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15 mai 2022 7 15 /05 /mai /2022 11:02
Les journées romaines : le fort des légionnaires...

 

Pour quelques jours, du 4 au 8 mai 2022, la ville de Nîmes est redevenue Nemausus, ville romaine...

De multiples spectacles, reconstitutions, animations se sont déroulés dans la Rome française...

Cette année, l'empereur Hadrien était mis à l'honneur avec un grand spectacle dans l'amphithéâtre de la cité : Hadrien et la guerre des Pictes, une grande fresque mise en scène par l'historien Eric Teyssier... combats de gladiateurs, course de chevaux, reconstitution de la guerre contre les Pictes...

 

Un fort de légionnaires a même été reconstitué, tout près des Jardins de la Fontaine, au coeur de la cité antique...

Pendant plusieurs jours, des ouvriers ont bâti ce fort selon un savoir faire d'antan, avec des rondins de bois, à l'intérieur, des tentes ont été installées, l'occasion de découvrir différents aspects de la vie dans la Rome antique...

 

Avec une cinquantaine de légionnaires constamment présents, ce fort a proposé des démonstrations et a permis de comprendre comment se déroulait la vie quotidienne du temps des romains. Forge, fabrication du pain, stratégie militaire, construction… Tout était expliqué sous forme de jeux et d’ateliers.

 

Des passionnés sont venus d'Italie pour transmettre leur savoir... des échoppes, des stands pour découvrir la vie romaine...

 

Démonstrations de manoeuvres militaires, découverte des stratégies et des techniques de combats de l'époque, apprentissage de la forge ou encore participation à différents ateliers libres, les stands disponibles permettaient de se glisser dans la peau d'un soldat romain...

 

Ateliers sur l'architecture, la cotte de mailles, la mosaïque, le travail du cuir, les jeux, le tissage, les bijoux, la fabrication de bracelets, des ateliers d'écriture, musique, sculpture,  cosmétique, et même un atelier de magie noire...

Les enfants ont ainsi pu s'initier à toutes ces techniques du passé auprès de spécialistes...

Des cours d'histoire vivante, en direct...

 

Un des ateliers permettait de fabriquer des sandales romaines, des caligae :  des sandales lacées, faites de lanières de cuir, portées par les soldats romains. Elles sont munies d'une épaisse semelle de cuir lourdement ferrée de clous pointus pour éviter de glisser.

 

Ce fort a attiré un public nombreux : les participants répondaient aux questions des visiteurs curieux de s'informer sur l'antiquité romaine...

Une taverne romaine permettait aussi de boire de l'hydromel, de goûter des fruits secs...

 

Une belle initiative de la municipalité de Nîmes... un moment convivial, ludique, éducatif dans une ambiance chaleureuse...

 

 

 

 

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6 mai 2022 5 06 /05 /mai /2022 11:33
Toute la beauté d'un papyrus égyptien...


Les papyrus sont simples roseaux entrelacés, matière brute et naturelle dont on perçoit les tiges ligneuses, où l'artiste a dessiné le monde, des figures humaines ou divines, aux coiffures somptueuses, aux robes d'apparat, aux lourds colliers, aux visages sereins et empreints de beauté, leurs dessins stylisés nous font rêver.

 

Sur un de ces magnifiques papyrus, on peut voir Nefertari et Isis main dans la main, impérieuses beautés de l'Egypte d'autrefois, aux traits harmonieux. Des hiéroglyphes sacrés couronnent l'ensemble, écritures qui font songer aussi à des tableaux, cernés de noir, cartouches colorés aux figures d'oiseaux, de serpent, d'oeil magique, vautours, haches, bouches, couteaux, scribes, sabres, hiboux, bras, signes mystérieux qui se superposent, aux couleurs infinies...

 

On a retrouvé cette oeuvre d'art dans une des tombes de la vallée des rois, celle de Néfertari, épouse royale préférée de Ramsès II.

 

Cette scène montre la déesse Isis qui tient la main de la reine pour la guider dans l’autre monde. Dans sa main gauche, elle a le sceptre OUAS, le bâton de vie, indispensable pour ce voyage dans l'au-delà : c'est le nom du sceptre royal dans l’Égypte antique. À l'origine, il s’agissait d’un bâton à l'extrémité fourchue, destiné à capturer les serpents. Il représente la puissance divine que les dieux transmettent à pharaon comme insigne de son pouvoir... La reine porte un collier pectoral et sur sa perruque, on voit un vautour aux ailes déployées : Nekhbet est la déesse vautour protectrice des pharaons.

 

Au dessus on peut admirer une couronne ATEF constituée de deux plumes d'autruche. Un disque solaire est à la base et au centre de ces plumes. Isis, la déesse protectrice et salvatrice de la mythologie égyptienne est coiffée d'une paire de cornes enserrant le disque solaire qui sont aussi les attributs d'Hathor, la déesse de l'amour, la beauté, la musique, la maternité et de la joie...

 


La souveraine est alors guidée par Isis auprès du Dieu Khepri dont la tête est représentée par un scarabée noir : Khepri symbolise la renaissance de la lumière. Le dieu scarabée est associé, dans l'Egypte ancienne, au soleil qui renaît chaque jour : le scarabée stercoraire naît d'une boule d'excrément, s'en nourrit. La forme circulaire de la boule rappelle bien sûr le soleil.

 

Que de beauté, que d'harmonie de couleurs dans ces peintures ! La robe d'un blanc immaculé de Néfertari contraste avec la robe colorée d'Isis : un ton de rose profond parsemé de motifs blancs et noirs, on ne peut qu'admirer la chevelure sombre et somptueuse des deux jeunes femmes, l'oeil bien dessiné et immense. Les coiffures d'or rehaussent l'ensemble et traduisent la richesse, l'opulence de la cour égyptienne.

 

Les visages aux traits harmonieux permettent d'associer les deux personnages, la déesse et la reine : ainsi l'épouse de Ramsès II apparaît, à l'instar d'une déesse, comme une beauté idéale.

 

Ce papyrus venu du fond des âges aux couleurs éclatantes, aux dessins stylisés attire irrésistiblement le regard comme de nombreux autres papyrus de l'époque. Les motifs somptueux, la majesté, la beauté rayonnante des personnages nous séduisent.

 

 

 

 

 


 

Toute la beauté d'un papyrus égyptien...
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2 mai 2022 1 02 /05 /mai /2022 11:32
Plus jamais ça !

 

Un témoignage bouleversant, celui de Jacqueline Fleury-Marié sur le plateau de l'émission La Grande Librairie...

