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22 décembre 2015 2 22 /12 /décembre /2015 14:31
Voici le premier jour de l'hiver...

 

 

 

 


Voici venu le premier jour de l'hiver, le jour le plus court de l'année, celui qui annonce le froid, celui qui nous promet, aussi, un renouveau, des lumières qui vont s'accroître au fil du temps.

Le mot "hiver", avec sa fricative très douce, sa gutturale pleine d'âpreté, sa voyelle aiguë "i", nous emporte vers un univers glacé où règnent le vent, la neige, les frimas...

Les rigueurs de l'hiver ! Ses beautés blanches et neigeuses ! Le mot résume bien les splendeurs et les tourments de cette saison.

Aussitôt, surgissent des paysages couverts de gel, balayés par un air vif, des embruns de blancs sur les arbres et le sol, des matins embrumés...

La neige nous fait voir ses tourbillons lumineux, elle virevolte dans l'air, elle encercle les jardins de ses replis soyeux.

Elle transforme les paysages, les remodèle, les capture des ses envolées de lys.

L'hiver et ses bonheurs, l'hiver et ses tourmentes s'annoncent...

Ce mot ancien, venu de l'adjectif latin "hibernus", est formé sur le nom "hiems", "l'hiver"...

Et l'ancêtre grec "kheimon" désigne, aussi, cette saison.

On retrouve, dans tous ces mots, la consonne "h" qui traduit, en grec, une aspiration, et une forme de rudesse.

L'hiver, le bien nommé, doit être, évidemment, rapproché du nom de la neige, en grec ancien, "khion", avec cette même aspiration.

Le mot nous fait ressentir, par ses sonorités, sa brièveté, un froid âpre, dur, perçant.

L'hiver arrive, il se fait vents tempétueux, mistral virulent, il glace, rugit, s'emporte, bouscule les paysages.

L'hiver s'adoucit, parfois, pour nous donner, aussi, de belles journées ensoleillées, il fait croître progressivement la luminosité et prépare, ainsi, l'arrivée du printemps...



 

 

 

 

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29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 17:36
Célébrons le vin et ses vertus enivrantes !

 


Le vin ! Le sang de la vigne ! Robes rouges, couleurs dorées ou ambrées ! Célébrons le vin et ses vertus enivrantes...

On apprécie les vins gaillards, robustes, revigorants, leurs couleurs sombres, aux embruns de nuits, les vins veloutés, si doux au palais !

Goûtons ces vins somptueux, ou d'autres aux robes légères, vaporeuses, aux envols de mousselines.

Des senteurs fruitées nous enveloppent, des goûts de soleil, des éclats de lumières, ceux des raisins qui mûrissent en grappes lourdes.

Le vin, symbole de vie, de bonheur nous offre ses sonorités de fricative, si douce, de voyelle nasalisée pleine d'envol et de mystères !

Le mot est ancien, bien sûr, et remonte au grec "oinos", par l'intermédiaire du latin "vinum" : les romains étaient passés maîtres dans la confection de ces nectars antiques, vins salés, vins aux coings, vins aux aromates !

Le vin évoque la Méditerranée, les paysages du sud, des cépages variés, symboles de régions françaises, le Bordeaux, le Bourgogne, le Champagne, des vins, des noms connus de tous qui rayonnent et chantent le savoir-faire des vignerons du terroir...


"Le vin, la vigne" ! Les deux mots se répondent et ont des origines communes.

Le vin se pare d'adjectifs aux échos valorisants : capiteux, charnu, corsé, charpenté, fruité, rond, loyal, viril ou suave.

Il peut être tendre, dur, austère ou aimable, bourru ou distingué, généreux, gouleyant, puissant, noble ou racé...

Le vin arrive à exprimer toutes sortes de sentiments, tant il est oeuvre humaine, travail patient du cultivateur qui entoure la vigne de tous ses soins.

Le vin, les vendanges célèbrent la fête de l'automne qui a commencé, de ses couleurs de rouilles et de bruns, de ses senteurs de terre humide.


