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2 septembre 2016 5 02 /09 /septembre /2016 12:47
Fouilles à Nîmes, près du rempart romain...

 

 

 

Cette année, encore, des fouilles se sont poursuivies, au mois d'août, près de l'enceinte de la ville romaine, à Nîmes : deux nouvelles tours viennent d'être dégagées, au milieu et en bas de la muraille, sur la colline Montaury.

Depuis la route, on peut voir, près du rempart, la base de la tour du bas, en arc de cercle qui devait compléter la défense de la ville antique.

Tout autour, on peut découvrir le travail de terrassement des pelleteuses, des éboulis de pierres, la terre remuée.

Cette nouvelle campagne de fouilles permettra, sans doute, de mettre à jour, près de ces vestiges romains, des objets, des vases, grâce auxquels on pourra reconstituer une partie du passé romain de la ville de Nïmes.


J'ai eu, encore, cette année, le bonheur et le privilège de m'aventurer sur ce chantier de fouilles, de prendre quelques photos, de voir l'ampleur des travaux, et même de discuter avec les étudiants qui travaillent sur le site... des étudiants en archéologie venus de diverses régions de France :  Strasbourg,  Montpellier, Nîmes...

Il est éprouvant pour eux de travailler, en plein été, sous un soleil de plomb... il faut remuer des pierres, les déplacer, enlever des souches d'arbre qui entravent la progression des fouilles, faire des relevés précis et détaillés.

Curieusement, en découvrant le chantier de fouilles, on a l'impression d'entrer dans un sanctuaire, un lieu sacré, on a l'impression de franchir le mur du temps, de visiter un autre monde si lointain, si mystérieux...

De ces vieilles pierres se dégage une incroyable poésie... un bond de 2000 ans dans le passé ! On imagine ce que pouvait représenter ce rempart qui mesurait 6 kilomètres, à l'époque d'Auguste.

A proximité des tours, se dresse cet antique rempart romain qui déroule un chaos de pierres, aux teintes et aux formes variées. Des pins avaient envahi la colline Montaury, on les a sacrifiés, pour retrouver les vestiges de ces monuments.

Si, à l'extérieur, on voit des pierres irrégulières, l'intérieur des bâtiments révèle un appareil très régulier et des alignements méticuleux.

Comment ne pas être ému par ces vestiges qui remontent, sans doute, au premier siècle avant J C ? Comment ne pas admirer le talent et la maîtrise technique mise en oeuvre dans cette architecture ?

Les romains étaient passés maîtres dans l'art de la construction de ponts, de murs d'enceinte, de temples.

Ce qui est étonnant, c'est que ces tours sont, désormais, coincées entre des bâtiments récents, d'un côté des immeubles, de l'autre, des maisons individuelles.

Ainsi, se mêlent le passé et le présent, l'antiquité et la modernité.

On connaît, bien sûr, les grands monuments de la ville de Nîmes : la Maison carrée, les Arènes, le temple de Diane intégré dans les Jardins de la Fontaine...

Mais, ces tours de défense ou d'ornement nous étonnent par leur magnificence : c'est, encore, une nouvelle découverte qui permettra d'avancer dans la connaissance de l'antiquité...


On pourra, bientôt, disposer d'un compte-rendu plus détaillé de cette campagne de fouilles...


A suivre...


Un article sur ces fouilles :

http://www.objectifgard.com/2016/08/24/nimes-rempart-augusteen-plus-original-monde-romain/


Un article sur l'enceinte augustéenne de Nîmes :

http://www.nemausensis.com/Nimes/remparts/FouillesRemparts.html


     
Photos et vidéos : rosemar

Une souche près de la tour du bas...

Une souche près de la tour du bas...

Un dallage de pierres près de la tour située en bas des remparts...

Un dallage de pierres près de la tour située en bas des remparts...

La tour dégagée en bas des remparts...

La tour dégagée en bas des remparts...

Le mur intérieur de la tour

Le mur intérieur de la tour

La tour vue de l'extérieur

La tour vue de l'extérieur

Une grosse pierre taillée

Une grosse pierre taillée

La tour du bas vue de l'extérieur...