Entrée dans la résistance dès l'âge de 17 ans, elle était chargée notamment de diffuser un journal clandestin Défense de la France. Elle a aussi rejoint son frère au réseau de renseignements Mithridate.

Ses parents étaient eux aussi entrés dans la résistance.

La famille a été dénoncée et arrêtée : en juillet 1944,  la Gestapo arrive un matin chez eux, le père, la mère et la jeune fille sont emmenés à la prison de Fresnes, mis à l'isolement.

Un choc pour la jeune fille : elle ne retrouvera sa mère qu'à Ravensbrück.

Elle raconte aussi les interrogatoires qu'elle a subis : la baignoire dans laquelle on la plongeait et replongeait sans arrêt.

Une jeune fille de 17 ans, en prison, interrogée par la Gestapo, torturée, séparée de son père et de sa mère !

Comment tenir, comment résister ?

Elle écrit dans son livre Résistante que la poésie l'a aidée à tenir : seule dans sa cellule, elle aimait réciter des fables de La Fontaine, ce qui l'aidait à retrouver des moments qu'elle avait vécus, des gens qu'elle pouvait comparer aux animaux de La Fontaine. Elle aimait aussi chanter, car elle avait fait partie d'une chorale... Elle gardait précieusement tous ces souvenirs...

Mais plus terrible, encore, est le récit de sa déportation :

"On nous emmène dans des bus parisiens aux environs de Paris où nous attend un train de wagons à bestiaux dans lesquels nous allons être entassés... c'est un grand convoi, nous sommes 600 femmes, c'est le convoi du 15 août 1944, il y a plus du double d'hommes...

Des wagons à bestiaux, pour moi, une gamine de 17 ans, c'est encore possible de monter dans ces wagons, mais les femmes qui sont âgées, passées par les mains de la Gestapo, marquées par ce que nous avons subi, il faut aider ces femmes à monter dans le wagon.

A l'intérieur, nous sommes entassées, nous ne pouvons pas nous asseoir toutes ensemble. Nous avons droit à une espèce de grand seau avec de l'eau, et un autre seau pour nos besoins.

Vous pouvez imaginer que le seau d'eau va être vidé très très vite. J'ai un souvenir d'avoir eu soif tout le temps et cela va continuer en déportation.

Notre voyage a duré 7 jours et 7 nuits, il y aura un changement de train à Nanteuil- Saâcy , car des résistants ont fait sauter un pont sur la Marne.

Nous sommes enfermées dans un tunnel où le train était arrivé, enfermées dans ce tunnel pendant des heures... on respirait difficilement, Et à ce moment, une de mes compagnes a chanté l'Ave Maria de Schubert et croyantes et non croyantes, nous avons écouté avec un sentiment très particulier que je ne saurais dire...

A un moment, le train va démarrer en marche arrière, nous allons sortir de ce tunnel, on va nous faire sortir de nos wagons avec des coups, des hurlements. Nous sommes sur le bord d'une voie ferrée, on va nous mettre en colonnes, cinq par cinq et nous allons parcourir au moins 6 ou 7 kilomètres avant de nous retrouver devant un passage sur la Marne, un passage en bois, et de l'autre côté de ce passage, un autre train de wagons à bestiaux nous a emmenées à Ravensbrück, nous y arrivons 7 jours, après notre départ de Fresnes...

Nous sommes dans un état second : 7 jours enfermées, ne pouvant pas dormir...

On va nous sortir une à une, avec des coups et nous allons parcourir 6 ou 7 km, nous traversons alors une bourgade, là nous apercevons des rideaux qui se soulèvent derrière les fenêtres, on sent qu'on nous regarde.

Nous arrivons devant un immense portail, et nous allons apprendre que nous sommes à Ravensbrück, grand camp de femmes.

On est dans un état extrêmement douloureux, difficile. Nous arrivons sur une immense place où nous nous écroulons, et là nous voyons deux femmes, elles sont tondues, elles portent des robes, des loques, et elles tirent un long tuyau d'arrosage et comme nous mourons de soif, est-ce que vous pouvez imaginer : 600 femmes qui pensent qu'elles vont boire !

Là, nous voyons ces deux malheureuses arroser la place d'appel, et là nous ne recevons absolument pas d'eau.

Et nous voyons pénétrer dans le camp des êtres bizarres qui nous font peur : ce sont des femmes qui portent ces robes rayées, qui ont un outil sur l'épaule et parmi elles, les Françaises nous ont crié : "Si vous avez un tout petit peu de pain, jetez le nous, car dans peu de temps, vous allez nous ressembler."

Le processus de déshumanisation est en cours dès le premier jour.

Le camp était imprégné d'odeurs de corps qui brûlaient. On était dans la mort, on était entouré de morts.

Tous les matins, on venait ramasser les mortes de la nuit.

A l'arrivée à Ravensbrück, nous avons été transformées en concentrationnaires, c'est à dire qu'on nous a pris le peu que nous avions, nous avons été emmenées dans une baraque qui était la baraque des douches, et là on va nous transformer en concentrationnaires avec des robes rayées, quelque chose qui a été pour moi extrêmement difficile à supporter, nous recevions des espèces de galoches, c'est à dire des semelles de bois, avec derrière un morceau de faux cuir : ce cuir vous rentrait dans la chair. Beaucoup d'entre nous étaient tondues, et ça, essayez de penser ce que c'est pour une femme d'être tondue...

En sortant de cette baraque, j'ai retrouvé ma mère et ça a été quelque chose de très douloureux, car j'espérais, je pensais qu'elle n'était pas du voyage.

Et pour elle, me voir transformée, c était un choc, les chocs se multipliaient. Nous allons alors essayer de survivre côte à côte.

A 4 heures du matin, nous étions réveillées (autant qu'on ait pu dormir un peu) pour être à l'appel, et ces appels vont être mortels : nous avons eu -30 à Ravensbrück, il a fait extrêmement froid, nous étions jetées dehors en colonnes, avec le peu de vêtements que nous avions pour des appels qui duraient souvent très longtemps. Le soir, nous avons même connu un appel qui durait toute la nuit.

Pourtant, je n'ai jamais connu de moments d'amitié et de fraternité aussi forts que dans les camps, face à l'humiliation aux tortures des SS.

Beaucoup de gestes ont permis la survie. J'ai connu le partage, la main tendue.

Nous sommes ensuite astreintes à des travaux : décharger des wagons de charbon 12 heures par jour, alors que nous étions dans un état de déficience totale."

