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18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 09:44
Une nuit d'été à l'Estaque...

 



Une photo d'autrefois...


C'est la nuit, sur les quais de l'Estaque : on aperçoit, dans le lointain, un fanal, lumière vive qui transperce l'obscurité de la nuit...

Nous marchons sur le quai : ma soeur doit avoir une douzaine d'années, mon frère, quatre ans et moi, deux.

Ma soeur, revêtue d'une robe claire, maintient fermement le bras de mon frère, la mine rebelle, les cheveux blonds et bouclés...

L'air mutin, mon frère a manifestement envie de s'échapper... Un pas devant, je suis là, je montre ma frimousse ronde et je m'aventure à la découverte des mystères de la nuit.

Les yeux grands ouverts, j'explore les alentours, dans une attitude de grande curiosité.

Tandis que ma soeur et mon frère regardent l'objectif, j'inspecte le monde et je le découvre avec avidité....

Seuls mes frère et soeur posent pour la photo, alors que j'observe le paysage.

Bras en avant, poings fermés, je vais seule et je suis à l'affût du monde... La nuit est profonde : nous avons dû assister à quelque fête nocturne sur les quais du port de l'Estaque, soirée festive, joutes provençales.
Nos tenues sont estivales, et nous goûtons au plaisir d'une balade nocturne.

Mon frère débraillé manifeste des envies de liberté tandis que ma soeur le maintient solidement par le bras.

On sent la mer toute proche, les bateaux, le spectacle du port. On perçoit le bonheur de ce moment de détente : les senteurs de la mer, une obscurité bienveillante, la douceur de l'été...

On sent un air de liberté, un épanouissement, un apaisement, tous les plaisirs de l'été...

Un instantané de bonheur, au bord de la mer...


Nos trois silhouettes revêtues de tenues claires ressortent, sur le fond sombre de la nuit. 

Beau tableau de l'enfance, beau moment de loisir et de détente sur le port de l'Estaque...

Belle envie de liberté de mon frère... beau désir, de ma part, de découvrir le monde.

Et ma soeur essaie de contenir le galopin aux cheveux ébouriffés, aux vêtements en bataille, elle l'agrippe par le bras, le maintient contre vents et marées sous sa surveillance...

Prudente tout de même, je m'avance devant eux, avec de grands yeux étonnés et interrogateurs, comme si le monde me tendait les bras.









Photos : Pixabay et Christelle

Une nuit d'été à l'Estaque...
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7 avril 2016 4 07 /04 /avril /2016 13:03
Les rires des enfants et les Mistrals gagnants...

 

 

 

L'enfance,  ses bonheurs, les souvenirs, le temps qui passe, la tendresse d'un père, tant de thèmes sont évoqués dans cette chanson de Renaud : Mistral gagnant...

 

Le texte écrit à la deuxième personne se présente sous la forme d'un discours familier et tendre, adressé à un enfant...

 

Le temps d'une pause dans la vie trépidante qui nous emporte, le temps de s'asseoir "cinq minutes sur un banc", de "regarder les gens"... Renaud suggère, là, des bonheurs quotidiens, banals : "parler du bon temps d'autrefois" à son enfant, "serrer ses petits doigts"...

 

Vivre un instant fugace, en observant le monde, les gens qui passent, des pigeons idiots à qui on donne à "bouffer"..., s'amuser comme un gosse "à leur filer des coups de pieds pour de faux"... et rejoindre ainsi le monde de l'enfance...

 

Le bonheur, aussi d'entendre, le rire de l'enfant qui "lézarde les murs", car ce rire éclaire le monde et semble même l'ébranler et le modifier !

Cette image forte restitue bien tous les pouvoirs de l'enfance...

 

Ce rire salvateur, bénéfique parvient, d'ailleurs, à "guérir toutes les blessures."

 

Le bonheur de parler, de raconter des souvenirs d'enfance, quand on était "minot", un terme familier qui renvoie bien à toute la tendresse de cet âge...

 

C'est un âge fait d'insouciance, de légèreté, que nous raconte Renaud, comme le montrent bien les souvenirs évoqués : les sucreries, les bonbons transformés en "bombecs fabuleux", véritables objets de convoitise qu'on "piquait chez le marchand"...