 

 

 

 

Célébrons le vin et ses vertus enivrantes !
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10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 18:24
Tapis aux teintes de flammes et de feux !

 


"Nous menons une vie de fainéantise et de rêvasserie ; toute la journée vautrés sur notre tapis, nous fumons des chibouks et des narguilehs, en absorbant de la limonade et en regardant les rives du fleuve."
C'est ainsi que Gustave Flaubert raconte un de ses voyages en Egypte, sur le Nil, dans une lettre adressée à sa mère.
Et il nous fait percevoir toute l'oisiveté et les splendeurs de la vie orientale, notamment en évoquant un tapis sur lequel il se "vautre"...


Le "tapis" évoque un confort, un bien-être, il est, aussi, objet de décoration qui orne les sols des salons, des chambres...

Le tapis, c'est, comme on l'entrevoit dans la correspondance de Flaubert, le monde oriental, un certain luxe, une richesse dans les motifs, des arabesques...

Le mot lui-même nous invite au repos, avec ses consonnes dentale et labiale, la labiale, surtout, pleine de volupté et de douceur...

Les voyelles "a" et "i" assez contrastées, l'une ouverte, l'autre plus aiguë, nous intriguent, suscitent notre curiosité.

Ce mot, venu du grec, "tapès" a des origines très anciennes : Homère l'utilise dans l'Odyssée, au chant IV de l'épopée : dans la demeure de Ménélas, on voit un serviteur apporter "un tapis de laine moelleuse." (vers 124)

Tapis en laine, en coton, en soie, tapis moelleux... on aime les textures de ces tissus somptueux...
Tapis persans, d'Inde, de Chine, du Pakistan, ces revêtements nous font voyager vers des rives lointaines.

Des teintes de bleus, des couleurs de pourpre nous éblouissent, des dessins géométriques s'enroulent, des franges ornent les bords.
Les motifs s'entremêlent, s'enlacent, formant des paysages harmonieux de feuillages, des arborescences d'une richesse inouie...

Des pampres, des fleurs, des branches envahissent les fils de cotons, la soie brillante.

Certaines miniatures persanes représentent des personnages, coiffés de turbans, assis sur de somptueux tapis.

Tapis aux teintes de flammes et de feux, couleurs éclatantes, brouillards de lumières, rosaces, fleurs, enroulements....

Des serviteurs, portant des vases richement ornés s'avancent humblement vers ces tapis de lumières, tout à côté, des musiciens jouent un air de musique, avec une harpe et des cymbales.

L'atmosphère  festive traduit une sorte de bonheur et de langueur orientale.

Tapis volant des Mille et une nuits, tapis flottant miraculeusement dans les airs, emportant des héros vers des aventures étranges, remplies de mystères et de magie !

Tapis enchanteurs de notre enfance ! Qui n'a pas rêvé de se laisser emporter par ces tapis d'orient vers des rives nouvelles ?

Shéhérazade, Aladin, Sindbad le marin, Ali Baba, tous ces noms évoquent la magie de l'orient, des récits mythiques qui ont bercé notre enfance et qui ont inspiré tant de créateurs !

Tapis rouge que l'on déroule, en de grandes occasions, tapis de fêtes et de prestige !



Le tapis nous fait voir tant d'images radieuses !


 

 

 

 

 

Tapis aux teintes de flammes et de feux !
Tapis aux teintes de flammes et de feux !
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15 octobre 2015 4 15 /10 /octobre /2015 08:42
Les cimes neigeuses étaient immobiles à l'horizon...

 



 
"Puis il tourna autour d'un château médiéval, perché en haut d'une colline de sapins noirs ; de la brume blanche encerclait le burg sinistre, et les cimes neigeuses étaient immobiles à l'horizon, une muraille rose et grise."

C'est ainsi que JMG Le Clézio décrit un château assez effrayant, entouré de hauteurs, de cimes vertigineuses, dans son recueil de nouvelles, intitulé La fièvre.


