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26 août 2022 5 26 /08 /août /2022 10:30
Ma petite est comme l'eau, elle est comme l'eau vive...

 

 

Une chanson limpide ! Une chanson qui célèbre l'amour, l'enfance, la jeunesse, la beauté, la liberté !

Cette chanson, c'est L'eau vive de Guy Béart...

Quelle tendresse, quel amour on perçoit dans cette expression qui ouvre la chanson : "Ma petite" !

On entre alors dans l'intimité d'un père qui évoque sa fille avec des termes dont on perçoit aussitôt toute la valeur et toute la dimension affective...

Avec cet emploi, on ressent tout l'attachement d'un père pour son enfant qu'il veut protéger...

 

D'autant que cette "petite" aime la liberté, ce que suggère bien la comparaison avec "l'eau vive, et le ruisseau." Image de fraîcheur et de beauté, elle est aussi un coeur qui ne se laisse pas facilement dompter.

Associée à des verbes de mouvement "courir, poursuivre, rattraper", la petite paraît insaisissable et incontrôlable....

Cette vivacité de l'enfant est aussi soulignée par la répétition du verbe à l'impératif :  "Courez, courez" . 

On est sensible ici à la simplicité du vocabulaire, à sa limpidité : le verbe "être" répété, le style parlé avec les impératifs, l'emploi de la deuxième personne du pluriel....

En même temps, l' enfant n'est pas nommée, ce qui donne à la chanson une valeur universelle...

 

Le deuxième couplet nous montre la jeune fille dans un cadre naturel magnifique, sensuel, avec le chant des pipeaux, la vision de l'eau qui danse, des "troupeaux", des herbes et arbres de Provence qui embellissent le paysage " l'olive, le laurier, le thym et le serpolet..."

On entend même la voix de la petite, ce qui la rend plus proche : "Venez, venez, mes chevreaux, mes agnelets..."

 

Ce tableau charmant, idyllique est brusquement interrompu par une notation temporelle, dans le couplet suivant : "Un jour", et par l'emploi d'un passé simple qui marque une rupture, un événement inattendu : "Vinrent les gars du hameau pour l’emmener captive".

Encore un double impératif pour suggérer l'idée de capture : "Fermez, fermez votre cage".

 

Mais l'eau vive ne se laisse pas si facilement emprisonner, on peut être sûr qu'elle "s'envolera", un verbe de mouvement encore qui souligne une idée de liberté infinie : c'est là l'image d'un oiseau insaisissable...

 

Nouvelle comparaison dans la strophe suivante : ce sont les jouvenceaux qui, cette fois, sont assimilés à "de petits bateaux emportés par l'eau vive", ils sont comme subjugués par les beaux yeux de la petite qui deviennent de véritables paysages  où "les jouvenceaux voguent à la dérive..."

Belle image de l'amour qui rend fou et obsède !

Cependant, ces jouvenceaux peuvent bien voguer, ils sont voués à "accoster", donc voués à l'immobilité, bien loin de l'eau vive qui "n'est pas encore à marier".

 

Pourtant, c'est inéluctable et le narrateur le sait bien : 

"un matin nouveau à l’aube, mon eau vive
Viendra battre son trousseau, aux cailloux de la rive."

Le futur montre bien que la jeune fille un jour prochain est destinée à venir battre son trousseau de mariage et à s'éloigner.

Dès lors, les autres sont invités à "pleurer" devant la solitude du narrateur.

 

Et le texte s'achève encore avec un verbe de mouvement au passé composé : "Le ruisselet, au large, s’en est allé". Comme par enchantement, la petite est devenue elle-même cette eau vive à laquelle elle était comparée au début de la chanson...

 

Cette chanson est un magnifique condensé de vie : l'enfance, le père protecteur, la beauté de la nature, les dangers que l'on peut rencontrer, l'amour, l'envol, le mariage, l'éloignement, la solitude...

 

Voilà un bel hymne à la beauté de l'enfance, à la nature, à l'eau, symbole de vie, de liberté, un bel hommage à sa fluidité, sa magie, cette chanson nous émeut aussi par sa simplicité, son évidence.

