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12 juin 2020 5 12 /06 /juin /2020 09:04
La malédiction des filles en Iran...

 

Au XXIème siècle, les filles sont encore considérées, dans certains pays, comme des êtres inférieurs, pire, comme des objets, des choses...

Le sexisme dont sont victimes les filles est une abomination : nul avenir pour elles dans ces pays...


Les iraniennes restent victimes de lois médiévales, elles sont, encore de nos jours dévalorisées, infériorisées... Le conservatisme de certains religieux exerce, encore, une influence des plus néfastes dans ce pays...

 

En Iran, les pères ont droit de vie et de mort sur leurs filles...

 Ainsi, le père de Romina, 14 ans, a tué sa fille "pour l’honneur" le 21 mai, et il est considéré comme à peine coupable : il ne risque que 3 ans de prison.

"Romina avait 14 ans, un an de plus que l'âge minimum pour le mariage selon la loi iranienne. Elle est tombée sous l’emprise de Bahman Khavari, âgé de 28 ans, et a dit à son père qu'elle voulait l'épouser... Le père, Reza Ashrafi, s’y est opposé farouchement, considérant que son honneur était sali. Dès lors, Romina se savait déjà condamnée. 

La jeune fille s’est alors enfui et a trouvé refuge quelques jours chez la sœur de Bahman.

Mais Romina a été rapidement reconduite par la police au logis familial. Au juge, elle a dit pourtant qu'elle ne voulait  pas rentrer, qu’elle craignait pour sa vie. Mais rien n’y a fait : un  père, en Iran, a légalement tous les droits sur sa fille. Elle est sa propriété, avant de devenir celle de son époux."

 

Dans la nuit, son père la décapite pendant son sommeil.

 

On est horrifié par la barbarie, l'inhumanité d'un père qui assassine sa fille dans des conditions aussi abominables : il s'agit d'un meurtre prémédité.

 

En Iran, les femmes sont ainsi victimes d'une discrimination intolérable.

Le port du voile y est obligatoire...

 

Les droits des femmes sont sans cesse bafoués, réduits à néant : droits à la liberté de pensée, droits de religion et d’expression,  droits de ne pas subir de discrimination et de ne pas être soumises à des arrestations et détentions arbitraires ni à la torture ou à d’autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

 

Entre mars 2017 et mars 2018, 41 000 fillettes de moins de quinze ans ont été mariées en Iran. Déjà en 2016, le Comité des enfants de l'ONU dénonçait le nombre accru de mariages de fillettes parfois âgées de moins de dix ans. 

En tant que femme et enfant, les fillettes iraniennes sont les plus vulnérables sous le régime misogyne des mollahs, car les droits des femmes et des enfants ne sont ni protégés, ni promus en Iran.

 

Sources :

 

https://women.ncr-iran.org/fr/2019/10/10/les-filles-iraniennes-les-plus-vulnerables-sous-un-regime-misogyne/

 

 

https://www.marianne.net/monde/iran-il-decapite-sa-fille-et-n-encourt-que-trois-ans-de-prison

 

 

 

La malédiction des filles en Iran...
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26 mai 2020 2 26 /05 /mai /2020 10:30
Femmes, je vous aime...

 

Jean-loup Dabadie nous a quittés à l'âge de 81 ans : Dabadie a signé ou cosigné près de 300 chansons, pour des artistes variés allant de Barbara à Régine en passant par Serge Reggiani, Julien Clerc ou Michel Sardou.

Et notamment, cette chanson interprétée et mise en musique par Julien Clerc : Femmes, je vous aime...

 

Une jolie déclaration d'amour adressée à toutes les femmes, un texte empli de sensibilité, de force et d'émotion... tout le monde connaît cette chanson de Julien Clerc.

 

D'abord, c'est la douceur de la femme qui est mise en valeur grâce à un adjectif souligné par un adverbe d'intensité "si douces"...

 

Cette douceur est suggérée par des sonorités délicates qui évoquent la tendresse : sifflante "s", chuintante "ch".

 

Et cette douceur vient atténuer les douleurs du poète qui s'exprime à la première personne donnant un ton confidentiel au texte : "quand la vie me touche..."

 

Curieusement, la femme est aussi définie par sa dureté, sa capacité à provoquer des blessures que ressent intensément le poète... Les sonorités de gutturales "r" viennent souligner cette idée.

 

Ainsi, est mise en évidence toute la complexité de l'être féminin, oscillant entre tendresse et force...

 

Le refrain déroule une déclaration d'amour, réitérée, adressée à toutes les femmes... 

 

Le poète évoque, aussi, toute la fragilité inhérente à la femme, ce qui en fait un être particulier, un être qui peut paraître lointain, inaccessible, "difficile".

