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4 avril 2015 6 04 /04 /avril /2015 16:09
Dès que, fille du matin, parut l'aurore aux doigts de rose...

 


Homère, un des premiers poètes de l'humanité, utilise quelques vers formulaires dont celui-ci, le plus célèbre : Ἦμος δ᾽ ἠριγένεια φάνη ῥοδοδάκτυλος Ἠώς,  "émos d'ériguéneia phané rhododactulos éos ..." "Dès que, fille du matin, parut l'aurore aux doigts de rose...", un vers d'une extraordinaire poésie.

 

Ce vers, qui introduit de nombreux épisodes de l'Odyssée, nous permet de comprendre l'essentiel, l'essence même de la poésie. En effet, tout l'art du poète consiste à créer une harmonie, une fusion parfaite de mondes, ici, celui de la nature et celui des hommes.


L'aurore, présentée comme une entité vivante, était considérée par les grecs comme une véritable divinité, dotée d'attributs humains.


On perçoit l'assimilation de l'aube à une personne, une jeune fille, dans une métaphore : elle devient "fille du matin", elle apparaît, aussi, personnifiée dans l'expression "aux doigts de rose". L'aurore est, ainsi, dotée de vie, de volonté... la pensée grecque percevait, partout, dans la nature, les arbres, les fleurs, les fleuves, l'aurore, le soleil, la mer, une présence divine animée et vivante.


De plus, l'aube nous fait admirer, aussi, l'image d'une fleur, la plus belle des fleurs, une "rose", et on voit aussitôt se dessiner, sous nos yeux, les tendres couleurs de l'aurore, un début de journée où le soleil commence à poindre...


La couleur "rose" définit bien aussi, à travers cette sensation visuelle, le début d'une journée, aux tons pleins de douceurs.


La poésie est la recréation d'un langage, une harmonie retrouvée entre le monde humain et la nature, souvent.


Le seul mot composé,"rhododactulos", "aux doigts de rose" transforme l'aurore en une jeune fille, dont les doigts évoquent les couleurs atténuées de l'aurore.


La poésie, dès les origines, associée à la musique, était chantée avec accompagnement d'un instrument, le plus souvent une lyre. Ainsi, ce vers formulaire revient dans l'Odyssée, comme un refrain qui scande le texte.


Les sonorités, aussi, sont sources de musicalité. Le vers grec révèle des échos sonores : le début et la fin se rejoignent, avec un effet de rime intérieure, le son "os" répété ( bien que la rime n'existe pas en grec) : émos, rhododactulos, éos... La voyelle "o" revient à plusieurs reprises dans ce seul vers... et peut traduire l'émerveillement du poète face à ce spectacle renouvelé de l'aurore. Les dentales "d" et "t" éclatantes donnent une certaine densité au texte.


Ce simple vers d'Homère nous permet de déceler toutes les richesses du langage poétique : il s'agit d'introduire le lecteur dans un monde différent, de le faire rêver grâce à une harmonie de sons, de mots, de sensations.


La traduction du texte ne permet pas de retranscrire fidèlement les sonorités du texte initial, mais on y retrouve les procédés essentiels utilisés par Homère : double personnification, sensation visuelle, douceur de la couleur associée à une fleur.

 

 

 

 

 

L'aurore  Tableau de Fragonard

L'aurore Tableau de Fragonard

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1 avril 2015 3 01 /04 /avril /2015 13:58
Un poisson pour ouvrir le mois d'avril...

 


 
Le mot "poisson" remonte à l'antiquité : issu du latin "piscis", ce terme générique désigne toutes sortes de variétés : sole, sardine, rascasse, thon, cabillaud, loup, truite, brochet, dorade, girelle, lotte, autant de noms différents et évocateurs pour ces habitants des mers et des fleuves...

Ce terme "poisson" suggère des images marines étonnantes : des poissons irisés de soleil sous l'eau, aux reflets ondoyants, des éclats de couleurs variés, des brillances, des dorures. Le mot lui-même, avec sa labiale initiale "p", ses deux sifflantes "ss", sa voyelle nasalisée "on", nous emmène dans une autre dimension, celle des profondeurs marines, mystérieuses, envoûtantes, secrètes.

Le mot résonne d'éclats grâce à ses deux sifflantes qui nous font percevoir des éclats de soie, des écailles somptueuses. La voyelle nasalisée nous montre les ondoyances de l'animal sous les flots : le poisson ondule, se meut avec souplesse dans l'élément marin.

