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31 octobre 2015 6 31 /10 /octobre /2015 14:29
Célébrons la citrouille !

 


Les citrouilles sont revenues ! Dans les rayons des magasins, elles tiennent une place de choix et imposent leurs formes volumineuses, leurs couleurs de rouilles, des arrondis superbes, des brillances orangées...

Les citrouilles sont de retour pour fêter le coeur de l'automne, elles se parent de teintes vives et étonnent tous les regards !

Associée à la fête de Samonios, aux origines celtes, la citrouille s'embellit de lumières, elle devient même lampe magique...

Ce mot nous fait entendre des sonorités lumineuses, sifflante initiale, emplie de douceur, dentale "t" éclatante, gutturale "r" qui restitue la dureté du fruit, palatale qui prolonge le son "ou" pour suggérer des couleurs rayonnantes...

La citrouille aux teintes de soleil, aux formes volumineuses est un fruit de contrastes étonnants : beauté des couleurs, ampleur et volume exorbitant des cucurbitacées...

Le mot venu du latin "citrium, le cédrat, le citron", par analogie de couleurs, est à la fois plein de charmes et de dérision.

" Tu n'as rien dans la citrouille, j'ai la tête comme une citrouille" ! On perçoit, à travers ces expressions toute l'ironie que peut contenir ce terme.

La "cucurbite" a de quoi séduire, mais elle peut aussi marquer une forme de moquerie.

Voilà encore un mot plein de saveurs, par ses sonorités redondantes, ses échos, ses consonnes variées, gutturales, labiale, dentale...


Les cucurbitacées sont multiples : coloquinte, concombre, courge, melon, pastèque, potiron.... Une variété de mots tous si expressifs !


La citrouille, aux formes généreuses, aux tranches bien marquées, est aussi, une plante volubile : elle nous parle des teintes de l'automne, elle nous raconte des légendes, des contes dans lesquels des citrouilles se transforment en carrosses, elle nous montre, à travers une fable, que la nature est souvent bien faite et qu'il vaut mieux l'accepter telle qu'elle est...

La citrouille nous parle, aussi, de traditions venues d'ailleurs : Halloween et ses peurs ancestrales, des fantômes, des sorcières, des monstres de la nuit, elle nous fait voir des feux de joie, elle évoque un temps où l'on communiquait avec l'autre monde, des démons, des dieux, le mois de Samonios qui va s'ouvrir....

Fêtons Samonios, célébrons les citrouilles !

Rendons hommage aux citrouilles, coloquintes, courges, potirons ! Ces beaux fruits de l'automne nous montrent toute la diversité de la nature, des merveilles de formes, de couleurs, des embruns étonnants d'éclats...


 

 

 

Une fable de La Fontaine : Le gland et la citrouille 

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/jean_de_la_fontaine/le_gland_et_la_citrouille.html

 

Le conte de Perrault : Cendrillon

 

https://fr.wikisource.org/wiki/Contes_de_Perrault_(%C3%A9d._1902)/Cendrillon_ou_la_petite_Pantoufle_de_verre

 

 

Photos : Creative commons

En haut de l'article  auteur : Joe Mabel

Sous l'article   auteur : Juliancolto

Célébrons la citrouille !
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20 octobre 2015 2 20 /10 /octobre /2015 14:02
Un suppôt de Bacchus...

 

 



"Chacun a son défaut où toujours il revient :
Honte ni peur n'y remédie.
Sur ce propos, d'un conte il me souvient :
Je ne dis rien que je n'appuie
De quelque exemple.

Un suppôt de Bacchus
Altérait sa santé, son esprit et sa bourse.
Telles gens n'ont pas fait la moitié de leur course
Qu'ils sont au bout de leurs écus.

Un jour que celui-ci plein du jus de la treille,
Avait laissé ses sens au fond d'une bouteille,
Sa femme l'enferma dans un certain tombeau.
Là les vapeurs du vin nouveau
Cuvèrent à loisir."





C'est ainsi que débute la fable de La Fontaine, intitulée L'ivrogne et sa femme : le poète y dépeint un ivrogne invétéré, incapable de se corriger et d'évoluer vers plus de tempérance.

L'expression "un suppôt de Bacchus" prête à sourire : on connaît les "suppôts de Satan", serviteurs du diable et La Fontaine utilise ici le mot dans un autre contexte, de manière amusante et parodique.