La tour du bas vue de l'extérieur...

On voit bien, sur cette photo, l'épaisseur du mur de la tour...

On voit bien, sur cette photo, l'épaisseur du mur de la tour...

La tour au centre de la colline et des blocs de pierre...

La tour au centre de la colline et des blocs de pierre...

La tour au centre de la colline...

La tour au centre de la colline...

Le site...

Le site...

Fouilles à Nîmes, près du rempart romain...

Les archéologues s'activent pour fouiller la tour en bas des remparts...

Les fouilles au milieu de la colline : mise à jour de la tour centrale...

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25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 12:26
Léo, le voleur de nuages...

 

 

 

 

Regarder les nuages ! En percevoir les nuances, les éclats dorés, les teintes variées, c'était, là, le bonheur de Léo : il passait des heures à observer la voûte céleste pour en capter toutes les formes, tous les embruns...

 

Des nuages ondoyants, vaporeux, d'autres compacts, aux contours lumineux, des nuages irisés de roses, des nuages traversés de rayons solaires, d'autres rougeoyants ou dorés... 

 

Léo rêvait de capturer les nuages : il commença par les photographier, en faire une collection d'images, et plus il collectionnait des images, plus il voulait les posséder.

 

Un jour, alors que Léo venait d'avoir 14 ans, il rencontra un magicien doté de pouvoirs extraordinaires... il espérait, ainsi, pouvoir réaliser son rêve : capturer les nuages, toucher du doigt leur douceur, percer leurs mystères...

 

Il demanda au mage s'il était possible de s'emparer de ce trésor qui paraissait inaccessible au commun des mortels.

 

Le magicien lui donna le moyen de réaliser son rêve, mais il le mit en garde : "l'être humain doit rester dans son rôle, il ne peut outrepasser ses droits"... capturer trois ou quatre nuages, c'était possible, mais pas plus...

Le mage confia à Léo une formule secrète pour attirer les nuages sur terre.

Une formule remplie d'échos sonores que Léo s'empressa de retenir....

 

Léo partit, alors, à la conquête des nuages : au soleil couchant, il s'empara d'un nuage doré, un des plus beaux nuages qu'il eût jamais vu, le nuage lui obéit, descendit sur le sol du jardin de Léo, mais aussitôt, il perdit ses couleurs de pourpre et d'or...

 

Léo était déçu : un nuage sans couleur, un nuage blanc grisé gisait à ses pieds et il avait perdu toute sa magnificence.

 

Le garçon voulut tenter une autre expérience : au petit matin, il aperçut des petits nuages d'un rose tendre, il décida de les accumuler dans son jardin.

 

Mais quelle ne fut pas sa déception, quand les nuages atterrirent sur le sol ! Ils étaient devenus gris et maussades, ils avaient perdu toutes leurs teintes adoucies par le soleil levant...

 

Pourtant, Léo ne se découragea pas : un jour de pluie, il vit un de ces nuages chargés d'averses, lourd, menaçant, il le fit descendre près de lui, mais, aussitôt, le nuage déversa un flot impétueux sur les fleurs du jardin qui périrent sous ce torrent d'eau.

 

Léo commença à douter : les nuages n'avaient apparemment pas leur place sur la terre, à même le sol... les nuages étaient faits pour régner dans le ciel, pour être caressés par les rayons du soleil, pour susciter la curiosité, le rêve et l'imagination des enfants...

 

Les nuages étaient merveilleux, justement parce qu'ils étaient inaccessibles et lointains...

 

Les nuages devaient rester à leur place, et les êtres humains ne devaient pas perturber l'ordre du monde et de la nature.

 

Léo comprit, alors, que la beauté des nuages leur venait de leur environnement, de leur place dans le ciel, du soleil qui les magnifiait...

 

Dès lors, Léo se contenta d'observer les nuages, de garder en mémoire leurs formes, leurs couleurs douces ou éclatantes.

 

Il continua à les admirer de loin, et il commença à les dessiner : il fit de somptueux tableaux, aux couleurs de nuages, il devint peintre des nuées et acquit une renommée si grande que tout le monde se mit à l'appeler : "Léo, le voleur de nuages..."