C'est durant les marches de la mort que Jacqueline Fleury-Marié parvient à s'évader...

Voici son récit :

"Ma mère qui avait alors 47 ans seulement était complètement épuisée... pendant ces marches, nous ne recevions aucune nourriture. On ne mangeait que ce qu'on pouvait ramasser sur le bord des routes. Quand vous sucez un peu d'herbe, vous avez moins soif, et partager un brin d'herbe, quelle magnifique solidarité !

Et alors que ma mère ne pouvait vraiment plus marcher (quand on ne pouvait plus marcher, on était abattu), nous étions encadrées de soldats armés qui étaient d'autant plus féroces qu'ils savaient que la guerre était finie pour eux. Nous, nous pensions que jamais nous ne pourrions rentrer en France.

Donc, tant pis ! Tu cueilles un brin d'herbe et tant pis si tu reçois une balle... voilà où on en est.

Maman ne pouvant plus marcher, nous étions avec deux amies, deux soeurs et il n'était pas question de s'évader de la colonne, l'une sans l'autre.

Il a fallu trouver un moment qui nous permette de fuir toutes les quatre. Nous nous sommes réfugiées dans une carrière, et nous nous sommes cachées dans une baraque à outils, où nous allons être découvertes, à l'article de la mort, par des ouvriers français qui venaient pour travailler. C'est ce qui nous a sauvées, car arrivaient, à ce moment là, les troupes de l'Armée Rouge dont j'ai gardé un souvenir horrible."

Question de François Busnel, en fin d'émission :

"Aujourd'hui, quand vous regardez ce qui se passe dans le monde, que ressentez vous ?"

Réponse de Jacqueline Fleury-Marié :

"Ce qui se passe en Ukraine, c'est innommable, c'est la destruction d'un peuple pour un autre. Et en plus, je revois les Russes, tels que je les ai vus, il y a 80 ans, et le monde n'a pas beaucoup changé, ça me fait très peur pour mes enfants, pour mes arrière petits enfants."

 

Plus jamais ça ! Mais, hélas, la guerre en Ukraine nous ramène aux temps de la barbarie...

 

 

Sources :

 

https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/la-grande-librairie-saison-14/3356794-emission-du-mercredi-27-avril-2022.html

 

https://memoiresdesdeportations.org/video/ils-navaient-jamais-vu-des-femmes-dans-un-tel-etat?temoin=356

 

 

 

 

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23 avril 2022 6 23 /04 /avril /2022 08:50
Le château était un de ces bâtiments, mélange de grandeur et de mélancolie...


"Le château dans lequel mon domestique s’était avisé de pénétrer de force, plutôt que de me permettre, déplorablement blessé comme je l’étais, de passer une nuit en plein air, était un de ces bâtiments, mélange de grandeur et de mélancolie, qui ont si longtemps dressé leurs fronts sourcilleux au milieu des Apennins, aussi bien dans la réalité que dans l’imagination de mistress Radcliffe. Selon toute apparence, il avait été temporairement et tout récemment abandonné. Nous nous installâmes dans une des chambres les plus petites et les moins somptueusement meublées. Elle était située dans une tour écartée du bâtiment. Sa décoration était riche, mais antique et délabrée. Les murs étaient tendus de tapisseries et décorés de nombreux trophées héraldiques de toute forme, ainsi que d’une quantité vraiment prodigieuse de peintures modernes..."

 

C'est ainsi que Edgar Alan Poe décrit un château abandonné au début de la nouvelle intitulée Le portrait ovale...

Le château ! C'est le lieu des récits de notre enfance, des livres d'histoire, des contes de fées...

Lieu par excellence du fantastique, lieu de mystères, lieu chargé de passé, d'histoire, le château fascine : les tours hautaines, avec leurs meurtrières ténues, étroites, impressionnent.

La grandeur des lieux, la hauteur des murailles suscitent, à la fois, admiration, fascination et frayeur...

 

A l'intérieur, on admire des cheminées imposantes, des décors somptueux, des meubles massifs et lourds, de grands miroirs qui reflètent la lumière...

Le château évoque le luxe, l'abondance : on est ébloui par des tapisseries d'un autre temps, des salles immenses où l'on se perd, des portraits de personnages illustres qui ornent les murs de pierre.

 

Le château évoque aussi les culs de basse fosse, des endroits secrets, cachés, obscurs, où étaient enfermés des rebelles hors la loi, souvent de pauvres gens.

Le château fait surgir des images de fantômes, des apparitions mystérieuses, inquiétantes... On songe à tant de récits fantastiques, le portrait ovale de E A Poe, Le chevalier double de Théophile Gautier, tant de récits troublants, envoûtants qui nous emmènent au bord du rêve...

 

Le mot lui-même est ancien : issu du latin "castellum", qui désignait le "fortin", ce nom lui-même n'est-il pas étonnant, malgré son air familier ?

Avec son accent circonflexe, venu de la consonne "s" disparue, le château revêt une dimension encore plus étrange et mystérieuse.

La chuintante initiale, la dentale "t" forment un ensemble à la fois doux et éclatant... Les deux sons voyelles "a" et "o" semblent suggérer toute l'admiration que suscitent ces lieux.

 

Le château n'est-il pas plein de charmes ? Les créneaux, les tours, les tourelles, les ponts levis, les échauguettes, tous ces mots ne sont-ils pas, en eux mêmes, empreints de mystères ?

C'est comme si l'accent de ce mot l'auréolait, aussi, d'étrangetés, cet accent nous fait voir le sommet des tourelles, des vertiges de hauteurs !

 

Le château peut être parfois château de sable, et il fait encore rêver à un monde de lumières, aux vacances, au bord de la mer, à des châteaux éphémères que les vagues dispersent....

 

Le château représente aussi un monde d'illusion, quand on se met à "faire des châteaux en Espagne"....

"Qui ne fait châteaux en Espagne ?", écrivait La Fontaine, qui ne rêve pas d'un avenir meilleur et plus souriant ?

 

 

 


 

 

Photos : Pixabay

Le château était un de ces bâtiments, mélange de grandeur et de mélancolie...
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7 mars 2022 1 07 /03 /mars /2022 12:22
Dans la tête de Vladimir Poutine...

 

Michel Eltchaninoff, rédacteur en chef de Philosophie Magazine, et spécialiste de philosophie et d’histoire russe,  a analysé tous les discours de Vladimir Poutine, et il en a fait un livre intitulé Dans la tête de Vladimir Poutine...

