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23 juin 2015 2 23 /06 /juin /2015 15:13
L'homme entre dieu et diable...

 



Si le mot "dieu" est lié à l'idée de jour et de lumière, en relation avec l'adjectif "diurne", celui du "diable" évoque la séparation, la fracture, la brisure...

Etymologiquement, le diable est "celui qui divise, sépare et désunit", puisque le mot vient d'un verbe grec, "diaballo", "jeter à travers pour dissocier"...

Le diable  provoque des querelles, des disputes, il cherche à séparer les gens, à les éloigner, parfois, de leurs propres valeurs.

Le diable, destructeur de l'ordre établi, suscite la discorde, il sème la guerre, la violence.

Ainsi, le mot est, dès les origines, fortement péjoratif, et pourtant, le mot lui-même avec sa dentale initiale, sa consonne labiale "b" assez douce, est assez attirant et séduisant.
Selon la tradition biblique, le diable n'use-t-il pas de séduction pour attirer les âmes et les détourner du droit chemin ?
Le diable est, parfois, plein de charmes et d'attraits...

Symbole du mal, ce mot évoque, pourtant, des images terrifiantes, pleines de noirceur, des diables cornus, bêtes et méchants, des créatures inquiétantes.

En fait, quand on voit évoluer le monde, on peut penser que le diable habite en chacun d'entre nous.
L'être humain  diabolique suscite, sans arrêt, des guerres, des conflits, des haines, des insultes qui  surgissent et montrent qu'il ne faut pas chercher le diable, très loin.

L'homme est un animal diabolique, terrible, le plus terrible de tous, sans doute.
Doté d'intelligence, il a domestiqué la terre, l'a pliée à ses désirs, l'a exploitée, oubliant souvent que cette terre n'était pas inépuisable.
L'homme a inventé des armes terrifiantes, il a tué, il a meurtri, il a blessé, offensé, menti, il a détruit.

Pourtant, l'homme est, aussi, à l'origine d'inventions merveilleuses, n' a-t-il pas créé,  imaginé, composé des oeuvres d'art sublimes, dans de nombreux domaines : musique, littérature, peinture, cinéma ?

N'est-il pas un créateur, plein d'inventivité ? Ne fait-il pas surgir des lumières, des aurores aux lueurs naissantes ? N'est-il pas un dieu qui crée des clartés apaisantes ?

Poésies, concertos, romans, oeuvres théâtrales, harmonies de mots et de musiques, sculptures, tableaux, artisanat...

Vivaldi, Verlaine, Mozart, Racine, Molière, Cézanne, Monet, Praxitèle, tant de noms illustres nous viennent à l'esprit et chacun d'entre nous peut devenir créateur à sa manière et dans son domaine : bricolage, cuisine, écriture, activités de loisirs diverses...

L'art offre à chacun une évasion, il permet de s'élever vers une forme d'idéal, il recrée le monde, nous en fait percevoir toutes les beautés, il magnifie des paysages, il donne de nouvelles couleurs aux objets, il fait réfléchir, délivre des messages emplis d'humanité.

L'art peut dénoncer la guerre, les injustices, l'indifférence des êtres humains, le racisme, l'inconscience.


Ainsi, à la fois, dieu et diable, l'homme hésite et oscille sans arrêt entre le bien et le mal.

L'homme, à la fois dieu et diable, est bien le résultat de cette antinomie, de ces deux images opposées, il est le pire et le meilleur !

Le meilleur, c'est sa créativité, sa passion pour les arts, la beauté !

Cultivons cette passion pour la culture qui est essentielle ! L'homme produit, ainsi, des chefs d'oeuvre inoubliables qui apportent bonheur, harmonie, réflexion au monde.

C'est, là, ce qui fait la valeur de l'être humain, la capacité à s'épanouir dans la création, à partager ses émotions...

Le partage et non la division, c'est ce qui devrait l'emporter dans un monde moderne de progrès !




 

 

 

L'homme entre dieu et diable...
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14 juin 2015 7 14 /06 /juin /2015 17:34
Le latin et le grec, des langues pour l'avenir...

 

 



Le latin, le grec, langues anciennes sont le substrat de notre culture, elles sont présentes dans un grand nombre de mots de la langue française.


L'étymologie, la science du vrai, nous permet de remonter à ces origines lointaines mais si vivaces dans notre vocabulaire...

Il suffit de consulter un dictionnaire pour percevoir toute l'importance du latin et du grec dans la formation de notre langue.

