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7 octobre 2017 6 07 /10 /octobre /2017 13:53
L'espérance d'un baiser : un témoignage poignant sur les camps de concentration...

 

 

L'émission littéraire La Grande Librairie était l'occasion, le jeudi 28 septembre, d'écouter un témoignage à la fois simple et poignant sur ce que furent les camps de concentration de l'Allemagne nazie...

 

Ce témoignage, on le doit à un des derniers survivants de ces camps, Raphaël Ezrail qui a écrit un récit bouleversant où il évoque ses souffrances.

 

Raphaël Ezrail a été arrêté à l'âge de 18 ans, en 1944 : il est, alors, déporté au camp de Drancy, puis à Auschwitz. Il était résistant et fabriquait de faux papiers pour des juifs.

A Drancy, il rencontre celle qui deviendra sa future femme : Liliane, dont il tombe amoureux au premier coup d'oeil.

 

Raphaël Ezrail raconte les convois de déportés : des enfants qui criaient, la peur, le dénuement...

Il raconte le froid, la morsure de la faim, la crasse, l'humiliation, les coups, des heures à travailler dans le froid par -15 ou -20 degrés.

Il raconte ensuite l'arrivée au camp : 1200 personnes au total sont là.

 

160 hommes rentrent dans Auschwitz, 49 femmes sont envoyées à Birkenau.

Et les autres sont immédiatement expédiés dans les chambres à gaz.

C'est, en fait, un médecin allemand qui désigne ceux qui paraissent aptes au travail. Après cette sélection, mille personnes sont aussitôt gazées .

 

Le lot des survivants, c'est le froid, c'est la faim, une faim terrible qui tenaille les entrailles, à tel point qu'on serait prêt à manger un chien qui vient de mourir.

 

Et tous ces déportés ne sont plus considérés comme des êtres humains : on les met en dehors de l'humanité.

Ils sont humiliés, battus, rabaissés, avilis, ravalés au rang de bêtes, ils ne sont plus rien.

 

Dans de telles conditions, comment survivre ? Raphaël Ezrail a réussi à tenir grâce à cette jeune fille qu'il avait rencontrée à Drançy. Il lui avait, alors, demandé un baiser que la jeune fille devait lui donner à l'arrivée du convoi.

C'est l'espoir de ce baiser qui l'a maintenu en vie.

 

Raphaël Ezrail pose, alors, cette question qui semble évidente : "Comment 20 siècles de civilisation judéo-chrétienne ont pu arriver à faire ce que ces hommes ont été capables de faire ?"

Comment une telle barbarie a-t-elle été possible ?

"Dieu n'était pas à Auschwitz", ajoute Raphaël Ezrail.

Il évoque, enfin, ce poème de Victor Hugo qu'il se récitait au cours de ces heures sombres :

"Il neigeait, il neigeait toujours ! La froide bise
Sifflait ; sur le verglas, dans des lieux inconnus,
On n'avait pas de pain et l'on allait pieds nus.
Ce n'étaient plus des cœurs vivants, des gens de guerre :
C'était un rêve errant dans la brume, un mystère,
Une procession d'ombres sous le ciel noir.
La solitude vaste, épouvantable à voir,
Partout apparaissait, muette vengeresse.
Le ciel faisait sans bruit avec la neige épaisse
Pour cette immense armée un immense linceul.
Et chacun se sentant mourir, on était seul.
- Sortira-t-on jamais de ce funeste empire ?"

 

La littérature était, ainsi, devenue un refuge pour résister aux pires horreurs, la littérature était l'ultime recours pour continuer à survivre : voilà un bel éloge de la poésie et de ses vertus salvatrices...

 

 

 

 

Le poème de Victor Hugo :

 

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/victor_hugo/l_expiation.html

 

 

 

 

 

 

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17 septembre 2017 7 17 /09 /septembre /2017 11:36
Les Jardins de la Fontaine à Nîmes : un retour aux sources...

 

 

 

Dans le cadre des journées du patrimoine...

 

Les Jardins de la Fontaine à Nîmes offrent au promeneur un cadre naturel, idéal pour se ressourcer et remonter le temps...

 

Aménagés auprès d'une source, ces jardins sont à l'origine même de la ville, c'est là que des celtes se sont d'abord installés : un peuple celte, les Volques Arécomiques, s'est établi, au VI ème siècle avant JC, près de cette source opulente, au pied du mont Cavalier, au centre de la ville actuelle.

Les Volques Arécomiques divinisent alors la Source, lui consacrent un sanctuaire. C'est là que le dieu Nemausos associé à la fontaine fut vénéré.

 

Plus tard, Nîmes devint colonie romaine, au Ier siècle avant JC.

Les Jardins gardent de cette période romaine de somptueux monuments...

 

D'abord, des escaliers de marbre de forme arrondie qui descendent vers la source, puis le Temple de Diane, qui n'est vraisemblablement pas un temple et qui n'était donc pas "de Diane"... le nymphée, et enfin, la Tour Magne bâtie sur des fondations celtes.

 

Le bassin de la source révèle des flots transparents dans lesquels ondulent des algues... Des escaliers en double demi-lune bordent la fontaine.

 

La source qui jaillit là, des profondeurs de la terre, a permis la fondation de la ville : sans elle, Nîmes n'existerait pas.

Ce bassin procure toutes sortes de sensations au promeneur : les teintes changeantes de l'eau, ses murmures, sa fraîcheur, ses senteurs d'algues...

 

A proximité, se trouve le Temple de Diane, un édifice en ruines qui date vraisemblablement de l'époque d'Auguste... Ce bâtiment semble avoir été plutôt une bibliothèque. On voit encore, de nos jours, une salle voûtée, flanquée d'escaliers.

