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3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 12:03
Un conte fantastique à découvrir et à méditer : Le chevalier double...

 

 



Combattre ses propres démons, vaincre le mal que chacun peut avoir en soi, parvenir à faire triompher le bien, c'est, là, le thème de cette nouvelle fantastique, intitulée Le chevalier double, dont l'auteur est Théophile Gautier.


Nous sommes, tous, plus ou moins, soumis à une dualité, le bien, le mal, et nous avons tous eu la tentation du mal.

Dans ce conte de Théophile Gautier, une jeune châtelaine, prénommée Edwige, mariée au comte de Lodbrog, s'est laissé envoûter par un étranger "beau comme un ange", au sourire glaçant, un chanteur, accompagné d'un corbeau noir.

L'histoire se déroule dans un pays du Nord qui n'est pas nommé, comme le suggèrent les noms des personnages aux consonances scandinaves.

Venu se réfugier dans le château de la dame, par une nuit d'orages et de tempête, cet inconnu est double : un sourire d'ange et un regard terrifiant.

On retrouve au début de ce récit, de nombreux ingrédients du conte fantastique... le lieu : il s'agit d'un château, le moment : l'histoire se déroule la nuit. L'évocation de la tempête est particulièrement inquiétante : "Il faisait un terrible temps cette nuit-là : les tours tremblaient dans leur charpente, les girouettes piaulaient, le feu rampait dans la cheminée, et le vent frappait à la vitre comme un importun qui veut entrer."

Dans cette description, on perçoit, comme souvent, dans le registre fantastique, le procédé de personnification de certains éléments du décor, ce qui accroît le mystère et la peur.

Après le départ du mystérieux inconnu, la châtelaine donne naissance à un fils, prénommé Oluf... mais elle perçoit en lui, le "regard noir de l'étranger".

Un "mire", une sorte de médecin ou de mage est consulté : il déclare, aussitôt, que le petit "Oluf" a une étoile double, une verte, une rouge, une verte comme l'espérance, une rouge comme l'enfer..."

L'enfant grandit, tantôt "bon comme un ange", tantôt "méchant comme un diable".

Choisira-t-il le bien ou le mal ?

Quel sera son destin ? Qu'est-ce qui pourra le sauver du mal ?

Il devra combattre, de toutes ses forces, le mal qui est en lui, dans une lutte héroïque et féroce, il devra vaincre ses mauvais démons.

Ce combat est mis en scène, quand Oluf rencontre son double maléfique : un choc violent entre deux chevaliers, un choc dont l'issue semble incertaine...

Ainsi, chacun d'entre nous doit lutter contre des pulsions de haine, de jalousie, de rancoeur, chacun d'entre nous a une part d'ombre.

Ce récit fantastique a valeur de message : il nous montre toutes les difficultés de vaincre les forces du mal : le mensonge, l'hypocrisie, la méchanceté, le désir de soumettre, la violence.

Ne sommes-nous pas tous doubles ?

Il nous faut souvent affronter ces forces du mal, les vaincre, essayer de dépasser le désir de vengeance, la haine.

C'est ce qui fonde l'humanité : cette lutte passe par la réflexion, par l'effort, par des conflits internes qu'il nous faut résoudre et comment les résoudre ?

Comment affronter ses propres démons ?


Ce récit bref, fascinant, facile à lire, écrit dans un style original et vivant, nous entraîne dans un univers fantastique, tout en nous incitant à la réflexion : une lecture de vacances accessible à tous !






Le texte :

 

https://fr.wikisource.org/wiki/Romans_et_Contes_de_Th%C3%A9ophile_Gautier/Le_Chevalier_double

 

Un conte fantastique à découvrir et à méditer : Le chevalier double...
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5 août 2015 3 05 /08 /août /2015 08:39
Le pied de momie : un récit fantastique captivant, plein d'humour...

 

 



Comment ne pas apprécier cette nouvelle fantastique de Théophile Gautier, un maître du genre incontesté ?

Le titre, d'abord, nous intrigue : quel est ce mystérieux pied de momie qui évoque l'Egypte ancienne, les Pharaons, les pyramides, les obélisques et leurs hiéroglyphes sacrés ?