 

La mélodie limpide, le texte font songer à une comptine, une chanson enfantine, donc particulièrement adaptée au thème traité...

 

Le texte :

 

https://www.paroles.net/guy-beart/paroles-l-eau-vive

 

 

 

 

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15 août 2022 1 15 /08 /août /2022 11:28
S'émerveiller, enfin !

Un commentateur sur Agoravox me reproche régulièrement de m'émerveiller devant des spectacles musicaux, de manifester trop d'enthousiasme devant les performances de jeunes musiciens...

 

Mes articles seraient, selon lui, trop élogieux.

 

C'est le marquis de Vauvenargues qui est l'auteur de cet aphorisme : "C'est un grand signe de médiocrité que de louer toujours modérément."

Et Jean-Claude Guillebaud ajoute : "S'émerveiller du monde, de la vie, des humains, me semble aujourd'hui la moindre des choses."

 

Et comment ne pas s'émerveiller ? S'émerveiller devant un spectacle, s'émerveiller du monde, de ses beautés, de sa variété, de ses harmonies...

S'émerveiller, c'est, d'une certaine façon, retrouver un esprit d'enfance.


S'émerveiller du monde, de ses métamorphoses, au fil des saisons, saisir les couleurs changeantes du ciel, capturer des odeurs, des sons, des senteurs de lavande, de romarin, de thym, la musique de l'eau, le bruissement des arbres...

 

S'émerveiller est un signe de jeunesse et de vitalité : les spectacles musicaux en direct donnent plus particulièrement l'occasion de s'émerveiller... le son des instruments nous parvient avec une telle intensité, une telle pureté qu'on ne peut que s'enthousiasmer devant les performances des musiciens.

 

On admire aussi la beauté des instruments : les arabesques et les rondeurs des violons, des violoncelles et des guitares, les bois vernis qui renvoient la lumière...

 

On est ébloui par la virtuosité des musiciens, par leur extrême concentration, par la beauté des gestes : on perçoit qu'ils sont comme habités par la passion de la musique.

Les occasions de s'émerveiller sont multiples : le spectacle de la nature devrait susciter aussi notre admiration.

Un coucher de soleil qui magnifie un paysage, des couleurs dorées qui nimbent les arbres, des chants et des envols d'oiseaux au petit matin, 

 

Soyons attentifs au rythme des saisons, à leur variété, leurs couleurs nuancées...

Trop souvent blasés par toutes sortes d'images et toutes sortes d'écrans, nous oublions d'observer ce qui nous entoure...

 

Pourtant, la nature nous offre des spectacles uniques, une variété inouïe de formes, de couleurs, de textures.

 

S'émerveiller, enfin !

 

 

 

 

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25 décembre 2021 6 25 /12 /décembre /2021 12:08
La fabrique de Noël...

 

La façade de l'église s'illumine et soudain, une fée déverse une pluie d'or sur les murs... on découvre alors une inscription en lettres d'or : La Fabrique de Noël...

 

Encore un tourbillon de lumières sur l'édifice qui change de couleur ! Il passe du bleu à des teintes dorées alors qu'une étoile filante apparaît et parcourt toute la façade... L'atelier du père Noël se dessine alors comme par magie !

 

Des briques en couleurs surgissent... Il neige et, dans la tourmente, des tourbillons de cadeaux s'envolent...

 

Et voici le père Noël qui nous sourit entouré d'une multitude de bottes de Noël !

 

Puis, s'inscrivent des mots d'enfants adressés au père Noël : J'espère que tu vas bien, tu vas avoir beaucoup de travail... cette année, j'ai été bien sage, sauf une fois..."

 

Et la fabrique se met en marche : Analyse des demandes, affectation des lutins, vérification des stocks, préparation, fabrication, mise en route chrono...

 

Les aiguilles tournent, s'affolent : l'horloge sonne !

 

Se dessinent alors tous les rouages de la machine... les lutins s'activent pour acheminer les cadeaux.

 

Et l'édifice devient un magnifique paquet-cadeau !

 

C'est un tourbillon de cadeaux colorés  qui enveloppe la fabrique avec des milliers d'étoiles !