Selon Poutine, les Russes et les Ukrainiens sont un seul et même peuple et il affirme sans cesse depuis longtemps que les Ukrainiens ont des dirigeants qui sont des néo-nazis.

Les Russes auraient pour vocation de venir libérer les Ukrainiens : donc, Poutine serait un libérateur, il se donne le beau rôle !

 

D'autre part, selon Poutine, les Russes ont une sorte de force vitale dont les occidentaux seraient jaloux... En fait, le président russe remet en cause la domination occidentale.

"Donc, les occidentaux vont tout faire pour nous pousser dans un coin", affirme Poutine.

"Et donc, nous allons nous ébrouer et faire ce que nous devons faire, nous avons une mission historique" !

 

Et quels sont les buts de guerre de Poutine ? Y a t-il une dimension nostalgique dans cette offensive ? Veut-il reconstruire la grande Russie ?

En fait, selon Poutine, l'Ukraine serait un état artificiel créé en 1922, et qui n'a pas de raison d'être... pour lui, l'Ukraine, c'est un état dont au moins la rive orientale du Dniepr  appartient aux Russes.

Il veut, au moins, que cette Ukraine soit coupée en deux, la partie ouest allant ailleurs, car elle a moins d'intérêt stratégique, l'autre allant à la Russie.

 

A propos de ces buts stratégiques, Poutine utilise souvent le mot de "dénazification".

Sa rhétorique consiste à dire que ce sont des nazis qui ont pris le pouvoir en Ukraine : or, on sait que le président Zelenski est d'origine juive, que ses grand-parents étaient juifs.

Poutine semble ainsi revisiter un mythe qu'il a lui-même vécu quand il était enfant : Poutine est né en 1952 à Léningrad après un blocus atroce mené par les nazis : son grand-frère est mort pendant ce blocus.

On dirait qu'il rejoue ce mythe. Est-ce qu'il y croit ? ou est-ce que c'est employé à des fins de propagande ?

Selon Poutine, les nazis utilisent des victimes civiles comme des boucliers humains.

Pour Michel Eltchaninoff, Poutine est dans une fantasmagorie qui sert à exalter son peuple...

 

Poutine a créé en 2016 une garde nationale de 330 000 hommes entièrement dévoués à sa personne.

 

Poutine a mis en scène de manière hallucinante un conseil de sécurité : il a demandé à tous les membres du conseil s'ils étaient d'accord avec la reconnaissance de l'indépendance des territoires séparatistes.

Un homme a hésité : le chef des renseignements extérieurs, il a été aussitôt humilié par Poutine.

 

De plus, les Russes sont désormais quasiment privés d'informations extérieures sur la guerre : ils ont droit à la version officielle.

Une loi vient d'être votée : la moindre "fausse" information sur les armées peut coûter de 3 à 15 ans de prison.

 

Autre sujet : héritier du messianisme russe, Poutine aurait aussi des ambitions spatiales, selon lui, les Russes auraient une fonction céleste !

Comme Elon Musk, il croit au transhumanisme, à la possibilité de vaincre la mort, donc il convient de conquérir l'espace pour trouver d'autres lieux de vie...

 

 

 

Sources :

 

https://www.arte.tv/fr/videos/108208-001-A/michel-eltchaninoff-s-est-glisse-dans-la-tete-de-vladimir-poutine/

 

 

https://www.franceculture.fr/emissions/les-enjeux-internationaux/quelle-est-la-realite-de-l-ideologie-neo-nazie-en-ukraine

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9 janvier 2022 7 09 /01 /janvier /2022 13:58
L'univers du conte : l'histoire de Yule...

 

Un spectacle qui met à l'honneur l'univers du conte : bien sûr, on y croise un loup, une mère-grand, Pégase, Peter Pan, etc.

On y trouve tous les ingrédients du conte : un héros confronté à des obstacles, des difficultés, des épreuves, à la peur... on y trouve du merveilleux, de l'étrange, un personnage malveillant...

Un spectacle dans un cadre somptueux : les Arènes de Nîmes...

On y fait la connaissance d'un héros : Yule... Mais d'où vient ce nom ?

 

"En Islande, la fête de Noël existait bien avant l'adoption du christianisme en l'an 1000. Elle portait le nom de Jol (ou Yule) et les vikings y célébraient le solstice d'hiver et l'inversion de la course du soleil augurant le rallongement des journées. La fête durait plusieurs jours remplis de ripailles, de beuverie, de danse, de jeux et de joutes sportives...

Avec l'arrivée de l'hiver, curieusement, on fête la renaissance du Dieu Soleil : les jours s’allongent de nouveau, grignotant la nuit de quelques minutes chaque jour…

Le solstice d’Hiver marque ce point de bascule où renaît l’espoir des jours meilleurs… Dehors le froid se fait plus mordant et la nature semble morte mais il n’en est rien ! Dans le sein de la Terre, à l’abri des regards comme dans le ventre de la mère, la magie de la vie opère !"

 

"Traditionnellement, en Écosse, les membres du clan partaient dans la forêt dans le but de trouver la plus grosse et la plus belle bûche ou souche, la bûche de Yule : il fallait qu’elle soit assez grande pour fournir chaleur et lumière pendant douze jours. La bûche était décorée avec des végétaux et elle était positionnée sur un tison prélevé sur la bûche de l’année précédente, qui servait à embraser la nouvelle bûche afin de symboliser la continuité de la vie et de la lumière. Le bois de Chêne était favorisé pour sa robustesse et sa densité, et parce qu’il a l’avantage de se consumer lentement. On versait une libation de cidre, de vin cuit, d’huile ou de bière avant d’allumer le feu nouveau. La soirée était alors rythmée par des chants, des contes, des devinettes. La bûche solsticiale recevait la plus grande attention, elle était bénie et lustrée avec un rameau de Buis et accompagnée par les souhaits pour l’année à venir. Les cendres de la bûche consumée, étaient répandues dans les champs et les jardins pour assurer des récoltes abondantes."

 

Laissons Yule nous raconter l'univers des contes :

Il était une fois, moi Yule : mes parents étaient très pauvres et par une froide nuit de Noël, ils m'envoient porter son repas à mère-grand... Ce soir-là, il y avait des milliers d'étoiles !

Au bout de quelques kilomètres, je suis perdu et épuisé..."Allez Pégase ! Emmène moi chez mère-grand !"

"Salut Peter Pan ! Oh doucement ! J'ai pas le permis, moi, Pégase !"

Puis Pégase s'évanouit soudain dans l'obscurité...

 

Yule se retrouve seul dans la forêt...