Le mot "cime" suggère tant d'images !


La cime, le sommet des arbres, d'une montagne, d'un rocher, nous élève vers des hauteurs célestes, elle nous enivre de visions aériennes, d'envolées de bleu, elle nous fait regarder le ciel, ses parures diverses, des nuées qui s'étirent à l'infini, des bleus d'azur, des soleils éblouissants...


Le mot lui-même nous montre un infini avec sa voyelle "i", pleine d'acuité, sa douce sifflante initiale, la labiale "m" pleine de promesses...

On est ébloui par des images : les cimes des arbres qui forment des ballets, sous les vents tempétueux de l'hiver, vagues déferlantes d'écumes de branches dénudées, houles d'entrelacs qui bruissent et s'agitent, suivant le rythme du vent.

On admire des sommets de colline et de montagnes abruptes, on respire un air de liberté, on se délecte de ces vertiges de hauteurs.

 

On est séduit par des teintes de neige qui reflètent la lumière, des embruns étincelants, des miroirs aux pentes vertigineuses.

La cime s'enfle comme une vague, elle domine et envahit le paysage.

La cime, c'est le flot qui gonfle, c'est le bourgeon qui pousse...

Tant d'images contenues dans ce mot ancien !

Issu du grec "kuma", "la vague", d'un verbe "kuo" qui signifie "enfler", le nom "cime" suggère la vie, le mouvement, un débordement sinueux, plein de charmes.


La cime des arbres ! Tout un paysage, tout un univers qui frémit, parle, bruisse, virevolte et touche l'infini du ciel ! Verdures frémissantes, chaloupes de verts !

La cime des montagnes nous raconte toutes les beautés du monde : escarpements rocheux, dégringolades de pins sur les ravines, étagements de cyprès sur les pentes !

Vertiges de paysages aux rochers tumultueux, pins qui s'accrochent sur les pentes, falaises calcaires, calanques abruptes de pierres blanches.

La cime des montagnes, joli bevédère éblouissant de lumières, nous offre des paysages infinis, des rivières, des plaines apaisées, des toitures aux teintes variées, des champs, des ciels, des jardins...


La cime nous fait voir, aussi, des roulis de vagues, des écumes ondoyantes, des flots qui s'emportent et se soulèvent, les crêtes acérées des ondes en fureur, des tempêtes, des embruns éclatants !

La cime embrasse le monde et le contient... Elle est onde, rocher, arbres, ciels, elle est et rassemble l'univers.

 

Ce mot si ancien qui nous fait remonter aux origines de notre langue, qui nous relie à une culture millénaire, à un passé prestigieux, nous entraîne vers des vertiges et des abîmes éblouissants....

 

 

 

 

 

Les cimes neigeuses étaient immobiles à l'horizon...
Les cimes neigeuses étaient immobiles à l'horizon...
Les cimes neigeuses étaient immobiles à l'horizon...
Les cimes neigeuses étaient immobiles à l'horizon...
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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 11:46
Le monde est une ampoule suspendue dans le noir...

 

 


"Le monde est une ampoule suspendue dans le noir, avec sept milliards de mouches posées dessus. Demande-t-on à une mouche si elle est pour ou contre l’ampoule qui l’attire ? Non. Elle s’accroche et attend de mourir au contact de ce qui est, malgré tout, chaud et lumineux."

On doit cette description étonnante de notre monde à François d'Epenoux, dans son roman intitulé Le réveil du coeur : il y compare la terre à une ampoule peuplée de mouches.... Nous sommes, ainsi, réduits à peu de chose...
 


L'ampoule est très ancienne : ce mot est, en fait, issu du grec "ἀμφορεύς, amphoreus", "l'amphore", par l'intermédiaire du latin "ampulla"...

Le terme "ampulla" désigne, dès les origines, une petite fiole, une amphore de dimensions réduites, contenant des onguents, des parfums...

Les romains nous ont légué des recipients d'une grande finesse, admirablement ouvragés, de véritables oeuvres d'art !