 

Les monuments de la ville de Nîmes sont aussi mis en lumière sur la façade : la Maison Carrée, les Arènes, la Cathédrale...

 

Enfin, le traîneau du Père Noël apparaît en ombres chinoises, filant à toute allure, se rapprochant de plus en plus...

 

 

Joyeux Noël à tous !

 

 

 

 

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18 octobre 2021 1 18 /10 /octobre /2021 11:39
Les grands enfants...

 

 

On les voit déambuler dans les rues avec leur "tétouille" à la main, le vapoteur devenu comme un objet fétiche, indispensable à leur survie...

Des nuées de fumées les auréolent, et ils n'hésitent pas à enfumer tous ceux qu'ils rencontrent sur leur chemin...

Impossible pour eux de se passer de leur "tétouille", ils en usent même en marchant dans la rue.

Voici les nouveaux "adultes", élevés comme des enfants-rois...

 

On les voit encore circuler en trottinette, bravant tous les dangers, n'hésitant pas à surprendre les passants frôlés par leurs engins...

Autrefois, la trottinette était réservée aux enfants, la voici promue au rang de véhicule tout terrain...

 

N'oublions pas le smartphone qu'ils arborent dans la rue, absorbés par un monde virtuel qui leur fait oublier de regarder où ils mettent les pieds.

Que dire de l'addiction aux jeux-vidéos ? Certains y passent des heures à s'occuper, ou plutôt à ne rien faire... Des jeux vidéos souvent violents et sans intérêt...

 

Ces jeunes adultes aiment bien aussi couvrir leur corps de tatouages : des ramages, des oiseaux, des têtes de morts, des images d'un goût douteux.

Les tatouages se portent comme des accessoires de mode... ils sont parfois envahissants, ils couvrent les bras, les jambes, le torse et en viennent à dénaturer le corps humain.

 

Comme l'écrit Michel Onfray dans son ouvrage L'art d'être français, "En ces temps régressifs, tout ce qui rappelle le monde adulte est honni, tout ce qui témoigne d'une figure d'autorité ou d'ordre est détesté. C'est le tropisme de l'enfant qui veut tout, tout de suite et qui, sinon, larmoie, couine, crie, pleure."

 

C'est aussi François-Xavier Bellamy qui dans son ouvrage intitulé Les déshérités, évoque la "crise d'adolescence collective que traverse notre époque"...

"De la figure moderne de l'adolescence, nous avons fait notre idéal : la rébellion contre toute autorité, l'esprit critique et frondeur, la quête permanente de la nouveauté et le refus du passé sont devenus nos plus grandes vertus..."

 

L'enfant, l'adolescent sont à l'honneur ! N'ont-ils pas tous les droits ou presque ?

Le droit de mentir, de tricher, le droit de contester des punitions, le droit de contester les autorités...

On leur pardonne tout, on leur passe tant de caprices !

 

 

 

 

 

 

Les grands enfants...
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23 décembre 2020 3 23 /12 /décembre /2020 09:49
Un Noël particulier...

 

Avec la crise du Covid, cette année, la fête de Noël s'annonce différente : pas de grands rassemblements familiaux, pas de grands repas de Noël...

 

Et si on en profitait pour mettre un peu plus de frugalité dans nos menus ?

Plus de simplicité dans les plats, plus de naturel...

Evitons les aliments transformés qu'on nous propose à tout va : pâtés en croûte au foie de canard, pains d'épices, gougères aux quatre saveurs, saucisses costumées, canapés, petits fours, sapin brioche au coeur fondant, tielles sétoises, cakes, black burgers au saumon fumé, saucisses cocktail, verrines aux écrevisses, poivrons, artichauts marinés, feuilletés au ris de veau et aux morilles, parmentier de poulet, de canard, coquilles Saint-Jacques à la Normande... etc. j'en passe et des meilleures... une véritable orgie consumériste...

 

Moins de cadeaux aussi : de nos jours, la plupart des enfants sont submergés de cadeaux, ce qui les laisse indifférents et blasés...

Trop, c'est trop !