"Je n'aime pas cette forêt... Maman ! Le loup ! Maman ! Aidez-moi ! Oh ça suffit, il y en a marre d'avoir peur !"

Yule doit affronter le froid, le gel, puis la pluie, la peur...

 

"Oh ça sent le pain d'épices, la crème !" "J'ai une faim de loup !" Yule se met à dévorer le monument...

 

"Avec tout ça, j'ai failli oublier mère-grand..."

 

"Bonsoir mère-grand, ne bouge pas, j'ai tout apporté pour le repas."

On met alors la table...

"Mère-grand, vous allez vous régaler ce soir ! Mais...  mère-grand, vous avez de drôles de mains ! Haut les mains,  loup !"

 

"On est où, là ?" Yule se retrouve prisonnier... "Sésame, ouvre-toi ! non c'est pas ça ! Abracadabra ! Décroche-toi ! Ah non pas plus ! Ah je sais ! Arène, ouvre-toi !"

Et les murs du monument s'ouvrent comme par magie...

 

Le conte s'achève avec cette idée géniale de Yule :

"Et si j'inventais quelque chose ou quelqu'un qui fasse plaisir à tout le monde ?"

 

Et peu à peu, prend forme, sur l'édifice, l'image du Père Noël...

 

Voilà un joli spectacle qui contribue à la magie de Noël !

 

 

 

 

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6 décembre 2021 1 06 /12 /décembre /2021 12:26
Merveilleuses Chansons de la Commune !


 

Voici 150 ans que se déroula la Commune de Paris...

En mars 1871, refusant la capitulation face aux Prussiens, les Parisiens constituent un gouvernement révolutionnaire qu’ils nomment Commune et qui sera un des fleuves nourriciers des soulèvements et révolutions à venir. Ces 72 jours vont aussi propager de nombreuses musiques et chansons : chroniques,  révoltes, désillusions, espoirs, tous ces aspects ont été évoqués lors d'une conférence de Marc Simon, au Carré d'Art à Nîmes...

Pour nous mettre dans l'ambiance, Marc Simon interprète d'abord une chanson de Louis Marchand et Aristide Bruant : La commune...

"Le fracas du canon s 'entend à l'horizon

C'est la commune qu'on vient de proclamer

Chacun, chacune

Pour elle veut s'armer..."

 

En fait, la Commune a généré des chansons surtout bien des années plus tard. Cette chanson date de 1910.

La Commune a aussi recyclé des chansons précédentes.

 

Un peu d'histoire pour commencer :

Napoléon s'est fait proclamer président en 1848, et assez vite le régime a glissé vers quelque chose de plus autoritaire, vers une monarchie.

Napoléon s'est lancé dans des guerres hasardeuses au Mexique, puis il s'est piqué de déclarer la guerre à l'Allemagne. Le 2 septembre 1870, Napoléon III est fait prisonnier par les Prussiens : la guerre est perdue.

Le peuple parisien envahit la mairie de Paris et proclame la République.

Beaucoup de gens vivent mal dans une extrême pauvreté : les révoltes grondent, en province, il y a déjà eu des révoltes à Marseille, à Lyon... Le "midi rouge" s'était soulevé...

Les Prussiens assiègent Paris : les Parisiens passent l'hiver dans le froid, les privations.

Le 8 février 1870, des élections sont organisées : les conservateurs gagnent, le gouvernement est rapatrié à Versailles. Les Versaillais : c'est ainsi que l'on nomme les soldats du gouvernement.

Le 17 mars 1871, Adolphe Thiers et son gouvernement, évaluant mal l'état d'esprit des Parisiens, envoient au cours de la nuit la troupe sous le commandement du général Lecomte s'emparer des canons de la Garde nationale sur la butte Montmartre. 

Quand le gouvernement décide de désarmer les Parisiens, ceux-ci se sentent directement menacés. Il s'agit de leur soustraire les 227 canons entreposés à Belleville et à Montmartre. Les Parisiens considèrent comme leur propriété ces canons qu'ils ont eux-mêmes payés par souscription lors de la guerre contre la Prusse. Ils se voient sans défense vis-à-vis d'éventuelles attaques des troupes gouvernementales (comme en juin 1848). Cependant ils disposent de près de 500 000 fusils.

De son côté, le gouvernement craint la présence de cette artillerie en cas d'émeute ouvrière, et justifie le retrait des canons par l'application des conventions prises avec le vainqueur dont le désarmement de la capitale fait partie. Les Prussiens sont en effet toujours présents autour de la ville.

À Montmartre, au matin, le peuple parisien s'éveille et s'oppose à la troupe venue chercher les canons. Puis, rapidement, celle-ci fraternise avec lui. Un peu partout dans Paris, la population s'en prend aux représentants supposés du gouvernement, élève des barricades et fraternise avec la troupe. 

Montmartre reprend ses canons.

 

La Commune est un mouvement populaire très divers : toutes les tendances politiques républicaines et socialistes sont représentées, jusqu'aux anarchistes. 

Dans le terme "Commune" on trouve l'idée de partage...

Les réformes démocratiques de la Commune sont nombreuses : école laïque, écoles professionnelles gratuites, les filles accueillies à l'école, etc.

 

Marc Simon évoque alors une autre chanson liée à la Commune : La Canaille, un chant révolutionnaire de 1865, précurseur de la Commune de Paris, d'abord appelé La Chanson des gueux. Les paroles sont d'Alexis Bouvier et la musique de Joseph Darcier.

"Dans la vieille cité française
Existe une race de fer
Dont l'âme comme une fournaise
A de son feu bronzé la chair.
Tous ses fils naissent sur la paille
Pour palais ils n'ont qu'un taudis.
C'est la canaille, eh bien j'en suis.
Ce n'est pas le pilier du bagne
C'est l'honnête homme dont la main
Par la plume ou le marteau
Gagne en suant son morceau de pain.
C'est le père enfin qui travaille
Les jours et quelquefois les nuits.
C'est la canaille, eh bien j'en suis.
C'est l'artiste, c'est le bohème
Qu sans souper, rime, rêveur,
Un sonnet à celle qu'il aime
Trompant l'estomac par le coeur.
C'est à crédit qu'il fait ripaille
Qu'il loge et qu'il a des habits.
C'est la canaille, eh bien j'en suis.
C'est l'homme à la face terreuse
Au corps maigre, à l'oeil de hibou
Au bras de fer, à main nerveuse
Qui sortant d'on ne sait pas où
Toujours avec esprit vous raille
Se riant de votre mépris.
C'est la canaille, eh bien j'en suis.
C'est l'enfant que la destinée
Force à rejeter ses haillons
Quand sonne sa vingtième année
Pour entrer dans vos bataillons
Chair à canon de la bataille,
Toujours il succombe sans cris.
C'est la canaille, eh bien j'en suis.
Les uns travaillent par la plume,
Le front dégarni de cheveux,
Les autres martèlent l'enclume
Et se saoulent pour être heureux.
Car la misère en sa tenaille
Fait saigner leurs flanc amaigris.
C'est la canaille, eh bien j'en suis"