Comme dans tout récit fantastique, le texte se déroule à la première personne, se présentant comme un témoignage et une expérience authentique.

La nouvelle commence comme un récit réaliste : on voit le narrateur entrer dans un magasin de "curiosités"... La scène est située, de manière très allusive, à Paris, puisqu'on trouve une référence à "l'argot parisien"...

La description détaillée de la boutique est empreinte de pittoresque : un vrai "bric-à brac", avec des objets hétéroclites... Gautier décrit avec précision les matières, les couleurs : "une lampe étrusque de terre rouge, une armoire aux panneaux d'ébène... rayés de filaments de cuivre, une table, aux spirales de bois de chêne, des plats
 aux dessins rouges et bleus, relevés de hachures d’or..."

On trouve, aussi, des indications concernant la provenance ou l'époque de ces objets : "une armure damasquinée de Milan, des magots de la Chine, des tasses de Saxe et de vieux Sèvres, une épaisse table du règne de Louis XIII,
 une duchesse du temps de Louis XV, d'immenses plats du Japon..."

On perçoit, également, des formes, des dimensions : "une épaisse table, aux lourdes spirales de bois, d'immenses plats, des cornets, les tabettes denticulées, des hachures..."

L'ensemble apparaît très hétéroclite et désordonné.

La description du marchand, qui suit, est tout aussi pittoresque, et nous introduit davantage, encore, dans l'univers fantastique.

Quelques détails sont soulignés et font de ce personnage un être inquiétant et mystérieux : "un crâne immense, auréolé de cheveux blancs, le scintillement de deux petits yeux jaunes qui tremblotaient dans leur obite, ses mains maigres fluettes, pleines de nerfs en saillie, onglées de griffes semblables à celles des chauves-souris."

Ses mains deviennent même des "pinces de homards" qui saisissent les objets de la boutique.

Les métaphores animales rendent ce personnage particulièrement étrange, d'autant qu'il propose au narrateur d'acheter des armes dont il vante la férocité et la beauté... ""regardez ces rainures pour égoutter le sang, ces dentelures pour arracher les entrailles."

Mais le narrateur, qui cherche un "serre-papier", décline toutes ces propositions et il est, soudain, attiré et séduit par "un pied charmant", comme le suggère l'emploi du passé simple "j'aperçus", qui marque une rupture et une surprise...

Il s'agit en fait, d'un pied embaumé, un pied de momie, dont on distingue "le grain de la peau"... Il s'agit du "pied de la princesse Hermonthis, fille d'un pharaon", selon les propos de l'antiquaire...

Après marchandage, l'affaire est conclue, pour cinq louis...

Le soir venu, dans l'obscurité, entre rêve éveillé et douces vapeurs de Champagne, le narrateur entend des bruits étranges et le pied de la princesse se met à s'agiter...

On retrouve là, tous les ingrédients du registre fantastique : la nuit, le rêve qui se confond avec la réalité, les objets qui s'animent et qui prennent vie.

L'apparition de la princesse Hermonthis, au charme oriental, captive le jeune narrateur...

La suite du récit nous emmène vers l'Egypte antique et ses décors somptueux.

Le texte rempli d'humour, de tendresse, ne peut que séduire et envoûter le lecteur.

Et il s'achève sur une ambiguité qui est le propre de tous les contes fantastiques... On hésite entre rêve et réalité, entre une explication rationnelle et une autre qui relève du surnaturel.

Voilà un récit bref, attachant, qui permet de découvrir toutes les subtilités du registre fantastique ! Une belle lecture de vacances pour tous, une lecture qui nous replonge dans l'ambiance de l'Egypte antique, qui nous permet de voyager dans l'espace et le temps !

 

 

 

Le texte :

 

 

https://fr.wikisource.org/wiki/Romans_et_Contes_de_Th%C3%A9ophile_Gautier/Le_Pied_de_momie

 

 

 

 

 

 

Le pied de momie : un récit fantastique captivant, plein d'humour...
Le pied de momie : un récit fantastique captivant, plein d'humour...
Le pied de momie : un récit fantastique captivant, plein d'humour...
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28 mars 2015 6 28 /03 /mars /2015 17:25
La peur, une des composantes du registre fantastique...