 

L'adverbe de temps "quelquefois" qui ponctue le texte montre bien toutes les nuances qui s'imposent pour décrire la femme.

 

Humour, drôlerie, sentiment de solitude alternent dans des tableaux successifs : d'abord une scène intimiste, "sur un coin d'épaule", où le regard de la femme est mis en valeur dans cette expression où se mêlent subtilement sensation visuelle et tactile : "regard qui frôle", suggérant toute la sensualité féminine.

 

Puis, l'affirmation d'une solitude parfois consentie, mais qui semble pesante, ce que suggère la répétition de l'expression "si seules".

 

La femme devient même, pour le poète, un condensé d'humanité : à la fois, "mère, enfant", mais aussi "impatience, souffrance", des sentiments contradictoires.

 

Dans le dernier refrain, le poète réitère sa déclaration d'amour, en y ajoutant une douleur inscrite dans le verbe "déchirer", associé à la notion de désir.

 

Et ce désir semble exacerbé par l'emploi du terme "pire".

 

Le texte s'achève sur le mot "femmes", mis en valeur et magnifié par l'interjection :" O".

 

Voilà un bel hommage à la fois majestueux et intimiste, dédié à la femme, une chanson intemporelle qui restitue une humanité, une tendresse, un émerveillement...

 

 

 

Le texte :

 

https://www.paroles-musique.com/paroles-Julien_Clerc-Femmes_Je_Vous_Aime-lyrics,p16943

 

 

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15 mai 2020 5 15 /05 /mai /2020 08:58
Des masques de protection conçus pour les hommes, inadaptés pour les femmes...

 

Il ne manquait plus que ça !

Du sexisme dans la confection des masques ? Les masques de protection contre le coronavirus sont souvent trop grands pour les femmes...

Et, bien sûr, ils ne protégeraient pas efficacement contre le virus : un masque qui bâille ne peut être performant.

 

De nombreux masques à la taille inadaptée inondent le marché des protections médicales, que ce soit dans le secteur professionnel ou grand public. La raison de cela est une inégalité au cœur même des normes de conception.

"74 % des équipements de protection seraient conçus pour la gent masculine. De son côté, le Congrès britannique des syndicats (TUC) assure que 71 % des femmes doivent composer avec des équipements qui correspondent majoritairement à une morphologie masculine occidentale."

 

Décidément, on peut le dire : les masques créent des problèmes : pénurie, mauvaise utilisation, et en plus inadéquation..

C'est d'autant plus inquiétant que les femmes sont très nombreuses dans le secteur de la santé...

Et ces femmes, en majorité des infirmières, sont particulièrement exposées au virus. Ainsi, 4500 membres du personnel des hôpitaux de Paris ont été contaminés.

Encore une injustice faite aux femmes !

 

Et que dire des enfants ? J'ai vu de jeunes enfants équipés de masques manifestement trop grands : le masque laisse, alors, une ouverture accessible au virus, des deux côtés.

 

Maintenant, nous avons des masques mais ils ne sont pas adaptés à l'ensemble de la population...

De toutes façons, il est certain qu'un masque ne devrait pas être standard... Les masques devraient, en fait, se décliner en différentes tailles pour être vraiment efficaces.

Mais, on est encore loin d'avoir des protections performantes pour lutter contre le virus.

 

Il nous manque des masques, des médicaments, du matériel médical.

Il nous manque un vaccin et son élaboration risque de prendre un certain temps.

 

 

 

Source :

 

https://www.lepoint.fr/sante/coronavirus-les-fabricants-de-masques-accuses-de-sexisme-14-05-2020-2375520_40.php

 

Des masques de protection conçus pour les hommes, inadaptés pour les femmes...
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13 avril 2020 1 13 /04 /avril /2020 09:26
On n'est pas sorti de l'auberge...

 

Nous voici donc prisonniers, enfermés dans nos maisons, nos appartements... On n'est pas sorti de l'auberge... comme on dit familièrement.

 

Dehors, le printemps nous nargue : dehors, la nature s'éveille, les arbres retrouvent de nouvelles frondaisons, les fleurs commencent à s'épanouir, le soleil de plus en plus présent nous offre des journées rayonnantes...

Un temps splendide ! C'est la saison des floraisons, des ciels lumineux, c'est la saison du renouveau.

La saison des retrouvailles avec la nature, la saison tant attendue du printemps, des tenues plus légères, la saison des bras nus, de la douceur revenue.

 

 

Mais nous sommes voués à l'enfermement, à la réclusion, au confinement, nos demeures deviennent des prisons. Nous sommes privés de cette nature généreuse et accueillante.