Le mot lui-même "suppôt" grâce à la sifflante initiale, à la labiale redoublée ne suggère -t-il pas une certaine douceur et servilité ?

Ce mot ancien venu du latin "suppositus", "placé en dessous" est, à l'origine, un participe passé, issu d'un verbe "suppono, subordonner, soumettre".

Le participe passé a un sens passif, en français, comme en latin et cette forme correspond bien à la passivité du personnage.

Le "suppôt de Bacchus" se soumet, ainsi, à sa passion pour le vin, se grise de toutes sortes d'alcool, aime se vautrer dans l'ivrognerie.

Le mot a pris très tôt un sens péjoratif et désigne, souvent, un partisan d'une personne nuisible : "un suppôt de tyran, un suppôt du diable"...

Ce terme dont la voyelle "o" est surmontée d'un accent circonflexe semble, ainsi, nous montrer un individu qui se met sous l'autorité d'une autre souvent malfaisante, et malveillante...

Le suppôt n'attire guère la sympathie : son attitude servile ne plaide guère en sa faveur, la façon dont il se soumet au mal le dessert et l'avilit.

On peut imaginer toutes sortes de suppôts : suppôts de la paresse, de l'indifférence, de la bêtise, de l'insulte.

Notre monde regorge de suppôts qui se laissent dominer par des passions et vivent sous l'emprise d'habitudes néfastes.

Le suppôt perd sa propre liberté en se soumettant, ainsi, à différentes passions, il se laisse emporter et submerger par toutes sortes de fureurs et de folies.

Un suppôt vit sous la dépendance, il n'est plus maître de lui-même...

On perçoit dans ce terme toute une expressivité, et l'étymologie nous révèle bien la signification essentielle de ce nom...

Ce mot ancien est, de nos jours, peu utilisé : d'un emploi littéraire, il mérite d'être remis à l'honneur, il montre la servilité humaine, il suggère toutes sortes de passions qui guident l'homme et le conduisent au pire : n'ayant plus de volonté, se soumettant à des envies, l'être humain oublie l'essence même de son humanité...

Les suppôts ont, hélas, encore de beaux jours devant eux : l'être humain ne se laisse-t-il pas dompter par toutes sortes de tentations ?


 La fable de La Fontaine  L'ivrogne et sa femme


http://www.poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/jean_de_la_fontaine/l_ivrogne_et_sa_femme.html
 





 


 

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4 octobre 2015 7 04 /10 /octobre /2015 16:02
L'univers de la fable : La mort et le bûcheron...

 



Les fables de La Fontaine, pleines d’enseignements, nous révèlent les réalités de la société du 17 ème siècle, mais elles évoquent, aussi, la condition humaine et ont une valeur universelle, comme la plupart des textes de cette époque…


La fable, court récit plein de vivacité, met souvent en scène des animaux personnifiés qui représentent des catégories sociales ou des défauts humains… Ce genre littéraire correspond bien à l’idéal classique, dans la mesure où il vise à "instruire et plaire", le récit comportant une ou plusieurs morales implicites ou explicites…


On perçoit bien toute la richesse de ce genre littéraire qui parvient à joindre l’utile à l’agréable : le récit fait intervenir des portraits, des descriptions, des discours directs, dialogues ou monologues, le récit est vivant, animé, plaisant. La morale ou les morales se déduisent du récit ou peuvent être exprimées directement, au début ou à la fin de la fable.


Nul animal dans la fable intitulée : La mort et le bûcheron, La Fontaine évoque un pauvre paysan du 17ème siècle... on le voit avancer lentement, chargé d’un fagot de bois : sa démarche est pesante, lourde, on perçoit sa misère physique, morale et sociale : il est âgé, accablé par le poids de sa charge, il se dirige péniblement vers sa "chaumine enfumée".

 La Fontaine nous fait voir ce bûcheron dans son travail quotidien : les premiers vers du texte nous peignent le portrait d’un homme affaibli qui a des difficultés à avancer. Les alexandrins entrecoupés de césures, soulignent la lenteur  et la pesanteur de la marche, ainsi que les nombreuses voyelles nasalisées qui ponctuent le début du texte : "bûcheron, ans, gémissant, pas pesants, n’en pouvant plus, songe".

Les imparfaits "marchait, tâchait" viennent souligner la lourdeur de son travail.