Comme pour la nourriture, les excès ne sont pas bons...

 

"Alors qu'ils ne reçurent pendant longtemps qu'une orange dans leur soulier jusqu'au milieu du siècle dernier... les enfants n'ont pas seulement acquis le droit de désirer et de faire commande de leurs désirs. Ils y sont pour ainsi dire poussés avec la plus grande énergie par des adultes qui se repaissent de leur joie et se font les auxiliaires consentants de la main bien visible du marché...."écrit fort justement Stéphane Floccari, dans son ouvrage intitulé Survivre à Noël.

Les enfants rois sont désormais au centre de la société de consommation. Les enfants reçoivent tant de cadeaux !

 

Et les adultes eux-mêmes ne sont pas en reste : l'usage s'est répandu d'offrir des cadeaux à tout un chacun, et pas seulement aux enfants...

Ainsi, se perd l'esprit de Noël...

 

Qu'est-ce que la fête de Noël ? Quel est le message originel ? C'est bien sûr, celui de la crèche où un enfant est né dans la pauvreté, il y a deux mille ans, un enfant qui symbolise toute la richesse de l'amour.

 

Ce message a été oublié, perverti, car Noël est devenu dans nos sociétés une fête de la consommation, une célébration du capitalisme triomphant : que de richesses étalées dans les "temples de la consommation" que sont les grandes surfaces !

Quel luxe ! Quelle opulence !

Oublié l'esprit de Noël ! Oublié le message originel !

 

Alors, il faut souhaiter que ce Noël soit l'occasion de revenir à plus de simplicité et de retenue...

Mais, on peut en douter, car des habitudes sont installées...

 

 

 

 

Un Noël particulier...
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4 mai 2020 1 04 /05 /mai /2020 08:35
Enseigner avec un masque ?

 

Les enseignants devront porter des masques lors de la réouverture des écoles prévue pour le 11 mai...

Les enseignants, qui accueilleront progressivement des élèves au sein de leurs classes pendant la première phase du déconfinement, devront porter un masque en permanence dans les établissements scolaires, et ce, même "lorsqu’ils feront cours", a déclaré Olivier Véran.

On perçoit bien, avec cette décision, la déconnexion du monde politique avec les réalités du travail que connaissent les professeurs.

Les hommes politiques ont-ils déjà donné des cours ? Est-ce que les hommes politiques portent des masques lorsqu'ils font des déclarations ?


Enseigner avec un masque ?

Voilà une situation inédite qui pose de nombreux problèmes...

 

Parler derrière un masque, ce n'est pas un exercice facile, d'autant que les enseignants doivent forcer leur voix afin d'être audibles... Essayez donc de parler pendant une heure, avec un masque sur le visage... vous verrez ! Le masque étouffe les sons...

Faudrait-il prévoir des micros afin d'amplifier la voix ou encore des masques intégrant un porte-voix ?

 

Comment oublier que l'enseignement passe aussi par l'expressivité du visage ? Le sourire, la connivence, une voix chaleureuse...

L'enseignement, c'est d'abord une présence vivante qui doit s'adresser à des élèves.

Les professeurs vont étouffer sous leur masque. Enseigner avec un bâillon sur le visage, c'est une torture...

 

Quant à la décision de rouvrir les petites classes d'abord, cela paraît particulièrement imprudent dans la mesure où les jeunes enfants auront des difficultés à respecter les gestes barrières.

"La distanciation sociale en maternelle est impossible : apprendre, c'est partager, manipuler, c'est échanger... tout cela ne sera pas possible car tout objet qui sera touché par un élève devra être désinfecté...

En maternelle, la mission essentielle, c'est la socialisation avec les autres, c'est aussi l'apprentissage du langage et de la communication non verbale, notamment tout ce qui passe par le visage... le langage va être en plus légèrement déformé avec le masque...

Les plus petits ont besoin de contacts physiques...", témoignent des enseignantes d'école maternelle.

 

Ainsi, une dizaine de maires refusent déjà d'ouvrir leurs écoles. Un mouvement qui va aller en s'amplifiant, d'une part pour ne pas mettre en danger enfants et enseignants de leurs communes sur une décision politique de macron. D'autre part parce qu’ils seront directement visés par les plaintes en justice dès les premières contaminations.