Nous voici confinés pour un certain temps encore...

Il faut imaginer le sort de ceux qui sont enfermés dans des cités, dans des appartements exigus sans balcon, sans jardin. Eux ne peuvent même pas admirer la nature qui s'éveille.

Que dire de ces femmes menacées, violentées par leurs conjoints ? Parfois, ce sont les enfants qui trinquent et qui sont victimes de sévices.

Les personnes âgées souffrent aussi d'isolement, et vivent des moments difficiles

 

Quand serons-nous libérés pour ne pas dire "déconfinés" ? Ce n'est pas à l'ordre du jour...

Il est vrai que nous vivons une situation complètement inédite. Comment en sortirons-nous ? Dans quel état physique et mental ?

 

Le virus à couronne va-t-il se montrer moins virulent, avec l'arrivée de la belle saison ? Rien n'est moins sûr...

Il semble peu probable qu'une grande partie de la population soit immunisée en raison même du confinement... le confinement étant donc une arme à double tranchant.

Un véritable cauchemar : comment vaincre un virus pour lequel nous ne disposons pas de médicaments fiables ?

Comment vaincre un ennemi invisible qui peut se trouver partout ?

On perçoit ici toute la fragilité humaine : un virus minuscule nous menace, il nous contraint à rester chez nous, il nous voue à la peur, à la suspicion...

Un virus nous emprisonne, nous maintient en détention, à distance des autres...

Permission de sortie : une fois par semaine pour faire ses courses, une autre fois pour faire un peu d'exercices...

Un virus nous paralyse, et nous empêche de vivre tout simplement : les morts sont nombreux, et les vivants en sont réduits à limiter leurs activités, à travailler à distance, à se terrer dans leur maison.

 

Une chose est sûre : le déconfinement sera compliqué... "on peut imaginer des déconfinements géographiques – avec interdiction de sortir ou d'entrer dans la zone - ou encore un déconfinement par tranche d'âge, en laissant les populations les plus à risque, les personnes âgées  confinées plus longtemps jusqu'à réduction de l'épidémie.

 

Reste l'option du tracking, c'est à dire du suivi des malades et de leur contacts via la surveillance numérique mais ce tracking pose d'évident problèmes d'éthique qui semblent impossible à résoudre à courte échéance.

 

Ce qui est certain, c'est que déconfinement ne signifie pas  "retour à la vie  normale". Des mesures de distanciation sociale vont être maintenues pendant longtemps, et il est également possible qu'en cas de retour de vague épidémique, les mesures de confinement soient réinstaurées quelques semaines. C'est une autre stratégie, celle du stop-and-go, celle que le gouvernement souhaiterait a priori éviter à tout prix."

 

Oui, vraiment, nous ne sommes pas sortis de l'auberge.

 

 

 

https://www.franceculture.fr/emissions/radiographies-du-coronavirus-la-chronique/le-deconfinement-ou-quand-comment

 

 

On n'est pas sorti de l'auberge...
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9 mars 2020 1 09 /03 /mars /2020 11:32
Honneur aux femmes ! Il était une fois les Nîmoises...

 

"Il était une fois les Nîmoises"... Fabienne Sartori nous invite dans cet ouvrage à une promenade, une déambulation dans les rues de Nîmes, à la découverte des archives, théâtres, bibliothèques autour de femmes célèbres ou anonymes...

Fabienne Sartori est venue présenter son livre au Carré d'Art, dans le cadre de la journée internationale des droits des femmes.

 

Fabienne Sartori est elle-même née à Nîmes en 1965, elle a étudié l'histoire de l'art et l'archéologie à Montpellier.

 

Elle a déjà publié un ouvrage intitulé "Nouvelles du chantier naval", où elle évoque la fin du site industriel de La Ciotat, ses conséquences sur la vie quotidienne des ouvriers : elle s'attache à mettre en lumière l'histoire des invisibles, des anonymes.

 

On lui doit aussi "Opération retraite au soleil" : elle y raconte la vie de son grand-père combattant lors de la première guerre mondiale et un état du monde colonisé par les puissances occidentales.

 

Dans "Il était une fois les Nîmoises", Fabienne Sartori fait un premier constat : les femmes sont peu présentes dans les noms de lieux et de rues de la ville, dans l'espace public.

Puis, elle se livre à une véritable enquête : quelles traces nous reste-t-il des femmes nées à Nîmes et de celles qui sont passées dans la ville ?

Parmi celles qui sont passées, des noms célèbres : Colette, Flora Tristan, Albertine Sarrazin...

