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21 février 2016 7 21 /02 /février /2016 16:22
C'est un modeste...

 

 

"Les pays, c'est pas ça qui manque,
On vient au monde à Salamanque
A Paris, Bordeaux, Lille, Brest(e).
Lui, la nativité le prit
Du côté des Saintes-Maries,
C'est un modeste.


Comme jadis a fait un roi,
Il serait bien fichu, je crois,
De donner le trône et le reste
Contre un seul cheval camarguais
Bancal, vieux, borgne, fatigué,
C'est un modeste..."

 

 

Tout le monde connaît cette chanson de Georges Brassens, intitulé Le modeste...


Ce mot tout simple vient d'un nom latin "modus", "la mesure, la modération". Le modeste est celui qui sait faire preuve de retenue et de réserve...

Ce terme n'est-il pas un modèle de simplicité ? Dentales "d" et "t" se répondent en un écho, on est sensible, en écoutant ce mot, à la douceur de la sifflante "s", de la labiale "m" initiale, pouvant évoquer une bouche fermée qui ne s'exhale pas en paroles inutiles.

Le modeste refuse les excès et fait preuve d'une certaine pondération, dans ses propos... J'aime la modestie et la réserve, qualités qui ont tendance à se perdre dans le monde moderne.

J'aime la douceur de ce mot... Mais, pour beaucoup, la modestie n'est plus une vertu, elle se mue en discrétion, sournoiserie, mutisme.

Dans un monde où règnent la futilité, l'intempérance, l'arrogance, la vraie modestie n'a plus guère sa place.

Vive la modestie ! Elle est réservée, souvent, aux gens humbles et simples.

J'en fais partie ! Issue du peuple, j'entends rester dans cette réserve et cette pudeur : j'entends ne pas renier mes origines...

Je refuse d'utiliser un langage ordurier, démesuré... je refuse de mépriser et d'invectiver les autres.

L'orgueil des grands de ce monde, leur morgue ne me conviennent pas... J'entends réhabiliter la modestie et la mesure, je refuse les excès de l'intempérance, je dénonce l'hybris sous toutes ses formes.

L'hybris, la démesure, le superflu ne sont-ils pas les principaux défauts de notre monde ? Consommation débridée, gaspillages, excès de langage, insultes, mépris de l'humanité, mépris des autres sont l'essence de notre monde.

Il faut les dénoncer et souligner l'importance du respect qui passe par une certaine modération, une modestie de bon aloi...

Le modeste ne gêne pas les autres, refuse de se montrer ostensiblement aux autres, il fait preuve de pudeur.

Le modeste reste dans les limites de la raison, de la réflexion, mais dans un monde où s'imposent le règne de l'image, la démesure du progrès et ses excès, la course à l'innovation, à la consommation d'objets futiles, la modestie semble ne plus être à l'honneur...

Quand on évoque la modestie, on songe, bien sûr, à Georges Brassens, lui-même, on songe aussi à ce grand humaniste que fut Montaigne, un auteur plein de grandeur et d'humilité : dès le début des Essais, Montaigne affirme que son but est modeste et qu'il ne prétend enseigner aucune doctrine...

La modestie : voilà une vertu oubliée, livrée en pâture à ceux qui prétendent s'imposer, sans modération.




 


http://youtu.be/97j_6wIDly0


 


 

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19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 13:51
La neige, symbole de l'hiver, fait surgir des images irréelles...

 

 

"Un nom d'une blancheur éclatante !"


Le mot "neige" associé à l'hiver, nous fait entendre des sonorités feutrées et ouatées, peu marquées : voyelles assez neutres, chuintante "g" qui ferme le nom...

Issu d'un nom latin, "nix, nivis", "la neige", et du latin populaire "nivicare", ce mot ancien a subi des évolutions phonétiques notables.

Ce terme nous fait voir des tons de blancs, des teintes atténuées, des paysages perdus sous un manteau de frimas.