L'énumération de ces gourmandises retranscrit toute une époque passée : 

"Car-en-sac et Mintho caramels à un franc 
Et les Mistrals gagnants"...
 

 

Les Mistrals gagnants, surtout... , des confiseries aujourd'hui disparues, une poudre sucrée contenue dans un sachet, une "biberine" que l'on aspirait grâce à un petite paille en réglisse... Si à l'intérieur on trouvait la mention "gagnant", on avait droit à un nouveau "bonbec"gratuit. 
 

Renaud évoque, également, le bonheur tout simple de marcher sous la pluie, tout en regardant le monde, "la vie", de parler encore de la "terre", de ses merveilles...

 

Le bonheur de la complicité avec son enfant, le bonheur de lui "bouffer les yeux" pour s'imprégner de son image rayonnante. le plaisir de "sauter dans les flaques", comme pour vivre intensément le moment présent et, entendre les reproches de la mère qui "râle" de ces enfantillages...

 

Et, bien sûr, le rire de l'enfant fait partie de ces moments privilégiés, il est, cette fois, comparé au bruit que fait la mer, belle image qui retranscrit une harmonie.

Puis, c'est le retour vers les souvenirs d'autrefois, à nouveau le temps des friandises, à travers une énumération :

"Te raconter surtout les carambars d'antan et les coco-boers 
Et les vrais roudoudous qui nous coupaient les lèvres et nous niquaient les dents 
Et les Mistrals gagnants..."

 

Des friandises dont l'enfant ne percevait pas encore tous les effets, mais qui étaient un véritable réconfort et qui symbolisent, à merveille, toutes les douceurs de l'enfance.

 

Le "banc", sur lequel on revient, symbolise bien, aussi, ce moment d'arrêt qui permet d'observer le monde et "le soleil qui s'en va"représente le temps qui passe inexorablement.

Cette pause sur le banc offre encore l'occasion de communiquer, de parler "du bon temps qu'est mort"...

 

On perçoit là toute la nostalgie et la mélancolie du poète, une mélancolie qu'il veut effacer en affirmant "qu'il s'en fout".

 

Le rire de l'enfant est, ensuite, assimilé à des cris d'oiseaux qui s'envolent haut dans le ciel, comme pour le magnifier et en montrer toute la force.

 

La chanson s'achève sous la forme d'un message adressé à l'enfant, d'abord une sorte de mise en garde : "les méchants, c'est pas nous...", cette phrase révèle, de manière implicite, l'existence de ces "méchants" dont il faut, tout de même, se méfier et se prémunir...

 

Mais le message ultime est encore plus fort, c'est une invitation à profiter du bonheur présent, avec intensité : il faut "aimer la vie, même si le temps est assassin... lui qui emporte les rires des enfants et les Mistrals gagnants..."

 

La mélodie, au piano, égrène des notes simples et limpides... lumineuse, elle restitue, à la fois, les bonheurs de l'enfance et toute la mélancolie du poète.

 

 

 

 

 

Le texte :

 

http://www.parolesmania.com/paroles_renaud_9473/paroles_mistral_gagnant_331485.html

 

 

Photo : rosemar

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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 15:03
Où sont les pierres, où sont les roses ?

 

 

 

La maison de notre enfance reste gravée dans l'esprit de chacun d'entre nous : tel est le thème de cette chanson interprétée par Françoise Hardy, intitulée, La maison où j'ai grandi...

 

Ce texte à la première personne traduit des sentiments que nous avons tous pu éprouver... un décor simple, des "roses, un jardin, des arbres" : ces souvenirs restent vivaces, comme le suggère l'emploi du présent de l'indicatif : " je revois, je vois..."

En contraste, les imparfaits : "là où vivaient des arbres, les fleurs que j'aimais tant" évoquent un passé révolu.

 

Les arbres personnifiés, associés au verbe "vivre" sont comme magnifiés.

Le rire, l'amitié, le partage font, aussi, partie de ce passé perdu : d'ailleurs, le thème des larmes souligne le déchirement : il a fallu, un jour, partir... certes, la découverte du monde était présentée comme un espoir, un renouveau : l'univers de la ville paraissait merveilleux, dans les lumières de la nuit.

L'espoir du retour était, pourtant, bien présent, comme le montre le discours :" je reviendrai, je prendrai le train du souvenir..."