Et, désormais, pour nous, l'ampoule désigne une boule de verre, servant à l'éclairage électrique...

Le mot "ampoule" nous fait percevoir des envols de lumières, grâce à sa voyelle nasalisée, "am", sa consonne labiale, sa voyelle "ou" qui semble restituer la diffusion des éclats de lueurs.

L'ampoule et ses filaments nous sont si familiers que nous n'y prêtons plus guère attention : le mot lui-même semble si moderne qu'on en a oublié les origines latines et grecques...

L'amphore antique, on peut le rappeler, possède deux anses qui servent à la transporter : c'est d'ailleurs, l'étymologie du mot : "qui se porte des deux côtés."

Le mot "ampoule", avec son suffixe de diminutif, a pris des sens nouveaux, différents. Il évoque des formes rondes, ovalisées... l'ampoule s'embellit de lumières, sous les abat-jour, qu'elle fait rayonner, elle nous apporte un confort de vision inégalée.

L'ampoule électrique ! La modernité ! Les soirs, les nuits qui deviennent comme le jour !

L'éclat des lampes qui nous permettent de lire, de nous activer comme en plein jour ! Et tout cela, grâce à une petite amphore pleine de filaments !

La forme même de l'ampoule évoque l'amphore antique pleine d'élégance, effilée et arrondie, en même temps.

Le passé et le présent se rejoignent, ainsi, dans ce simple mot, chargé d'histoires.... 

On est admiratif devant les fioles d'opaline que nous ont transmises les romains et les grecs : elles révèlent un art raffiné, un goût pour les beaux objets...

Certains mots nous permettent de traverser les siècles, de remonter dans un passé lointain, vers les sources de notre culture, vers les origines.

Les mots nous offrent, alors, des voyages dans le temps, ils sont une évasion, des repères, des jalons dans l'évolution du monde...

Ils nous font rêver à des objets anciens, aux formes pleines d'harmonie...

L'ampoule peut prendre, aussi, un sens plus négatif, quand elle désigne une cloque produite par une blessure.

Le mot peut être, également, utilisé dans un sens imagé pour décrire des formes rondes, comme le fait François d'Epenoux, pour évoquer la terre, ramenant, ainsi, notre monde à des dimensions dérisoires...

 

Un autre article sur le mot amphore : Toute la beauté d'une amphore romaine

 

http://rosemar.over-blog.com/article-toute-la-beaute-d-une-amphore-romaine-124081320.html


 

 

 

Photos : Christelle et rosemar

Le monde est une ampoule suspendue dans le noir...
Le monde est une ampoule suspendue dans le noir...
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3 octobre 2015 6 03 /10 /octobre /2015 15:14
Les fruits se dorent de soleils rougeoyants...

 

 


Prunes dorées, prunes brunes, aux rondeurs de l'été finissant... Les fruits se teintent, parfois, de xanthes panachés de rouille, ou de noirs obscurs, ténébreux, ambrés de nuées brumeuses.

Les fruits se dorent de soleils rougeoyants, ils exaltent des lumières de fin de journée... Parfois, se dessinent des embruns orangés.

Les fruits s'épanouissent dans des rondeurs alanguies, ils se parent de teintes subtiles, de camaïeux et de dégradés de teintes chaleureuses...

Les prunes nous offrent des saveurs et des sucs veloutés, les fruits nous enivrent de leur goût parfumé, empli de lumières.

Le mot "prune" nous charme, aussi, de ses consonnes, labiale et gutturale entrelacées... labiale pleine de suavité, gutturale plus âpre, révélant comme une ardeur, un mystère...

Le mystère de ces fruits dorés aux glacis de lumières, le mystère de ces rondeurs luisantes et miroitantes.

La peau fine, légère, laisse apparaître l'intérieur du fruit, ses couleurs de soleil, ses chairs parfumées de clartés.

La peau reflète la lumière, dans des éclats de transparences.

La peau s'illumine de brillances, d'ombres de rouilles, elle révèle des miroirs lisses et soyeux...

