Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
9 août 2019 5 09 /08 /août /2019 08:59
Guitare espagnole...

 

 

Magie de la guitare ! Magie des sonorités égrenées par le musicien !

Penché sur son instrument, le guitariste nous fait voyager vers le sud, l'Espagne...

Limpidité des notes !


La beauté du geste ! Les sons qui s'envolent, comme par magie de la guitare, des trilles, des éclats de soie, des murmures qui s'emportent soudain.

 

L'émotion provoquée par un simple instrument, la tristesse, la joie, la mélancolie, la révolte, le désarroi, le bonheur...

 

C'est à un triptyque espagnol que  nous convie le musicien...

D'abord, Junto al Generalife de Joaquin Rodrigo... 

Puis, on se laisse charmer par une sérénade espagnole de Joaquim Malats...

Enfin, Zapateado, une danse espagnole de Regino Sainz de la Maza...

 

Quelle dextérité ! Quelle harmonie entre l'homme et sa guitare ! Il fait corps avec elle, l'enlace, la maîtrise, la séduit...

 

Quelle poésie et quelle sensibilité dans le morceau de Joaquin Rodrigo ! On retrouve toute la tendresse et l'émotion de ce compositeur. La guitare résonne de sons enchanteurs qui nous emmènent au bord du rêve...

Quelle douceur aussi dans la sérénade espagnole !

Et quelle grâce, quelle finesse dans la danse espagnole !

 

Ainsi, grâce à la musique, on voyage vers les terres du sud, on est ébloui par des paysages, par des danses rythmées...

On voyage vers l'Andalousie, la Castille, la Galice, l'Estramadure... des lieux inondés de lumières et de soleils, des oasis, des jardins aux fruits rafraîchissants...

On entend les sonorités éclatantes de la langue espagnole...

 

Bravo au musicien pour ce moment d'émerveillement... Bravo à Eric Iglesias qui a su nous enchanter au cours de ce récital donné dans le cadre des Jeudis de Nîmes..

 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
22 juillet 2019 1 22 /07 /juillet /2019 09:22
Ce mépris de l'orthographe...

 

De plus en plus, l'orthographe est piétinée, maltraitée sur la toile : fautes d'usage grossières, accords élémentaires non respectés, mépris de la syntaxe et de ses règles...

 

Il est vrai que, désormais, tout le monde a la liberté d'écrire sur internet, mais on trouve aussi ces manquements à la grammaire sur de nombreux sites journalistiques.

Il est vrai que nous vivons dans un monde où tout s'accélère : il faut aller vite, et on ne se soucie plus de vérifier ce que l'on a écrit.

Il est navrant de voir notre langue française ainsi massacrée par des rédacteurs négligents.

 

Que dire des insultes qui se multiplient sur la toile ?

Là encore, c'est le réflexe qui l'emporte sur la réflexion : on méprise l'autre, on l'écrase, on l'annihile, on le piétine sans vergogne.

 

Et la langue est aussi abîmée par nombre de rédacteurs.

Sur un journal comme Agoravox, les fautes se multiplient, se répandent comme une sorte de contagion : on ne se donne pas la peine de relire... une façon de mépriser le lecteur.

 

Pourtant, la langue, c'est notre culture : c'est grâce à la langue que nous nous exprimons et que nous pensons.

La langue mérite respect et déférence : n'est-elle pas un patrimoine essentiel ?

 

Le travail de rédaction exige rigueur et attention, des qualités qui se perdent... Les journalistes devraient pourtant donner l'exemple de cette rigueur.

Les textes qu'ils écrivent sont destinés à un grand nombre de lecteurs... ainsi se perpétuent des erreurs de vocabulaire, des fautes de syntaxe, des barbarismes...

 

On sait que la concentration a tendance à se perdre dans un monde où les écrans sont omniprésents, où les images s'imposent.

 

C'est pourquoi, il est essentiel de réhabiliter notre langue : c'est elle qui nous permet de nuancer notre pensée, c'est grâce à elle que nous pouvons raisonner, argumenter.