 

De nombreux mots sont des dérivés du nom latin "piscis" : le pêcheur, le pescadou, le verbe "pêcher", l'adjectif "piscivore", la piscine, la pisciculture. Et dans certains de ces mots, on retrouve le radical ancien "piscis", non altéré, alors qu'il a subi des évolutions phonétiques notables dans le terme "poisson"...


Le nom "poisson" révèle, ainsi, une formation populaire et familière, ce mot n'en paraît que plus précieux : issu du peuple, il a donné, lui-même, lieu à des dérivés : poissonneux, poissonnier, poissonnerie.


En grec, c'est le terme "ichthys" qui désigne le poisson : il est à l'origine de quelques termes savants : "ichtyophage, ichtyosaure, ichtyologie". Ce mot suggère bien, par sa graphie et ses consonnes aspirées, toute l' étrangeté de cet animal lié au monde marin.

 

Le poisson revêt toutes sortes de formes et de dimensions : certains de ces êtres aquatiques ressemblent à des galets posés au fond de l'eau, d'autres sont hérissés d'antennes aux reflets d'ocres, d'autres brillent de reflets argentés... Certains s'irisent d'écailles sombres ou luisantes...

Les poissons évoquent, ainsi, le monde de la mer, des odeurs iodées, des embruns, des images de vagues redoublées souvent impétueuses, des images d'infini et de liberté...

Les vagues se hérissent d'écumes, de brumes éblouissantes, la mer fait entendre son chant redoublé, ses murmures infinis, elle déroule ses couleurs variées et nuancées : verts, bleus, ocres, blancs. Les vagues déferlent sur la grève... et sur le bord, on peut entrevoir ce monde marin, où ondoient des muges, des gobies, du menu fretin.

 

Le poisson lié à la mer, aux fleuves et aux rivières, à l'eau, à la fluidité des ondes, nous laisse entrevoir des transparences, des clartés, des limpidités, il nous emporte dans les replis des flots, il nous fait rêver à un monde ondoyant, plein de mystères...

 

 

 

 

 

 

Un poisson pour ouvrir le mois d'avril...
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31 mars 2015 2 31 /03 /mars /2015 16:09
Voici revenu le temps des asperges...

 

Voici revenu le temps des asperges ! Temps si court, si rapide, où nous sont offertes ces pousses délicieuses, qu'on aime savourer à la vinaigrette.

L'asperge annonce le printemps, les beaux jours, elle se cache sous la terre, et il faut la cueiilir dans les profondeurs du sol.

Le mot lui-même révèle des sonorités pleines de douceur, sifflante "s", labiale "p", chuintante "g". Seule la gutturale "r" lui apporte une pointe d'amertume...

Blanche, verte, ou violette, l'asperge est un mets délicat et précieux. Sa saveur pleine de finesse, de fraîcheur, de simplicité nous donne un avant-goût du printemps.

Délices d'asperges ! Pousses sauvages qu'on peut découvrir en pleine nature !

Le mot "asperge", venu du latin "asparagus" et plus anciennement du grec "asparagos", comporte des origines lointaines. Le terme "asparagos", avec sa voyelle "a" réitérée, nous fait entendre des sonorités emplies de poésie : ce mot redondant déroule ses syllabes dans une belle harmonie...

L'asperge a des racines gecques, elle renvoie à un passé mythique, celui de la Grèce antique, "l'asparagos", avec sa finale grecque, nous fait entendre cette langue d'autrefois qui est si présente dans de nombreux mots français !

Le nom "asparagos" nous fait goûter à des sonorités lointaines, exotiques et étranges...

"L'asparagos" nous montre que notre langue est constituée de latin, de grec et que ces langues vivent, encore, dans des mots très simples du quotidien, que tout le monde connaît.

L'asperge, plante grecque et latine était très appréciée par les anciens : elle entrait dans des recettes raffinées qui nous sont parvenues, grâce à Apicius, un célèbre gastronome du premier siècle, par exemple, la Patina de asparagis frigida ou Patina froide d'asperges...
 