Ce mot nous éblouit de ses éclats de blancs, de ses scintillements d'étoiles légères.

La neige, symbole de l'hiver fait surgir des images irréelles : des arbres dont les teintes s'effacent, des pierres qui s'évanouissent sur un chemin, des ondoiements de blancs à perte de vue...

Des toits qui prennent des couleurs pâles et nouvelles, aux teintes irisés, des pas dans la neige qui laissent des traces surprenantes, inhabituelles.

Des montagnes aux pentes abruptes, des flocons qui virevoltent dans un ballet somptueux, étourdissant de lumières de candeur.

Des entrelacs de neige dans l'air vif de l'hiver, la bise froide et glacée, les morsures de l'hiver...

La neige qui paralyse, assomme de froid et de misères, qui fait blêmir certains, ceux qui n'ont pas de toit et qui souffrent.

La neige terrible qui tue, qui engourdit les corps et les âmes.

La neige lourde, pesante qui s'empare des routes, des paysages, qui envahit tout.

La neige, insidieuse, silencieuse, dont on n'entend même pas le bruit des flocons.

Beauté et cruauté semblent réunies dans ce mot, cruauté qui se cache sous des apparences pleines d'élégance et de douceur...

La neige fascine, attire tous les regards, mais elle peut être dure et âpre, comme le sont l'hiver et ses froids glacés.

Apreté, magnificence, gel, tapis de blancheurs, la neige oscille entre bonheur et détresse, elle nous fait ressentir toute la rudesse du monde et nous permet aussi d'admirer des paysages nouveaux, des splendeurs tourbillonnantes, des éclats !

La neige enveloppe tout de sa blancheur ouatée, elle efface les bruits, elle est pleine de mystères, de dureté et de beauté...


 


http://youtu.be/jCP7A8WOaq4



http://youtu.be/U-ga8BgJfzk




http://youtu.b
e/aKlbX8FDDFk


 
 

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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 16:09
Quand Najat Vallaud-Belkacem répond à l'Académie Française !

 


Alors que Hélène Carrère d'Encausse a affirmé, récemment, les réticences de l'Académie face à la nouvelle réforme de l'orthographe, Najat Vallaud-Belkacem lui répond dans une lettre, pour exprimer son étonnement.

"C'est avec intérêt mais également avec un certain étonnement que j'ai pris connaissance de votre réaction publique hostile à l'application, dès la rentrée prochaine, de la réforme de l'orthographe de 1990 décidée par le Conseil supérieur français de la langue française..."


Dans un entretien publié samedi par Le Figaro, Hélène Carrère d’Encausse avait, en effet, déclaré n’avoir "pas compris les raisons qui expliquent l’exhumation d’une réforme de l’orthographe élaborée il y a un quart de siècle et où l’Académie française n’a eu aucune part, à l’inverse de ce qu’on l’on a voulu faire croire."


Mais, enfin ! Si l'on regarde de plus près cette réforme, on en voit, d'emblée, les incohérences, notamment pour ce qui concerne les accents circonflexes...

Tout d'abord, une telle simplification ne résoudra aucunement les énormes difficultés rencontrées par nombre d'élèves en orthographe : fautes d'accord élémentaires, erreurs grammaticales, confusions dans la nature des mots, par exemple entre le démonstratif "ce" et le pronom de la troisième personne réfléchi"se", confusions entre le participe passé et un verbe conjugué, etc.

De plus, il paraît absurde de supprimer certains accents circonflexes sur les voyelles "i" et "u" et de le conserver sur les autres.

On est, là, dans l'arbitraire le plus total, car l'accent circonflexe a aussi une valeur étymologique dans un grand nombre de cas : le mot "bûche" vient d'un nom latin "busca", et l'accent circonflexe s'explique par la disparition de la consonne "s", que l'on retouve dans le terme "bosquet", de la même famille ou dans le mot "bois".

Le verbe "naître" est issu du latin "nascor", et doit être bien sûr, rattaché au nom commun "la naissance"..