 

Les images ont tendance à être de plus en plus envahissantes, elles peuvent être trompeuses et elles ne suffisent pas à la réflexion...

 

 

 

 

Ce mépris de l'orthographe...
Partager cet article
Repost0
17 juillet 2019 3 17 /07 /juillet /2019 10:26
Un magnifique concert de musique classique pour ouvrir les Jeudis de Nîmes...

 

 

La musique adoucit les moeurs, réunit et rassemble les gens...

Trois jeunes artistes ont fait l'ouverture des concerts classiques des Jeudis de Nîmes : le trio BOCAL. Cet ensemble, composé des clarinettistes Aimée HEGE et Antoine MÉZY et de la bassoniste Eléanore HEGE nous a convié à un programme musical éclectique allant de Haendel à Astor Piazzola en passant par Tchaïkovski et Gerschwin.

 

Ils sont jeunes, bourrés de talent et d'enthousiasme, ils nous font partager leur passion de la musique...

 

Le concert débute en douceur avec la Suite en do majeur de Georg Friedrich Haëndel : moment de paix, d'harmonie... on se laisse bercer par cette douce musique.

 

Puis, c'est le Divertimento n° 3 de Mozart qui nous charme et nous enchante de ses notes emplies de gaieté.

 

Des extraits de la suite Casse-Noisette de Tchaikovski nous emportent alors dans un tourbillon de fantaisie et de rêverie... puis, c'est la marche et la Danse russe qui nous surprennent de leurs notes virevoltantes.

 

La Danse des mirlitons nous invite aussi à la rêverie...

 

La célèbre Valse des fleurs nous fait tournoyer dans ses replis de notes somptueuses... on se laisse emporter par cette musique virevoltante...

 

La Tritsch-Tratsh Polka de Johan Strauss nous saisit, alors, de son rythme endiablé...

 

On écoute ensuite trois préludes pour piano de George Gerschwin, compositeur américain influencé par le jazz et le blues, une musique envoûtante...

 

On est enfin captivé par le rythme argentin des tangos d'Astor Piazzola...

 

Bravo à ces trois jeunes talents, anciens élèves du conservatoire de Nîmes qui nous ont offert ce spectacle musical aux tonalités variées.

Bravo à ces musiciens dont on a pu admirer et apprécier toute la virtuosité...

 

 

 


 

Partager cet article
Repost0
15 juillet 2019 1 15 /07 /juillet /2019 09:35
Le temps des vacances : le temps de la lecture...

 

L'été, les vacances sont l'occasion de lire, on peut prendre le temps d'aller à la librairie, de choisir...

Tant de livres à lire ! Tant d'oeuvres diverses, tant d'auteurs à découvrir !

 

Romans, nouvelles, essais, ouvrages philosophiques... toutes sortes d'ouvrages sont accessibles et nous offrent une ouverture sur les autres et sur le monde.

 

Pour ma part, j'aime lire : c'est là une façon de découvrir toutes sortes de pensées et d'expériences...

Une façon de s'enrichir de la pensée d'autrui... et de plus en plus, je suis attirée par des textes philosophiques.

 

De nombreuses oeuvres philosophiques sont difficiles, rebutantes, mais il existe, désormais, de bons livres de vulgarisation dans ce domaine.

Toutes sortes de problèmes y sont abordés : la liberté, le bonheur, l'être, l'univers, le bien et le mal, la pensée...

 

On y gagne en lucidité, tolérance, amour, beauté, liberté, amitié etc.

On y gagne aussi en sérénité : on oublie les écrans du monde moderne, pour se concentrer enfin vraiment sur la pensée d'un auteur.

On y gagne en réflexion, en concentration et en attention...

 

Certains textes philosophiques sont aussi des oeuvres littéraires à part entière.

On y découvre un style, un univers de poésie, de sensibilité.