  PATINA DE ASPARAGIS FRIGIDA
 Accipies asparagos purgatos, in mortario fricabis, aqua suffundes, perfricabis, per colum colabis. Et mittes <in caccabum> ficedulas curatas. Teres in mortario piperis scripulos VI, adicies liquamen, fricabis, <postea adicies> vini cyathum unum, passi cyathum unum, mittes in caccabum olei uncias III. Illic ferveant. Perunges patinam, in ea ova VI cum oenogaro misces, cum suco asparagi impones cineri calido, mittes impensam supra scriptam. Tunc ficedulas compones. Coques, piper asperges et inferes.
Apicius, Art Culinaire, livre IV, 132
Vocabulaire du texte
 
Traduction :
Patina froide d'asperges
Prenez des asperges bien nettoyées, écrasez-les dans un mortier, arrosez-les d'eau, écrasez-les complètement, et passez au tamis. Mettez <dans un plat> des becfigues vidés. Pilez dans un mortier six scrupules de poivre, ajoutez du garum et triturez, puis un cyathe de vin et un de vin paillé. Mettez trois onces d'huile dans une cocotte où vous ferez bouillir le tout. Graissez une casserole, mélangez-y six oeufs avec du garum au vin et placez-la avec la purée d'asperges dans la cendre chaude. Versez-y la préparation indiquée ci-dessus et disposez alors les becfigues. Faites cuire, saupoudrez de poivre et servez.



L'asperge, appréciée des romains reste un mets de choix : la blanche, la plus délicate, la plus fine est, sans nul doute, la meilleure... L'asperge violette au goût fruité est aussi délicieuse.

Voici revenu le temps des asperges ! Profitons-en pour goûter ce légume de choix, au parfum savoureux ! Source de vitamines, l'asperge contribue à une bonne santé, et à un parfait équilibre nutritionnel.


 
Des recettes antiques :

http://www.domainelacroixdubattut.com/recettes-romaines.html

 

Pour en savoir plus sur l'asperge :

 http://www.passeportsante.net/fr/Nutrition/EncyclopedieAliments/Fiche.aspx?doc=asperge_nu

 

http://www.marmiton.org/magazine/diaporamiam_asperge_1.aspx

 

 

 

 

Miniature du Moyen-age

Miniature du Moyen-age

Un tableau de Maria Vos

Un tableau de Maria Vos

Tableau de Adriaen Coorte

Tableau de Adriaen Coorte

Tableau de Louise Moillon

Tableau de Louise Moillon

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22 mars 2015 7 22 /03 /mars /2015 16:37
Le latin et le grec vont-ils être sacrifiés ?

De plus en plus, ces disciplines essentielles, les langues anciennes sont sacrifiées et délaissées, dans les établissements scolaires, au nom de la rentabilité...



L'enseignement des humanités risque de disparaître, avec la nouvelle réforme du collège : une initiation aux langues anciennes en 5e, 4e et 3e serait, désormais, intégrée aux programmes de français, dès la rentrée 2016.

Ce serait en accord avec le projet d’avancer l’enseignement de la deuxième langue vivante en 5e, dans la perspective de la création d’un nouveau cycle après la 6e. Mais une telle réforme permettrait surtout, face à la pénurie préoccupante de professeurs de lettres classiques, de confier cette "initiation" à des professeurs de lettres modernes.

Dès lors, cet enseignement serait restreint à une petite initiation, sans aucun approfondissement...

Depuis des années, ces disciplines sont délaissées, maltraitées : les heures sont placées en fin de journée, ou entre midi et 14 heures.

Face à cette tendance qui consiste à faire disparaître lentement l’enseignement des humanités, comment ne pas s'insurger ?

Pourtant le latin et le grec sont tellement formateurs et essentiels : étymologie, grammaire, littérature, philosophie, histoire, que de messages essentiels nous sont délivrés par les humanités, les langues anciennes !

Dans un monde en perte de repères, comment ne pas voir que ces disciplines sont essentielles ? Elles nous relient au passé, à notre histoire, celle de tous les peuples méditerranéens.

Elles apportent rigueur, esprit d'analyse, esprit critique, elles permettent d'enrichir le vocabulaire par un retour aux sources... Elles ouvrent mille perspectives, car la littérature antique est pleine de richesses : poésies, satires, théâtre, c
omédies, tragédies, éloquence.

Elles permettent de mieux appréhender notre propre littérature, de mieux en comprendre les sources, car de nombreuses oeuvres littéraires s'inspirent de ces genres anciens.


