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6 août 2016 6 06 /08 /août /2016 09:52
Pour célébrer la nuit des étoiles !

 



"Enfin, lorsque la nuit a déployé ses voiles, 

La lune, au visage changeant, 

Paraît sur un trône d'argent, 

Et tient cercle avec les étoiles, 

Le ciel est toujours clair tant que dure son cours, 

Et nous avons des nuits plus belles que vos jours."

Tels sont les vers que Jean Racine adressait à Monsieur Vitard, son oncle, pour évoquer les nuits qui magnifient le ciel, au dessus de la ville d'Uzès dans le Gard, où il séjourna pendant quelques mois... 


Les étoiles, la lune sont personnifiées dans un somptueux tableau, et parviennent à illuminer le ciel, d'une manière étonnante.



Le mot "étoile" nous est si familier ! Il a, pourtant, des origines anciennes et prestigieuses : issu du latin "stella", ce nom est apparenté au grec ancien "aster", et à l'anglais "star", un terme fréquemment utilisé, de nos jours, pour désigner un ou une artiste de talent...

Ce mot nous transporte dans un monde céleste, empreint de mystères...

Les mots "stellaire, constellation, astérie, astérisque" appartiennent à la même famille.

 L'astérie est le nom savant de l'étoile de mer... l'astérisque, une petite étoile, un signe graphique qui permet de renvoyer le lecteur à une référence, à une annotation...

L'étoile est, ainsi, présente, partout : dans le ciel, la mer, et même sur le papier ! L'étoile est une image si brillante...

Astre de la nuit, l'étoile brille d'un éclat particulier, c'est un symbole de beauté, d'élégance, de charme.

L'étoile est associée à nombre d'images valorisantes : une nuit à la belle étoile, l'étoile du berger, une étoile est née...

On aime, les nuits d'été, observer un ciel lumineux d'étoiles, on aime leurs noms évocateurs : la Grande Ourse, la Petite Ourse, le grand Chariot, le Cygne, Altaïr, Aldébaran, Vénus...

Que de poésie dans ces dénominations, que d'images, que de mystères à découvrir ! Que d'exotisme !

Altaïr, l'aigle en vol, dans la constellation de l'Aigle, Aldébaran, dans la constellation du Taureau, les Perséides, des pluies d'étoiles...

Des mots remplis d'échos sonores qui nous font rêver...

Les étoiles représentent un monde mystérieux, lointain, une énigme.

Elles évoquent d'autres formes lumineuses : l'anis étoilé, certaines fleurs qui font songer à des étoiles : fleurs astrales, astéracées, hélianthes, gazanias...

On perçoit d'autres images : on pense à l'étoile des neiges, à ses grands yeux, à l'étoile du berger, à un symbole de fête, on songe aux étoiles filantes, associées à des voeux de bonheur.

L'étoile peut évoquer la rêverie, l'amour, la pureté, l'innocence.

Alcyone, Aldébaran, Antarès, Maia, Véga, Bételgeuse : comment ne pas être ébloui par les noms mêmes de ces étoiles ? 

Chacun de ces mots nous révéle un univers plein de poésie, de sonorités éclatantes...

Le spectacle de la nuit a longtemps fasciné les hommes : ils ont projeté leurs rêves sur le monde stellaire, ils ont inventé des mythes.

Aujourd'hui, les hommes perdent ce contact avec le ciel et la nature : dans nos villes inondées de lumières artificielles, le spectacle de la nuit nous échappe... 


La 26 ème édition de la nuit des étoiles nous invite à renouer avec ce monde céleste : c'est le moment d'observer les étoiles filantes de l'essaim des Perséides, c'est le moment d'oublier nos écrans de télévision et d'ordinateur, pour admirer la voûte céleste...

 


Le poème de Racine :

 

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/jean_racine/a_monsieur_vitart.html


 


 

Pour célébrer la nuit des étoiles !
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29 juillet 2016 5 29 /07 /juillet /2016 09:33
Une fille qui sort d'un bain au flot clair...

 

Pour le plaisir et la poésie des mots : le bain !