 

Puis, c'est l'évocation de la chanson La semaine sanglante Paroles : Jean Baptiste Clément (1871)

Ce chant tragique évoque les derniers jours de la Commune : Jean Baptiste Clément s’inspira de sa propre expérience pour rédiger ses paroles, peu de temps après avoir témoigné des exactions commises par les Versaillais contre le peuple parisien. Son refrain comprend néanmoins une note d’espoir, en proclamant que "les mauvais jours finiront !"

"Sauf des mouchards et des gendarmes
On ne voit plus par les chemins
Que des vieillards tristes en larmes
Des veuves et des orphelins
Paris suinte la misère
Les heureux mêmes sont tremblants
La mode est aux conseils de guerre
Et les pavés sont tout sanglants
Oui mais
Ça branle dans le manche
Les mauvais jours finiront
Et gare, à la revanche
Quand tous les pauvres s'y mettront
Quand tous les pauvres s'y mettront
On traque, on enchaîne, on fusille."

 

Autre chanson très connue liée à la Commune : c'est l'Internationale.

Cet hymne intemporel du mouvement ouvrier fut écrit par Eugène Pottier, vraisemblablement dans les semaines qui ont suivi la Commune de Paris. L’Internationale ne sera pourtant publiée que bien des années plus tard, avant d’être mise en musique en 1888 par  Pierre Degeyter. Chantée à l’occasion des congrès de l’Internationale, elle deviendra ensuite l’hymne national de l’URSS jusqu’en 1944. Figurant parmi les chants politiques les plus traduits au monde, l’Internationale résonne encore aujourd’hui dans les cortèges des manifestations parisiennes.

 

Les musiques de ces chants font songer à des hymnes militaires : il ne faut pas oublier que la Commune fut aussi un mouvement militaire dont le but premier était de se battre contre les Prussiens.

Pourtant, dans ce mouvement révolutionnaire, on trouvait de nombreux pacifistes : c'est donc assez paradoxal.

 

Une autre chanson célèbre : Le Temps des cerises, une chanson dont les paroles ont été écrites en 1866 par Jean Baptiste Clément et la musique composée par Antoine Renard en 1868.

Bien que lui étant antérieure, cette chanson est néanmoins fortement associée à la Commune de Paris de 1871, l'auteur étant lui-même un communard ayant combattu pendant la Semaine sanglante.

 Jean Baptiste Clément dédie sa chanson à une ambulancière rencontrée lors de la Semaine sanglante, alors qu'il combattait en compagnie d'une vingtaine d'hommes.

En fait, c'est à l'origine une chanson évoquant simplement le printemps et l'amour (particulièrement un chagrin d'amour, dans la dernière strophe).

La chanson fut ensuite interprétée comme une nostalgie de ce qu'aurait pu être cette révolution...

Le texte suffisamment imprécis parle d'une "plaie ouverte", d'un "souvenir que je garde au cœur", de "cerises d'amour [...] tombant [...] en gouttes de sang". Ces mots peuvent aussi bien évoquer une révolution qui a échoué qu'un amour perdu. 

 

Cette révolution a suscité aussi un espoir immense de fraternité, de bonheur, un monde tel que le rêve Léo Ferré dans sa chanson L'âge d'or... chanson bien postérieure à la Commune, évidemment.

On connaît moins cette chanson : Quand viendra-t-elle ?, une chanson d'Eugène Pottier écrite en 1870 : La personne semble attendre un grand changement, sous couvert de romance, on est bien dans la critique sociale.

"J'attends une belle,
Une belle enfant,
J'appelle, j'appelle,
J'en parle au passant.
Ah! je l'attends, je l'attends!
L'attendrai-je encor longtemps?
 
J'appelle, j'appelle,
J'en parle au passant.
Que suis-je sans elle?
Un agonisant.
Ah! je l'attends, je l'attends!
L'attendrai-je encor longtemps?
 
Que suis-je sans elle?
Un agonisant.
Je vais sans semelle,
Sans rien sous la dent..
Ah! je l'attends, je l'attends!
L'attendrai-je encor longtemps?"

 

Marc Simon évoque ensuite une figure importante de la Commune : Louise Michel.
 

Cette institutrice s'est engagée dans la Commune de Paris, autant en première ligne qu'en soutien. Capturée en mai, elle est déportée en Nouvelle-Calédonie où elle se convertit à la pensée anarchiste. Elle revient en France en 1880, et, très populaire, multiplie les manifestations et réunions en faveur des prolétaires.

Elle reste surveillée par la police et est emprisonnée à plusieurs reprises, mais poursuit son militantisme politique dans toute la France, jusqu'à sa mort à l'âge de 74 ans.

 

Chantée par les poètes, notamment Victor Hugo (Viro Major), Louise Michel elle-même n'a cessé d'écrire des poèmes sa vie durant. Un volume  intitulé A travers la vie et la mort- le plus complet qui soit retraçant son œuvre poétique - rassemble cent deux poèmes, dont ceux du seul recueil publié de son vivant, À travers la vie, d'autres retrouvés dans des revues oubliées, et enfin des inédits. Des années de jeunesse empreintes de romantisme à l'exil en Nouvelle-Calédonie, l'œuvre poétique de Louise Michel retrace la trame de toute une vie, les luttes révolutionnaires et, au-dessus de tout, la Commune. Chaque grand événement qui l'a fait vibrer trouve ici sa résonance lyrique.

Marc Simon chante alors cette magnifique poésie de Louise Michel qu'il a mise en musique :

 

"Sous les flots

Au fond lointain des mers sont des forêts mouvantes;
Des poissons ont leurs nids, ainsi que les oiseaux.
Dans d'étranges massifs dont les fleurs sont vivantes
Autour errent légers les colibris des eaux.
Des monstres inconnus sous les flots vont s'ébattre,
Et la méduse bleue, et le poulpe blanchâtre
          Errent à travers les rameaux.