A l'heure où certains s'attachent à détruire des oeuvres d'art venues du passé, à l'heure où des barbares essaient d'anéantir cette culture ancienne, comment ne pas voir et comprendre que ce passé nous est indispensable ?


Le grec et le latin sont le substrat de notre langue, de notre littérature : les auteurs anciens nous ont légué des textes remarquables, emplis de bon sens et de réflexion.

Pour bien vivre le présent, nous avons besoin de cette culture, de ces repères, nous devons nous référer à ce passé qui nous a nourris et nous nourrit encore...

Il faut restaurer ces disciplines, former des enseignants, faire en sorte qu'il soit possible pour les élèves d'étudier
à la fois le grec et le latin : souvent les emplois du temps ne le permettent même pas !

Ne sacrifions pas notre passé ! Il est essentiel, indispensable pour chacun d'entre nous... d'autant que ce passé est inscrit dans notre propre langue, constituée essentiellement de latin et de grec.

Le grec et le latin vivent encore à travers les mots que nous utilisons, notre grammaire, notre orthographe... Ces disciplines sont donc fondamentales pour mieux maîtriser notre langue, le français...

Début de l'Iliade  Homère auteur de la photo : Bibi Saint Pol

Début de l'Iliade Homère auteur de la photo : Bibi Saint Pol

Virgile  un extrait de l'Enéide

Virgile un extrait de l'Enéide

L'odyssée   Ulysse déguisé en mendiant et Pénélope  auteur de la photo : Jastrow  creative commons

L'odyssée Ulysse déguisé en mendiant et Pénélope auteur de la photo : Jastrow creative commons

L'Odyssée  l'épisode des Sirènes Auteur de la photo : Dougga  creative commons

L'Odyssée l'épisode des Sirènes Auteur de la photo : Dougga creative commons

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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 16:26

 

pantoufle-Piccolo-Namek-creative.jpg

 

"Quoi ? Quand je dis : « Nicole, apportez-moi mes pantoufles, et me donnez mon bonnet de nuit » c'est de la prose ?" 

Tout le monde se souvient de ces propos amusants prononcés par Monsieur Jourdain, dans Le Bourgeois gentilhomme de Molière, quand le personnage découvre la différence entre les vers et la prose...

La pantoufle ! Voilà un mot qui nous est familier ! Nous chaussons tous des pantoufles quand nous rentrons chez nous, et nous en éprouvons du réconfort.

 

De fait, le mot lui-même nous rassure : labiale initiale, dentale, au centre, fricative finale donnent à ce mot une certaine douceur... et n'oublions pas la voyelle nasalisée "an" et le son "ou" qui lui confèrent une allure nonchalante...

 

La pantoufle, chaussure d'intérieur que l'on met chez soi pour être plus à l'aise nous libère de contraintes, nous offre un bien-être très appréciable...

 

Mais d'où vient ce terme si expressif ? Selon certains, il serait issu du mot latin "pannus", "bout de tissu, pan, morceau" avec l'ajout d'un suffixe -oufle qui connoterait des objets gonflés comme la "moufle"...

 

Son origine pourrait même remonter au mot grec, 'péné", "trame, tissu, toile" et on pourrait, alors le rapprocher du nom de "Pénélope", celle qui défait la toile qu'elle a tissée pendant la nuit...

 

De fait, la pantoufle est souvent faite d'un tissu épais, pour protéger le pied du froid, elle enveloppe le pied d'un certain confort.

 

J'aime ce mot qui évoque le bonheur de se retrouver chez soi, dans une ambiance chaleureuse, sans contraintes, sans artifices...

 

J'aime ce mot aux sonorités diverses et langoureuses...

 

La pantoufle nous fait retrouver une liberté perdue, elle nous fait oublier le carcan des chaussures qui emprisonnent le pied, qui le compriment...

 

La pantoufle nous ouvre des horizons de liberté, elle nous promet repos, réconfort.

Elle se décline en "babouche, charentaise, savate, chausson, mule"... une variété de pantoufles nous est offerte.

 

Que de mots divers pour évoquer toutes sortes de pantoufles, avec des origines variées ! Mot persan, mot venu d'une région française, mot latin...

 

Dans tous les cas, le mot "pantoufle" est le plus couramment utilisé, il a donné naissance à un terme péjoratif : "pantouflard", avec le suffixe -ard, très productif qui a servi à former de nombreux termes dévalorisants.