Le passé nourrit le présent, l'enrichit et nous permet de mieux comprendre toutes les notions qui nous entourent, le passé nous offre aussi une ouverture sur l'avenir, des perspectives nouvelles, différentes, car ce passé est riche de significations.

Ainsi, les mots venus du grec et du latin, devenus des termes français, intégrés dans notre langue nous montrent des réseaux de significations, nous permettent de mieux maîtriser la langue, de jouer avec elle, de voir le monde dans une continuité, pour progresser, pour approfondir la réflexion...

Il est important de peser ses mots... dans le monde moderne, trop souvent, on oublie de le faire : peser ces mots, c'est choisir le terme adéquat, adapté, c'est retrouver l'origine du mot, pour pouvoir bien en comprendre le sens.

Que de confusions parfois dans les mots ! Que d'erreurs commises !

L'étymologie permet d'éviter ces erreurs, de clarifier les propos, de s'exprimer avec le mot juste.

Chaque mot a une histoire, comme chacun d'entre nous en a une : pourrait-on se passer de cette histoire ? Pourrait-on vivre, coupé du passé ?

Sans passé, l'avenir n'existe pas, ne se construit pas sereinement : nous avons besoin de ces repères qui nous structurent et nous propulsent vers l'avenir.

Les mots que nous utilisons tous les jours, les mots les plus simples et les mots plus techniques, plus difficiles font partie de nous, ils expriment nos pensées, nos idées, avec précision, grâce à eux, nous pouvons développer toutes sortes de réflexions....

Alors qu'on assiste à une baisse générale du niveau en grammaire et en orthographe, le latin et le grec consolident ces connaissances, et rendent plus facile la mémorisation des familles de mots.

Il est important, aussi, pour mieux affronter l'avenir de connaître toutes les origines de notre culture : le théâtre, la tragédie, la comédie, la poésie, la fable, toute notre littérature a des racines grecques et latines, nos auteurs se sont imprégnés de cette culture, et s'en sont inspirés.

Les sciences elles-mêmes se sont développées en Grèce, les mathématiques, l'astronomie, la physique.

Pourrait-on envisager de raser les monuments historiques qui nous viennent de la romanité ? Pourrait-on faire fi de tout ce passé, le mépriser, le réduire à néant ?

Il est vrai que certains groupes islamistes se livrent à ces pratiques insensées et barbares, en anéantissant des chefs d'oeuvre venus du passé... voulons-nous devenir des barbares, coupés du passé ?

Le latin et le grec sont menacés par la nouvelle réforme des collèges, prévue pour la rentrée 2016... Ces disciplines ont, déjà, été lourdement pénalisées par des suppressions d'heures, des horaires mal placés.

Il ne faut pas s'étonner de la baisse du niveau des élèves, quand on sacrifie, ainsi, des enseignements si formateurs et essentiels.

Pour préparer l'avenir, pour assurer aux élèves une formation solide sur des bases et des fondements sûrs, il est important de se référer à des connaissances ancrées dans le passé.

Le latin et le grec ne sont pas des langues mortes, comme on le dit trop souvent : ces langues vivent à travers le français, elles sont omni-présentes, elles survivent même là où on ne le soupçonne pas, des termes très modernes sont, ainsi, empruntés au grec, "le canapé, la vidéo, la télévision, le cinéma, l'astronomie", pour ne citer que quelques exemples...

Le latin et le grec sont notre substance, ils font partie intégrante de notre environnement et de notre culture, il est donc essentiel d'approfondir la maîtrise de ces langues pour une bonne intégration dans le présent et l'avenir...


 

 

 

 

 

Le latin et le grec, des langues pour l'avenir...
Le latin et le grec, des langues pour l'avenir...
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28 mai 2015 4 28 /05 /mai /2015 16:28
Le canapé et le moustique...

 

 

 

Le canapé, le moustique ! Qu'est-ce qui peut réunir ces deux mots ? Ces deux termes semblent si éloignés l'un de l'autre ! Et pourtant...

Si le canapé nous séduit par son confort, le moustique, lui, nous rebute.

Les moustiques, "petites mouches" nous exaspèrent et nous tourmentent pendant les nuits d'été, et nous usons de tous les subterfuges pour les éloigner de nos maisons.

Le canapé, lui,  nous permet de goûter à un repos bien mérité, après le travail, c'est un meuble familier, dans lequel on s'installe volontiers pour lire, regarder une vidéo.

Le mot lui-même avec sa voyelle "a" redondante, nous invite à la détente, au réconfort... La gutturale "c", la labiale "p" donnent à ce terme une assise, une impression de solidité.