 

 

Sources :

 

https://www.franceinter.fr/emissions/le-telephone-sonne/le-telephone-sonne-02-mai-2020-0

 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/04/28/annabelle-martin-golay-meme-un-cours-virtuel-est-preferable-a-une-fausse-presence_6037963_3232.html

 

 

Enseigner avec un masque ?
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13 avril 2020 1 13 /04 /avril /2020 09:26
On n'est pas sorti de l'auberge...

 

Nous voici donc prisonniers, enfermés dans nos maisons, nos appartements... On n'est pas sorti de l'auberge... comme on dit familièrement.

 

Dehors, le printemps nous nargue : dehors, la nature s'éveille, les arbres retrouvent de nouvelles frondaisons, les fleurs commencent à s'épanouir, le soleil de plus en plus présent nous offre des journées rayonnantes...

Un temps splendide ! C'est la saison des floraisons, des ciels lumineux, c'est la saison du renouveau.

La saison des retrouvailles avec la nature, la saison tant attendue du printemps, des tenues plus légères, la saison des bras nus, de la douceur revenue.

 

 

Mais nous sommes voués à l'enfermement, à la réclusion, au confinement, nos demeures deviennent des prisons. Nous sommes privés de cette nature généreuse et accueillante.

Nous voici confinés pour un certain temps encore...

Il faut imaginer le sort de ceux qui sont enfermés dans des cités, dans des appartements exigus sans balcon, sans jardin. Eux ne peuvent même pas admirer la nature qui s'éveille.

Que dire de ces femmes menacées, violentées par leurs conjoints ? Parfois, ce sont les enfants qui trinquent et qui sont victimes de sévices.

Les personnes âgées souffrent aussi d'isolement, et vivent des moments difficiles

 

Quand serons-nous libérés pour ne pas dire "déconfinés" ? Ce n'est pas à l'ordre du jour...

Il est vrai que nous vivons une situation complètement inédite. Comment en sortirons-nous ? Dans quel état physique et mental ?

 

Le virus à couronne va-t-il se montrer moins virulent, avec l'arrivée de la belle saison ? Rien n'est moins sûr...

Il semble peu probable qu'une grande partie de la population soit immunisée en raison même du confinement... le confinement étant donc une arme à double tranchant.

Un véritable cauchemar : comment vaincre un virus pour lequel nous ne disposons pas de médicaments fiables ?

Comment vaincre un ennemi invisible qui peut se trouver partout ?

On perçoit ici toute la fragilité humaine : un virus minuscule nous menace, il nous contraint à rester chez nous, il nous voue à la peur, à la suspicion...

Un virus nous emprisonne, nous maintient en détention, à distance des autres...

Permission de sortie : une fois par semaine pour faire ses courses, une autre fois pour faire un peu d'exercices...

Un virus nous paralyse, et nous empêche de vivre tout simplement : les morts sont nombreux, et les vivants en sont réduits à limiter leurs activités, à travailler à distance, à se terrer dans leur maison.

 

Une chose est sûre : le déconfinement sera compliqué... "on peut imaginer des déconfinements géographiques – avec interdiction de sortir ou d'entrer dans la zone - ou encore un déconfinement par tranche d'âge, en laissant les populations les plus à risque, les personnes âgées  confinées plus longtemps jusqu'à réduction de l'épidémie.

 

Reste l'option du tracking, c'est à dire du suivi des malades et de leur contacts via la surveillance numérique mais ce tracking pose d'évident problèmes d'éthique qui semblent impossible à résoudre à courte échéance.

 

Ce qui est certain, c'est que déconfinement ne signifie pas  "retour à la vie  normale". Des mesures de distanciation sociale vont être maintenues pendant longtemps, et il est également possible qu'en cas de retour de vague épidémique, les mesures de confinement soient réinstaurées quelques semaines. C'est une autre stratégie, celle du stop-and-go, celle que le gouvernement souhaiterait a priori éviter à tout prix."