Le mot "île" vient du latin "insula" et doit être relié à l'adjectif "insulaire"...

Ainsi, les accents circonflexes constituent, parfois, des repères essentiels dans les familles de mots.

Avec un peu de bon sens, on perçoit les incohérences de cette réforme : Hélène Carrère d'Encausse est bien consciente des aberrations de ces évolutions imposées par le Conseil Supérieur de la langue française et par notre ministre de l'Education Nationale...

Cette réforme ne permettra, en aucune façon, aux élèves de progresser en orthographe, c'est une évidence, elle sera même néfaste pour le repérage de certaines familles de mots qui forment une unité.

Il est étonnant, aussi, que les professeurs de lettres, les premiers concernés, n'aient même pas été consultés dans l'élaboration de cette réforme et des autres...

Si Mme Najat Vallaud-Belkacem s'étonne de la position de l'Académie Française, les enseignants de lettres sont en droit, aussi de s'étonner de telles décisions dans un domaine qu'ils connaissent plus que d'autres...

Oui, les professeurs sont étonnés de ne plus être consultés dans les différentes réformes voulues par le gouvernement et notamment la réforme des collèges, massivement rejetée par les enseignants !

Najat Vallaud-Belkacem devrait, en tant que ministre, prendre conscience des réelles difficultés rencontrées par les élèves, afin d'ajuster ses réformes : les enseignants savent les réalités du terrain, et ils ne sont même pas entendus, quand ils s'opposent à des réformes dangereuses...


 

Des articles sur le sujet :

 

http://www.metronews.fr/info/reforme-de-l-orthographe-entre-najat-vallaud-belkacem-et-l-academie-francaise-qui-dit-vrai/mpbp!hTBrpvrthl1SM/

 

http://www.lepoint.fr/societe/orthographe-najat-vallaud-belkacem-met-les-points-sur-les-i-16-02-2016-2018604_23.php

 

 

http://www.lesechos.fr/politique-societe/societe/021700932611-orthographe-najat-vallaud-belkacem-ecrit-a-helene-carrere-dencausse-1200660.php

Quand Najat Vallaud-Belkacem répond à l'Académie Française !
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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 14:26
Un petit chapeau plein de poésie...

 

 



L'accent circonflexe, ce petit signe qui orne de nombreuses voyelles en français, est indéniablement un indice étymologique et une spécificité de notre langue : il participe, aussi, à un certain goût de la culture, de l'étymologie, de l'origine des mots...

Le mot pêcheur vient du verbe latin "piscari", "pêcher", en relation avec le nom du "poisson", "piscis" d'où sont issus les termes "piscine, pisciculture..."

Dans ce cas précis, l'accent circonflexe s'explique par la disparition de la consonne "s".

L'orthographe contribue, également, à la poésie des mots, et l'accent circonflexe en fait partie, car il vient coiffer certaines voyelles pour les souligner, pour les mettre en valeur...

Cet embrun léger confère un certain mystère, un charme à de nombreux mots : que serait le mot théâtre, sans son accent circonflexe ?

Comme l'indique l'étymologie du mot "circonflexe", cet accent entoure une voyelle, l'auréole de mystères et l'on peut, dès lors, s'intéresser à sa signification, sa valeur....

Cet accent double, qui combine l'aigu et le grave attire le regard, il évoque des vaguelettes, des crêtes, des cimes.

Ouverture vers le rêve ! Ce mot porte, d'ailleurs, bien un accent circonflexe...

Ouverture vers la curiosité ! Que signifie cet accent ? D'où vient-il ?

Ouverture vers la poésie ! Car cet accent offre des perpectives, par sa forme évocatrice : un chapeau, une vague, un oiseau, une silhouette fugitive dans le ciel...

Ouverture et goût pour la culture ! Le mot "goût" porte un accent circonflexe et on peut, dès lors, le mettre en relation avec l'adjectif "gustatif"...

"Déguster, gustatif, dégustation, dégoûter, dégoût", tous ces mots ont un rapport avec le goût et ce n'est pas par hasard !