 

Flora Tristan se présentait comme une enquêtrice sociale. Elle a écrit un journal passionnant, plein d'humour... Elle a voulu organiser des réunions d'ouvriers, pour qu'ils sortent de leur condition misérable.

Elle décrit leur misère, leurs difficultés, elle parle beaucoup des femmes, et elle déclare : "Je vous ferai voir qu'il y a de la politique jusque dans votre pot-au feu'...

Quand elle passe à Nîmes, elle trouve des personnes peu accueillantes. Elle essaie de rencontrer des bourgeois et elle constate que les oppositions se focalisent souvent dans le domaine religieux : protestants et catholiques...

Elle fréquente le lavoir enterré de la place d'Assas, elle essaie de sensibiliser les femmes qui ne se rendent pas compte qu'elles pourraient avoir un avenir meilleur.

 

Colette dans son style merveilleux, décrit les Jardins de la Fontaine : elle promène sur les lieux un oeil artistique inoubliable...

 

Albertine Sarrazin passe aussi dans la région : elle connaît un parcours chaotique qui la conduit en prison. Première femme à raconter sa vie de prostituée, de délinquante et son expérience en prison pour femmes, elle meurt à 29 ans.

 

Quelques noms de lieux sont tout de même dédiés aux femmes :

Il existe à Nîmes, une Villa Blanche Peyron, un établissement social de l'Armée du salut... Elle a oeuvré pour le développement de l'armée du salut, et pour l'accueil des femmes en difficulté, elle accueillait les prostituées.

Un lycée porte le nom de la princesse Dhuoda, elle qui a pris la plume, après avoir été privée de ses enfants : elle a vécu au IXème siècle. Alors que son mari infidèle la prive de ses enfants, elle écrit un manuel de pédagogie afin de maintenir le lien avec eux.

On trouve une école Marie Soboul : elle vient d'une famille d'agriculteurs, son parcours illustre la promotion par l'école de la République.

Et puis, les anonymes occupent une place importante dans le livre :

Des ouvrières qui allaient laver le linge dans les lavoirs de la ville, des femmes au travail, des lavandières, des blanchisseuses, souvent usées prématurément par le labeur.

L'industrie textile était particulièrement florissante à Nîmes...

L'entreprise Solignac, près des Jardins de la Fontaine, a essayé de s'adapter aux transformations de la mode et du goût : on pouvait y faire toute sa carrière : le personnel féminin était formé dans le cadre d'un dressage. Les ouvrières étaient très contrôlées.

 

Fabienne Sartori évoque aussi le sort des femmes de petite vertu, des femmes de mauvaise vie, comme on les appelait autrefois... Souvent atteintes de maladies, elles avaient des fins de vie catastrophiques.

 

Pour finir, quelques Nîmoises célèbres : Frédérique Hébrard, Elisabeth Barbier, Jacqueline Chambon ou encore Régine Crespin qui passe son enfance à Nîmes...

 

Bien sûr, le livre comporte de nombreux autres exemples à découvrir...

 

"Des quais de la Fontaine à l’Esplanade, Il était une fois les Nîmoises nous invite à voyager au fil du temps, des rues et les lieux patrimoniaux, pour découvrir les parcours de vie de femmes nîmoises célèbres ou méconnues. Une déambulation dans la ville, une plongée dans les archives et les gazettes pour mettre en valeur leurs voix, leurs visages, leurs œuvres, leurs espaces de vie et de travail, en compagnie de : Plotine, Guillemette, Marguerite de Navarre, Suzanne Allut-Verdier, Séverine, Marie Durand, Ninou Schwartz, Flora Tristan, George Sand, Colette, Adrienne Durand-Tullou, Elisabeth Barbier, Albertine Sarrazin, Lise Gros, Blanche Peyron, Marie Soboul, Julienne Marquès, Marcelle Battu, Carmen, Némausa, Harmonie, Marguerite Long, Régine Crespin, Jeanne Coussens, Jacqueline Gaussen-Salmon, Paule Pascal, Lucette, Pauline, Monique Jourdan, Bernadette Lafont, Marie Trintignant…"

 

La description des Jardins de la Fontaine ( Colette )

 

"Nîmes enfin, Nîmes et ses Jardins de la Fontaine ! Nous poussons la grille dorée et sombre et le monde change. Un printemps si féerique qu'on tremble de le voir s'abîmer et se dissoudre en nuage. La Fontaine, les bains de Diane... profondes avenues de pierre où gronde une eau impérieuse et verte, transparente, sombre, bleue et brillante comme un serpent vif- je me penche sur cette eau frémissante où se mirent les arbres de Judée, avec le désir d'y plonger, d'atteindre cet autre jardin où le reflet des pins, des fusains, des arbres fleuris de mauve tourne, décomposé par l'eau couleur d'aigue-marine, au bleu obscur, au violet de pêche meurtrie...