 

J'aime la simpicité et la familiarité de ce mot "pantoufle"... J'aime ce terme sans fioriture qui évoque la vie quotidienne, une intimité.

 

En écrivant cet article, je suis chez moi, en pantoufles et j'en apprécie tout le confort !

 

Voilà un mot qui nous permet de remonter à ses lointaines origines grecques, un mot plein de résonances, de simplicité et d'éclats feutrés !

 

Le texte de Molière : http://www.site-moliere.com/pieces/...

 

 

 

http://youtu.be/m54SmVsQqgc

 

 

http://youtu.be/-2y14caU3sg

 

 

 

 pantoufle-cendrillon.jpg

 

 pantoufle -Gustave dore cendrillon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                   

 

 



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26 décembre 2014 5 26 /12 /décembre /2014 16:28

 

datte-Madhif-creative.JPG

 

 

La datte, rêves de soleils, de lumières, de pays du sud, aux déserts de sables ! La datte nous fait admirer, au coeur de l'hiver, des paysages exotiques et lointains, aux charmes orientaux... L'Egypte, ses oasis au bord du Nil, la Tunisie, ses caravansérails, ses marchés...

 

Des mosquées, des hérissements de minarets, des coupoles, des palais, des dunes, des barcanes, des oasis, du sable à perte de vue...

 

Fruit oblong aux couleurs d'ambre et de miel, la datte gorgée de soleil, de douceurs, de lumières, nous éblouit de ses teintes nuancées...

Sa texture moelleuse, ses éclats dorés et brillants ravissent tous les sens.

Le mot lui-même, très simple, avec ses deux dentales éclatantes "d" et "t" suscite la curiosité...

L'homonymie avec cet autre mot, "date" nous intrigue, aussi.

 

La datte, fruit du soleil semble reproduire les couleurs mêmes de l'astre du jour : elle est parfois mate, mais, aussi, brillante, comme brunie par le soleil !

Parcouru de vaguelettes, le fruit semble simuler des embruns de sillons sur les dunes...

L'intérieur fait rayonner des fibres plus claires, aux saveurs de lumières.

 

D'où vient ce mot, "datte" ? Quelle est son étymologie ? Curieusement, ce terme est issu directement du grec "dactylos", qui désigne le "doigt". C'est la forme allongée du fruit qui lui a donné son nom...

Cette origine est bien lointaine, d'autant que le mot a perdu sa forme initiale, et que la dernière syllabe s'est effacée.

 

On connaît d'autres dérivés plus facilement reconnaissables : "dactylographie, dactyle, ptérodactyle"...

La datte, doigt solaire, effilée, élancée suggère, encore, par ses stries, la surface de la peau. 

 

Ce simple mot nous permet de remonter aux origines de notre langue : le grec... et l'on est étonné de découvrir le sens premier de ce terme.

La datte nous emmène, aussi, vers l'Orient, vers l'univers des Contes des mille et une nuits : elle nous raconte les douceurs orientales, un monde raffiné, lointain et mystérieux, un monde secret...

 

Celui des sultans et des califes, celui de Sindbad, le marin, celui de Shéhérazade.... Des villes orientales surgissent dans nos mémoires : Bagdad, Bassora, Babylone, noms aux sonorités étranges et remplies d'exotisme...

 

Symbole de fertilité, de prospérité, de bonheur, le palmier dattier est un arbre sacré dans la tradition orientale. 

Selon cette tradition, il faut manger sept dattes, le matin, au petit déjeuner, pour profiter de tous les bienfaits de ce fruit divin...

 

La datte fait, aussi,  partie des treize desserts provençaux de Noël : ce fruit venu d'Orient symbolise donc le partage, les dattes pourraient représenter les présents apportés par les rois mages à l'enfant Jésus...

 

 

http://youtu.be/Q6UoWgM5Lv8

http://youtu.be/AEwBy6Y8Wug

http://youtu.be/1qTaNSpYGqA

 

 

http://youtu.be/Pwri2NKtHB8

 

 

 

 

 

 

 

dattes-Madhif-2.JPG

 

 

 

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mille et une nuits ali baba auteur Parish
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

        

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mille et une nuits le cheval enchanté

 

 

 

 

 

 Photos de dattes : creative commons  en haut de l'article : auteur : Madhif

  Sous l'article photo 1 auteur :  Madhif   photo 3 : Med Dhifallah

Autres : illustrations des Contes des Mille et une nuits


 

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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 16:38

 

grecs libation marie lan nguyen
                

Un des plus grands érudits, un des plus grands historiens de l'antiquité, Paul Veyne vient de faire une déclaration fracassante : il envisage de supprimer l'étude du latin et du grec dans le secondaire !