L'accent circonflexe revêt tant de significations, tant de perspectives ! 

Il dessine des auréoles sur les mots, il fait partie d'une forme d'harmonie dans la calligraphie, c'est un supplément d'âme, avec, justement, un accent circonflexe, sur la voyelle "a" qui s'en trouve magnifiée, comme pour souligner l'importance de ce petit mot : l'âme !

Notre langue, le français, a une âme qu'il nous faut préserver, l'âme de ceux qui nous ont précédés, et certains indices orthographiques font partie de cette âme...

Pourquoi y renoncer alors que ces indices entrent, souvent, dans de réseaux de significations essentiels, les familles de mots qui sont autant de repères importants ?

Pourquoi se couper du passé ? Pourquoi se couper de ces liens entre les mots qui permettent de les associer ?

Oui, pour qui aime les mots, l'accent circonflexe est plein de poésie, il ne peut disparaître de nos livres, parce qu'une instance, fût-elle le Conseil Supérieur de la langue française, l'a décidé de manière arbitraire...


 

Pour compléter, un article sur le mot : icône

 

http://rosemar.over-blog.com/article-l-icone-nous-emmene-vers-l-orient-et-la-grece-125496332.html


Le mot "icône" nous étonne par sa voyelle "o", surmontée d'un accent circonflexe, belle graphie qui fait songer à une interjection marquant l'admiration...


 

Un article du Figaro :
 
http://www.lefigaro.fr/livres/2016/02/08/03005-20160208ARTFIG00248-reforme-de-l-orthographe-l-academie-francaise-reagit.php

 

Une pétition : 

 

http://www.mesopinions.com/petition/politique/retrait-forme-absurde-orthographe-fran-ais/18076







 

 

Un petit chapeau plein de poésie...
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10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 09:59
La mousse tisse des mailles d'une incroyable douceur...

 



Plante des lieux humides, la mousse nous fait rêver, avec ses sonorités de labiale "m", de sifflante "s", sa voyelle "ou" langoureuse...

Le mot célèbre et souligne la splendeur moelleuse de la texture, les entrelacs soyeux de cette herbe de l'hiver.

Epaisse, légère, la mousse tisse des mailles d'une incroyable douceur, des fils de verdure chatoyants... Elle enlace ses fibrilles aux teintes nuancées, elle répand des senteurs terreuses, des parfums pleins de charme.

Elle dessine des prairies, des étangs, des fleurs, des montagnes, des lacs, elle soulève des vagues, des embruns, des écumes ondoyantes....

Des roulis de verdures s'emparent des arbres et des pierres...

La mousse cache ou révèle des brindilles, des chenilles de verdures, des dentelles, des arabesques, des volutes mystérieuses.

Elle évoque la peau douce, le miel, des senteurs de genêts, de bruyère...

Elle suggère un baiser, un chuchotement, un murmure léger, une onde pure, une fontaine ruisselante....

La mousse fait naître la caresse, le confort, l'apaisement, au coeur même de l'hiver.

Miel de l'hiver, ce nom vient probablement du mot latin "mulsum" qui désigne un vin miellé.

Miel doré, brun, aux reflets de soleil, substance divine !

 

La mousse reflète les éclats ambrés du miel.

J'aime ce mot simple, aux douces sonorités, qui apporte sa tendresse aux rigueurs de l'hiver, qui le tempère, l'adoucit, le rend plus docile...

J'aime les reflets verts de la mousse, ses motifs d'une incroyable variété, ses éclats, ses teintes brûlées ou flamboyantes.

Légers frissons de la mousse, vaguelettes qui la traversent, la soulèvent, l'animent, lui donnent des formes si variées...


 

 

 

 

Photos : rosemar

 

 

La mousse tisse des mailles d'une incroyable douceur...
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22 janvier 2016 5 22 /01 /janvier /2016 10:18
Le regard des myopes ne revêt-il pas un certain charme ?