Sur le mur latéral nord, on peut admirer cinq niches rectangulaires surmontées en alternance de frontons triangulaires et semi-circulaires. Entre chaque niche s'élevait une colonne.

Ce bâtiment, entouré de pins, est empli d'une poésie mélancolique...  colonnes décimées, pierres polies et patinées par le temps, murs écroulés,  il est entouré de mystères car on en ignore encore la fonction première : bibliothèque, lieu de rencontres ou lieu de culte consacré à Nemausus ou panthéon ?

 

Sur les hauteurs des Jardins, se dresse, en majesté, la Tour Magne... Ce monument gallo-romain faisait partie de l'enceinte romaine.

Composée d'un soubassement octogonal, cette tour était haute de 36 mètres à l'époque romaine. Tour de guet, symbole de puissance, ce bâtiment surplombait la ville.

 

Le nymphée, situé face au temple de Diane, constituait le coeur du sanctuaire : c'était un vaste bassin rectangulaire, bordé sur 3 côtés par un portique.

Au milieu, se dressait un socle décoré d'une frise qui est encore visible, de nos jours...

Ce nymphée a été réaménagé au XVIIIème siècle, agrémenté de statues : au centre une représentation féminine de la ville de Nîmes, et sur les angles, des angelots et des vasques somptueuses.

 

Ainsi, les Jardins de la Fontaine sont l'occasion de percevoir toute la richesse de notre patrimoine, depuis l'antiquité jusqu'à nos jours.

 

 

 

Elisée Reclus décrit magnifiquement la source de Nîmes dans son ouvrage Histoire d'un ruisseau :

 

 

"Plus près de nous, dans le midi de la France, mais encore sur ce versant méditerranéen qui, par ses rochers blancs, sa végétation, son climat, ressemble plus à l'Afrique et à la Syrie qu'à l'Europe tempérée, une fontaine, celle de Nîmes, nous raconte les bienfaits immenses des eaux de source. En dehors de la ville, s'ouvre un amphithéâtre de rochers revêtus de pins dont les tiges supérieures sont inclinées par le vent qui descend de la tour Magne : c'est au fond de cet amphithéâtre, entre des murailles blanches aux balustre de marbre, que s'étend le bassin de la fontaine. A l'entour sont épars quelques restes de constructions antiques. Au bord se dressent les ruines d'un temple des nymphes que l'on croyait jadis avoir été consacré à Diane, la chaste déesse, sans doute à cause de la beauté des nuits, alors que sur les eaux, l'orbe de la lune se reflète en une longue traînée frémissante. Au-dessous de la terrasse du temple, un double hémicycle de marbre borde la fontaine, et ses marches, où les jeunes filles venaient autrefois puiser l'eau, descendent sous le flot transparent. La source elle-même est d'un azur insondable au regard. Jaillissant du fond d'un gouffre ouvert en entonnoir, la gerbe d'eau s'épanouit en montant et s'étale circulairement à la surface. Comme un énorme bouquet de verdure qui se déploie hors d'un vase, les herbes aquatiques aux feuilles argentées qui croissent autour de l'abîme et les algues limoneuses aux longs cordages enguirlandés cèdent à la pression de l'eau qui s'épanche et se recourbent en dehors vers le pourtour du bassin ; à travers leurs couches épaisses le courant s'ouvre de larges détroits aux rives flottantes et serpentines."

 

 

 

 

Photos : rosemar

Le temple de Diane

Le temple de Diane

Le Nymphée

Le Nymphée

Le Nymphée

Le Nymphée

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9 septembre 2017 6 09 /09 /septembre /2017 09:50
Le château de Saumane et le marquis de Sade...

 

 

Le château de Saumane de Vaucluse réserve aux visiteurs bien des surprises... construit sur les hauteurs du village, ce château qui date du XIIème siècle a été maintes fois transformé : une bâtisse hétéroclite où se mêlent forteresse médiévale, bastion de style Renaissance, château remanié du XVIIème et du XVIIIème siècles.

 

Ce château est célèbre parce qu'il abrita le marquis de Sade durant son enfance : à l'intérieur du bâtiment, une exposition est dédiée à ce personnage sulfureux dont la vie tumultueuse défraya la chronique.

 

 

Dans la montée qui mène à la forteresse, chacun peut admirer d'immenses pins sur l'escarpement : ils se détachent sur un ciel d'un bleu lapis-lazuli.

Le chant des cigales, les senteurs de pins s'exacerbent dans la chaleur de cette après-midi d'été.

 

Lorsque nous entrons dans l'enceinte,  nous sommes immédiatement impressionnés par l'épaisseur des murs. Les fenêtres laissent entrevoir un paysage verdoyant d'arbres : pins, cyprès, cèdres.

 

Rigueur architecturale et raffinement libertin se côtoient dans cet édifice somptueux.

 

A l'intérieur, nous découvrons une cheminée artistiquement agrémentée de feuillages en reliefs, une chapelle richement décorée, des fresques : une fête galante représentant deux jeunes filles à la fontaine, une scène pastorale encadrée de gypseries aux motifs de roses, ou encore des nobles visitant un monument antique, d'autres scènes champêtres, des plafonds somptueusement décorés...

 

Un escalier voûté en caissons déroule des marches usées par le temps : nous sommes, alors, subjugués par l'architecture ordonnée et rigoureuse de la voûte...

La chambre du marquis de Sade, ornée de fresques aux teintes de rouilles sur des panneaux encadrés d'or, révèle luxe et élégance.

 

Une exposition nous fait, aussi, découvrir la vie et l'oeuvre du célèbre Marquis...

Donatien Alphonse François, marquis de Sade appartient à une vieille famille aristocratique provençale : il passe donc une partie de son enfance en Provence.