Ce mot qui semble si moderne vient, en fait, d'un lointain passé, puisqu'il est emprunté au latin "conopeum", et plus anciennement au grec, "κωνωπεῖον, kônôpeîon", "la moustiquaire", issu du nom  "κώνωψ, kốnôps", "le moustique"...

Etonnante parenté entre le canapé et le moustique ! En fait, le mot "konopeion" désignait, aussi, un lit entouré d'une moustiquaire.

Cette étymologie surprenante montre bien l'évolution du sens des mots.

 

Du moustique on est passé à la moustiquaire, puis, au lit entouré d'une moustiquaire, et enfin au canapé !

Curieusement, le terme "canopée" est issu de ce même radical et désigne, comme chacun sait, une sorte de "rideau" au dessus des arbres, la couche supérieure des forêts, notamment les forêts primaires ou tropicales, soumise au rayonnement solaire, caractérisée par la présence d'un écosystème particulièrement riche de biodiversité.


Canapé et canopée ont, donc, la même origine !

Et nul doute que la canopée doit recéler de nombreuses variétés de moustiques ! Et, ainsi, on rejoint, comme par miracle, le sens du  mot originel, le moustique.

En tout cas, le canapé constitue un élément essentiel du mobilier et peut servir, aussi,  de lit, il peut, parfois, se déployer et devenir un lieu de repos.

J'aime ce mot associé anciennement au nom du "moustique", j'aime ce mot qui fait référence au grec ancien...

Les origines mêmes de notre langue, de notre littérature, sont, là, dans ce nom commun si familier et si moderne !

Belle étymologie qui nous fait entendre la langue grecque, son vocabulaire, ses subtilités !


De nombreux mots français, ont, ainsi, des origines lointaines, remontent au latin, au grec et l'on voit toutes les richesses que recèle l'étymologie !

De nos jours, les moustiquaires ne sont plus guère utilisées, on leur préfère des produits répulsifs dont certains ne sont pas dénués de dangers.

Le canapé, lui, a de beaux jours devant lui : il reste un des meubles essentiels d'un salon, où il permet à une famille de se retrouver, de se détendre.

Le canapé si ancien par ses origines connaît de multiples formes : canapé lit, canapé d'angle, canapé modulable, demi-lune, en forme de U, anglais en cuir capitonné, marocain, convertible, clic-clac...

On connaît, aussi, d'autres variantes du canapé : le sofa, la banquette, le divan, l'ottomane, la méridienne, la causeuse... Mais le canapé reste le meuble le plus pratique et le plus confortable qui soit.

 

Par analogie, le canapé peut, aussi, désigner une tranche de pain que l'on garnit de différents mets : canapés au thon, au saumon, canapés au foie gras. On entre, alors, dans le domaine culinaire et on s'éloigne de l'origine étonnante de ce mot !

 

L'étymologie réserve, parfois, bien des surprises, elle nous permet de percevoir toute la richesse de l'évolution des mots, elle nous offre la possibilité de remonter aux sources lointaines de notre langue, le latin, le grec, elle constitue une perpétuelle découverte...


 

 

 

 

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15 mai 2015 5 15 /05 /mai /2015 16:05
Il ne put en retrouver une seule miette...

 

 



"Le petit Poucet ... croyait retrouver aisément son chemin, par le moyen de son pain qu'il avait semé partout où il avait passé ; mais il fut bien surpris lorsqu'il ne put en retrouver une seule miette : les oiseaux étaient venus, qui avaient tout mangé."

 

Tout le monde se souvient de cet épisode célèbre du conte de Perrault, où le personnage du petit Poucet, confronté à l'épreuve de l'abandon, sème des miettes de pain sur son passage... Mais, il prend conscience, plus tard, que les oiseaux ont picoré les miettes avec avidité...

Ce mot "miette" est si évocateur, si léger, il suggère tant d'images !

La "miette" qui désigne une des petites parcelles qui tombent du pain, quand on le coupe, évoque de bonnes odeurs de pain, de petit déjeuner...

On reconnaît, dans ce nom, une formation de diminutif, avec un suffixe -ette qu'on trouve dans de nombreux mots pleins de charme : "maisonnette, fleurette, dinette, clochette, bouclette, lunette, noisette"...

La "miette",  petite portion de "mie", vient d'un terme latin "mica", "parcelle, miette, grain"...


On rapproche le mot du radical de l'adjectif grec : "micros", "petit" qui a donné de nombreux dérivés, en français : "microscopique, microbe, microcosme, microfilm."