 

"Reste ici caché : demeure !
Dans une heure,
D'un oeil ardent tu verras
Sortir du bain l'ingénue,
Toute nue,
Croisant ses mains sur ses bras.


Car c'est un astre qui brille
Qu'une fille
Qui sort d'un bain au flot clair,
Cherche s'il ne vient personne,
Et frissonne,
Toute mouillée au grand air."

 

C'est ainsi que Victor Hugo évoque, avec sensualité, Sara la baigneuse, dans un poème extrait des Orientales... La jeune femme, sortie du bain, ne peut que susciter l'attention des spectateurs...



Le mot "bain", issu d'un terme, latin 'balneum", est ancien : on ne s'en étonnera pas, car les romains pratiquaient l'art du bain, ils fréquentaient régulièrement les thermes, lieux de rencontres et de bien-être...


Les premières installations de bains datent de 2 500 ans av. J.-C. Les thermes sont, d'abord, privés et les thermes publics n'apparaissent qu'au premier siècle avant JC... Ces établissements avaient plusieurs fonctions : on s’y lavait, mais on y côtoyait, aussi, des amis, on y faisait du sport, on jouait aux dés, on se cultivait dans des bibliothèques, on pouvait y traiter de toutes sortes d' affaires ou se restaurer.


De nos jours, le bain, c'est souvent un moment de détente, dans une baignoire ou encore en été, une immersion dans la mer qui procure bonheurs et sérénité....


Ce mot d'une seule syllabe nous fait entrevoir une plongée soudaine dans l'eau : le nom vient, probablement, d'un verbe grec plus ancien, "bapto", qui signifie plonger....


On perçoit aussitôt la relation de sens avec le mot "baptême".


Le bain, c'est le contact avec la magie de l'eau, c'est le plaisir de se fondre dans cet élément qui nous apaise et nous apporte un réconfort unique...

Dans une baignoire, on goûte au bonheur du savon, de sa douceur, de ses parfums.

En mer, on se laisse porter par les vagues, les replis de l'eau, on se gorge de senteurs marines, d'embruns, on goûte aux éclats ensoleillés des flots...

Le mot lui-même, avec sa labiale initiale, sa voyelle nasalisée, nous laisse imaginer toute la fluidité de l'eau, ses élans, ses envolées, ses vagues...

Ce mot lumineux et dansant nous fait voir des rives ensoleillées, des calanques de pierres blanches qui dévalent les collines, une mer bleutée, aux embruns de blancs, des paysages d'été énivrés de candeurs.

On goûte, au petit matin, le plaisir de se baigner dans une crique, près de l'ombre des pins du midi, on se dore au soleil levant, on écoute les échos répétés des vagues, on se rafraîchit de bonheurs.

On s'exalte, aussi, des senteurs de pins mêlées à celles des ondes amères...

On se glisse dans l'onde salée, on se laisse porter par les flots, on entre dans un autre univers, léger, aérien, subtil...

On se fond dans l'élément marin, on s'enivre de couleurs, de lumières, d'éclats de vagues, on entend des bruissements d'eau, des clapotis.

On peut prendre, ensuite, un bain de soleil et de lumières...

Mais le bain est, dès les origines, lié à l'eau, car le verbe grec "bapto" signifie "plonger dans l'eau"...

L'eau, cet élément symbole de vie, nous apporte tant de bienfaits, tant de sensations diverses : couleurs, senteurs, fraîcheur ou chaleur, murmures apaisants...

L'eau n'est-elle pas associée à la sensualité, au bonheur des sens ?

Voilà un mot qui remonte à un terme grec très ancien, un mot qui nous permet de relier le présent et le passé, un mot riche d'histoires et de résonances !

 

 

 

Le poème de Victor Hugo :

 

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/victor_hugo/sara_la_baigneuse.html

 

 

 

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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 08:35
Pour célébrer la fête du 14 Juillet : le verbe "pétarader" !

 



"Pétarader" ! Il suffit de prononcer ce verbe pour entendre des bruits tonitruants et répétés...

Les moteurs d'autrefois pétaradaient souvent au démarrage et c'était un festival de sonorités éclatantes... On entend, encore, parfois, certains de ces engins bruyants, des grosses motos qui produisent des sons démesurés.