 

 

 

 

 

 

 

Léo, le voleur de nuages...
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28 avril 2016 4 28 /04 /avril /2016 12:16
Sous le signe de Cléopâtre...

 

 

 

 

Deux journées consacrées à Cléopâtre : ce fut l'occasion d'évoquer ce personnage mythique qui a inspiré tant de légendes, de tableaux, d'oeuvres cinématographiques.

 

La ville de Nîmes a, ainsi, pendant deux jours, rendu hommage à la reine la plus célèbre de l'antiquité...

 

Des jeux romains ont été reconstitués dans le cadre somptueux des Arènes de la cité :  exercices équestres, courses de chevaux, chars de combats et gladiateurs, évocation de la bataille navale d'Actium, où s'affrontèrent la marine d'Octave et celle de Marc Antoine et Cléopâtre.

 

Cléopâtre ! Ce seul nom suscite le rêve ! Un personnage entouré de mystères, au destin d'exception, un personnage fascinant qui attise encore tant de curiosités....

 

Cléopâtre, reine d'Egypte a été maintes fois représentée et mise en scène, Cléopâtre la séductrice, à la beauté divine fut, aussi, un esprit cultivé et brillant.

 

Une femme moderne, libre, une reine magnifiée par la légende...

 

Elle qui séduisit César, Marc Antoine, elle qui était issue d'une famille d'origine grecque, Cléopâtre a laissé son empreinte sur l'histoire du monde et de l'Egypte.

 

Elle fit trembler Rome, elle fut l'ennemie exécrée des romains : on se souvient de l'ode du poète Horace, sur la mort de Cléopâtre, "Nunc est bibendum, Maintenant, il faut boire"... il faut boire pour célébrer la victoire d'Actium, se réjouir de la mort de la reine, mais il faut, aussi, célébrer, admirer son courage, sa détermination, sa volonté d'échapper à son vainqueur...

Cette ode est, malgré tout, une façon de rendre hommage à la reine d'Egypte...

 

A Nîmes, les deux journées consacrées à cette héroïne de l'antiquité ont permis aux enfants et aux adultes de découvrir cette reine à travers différentes représentations depuis l'antiquité jusqu'à nos jours : bas reliefs, sculptures, tableaux, films, bande dessinée...

 

Les enfants ont été conviés, dans le jardin de la ville, à des activités ludiques : confection de masques de Cléopâtre, jeux de construction de pyramides, découverte de l'archéologie, grâce à des simulations de fouilles, initiation à des jeux antiques, spectacle de théâtre improvisé, mettant en scène Cléopâtre et des protagonistes célèbres de cette époque...

 

Un stand était, aussi, consacré à la médecine égyptienne qui utilisait des végétaux, ail, oignon, pavot, orge, mais aussi, des excréments de lézards, de crocodiles...

 

Sur les visages des enfants, on pouvait lire curiosité, étonnement, bonheurs des découvertes...

 

Des enfants et des adolescents ont pris plaisir à  revêtir des toges antiques, des tuniques, des pagnes, de robes longues plissées et évasées, pour se fondre dans l'atmosphère de l'époque.

 

Ces deux journées ont permis à chacun de redécouvrir Cléopâtre, ce personnage devenu mythique, qui suscite encore de nos jours la curiosité et le rêve...

 

Pour mieux connaître Cléopâtre : une biographie...

 

 

http://www.larousse.fr/encyclopedie/groupe-homonymes/Cl%C3%A9op%C3%A2tre/113829

 

Le poème d'Horace :

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Nunc_est_bibendum

 

http://www.espace-horace.org/iter2/ode_I_37.htm

 

Le programme de ces journées :

 

http://arenes-nimes.com/fr/grands-jeux-romains-cleopatre

 

 

Photo : en haut de l'article : représentation de Cléopâtre sur le temple d'Isis à Philae

 

Photos : rosemar

 