Ce mot ancien, issu du terme latin "prunum" et du grec "proumnon", nous fait remonter aux origines lointaines de notre langue...

"Proumnon !" Le nom grec s'éclaire, encore, de sonorités de voyelles remplies d'éclats !




 

 

 

 

 

Photos : rosemar

Les fruits se dorent de soleils rougeoyants...
Les fruits se dorent de soleils rougeoyants...
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19 septembre 2015 6 19 /09 /septembre /2015 12:41
Les fruits forment des cascades de grains...

 

 



Voici revenu le temps du raisin ! Grappes noires ou dorées de soleil, les fruits nous offrent des cascades de grains, ils ruissellent, s'étagent en forme de figures géométriques, triangles ou  deltas de lumières !

Les grains s'arrondissent, charnus et denses, se chevauchent, se couvrent d'une soie légère, se nimbent d'éclats vaporeux.

Les couleurs contrastées de xanthe, de vert, de noir composent tant de tableaux de l'automne !

Le mot "raisin" se pare, lui-même, d'un charme mystérieux, avec ses sonorités diverses, une gutturale "r"qui traduit l'âpreté du travail de la vigne, une sifflante "s" qui restitue la douceur sucrée du fruit, une voyelle nasalisée "in" qui nous fait voir des envolées de pampres, des ondoiements de fruits, sous le soleil du midi.

"Racemus" ! Le mot latin ancien nous fait entendre, aussi, des sons rudes et d'autres plus délicats.

"Racemus" ! Ce mot nous enveloppe de ses éclats !


L'ancêtre grec "ῥάξ, raks", nous fait admirer, dans sa graphie de consonne finale,
ξ  "xi", les vrilles de la vigne, le mot semble mimer les formes pleines de légèreté de ces tiges graciles.

Les vrilles qui s'enroulent, qui dessinent des motifs sinueux, ondoyants... Les vrilles qui entourent les grappes de méandres subtils...


Ces fruits de l'automne, aux lointains ancêtres latin et grec, nous éblouissent de teintes mordorées, de couleurs chaleureuses.

Promesses de vin, les grappes sont, aussi, symboles de vie, d'abondance, de gaieté et de bonheur...

Voici revenu le temps du raisin !

Les fruits forment des boucles sur les grappes, ils s'épanouissent en gouttes de lumières...

Les fruits nous offrent leurs saveurs douces ou plus âpres, ils nous charment de leurs teintes contrastées, ils nous font goûter aux bonheurs de l'automne.


 

 

 

 

 

Photos : rosemar

Les fruits forment des cascades de grains...
Les fruits forment des cascades de grains...
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12 septembre 2015 6 12 /09 /septembre /2015 14:46
Le fruit nous fait découvrir des rouges incandescents...

 

 

 

Formes oblongues, couleurs lie de vin, les figues nous offrent des saveurs parfumées, des sucs de l'été, et en même temps des couleurs de l'automne...

La peau se marbre de lignes plus sombres qui encerclent le fruit. Des nuées légères semblent nimber ce fourreau obscur.

C'est la saison des figues !

L'intérieur se pare de petites graines aux réseaux infinis, le fruit recèle des filaments d'étoiles, des couleurs pourprées piquetées de blancs.

Le fruit nous fait découvrir des rouges incandescents, des résilles aux couleurs éclatantes...

La chair pulpeuse libère des fibrilles légères, vaporeuses.

Le mot, avec sa fricative initiale, "f", sa gutturale "gu" affiche, à la fois, tendresse et âpreté... tendresse des saveurs sucrées, âpreté des petites graines qui râpent le palais.

"Ficus" ! Le nom latin évoque les pays du sud, où poussent des figuiers à flancs de collines, sur des à-pics vertigineux.

L'ancêtre grec, "
σῦκον,  sukon", est, aussi, plein de charmes, avec ses sonorités de sifflante et de gutturale !