Cette peinture, pleine de réalisme, d'un paysan accablé de fatigue ne peut que susciter la pitié du lecteur, le personnage nous émeut, dans toutes les difficultés qu'il éprouve.

L'emploi des présents de narration, "Il met bas son fagot, Il songe" permet d'actualiser la scène, comme si elle se déroulait sous nos yeux.


Dès lors, ce paysan s’arrête et s’interroge : on entend son monologue intérieur, dans un discours indirect libre, sous forme de débat et de questions, il évoque sa misère, son désarroi et se demande même s’il a accès à un quelconque plaisir en ce monde… Pauvreté, absence de nourriture et de repos… sa vie lui paraît sans intérêt, il énumère, alors, tous les soucis qui l’accablent : les" impôts, la corvée, le créancier" et, aussi, en premier lieu,"sa femme, ses enfants". On le voit : même les occasions de joie et de bonheur deviennent sources d’inquiétude et d’angoisse, pour ce paysan du 17ème siècle, car il lui faut nourrir une famille…


Les réalités sociales de l’époque sont évoquées, notamment "la corvée, les créanciers".
Devant tant de malheurs et de souffrances, l’homme appelle la Mort, la demande est faite, dans un cri spontané, presque irréfléchi, comme le montre la brièveté de la demande : "Il appelle la Mort."


La Mort ne se fait pas prier, et, aussitôt, on assiste à un revirement du paysan, il trouve un prétexte et demande simplement à la Mort de l’aider à recharger son bois sur ses épaules.


On peut remarquer l’extrême sobriété du récit dans cette évocation de la Mort : aucune description détaillée, aucun effet de terreur, la littérature classique se caractérisant par une grande pudeur dans l’expression.


La morale de cette fable aurait pu être essentiellement sociale et aurait pu souligner l’injustice du sort réservé à ce paysan, mais La Fontaine s’attache plutôt à une morale universelle et humaine : « Plutôt souffrir que mourir,/C’est la devise des hommes »
L’homme a peur de mourir, est viscéralement attaché à la vie, telle est la leçon qui est ici dégagée… C’est bien une morale qui concerne les hommes de tous les temps.

Au passage, on peut noter que la fable s’ouvre sur un singulier, "Un pauvre bûcheron" et s’achève sur un pluriel, "des hommes". On perçoit bien là une volonté de généraliser et de donner une valeur universelle au texte.


La Fontaine parvient donc, à travers cette fable, à délivrer plusieurs messages : l’extrême misère des paysans de l’époque, l’injustice qui les accable, et aussi l’attachement profond de l’homme à la vie.

Il le fait, grâce à un portrait plein de vie et de justesse d’un simple paysan qui représente, aussi, tous les hommes…
 

"Plutôt souffrir que mourir"… Ne doit-on pas voir, aussi, dans cette phrase, une forme de conservatisme propre à la société du 17ème siècle ? Une société où la révolte n’était pas encore de mise, où il fallait accepter son sort, la misère, les injustices.


C’est bien là, aussi, le message de ce texte qui nous montre une société hiérarchisée, injuste, faite d’acceptation et de soumission pour le petit peuple.


Hélas, la misère, les injustices font encore partie de ce monde et, depuis La Fontaine, la situation des pauvres gens n'a guère évolué dans nombre de pays : on peut, donc, constater toute l'actualité et la modernité de ce texte...
 
 
 

 

Le texte de La Fontaine :


http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/jean_de_la_fontaine/la_mort_et_le_bucheron.html
 

 

Illlustrations : en haut de l'article, gravure de Gustave Doré

En bas, gravure de Lecomte Hippolyte

L'univers de la fable : La mort et le bûcheron...
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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 16:07
Un apologue à méditer... la suite...

 

 


« Ne marche pas de travers, disait une écrevisse à sa fille, et ne frotte pas tes flancs contre le roc humide. — Mère, répliqua-t-elle, toi qui veux m’instruire, marche droit ; je te regarderai et t’imiterai. »


Quand on reprend les autres, il convient qu’on vive et marche droit, avant d’en faire leçon.

On doit ce court apologue à Esope, poète grec, inventeur de ce genre littéraire qu'est la fable...

Esope a vécu entre le 7ème siècle et le 6ème avant JC et il nous donne là une leçon universelle que chacun devrait méditer...

La suite :

Notre monde n'est-il pas celui des donneurs de leçons ? Les hommes politiques ne sont-ils pas les premiers à en donner et pourtant, sont-ils eux-mêmes exemplaires ?