La miette est bien de l'ordre du "minuscule", autre mot qui vient de ce même radical...

Le mot lui-même nous fait voir de petits débris de pain ou d'objets brisés : labiale initiale, dentale finale, ce terme bref  correspond bien à la réalité qu'il désigne...

La voyelle "i", assez aiguë, peut traduire l'idée d'une brisure et d'un morcellement soudain et brutal.

Le nom lui- même du minéral, le "mica" est issu directement du mot latin "mica", car, on le sait, ce minéral a tendance à s'émietter facilement.

"La miette, la mie, le mica, le microscope, minuscule", autant de mots issus d'un même radical et dont on ne soupçonne pas toujours les relations de sens...
Le français a su les intégrer avec des variations de significations tout à fait étonnantes.

J'aime ce mot "miette" qui comporte une valeur affective et tendre avec son suffixe de diminutif, sa labiale "m' associée souvent à une idée de tendresse.

J'aime ce mot qui évoque le pain, ses saveurs croustillantes, ses rondeurs de mies, un goût simple : du pain, du beurre, des tartines trempées dans le café, au petit matin, des senteurs de pains grillés.

La miette, petite parcelle de pain, aux éclats de mie fait rayonner des teintes de candeurs, le pain se brise, se morcelle et répand des brisures.

 

La miette, parfois envahissante, se répand, tombe sur la table, le sol, s'éparpille, mais elle révèle tous les éclats du pain, elle montre un pain croustillant à souhait, qui s'épanche, avec bonheur...

 

Le pain, symbole de vie, de partage, de travail, nourriture essentielle se brise en parcelles dorées.

Mais, il est vrai que les miettes peuvent symboliser, aussi, la pauvreté, la misère, puisqu'il ne reste à certains que des "miettes".

Ainsi, ce petit mot revêt différentes valeurs contrastées : plein de tendresse, il peut suggérer toute la misère du monde...



 

 

 

 

 

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14 mai 2015 4 14 /05 /mai /2015 16:07
Le scandale de l'ascension...

 

Variations sur un mot : l'ascension...

L'ascension, fête religieuse de l'espérance indique une élévation, l’Église célèbre l'élévation du Christ : Jésus monte dans le ciel, connaît une résurrection, une renaissance.



L'ascension indique un mouvement vers le haut, une transcendance, une exaltation : ce mot aux sonorités de sifflante répétée, avec ses deux voyelles nasalisées "en" et ""on", semble suggérer un envol, une légèreté...

Le mot semble mimer une évanescence, une envolée mystérieuse, pleine de douceur.

Et pourtant, certaines ascensions sont douloureuses : quand il faut gravir une montagne, le corps est à la peine, les muscles sont tendus vers l'effort... mais le bonheur de parvenir au sommet efface les contraintes et les douleurs de la fatigue.

L'ascension permet d'atteindre des sommets de plénitude, des paysages éblouissants, des ciels d'un bleu infini, des cripures de nuées sur l'azur, des vertiges de hauteurs, des envols d'oiseaux, des dégringolades de pins...

 

Ce mot venu d'un verbe latin "scando", "monter, escalader", doit être, curieusement, rattaché au nom grec "scandalon" qui désigne, à l'origine, "un piège, un obstacle" à franchir...

Les mots "scandale" et "ascension" appartiennent donc à la même famille de mots !

Curieux rapprochement de deux mots qui semblent si éloignés l'un de l'autre !


Les mots latins associés sont, aussi, le nom "scala", "l'échelle"( avec les dérivés français : l'escalier, l'escale, l' escalade, escalader) les verbes préfixés en -scendere : ascendere, "monter", descendere, "descendre", transcendere, "passer par-dessus"... On peut citer de nombreux termes qui viennent de ce radical : "ascendance, ascendant, ascenseur, ascensoriste, ascensionnel, condescendance, condescendant, condescendre, descendance, descendant, descendre, descente, transcendance, transcendant, transcendantal, transcender..."


Une évolution populaire du radical "sca"- en "éch"- a abouti à quelques termes : "échalier, échantillon, échantillonnage, échelle, échelon, échelonner."

Enfin, à partir du mot grec "scandale", on a formé "scandaliser, scandaleux et esclandre"....

Dans un certain nombre de mots, l'idée d'élévation n'est plus perceptible, et on voit bien, ainsi, l'évolution que peuvent connaître les mots, par l'ajout de préfixes, par une spécialisation de sens.