Les feux d'artifices, aussi, pétaradent vivement dans des envolées de poudre étincelantes et rayonnantes...

On voit des girandoles, des explosions colorées qui traversent le ciel, on perçoit des fontaines de lumières dans l'obscurité de la nuit.

On admire des éclats, des envolées d'éclairs, des tableaux éblouissants qui enflamment les ténèbres.

On est ébloui et subjugué par des flammèches qui semblent surgir du monde de la nuit...

Ce verbe aux sonorités évocatrices nous fait percevoir des crépitements soudains, avec sa labiale initiale, ses dentales "t" et d", sa gutturale "r", et sa voyelle réitérée "a".

Des échos semblent se répondre, se répandre, envahir l'espace, dans ce verbe plein d'expressivité...

Dérivé d'un verbe latin, "pedo", ce mot appartient à la même famille que les termes "pet, péter, pétard, pétoire, pétarade, pétoche, contrepèterie".

On perçoit toute la familiarité de ces mots qui évoquent des réalités du corps ordinaires ou encore des objets de fête, comme le "pétard", ou un outil usagé comme la "pétoire", qui est un vieux fusil...

On connaît aussi l'interjection "pétard !", qui marque la surprise, l'étonnement, une forme de stupéfaction soudaine... On utilise volontiers dans le sud, à Marseille, cette exclamation familière : "Pétard ! Que c'est beau !"


On ne peut manquer d'évoquer, en cette occasion, Rabelais, passé maître en l'art du pet et de la contrepèterie, on songe à la verve et à la truculence rabelaisienne, à des jeux de mots qui rebondissent, on songe au jeune Gargantua "barytonnant du cul".


 Tous ces mots remonteraient au grec "bdéo" "péter"... Aristophane utilise ce verbe dans certaines de ses comédies...

On voit ici toute la richesse de dérivation des mots, toute leur expressivité dans les sonorités !


Comment ne pas être sensible à la bonhomie de tous ces termes familiers, qui appartiennent au langage populaire, qui nous font entendre la voix du peuple ?


J'aime ces mots simples, ordinaires et si expressifs...

Ils nous font apprécier la langue française, sa diversité, ils nous font percevoir des sons, des images variées qui appartiennent au passé ou au présent, ils évoquent des souvenirs, une vieille guimbarde d'un grand-père paysan, qui ne pouvait démarrer qu'avec un tour de manivelle, un vieux fusil de chasseur usagé, des feux d'artifice éblouissants sur l'eau...

Des feux d'artifice, symboles de fêtes et de célébrations... des éclats lumineux qui rebondissent, retentissent et se répercutent dans l'ombre de la nuit...
 


 


 

Pour célébrer la fête du 14 Juillet : le verbe "pétarader" !
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6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 11:55
Le navire roulait sous un ciel sans nuages...

 

 



Pour le plaisir des mots : le navire !

 

C'est le moment de voyager, de prendre la mer sur des navires élégants, fiers coursiers qui traversent les ondes...

 Baudelaire évoque, souvent, dans son oeuvre, des rêves de voyage et d'évasion : il imagine des traversées sur des mers houleuses, vers des pays lointains. Dans un de ses poèmes, Le voyage à Cythère, on retrouve cette thématique :


"Mon coeur, comme un oiseau, voltigeait tout joyeux 
 Et planait librement à l'entour des cordages ; 
 Le navire roulait sous un ciel sans nuages ; 
 Comme un ange enivré d'un soleil radieux."



Le mot "navire" nous emporte sur des mers, aux flots sans cesse mouvants et ondoyants, des étendues infinies de bleu où le ciel et la mer se rejoignent et se confondent...

Il nous fait chavirer, avec ses voyelles bien distinctes, le "a" bien ouvert, le "i" plus aigu, la fricative "v", pleine de douceur, la gutturale "r", plus âpre...

Le mot nous fait goûter des embruns virevoltants, des odeurs d'écumes et de liberté, des envolées de mouettes sur la crête des vagues, des senteurs d'algues marines.