 

Le registre fantastique vise à susciter la peur, l'angoisse : il se développe, particulièrement, au XIXème siècle, grâce à des auteurs célèbres, comme Maupassant, Edgar Allan Poe, Balzac, Barbey d'Aurevilly, Théophile Gautier, H.G. Wells, Mary Shelley, Oscar Wilde...



"Le rideau cramoisi, Le portrait de Dorian Gray, Les contes du jour et de la nuit, Frankenstein, La morte amoureuse, La main d'écorché, La peau de chagrin, Le Horla", autant de titres qui résonnent en nous et qui nous rappellent des récits pleins de mystères.


Le mot "fantastique" vient d'un adjectif grec, "phantastikos", "capable d'imaginer" : cette notion est donc associée, dès les origines, à la capacité d'imaginer...

Mais curieusement, le fantastique est toujours ancré dans le réel : il fait, souvent, intervenir un témoignage à la première personne, qui paraît crédible, authentique. On trouve, au début du récit, des indications de temps et de lieux, parfois précises, qui permettent d'insérer l'histoire dans le réel.

Le fantastique se met en place progressivement : l'auteur situe souvent l'action dans un lieu isolé, coupé du monde extérieur : un vieux château, une forêt, un cimetière, une maison à l'écart....

Le moment fantastique par excellence, c'est bien évidemment, le soir, la nuit, le moment où le jour bascule, où tout devient flou et incertain...


Un des procédés essentiels de ce registre est la personnification : les objets, les paysages semblent, mystérieusement, dotés de vie, de sentiments, ce qui instaure une inquiétude, un trouble. Dans certains textes, on voit ainsi des "nuages éperdus de peur" s'enfuir sur l'horizon.

Le narrateur transfère la peur qu'il éprouve lui-même sur le paysage : on parle, parfois, de paysage-état d'âme.

La peur est donc, souvent, une des composantes essentielles du fantastique : le champ lexical de l'angoisse s'amplifie au fil du texte, la peur se fait de plus en plus présente, elle se traduit physiquement par des termes très forts, des hyperboles " tressaillir, terreur profonde, une épouvante, un gémissement de souffrance..."

La peur peut transparaître, aussi, dans la syntaxe : phrases nominales, très brèves, exclamations, interrogations.

Enfin, le fantastique fait hésiter, sans cesse, le lecteur entre une interprétation rationnelle des événements et une explication surnaturelle : le lecteur oscille entre ces deux possibilités, entre rêve et réalité...

Par exemple, un portrait semble s'animer sous les yeux du narrateur : est-ce un effet d'optique, un rêve ou est-ce que le personnage du portrait renaît à la vie, sublimé par l'oeuvre d'art ?

L'auteur peut utiliser, également, des mots qui marquent l'incertitude : "peut-être, probablement, il semble..."

Les thèmes fantastiques sont multiples : amour et mort sont souvent associés, entrelacés, on croit parfois assister à la résurrection d'un personnage, la folie peut intervenir, des femmes fatales sont mises en scène : elles provoquent leur propre malheur ou suscitent des destins tragiques... d'une beauté indescriptible, elles fascinent le narrateur, font naître des passions démesurées.


On hésite, souvent, dans le fantastique, entre la véracité d'un témoignage et le délire d'une personnalité.


Cette hésitation provoque un trouble dans l'esprit du lecteur...

Ainsi, le fantastique nous mène de la réalité vers un monde surnaturel, il nous intrigue, crée une attente, une angoisse, des interrogations...




Quelques exemples :


La nuit, une nouvelle de Maupassant :


http://fr.wikisource.org/wiki/La_Nuit_%28Maupassant%29


La main d'écorché, autre nouvelle :


http://fr.wikisource.org/wiki/La_Main_d%E2%80%99%C3%A9corch%C3%A9


La chevelure :


http://fr.wikisource.org/wiki/Toine_%28recueil%29/La_Chevelure

 

Un article sur Le portrait ovale, de E A Poe :

 

http://rosemar.over-blog.com/article-le-portrait-ovale-d-e-a-poe-fantastique-et-oeuvre-d-art-109709759.html

 


 

La peur, une des composantes du registre fantastique...
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