Mensonges, corruption, détournements de fonds, privilèges exorbitants, les hommes politiques se rendent coupables des pires abus...

Désormais, sur la toile, on trouve, aussi, des donneurs de leçons, partout : à les en croire, ils détiennent la vérité, le bon goût, ils affirment de manière péremptoire des idées douteuses, n'hésitent pas à user d' amalgames.

Les donneurs de leçons sont eux-mêmes loin d'être exemplaires : le mensonge, la fatuité, l'arrogance, la vanité fleurissent en tous lieux, sur internet et ailleurs....

L'agressivité est partout et ceux-là même qui la réprouvent haut et fort, s'y livrent avec la plus grande délectation !
L'essentiel pour ceux-là est de ne pas être la victime de cette agressivité qu'ils dénoncent hautement, par ailleurs !

Voilà bien les contradictions humaines !

Si l'on veut que les enfants, les adolescents évitent de faire des fautes d'orthographe, il est préférable que les enseignants eux-mêmes soient irréprochables dans ce domaine, si un père de famille veut que ses enfants soient honnêtes, il vaut mieux qu'il en donne lui-même l'exemple...

Or, à tous les niveaux, les donneurs de leçons ne mettent pas en pratique leurs propres idées, seuls les autres sont montrés du doigt, eux-mêmes s'exemptent de toute règle de vie et de mesure.

Cette façon de faire se généralise, et on voit toute l'actualité de la fable d'Esope : au fond, le monde n'a pas changé, les donneurs de leçons se perpétuent dans toutes les sphères de la société, et même les plus hautes !

Vous n'aimez pas être insulté gratuitement ? N'insultez donc pas les autres, avec hauteur et dédain, sans raison.
Vous n'appréciez pas les menteurs, les gens malhonnêtes ? Ne soyez pas vous-mêmes menteurs ou malhonnêtes !
Vous n'aimez pas les gens qui trichent, qui détournent de l'argent, qui ne paient pas leurs impôts ? Soyez vous-mêmes honnêtes et sincères !

Dans le cas contraire, si vous aimez mentir, tricher, invectiver, ne donnez pas de leçons aux autres !

C'est, là, le sens de la fable d'Esope : l'homme n'a, parfois, même pas conscience de son propre comportement et se permet, ainsi, de fustiger les autres, avec la plus grande décontraction.

L'inconscience humaine est terrifiante, et elle n'a plus de limites dans le monde actuel, où les gens se comportent souvent comme des êtres irresponsables, incapables de se réfréner.

Et, en plus, ce sont souvent les gens les plus retors qui donnent des leçons à autrui : ils n'hésitent pas à condamner chez les autres des comportements dont ils se rendent eux-mêmes coupables.

Je vois déjà venir des contradicteurs : on va m'accuser moi-même de donner des leçons d'honnêteté, de droiture, de sincérité, mais au moins  puis-je dire que j'applique, le plus rigoureusement possible, tous ces principes et que 
je m'abstiens de toute malhonnêteté morale et intellectuelle...


 

 

 

 

 

 

Un apologue à méditer... la suite...
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6 août 2015 4 06 /08 /août /2015 09:59
Un apologue à méditer...

 

 

 

« Ne marche pas de travers, disait une écrevisse à sa fille, et ne frotte pas tes flancs contre le roc humide. – Mère, répliqua-t-elle, toi qui veux m’instruire, marche droit ; je te regarderai et t’imiterai. »
Quand on reprend les autres, il convient qu’on vive et marche droit, avant d’en faire leçon.

 

Ce texte bref, intitulé L'écrevisse et sa mère, constitue ce que l'on appelle, en terme littéraire, un apologue, c'est à dire un court récit à valeur morale



On doit cet apologue à Esope, poète grec, inventeur de ce genre littéraire qu'est la fable...


Esope a vécu entre le 7ème siècle et le 6ème avant JC et il nous donne là une leçon universelle que chacun devrait méditer.

 

Je laisse à chacun le soin de développer cet apologue, à sa façon...

J'en ferai bientôt un commentaire détaillé sur mon blog.

 

A suivre, donc...

 

 

 



 

https://fr.wikisource.org/wiki/Fables_d%E2%80%99%C3%89sope/L%E2%80%99%C3%89crevisse_et_sa_M%C3%A8re

 

Un apologue à méditer...
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