Envie de voyages et de découvertes, aventures sur les ondes, mystères... le navire, c'est, d'abord, l'épopée d'Ulysse, histoire fondatrice qui nous emmène sur les rives de la Méditerranée.

Le mot est issu, d'ailleurs, d'un ancien terme grec : "
ναῦς, naus", "le navire". Homère utilise ce nom, maintes fois, dans l'Odyssée.

On y voit des navires emportés par des vents favorables sur le "vaste dos des mers", "ἐπ᾽ εὐρέα νῶτα θαλάσσης", belle image qui sert à diviniser et personnifier l'étendue marine.


Le mot nous fait voir des voiles chahutées, aux teintes éclatantes sur le bleu des vagues, des cahots, des lumières éblouissantes de reflets sur les ondes...

Des chaloupes fragiles emportées par les flots, des tempêtes, des apaisements, le flux et le reflux, les paroles ondoyantes de la mer, ses fureurs...

Le mot semble révéler élégance et fragilité, il était, ainsi, féminin aussi bien en latin qu'en grec, avec les formes "navis" et "naus".

Le terme ancien "la nef" avait gardé cette marque pleine de charme.

On perçoit une sorte de délicatesse, de finesse, dans ce nom, plus que dans le terme "bateau", issu, lui, de l'anglais "bat", "boat".


"Le navire, la nef, naviguer, navigation, nautique, nautisme, nautonier, navette, internaute", de nombreux mots sont dérivés du nom "navis".

De là vient, aussi, le nom du "Nautilus", le sous-marin de l'oeuvre de Jules Verne, Vingt mille lieues sous les mers.


On perçoit des mots variés dont certains sont anciens, d'autres évoquent des réalités pleines de modernité : l'internaute est celui qui "navigue" sur internet.

On voit que ce radical, issu du grec ancien, "naus" a connu une belle continuité, il a traversé les siècles, nous est parvenu presque intact, avec, parfois, des évolutions de sens intéressantes.

 

Voilà un mot venu du passé qui nous fait voyager vers des îles lointaines, des paysages éblouis de soleils, des images d'étendue marine aux reflets étonnants...

Voilà un terme "homérique", par excellence, qui nous fait remonter à l'épopée primitive : l'Odyssée, les sources mêmes de notre littérature...

 


 

 

 

 

 

 

Le navire roulait sous un ciel sans nuages...
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2 juillet 2016 6 02 /07 /juillet /2016 13:29
Les mots nous parlent...

 


Les mots nous parlent de leur origine, de leur passé, ils nous racontent tant d'histoires, tant de souvenirs !

Ils peuvent faire surgir des images, des couleurs, des senteurs.

N'ont-ils pas le pouvoir de nous faire voyager dans le temps et l'espace ?

Beaucoup d'entre eux nous font remonter à leurs lointaines origines grecques et latines, ils nous font, alors, découvrir des sources originelles, nous montrent des civilisations anciennes, des façons de penser et de voir le monde...

Nausikaa aux bras blancs ! Et nous voilà transportés en Grèce, au temps d'Homère, nous voilà dans un pays nouveau, merveilleux : la terre de Phéacie, où règnent le roi Alkinoos, et sa femme Arété...

Certains mots nous emmènent vers des paysages mystérieux, des pays inconnus, des villes au passé prestigieux...

Les mots nous parlent, aussi, avec leurs sonorités si diverses, douces, légères ou plus rudes et plus âpres...

La musique des mots qui riment entre eux, qui se répondent dans une harmonie poétique !

Ils disent tant de bonheurs, tant de douleurs aussi ! Ils expriment tant de nuances diverses, tant de subtilités !

Houppelande, mousse, hiver, tourbillon, castagnette, sentier, feuille, mantille, arantèle, neige, flocons !

Les mots ne sont-ils pas une perpétuelle découverte ? Certains sont composés de préfixes, de suffixes, certains comportent un simple radical ou parfois deux ou trois qui se superposent...

Les catégories de mots sont elles-mêmes si diverses : mots variables, mots invariables, noms, verbes, pronoms, adjectifs, adverbe, conjonctions !