 

 



Le "myope", c'est celui qui ferme les yeux pour mieux voir, telle est l'étymologie du mot dont l'origine remonte au grec... Le verbe "muo" signifie "fermer".

Il s'agirait, en fait, anciennement, d'une onomatopée pour exprimer qu'on joint les lèvres, soit pour se taire, soit pour exprimer un son sourd...

Le myope ne ferme-t-il pas légèrement les yeux afin d' affiner son regard ?

Quelle expressivité dans ce terme qui évoque un geste ! Les termes "muet, mutisme, mystère" sont issus de ce même radical.

Curieusement, le "myope" et le "muet" sont, donc, voisins et font partie de la même famille !

Et, la "mouche", elle même, "muia", en grec, appartient à une espèce proche, le mot étant une onomatopée que l'on prononce en rapprochant les lèvres et qui  servirait à imiter le bourdonnement de l'insecte : "mmmmmm" !

Le mot "myope" suggère bien ce clignement des yeux soudain et brusque, propre à ceux qui sont atteints de ce défaut de vision.

Sa briéveté, les voyelles qui se suivent, fermée, puis plus ouverte, semblent imiter le mouvement des yeux...

Le terme "myope" comporte, dans sa deuxième partie, un autre radical '"ops", qui désigne, en grec, l'oeil.

De là viennent quelques mots : "optique, opticien, ophtalmologique, cyclope", et par l'intermédiaire du latin "oculus", les termes :" oculiste, oculaire, binoculaire, monoculaire, monocle, binocles, binoclard..."

Ainsi, le myope nous permet de constituer des familles de mots liés à l'idée de fermeture et de regard... Ainsi, le "myope" et le "binoclard" se rejoignent, de manière amusante.

Le regard des myopes ne revêt-il pas un certain charme ? Un flou, un clignement d'oeil sympathique,  le mot lui-même nous séduit par son ancienneté, ses origines, ses accointances avec de nombreux termes.

Les myopes nous offrent des regards pleins de mystères, leurs yeux sont, en général, plus grands et... ils nous séduisent d'autant plus, quand ils plissent les yeux.

 

Voilà encore un mot ancien dont on ne soupçonne pas les origines lointaines, un mot plein d'attrait qui nous relie au passé, qui nous montre tout un réseau de significations, qui nous parle des racines de notre langue : le latin et le grec...

 

 



 

Photo : rosemar

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25 décembre 2015 5 25 /12 /décembre /2015 09:43
Noël ! Voilà un mot qui rayonne !

 



Noël ! Voilà un mot qui rayonne par sa briéveté, ses voyelles qui s'enchaînent, le son "el" final qui comporte un élan, une envolée...

Un mot associé à l'hiver, ses frimas, sa rudesse, un mot qui représente la fête, le jeu, le bonheur.

On aime les senteurs de Noël, odeurs de pins, de mousse terreuse... On apprécie les couleurs contrastées du houx de Noël, des baies de pourpre sur le vert brillant des feuilles ourlées.

On est ébloui par les lumières de Noël, guirlandes, girandoles d'éclats sur les branches vertes du sapin.

Les scintillements de neige sur les aiguilles, sur les toits de la crèche, sur les santons de Noël, figurines d'argiles aux teintes éclatantes.

Le berger, le ravi, le puisatier, le rémouleur, le meunier peuplent la crèche et l'animent de leurs formes naïves.

La mousse répand ses odeurs douces au pied du sapin, elle l'illumine de ses embruns aux teintes nuancées...

On se prend à croire à cette belle histoire de Noël, un enfant nouveau-né dans une pauvre étable, un enfant qui représente et porte tout l'espoir du monde.

Symbole de pauvreté, de simplicité, la crèche nous montre toute l'humilité de la religion originelle.

On aspire à des joies simples, proches de la nature.

La cueillette de la mousse dans le froid de l'hiver, une quête qui associe tant de bonheurs simples : promenade dans la nature, senteurs de bois, vents qui fouettent le visage, découvertes de ces plaques épaisses de mousse aux senteurs variées d'herbe, de terre, d'humidité...