Parfois, la notion d'élévation demande une explication : par exemple, "scander" un vers, c'est mettre en évidence les syllabes accentuées dans un vers, en élevant la voix.

Le scandale, grave affaire qui émeut l'opinion, suscite une indignation et le mot a, quelque peu, perdu son sens premier d'obstacle à franchir.


Cette belle famille de mots montre toute la variété des dérivations, la souplesse de la langue française, sa capacité à intégrer des mots avec des modifications phonétiques...

Elle montre, aussi, toute la richesse des langues premières : le latin et le grec où nous avons puisé tant de mots de vocabulaire !


L'ascension peut-elle constituer un scandale ?

Non, bien sûr... sauf quand elle concerne certains hommes et femmes politiques qui font fi de toutes les règles morales, qui s'enrichissent grâce à des malversations, qui prospèrent sur la misère des pauvres gens : ces scandales existent, ils sont de plus en plus nombreux, on peut évoquer, à ce sujet, les différentes affaires qui encombrent la vie politique du couple Balkany, par exemple...

Oui, de telles ascensions sont scandaleuses et indignes : quand seront-elles, vraiment, punies et sanctionnées par la justice ?

On peut se poser la question...


 

 

Le scandale de l'ascension...
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4 mai 2015 1 04 /05 /mai /2015 16:48
Pour sauver le latin et le grec...

 

 

C'est bien d'un sauvetage dont il est question, ici : les humanités, le latin et le grec, ont été, depuis des années, sacrifiées, au nom de la rentabilité...



Les professeurs de lettres classiques ont dû se battre, pour défendre leurs droits à enseigner ces disciplines : sans cesse concurrencées par de nouvelles options, les humanités ont été reléguées, mises au rebut, placées, dans les emplois du temps des élèves, en fin de journée....
 

De plus en plus, dans les établissements scolaires, les enseignements optionnels sont mis en concurrence : portugais, occitan, théâtre, arts plastiques, cinéma, danse,  latin, grec...

Les enseignants usent de tous les subterfuges, pour attirer les élèves  : des réunions sont même organisées, des "shows médiatiques", au cours desquels, les professeurs se livrent, devant les parents d'élèves, à une promotion de leur propre discipline...


La démagogie est à l'oeuvre : il faut "capturer" le plus grand nombre d'adeptes :  pour atteindre le public le plus large possible, il convient de faire preuve de la plus grande indulgence, séduire les élèves par un enseignement attractif, facile, par des bonnes notes...


Les lycées se transforment, ainsi, en entreprises commerciales où il s'agit de vendre les produits les plus attractifs...

Pour ma part, je me refuse à entrer dans ce jeu qui transforme le métier d'enseignant en une activité commerciale.

Il devrait être évident, pour tous, que le grec et le latin sont le substrat de notre culture, nos sources premières, que ces disciplines sont le fondement de notre langue : d'une certaine façon, nous parlons, tous, grec et latin, en utilisant notre propre langue, le français...

Vocabulaire familier ou scientifique, la plupart des mots que nous employons nous viennent du latin et du grec.
La plupart des termes de la stylistique, de la grammaire sont issus de ces langues.

Notre littérature, dans son ensemble, s'inspire des auteurs de l'antiquité : les grands genres littéraires ne sont-ils pas nés en Grèce ? Théâtre, comédie, tragédie, poésie, fable, discours, éloges.....

Dès lors, peut-on passer sous silence et occulter ces enseignements ?

Il est vrai que la culture n'est plus valorisée dans nos sociétés, elle devient, même, parfois suspecte, alors qu'elle permet à chacun un épanouissement et une ouverture.

La culture littéraire est essentielle pour comprendre le monde qui nous entoure, elle suscite critique, réflexion, rigueur, esprit d'analyse...

La culture classique constitue un apport capital, dans un monde de technicité grandissante, où les mathématiques sont triomphantes.


Il faut, sans doute, rétablir des équilibres perdus : la filière littéraire a été, depuis des années, laissée à l'abandon, mise au rebut, il faut lui redonner toute sa valeur, en offrant des perpectives à ceux qui choisissent cette voie...


Il paraît, aussi,  normal d'offrir à chacun la possibilité d'apprendre conjointement le latin et le grec dans tous les établissements... or, cette possibilité n'existe pas dans nombre de lycées et de collèges.

Pour sauver le latin et le grec, il convient de revaloriser ces enseignements, d'en montrer toutes les richesses, tous les apports.