Conjonctions ! Et on voit les mots se rejoindre, s'unir dans des phrases harmonieuses qui se complètent !

Verbe ! Le mot par excellence ! Celui qui donne vie à la phrase, qui la fait respirer, avancer !

Adverbe ! Il vient compléter le verbe, en nuancer le sens !

Adjectifs ! Une palette d'artiste pour décrire les couleurs, les formes, les dimensions !

Les mots nous racontent leurs diversités de sens, d'origines, de sonorités, ils constituent une véritable musique, une partitition variée à l'infini...

Et notre langue est si riche de mots anciens ou plus récents ! Notre langue invente, chaque jour, d'autres mots nouveaux.

Que d'inventivité dans le vocabulaire ! Que de possibilités dans l'enchaînement des mots !

Les mots nous parlent, aussi, de tant de sujets ! Ils peuvent aborder tant de thèmes, ils peuvent exprimer tant d'idées !

Les mots nous abreuvent de découvertes, ils nous font rêver ou réfléchir, ils nous émeuvent, nous émerveillent, parfois...

Ne sont-ils pas nos compagnons de tous les jours ? Ne sont-ils pas l'essence même de l'humanité ?

Les mots nous permettent de raconter, décrire, argumenter, informer, communiquer des émotions, des sentiments, des idées.

Ils nous offrent tout un monde de découvertes, par leur forme, leur origine, leur composition...


 


 

 

Les mots nous parlent...
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26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 13:14
Cicada, téttix, noms enchanteurs de l'été !

 

 

 

 

Quand reviennent les cigales, l'air s'emplit de douceur, les soleils s'emparent des pins, les cernent, les enveloppent...

 

L'été triomphe et s'impose en souverain : les cigales, divines enchanteresses célèbrent tant de bonheurs retrouvés...

 

Les soleils qui s'attardent, les journées qui s'alanguissent... les ciels bleus d'azur...

 

Les menthes qui exaltent leurs parfums, le thym qui  s'épanouit, la nature qui se gorge de vie...

 

Invisibles, les cigales sont là, pourtant : cachées sous les branches, elles célèbrent l'été, elles susurrent leurs paroles douces comme le miel...

 

Elles disent les senteurs dorées des pins, leurs couleurs de verts, aux nuances variées, elle racontent des brises légères, de subtils balancements de palmes, des ondoiements de vagues dans les calanques....

Elles disent tous les charmes de l'été, des ciels étoilées, des soleils renouvelés.

 

Elles murmurent des vagues redoublées, des embruns, des parfums de sel et d'ambre, elles chuchotent la vie.

 

Leur chant se répercute dans les pins qui se répondent et s'unissent dans un concert incessant.

 

Somptueuses et secrètes cigales !

Cicada, téttix ! Noms enchanteurs de l'été !

 

 

 

 

Le chant des cigales sur ma colline...

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12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 13:34
L'oiseau nous parle de délicatesse, de musique, de poésie...

 

 

 

"Ô les oiseaux chantant doux, chantant gai, chantant fort !

Compagnons des saisons sereines, 

Notes de flûtes du printemps

Et du beau temps..." (Traduction de Marguerite Yourcenar)

 

C'est ainsi que le choeur apostrophe les oiseaux, dans une célèbre comédie antique écrite par Aristophane...

 

Aussitôt, le mot "oiseau" dessine des images de délicatesse, de charme, avec sa consonne sifflante "s", emplie de douceur, avec ses voyelles feutrées... Ce nom nous fait ressentir des éclats des plumes, un velouté...
On entrevoit des envols soudains, des arabesques somptueuses dans le ciel, des duvets de lumières, des guipures aériennes sur l'azur.


Ce mot très ancien venu du latin, "aucellus", lui même dérivé de "avicellus", révèle une formation de diminutif, à valeur affective.

Le nom "avis" désigne, en latin, l'oiseau et on perçoit, aussi, toute la légèreté, l'élégance des envols de l'animal dans les sonorités de ce mot ancien...

Le suffixe de diminutif -cellus lui confère une fragilité, une délicatesse supplémentaires. La forme moyenâgeuse de ce terme, "oisel" restitue, également, ce suffixe.