 

De quatre à dix ans, son éducation est confiée à son oncle, l’abbé Jacques-François de Sade, qui l’héberge dans ce château de Saumane, près de L'Isle-sur-la-Sorgue.

 

Adulte, il se livre au libertinage des gens de sa caste qui se croient au dessus des lois.

 Le 17 mai 1763, il épouse Renée Pélagie de Montreuil, de noblesse récente, mais fortunée. Il ne s' assagit pas pour autant et fait, dans la même année, son premier séjour en prison pour « débauches outrées ». En 1768, il est à nouveau incarcéré six mois pour avoir enlevé et torturé une passante. Il donne fêtes et bals dans son domaine provençal de La Coste, voyage en Italie, notamment avec sa belle-sœur, dont il s'est épris.

 

L'exposition évoque, notamment, le séjour que les deux amants firent à Venise.

En Juillet 1772, le marquis et sa maîtresse quittent la Provence, traversent les Alpes, se rendent à Venise, capitale de la peinture et de l'opéra.

La vie vénitienne est décrite grâce à des tableaux, des gravures : le carnaval, les gondoles, les courtisanes...

 

On peut, à loisir, admirer des reproductions de toiles de Pietro Longhi, Le Ridotto, de Canaletto, de Michele Marieschi, de Francesco Guardi : des vues du grand canal, des îles...

 

Chacun de ces tableaux est illustré par un extrait représentatif de l'oeuvre de Sade.

 

On découvre aussi l'arbre généalogique de la famille de Sade qui remonte au Moyen âge : on est étonné de voir que figure dans ce lignage Laure de Noves, jeune Avignonnaise dont s'est épris le poète italien Pétrarque et qu'il célèbre maintes fois dans ses poèmes.

L'abbé Jacques François de Sade s'était passionné pour cette aïeule prestigieuse : il avait réuni de nombreux documents qui prouvent ce lien familial et avait même composé des Mémoires pour la vie de François Pétrarque.

Cet abbé semble lui-même avoir mené une vie très libre : c'est ce qu'on appelait, à l'époque, un libertin éclairé et cultivé.

 

La biographie du marquis de Sade est longuement évoquée sur des panneaux illustrés, le libertinage sadien nous est présenté... le marquis se nourrit de philosophie matérialiste : "il n'existe, selon lui, que la nature qui n'est dirigée par aucune entité métaphysique. Nous sommes entraînés par une force irrésistible, sans jamais pouvoir choisir les goûts que la nature a mis en nous. Ainsi, la nature aime le crime et nous pousse à assouvir nos désirs."

 

On le voit : il s'agit de cautionner et de justifier la vie débridée, faite de débauches, à laquelle s'est livré le marquis.

 

Les libertins peuvent, alors, expérimenter toutes les perversions, toutes les cruautés et commettre tous les crimes.

Des illustrations de ces tortures et de ces perversions sont visibles dans une petite salle réservée à un "public averti", annonce une pancarte.

 

Philosophe subversif de la liberté, débauché, libertin, le marquis de Sade continue à nous intriguer et à susciter fascination et interrogations.

Un personnage qui ne se soumet pas, un délinquant sexuel, un être épris de liberté, un poète : qui était vraiment le marquis de Sade ?

 

Le marquis garde une part de mystères, et dans tous les cas, le château de Saumane mérite qu'on s'y arrête et qu'on visite ce lieu riche d'histoires...

 

 

 

Pour mieux découvrir le marquis de Sade... une émission sur France Inter :

 

https://www.franceinter.fr/emissions/l-heure-des-reveurs/l-heure-des-reveurs-11-octobre-2013

 

 

Photos : rosemar

Le château de Saumane et le marquis de Sade...
Le château de Saumane et le marquis de Sade...
Le château de Saumane et le marquis de Sade...
Le château de Saumane et le marquis de Sade...
Le château de Saumane et le marquis de Sade...
Le château de Saumane et le marquis de Sade...
Le château de Saumane et le marquis de Sade...
Le château de Saumane et le marquis de Sade...
Le château de Saumane et le marquis de Sade...
Le château de Saumane et le marquis de Sade...
Le château de Saumane et le marquis de Sade...
Le château de Saumane et le marquis de Sade...
Le château de Saumane et le marquis de Sade...
Le château de Saumane et le marquis de Sade...
Le château de Saumane et le marquis de Sade...
Le château de Saumane et le marquis de Sade...
Le château de Saumane et le marquis de Sade...
Le château de Saumane et le marquis de Sade...
Le château de Saumane et le marquis de Sade...
Le château de Saumane et le marquis de Sade...
Le château de Saumane et le marquis de Sade...
Le château de Saumane et le marquis de Sade...
Le château de Saumane et le marquis de Sade...
Le château de Saumane et le marquis de Sade...
Le château de Saumane et le marquis de Sade...
Le château de Saumane et le marquis de Sade...
Le château de Saumane et le marquis de Sade...
Le château de Saumane et le marquis de Sade...
Le château de Saumane et le marquis de Sade...
Le château de Saumane et le marquis de Sade...
Le château de Saumane et le marquis de Sade...
Le château de Saumane et le marquis de Sade...
Le château de Saumane et le marquis de Sade...
Le château de Saumane et le marquis de Sade...
Le château de Saumane et le marquis de Sade...
Le château de Saumane et le marquis de Sade...
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6 septembre 2017 3 06 /09 /septembre /2017 09:23
Un documentaire bouleversant : le racisme dans les colonies fascistes d'avant-guerre...

 

 

Un documentaire historique diffusé sur ARTE nous montre la virulence du racisme qui sévissait dans les années 30.