 

Oui, vraiment, nous ne sommes pas sortis de l'auberge.

 

 

 

https://www.franceculture.fr/emissions/radiographies-du-coronavirus-la-chronique/le-deconfinement-ou-quand-comment

 

 

On n'est pas sorti de l'auberge...
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17 janvier 2020 5 17 /01 /janvier /2020 13:19
On allait au bord de la mer...

 

Les vacances, la mer, le soleil, voilà de quoi composer une chanson pleine de gaieté... 

Michel Jonasz, lui, nous raconte ses vacances d'autrefois au bord de la mer, avec nostalgie et mélancolie : il évoque des vacances familiales, en toute simplicité : 

"On allait au bord de la mer 
Avec mon père, ma sœur, ma mère..."

L'imparfait semble marquer une habitude, des voyages répétés, toujours les mêmes, les mots simples restituent la modestie de ces gens qui partent en vacances. La famille est alors amenée à côtoyer "les autres gens" qui, eux, appartiennent à d'autres catégories sociales...

On perçoit un regard un peu envieux :

"On regardait les autres gens 
Comme ils dépensaient leur argent 
Nous il fallait faire attention..."

C'est bien sûr l'argent qui fait la différence, ce qui suggère bien le champ lexical utilisé : "dépenser, argent, payer, prix.

Mais, le seul spectacle de la mer et des bateaux suffit à contenter la famille, les "glaces à l'eau" viennent compléter le bonheur de ces gens simples : les sensations visuelle, gustative sont particulièrement soulignées et appréciées.

"Alors on regardait les bateaux 
On suçait des glaces à l'eau..."

Pour ces gens modestes, "les palaces, les restaurants" ne sont pas accessibles, et on les voit "passer devant" sans regret, puisque d'autres plaisirs sont disponibles : "on regardait les bateaux" et puis il y a les bonheurs de la plage 

"Le matin on se réveillait tôt 
Sur la plage pendant des heures 
On prenait de belles couleurs"

On perçoit là une certaine monotonie dans cet emploi du temps invariable, ce que suggère bien l'emploi de l'imparfait d'habitude.
 

Une seule variation est introduite : 

"Et quand les vagues étaient tranquilles 
On passait la journée aux îles 
Sauf quand on pouvait déjà plus..."

Les îles représentent traditionnellement le voyage, le rêve... mais ce rêve n'était pas toujours à portée de mains, comme le montre l'expression pleine de pudeur : "sauf quand on pouvait déjà plus", sans doute par manque de moyens.

Dans le dernier couplet, on retrouve cette douce monotonie dans les activités :

"Alors on regardait les bateaux 
On suçait des glaces à l'eau..."

Le texte s'achève sur des remarques nuancées : une certaine tristesse, d'un côté, mais aussi une admiration vouée sans doute au spectacle de la mer :
 

"On avait le cœur un peu gros 
Mais c'était quand même beau" 

Ces souvenirs d'enfance sonnent vrai : aucune joie exubérante, ici, aucune amertume, mais une douce mélancolie... 

La dernière phrase montre l'importance du regard porté sur les paysages, sur leur beauté.

La mélodie restitue une ambiance feutrée, douce, mélancolique, mais aussi dans le refrain, un bonheur de profiter de ces vacances au bord de la mer, un bonheur de regarder et d'apprécier.
 

 

 

 

 

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27 novembre 2019 3 27 /11 /novembre /2019 12:16
Retrouver un regard d'enfant...

 

Les enfants sont curieux du monde qu'ils découvrent, ils observent avec étonnement tous ceux qu'ils rencontrent : l'enfant s'intéresse spontanément à l'autre, il porte un regard attentif sur les êtres et les choses... il a une extraordinaire capacité d'émerveillement.

 

Dans le jardin de la ville où je me promène parfois, il n'est pas rare qu'un enfant à vélo me lance un bonjour très appuyé. Le plus souvent, les adultes, eux, ne disent pas bonjour à des inconnus.

Ainsi, l'enfant a ce don du bonheur de la découverte : il est à l'affût du monde...