Le mot "oiseau", paraît bien loin de son ancêtre "avicellus", en raison de modifications phonétiques importantes, mais il a gardé une élégante simplicité.

Le nom grec de l'aigle, "aétos" est issu, probablement, de ce même radical ancien "avis".

D'autres termes plus modernes sont venus, au fil du temps, compléter cette famille de mots : "avion, aviateur, aviation"... et curieusement, on retrouve, presque intact, dans ces termes récents, le nom originel "avis".

J'aime ce petit mot d'autrefois qui a donné des dérivés modernes. Ce simple nom "avis" nous fait remonter aux origines les plus anciennes de notre langue, le latin et le grec.


Vivant dans les airs, dans les hautes sphères célestes, les oiseaux étaient, pour les grecs et les romains, considérés comme les messagers des dieux, ainsi leurs cris, leurs chants, leurs mouvements étaient interprétés comme des signes divins...

Les oiseaux messagers célestes aux voix diverses peuplent les arbres, les remplissent de vie, animent, de leurs envols, les jardins.

Les oiseaux virevoltent, dessinent des embruns, des volutes de lumières dans le ciel : leur nom même évoque des figures lumineuses, des tourbillons d'écumes, des envolées de mystères...

Leur nom suggère harmonie, tendresse, finesse, et éclats.

L'oiseau nous parle de délicatesse, de musique, de poésie : les chants des oiseaux, souvent associés à la poésie, accompagnent et rythment l'éveil de la nature... dès l'aube, ils envahissent les charmilles de leur mélodie radieuse.


L'oiseau dessine des volutes sur l'horizon, il décline toutes les harmonies du monde : douceur, éclats de plumes, murmures soyeux dans les arbres...

Symboles de liberté, d'élégance, les oiseaux côtoient le ciel : ces rois de l'azur représentent une beauté céleste, une part de mystère, et d'harmonie lumineuse...

 

 

 

 

Un autre extrait de la pièce d'Aristophane :

 

 

LA HUPPE, dans le taillis. : Epopopopopopopopopopoï ! Io, Io ! Venez, venez, venez, venez, venez ici, ô mes compagnons ailés ; vous qui paissez les sillons fertiles des laboureurs, tribus innombrables de mangeurs d'orge, famille des cueilleurs de graines, au vol rapide, au gosier mélodieux ; vous qui, dans la plaine labourée, gazouillez, autour de la glèbe, cette chanson d'une voix légère : "Tio, tio, tio, tio, tio, tio, tio, tio ;" et vous aussi qui dans les jardins, sous les feuillages du lierre, faites entendre vos accents ; et vous qui, sur les montagnes, becquetez les olives sauvages et les arbouses, hâtez-vous de voler vers mes chansons. Trioto, trioto, totobrix ! - Et vous, vous encore qui, dans les vallons marécageux, dévorez les cousins à la trompe aiguë, qui habitez les terrains humides de rosée et les prairies aimables de Marathon, francolin au plumage émaillé de mille couleurs, troupe d'alcyons volant sur les flots gonflés de la mer, venez apprendre la nouvelle. Nous rassemblons ici toutes les tribus des oiseaux au long cou. Un vieillard habile est venu, avec des idées neuves et de neuves entreprises. Venez tous à cette conférence, ici, ici, ici, ici. -- Torotorotorotorotix. Kikkabau, kikkabau. Torotorotorotorolililix.

 

 

https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Oiseaux_(Aristophane)





http://www.editionsdelondres.com/Les-oiseaux



https://youtu.be/LZClS79egCM


 






  

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1 avril 2016 5 01 /04 /avril /2016 11:44
Un poisson pour célébrer le mois d'avril : la sardine de l'Estaque...

 

 


La sardine, poisson méditerranéen aux teintes argentées, brille de tant de reflets miroitants dans l'eau ! Le mot "sardine" ne nous fait-il pas percevoir tous les éclats de ce poisson, grâce à ses sonorités, une douce sifflante "s", une gutturale "r", plus rude, une dentale "d", des consonnes variées et contrastées ?