Sous le signe de Cléopâtre...
Sculpture égyptienne

Sculpture égyptienne

Sculpture romaine du 1er siècle av J C

Sculpture romaine du 1er siècle av J C

Sculpture en marbre 1er siècle av J C

Sculpture en marbre 1er siècle av J C

Sculpture romaine

Sculpture romaine

Cléopâtre : un dessin de Michel-Ange

Cléopâtre : un dessin de Michel-Ange

Charles Natoire : Arrivée de Cléopâtre à Tarse 1756

Charles Natoire : Arrivée de Cléopâtre à Tarse 1756

La mort de Cléopâtre   Girolamo Marchesi

La mort de Cléopâtre Girolamo Marchesi

Cléopâtre devant César de Jean Léon Gérôme

Cléopâtre devant César de Jean Léon Gérôme

Sous le signe de Cléopâtre...
Cléopâtre dans la BD Astérix et Cléopâtre   Uderzo

Cléopâtre dans la BD Astérix et Cléopâtre Uderzo

Sous le signe de Cléopâtre...

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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 17:37
Un de ces miroirs était une psyché à l'antique...

 

 


Il est des pays où l'on peut croire encore en la magie, où règnent encore des croyances anciennes, où l'on peut être ébloui par des miroirs magiques...

Un de ces miroirs était une psyché à l'antique, avec son support de bois ouvragé, il avait une particularité étonnante, car il reflétait l'âme de ceux qui s'y contemplaient : à une belle âme, le miroir renvoyait un beau visage, empreint d'harmonie. A une âme pervertie, il était donné de voir un visage infâme, couvert de plaies et de bosses.

Ainsi, le miroir était comme le révélateur de l'âme de chacun : il parvenait à percer le mystère des âmes les plus sombres.

Un seigneur des environs, nommé Langolfe, passant par là, ayant entendu parler de ce trésor, voulut s'emparer du miroir, afin de percer les secrets de tous ceux qu'il côtoyait...

Il convoitait l'objet et décida de le voler, et comme le miroir n'était pas surveillé, il parvint facilement à le dérober.

Il fit, ensuite, défiler chacun de ses voisins et amis devant le miroir magique : il découvrit, ainsi, toute la noirceur humaine, la méchanceté, la bêtise, la veulerie de ceux qui l'entouraient.

Il fit, aussi, l'expérience de la bonté, de la délicatesse et de l'amabilité pleine de tendresse de certains.

Il eut bien des surprises, car de vils courtisans se cachaient sous des apparences trompeuses, et le miroir dévoilait leur duplicité : des visages déformés, hideux apparaissaient dans la lucarne de la psyché.

Par ailleurs, des gens qui lui avaient paru antipathiques et lointains révélaient des visages pleins de bonhommie et de charmes.

Ainsi, il tria le bon grain de l'ivraie, il n'accepta dans son cercle d'amis que les gens dont le miroir renvoyait une image sympathique et accueillante.

Il se fit bien des ennemis, car ceux qui avaient été écartés lui vouaient, dès lors, une haine farouche. Certains rêvaient, déjà, de lui dérober le miroir magique.

Le seigneur Langolfe prit des précautions infinies, afin de protéger son miroir d'une quelconque avidité. Il posta des gardes devant la chambre où était enfermé le miroir, il leur imposa de veiller sur ce trésor, pendant de longues nuits, il les menaçait de mort, si l'objet était dérobé.

Une nuit, une tentative d'effraction se produisit : un rôdeur essaya de pénétrer dans la chambre, il avait réussi à assommer un des gardes, tandis que l'autre s'était absenté pour un besoin pressant...

Mais, par miracle, le garde revint à son poste, pour faire fuir le voleur et empêcher le vol de l'objet précieux.

Quand il apprit cet incident, le seigneur Langolfe entra dans une colère noire contre ces gardes qui avaient presque failli à leur mission... Il décida, même, de les punir, l'un pour avoir été assommé si facilement et l'autre pour s'être absenté au mauvais moment.

Le châtiment fut terrible : des coups de fouet leur furent infligés, si violemment qu'ils en gardèrent des cicatrices pendant une année entière.

Mais le miroir avait fait son oeuvre : le seigneur Langolfe eut la malencontreuse idée de regarder son image dans le miroir : il y vit un monstre aux traits déformés, hideux, il y vit la colère, la méchanceté, la jalousie, la haine !