Douceurs de ces éclats de mousse qui se parent de mille nuances, des tableaux inouis de teintes, de formes...

Le bonheur de préparer le sapin, de le décorer et d'en percevoir toutes les effluves boisées.

Le bonheur d'installer la crèche, de la garnir de mousse et de houx.

Le mot Noël issu du latin "natalis", "natal" évoque, bien sûr, l'idée de naissance, d'un renouveau possible, d'espoirs à venir.

Ce mot évoque des perspectives, il annonce une année nouvelle, une volonté de se ressourcer à des valeurs premières et essentielles : valeur de fraternité, de solidarité, de simplicité...

Une envie d'harmonie, de retour à l'essence du monde : des parfums, des couleurs, des échos, des éclats, des éblouissements et des scintillements de bonheurs...





 

 

 

Noël ! Voilà un mot qui rayonne !
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22 décembre 2015 2 22 /12 /décembre /2015 14:31
Voici le premier jour de l'hiver...

 

 

 

 


Voici venu le premier jour de l'hiver, le jour le plus court de l'année, celui qui annonce le froid, celui qui nous promet, aussi, un renouveau, des lumières qui vont s'accroître au fil du temps.

Le mot "hiver", avec sa fricative très douce, sa gutturale pleine d'âpreté, sa voyelle aiguë "i", nous emporte vers un univers glacé où règnent le vent, la neige, les frimas...

Les rigueurs de l'hiver ! Ses beautés blanches et neigeuses ! Le mot résume bien les splendeurs et les tourments de cette saison.

Aussitôt, surgissent des paysages couverts de gel, balayés par un air vif, des embruns de blancs sur les arbres et le sol, des matins embrumés...

La neige nous fait voir ses tourbillons lumineux, elle virevolte dans l'air, elle encercle les jardins de ses replis soyeux.

Elle transforme les paysages, les remodèle, les capture des ses envolées de lys.

L'hiver et ses bonheurs, l'hiver et ses tourmentes s'annoncent...

Ce mot ancien, venu de l'adjectif latin "hibernus", est formé sur le nom "hiems", "l'hiver"...

Et l'ancêtre grec "kheimon" désigne, aussi, cette saison.

On retrouve, dans tous ces mots, la consonne "h" qui traduit, en grec, une aspiration, et une forme de rudesse.

L'hiver, le bien nommé, doit être, évidemment, rapproché du nom de la neige, en grec ancien, "khion", avec cette même aspiration.

Le mot nous fait ressentir, par ses sonorités, sa brièveté, un froid âpre, dur, perçant.

L'hiver arrive, il se fait vents tempétueux, mistral virulent, il glace, rugit, s'emporte, bouscule les paysages.

L'hiver s'adoucit, parfois, pour nous donner, aussi, de belles journées ensoleillées, il fait croître progressivement la luminosité et prépare, ainsi, l'arrivée du printemps...



 

 

 

 

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21 décembre 2015 1 21 /12 /décembre /2015 12:58
Le lutrin, un mot empli de mystères...

 



Le mot "lutrin" nous intrigue : que signifie ce nom qui chante avec sa voyelle nasalisée finale ? Terme peu employé, associé à la liturgie et à la religion, ce nom apparaît d'autant plus mystérieux et étrange...

Le "lutrin", voilà un mot qui semble lointain, obscur, opaque : qui possède un lutrin, qui s'en sert ?

Bel objet en bois luisant, le lutrin brille de ses reflets dans les églises... éclairé par des cierges, le lutrin nous fait voir ses veines boisées, il reçoit le livre sacré, à l'épaisse reliure, aux odeurs de papier ancien.

Objet religieux, sur lequel on pose le livre saint, le livre par excellence, la Bible, le lutrin permet la lecture...