Oui, ces disciplines sont exigeantes, elles demandent des efforts, de la persévérance, de l'ambition, une volonté d'apprendre, et c'est pourquoi elles doivent être préservées, une façon, sans doute, de combattre une certaine facilité, un laisser-aller qui envahissent nos sociétés.


Dans ce but, voici un appel de l'Association des Professeurs de Lettres au président de la République pour l'avenir des langues anciennes et de l'école...

 

 

 

 

http://www.lepoint.fr/editos-du-point/sophie-coignard/coignard-latin-la-lettre-a-hollande-04-05-2015-1925962_2134.php

 

 

Pour sauver le latin et le grec...
Pour sauver le latin et le grec...
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19 avril 2015 7 19 /04 /avril /2015 08:57
Cyparissos, arbre divin !

 


Cyprès ! Longs fuseaux qui étourdissent les regards ! Arbres de brumes aux élans infinis ! Des vertiges de bruns s'élèvent, surgissent soudain,  se hissent vers des hauteurs...


Les cimes effilées lancent leurs épis verts et noirs, sur des cieux d'une clarté d'azur,  jettent sur l'horizon des fûts de verdures, aux teintes somptueuses.


Cyparissos ! Arbre divin, peuplé de dryades et d'hamadryades !


Arbres célestes, aux teintes sombres, qui escaladent le ciel et s'en emparent, pinceaux éblouissants sur l'azur, éclats de verts !


Les cyprès immuables dressent leurs fûts de verdures sur l'horizon bleuté, les cyprès s'élancent et vrillent le ciel de leurs parures ombrés.


Ils nous parlent du Sud, de la lumière, des soleils, des vents impétueux du Sud,  des chaleurs prégnantes, des parfums odorants de la garrigue, du thym, du romarin...

Ils chantent la Méditerranée, l'Italie, la Grèce, des temples anciens, où la pierre côtoie le vert, où les arbres font resplendir l'éclat du marbre !

Ils racontent toute l'harmonie du monde : le vert entrelacé au noir, au bleu, à la lumière !


Ils déploient des formes aériennes, impassibles, sereins, silencieux.


Douces sonorités de sifflante, de labiale ! Apreté de la gutturale "r" ! Délicatesse et rudesse des paysages du sud !

Les cyprès au nom grec murmurent la langue originelle, celle du sud, celle des paysans d'autrefois, celle d'Ulysse et d'Homère, celle de l'aède aux chants mystérieux...

Kuparissos ! Eclats solaires ! 

Les cyprès dont les fuseaux côtoient des bouquets d'arbres, des oliviers, des pins, aux rondeurs anisées, dessinent des envols...  ils tracent des lignes élancées, sur les nuées légères et subtiles...

Les cyprès dessinent des paysages, deviennent sculptures de bronze, sur les ciels lumineux du Sud.




 

 

 

 

Photos : rosemar

Cyparissos, arbre divin !
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13 avril 2015 1 13 /04 /avril /2015 16:25
Les humanités vont-elles disparaître ?

 



La nouvelle réforme des collèges entérine, bel et bien, la disparition du latin et du grec qui deviennent des Enseignements Pratiques Interdisciplinaires, mis en concurrence avec tous les autres projets de l’établissement, qui aura la charge de faire le « choix » entre ceux-ci, selon les moyens qui lui auront été accordés...


Ainsi, se trouve programmée la disparition de l’enseignement des Langues et Cultures de l’Antiquité, là où elles sont présentes aujourd’hui, car leur maintien ne tiendra qu’au bon vouloir local, après une mise en concurrence avec d’autres nouveaux projets. 


Que chacun en prenne conscience : les humanités sont essentielles, dans la formation intellectuelle, elles apportent une culture de base qui permet une réflexion sur notre monde, elles offrent une meilleure compréhension de notre langue et de notre culture...


Comment peut-on prétendre que le latin et le grec sont des "langues mortes", alors qu"elles vivent à travers la plupart des mots que nous utilisons ?


Alors que la langue anglaise exerce, un peu partout, une suprématie triomphante, il est temps de réagir et de défendre notre propre langue, composée essentiellement de latin et de grec.

Alors que l'anglais nous envahit de ses "like", de ses "hashtags", il faut préserver cet héritage précieux que nous avons reçu de l'antiquité.

Certaines réactions me font bondir, notamment, celle d'un commentateur parue sur le Journal Le Point, à la suite d'un article intitulé : Les humanités, avenir de l'humanité.