 

Dans l'Italie fasciste de cette époque, de nombreux habitants du village de Borgo, poussés par la misère ou l'esprit d'aventure, ont émigré dans les colonies de "l'Empire italien d’Afrique" : la Libye, l'Érythrée, l'Éthiopie et la Somalie.

 

Le documentaire retrace cette épopée qui semblait promettre un Eldorado à ceux qui fuyaient leur patrie. Mais, au bout de l'aventure, ce fut souvent la désillusion...

La guerre, la chute du régime précipitèrent le retour de ces exilés : la plupart d'entre eux rentrèrent chez eux ruinés.

 

À partir de lettres trouvées dans un tiroir, de fragments de son passé familial, de photos, de témoignages, Loredana Bianconi fait le récit émouvant et poignant de cette période de l'histoire dont on parle peu.

 

"C'était à Rome en 1936 : Mussolini annonce la conquête de l'Ethiopie".

Une propagande tapageuse incite alors les italiens à rejoindre ces terres lointaines : de l'eau abondante, des mines d'or, des terres fertiles...

 

La narratrice raconte une histoire familiale, celle de son oncle parti en Afrique... elle revient à Borgo, le village italien de sa famille, pour vider la maison de sa mère et fermer la porte une dernière fois.

 

Elle découvre, alors, enfoui dans un tiroir un petit paquet noué par un ruban : photos, cartes postales, et lettres écrites par le frère de sa mère, parti à 25 ans dans les colonies d'Afrique... un oncle qu'elle n'a pas connu...

On est ému par ces lettres qui témoignent d'un déchirement face à l'exil, des lettres qui parlent d'amour, de tendresse, des lettres qui restituent toute une époque.

 

"Borgo, 5 février 1937... Chère maman, laissez-moi encore vous appeler ainsi, même si en ce moment je vous donne le plus grand chagrin de votre vie, la vie m'était devenue insupportable avec la pensée continue de "comment survivre ? et pas de travail du tout..."

"J'ai décidé de partir pas pour fuir mais pour trouver du travail, pour commencer une nouvelle vie loin de Borgo... Pardon, maman, pardon, j'ai un coeur, et c'est pour moi une telle douleur de devoir partir qu'il semble se casser... embrassez pour moi mon père, mes frères et mes soeurs... et pardon..."

 

C'est la misère qui pousse les gens à partir, à quitter leur pays pour trouver un Eldorado... Le voyage en bateau se présentait alors comme idyllique : confort, piscine, transats...

 

Des témoignages de ceux qui ont vécu cet exil se succèdent et viennent compléter les lettres de l'oncle de la narratrice : on entend la belle langue italienne aux sonorités éclatantes, on entend des mots familiers, une langue qui chante...

 

L'arrivée en Afrique fut d'abord un éblouissement, mais bien vite les immigrés découvrent la misère, la saleté des femmes, des enfants, et bien sûr la méfiance, le racisme.

"Nous nous sommes arrêtés pour manger, raconte une femme qui a vécu cet exil : dans ce restaurant, j'ai vu que c'était un noir qui cuisinait, je n'en avais jamais vu et je n'ai rien mangé, car voir ce noir en cuisine..."

Un autre témoignage dans une lettre : "ici, si un chauffeur écrase un noir, il doit seulement payer une petite amende..."

 

Partout dans ces colonies, des monuments à la gloire de Mussolini, des villages rebaptisés. La plupart de ces exilés vivaient entre eux et ne connaissaient pas les autochtones.

 

Mais l'Eldorado rêvé se révélait souvent plein d'âpreté : manque d'eau pour se laver, chaleur étouffante, hurlements d'animaux sauvages pendant la nuit, absence de distractions, malgré des salaires plus importants qu'en Italie...

L'ambiance était militaire : propagande fasciste, police coloniale, sécurité nationale, milice armée jusqu'aux dents.

"Le climat, les maladies, tout était plus difficile dans ce pays si différent."

"Les noirs accomplissaient les travaux les plus durs, ils allaient pieds nus, ils avaient les mains et les pieds entaillés, des pieds qui s'infectaient.

Les gardiens fascistes les méprisaient et les provoquaient, ne leur épargnant aucune cruauté.

Noirs et blancs étaient séparés dans les autobus : nos parents ne voulaient pas qu'on les fréquente", raconte un autre témoin de cet exil.

On entend aussi ces propos terribles :

"Notre sang ne doit pas se mélanger avec le sang noir, pour ne pas nous infecter, nous les conquérants de l'empire..."

On perçoit un tableau saisissant et terrifiant du racisme exacerbé qui régnait dans ces colonies africaines.

 

Et puis l'heure du retour a sonné en raison des rumeurs de guerre.

"20 mai 1941 : les Anglais sont arrivés sur le chantier, ils nous ont tous embarqués : nous avons voyagé dans des cars vers des camps de concentration."

"Septembre 1943 : nous avons appris que le fascisme est tombé en Italie, que le pays s'est rendu aux alliés...", raconte un autre témoin.

Ceux qui sont rentrés ont retrouvé le village de Borgo en ruines, anéanti par la guerre.

 

Ce documentaire s'achève, de manière poignante, avec la dernière lettre de l'oncle de la narratrice...

"Cette lettre de l'oncle date de 1948 : quelques lignes, accompagnées d'une photo : lui, sa femme noire et son fils...  il écrit alors qu'il entend rester en Afrique, et quand il aura assez d'argent, il viendra bien sûr présenter sa petite famille à sa mère."

Et sa mère lui adresse, alors, par courrier ces mots terribles : "Si tu dois venir nous couvrir de honte devant tout le village avec un fils noir, reste où tu es."

Elle utilise ce mot : "honte", maudissant, ainsi, son propre fils comme s'il était un pestiféré.