La sifflante nous laisse entrevoir des teintes chatoyantes de soie moirée, la gutturale peut suggérer toute la force de ces poissons qui vivent en bancs compacts et serrés, la dentale nous montre une brillance éclatante, les teintes argentées de l'animal...


Ce mot très ancien comporte des origines grecques : rien d'étonnant car la sardine est particulièrement présente et abondante en Méditerranée...


Et, comment ne pas apprécier ce mot très ancien qui remonte à la langue grecque ? "
σαρδίνη, sardiné ou sardéné" désignait, en grec ancien, la sardine...


Belle continuité dans le vocabulaire ! Le mot est resté presque intact, avec des sonorités identiques...

Son nom pourrait provenir de la "Sardaigne" car les Grecs avaient remarqué qu'elle abondait dans les eaux qui bordent cette île.

Un nom propre devenu un nom commun, ce phénomène connu s'appelle une antonomase.

Une île qui se transforme en un nom de poisson, voilà une belle métamorphose !

La sardine est, aussi, associée immanquablement, à la ville de Marseille...

Tout le monde connaît cette expression : "La sardine a bouché le vieux port de Marseille", expression populaire, datant du XVIIIe siècle. Les Marseillais ont, ainsi, tendance à exagérer les faits, à gonfler la réalité, à plaisanter, de manière caricaturale... on parle également de galéjades marseillaises... 

J'aime ce mot du sud, "la sardine", un mot qui évoque le port de Marseille, ses soleils, son accent, une voix qui chante...

On entend les poissonnières qui vantent leur marchandise sur les quais du port : "ELLE EST BELLE, MA SARDINE, ELLE EST BELLE !!"

Sur les étals, des soles, de daurades, des rougets, des sardines, des pageots, des loups, des merlans frétillent dans des bacs.

A l'Estaque, autrefois, une rue portait le nom de "Montée de la Sardine", en référence à l'activité principale de pêche de ce petit village, tout proche de Marseille, dont je suis originaire.

La sardine évoque le sud, tout un monde des pêcheurs et de "pescadous" d'autrefois : on entrevoit des bateaux anciens, des "bettes", des filets, des jambins, des cannes à pêche, des salabres, on sent l'air marin, l'odeur des pins de l'Estaque.

On perçoit des odeurs prégnantes de poissons, de sel, on hume le vent de la mer toute proche, on s'imprègne et on s'abreuve de senteurs marines.

La sardine, symbole méditerranéen, nous emporte vers les rivages du sud, vers l'enfance, des calanques boisées, des pins, vers un monde de liberté...


La sardine au corps allongé, pleine d'élégance, aux reflets brillants, s'irise de teintes bleutées, elle est l'image même de la mer, de ses lumières, de ses flots inondés de soleil...


 


    

 

 

 

Illustrations : en haut de l'article auteur : Citron

En bas : auteur : Etrusko25  Creative commons

 

Un poisson pour célébrer le mois d'avril : la sardine de l'Estaque...
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27 mars 2016 7 27 /03 /mars /2016 10:36
L'oeuf, symbole de vie...

 

 

Pour le plaisir des mots...

 

L'oeuf, symbole de vie, de renouveau, est traditionnellement associé à la fête de Pâques.

 

Un mot simple, bref, qui remonte à l'antiquité : issu du latin "ovum" et plus anciennement du grec  ᾠόν, voilà un terme qui nous fait remonter encore le temps, aux origines de notre langue...

Le nom grec de l'oiseau,  οἰωνός, oiônós, est peut-être issu de ce même radical...

 

Le mot "oeuf" nous séduit par sa fricative finale "f", emplie de douceur... au pluriel, cette consonne s'efface souvent dans la prononciation.

 

L'oeuf évoque des formes "ovales", cet adjectif empruntant son radical au nom latin de l'oeuf.

L'oeuf représente la vie, une renaissance, avec ses courbes légères, ses mystères, ses teintes claires, à peine rosées...

Suavité des formes, surface lisse, ondoyante, légère, l'oeuf séduit tous les regards.