Un nuage orageux qui passe au-dessus de nous verse goutte à goutte une pluie paresseuse et parfumée, qui roule en perles lourdes, exaltant l'odeur des térébinthes, des pins, des roses et des épines fleuries..."

 

 

 

 

Honneur aux femmes ! Il était une fois les Nîmoises...
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17 février 2020 1 17 /02 /février /2020 09:25
Tina Modotti... profession : les hommes...

 

Tina Modotti : quel destin étonnant ! Quelle vie éphémère !

La jeune Tina nait en 1896 près de Venise, à Udine, dans une famille très pauvre qui se voit contrainte d'émigrer aux États-Unis pour survivre. Tina fascine très tôt par sa beauté et sa forte personnalité.

Pour ma part, je ne connaissais même pas le nom de cette femme photographe : j'ai découvert sa vie d'errances au cours du festival de la Biographie à Nîmes.

Gérard de Cortanze, invité du festival, a écrit une biographie intitulée : "Moi Tina Modotti, heureuse parce que libre..."

L'auteur est interrogé par un journaliste : "Comment Tina Modotti est-elle arrivée dans votre vie ?"

 

"En fait, j'ai écrit beaucoup de livres sur Frida Kahlo, je connais bien le Mexique... et quand vous travaillez sur Frida Kahlo, vous tombez automatiquement sur Tina Modotti.

 

Tina Modotti a quelques années de plus que Frida. Elle a eu comme amant Diego Rivera.

Lorsque Tina Modotti vit au Mexique, elle dirige une sorte de salon, elle reçoit tout Mexico, et un jour, elle reçoit une très jeune fille qui a 16 ans : elle s'appelle Frida Kahlo. Elle va l'initier à la politique... et surtout, elle va lui présenter son ex amant : Diego Rivera, et on connaît la suite de l'histoire : Diego Rivera et Frida Kahlo se marieront deux fois...

"Mon amie Tina a changé ma vie", disait Frida...

En effet, c'est elle qui lui présente son premier mari, c'est elle aussi qui lui a donné l'idée de son engagement politique.

 

Il y a deux types d'engagement dans le couple Rivera-Frida Kahlo : il y a le côté dogmatique de Diego Rivera, ils s'engagent tous les deux dans le parti communiste mais Diego est un homme d'appareil, Frida Kahlo, elle, n'est pas une femme d'appareil...

 

Ce qui l'intéresse, c'est de se battre pour les démunis, pour les pauvres, pour les ouvriers. Il y a un vrai engagement politique, c'est l'aube du parti communiste en quelque sorte... c'est là où il y a des liens avec le christianisme, c'est à dire l'amour des autres.

 

Et on retrouve ce même combat chez Tina Modotti... Lorsqu'elle s'engage au parti communiste mexicain, elle est très jeune. Elle ne s'engage pas pour des raisons de dogme, elle n'est pas stalinienne. Elle s'engage pour les pauvres et ça, ça va la suivre toute la vie.

 

Elle a d'abord travaillé dans une usine de filature, dès l'âge de 10 ans. A l'âge de 17 ans, elle va retrouver son père qui est parti aux Etats-Unis, afin de reconstruire la ville de San Francisco qui avait été détruite par un tremblement de terre.

San Francisco a été reconstruit en partie par une colonie italienne...

 

La première chose étonnante de cette biographie, c'est ce voyage qu'entreprend cette jeune fille... il faut imaginer : elle a 17 ans, elle part à San Francisco avec une petite valise, 50 dollars en poche, un petit chapeau, parce qu'on lui a dit : "Si tu vas aux Etats-Unis, il faut que tu aies un chapeau..."

Elle part en carriole de Udine à Gênes, en bateau de Gênes à New-York, en train de New-York à San Francisco... 45 jours de voyage...

 

Sa vie, ce sont des voyages incessants...

 

Une fois qu'elle est arrivée à San Francisco, elle est très jolie, magnifique, totalement charismatique, elle intègre une troupe de théâtre italien, elle devient une vedette, actrice de cinéma, car le cinéma hollywoodien va pomper des acteurs dans les troupes italiennes... les hommes sont des bellâtres, les femmes sont des séductrices qui brisent les couples...

 

Mais très vite, elle en a absolument marre de cette vie là... au fond, ça pourrait être une vie mondaine, mais elle va très vite abandonner ce côté mondain, totalement superficiel qu'elle ne peut pas supporter.