 

On peut lire ainsi dans Cosmos de Michel Onfray cette magnifique description du jardin botanique de Medellin en Colombie :

"Fleurs tropicales jaunes, généreuses, pistils solaires dans des corolles rouge vif, trompettes des anges silencieuses alors que l'orage grondait au-dessus du grand parc, palmiers aux cimes perdues dans le ciel bleu sombre et violet, papillons colorés, portant parfois sur leurs grandes ailes des paires d'yeux qui ne regardaient rien, étranges insectes en vol géostationnaire la trompe butinant dans le coeur d'une fleur extravagante violine et jaune... orchidées voluptueuses comme des plissés de tissus rares, longs colliers de fleurs comme des fruits rouges aux extrémités jaunes, sidérants agencements de pétales orange à la façon d'une rose ancienne, mais avec des velours capiteux, longues palmes en efflorescence giclant vers le ciel comme une offrande, racines tombées du ciel à la recherche de la terre, gingembres à fleurs de sang, hibiscus dépliés..."

 

Comment ne pas être séduit, subjugué par cette évocation ? Couleurs somptueuses, formes étranges et mystérieuses, beauté des fleurs et des fruits...

 

Voici venu le temps des vacances, celui du temps retrouvé, celui où l'on peut enfin s'adonner à la lecture... Profitons-en !

 

Mes conseils de lecture :

En tout premier lieu, bien sûr : Cosmos de Michel Onfray

Sagesse de Michel Onfray

 

Et aussi :

André Comte-Sponville :

Le goût de vivre et cent autres propos

L'inconsolable et autres impromptus

Le bonheur, désespérément

 

Et encore Sylvain Tesson :

Un été avec Homère

Géographie de l'instant

Une très légère oscillation

 

 

 

Le temps des vacances : le temps de la lecture...
Partager cet article
Repost0
22 avril 2019 1 22 /04 /avril /2019 10:52
A l'heure de l'obsolescence programmée, que vaut le patrimoine ?

 

Notre monde vit dans l'immédiateté, l'instantanéité : les objets, les vêtements sont faits pour ne durer que très peu de temps... "jette, achète", tel est le credo de notre société de consommation.

 

Peu importe la qualité de ce que l'on nous propose, ce qui importe, ce sont les apparences...

On nous vend des désirs sans cesse renouvelés : des écrans de télévision de plus en plus grands, des smartphones de plus en plus performants, des ordinateurs parlants, des machines à laver de plus en plus sophistiquées, des vêtements et une mode sans cesse renouvelés.

 

Que vaut le patrimoine face à ce monde consumériste ?

Hélas, il est souvent mis au rebut, mal entretenu, laissé à l'abandon.

Et pourtant, que d'efforts, que de labeur, que de minutie, et d'ingéniosité ont été nécessaires pour bâtir des cathédrales !

 

Bien sûr, il convient de faire des choix et de préserver les monuments les plus représentatifs et les plus intéressants... mais cette préservation n'est même pas assurée.

Notre époque vouée à l'hyper consommation nous fait oublier tous ces vestiges venus du passé que nous avons tendance à négliger.

Bien sûr, ce patrimoine a une valeur touristique, mais il a surtout valeur d'héritage : il nous vient du passé, d'une longue histoire, il nous vient de tous ceux qui nous ont précédés.

Comment pourrait-on le dédaigner ? Ce sont là nos racines.

 André Comte-Sponville déclare justement à ce sujet : " nous ne vivons pas "hors-sol", ni sans relations avec ce qui nous précède. Les déracinés le savent bien, qui en souffrent. Ils ont le mal du pays, comme une envie douloureuse d'y retourner..."

 

D'ailleurs, chacun en a pris conscience lors de l'incendie qui a ravagé la flèche de Notre Dame.

Chacun a pris conscience de l'importance d'un patrimoine qui unit les Français, qui représente l'histoire de notre pays, ses racines profondes.

Il est évident que nos racines sont profondément chrétiennes... que d'églises sont ainsi laissées à l'abandon et se retrouvent dans un état de délabrement extrême !