 

Voici ce qu'il écrit :

"Je suis passionné par Rome, mais...
Au XXIème siècle, la langue universelle est l'anglais, et non plus le latin, langue morte depuis des siècles. 
Apprendre une langue que plus personne ne parle sur Terre est absurde : il vaut mieux apprendre des langues... Latines, comme l'Espagnol, l'Italien ou le Portugais. 
Il vaut mieux étudier les passionnantes civilisations Grecques et Romaines que dégoûter les enfants en leur imposant des langues mortes. 
Dans leur collège, mes enfants me disent que tous les élèves latinistes détestent cette matière : on ne la conserve que pour la carrière des professeurs de grec et de latin !"

 


Tout d'abord, le fait de présenter l'anglais comme une langue universelle me semble pour le moins dangereux. Il faut, justement, lutter contre cette tendance qui fait de l'anglais une langue de référence.

Le langage informatique nous impose ce jargon, alors qu'on pourrait fort bien s'en passer.

Par ailleurs, utiliser l'expression "langues mortes" pour évoquer le latin et le grec est une hérésie, ce sont des langues anciennes qui restent présentes dans la plupart du vocabulaire que nous utilisons !

L'étymologie, ne l'oublions pas, permet de comprendre le sens essentiel des mots, elle offre un retour aux sources et souvent, elle restitue la définition même du mot.

Affirmer de manière péremptoire que la plupart des élèves détestent les langues anciennes est totalement abusif et absurde.

De nombreux élèves s'intéressent non seulement aux civilisations antiques, mais aussi à l'étude de la langue, qui apporte rigueur, solidité, ou encore à l'étymologie qui leur permet de maîtriser des notions essentielles : comment comprendre les spécificités du théâtre, de la poésie, sans se référer à l'étymologie de ces mots ?

Comment ne pas évoquer l'origine de nombre de mots littéraires qui remontent à l'antiquité ?

Le terme même d'humanités associé à ces disciplines nous en montre toute l'importance : dans un monde de technicité accrue, il est essentiel de ne pas perdre contact avec nos propres racines, avec ce qui constitue notre humanité et notre passé.

Dans un monde où la violence s'impose, où triomphe, parfois, la barbarie, les humanités nous permettent de retrouver un humanisme qui se perd et se délite, elles sont sources d'épanouissement et de réflexion, elles consolident les connaissances, elles montrent l'importance de l'effort, de la rigueur.

Elles constituent tout un passé, qui est le fondement de notre propre culture : le théâtre, la tragédie, la comédie, la fable, la philosophie sont nés en Grèce, tous ces mots viennent du grec.

Les mots "rhétorique, éloquence, grammaire, lettre" sont issus du grec et du latin, comme de nombreux mots de notre vocabulaire.

Les humanités vont-elles disparaître ? Seront-elles, désormais, réservées à une élite éprise de curiosité et de savoir ? Comment ne pas percevoir tout l'apport culturel, intellectuel, humain qu'elles nous délivrent ?

Comment peut-on envisager de réduire à neant ces enseignements aux multiples facettes qui sont les sources mêmes de notre culture ?


 
Une pétition à signer pour le maintien de l'étude du latin et du grec :

https://secure.avaaz.org/fr/petition/Madame_la_Ministre_Latin_et_grec_ancien_pour_tous_les_eleves_dans_tous_les_etablissements/?tiPHxbb

 

Deux articles sur le sujet :
 
http://www.lepoint.fr/chroniques/les-humanites-avenir-de-l-humanite-04-04-2015-1918618_2.php


 
http://www.lepoint.fr/editos-du-point/sophie-coignard/coignard-education-nationale-la-haine-de-l-excellence-13-04-2015-1920587_2134.php

 



 

La fresque du pêcheur

La fresque du pêcheur

Le début de l'Iliade

Le début de l'Iliade

Muse jouant de la cithare

Muse jouant de la cithare

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11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 16:58
Naias ! mystères des ondes...

 

 

Des enroulements, des volutes, des tourbillons vertigineux, des efflorescences d'écumes naissent à la surface des ondes...

 

Naias ! Mystère des ondes et des marécages, roseaux entrelacés, nénuphars, fleurs éblouissantes de candeurs, ondoyances des eaux, les nymphes se fondent dans les flots et imitent le mouvement des vagues...


Naïades, nymphes des eaux et des fleuves ! Divinités des ondes, algues ondoyantes, toisons de longues chevelures !


Ondines venues d'un lointain passé ! 

Naïade ! Echos sonores de voyelles emplis de poésie ! Charme de ce mot étrange, avec ses trois voyelles successives, son tréma... Nom grec venu d'un lointain passé !