 

Elle part au Mexique où elle apprend le métier de photographe, elle devient une immense photographe, elle s'inscrit au parti communiste, elle est expulsée des Etats-Unis, elle va faire le coup de poing contre les nazis à Berlin, puis elle va à Moscou, elle fait toute la guerre d'Espagne comme infirmière, elle revient en 42 au Mexique, puis aux Etats-Unis, puis à Barcelone : c'est une des dernières à fuir Barcelone encerclée par les franquistes.

 

On perçoit chez elle une hésitation permanente entre l'art et la vie...

Elle a réussi dans la photographie puisque c'est une grande photographe de son temps, elle a fait des émules, il y a des expositions partout, sauf en France, autour de Tina Modotti.

 

Elle ne cesse de relier la politique à l'esthétique, c'est ce qui va créer la séparation inéluctable avec son amant Edward Weston un immense photographe américain qui, lui, ne fait que des photos esthétiques et des photos de nus.

 

Elle une vie courte, elle est morte à l'âge de 45 ans : elle a une mort tragique, elle meurt seule dans un taxi à Mexico, en pleine nuit.

 

Elle a une vie compliquée : on n'a cessé de traîner cette femme dans la boue... parce qu'elle était libre. 

 

Pourquoi la connaît-on aussi mal ? Parce que c'est une femme photographe... un homme photographe, on en parlerait beaucoup plus.

 

Le problème de Tina Modotti, comme d'un certain nombre de femmes de cette époque qui sont libres, sexuellement, économiquement, qui sont tout à fait scandaleuses, c'est que ce sont des femmes.

 

On lui a reproché d'être trop belle... une femme si elle est trop belle, c'est qu'elle est idiote, bien entendu... donc, elle a passé sa vie à être rejetée par tout le monde.

 

Quand on lui demandait : "Quelle est votre profession ?" Elle répondait : "Les hommes"...

Il y a deux idées là dedans : la première, c'est "les hommes" parce qu'elle a eu beaucoup d'amants, et pourquoi n'en aurait-elle pas ?

C'est bien connu : les hommes qui ont des amantes, ce sont des Don Juan, les femmes qui ont beaucoup d'amants, ce sont des putes...

Mais il faut entendre aussi, derrière cette réponse de Tina Modotti : "Les hommes", "l'humanité", son engagement politique, elle aimait l'être humain."

 

 

 

 

https://www.albin-michel.fr/ouvrages/moi-tina-modotti-heureuse-parce-que-libre-9782226439765

 

https://www.franceculture.fr/photographie/tina-modotti-et-edward-weston-lhistoire-dune-rencontre-photographique

 

 

 

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18 novembre 2019 1 18 /11 /novembre /2019 14:31
Femme, quel boulot !

 

 

Ménage, vaisselle, entretien du linge, rangements, cuisine : le travail accompli par les femmes reste très lourd et pesant.

Même si les hommes prennent part à certains de ces travaux, les femmes accomplissent le plus souvent la plupart de ces tâches...

C'est à elles que reste dévolu l'entretien de la maison, c'est à elles que sont réservés cuisine, ménage.

 

Et, en même temps, dorénavant les femmes travaillent...

Mais quel boulot d'être une femme ! C'est un travail à part entière...

 

Les femmes qui ont des enfants, qui travaillent, doivent jongler sans arrêt entre les obligations de leur profession et le temps dévolu à leur famille.

 

Alors, bien sûr, certains hommes font des efforts mais le partage des tâches reste très inégalitaire.

Voyez-vous beaucoup d'hommes faire le ménage, la vaisselle, la cuisine ?

 

Dans  ce domaine, les habitudes restent ancrées : les hommes répugnent à faire le ménage ou la cuisine...

Il est même des hommes qui adorent voir leurs femmes s'adonner à ces activités ménagères : ils regardent, avec bonheur, leur femme s'activer, tandis qu'ils s'affalent sur un canapé.

 

Honneur aux femmes ! Elles qui accomplissent des prouesses, elles qui se dévouent pour leurs enfants, tout en ayant une activité professionnelle.

 

En moyenne, les femmes consacrent 3h26 par jour aux tâches domestiques (ménage, courses, soins aux enfants, etc.) contre 2h pour les hommes, selon l’Insee. A la maison, les hommes s’adonnent volontiers au bricolage (20 minutes quotidiennes contre 5 pour les femmes). Mais les femmes passent deux fois plus de temps que les hommes à faire le ménage et à s’occuper des enfants à la maison.

 

En schématisant, les femmes s’occupent, au quotidien, des tâches les moins valorisées et les hommes de ce qui se voit et dure : activités de bricolage.