"Mon oncle ne donna plus jamais de nouvelles de lui...", conclut alors la narratrice...

 

On voit s'exprimer dans la lettre de cette mère un racisme d'une violence inouïe...

Ce document diffusé sur ARTE révèle un monde où le mépris et le rejet des populations noires s'exprimaient avec la plus grande virulence.

 

Depuis, sans doute, les mentalités ont évolué, mais hélas le racisme, le rejet, la peur restent encore bien vivaces à l'égard des étrangers, de tous ceux qui viennent d'ailleurs, de tous ceux qui sont différents...

 

 

La vidéo :

 

https://vimeo.com/groups/140359/videos/153928979

 

 

https://www.arte.tv/fr/videos/057865-000-A/colonies-fascistes/

http://www.programme-tv.com/television/377677691/colonies-fascistes.html

 

 

 

 

 

Un documentaire bouleversant : le racisme dans les colonies fascistes d'avant-guerre...
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23 août 2017 3 23 /08 /août /2017 10:53
Une felouque sur les bords du Nil...

 



Barque noire, voile blanche, une felouque sur les bords du Nil...Sur l'eau moirée, surface bleue de gris, la coque sombre se dessine avec netteté...

La voile, triangle de lumière, s'élance sur l'azur, elle s'arrondit sensiblement, sous la brise légère, aérienne, pleine de finesse.

La voile s'étire, s'envole, devient aile de mouette, elle envahit le paysage, le vert des arbres, les rives sableuses.


La voile semble, même, survoler le navire. Dans le lointain, les rives verdoyantes montrent des bouquets d'arbres, des étendues sableuses, des oasis touffues.

Le Nil déroule ses eaux lisses ou ridées de vagues, il emporte la felouque vers des horizons lumineux...

On croirait voir une felouque d'autrefois, au temps de l'Egypte ancienne, une embarcation si rustique, si simple, une scène venue du passé.


La barque paraît, à la fois, fragile et triomphante, avec sa coque de bois couleur d'ébène et sa voile effilée.

Des silhouettes lointaines s'agitent sur la barque...

Tout un passé revit sous nos yeux, celui de l'Egypte à l'histoire somptueuse, celui des Pharaons, des pyramides, des obélisques, des temples gravés de bas-reliefs mystérieux, aux arrondis de hiéroglyphes...

Séthi premier, le bras levé, impérieux, en toute majesté, portant le pschent, la double couronne, symbole de pouvoir dans l'Egypte antique, le visage paré de la barbe royale, Douaour.

Nefertiti, Ramsès, Toutankhamon, des noms aux consonances anciennes surgissent du passé.

La barque nous emmène vers ces mondes oubliés et lointains, elle nous transporte vers des rives mythiques et mystérieuses...

Abydos, et le temple de Séthi, en adoration devant des divinités, Dendera, le temple d'Hathor, la "dorée", déesse de l'amour, de la joie et de l'ivresse... Louxor, la ville éternelle, Louxor, l'ancienne Thèbes, le temple de Karnak, aux colonnes impérieuses et imposantes, les colosses de Memnon
,
 figures d' Aménophis III, le pharaon du soleil  idéalisé par l'architecte Amenhotep, fils de Hapou.

La vallée des Rois, et ses tombes royales, Toutankhamon, Hatchepsout, des trésors somptueux.

Des dieux de l'Egypte antique surgissent : Rê, créateur, Khépri, Atoum, les trois soleils égyptiens... Khépri renaissant, chaque jour, Rê triomphant à son zénith, Atoum, qui se couche dans des rayons d'or.

Anubis, le sombre, patron des embaumeurs, grand chien noir couché sur son socle, Aton, le disque solaire, Bastet, déesse de la joie, de la musique, tantôt chatte, tantôt lionne, Horus, le faucon, Isis, déesse maternelle, Khnoum, la fécondité, Mout, la déesse vautour, Osiris, dieu des morts, Sobek, le dieu crocodile, associé aux rives verdoyantes du Nil...

La felouque nous fait rêver à ce lointain passé, nous transporte vers des rives et des escales merveilleuses : Karnak, Philae, Abou Simbel, Edfou...



 

 

 

Photos : rosemar

Une felouque sur les bords du Nil...
Une felouque sur les bords du Nil...
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21 août 2017 1 21 /08 /août /2017 12:22
Ménerbes, village provençal...

 

 

Ménerbes est un village très ancien comme en témoigne son nom qui vient de la déesse romaine, Minerve, divinité de la sagesse et de la guerre : des vestiges découverts en contrebas attestent la présence d'antiques villas romaines.

Un village qui a un nom de déesse ! Voilà de quoi donner à ce lieu une dimension surnaturelle et mystique !

 

Construit sur un éperon rocheux du Lubéron, ce village domine un paysage de garrigues et de vignes.

Les maisons anciennes s'étagent sur la colline.

 

En montant vers le village, on aperçoit d'abord entre les cyprès et les pins une chapelle en pierres qui se détache sur le ciel bleu, puis de hautes demeures aux volets couleurs de rouille, les ruelles étroites montent vivement vers la forteresse dont on entrevoit les tours massives.

 

Au détour des rues, des calades pittoresques sous des voûtes... de solides portes en bois, comme on les faisait autrefois, une échauguette qui se détache sur l'azur, dans un décor somptueux de pins...

 

Au sommet du village, le château médiéval nous fait admirer ses hautes tours, sa porte massive cloutée à l'ancienne, sur le côté, un puits est serti de pins qui s'élèvent vers l'azur d'un bleu infini.

Non loin de là, la sombre prison et ses culs-de-basse-fosse...