Cet héritage est précieux, il fait partie de notre culture, nous ne pouvons le négliger.

 

Comme le rappelle André Comte-Sponville, "nous sommes des héritiers, des débiteurs. Cela nous donne moins de droits que de devoirs, dont le premier est de préserver ces trésors innombrables, donc aussi et surtout de les léguer, à notre tour, à ceux qui viendront après nous."

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A l'heure de l'obsolescence programmée, que vaut le patrimoine ?
Partager cet article
Repost0
19 avril 2019 5 19 /04 /avril /2019 11:06
"Notre époque ne serait-elle pas digne des flèches ?" Sylvain Tesson...

 

 

La flèche de Notre Dame qui s'effondre sous l'effet d'un incendie.... Faut-il voir là un signe, un symbole ?

"Comme si notre époque n'était pas digne des flèches", déclare Sylvain Tesson.... comme si notre époque trop préoccupée de matérialisme et d'efficacité à court terme, avait perdu de vue l'essentiel : le sens de la beauté, la force d'un héritage culturel qui nous réunit...

Notre Dame oubliée, que nous ne voyions plus, s'est affaissée sous nos yeux...

 

Oui, le patrimoine est important : c'est une part de notre histoire, de notre littérature, de nos arts...

C'est une part de nous-mêmes...

 

Qui ignore dans le monde le nom de Quasimodo, la figure d'Esméralda ? Qui ne connaît le nom même de Notre Dame de Paris ?

Le roman de Victor Hugo a célébré cette cathédrale devenue un symbole de la ville de Paris... une référence.

 

Dans un monde où prime l'économie, où s'impose le règne de l'argent, nous devons retrouver de vraies valeurs : celles qui nous relient au passé, à nos ancêtres, à tous ceux qui nous ont précédés et qui nous ont transmis une culture, des monuments uniques, exceptionnels.

Nous devons préserver ces monuments, nous devons les sauver : ils appartiennent à notre histoire...


Une oeuvre d'art qui disparaît, c'est une défaite de la réflexion et de la pensée, c'est nier le geste d'un artiste, d'un artisan, leur travail, leur génie, c'est nier l'être humain...

Comme le déclare Alain Finkielkraut, il ne s'agit pas de sauver Notre Dame en vue des Jeux Olympiques, non, il s'agit de sauver un monument qui est une partie de nous-mêmes, qui nous structure.

Car nous avons tous besoin de nous inscrire dans une histoire, nous avons tous besoin de repères, de phares pour nous éclairer.

 

Que d'oeuvres ont été consacrées à Notre Dame ! Romans, poésies, tableaux... quelle diversité, et que d'hommages rendus à cette cathédrale !

Un monument qui a inspiré tant de chefs d'oeuvre ne peut pas disparaître.

 

Et les Parisiens ne se sont pas trompés, eux qui se sont attroupés et réunis autour de Notre Dame incendiée, eux qui se sont émus de cette catastrophe.

La vision de la flèche de la cathédrale Notre-Dame de Paris s’effondrant lundi 15 avril, sous l’effet d’un violent incendie parti des combles, a en fait bouleversé le monde entier.

 

 

Source : La grande librairie

 

https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/la-grande-librairie-saison-11/973355-notre-dame-histoire-et-litterature.html

 

 

 

 

"Notre époque ne serait-elle pas digne des flèches ?" Sylvain Tesson...
Partager cet article
Repost0
13 avril 2019 6 13 /04 /avril /2019 13:48
L'Aurore en robe de safran se répandait sur toute la terre...

 

 

Dans l'Iliade, Homère raconte un épisode de la guerre de Troie : la colère d'Achille et ses conséquences sur les combats... Les Achéens et les Troyens s'affrontent  violemment au cours de luttes farouches.

Et, pourtant, on trouve aussi dans cette épopée guerrière des vers qui restituent toute la beauté du monde...