Pris à son propre piège, le seigneur Langolfe comprit, alors la leçon : il était allé trop loin dans son désir de possession du miroir, il s'était perdu lui-même, avait rêvé d'une sorte de pouvoir absolu que lui conférait cet objet...

Il revint, alors, à des moeurs plus pacifiques, il fit amende honorable, demanda pardon aux deux gardes et se jura de se montrer, dorénavant, plus humble dans son comportement.


 

Illustrations : Tableaux de Berthe Morisot et de Jacques Emile Blanche

 

 

 

Un de ces miroirs était une psyché à l'antique...
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11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 10:39
Pour dénoncer l'ignominie de la guerre...

 

 

 

La guerre : voilà un mot aux sonorités évocatrices de toutes les horreurs qu'elle génère...Des gutturales pleines d'âpretés viennent souligner l'atrocité des conflits qui ont traversé l'histoire, et qui persistent encore, dans nombre de pays...

Gutturale initiale, gutturales "r" redoublée, ce mot décrit la dureté des combats, la cruauté des adversaires qui s'opposent...

Une des plus cruelles fut, sans doute, la guerre de 14, celle qu'on appela "la grande guerre", celle qui vit, pour la première fois, l'apparition d'armes terribles, les gaz de combat qui annihilaient les soldats, infectaient, brûlaient et anéantissaient leurs poumons...

Une guerre qui a fait des millions de morts, des millions de mutilés, des millions de victimes, des jeunes gens, souvent...

Une guerre qu'on ne peut et qu'on ne doit pas oublier : nos grands parents ont connu cette guerre tragique, ils ont combattu dans les tranchées.
Une guerre dévastatrice, une guerre ignoble par toutes les atrocités et les destructions commises.

Une guerre dénoncée par de grands écrivains : on se souvient des pages écrites par Barbusse, Céline, Giono, des pages qui dénoncent un monde inhumain, où l'homme est transformé en girouette, en objet, et devient une marionnette...

Barbusse, dans Le Feu, met en évidence le désarroi des soldats face à des armes destructrices qui semblent s'animer, les objets personnifiés deviennent autonomes, et l'homme se trouve réduit à néant...


"Il y a quatre nuits qu’ils ont été tués ensemble... Nous étions de patrouille... Vers minuit, on est sorti de la tranchée, et on a rampé sur la descente, en ligne, à trois ou quatre pas les uns des autres et on est descendu ainsi très bas dans le ravin, jusqu’à voir, gisant devant nos yeux, le talus international. Des balles sifflaient autour de nous, mais elles nous ignoraient, ne nous cherchaient pas... L’un de nous s’est retourné, en bloc et son fourreau de baïonnette a sonné contre une pierre. Aussitôt une fusée a jailli en rugissant du boyau international. Alors une mitrailleuse placée de l’autre côté du ravin a balayé la zone où nous étions... J’ai vu quatre cadavres... Chacun d’eux contenait plusieurs blessures à côté l’une de l’autre, les trous des balles distants de quelques centimètres... Barque et Biquet sont troués au ventre, Eudoxe à la gorge... Lamuse a eu l’épaule droite hachée par plusieurs balles et le bras ne tient plus que par des lanières d’étoffe de la manche et des ficelles qu’on y a mises... Un nuage de pestilence commence à se balancer sur les restes de ces créatures avec lesquelles on a si étroitement vécu, si longtemps souffert."



Dans un extrait de son oeuvre, Le grand troupeau, Giono oppose, quant à lui, une nature bienveillante aux destructions de la guerre et la nature elle-même subit les affres des tourments de la guerre...