 

Le panorama sur les monts de Vaucluse est époustouflant : on aperçoit dans le lointain le Mont Ventoux et ses cimes, la plaine et ses vignobles bien alignés.

 

De vieilles maisons de pierres s'embellissent de végétations : des bignonias écarlates, des vignes aux grappes abondantes...

Un balcon ouvragé aux balustres pansus attire tous les regards.

 

Puis, on arrive sur la vaste place de l'hôtel de ville avec son beffroi à campanile du 17 ème siècle...

Au sommet du village, l'église romane qui a été reconstruite au 16ème siècle sur les bases d'un ancien sanctuaire apparaît comme une bâtisse imposante.

A côté, tout au bout du village, au bord d'un abrupt, l'ancien cimetière aux pierres rongées par le temps...

 

Plus loin, on admire aussi une haute demeure avec échauguette, aux balcons ouvragés, aux volets d'un vert anisé... des cyprès, le ciel d'un bleu intense forment un décor somptueux autour de la bâtisse.

 

Partout, dans le village, de vieilles portes de bois cloutées qui ont su résister à l'usure du temps...

Partout, des maisons en pierres apparentes ou des façades peintes aux tons pastels...

Des vieilles ruelles serpentent entre les maisons...

 

L'histoire de Ménerbes fut marquée par les guerres de religion. Au XVIe siècle, avec ses fortifications, Ménerbes avait la réputation d'être imprenable. Mais en 1573, les Huguenots s'emparèrent du village et l'occupèrent pendant 5 ans. Devenu un haut-lieu du protestantisme, la cité fut assiégée par les forces catholiques pendant 15 mois. Le 10 décembre 1578, ayant épuisé les réserves d'eau en éteignant les incendies, les occupants protestants durent quitter les lieux.

Le village de Ménerbes, riche d'histoire et d'un passé très ancien, nous fait voyager dans le temps, nous séduit par ses paysages sauvages, ses maisons rustiques, son panorama exceptionnel.

 

 

 

 

Photos : rosemar

Vieilles maisons...

Vieilles maisons...

Un calade avec sa voûte...

Un calade avec sa voûte...

Ménerbes, village provençal...
Ménerbes, village provençal...
Ménerbes, village provençal...
Une échauguette...

Une échauguette...

Ménerbes, village provençal...
Le château...

Le château...

Ménerbes, village provençal...
La porte du château...

La porte du château...

La prison...

La prison...

Le panorama...

Le panorama...

Ménerbes, village provençal...
Ménerbes, village provençal...
Ménerbes, village provençal...
Le beffroi...

Le beffroi...

L'église...

L'église...

Une fontaine près du cimetière...

Une fontaine près du cimetière...

Ménerbes, village provençal...
Ménerbes, village provençal...
Ménerbes, village provençal...
Ménerbes, village provençal...
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3 août 2017 4 03 /08 /août /2017 07:11
Nouvelles découvertes près du rempart romain à Nîmes....

 

 


Une nouvelle visite des fouilles près du rempart romain, sur la colline Montaury, à Nîmes, m'a permis d'avoir une vue d'ensemble du site : trois tours ont été dégagées près de l'enceinte romaine...

 

La visite menée par Jean François Dufaud, un passionné d'archéologie, s'organisait à partir du sommet de la colline : l'occasion de découvrir une première tour, à demi dégagée puisqu'elle côtoie le mur près de la route qui mène à un bâtiment de la Croix rouge.

 

Là, se trouve vraisemblablement une poterne qui mériterait d'être mise au jour, car ce lieu de passage réserve souvent des surprises et des objets intéressants pour les archéologues.

 

Les fouilles à venir pourront, peut-être, révéler cette poterne, s'il était possible de déplacer l'axe routier qui jouxte cette tour, en la détournant au sud.

 

On a mis au jour dans la couche d'épierrement de cette tour des "rougnes", des débris, des monnaies qui datent de l'époque d'Arcadius, empereur du 4ème siècle.

 

Dans la couche de construction de la tour, on a découvert des vases à boire.

 

Le rempart et les tours ont été vraisemblablement construits entre 5 et 20 après JC. L’enceinte est constituée d'un blocage entièrement revêtu à l’époque romaine d’un parement de moellons en pierre de Roquemaillère, un calcaire dur de provenance locale. Ce mur, d'apparence rustique impressionne par sa hauteur, ses blocs bruts... 

 

Au pied de la tour centrale, une autre belle découverte : un vase, une urne en céramique locale, totalement vide, mais l'intérieur a révélé des résidus de vin rouge, et de l'huile de nigelle, extraite du cumin noir, un remède que l'on disait universel dans l'antiquité : on affirmait que cette huile pouvait soigner tout sauf la mort. Cette urne était un dépôt votif...

 

Près de la tour centrale, on peut admirer des éléments du parapet qui se trouvait au dessus du rempart : ce parapet suivait la pente de la colline : de gros blocs de pierre montrent l'aspect monumental de cette architecture.

 

La tour en bas de la colline comportait, sans doute, une façade décagonale sur la hauteur, on a mis au jour, a côté, une sépulture, un caveau funéraire tardif, dont la datation est difficile : l'ensemble a été pillé... A l'intérieur, les archéologues ont dégagé un fémur humain adulte preuve d'une inhumation et un enfant qui a été enseveli en position foetale : des dépôts partiels de faune, chiens, cochons ont été, aussi, retrouvés. S'agit-il d'offrandes funéraires ? C'est possible.

 

Il semble que les trois tours avaient des architectures très différentes : celle du haut était circulaire, celle du bas décagonale, en élévation.

 

L'ensemble, mur et tours, est monumental et mérite d'être mis en valeur.

 

On admire la maîtrise technique de ces constructions bâties il y a 2000 ans, on admire ce savoir-faire des romains qui nous ont transmis des monuments remarquables à l'épreuve du temps. 