 

Ainsi, le chant VIII commence par ce vers : 

"L'aurore en robe de safran se répandait sur toute la terre..."

En grec : 

"Ηώς μεν κροκοπεπλος εκιδνατο πάσαν επ'αϊαν..."

  
   

On perçoit toute la poésie de ce vers qui ouvre le chant VIII : l'Aurore personnifiée, vêtue d'un voile se lève et se répand sur la terre, dans une image qui nous fait voir les couleurs safranées d'un début de jour...

 

L'adjectif composé "κροκόπεπλος" "crocopéplos" qui signifie "au voile de safran" permet d'évoquer les teintes nuancées de l'aurore : du jaune doré, du rose, du rouge...

 

A lui tout seul, cet adjectif, par son ampleur, dépeint le lent cheminement du jour qui se lève : un léger voile rose-rouge sur l'horizon...

 

Le mot comporte aussi des allitérations de gutturales et de labiales et une assonance du son "o" à valeur poétique, créant des échos sonores.

 

L'Aurore était, dans la mythologie grecque, une déesse soeur du soleil et de Luna, la Lune. Eos était représentée comme une belle jeune femme, conduisant, souvent, un char.

 

Elle est, dans le vers d'Homère, magnifiée par son voile coloré, par ses éclats qui recouvrent toute la terre.

On perçoit sa majesté, sa puissance, sa beauté...

 

En un seul vers, Homère crée un univers poétique : l'image du voile, ses couleurs nuancées, la personnification, les effets de sonorités qui créent une harmonie, le son "o" réitéré qui peut traduire une admiration, un étonnement...

En un seul vers, Homère peint un tableau somptueux dont on perçoit l'élégance et la solennité.

Deux mille ans nous séparent d'Homère, et pourtant, on est sensible à la simplicité solennelle de ce vers venu du passé.

Homère nous fait admirer la beauté de ce moment qui ouvre le jour... avec un seul adjectif composé.

Il nous montre, aussi, un spectacle grandiose aux couleurs somptueuses... il nous ouvre les yeux sur une nature magnifique.

Il nous dit : "Regardez ce spectacle offert au lever du jour par l'aurore... soyez attentifs au monde et à ses splendeurs..."

 

 

 

 

 

 

 

 

L'Aurore en robe de safran se répandait sur toute la terre...
Partager cet article
Repost0
8 avril 2019 1 08 /04 /avril /2019 10:41
Le vent, principe créateur... Botticelli, La naissance de Vénus...

 

 

Muriel Alle a présenté à Nîmes une conférence passionnante intitulée Le vent, une poétique du souffle dans l'art contemporain.... 

Et pour évoquer, ce thème, elle remonte bien sûr aux origines...

 

Le vent, c'est d'abord, dès l'antiquité, le souffle des Dieux qui inspire les poètes... Le vent paraissait un phénomène si mystérieux aux Anciens qu'il ne pouvait être que d'essence divine. Le plus célèbre, Éole, maître des vents, fils de Poséidon, pouvait déclencher tempête ou ouragan.

Le vent n'est-il pas lié à l'imaginaire ? Le vent ne se voit pas, on n'en perçoit que les effets sur le paysage, sur nos autres sens, le toucher, l'ouie...

Le vent est à même de représenter l'inspiration poétique, la créativité, l'imagination de l'artiste.

Le vent, c'est ainsi un élément essentiel de l'Odyssée, le périple d'Ulysse : Ulysse  peut se déplacer d'île en île grâce au vent...

Ainsi, ce souffle vital, divin et créateur est présent dans de nombreuses oeuvres, et particulièrement dans cette célèbre toile de Botticelli, La naissance de Vénus... un paradigme fondateur...

Voici l'analyse qu'en fait Muriel Alle :

"Vénus, déesse de l'Amour et de la beauté, du désir, immobile au centre de la toile, semble prendre la pose dans un déhanché  qui fait songer à la statuaire grecque...