Alors, bien sûr, les femmes en subissent les conséquences sur le plan professionnel : elles travaillent souvent à temps partiel, leur carrière est ainsi freinée.

On déplore aussi une inégalité de salaire entre les femmes et les hommes : en équivalent temps plein, les femmes touchent 18,5 % de moins que les hommes, selon l’Insee. 

Femme ! Quel boulot ! Des siècles d'habitudes et de servitudes pèsent sur leurs épaules.

Il reste encore beaucoup à faire pour rétablir des équilibres.

 

 

 

 

 

https://www.inegalites.fr/L-inegale-repartition-des-taches-domestiques-entre-les-femmes-et-les-hommes

 

 

 

 

 

Femme, quel boulot !
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2 août 2019 5 02 /08 /août /2019 08:22
Les bonheurs du bikini...

 

 

L'été permet de dénuder les corps qui s'offrent ainsi à la nature, au vent, aux vagues de la mer, au soleil... L'été, c'est le temps du bikini, de la liberté retrouvée, de la détente, du farniente...

 

Né il y a 70 ans, le bikini est une invention française. Cocorico ! 

 

C'est Louis Réard, ingénieur automobile, qui a conçu le premier bikini :  il tient la boutique de lingerie de sa mère près des Folies Bergère,  il a constaté que les femmes baissent leur maillot de bain pour mieux bronzer, il imagine un bandeau pour le haut et deux triangles inversés pour le bas si bien que le nombril est dévoilé...

 

Il présente le bikini pour la première fois à Paris, le 5 juillet 1946, à la piscine Molitor, il est porté par Micheline Bernardini, une danseuse bien connue du Casino de Paris.

 

Léger, pratique, le bikini permet de se baigner en toute liberté, et de sécher rapidement au soleil.

Il vaut mieux éviter le maillot une pièce moins confortable, plus encombrant...

 

Le bikini n'a-t-il pas participé à l'émancipation de la femme ? Avec le bikini, on affirme la liberté du corps, on s'affranchit des contraintes et du carcan des vêtements, on s'expose au soleil, on se dénude.

On ose montrer son corps, ses qualités, ses défauts, sans complexe.

 

C'est aussi l'occasion de se corriger, de rectifier des postures, de prendre conscience de ses bourrelets, de les gommer par une gymnastique appropriée.

 

On se souvient de la célèbre chanson de Dalida qui a connu un vif succès dans les années soixante, et, depuis cette époque, le bikini, ce maillot deux pièces pratique et confortable, est devenu une tenue habituelle sur nos plages.

 

Le bikini est élégant, coloré, stylé : variété des formes, des couleurs...

 

Si le bikini a choqué quand il est apparu sur les plages françaises en 1947, ses origines remontent en fait à des millénaires. Des représentations de vêtements ressemblant à des bikinis sont visibles en Sicile, où des mosaïques de la Villa romaine du Casale représentent des filles en bikini, elles datent du règne de Dioclétien (286-305 ap. J.-C.).

On y voit des jeunes femmes à l'exercice qui pratiquent différents sports : course à pieds, lancer de disque, haltères, jeux de balles... Ces scènes sont d'une modernité incroyable ! Les tenues de ces jeunes filles à l'entraînement n'ont rien à envier aux bikinis d'aujourd'hui !

Ainsi, dès l'antiquité, le bikini était adopté par les femmes qui pratiquaient une activité sportive.

Une tenue simple, pratique, confortable...

L'époque moderne a retrouvé un usage antique pour le bien-être du corps et de l'esprit...

 

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=4IQbJ2AmlFs

 

 

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8 mars 2019 5 08 /03 /mars /2019 10:19
Ces étranges silhouettes obscures...

 

 

On voit de plus en plus ces silhouettes obscures drapées de noir, couvertes de pied en cap d'un vêtement qui cache tout le corps, ne laissant apparaître que le visage... le corps s'efface, disparaît, mais en même temps, il s'épanche car le vêtement est ample, voyant...

Elles se ressemblent toutes sous ce voile encombrant : pas un cheveu qui dépasse, plus de bras, de jambes, mais une masse informe.

Le voile flotte autour d'elles, il s'empare de leur corps, il envahit l'espace.

 

Pourquoi faut-il cacher le corps de la femme ? Pourquoi cacher leurs cheveux ?

C'est là une conception ancienne et archaïque de la femme impure, séductrice et tentatrice.

 

De plus, ces silhouettes obscures au voile ondoyant sont inquiétantes : à peine voit-on le visage, le corps s'évanouit aussi sous le tissu abondant.

Pourquoi la femme devrait-elle être contrainte de se vêtir d'un voile, de tenues et de manches longues ?

 Pourquoi, si ce n'est au nom de principes religieux éculés ?