 

De prochaines fouilles sont prévues et programmées dès ce mois d'août 2017 : elles révéleront encore peut-être bien des surprises aux archéologues.

 

A suivre...

 

 

 

 

 

 

 

 

Nouvelles découvertes près du rempart romain à Nîmes....
Nouvelles découvertes près du rempart romain à Nîmes....
Nouvelles découvertes près du rempart romain à Nîmes....
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14 juin 2017 3 14 /06 /juin /2017 12:29
Sous le signe de Boudica, la reine celte...

 

 

 


Boudica.... Qui connaît le nom de cette figure mythique, cette reine celte des Icéniens, qui mena une révolte des Bretons face à Néron ?

 

C'est l'écrivain et historien Tacite qui nous raconte l'épopée de cette reine de légende....

 

On sait qu’elle est née autour de l’année 30 d’une famille royale et qu’elle a été mariée à Prasutagos, le roi des Iceni, un peuple celte, dans la région du Norfolk, en Angleterre. Les Iceni sont l’un de cette douzaine de peuples qui accueillent les Romains les bras ouverts et concluent avec eux des traités de coopération. 

 

 Prasutagos meurt en 59 ou 60 après un long règne, il laisse un testament qui lègue la moitié de ses considérables possessions à l’empereur Néron, sans doute pour que celui-ci accepte que Boudica accède au pouvoir. Mais c’était sans compter avec la cupidité des Romains. L’administration romaine réagit immédiatement et saisit la totalité du trésor royal. 

 

Aussitôt, Boudica lève une armée pour combattre les romains... elle remporte plusieurs victoires, mais est finalement vaincue, elle s'enfuit et se serait donné la mort avec ses deux filles....

 

A partir de ce récit légendaire, les comédiens de la troupe Effet Thatche ont imaginé une pièce de théâtre parodique, une comédie haute en couleurs qui mêle histoire et actualité...

 

Le public est invité à participer activement à la mise en scène...

Un spectacle loufoque où les jeux de mots, les allusions à l'actualité, les mimiques suscitent le rire de l'auditoire...

Comique de mots, de gestes, de situation, de répétition s'enchaînent.

 

L'action de la pièce nous est présentée, dès le début, à la manière antique avec humour et dérision: "Vous aurez de la rebellion, de l'amour, des chameaux, de la haine, et du sang rhésus A+."

 

Les spectateurs sont constamment associés à l'action  : il s'agit d'abord d'acclamer l'entrée en scène de Néron :"Gloire à Néron !"

 

L'omniprésence d'Agrippine, son influence sur son fils sont présentées sur un mode comique et caricatural...

 

Sénèque annonce, alors, la mauvaise nouvelle : "En Britannia, le roi Prasitagus a été assassiné, et c'est sa femme Boudica qui a pris sa place et qui soulève le peuple..."

 

Aussitôt, Sénèque propose une solution pour régler ce problème : une personne de confiance qui se chargera d'assassiner la reine rebelle, un agent très spécial nommé "To morrow never dies"...

 

La traversée vers Britania se prépare : deux spectateurs sont interpellés pour mettre en scène la mer, le bruit des embruns et des mouettes...

 

L'actualité se mêle à l'histoire de manière parodique : la jungle de Calais, le tunnel sous la manche...

Les anachronismes se multiplient : Robin des Bois, Margaret Thatcher sont convoqués pour aider l'émissaire de Néron....

 

La caricature omniprésente suscite les rires des spectateurs : le rôle d'Agrippine est interprété par un homme, les personnages sont stéréotypés, les effets de décalages sont appuyés, le dénouement est irréaliste...

 

Bien sûr, cette farce loufoque prête, avant tout à rire, mais elle nous invite aussi à nous intéresser à cet épisode héroïque de la révolte de Boudica.

 

Ce spectacle donné dans le cadre des JEUX ROMAINS, à Nîmes, dans les jardins de la Fontaine, a permis d'apprécier la virtuosité des acteurs, leur sens de l'improvisation, leur bonne humeur communicative...

 


 

 

 

 

 

 

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17 mai 2017 3 17 /05 /mai /2017 16:28
La Vallée des Merveilles : un monde intact et mystérieux...

 

 


La Vallée des Merveilles, dans l'arrière pays niçois, révèle des paysages chaotiques de montagne entrecoupée de lacs... des gravures rupestres de l'âge du Bronze aux motifs variés contribuent au mystère et à l'étrangeté du lieu : on entre dans un domaine proche du divin, dans un temps où la magie imprégnait les hommes.

 

Des dessins d'animaux, de poignards, de corniformes, des figures géométriques, des portraits humains, d'un sorcier... tout un monde à déchiffrer, à découvrir...

 

Les paysages de blocs de pierres nous entraînent sur des sentiers pentus, des lacs en contrebas nous font voir leurs moires bleutées, au détour des chemins abrupts, on découvre des bouquetins sur l'horizon, des marmottes que l'on côtoie familièrement...

 

Une nature intacte et lumineuse s'offre aux regards : les marmottes ne fuient même pas à notre approche, elles se font admirer, elles affichent leur pelage chatoyant et semblent même s'amuser de nos étonnements.

 

L'air vivifiant et pur de ces montagnes loin du monde habité donne une énergie nouvelle pour franchir les obstacles des chemins, les ravines, les à pics...

 

La transparence de l'air apporte un renouveau, une renaissance : on entre dans un univers différent, un monde où la nature triomphe, où l'azur est d'une pureté originelle...

 

On entre dans le domaine du mystère, de l'étrange : les paysages révèlent des roches claires aux formes variées qui contrastent avec quelques plages de verdures...