Quand sur la mer paisible, on voit flotter les ombres
Des mornes vers le soir, de petits point brillants
S'étoilent en dansant dans les espaces sombres;
Comme on voit dans les bois briller les vers luisants
Où parfois réunis, formant un disque intense,
Ils voguent lentement, pareils dans l'onde immense,
          A des soleils étincelants.

 

La mer se retirant a laissé sur la grève
Un peu de son écume et des varechs flottants,
Et des êtres pareils à des formes de rêve,
Et l'on n'entend plus rien au loin que les brisants
C'est la paix du désert, la grande paix sauvage,
Que les flots gris du sable et les flots de la plage
Conservent dans leurs plis mouvants."

                                            Le livre du bagne (1873-1880)

 

Pour clore la séance, Marc Simon interprète une chanson de Léo Ferré bien dans l'esprit de la Commune : Graine d'ananar...

 

Merci à Marc Simon pour ce joli moment de convivialité, de musique, d'histoire, de culture autour des Chansons de la Commune.
 

 

.

 

https://parislightsup.com/2021/02/10/les-plus-belles-chansons-de-la-commune-de-paris/

 

 

 

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5 novembre 2021 5 05 /11 /novembre /2021 09:42
Vive la nostalgie !

 

Dans une société libérale tournée vers le profit, la rentabilité, l'immédiateté, le bonheur de l'instant, la nostalgie n'a plus sa place...

 

Il faut être tourné vers l'avenir ! C'est le credo de notre époque.

Il faut profiter de tous les progrès qui nous sont accessibles : le smartphone, la montre connectée, les écrans de toutes sortes...

 

Ainsi, la mélancolie, la nostalgie ne sont plus à l'honneur.

C'est même être réactionnaire et passéiste que d'être nostalgique...

Un certain Alain Finkielkraut en sait quelque chose...

 

La culture classique est jugée ringarde par certains, trop élitiste, trop difficile... Il faut vivre dans le présent, la modernité et oublier l'héritage qui nous vient du passé...

Mais quelle erreur !

C'est le passé qui nous construit et qui nous permet de mieux vivre le présent.

Nous avons tous besoin d'un ancrage, d'un bagage culturel, de souvenirs.

Comme l'écrit Jean-Paul Brighelli, "adhérer à la nostalgie, au regret, à la mélancolie, c'est critiquer la pensée vivifiante de notre souverain d'aujourd'hui..."

"Les grandes époques dictatoriales ne supportent pas que la littérature glorifie autre chose que le présent..." On perçoit bien le danger de ce culte voué au présent.

 

"Il faut vivre avec son temps", dit-on souvent. Certes, mais on ne peut oublier que nous sommes tous influencés par ceux qui nous ont précédés, à qui nous sommes redevables : nos parents, nos grands-parents, notre famille, nos ancêtres...

Tous les apprentissages sont fondés sur une culture antérieure.

C'est cette culture qui nous nourrit. Il est important de vénérer le passé.

Comme l'écrit Michel Onfray, dans son ouvrage L'art d'être Français : "Notre époque ne permet plus d'être rabelaisien, cartésien, voltairien, de pratiquer le marivaudage, et de se réclamer de l'idéal de Victor Hugo. Ce qui faisait notre civilisation n'est plus défendable, sauf à passer pour un conservateur, voire un réactionnaire, quand ce n'est pas pis : un vichyste, un pétainiste visant à réactiver l'atmosphère nauséabonde des heures les plus sombres de notre histoire..."

 

Nous sommes tous en quête de bonheur, mais le bonheur est fait aussi de souvenirs, de lectures, d'expériences, d 'apprentissages divers.

La nostalgie fait partie de la condition humaine, elle nous aide aussi à mieux vivre le présent.

 

Soyons mélancoliques ! Soyons nostalgiques ! Refusons la culture de l'immédiateté et de l'instant !

 

 

 

 

Source : un article de Jean-Paul Brighelli paru dans Marianne, La nostalgie est à tes trousses.

 

Vive la nostalgie !
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22 octobre 2021 5 22 /10 /octobre /2021 11:15
Brassens, la Chanson pour l'Auvergnat : un magnifique hymne à la générosité...

 

"Cent ans. C’est l’âge qu’aurait eu George Brassens ce 22 octobre 2021. Une pluie d’hommages et de célébrations ont lieu à cette occasion. Ils célèbrent un auteur-compositeur exigeant et perfectionniste. Poète, chanteur, Georges Brassens est l’auteur de nombreux textes qui font la fierté de la chanson française comme Le Gorille, Les copains d’abord ou la Chanson pour l’Auvergnat."

 

Une des chansons les plus connues de Brassens, c'est bien sûr La chanson pour l'Auvergnat, une chanson qui célèbre l'humanisme, la générosité de gens simples et modestes.

"Elle est à toi cette chanson
Toi l’Auvergnat qui sans façon
M’as donné quatre bouts de bois
Quand dans ma vie il faisait froid..."

 

Le tutoiement adressé à l'Auvergnat restitue, dès le premier vers, une familiarité, une complicité, une tendresse évidentes. Et tout naturellement, Brassens, le poète musicien, lui dédie une chanson.

La générosité consiste à donner l'essentiel de ce qui manque à autrui : "quatre bouts de bois", un cadeau de peu de prix mais essentiel quand on a froid. 

 

Le pronom "toi" réitéré, à valeur d'insistance, insiste bien sur la singularité du comportement de l'Auvergnat, en opposition avec le pluriel "Les croquantes et les croquants Tous les gens bien intentionnés".

On peut noter l'ironie de cette expression et le contraste avec la violence du verbe qui suit : "M’avaient fermé la porte au nez"

Ainsi, Brassens dénonce et fustige aussi l'égoïsme, l'indifférence généralisée à la souffrance de l'autre.

 

Et le poète qui reçoit ce cadeau, du bois pour se chauffer, éprouve une reconnaissance éternelle, ce qui est merveilleusement suggéré dans les vers suivants :


"Ce n’était rien qu’un feu de bois
Mais il m’avait chauffé le corps
Et dans mon âme il brûle encore
A la manièr’ d’un feu de joie"

"Le feu de bois" devenu "feu de joie" restitue bien la gratitude du poète.

