondée (nom)
plouf (interj.)
ruisseler (v.)
spitant (adj.)

 

 

Au fil de l'eau : une ressource qui s'épuise...
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26 février 2020 3 26 /02 /février /2020 11:58
Nîmes, au fil de l'histoire... une épopée passionnante...

 

 

Deux enseignantes se sont associées pour écrire une histoire de Nîmes... un livre rigoureux, précis, sérieux, rédigé à partir d'archives. Francine Cabane et Danièle Jean ont présenté leur ouvrage lors du festival de la Biographie, à Nîmes, au Carré d'Art.

 

Bien sûr, les auteurs ont dû faire des choix : pour raconter la ville de Nîmes, elles sont parties des lieux et des personnages, pour chaque lieu, un homme ou une femme...

 

Le plus ancien personnage, c'est celle qu'on appelle la Dame de Caissargues : très jeune et très vieille à la fois, la dame de Caissargues a été enterrée à même le sol, avec un collier de coquillages et des pendeloques de dents d'animaux. Elle a été découverte dans les années 1980, elle n'avait que 25 ans, et vivait près de Nîmes, il y a environ 5000 ans.

 

Pour la période romaine, les auteurs ont choisi d'évoquer, lors de leur présentation, le personnage de Plotine, vraisemblablement née à Nîmes, élevée en Espagne, grande impératrice, femme de Trajan qui avait choisi pour successeur Hadrien.

Hadrien a fait édifier à Nîmes une basilique grandiose, en marbre italien, en l'honneur de Plotine... cette basilique a survécu trois siècles avant de disparaître peut-être lors des invasions barbares.

 

Au Moyen Age, c'est un personnage entre légende et histoire qui est mis en vedette : Saint-Baudile venu pour évangéliser les Nîmois... Nîmes devient alors chrétienne...

 

Pour le XVIe siècle, les auteurs évoquent Marguerite de Navarre : grâce à elle, le protestantisme s'est installé à Nîmes.

Nîmes est un des grands pôles du protestantisme dès le XVIe siècle ; les temples nombreux, sont d’anciens édifices catholiques réutilisés, après le Concordat (1801).

 

Au XVIIIe siècle, Francine Cabane et Danièle Jean se sont intéressées à un humaniste : Jean-François Séguier... c'est lui qui a déchiffré l'inscription latine de la Maison Carrée. A l'aide des trous de scellement des lettres disparues, il déchiffre en 1758 la dédicace suivante :

A Caius Caesar, consul et Lucius Caesar, consul désigné, fils d'Auguste, princes de la jeunesse...

La Maison Carrée est donc bien un temple du culte impérial, construit à la mémoire des deux petits fils d'Auguste.

 

Au XIXe siècle, place à la femme d'un riche négociant Nîmois : Irma Zoé Foulc... Le couple Foulc appartient à la riche bourgeoisie protestante. Ces riches négociants ont largement contribué à l'essor de la ville.

 

Et puis, comment ne pas évoquer Alphonse Daudet, l'enfant du pays ? On peut voir encore sa maison, située  sur le boulevard Gambetta.

 

Au XXe siècle, les auteurs ont choisi Marcel Encontre, figure peu connue : un résistant, fabriquant de faux papiers, accueillant des enfants juifs. Déporté, il ne revint jamais des camps.

 

Comment pourrait-on oublier aussi le maire Jean Bousquet à qui on doit la construction du Carré d'Art ? Un lieu de culture essentiel dans la ville : il regroupe bibliothèque, médiathèque, musée, centre de documentation, librairie...

 

Pour finir leur présentation, les deux auteurs reviennent sur deux exemples qui figurent dans leur livre...

A l'époque médiévale, la famille Scatisse, des gens riches, des Lombards, venus du Nord de l'Italie : on voit encore la maison de cette famille dans la rue de l'Horloge : une maison impressionnante, avec plusieurs cours, plusieurs puits, des escaliers à vis.

Au XIXe siècle, Ferdinand Girard, maire de Nîmes fut un grand bâtisseur : il favorisa la construction de l'église Saint-Paul.

 

L'ouvrage de Francine Cabane et de Danièle Jean est riche de nombreux autres documents et de nombreux autres exemples de monuments, d'hommes et de femmes qui ont marqué de leur empreinte la cité de Nîmes... car elles racontent une épopée fantastique de plus de 2000 ans : une histoire foisonnante et passionnante...

 

 

 

 

 

Nîmes, au fil de l'histoire... une épopée passionnante...
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