 

Il serait bon de retrouver ce don, cette curiosité portée sur le monde, car trop souvent, nous ne regardons plus ce qui nous entoure.

Nous avons perdu cette capacité première de nous émerveiller et d'admirer.

Nous ne savons plus observer, nous ne prenons plus le temps de le faire.

 

Accaparés par des écrans de toutes sortes, nous en oublions de regarder les autres, le monde qui nous entoure.

 

Soyons curieux, curieux de littérature, de musique, de peintures, soyons curieux de la nature, des fleurs, des arbres, des oiseaux...

Cultivons cette qualité : la curiosité...

 

Comme l'écrit Jean-Pierre Martin, " la curiosité procède d'une attention affectueuse au monde. Le curieux, c'est d'abord celui qui s'inquiète et qui a grand soin. Etre curieux, avoir cure, ce n'est pas sans rapport avec l'amour du monde."

Le mot curiosité vient en effet d'un terme latin "cura", "le soin, le souci".

La curiosité permet de s'ouvrir aux autres.

 

C'est la curiosité qui nous fait progresser et découvrir de nouveaux horizons, c'est la curiosité qui nous invite à nous élever vers plus de savoirs et de réflexion.

 

La lecture est par excellence un acte de curiosité : elle nous offre la possibilité de nous intéresser à toutes sortes de sujets.

Lire, c'est être particulièrement attentif et concentré... ouvrir un livre, c'est une ouverture sur le monde...

 

Oui, la curiosité est stimulante : elle fait plus particulièrement partie du monde de l'enfance... il est essentiel de la cultiver.

 

 

 

 

 

 

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1 avril 2019 1 01 /04 /avril /2019 08:33
Un poisson pour célébrer le mois d'avril : la rascasse...

 

 

La rascasse a une allure impressionnante : petit monstre à large bouche, ce poisson osseux, aux teintes brunâtres, vit dans les fonds rocheux...

 

Le mot lui-même est rude avec ses sonorités de gutturales "r", "k", sa voyelle "a" redoublée, la sifflante "s" réitérée faisant claquer le nom de ce poisson.

 

"Crapaud de mer, scorpion, diable de mer, scorpène" : les autres dénominations de la rascasse sont saisissantes, elles suscitent l'effroi, d'ailleurs certaines espèces sont venimeuses, par leurs piquants chargés de poisons.

 

La rascasse évoque bien sûr la Méditerranée, ses côtes découpées, ses calanques abruptes, ses paysages somptueux, son nom vient du mot provençal « rascous » qui signifie « rugueux », « teigneux ». 

 

 C'est aussi un des poissons emblématiques de la fameuse bouillabaisse marseillaise et plus généralement de la soupe de poissons.

 

Les sonorités elles-mêmes du mot nous emmènent vers le sud, on entend le parler provençal, les poissonnières qui vantent leurs marchandises, sur les quais du port de Marseille : "ELLE EST BELLE, MA RASCASSE !"

On savoure ce mot, on se délecte de toutes ses consonnes et de ses voyelles...

On entend des mots du sud : "le pataclet, la favouille, le fada, l'arapède, le cagnard, la galline, la pigne"...

 

Ce poisson évoque, pour moi, le petit port de l'Estaque dont je suis originaire...

De nombreuses rues de ce village portent des noms de poissons : la rue de la rascasse, le passage du pataclet, la montée de la sardine, la traverse du fielas... comme si la proximité de la mer avait définitivement marqué de son empreinte ce petit coin de la Méditerranée.

 

Aussitôt, je sens des embruns marins, des senteurs de pins, je revois des pointus, des barques de pêcheurs, des filets, des salabres...

La Méditerranée, ses replis, ses flots d'un bleu infini, le sac et le ressac de la mer, les baignades en été...

Mon grand-père en train de ravauder ses filets sur sa barque...

Je revois le petit port de l'Estaque qui a inspiré des peintres célèbres, Cézanne, Braque, Renoir, les collines environnantes, des paysages marins emplis de charme, le murmure incessant des cigales, en été.

 

 

 

 

 

Un poisson pour célébrer le mois d'avril : la rascasse...
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