 

Son visage traduit une impassibilité comme beaucoup de visages féminins chez Botticelli.

 

Et tout autour, on perçoit des frissons : les chevelures traitées selon une ligne serpentine, les fleurs, les tissus très ondoyants, les vagues sur la mer, un rivage dentelé dans le fond de la toile.

 

Ce qui anime la Vénus, ce qui donne l'illusion de vie à ce corps vide de toute émotion, c'est l'ensemble de ces souffles qui passent sur la toile comme une immense caresse cosmogonique : le vent constitue bien le principe d'animation de la figure, la naissance de Vénus est conçue comme un processus temporel et la peinture explore le passage entre immobilité et mouvement, entre visible et invisible."

 

Magnifique tableau où l'on perçoit les souffles du vent dans tous les éléments du décor, dans les chevelures !

Magnifique allégorie du souffle créateur, de l'imagination de l'artiste qui crée le tableau !

Le peintre arrive à nous rendre sensible le souffle du vent... le souffle, c'est aussi la force vitale qui donne naissance à la vie.

Vénus, déesse de l'amour, devait donc naturellement être associée aux souffles créateurs du vent...

Muriel Alle analyse aussi cette thématique du vent, dans de nombreuses oeuvres contemporaines, où l'on voit s'exercer toute la créativité des artistes de notre époque : ce sera le sujet d'un prochain article...

 

A suivre...

 

 

 

 

 

 

Le vent, principe créateur... Botticelli, La naissance de Vénus...
Partager cet article
Repost0
5 avril 2019 5 05 /04 /avril /2019 11:59
La lecture rend beau...  nous dit Sylvain Tesson...

 

Vous cherchez un secret de beauté ? Sylvain Tesson nous livre le sien...

"La lecture rend beau", écrit Sylvain Tesson... Comme il a raison !

 

Le livre est une ouverture sur le monde, sur les autres.

Le livre apporte une sérénité, des bonheurs : bonheurs des mots, des idées, d'une forme d'intériorité... bonheur de la lenteur, de la réflexion...

Un nuage dans le ciel qui s'étire, un coucher de soleil qui envahit l'horizon et développe des teintes nuancées de rose-rouge, d'éclats de xanthe, quoi de plus beau ?

 

La poésie nous offre ainsi des horizons de beauté et d'harmonie qui emplissent nos âmes.

On lit quelques vers, et nous voilà transportés dans un paysage inconnu qui nous paraît pourtant si familier, on est ébloui par la beauté du décor évoqué...

"Les nuages couraient sur la lune enflammée
Comme sur l'incendie on voit fuir la fumée,
Et les bois étaient noirs jusques à l'horizon.
Nous marchions sans parler, dans l'humide gazon,
Dans la bruyère épaisse et dans les hautes brandes..."

 

Les romans nous font vivre des aventures et des destins si variés, ils nous font voyager dans le temps et l'espace et nous donnent des leçons de vie...

L'Odyssée d'Homère nous emporte sur les replis tumultueux de la Méditerranée, dans le sillage d'Ulysse aux mille tours : de quoi susciter le rêve, l'imaginaire... sans oublier les leçons philosophiques du récit : Ulysse refuse l'immortalité que lui propose Calypso : il n'a pas oublié son but, le retour à Ithaque, sa patrie, ses racines, il pense qu'une vie bonne est possible pour les mortels, grâce à la lucidité de la raison.

 

Les essais nous incitent aussi à la réflexion et à une forme de sagesse.

On lit Cosmos de Michel Onfray et on découvre qu'il est essentiel de contempler le monde, de retrouver les bases fondatrices du temps, de la vie, de la nature, comprendre ses mystères et les leçons qu'elle nous délivre : un livre passionnant, qui renoue avec l'idéal grec et païen d'une sagesse humaine en harmonie avec le monde.

 

"Kalos kagathos, beau et bon", disaient les anciens grecs. La lecture nous rend plus heureux, plus épanouis, et meilleurs. Elle nourrit notre âme et notre intelligence...