 

Pas moins ! S'agit-il d'une provocation ? Dans tous les cas, ces propos sont vraiment maladroits : Paul Veyne affirme que l'enseignement de ces disciplines a pour résultat de dégoûter les gens, car ce n'est qu'un "moignon" !

 

C'est vraiment méconnaître tout l'apport des langues anciennes dans les classes de lycées : rigueur, formation grammaticale, recours à l'étymologie...

C'est vraiment méconnaître, aussi, l'enthousiasme de nombre d'élèves pour ces disciplines ! 

 

Oui, les élèves sont capables de s'intéresser à la langue latine, à la civilisation, à la culture antique !

 

Alors que les cours de latin et de grec sont déjà sacrifiés dans les emplois du temps, souvent placés en fin de journée, les propos de Paul Veyne sont vraiment malvenus.

 

Monsieur Veyne est bien loin des réalités de l'enseignement actuel : de nombreux élèves comprennent tout l'apport culturel fourni par les langues anciennes. Ils apprécient, même, des cours de grammaire latine, car ces cours leur permettent aussi de mieux comprendre le fonctionnement de leur propre langue, le français...

 

On peut admettre qu'un érudit veuille passer des heures à traduire du latin mais il est pour le moins curieux qu'il envisage de supprimer cet apprentissage pour des élèves qui s'y intéressent !

On peut faire du latin sans être un érudit ! On peut recevoir une formation de base qui va donner le goût de ces études, de la langue...

 

Certes, Paul Veyne est un bon traducteur d' auteurs latins mais ce qu'il affirme est dangereux et ne tient pas compte des réalités du terrain.

 

Paul Veyne en vient à dire : "Transmettre, ça n'existe pas !"

Mais, toute notre culture passe par la transmission, l'enseignement est, forcément, une transmission essentielle et fondamentale !

 

Il faut absolument préserver cet enseignement du latin et du grec : le "moignon" dont parle Paul Veyne est fondamental et ce n'est pas un "moignon" : c'est un enseignement complet qui passe par la langue, sa structure, par la civilisation, l'histoire, l'étymologie.

 

Alors que ces disciplines sont menacées, fragilisées dans nos sociétés mercantilistes, les déclarations de Paul Veyne sont, vraiment, malencontreuses !

Il faut, au contraire, soutenir ces enseignements et en montrer toute l'importance !

Il faut redorer le blason de ces disciplines qui confortent les élèves dans leur connaissance d'une culture essentielle : une culture classique qui nous a forgés, dont nous sommes tous imprégnés.

 

Dans un monde où l'argent est roi, où la culture est sacrifiée au profit, le latin et le grec permettent à des élèves d'acquérir des bases et des repères essentiels : ce retour aux sources leur offre la chance de progresser dans de nombreux domaines : orthographe, grammaire, connaissance de la langue, rigueur...

 

 

 

http://www.lepoint.fr/culture/paul-...

 

http://dai.ly/x2ayn99

 

 

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17 novembre 2014 1 17 /11 /novembre /2014 17:58

 

acrobate jastrow

Venu de deux radicaux grecs le nom, "akron", l'extrémité et le verbe, "baino", marcher, le mot "acrobate" désigne celui qui marche sur la pointe des pieds ou sur les hauteurs.

L'acrobate sait prendre de l'altitude, il défie le vertige et les dangers : il côtoie des lieux élevés, escarpés.

 

D'autres mots sont associés à cette idée d'élevation : l'acropole évoque la ville haute, l'acrophobie renvoie à la peur des lieux élevés, l'acrotère est un socle placé aux extrémités d'un fronton : il sert de support à des statues...

 

Quant au deuxième élément -bate, il comporte le même radical que le mot "base", qui désigne la partie inférieure d'un corps permettant le soutien ou la marche.