Le radical du mot vient du verbe latin, "legere, lire", auquel on a ajouté un suffixe à valeur d'instrument, -trum.
Le lutrin nous fait accéder à des lieux sacrés, à des lectures chargées de symboles, à une ambiance feutrée, remplie de mystère, des odeurs d'encens, d'eau bénite, des obscurités apaisantes...

Ce mot empreint de rareté, aux sonorités de dentale, de gutturale, à la voyelle finale nasalisée nous fait rêver.

Placé dans la pénombre, il éveille la curiosité, il suscite l'intérêt, on a envie de tourner le pages du livre sacré, de sentir sous les doigts, le lourd papier, de déchiffrer certains messages.

Les chants liturgiques résonnent, alors, dans les replis des ténèbres...

Chants de Noel, chants de fêtes... On perçoit des airs connus et mystérieux à la fois, Adeste fideles, Veni creator, Gloria.

Chants en latin, aux éclats de consonnes, ces musiques nous éblouissent, nous exaltent...

Choeurs célestes, ces chants nous apaisent aussi, et nous apportent un réconfort.

Le lutrin associé à des éclats de musique, à des chants de Noël nous permet d'accéder à une forme de pureté originelle, celle de voix célestes, au charme envoûtant...


 

http://youtu.be/EAxT6GcXYQw



http://youtu.be/2Yquo5W8YBw


 


 

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18 décembre 2015 5 18 /12 /décembre /2015 16:38
Nous devenons des marionnettes...

 


Le mot "marionnette" issu du prénom Marion, diminutif de Marie, désignait à l'origine une petite figurine de la Vierge. Ce terme a donc des origines religieuses, mais on connaît le sens actuel de ce nom : une figurine que l’on fait mouvoir, ordinairement par des fils, quelquefois par des ressorts, quelquefois simplement avec la main.

La marionnette est un jouet merveilleux pour des enfants, car elle permet une créativité : on peut inventer des histoires, des personnages, les faire se mouvoir, les faire parler.

On peut fabriquer des marionnettes en chiffons, avec des morceaux de bois articulés, des bouts de tissus.

On peut créer de véritables petites pièces de théâtre, les mettre en scène dans un décor...

Ce mot, avec son suffixe de diminutif, renvoie bien à l'enfance : labiale initiale, gutturale, dentale, voyelles variées, "a", "i", "o", la marionnette semble virevolter sans cesse et s'agiter sous nos yeux : image de mobilité permanente, pirouettes, envols...

Personnages mécanisés, les marionnettes symbolisent, aussi, une forme de manipulation.

Ne sommes-nous pas tous des marionnettes ? Manipulés par les médias, par la société de consommation, conditionnés pour acheter, nous devenons, souvent, des pantins dans une société de masse.

Nous sommes comme mus par des ressorts : nous subissons l'envahissement des écrans, nous sommes comme happés par les médias, les portables, les ordinateurs.

Nous sommes dépendants d'ojets divers dont nous ne pouvons plus nous passer : voiture, télévison, ordinateur, tablettes...

Véritables marionnettes des temps modernes, nous ne réfléchissons plus par nous mêmes, nous devenons des objets, des jouets facilement manipulables.

Les médias nous façonnent, nous formatent, et même si nous sommes abreuvés d'informations, nous n'avons plus le temps de faire le tri, de choisir.

Les publicités font de nous des pantins de la consommation : nous sommes conditionnés pour gagner de l'argent et le dépenser le plus rapidement possible.

Les hommes politiques nous manipulent sans cesse, par des discours trompeurs et fallacieux : vaines promesses qui ne sont jamais tenues.

Nous devenons des jouets, nous ne savons plus vers qui nous tourner pour ne pas être manipulés.

Oui, nous sommes tous des marionnettes : sans cesse surveillés, épiés, nos faits et gestes semblent être contrôlés.

Il nous faut réagir contre cet envahissement des médias, par la lecture, la culture, l'ouverture sur les autres...

Il nous faut préserver nos libertés de penser, de juger, de réfléchir.

 




 

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