 

Le mont Bégo domine la Vallée des Merveilles : modelée par des glaciers disparus qui ont laissé des dalles rocheuses finement polies, la vallée déroule des espaces remplis d'une faune et d'une flore sauvages étonnantes : des mélèzes, des genévriers, des orchidées, des rhododendrons, des saxifrages, des myrtilles... le chardon bleu, l'ancolie. Le mélèze, arbre de lumières laisse pénétrer le soleil dans la forêt.

 

Les dalles rocheuses révèlent des gravures rupestres pleines de mystères : 32000 gravures préhistoriques, témoignages émouvants de 5000 ans d’histoire humaine dans ces contrées alpines : hommes de l'âge du Bronze, romains, pèlerins et bergers y ont, chacun à leur époque, laissé l'empreinte de leur passage.

 

Le visage du sorcier, notamment avec ses mains portées en hauteur, ses pointes de couteaux suscite la curiosité du visiteur... C'est là une des gravures les plus célèbres du site...

 

 Le nom du mont Bégo provient d'une racine indo-européenne Beg, qui signifie seigneur divin. Les bergers d'autrefois vénéraient ce sommet, comme une divinité, c'était un lieu d'une intense activité orageuse en raison de son altitude et de la proximité de la Méditerranée.

 

Ce site unique par sa situation, ses gravures d'un autre temps, sa nature intacte ne peut que susciter émotion, éblouissement...

 

 

Des images de la Vallée des Merveilles :

https://www.google.com/search?hl=fr&site=imghp&tbm=isch&source=hp&biw=1600&bih=794&q=vall%C3%A9e+des+merveilles&oq=vall%C3%A9e+des+&gs_l=img.1.1.0l10.1623.4983.0.7858.12.12.0.0.0.0.103.1007.9j2.11.0....0...1.1.64.img..1.11.993.0..35i39k1.YKDXOi8tC3Y

 

 

Photos : Pixabay

La Vallée des Merveilles : un monde intact et mystérieux...
La Vallée des Merveilles : un monde intact et mystérieux...
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12 novembre 2016 6 12 /11 /novembre /2016 11:09
L 'ancien chaudron de l'Estaque...

 

 

 


Les vieux pêcheurs de l'Estaque connaissent ce lieu appelé "le chaudron de l'Estaque"...un ancien atelier qui servait à teindre les filets.

 

Autrefois, ces filets fabriqués en coton, en lin, en chanvre, moisissaient facilement sous l'effet de l'humidité et de la chaleur : il fallait donc les tremper dans des bains d'eau bouillante contenant des écorces de pins et de chênes.

Les palangres, ces petits paniers en coton qui servaient à capturer des poissons, grâce à un système de hameçons, étaient aussi plongés dans ces cuves odorantes.

 

Les chaudrons répandaient des odeurs fortes de bois, de résines, et les rues alentour étaient imprégnées de ces senteurs...

 

On imagine les pêcheurs d'autrefois poussant leurs brouettes remplies de filets pour rejoindre l'atelier, plonger leurs filets dans les cuves, puis les faire sécher... tout un cérémonial, tout un travail qui occupaient les pêcheurs, un ou deux jours de la semaine...

On imagine ce peuple grouillant de pêcheurs s'activant pour rejoindre la teinturerie...

On les entend s'interpeller avec le langage du sud, on les entend évoquer "la teinche", le "rusco"...

On entend leurs mots de pêcheurs : "un jambin, un salabre, un gobi, une esquinade, une arapède, une favouille, un estoquefiche...", des mots pleins de saveur et de pittoresque.

On perçoit leur accent du sud qui fait chanter les mots et les phrases.

 

Le bâtiment où se trouvaient ces ateliers existe toujours : une maison aux volets bleu lavande, au dessus de la grande porte d'entrée on peut lire cette inscription gravée en gros caractères : Prud'homie de pêche, teinturerie...

 

Le chaudron date du 19 ème siècle, une époque où les pêcheurs étaient nombreux à l'Estaque : le petit port vivait de cette activité, et chaque estaquéen de souche a un parent ou un ancêtre qui était pêcheur..

 

Avec l'apparition des filets de pêche en nylon, le chaudron de l'Estaque est devenu obsolète, mais il témoigne d'un temps où la pêche était une activité florissante sur la côte bleue, il montre aussi la rudesse de ce métier : les pêcheurs consacraient leur samedi et leur dimanche à cette activité de teinture, afin de préserver leurs filets qui étaient leur outil de travail...

 

Les filets étaient, aussi, sans cesse ravaudés par les pêcheurs : on les voyait sur le quai ou sur leurs pointus, en train de rafistoler et remailler leurs nasses...

Mon arrière grand-père qui était pêcheur a dû fréquenter, maintes fois, cet atelier de teinturerie au nom magique, située dans une rue appelée autrefois la Montée de la Sardine...

On le voit : à l'Estaque même les rues sont imprégnées de cette mer Méditerranée qui faisait vivre tant de petites gens...

 

Le chaudron qui permettait de rénover les filets était une véritable institution à l'Estaque, un lieu de rencontres des pêcheurs qui venaient de différents ports voisins pour profiter de ces cuves bienfaitrices.

De tels lieux qui témoignent d'une vie passée doivent être préservés : on ne visite pas le chaudron, hélas, mais le bâtiment est classé monument historique et il impose encore par sa large façade aux teintes de lumières...

 

Le chaudron de l'Estaque a perdu sa fonction ancienne mais il laisse dans les mémoires des souvenirs du temps passé, il fait revivre tout un monde d'artisans pêcheurs dont la vie a été rude et difficile...

 

 

 

 

 

 

L 'ancien chaudron de l'Estaque...
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