La lecture peut ainsi nous métamorphoser, elle élargit nos horizons...

Et puis, comment ne pas évoquer le bonheur de tenir en mains un objet unique, le bonheur sensuel du papier qui frissonne sous les doigts, le bonheur de sentir les odeurs du livre imprimé... odeurs d'encre et de bois mêlées ?

Le livre nous offre des sensations uniques : les écrans impersonnels ne peuvent nous apporter ces plaisirs des sens.

Oui, la lecture rend beau : elle nous épanouit et nous offre toutes sortes de perspectives...

 

 

 

https://youtu.be/RzjVWUjRYLA

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
29 mars 2019 5 29 /03 /mars /2019 12:28
Une tragédie grecque censurée à la Sorbonne...

 

 

Eschyle, auteur grec du 5ème siècle avant JC, censuré à la Sorbonne... on peine à le croire ! Et pourtant, c'est ce qui s'est passé ce lundi 25 mars : la tragédie Les Suppliantes d'Eschyle n'a pu être jouée, à la Sorbonne, où des groupuscules antiracistes ont bloqué la représentation.

 

Comment une pièce antique peut-elle ainsi susciter la controverse ? 

 

Trois associations antiracistes, la Ligue de défense noire africaine (LDNA), la Brigade anti-négrophobie et le conseil représentatif des associations noires de France (Cran) ont mis fin à la représentation de la plus ancienne tragédie d’Eschyle, Les Suppliantes. Ayant recours à la force, à des injures, des étudiants et les associations ont forcé les comédiens à quitter la scène.

 

Un tel déchaînement de violences a été déclenché par le recours aux "black faces", c’est-à-dire le fait que des individus blancs se griment en individus noirs. Ces derniers y voient là une appropriation culturelle, descendant directement de la colonisation.

Dans la tragédie d'Eschyle, les Suppliantes ou Danaïdes sont des exilées qui ont fui l’Égypte et le mariage que veut leur imposer leur oncle Egyptos. Accompagnées de Danaos, elles demandent asile dans la cité d’Argos. Après quelques hésitations, le roi accepte de les protéger. Ces jeunes femmes luttent pour leur liberté.

Un beau message, donc, une leçon de courage, une volonté d'émancipation : comment peut-on ne pas voir la valeur de cet héritage antique ?

 

Si la mise en scène de Philippe Brunet fait intervenir des masques noirs, c'est bien sûr une façon d'évoquer l'origine égyptienne des Danaïdes.

Aucune référence raciste dans cette utilisation...

 

Eschyle dénonce dans la plupart de ses tragédies l'hybris, la démesure dont se rendent coupables les hommes.

Et c'est précisément cette hybris qui a emporté les associations responsables de cette interdiction et de cette censure...

Une hybris intolérable qui passe par la violence, les insultes, l'aveuglement : on s'en tient là à la mise en scène de la pièce, refusant de comprendre et d'analyser le message contenu dans l'oeuvre.

 

On s'attache aux apparences : et c'est précisément ce contre quoi doivent lutter nos sociétés.

On voit bien que l'action de ces organisations anti-racistes risque dans ce cas précis d'être contre-productive et dangereuse.

Censurer la culture, refuser d'entendre la signification d'une oeuvre, héritage de l'antiquité, c'est très grave et intolérable.

"Au nom de l'antiracisme, une forme de racisme est en train de s'installer", s'est contenté de déplorer Jean-Michel Blanquer.

 

 

 

 

 

 

 

Une tragédie grecque censurée à la Sorbonne...
Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog de rosemar
  • : Pour le plaisir des mots : poésie, chanson, littérature, actualités, politique, éducation...
  • Contact

Profil

  • rosemar
  • Esprit libre et indépendant ,contestataire
  • Esprit libre et indépendant ,contestataire

Texte Libre

fleurs 4fleurs 3coqulicot

Recherche

Http://fatizo.over-Blog.com/