Pourquoi, si ce n'est au nom de diktats d'un autre âge ?

Le voile correspond à des injonctions religieuses, il est bien imposé à la femme musulmane qui n'a, souvent, pas vraiment le choix...

 

Nous devons défendre le droit pour chaque femme de s'habiller comme elle le souhaite.
Nous devons défendre cette liberté, comme la liberté d'exprimer toutes sortes d'idées, de débattre, de discuter...

 

Certains diront que nombre de ces femmes choisissent de se vêtir du voile, mais elles sont, en fait, le plus souvent enfermés dans des traditions séculaires, elles se soumettent à des usages anciens, et l'entourage familial les y contraint.

Il est inquiétant que cet usage se perpétue dans une société moderne : on a l'impression de retourner dans des temps très lointains, où la femme asservie et soumise à l'homme devait lui obéir en tout, porter des vêtements sombres qui cachent le corps, l'annihilent.

 

Pourquoi cette soumission à l'homme perdure-t-elle ?

Est-ce une volonté d'afficher ses convictions religieuses ? Peut-on y voir une forme de provocation ?

En tout cas, ces silhouettes obscures ne correspondent pas à notre conception des droits de la femme.

Et, chose étrange, on voit de plus en plus ces voiles qui cachent le corps, comme si l'emprise de la religion se faisait plus insistante.

En Iran, où le port du voile est obligatoire, des femmes,  malgré les risques qu’elles encourent, se photographient têtes nues dans l'espace public. Elles luttent pour se libérer de contraintes, et manifestent une volonté de combattre le pouvoir religieux.

 

 

 

 

 

 

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13 février 2019 3 13 /02 /février /2019 17:44
Réseaux sociaux : jouir de la souffrance des autres...

 

 

Cyber harcèlement, insultes récurrentes, photomontages dégradants : les femmes sont plus particulièrement des cibles sur Twitter, Facebook.

Certains journalistes eux-mêmes se sont livrés à ce "jeu" cruel du harcèlement.

 

La méchanceté devient ainsi une preuve de valeur sociale, le dénigrement personnel est érigé en "coolitude branchée."

C'est ainsi qu'on a découvert récemment "la ligue du lol", un groupe constitué de journalistes qui s'appliquait à harceler quelques hommes et beaucoup de femmes, identifiées comme féministes.

 

Cette explosion de haine qui se déverse sur internet, ce flot d'insultes révèlent une société en manque de repères.

Quel plaisir peut-on prendre à harceler des victimes fragiles ?

Et quand ce sont des journalistes qui se livrent à une telle activité, on peut s'interroger sur le fonctionnement des réseaux sociaux où l'agressivité est bien vue, presque valorisée.

Une dizaine de journalistes français en vue ont été écartés ou renvoyés de leurs postes. Ils ont passé une décennie sur Twitter à insulter en toute impunité des femmes qui avaient eu le malheur d'apparaître sur leurs radars. 

 

Evidemment, l'anonymat favorise ces phénomènes de violence verbale : la parole se libère, elle éructe, elle déborde...

Certes, les réseaux sociaux ont un rôle positif, mais on observe une forme de "dilution des responsabilités, de dimension régressive, une forme de barbarie, de sadisme."

Ces plateformes deviennent de véritables fléaux.

De nombreux journalistes préfèrent se retirer des réseaux sociaux pour ne pas avoir à affronter des flots de haine, de reproches divers. Mais on laisse alors la place à ceux qui se livrent à ces débordements, on leur cède.

 

Ceux qui s'adonnent à ce petit jeu de massacre ne se discréditent-ils pas eux-mêmes ?

Insultes sexistes, insultes qui visent à amoindrir, à dénier toute intelligence à celui ou celle que l'on veut annihiler, insultes qui s'attaquent à l'aspect physique...

Et ces insultes se multiplient... Elles envahissent la toile, haineuses, dévastatrices.

 

Il m'est arrivé de subir, ainsi, des flots d'insultes sur Agoravox, et pendant 3 ans environ, j'ai renoncé à publier sur ce média : il est vrai que le harcèlement peut faire des ravages, et avoir des conséquences graves notamment sur les jeunes, les adolescents. Certains se spécialisent dans le commentaire haineux et malveillant...

 

Chacun doit se montrer responsable sur la toile : les insultes ne sont qu'une marque d'hybris, de démesure et d'irréflexion, il faut aussi les prendre avec du  recul et refuser de se laisser intimider par les fous furieux de la toile...

 

 

 

Source :

https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-des-matins/complotisme-harcelement-faut-il-quitter-les-reseaux-sociaux

 

 

 

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