Les mots "sycomore" et "sycophante" rappellent cette forme grecque, à travers un nom d'arbre et celui moins sympathique d'un délateur, anciennement "celui qui dénonce les voleurs de figues" !

Car les figues ont toujours attiré et attisé les convoitises ! Qui n'en a jamais cueilli, sur les bords des chemins ?

La figue, le figuier ne sont-ils pas, aussi, liés aux paysages méditerranéens ?  Ces arbres aux feuillages épanouis sont nombreux, sur les rivages et les terres du sud.

Belles feuilles de figues découpées, dentelées où l'on pose les fruits de l'automne ! Verts profonds et teintes sombres se mêlent dans des harmonies et des tableaux somptueux.

Voici revenu le temps des figues, aux embruns de noirs !

Voici revenu le temps des saveurs plus âpres de l'automne !



 

 

 

Photos : rosemar

Le fruit nous fait découvrir des rouges incandescents...
Le fruit nous fait découvrir des rouges incandescents...
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10 septembre 2015 4 10 /09 /septembre /2015 15:02
Les deux premiers vers de l'Odyssée : tout un art de la séduction...

 

 


Pour commencer un récit, quel qu'il soit, il faut savoir intéresser le lecteur, le séduire et capter son attention : en lisant les deux premiers vers de l'Odyssée, on perçoit tout le pouvoir de séduction de l'aède qui introduit l'épopée.

Le poète raconte des aventures extraordinaires, un périple hors du commun en Méditerranée, un périple accompli par un être d'exception : le héros de l'épopée et de l'histoire...

"Muse, raconte-moi l'homme aux mille tours, qui erra très longtemps sur la mer, lorsqu'il eut détruit la citadelle sacrée de Troie."

En grec :

"Ἄνδρα μοι ἔννεπε, μοῦσα, πολύτροπον, ὃς μάλα πολλὰ

πλάγχθη, ἐπεὶ Τροίης ἱερὸν πτολίεθρον ἔπερσεν·"

(Andra moi énnépé, mousa, polutropon, os mala polla

Planchté, épei Troiès iéron ptoliéthron épersen")


D'emblée, le héros, Ulysse, nous est présenté avec la forme "andra, l'homme", c'est le premier mot du texte, une façon de valoriser le personnage, de le mettre en vedette, alors même qu'il n'est pas nommé.

Ce personnage, dès le premier vers, est associé au terme "poly", qui signifie "nombreux, abondant", dans deux mots "polutropon", "aux mille tours" et "polla", "souvent, de nombreuses fois"...

On perçoit, là, des hyperboles qui servent à magnifier et valoriser le héros de l'épopée : comment ne pas être attiré par ces exploits qui nous sont annoncés, en ce début de récit ?

En même temps, ce héros est très humain, proche de nous, puiqu'il est désigné par ce terme : "andra, l'homme".

Par ailleurs, ce personnage nous est présenté dans une temporalité, une histoire fabuleuse, à l'époque : la guerre de Toie, on apprend que le héros a participé à cette guerre et a oeuvré pour la destruction de la citadelle de Troie...

Il semblerait même qu'il soit presque le seul acteur de cette guerre à avoir vraiment fait en sorte de la gagner ! L'emploi du singulier est assez remarquable dans l'évocation du deuxième vers.

De plus, on comprend que l'invocation à la Muse, dès le premier vers, apporte une certaine solennité à cette introduction : la muse est là pour inspirer le poète, lui apporter ses ressources, son soutien...

Elle donne une dimension surnaturelle au texte, une sorte de caution divine.

L'impératif employé par l'aède : "raconte-moi, dis-moi" suggère, aussi, toute l'oralité de l'épopée primitive, faite pour être racontée, récitée, au son d'un instrument de musique, avant même d'être fixée par écrit...

On peut évoquer, aussi, l'extraordinaire poésie de la langue grecque, aux sonorités de voyelle "a" récurrente dans le premier vers, la voyelle "o" étant réitérée dans le vers deux : on entendrait presque des cris d'admiration adressés à ce héros d'exception dont l'aède va raconter l'histoire et les exploits.