Des enroulements, des volutes, des tourbillons vertigineux, des efflorescences d'écumes naissent à la surface des ondes...
 

Aréthuse, Harmonia, Mélité surgissent du fond des fleuves et des sources, elles murmurent les échos renouvelés des flots.... Elles bruissent du chant de la vie.

Les algues roulent sous les eaux, forment des nuées de verts, les algues disent toute l'harmonie des sources...

Les murmures se perpétuent, les ondes se répondent, comme les échos des naïades !

Vert, bleu, reflets irisés de l'eau, les couleurs se mêlent, se confondent, les vagues se hérissent, se teintent de soleils, de lumières...

L'eau glisse, rivalise de tournoiements, de souplesse, de lucidité, de transparence....

L'eau devient naïade, elle parle, elle dit la splendeur des ondoyances, des rives couvertes de mousses, des soleils qui illuminent l'onde...




 

 

 

Photos : rosemar

Naias ! mystères des ondes...
Naias ! mystères des ondes...
Naias ! mystères des ondes...
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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 20:01
Le printemps est un barbare qui déchire les robes...

 


"Le printemps est un barbare qui déchire les robes, s'engouffre dans les villes, saccage les citadelles de la raison. Le printemps est une cathédrale de feuillage et de désir qui surgit dans les ruines de l'hiver."

C'est ainsi que René Frégni décrit l'irruption du printemps, dans un tableau à la fois brutal et poétique... Le printemps assimilé à un barbare semble tout emporter sur son passage...


 "Un barbare" ! Quelle violence, quelle cruauté, quelle sauvagerie surgissent, à la seule évocation de ce mot ! Les sonorités nous révèlent un être primitif et fruste.

 

La répétition redondante de la même syllabe restitue une sorte d'aspect primaire, d'autant que la gutturale "r" , consonne assez dure correspond bien à cette notion d'âpreté et de férocité...

La labiale "b" réitérée semble, aussi, nous montrer un être dont le langage est hésitant, rudimentaire, peu développé.

Ce mot très ancien nous vient directement du grec, "barbaros" : il désigne, à l'origine, l'étranger, celui qui parle un autre langage peu compréhensible, celui qui ne maîtrise pas la langue grecque...

Le "barbarisme" s'applique, ainsi, à des incorrections, des fautes de langue...

Terme particulièment expressif, le mot "barbare", formation d'onomatopée, évoque des bruits incompréhensibles... Il qualifie, à l'origine, tous les peuples qui ne sont pas gréco-latins...

Il en vient à désigner, ensuite, des êtres sauvages, grossiers, inhumains, cruels...

Quel mot éloquent ! Ce mot nous parle de langues différentes, jugées vulgaires, inintéressantes, il nous dit aussi toute la cruauté du monde : les guerres, les meurtres, les destructions, les exactions, la violence...

Il nous raconte des siècles de férocité, d'inhumanité, il nous dit également une forme d'intolérance puisque le barbare est, dans l'antiquité, celui qui parle une langue différente...

Il nous raconte notre monde fait de fureur, de fanatisme, de haines, il nous dit la brutalité, le mépris, l'arrogance des êtres humains.


L'homme n'a-t-il pas été le plus barbare des animaux, au cours des siècles et ne l'est-il pas encore, maintenant ?

Des guerres inhumaines se perpétuent, irrémédiablement, elles révèlent toutes les formes de barbarie qui traversent le monde.

Ce terme peut être utilisé aussi, dans un sens imagé, comme le montre la description du printemps, dans l'extrait de René Frégni. On y voit le printemps s'emparer du monde, dans une personnification pleine de violence et d'expressivité...

On apprécie ce type de barbarie qui s'abat sur la nature, la transforme, lorsque des feuillages et des désirs nouveaux apparaissent.

Le mot restitue, alors, toute cette force de la nature qui balaie les rigueurs de l'hiver.

On le voit : le mot "barbare", venu directement du passé, a connu une belle continuité, dans notre langue, avec une évolution de sens notable.

Ce terme à connotations péjoratives peut être employé dans un sens figuré, pour traduire une forme d'impétuosité et d'emportement. Venu du grec, il nous fait remonter aux sources de notre langue... plein de résonances, il évoque tout un passé et toute une histoire.

Comment ne pas apprécier toutes les nuances de ce mot, si riche de sens ?

Comment ne pas en voir tous les éclats et toute la force ?



 

Le printemps est un barbare qui déchire les robes...
Le printemps est un barbare qui déchire les robes...
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