L'emploi des différents temps : présent, imparfait, futur suggère l'écoulement inexorable du temps.

Ce temps a fui : la maison a disparu, et les interrogations montrent bien le désarroi : "Où sont les pierres et où sont les roses
Toutes ces choses auxquelles je tenais ? Et la maison, où est-elle, la maison
Où j´ai grandi ?"

On perçoit un attachement viscéral à un monde simple fait de pierres, de roses.

Le verbe "voler", très fort, souligne un vide terrible, dans l'expression : "D'autres gens, d'autres maisons ont volé leurs places..." 
La ville a remplacé le décor de l'enfance, associé au bonheur, aux rires.

L'adjectif possessif "ma" répété devant le mot "maison" insiste sur l'importance de ce lieu de l'enfance : "je ne sais pas où est ma maison..."

La mélodie douce et tendre accentue la nostalgie, la beauté, la simplicité des souvenirs évoqués... Elle s'anime à l'évocation du passé, des amis, du bonheur d'autrefois.

Le thème de l'enfance traité dans cette chanson est universel : le regret associé à cette période de la vie, la mélancolie du temps qui passe... la maison qui nous a vus grandir et qui, souvent, n'existe plus que dans des souvenirs. On perçoit aussi une ville envahissante qui a remplacé le modeste décor d'autrefois.


La fin de la chanson, grâce à des questions réitérées et insistantes, à la répétition du mot "maison", révèle un bouleversement, un désarroi.


Simplicité, émotion, poésie, tendresse sont réunies dans cette chanson, parue en 1966. Les paroles ont été écrites par Eddy Marnay et la musique composée par Adriano Celentano.

 

 

 

La chanson :


 https://youtu.be/Upg0BNJ3Y-Q



 



 



 

Où sont les pierres, où sont les roses ?
Où sont les pierres, où sont les roses ?
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21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 17:35

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Nous gardons tous des souvenirs des lieux de notre enfance : maison d'autrefois, cuisine, chambre, terrasse...

 

La terrasse, en particulier, est un lieu de découvertes : ouverte sur l'extérieur, elle permet de s'aérer, de goûter l'air du temps, de jouer.

 

La terrasse de notre enfance était une cour rectangulaire, assez pauvre et dénudée, cernée, d'un côté, par un mur gris, couvert de dessins à la craie, de l'autre, par un grillage.

 

Une table en bois, éraflée, avec des abattants, se dressait près du mur, garnie d' un seau et d' un vieux pot de fleurs.

 

Au fond, la porte d'entrée de la maison, mi-bois, mi-vitrage, un rideau de lanières en plastique aux couleurs bariolées, un vieux mur lézardé.

Près de la porte, était disposée une caisse à jouets, sorte de caisson en bois où l'on rangeait des objets divers...

Calés sur le bord, dans un coin, on pouvait voir des rames, un salabre, un parasol... Près de la table une chaise longue en tissu rayé.

 

Aucun luxe, un certain dépouillement dans le décor, une terrasse d'autrefois animée par nos petits jeux d'enfants : la marelle, le hula hoop ou le cerceau, le diabolo, la corde à sauter, des balles, des billes.

 

Ma grande soeur excellait à lancer le diabolo, et à le rattraper, avec habileté, sur le fil en nylon... J'essayais, pour ma part, de faire tourner le hula hoop, autour de ma taille et j'ai dû acquérir, à ce jeu, une certaine souplesse.

 

Des chats peuplaient aussi la terrasse et faisaient toute notre joie : chat tigré, chat grisé et blanc, chat noir.

 

Petits, ils égayaient la terrasse de leurs jeux, de leur mines, de leurs découvertes...

Des chats aux minois inoubliables, charmeurs, tantôt attentifs, tantôt rieurs.

 

La terrasse permettait de prendre le frais, le soir, aux beaux jours, de goûter à la clarté de la lune, de paresser au soleil pendant l'été...

La terrasse nous offrait un havre de paix, à l'abri des regards extérieurs : même pauvre, c'était un luxe ! 

 

On pouvait y faire la lessive en été, étendre du linge : ma mère sortait sa vieille machine à essorer, avec un rouleau où l'on passait le linge.

 

On pouvait, à loisir, toucher l'eau et savourer le bonheur des lessives d'autrefois, en plein air...