Il faut rappeler, enfin, que l'épopée est écrite en vers : l'hexamètre dactylique, comportant six mesures, où alternent voyelles longues et brèves, dans des rythmes scandés par la voix.


 Pour entendre ces deux premiers vers et la suite du texte : des essais de reconstitution de la prononciation du grec ancien à écouter...

 

http://www.homeros.fr/IMG/mp3/lascouxodysse_eprologuessanswawsanscoupes.mp3

 

http://www.homeros.fr/IMG/mp3/lascouxodysse_eprologuefaibleme_lodisationdigammapulsation.mp3

 

 

http://www.homeros.fr/spip.php?rubrique3







 
 

Les deux premiers vers de l'Odyssée : tout un art de la séduction...
Les deux premiers vers de l'Odyssée : tout un art de la séduction...
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3 septembre 2015 4 03 /09 /septembre /2015 16:24
Le mot alpha nous ouvre des horizons de poésie...

 

 



Alpha, α  la première lettre de l'alphabet grec qui a donné son nom à notre abécédaire, nous séduit par sa graphie ondoyante, qui fait penser au dessin d'un petit poisson et à une boucle légère.

Cette voyelle qui ouvre l'alphabet pouvait être longue ou brève, en grec ancien, c'est à dire être prononcée d'une manière insistante et appuyée ou plus rapide.

Le mot "alpha" nous ouvre des horizons, nous entraîne dans l'univers des lettres, de leurs arabesques mystérieuses....

Ce mot avec sa rime intérieure, qui commence et s'achève par la même voyelle "a" retentit d'échos sonores... La fricative "f" lui donne une douceur particulière.

Nos lettres ne font que reproduire, le plus souvent, le son prononcé, alors qu'en grec chaque lettre porte un nom distinctif plein de charme et de mystères : alpha, bêta, gamma, etc.

Et l'alphabet grec nous conduit du alpha à l'oméga, une autre voyelle qui clôt la liste des lettres grecques.

Le grec connaît pour chaque lettre une graphie minuscule et une autre pour la majuscule : α, Α...

La majuscule est, pour cette lettre, la même qu'en français, nous l'avons, donc, empruntée aux grecs.
La minuscule est utilisée, quant à elle, en mathématiques, pour désigner des angles.

Ce sont les grecs qui ont inventé les voyelles, elles n'existaient pas dans la langue phénicienne.
La lettre "alpha" est, ainsi, éminemment grecque, elle est née dans ce berceau de notre civilisation qu'est le Grèce.


La voyelle "a" ouvre, aussi, notre alphabet, elle est issue du grec et nous rappelle de nombreux mots grecs commençant par cette voyelle "anthos, la fleur", "aggelos, le messager, l'ange", "agora, l'assemblée, la place publique", "agros, le champ", des mots qui nous parlent, car ils sont encore présents dans notre langue, des mots anciens remplis d'histoire et de résonances !

Ce mot "alpha" nous ouvre des horizons de poésie, par sa douceur, son harmonie : il a donné, également, le nom d'une étoile, Alpha du centaure, qui unit le nom de cette lettre à la mythologie.

Ce système de trois étoiles n'est visible que dans l'hémisphère sud. Alpha Centauri est une étoile triple, parmi les plus proches voisines de notre système solaire, un peu plus de quatre années-lumière... Selon une étude récente, une planète autour de l'un de ses soleils serait même propice à la vie.

Visible dans la constellation du Centaure, ces étoiles font partie d'un ensemble plus vaste évoquant la forme d'un centaure, cet être mythique mi-homme, mi-cheval.

Lettre, mythologie, univers stellaire, la voyelle alpha contient tout un univers, elle nous entraîne dans la magie des mots, des mythes anciens, des étoiles...


 

 

 

 

 

Le mot alpha nous ouvre des horizons de poésie...
Le mot alpha nous ouvre des horizons de poésie...
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