 

Chaque oeuf est différent dans ses dimensions, ses teintes : certains se marbrent de pites de rousseur, d'autres sont plus uniformes dans les couleurs... certains révèlent des clartés de jours, d'autres plus mats évoquent des peaux brunes et ambrées...

 

L'oeuf se pare, à l'occasion de la fête de Pâques, de motifs somptueux : la coquille devient oeuvre d'art, tableau miniature, couvert de lignes sinueuses, de couleurs variées aux tons de rouge pourpre...

 

Dessins géométriques, épis de blé, étoiles lumineuses viennent orner et embellir, un peu plus, les courbes arrondies des oeufs de Pâques.

Des parures dorées, des rubans éblouissants les enveloppent de brillances, de lumières de fête...

 

Un bonheur pour les enfants, un plaisir pour les yeux et pour le goût, quand ces oeufs deviennent sucreries en chocolat.

 

Des senteurs et des parfums de cacao surgissent, enivrent les papilles, s'épanouissent.

 

La chasse aux oeufs est lancée, et les enfants s'en donnent à coeur joie pour découvrir ces merveilles de couleurs, de goûts et de senteurs.

 

L'oeuf qui voit éclore la vie, l'oeuf qui contient l'essence de la vie, nous offre un beau symbole de bonheur, d'épanouissement à venir.

 

L'oeuf, est aussi, depuis l'antiquité, associé au printemps qui commence, il annonce un renouvellement du monde, des fleurs, des feuilles, des frondaisons, tant de couleurs éclatantes, tant de senteurs enivrantes !

 

 

 

 

 

 

L'oeuf, symbole de vie...
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22 janvier 2016 5 22 /01 /janvier /2016 10:18
Le regard des myopes ne revêt-il pas un certain charme ?

 

 



Le "myope", c'est celui qui ferme les yeux pour mieux voir, telle est l'étymologie du mot dont l'origine remonte au grec... Le verbe "muo" signifie "fermer".

Il s'agirait, en fait, anciennement, d'une onomatopée pour exprimer qu'on joint les lèvres, soit pour se taire, soit pour exprimer un son sourd...

Le myope ne ferme-t-il pas légèrement les yeux afin d' affiner son regard ?

Quelle expressivité dans ce terme qui évoque un geste ! Les termes "muet, mutisme, mystère" sont issus de ce même radical.

Curieusement, le "myope" et le "muet" sont, donc, voisins et font partie de la même famille !

Et, la "mouche", elle même, "muia", en grec, appartient à une espèce proche, le mot étant une onomatopée que l'on prononce en rapprochant les lèvres et qui  servirait à imiter le bourdonnement de l'insecte : "mmmmmm" !

Le mot "myope" suggère bien ce clignement des yeux soudain et brusque, propre à ceux qui sont atteints de ce défaut de vision.

Sa briéveté, les voyelles qui se suivent, fermée, puis plus ouverte, semblent imiter le mouvement des yeux...

Le terme "myope" comporte, dans sa deuxième partie, un autre radical '"ops", qui désigne, en grec, l'oeil.

De là viennent quelques mots : "optique, opticien, ophtalmologique, cyclope", et par l'intermédiaire du latin "oculus", les termes :" oculiste, oculaire, binoculaire, monoculaire, monocle, binocles, binoclard..."

Ainsi, le myope nous permet de constituer des familles de mots liés à l'idée de fermeture et de regard... Ainsi, le "myope" et le "binoclard" se rejoignent, de manière amusante.

Le regard des myopes ne revêt-il pas un certain charme ? Un flou, un clignement d'oeil sympathique,  le mot lui-même nous séduit par son ancienneté, ses origines, ses accointances avec de nombreux termes.

Les myopes nous offrent des regards pleins de mystères, leurs yeux sont, en général, plus grands et... ils nous séduisent d'autant plus, quand ils plissent les yeux.

 

Voilà encore un mot ancien dont on ne soupçonne pas les origines lointaines, un mot plein d'attrait qui nous relie au passé, qui nous montre tout un réseau de significations, qui nous parle des racines de notre langue : le latin et le grec...

 

 



 

Photo : rosemar

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