 

En été, mes parents installaient une bassine assez grande pour que nous puissions barboter et clapoter dans l'eau.

 

On pouvait s'asseoir sur le pas de la porte, deviser,  observer la rue et ses passants.

 

La terrasse n'était pas un jardin fleuri, verdoyant, c'était, pourtant, une sorte de luxe !

 

La terrasse nous donnait une impression de liberté, d'ouverture, elle nous offrait un cadre extérieur : on y sentait les odeurs marines qui nous parvenaient du petit port de l'Estaque, on y percevait les bruits de la mer...

 

On y ressentait l'air ambré des flots de la Méditerranée toute proche...

 

http://youtu.be/-IRIqII4z_c

 

 

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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 16:11

 

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Une photo, devant la maison de notre enfance : c'est l'été, on sent la chaleur de la terre de Provence. Sur la terrasse dépouillée, nous posons, mon frère et moi : mon frère doit avoir 10 ans, moi, 8.

 

Nos tenues sont légères : shorts, chemise sans manche pour mon frère, menu caraco pour moi, sandales aux pieds...Nous sommes très proches, le bras de mon frère est posé sur mes épaules.

 

Nous sourions, pour la photo bien sûr, mais nous rayonnons, aussi, du bonheur de ce jour d'été : nous sommes encore des enfants pleins d'espoir, de vie, de promesses... Le temps des jeux, des rires, des rêves... et, en plus, pour cette photo, le temps des vacances, des loisirs, de la plage, des petits bonheurs partagés.

 

La maison est austère et peu confortable, une maison à l'ancienne sans commodités, mais nous sourions à la vie qui s'ouvre devant nous. Notre avenir nous paraît flamboyant, plein d'étincelles, de découvertes.

 

L'enfance, c'est bien ce moment de la vie où l'on s'imagine maître du monde... un moment où l'on est triomphant, sûr d'un avenir meilleur...

 

Nous nous dirigeons, alors, vers le 21ème siècle, plein de promesses, de renouveau, de progrès inouis.

 

Notre univers est, pourtant, bien modeste : fils et fille d'ouvrier, notre vie est simple, économe. Nous sommes des gens humbles, réservés, comme le sont nos parents.

 

Mais notre avenir nous paraît incroyablement heureux et superbe ! Notre avenir sera conquérant, notre avenir sera brillant ! C'est ainsi que nous voulons voir le monde !

 

Nos sourires sont, d'ailleurs, éblouissants et prouvent notre confiance dans le futur...

Quelle superbe image de l'enfance ! Tous les enfants sont ainsi, sans doute... presque tous les enfants rayonnent, mais il me semble que nous rayonnons d'une maniére plus particulière et intense.

 

Bien sûr, le temps a passé, nous ne sommes plus des enfants : certains rêves se sont effondrés et évanouis, la vie nous a forgés, façonnés, nous a meurtris, nous a éloignés  l'un de l'autre.

 

Le monde nous a déçus, parfois.. souvent, il nous a éblouis. Nous avons beaucoup appris de nos expériences, de notre vie, de nos malheurs, de nos joies, de nos peines.

 

On espérait, sans doute, un avenir meilleur : il aurait dû logiquement être meilleur : c'était, là, la courbe prévue... mais non, la courbe semble s'inverser, le monde semble basculer : la crise, les marchés, le chômage qui s'accroît, l'avenir de plus en plus incertain et inquiet.

 

Ce monde nous a rendus inquiets : est-ce le temps qui passe ou le monde dans lequel nous vivons ?

 

Oui, ce monde est une époque de bouleversements merveilleux, mais aussi un monde d'angoisse, de peur, face à l'incertitude de l'avenir, face au chômage, aux problèmes de pollution, de société, face à la crise qui accable les peuples, aux régressions qui nous menacent... Nos parents et nos grands parents ont connu des guerres, des conflits atroces qui ont déchiré l'Europe... Et nous, ne sommes-nous pas confrontés à de nouvelles craintes, à de nouveaux tourments ?

 

Le monde des hommes ne reste-t-il pas celui de l'inquiétude, de l'incertitude, de la peur ?

 

Le monde des hommes n'est-il pas voué à être trouble, obscur, ténébreux ?

 

 

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Photos : Christelle et rosemar



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Published by rosemar - dans souvenirs enfance été
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