 

Le terme "acrobate", avec ses sonorités de gutturales "k", "r", nous fait percevoir toutes les difficultés que peut rencontrer le personnage... le "a" répété peut traduire, dans ce mot, tout l'art de l'équilibriste perché sur les hauteurs du "o", il doit se rattraper et retrouver son équilibre pour éviter la chute.

 

Le mot semble mimer le geste de l'acrobate, en constant équilibre.

Ce terme ancien venu du grec nous étonne, par son expressivité : il nous fait entrevoir des lieux escarpés, des dangers...

 

Il nous fait admirer des exploits, nous fait frissonner de peur et d'angoisse. L'acrobate virevolte, bondit, saute, se joue du vertige.

 

Les consonnes si variées, gutturales, labiale, dentale nous permettent d'imaginer une diversité de figures, de pirouettes...

L'acrobate nous subjugue par son jeu d'adresse, sa virtuosité, son élégance.

 

En même temps, le mot suggère, par ses sonorités de gutturales, une activité périlleuse et risquée.

 

L'acrobate qui côtoie les hauteurs nous fait rêver : ses gestes, pleins d'harmonie nous donnent une impression de légéreté, de souplesse infinie.

 

Comment ne pas admirer ces équilibristes aux gestes souples qui paraissent si naturels, si faciles ?

Quel travail patient et laborieux derrière ces acrobaties ! 

On voit des funambules qui franchissent des abîmes, qui défient les lois de l'équilibre, et du vertige...

 

On frissonne de peur et d'angoisse, devant les exploits de ces équilibristes... On est ébloui par tant de virtuosité et d'adresse !

 

Mais, à bien y réfléchir, ne sommes-nous pas tous des acrobates des temps modernes ? Confrontés à une multitude de difficultés, dans le travail, dans la vie quotidienne, nous devons "jouer", sans cesse, les équilibristes.

 

Dans le travail, la sécurité n'existe plus, il faut, constamment s'adapter ou changer d'activité, les enseignants, eux, doivent résoudre tant de problèmes, face à un public hétérogène de jeunes souvent sans repères...

 

Les femmes qui tavaillent, qui ont des enfants, une famille ne doivent-elles pas, aussi, se transformer en acrobates, en équilibristes ?

 

Le monde moderne n'est -il pas rempli d'acrobates qui franchissent des précipices, des obstacles sans fin ?

 

http://youtu.be/Otxjom4Tdao

 

 

http://youtu.be/u_x819J3Ewg

 

 

 

 

acrobate-copie-1.png

 

acrobate-libre-Peupleloup.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photos : créative commons   auteurs : Jastrow (en haut de l'article)

 photo d'écureuil : Peupleloup



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5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 16:58
cytise-Jean-Pol-GRANDMONT-creative.jpg
 
"O poètes sacrés, échevelés, sublimes, 
Allez, et répandez vos âmes sur les cimes, 
Sur les sommets de neige en butte aux aquilons, 
Sur les déserts pieux où l'esprit se recueille, 
Sur les bois que l'automne emporte feuille à feuille, 
Sur les lacs endormis dans l'ombre des vallons !
 
Partout où la nature est gracieuse et belle, 
Où l'herbe s'épaissit pour le troupeau qui bêle, 
Où le chevreau lascif mord le cytise en fleurs, 
Où chante un pâtre assis sous une antique arcade, 
Où la brise du soir fouette avec la cascade 
Le rocher tout en pleurs..."
 
C'est ainsi que Victor Hugo célèbre les poètes et la poésie, dans un texte intitulé Pan, extrait du recueil, Les feuilles d'automne... Une des fonctions du poète n'est-elle pas de magnifier la nature et ses nombreux attraits ? Bois, rochers, lacs, arbres, cytises...
 
Le cytise ! Douces sonorités et doux murmure de ce mot ! Eclats de voyelles ! Arbre de lumière !
Le cytise associé à la lumière du midi, au mistral, aux arbres du sud !
 
Arbre mystérieux, tout de même, avec sa graphie "y" qui intrigue...
 
Mot venu du grec, κύτισος, "kutisos", le cytise fait miroiter ses sifflantes sourde et sonore, sa voyelle "i" dupliquée, sous deux formes distinctes...

 Le cytise, aux douces sonorités de sifflantes, de dentale "t", à la voyelle redoublée "i" assez aiguë, évoque bien les paysages du sud, faits de douceur et de rudesse, à la fois.
 