 

Cette gratitude se prolonge même avec la prière qui suit :


"Toi l’Auvergnat quand tu mourras
Quand le croqu’mort t’emportera
Qu’il te conduise à travers ciel
Au père éternel"

 

Le texte écrit sous la forme d'une fable répétitive célèbre encore une hôtesse, un étranger qui savent faire preuve de bonté :

"Elle est à toi cette chanson
Toi l’hôtesse qui sans façon
M’as donné quatre bouts de pain
Quand dans ma vie il faisait faim
Toi qui m’ouvris ta huche quand
Les croquantes et les croquants
Tous les gens bien intentionnés
S’amusaient à me voir jeûner"

"Elle est à toi cette chanson
Toi l’étranger qui sans façon
D’un air malheureux m’as souri
Lorsque les gendarmes m’ont pris
Toi qui n’as pas applaudi quand
Les croquantes et les croquants
Tous les gens bien intentionnés
Riaient de me voir emmener
Ce n’était rien qu’un peu de miel

Mais il m’avait chauffé le corps
Et dans mon âme il brûle encore
A la manièr’ d’un grand soleil"

 

Du "pain", un simple "sourire" suffisent à redonner du bonheur et du courage...

 

Merveilleuse chanson pétrie d'humanisme, de bienveillance ! à l'image de son auteur, l'ami Georges... Une belle leçon de simplicité et d'humanité !

 

Pour mémoire :

" Chanson pour l’Auvergnat est  l'un des hymnes de Georges Brassens composé dans les premières années de son succès : une histoire de générosité qui raconte un peu du passé de Brassens. Qui est cet Auvergnat, le héros de l'histoire ? Durant l’hiver de 1954, un grand froid s’abat sur la France, l’Abbé Pierre appelle à la solidarité dans le pays. Georges Brassens est touché par la situation. Après avoir fui les Allemands et le travail obligatoire, il avait été recueilli en 1944 dans une impasse du 14ème arrondissement de Paris par un couple d’Auvergnats de Seine-et-Marne : Marcel et Jeanne ont accueilli Georges quand il était sans domicile.

Dans la chanson, c’est donc à ceux qui l’ont recueilli qu’il fait référence quand il évoque l’Auvergnat qui lui a "donné quatre bouts de bois quand, dans ma vie, il faisait froid" et l’hôtesse qui lui a donné "quatre bouts de pain quand dans ma vie, il faisait faim". Il décide de composer cette chanson comme une valse, une écriture musicale qu’il adoptera à nouveau dans le reste de sa carrière. La valse de l’Auvergnat a également été reprise en plusieurs langues comme l’hébreu ou l’espagnol, elle a quasiment fait le tour du monde, transportant sa petite histoire secrète, emblème de Brassens et symbole de son humanisme."

 

D'autres chansons inoubliables de Brassens :

 

http://rosemar.over-blog.com/2021/01/les-sabots-d-helene-etaient-tout-crottes.html

 

http://rosemar.over-blog.com/2020/09/un-vingt-deux-septembre-au-diable-vous-partites.html

 

http://rosemar.over-blog.com/article-a-l-encontre-du-vieil-homere-123645631.html

 

http://rosemar.over-blog.com/article-georges-brassens-ou-l-amour-de-la-vie-113387869.html

 

http://rosemar.over-blog.com/2017/02/a-la-chasse-aux-papillons-avec-brassens.html

 

http://rosemar.over-blog.com/2021/03/honneur-aux-femmes-jeanne-la-jeanne-brassens.html

 

http://rosemar.over-blog.com/2016/04/dans-cette-histoire-de-faussaire.html

 

http://rosemar.over-blog.com/article-il-porte-un-joli-nom-saturne-123508345.html

 

http://rosemar.over-blog.com/2016/06/c-est-la-rancon-de-penelope.html

 

http://rosemar.over-blog.com/2016/04/un-p-tit-coin-d-parapluie.html

 

http://rosemar.over-blog.com/2016/07/regardez-les-danser-dans-les-feux-de-l-aurore.html

 

http://rosemar.over-blog.com/article-gastibelza-ou-l-amour-fou-112548759.html

 

http://rosemar.over-blog.com/2017/02/dans-l-eau-de-la-claire-fontaine-elle-se-baignait-toute-nue.html

 

http://rosemar.over-blog.com/article-l-amour-a-bien-des-mysteres-112962529.html

 

http://rosemar.over-blog.com/article-ballade-au-moyen-age-111817395.html

 

 

 

 

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15 octobre 2021 5 15 /10 /octobre /2021 12:40
Les baby-boomers : une génération de privilégiés, vraiment ?

 

Les baby-boomers, des chanceux, gâtés par l'histoire : c'est l'image que l'on donne souvent des baby-boomers. Une génération gâtée par la vie entre paix et prospérité...

On les accuse même d'avoir profité de la vie de manière égoïste et de laisser aux jeunes une planète dégradée...

Des fées se seraient penchées sur leur berceau ! Mais la réalité est bien différente...

 

Il ne faut pas oublier ce qu'était le niveau de vie après la guerre : les enfants et les adolescents nés dans les années 50 et 60 ont vécu dans des appartements ou des maisons inconfortables.

Dans beaucoup de foyers, pas de chauffage central : on chauffait seulement la cuisine avec un poêle à bois ou à charbon...

Dans nombre de foyers, pas de salle de bain, on se lavait dans la cuisine au robinet, avec une bassine...

Dans beaucoup de logements, pas de toilette, pas de WC : on faisait ses besoins dans une tinette...

 

Dans ces conditions précaires, les hivers étaient froids. On pouvait utiliser des "briques", chauffées sur une cuisinière, que l'on disposait ensuite sous les draps afin d'apporter un peu de chaleur dans les lits et les chambres.

Le niveau de santé était aussi bien moindre après la guerre... le taux de mortalité était beaucoup plus élevé qu'il ne l'est aujourd'hui. L'hygiène était précaire.

Ce sont des réalités dont on parle peu : il est important que les nouvelles générations prennent conscience de ces difficultés.

 

Les enfants de cette période n'étaient pas gâtés comme les enfants d'aujourd'hui : un seul jouet, un seul cadeau à Noël...

 

Les loisirs étaient rares : la télévision était encore peu répandue, et bien sûr, l'ordinateur, les portables n'étaient pas encore inventés.

 

Il est vrai que le problème du chômage des jeunes n'existait pas : aujourd'hui, sans qualification, difficile de trouver un emploi.

Mais si on fait un bilan, on constate que les enfants, les adolescents ont aujourd'hui une vie plus confortable, plus libre que les baby-boomers.

Avec l'avènement de l'enfant-roi, les jeunes occupent une situation privilégiée dans nos sociétés : ils disposent de nombreux loisirs, ils sont choyés comme jamais.

Leurs parents et grands-parents les aident aussi financièrement dans leurs études supérieures.

 

 

 

 

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