Les sons voyelles"i" crient les violences du midi, le mistral impétueux qui emporte tout, sur son passage... Les sifflantes peuvent évoquer les splendeurs méditerranéennes, la douceur du climat, au printemps, à l'automne commençant.
 
Mot du sud, le cytise, arbre flamboyant de lumières, répand des grappes éblouissantes de fleurs, attire tous les regards, embaume les paysages.
 
Genêts, cytises, lauriers, figuiers, pins, oliviers, arbres du sud, aux sonorités familières !
 
Doux murmures du nom des arbres !
 
Senteurs de genêts douces comme le miel, senteurs de pins ambrées !
 
Le cytise, cher à Giono, illumine les collines de ses éclats dorés, de ses embruns de xanthe...
 
Le cytise, mot venu du grec ancien, nous emporte vers ces temps lointains et mythiques où des nymphes peuplaient et habitaient les arbres...
 
La plupart des noms d'arbres sont féminins, en grec et en latin : on supposait, en ces temps anciens, que des divinités féminines y étaient cachées.
 
C'est aussi le cas, pour ce mot venu du grec ancien , kutisos : ce nom, de genre féminin, nous fait songer à ces dryades et hamadryades, à ces nymphes des bois aux noms magiques : alséides, méliades, hyléores, sycés...
 
Le cytise, aux douces sonorités féminines, habitée par une nymphe des bois nous fait rêver à ce monde d'autrefois, où la pensée magique voyait, en tout arbre, un être divin et sacré à préserver...
 
Le cytise en fleurs, en robe de xanthe, nous emporte vers un univers mythique et mystérieux, celui de l'Odyssée d'Homère, celui de ces arbres divins vénérés par les anciens.
Le poème de Hugo, Pan :
 
 
 
 
 
 
 
 
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Photos : Jean Pol GRANDMONT / Andrew Dunn





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3 septembre 2014 3 03 /09 /septembre /2014 16:41
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"Tout crépuscule est double, aurore et soir. Cette formidable chrysalide qu'on appelle l'univers tressaille éternellement de sentir à la fois agoniser la chenille et s'éveiller le papillon", a écrit Victor Hugo, dans un de ses ouvrages, intitulé Philosophie, Commencement d'un livre.
                  
Le mot "chrysalide" rayonne de ses sonorités : gutturales, sifflante, dentale, voyelle "i" dupliquée... Ce nom est issu du grec ancien "chrysos" qui désigne l'or...
 
La chrysalide se nuance de reflets dorés : avant de devenir papillon, la chenille se mue en chrysalide.
 
Etat intermédiaire, la chrysalide annonce le papillon à venir, elle est pleine de promesses, elle permet un renouveau, un embellissement, une métamorphose merveilleuse.
 
Associée à l'or, la chrysalide révèle des éclats, des transparences lumineuses, elle évoque d'autres mots : chrysanthe, chrysanthème, chrysolithe....
 
Noms de fleurs, nom de pierre, le radical du mot "chrysos" a donné naissance à quelques mots isolés et rares : on songe, ainsi, à l'adjectif "chryséléphantin"...
 
La graphie même du mot révèle son origine grecque, le "ch" initial, le "y" qui vient de la voyelle "upsilon".
 
La chrysalide nous emmène dans un univers poétique et mystérieux : liée à l'idée de transformation et de métamorphose, ce mot implique une mutation étonnante...
 
C'est comme si la chrysalide permettait une nouvelle naissance, un renouveau complet, surprenant.
 
Le mot lui-même suggère cette métamorphose, comme une transmutation alchimique : la chrysalide se couvre d'or pour une renaissance.
 
Les sonorités contrastées de ce terme, pleines de charme et de poésie attirent l'attention : contraste entre la rudesse des gutturales, la douceur de la sifflante "s"... 
 
Difficultés de la transformation, apaisement du renouveau... il semble que ce mot réponde par ses sonorités à la réalité qu'il désigne.
 
Certaines chrysalides ressemblent à des bijoux ambrés, à des broches couleur d'ocres.
 
Mot rare, mot précieux, la chrysalide nous fait voir des teintes éclatantes, elle nous fait rêver à la magie des métamorphoses de certains insectes...
Elle nous fait songer au renouvellement incessant des jours, comme le suggère, si bien, Victor Hugo...
 
 
 
 
 
 
 
 
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Photo de chrysalide sous l'article : Lamiot
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