"Le jour est venu tout d'un coup. Le mont Kemmel fume de tous côtés comme une charbonnière. On est le long d'une route de saules : des saules déjà touchés de printemps ; des bourgeons de belle amitié qui s'ouvrent.
Les balles claquent dans les branches ; la peau d'herbe est toute blessée. L'étang doucement s'en va, on le voit s'en aller dans les trous et puis s'enfoncer dans la terre.
Des vols d'obus passent, s'abattent, sautent, arrachent des branches, rugissent sous la terre, se vautrent dans la boue, puis tournent comme des toupies et restent là. On creuse à la pelle de trou à trou. On a tout le temps dans les jambes cet étang qui veut s'en aller, et qui coule tantôt d'ici, tantôt de là, sans savoir. On le repousse, on le frappe, il revient, il geint. On le frappe à coups de pelle. Un obus se plante là tout près. On se couche sur l'étang et, tout de suite, il se met à lécher l'homme tout du long, des genoux à la figure avec sa langue froide.
Là-haut à trois cents mètres, on voit un moulin. Un peu à gauche, un petit tas de pierres. C'était un pigeonnier."



Dans le Voyage au bout de la nuit, Céline stigmatise, aussi, l'inhumanité de la guerre, la rage des hommes, quand ils se livrent des combats sans pitié.


"Le vent s'était levé, brutal, de chaque côté des talus, les peupliers mêlaient leurs rafales de feuilles aux petits bruits secs qui venaient de là-bas sur nous. Ces soldats inconnus nous rataient sans cesse, mais tout en nous entourant de mille morts, on s'en trouvait comme habillés. Je n'osais plus remuer.
Ce colonel c'était donc un monstre ! A présent, j'en étais assuré, pire qu'un chien, il n'imaginait pas son trépas ! Je conçus en même temps qu'il devait y en avoir beaucoup des comme lui dans notre armée, des braves, et puis tout autant sans doute dans l'armée d'en face. Qui savait combien ? Un, deux, plusieurs millions peut-être en tout ? Dés lors ma frousse devint panique. Avec des êtres semblables, cette imbécillité infernale pouvait continuer indéfiniment ...Pourquoi s'arrêteraient-ils ? Jamais, je n'avais senti plus implacable la sentence des hommes et des choses.
Serais-je donc le seul lâche sur la terre ? Pensais-je. Et avec quel effroi !...Perdu parmi deux millions de fous héroïques et déchaînés et armés jusqu'aux cheveux ? Avec casques, sans casques, sans chevaux, sur motos, hurlants, en auto, sifflants, tirailleurs, comploteurs, volants, à genoux, creusant, se défilant, caracolant dans les sentiers, pétaradant, enfermés sur la terre comme dans un cabanon, pour y tout détruire, Allemagne, France et Continents, tout ce qui respire, détruire, plus enragés que les chiens, adorant leur rage ( ce que les chiens ne font pas ), cent, mille fois plus enragés que mille chiens et tellement plus vicieux ! Nous étions jolis ! Décidément, je le concevais, je m'étais embarqué dans une croisade apocalyptique."


Enfin, Giono montre les ravages de la guerre dans l'esprit humain, les séquelles qu'elle laisse, de manière irréversible...

"Je ne peux pas oublier la guerre. Je le voudrais. Je passe des fois deux jours ou trois sans y penser et brusquement, je la revois, je la sens, je l’entends, je la subis encore. Et j’ai peur.... Vingt ans ont passé. Et depuis vingt ans, malgré la vie, les douleurs et les bonheurs, je ne me suis pas lavé de la guerre. L’horreur de ces quatre ans est toujours en moi. Je porte la marque. Tous les survivants portent la marque. J’ai été soldat de deuxième classe dans l’infanterie pendant quatre ans, dans des régiments de montagnards. Avec M. V., qui était mon capitaine, nous sommes à peu prés les seuls survivants de la 6ème compagnie. Nous avons fait les Eparges, Verdun-Vaux, Noyons-Saint-Quentin, le Chemin des Dames, l’attaque de Pinon, Chevrillon, le Kemmel. La 6ème compagnie a été remplie cent fois et cent fois d’hommes. La 6ème compagnie était un petit récipient de la 27ème division comme un boisseau à blé. Quand le boisseau était vide d’hommes, enfin quand il n’en restait plus que quelques-uns au fond, comme des grains collés dans les rainures, on le remplissait de nouveau avec des hommes frais. On ainsi rempli la 6ème compagnie cent fois et cent fois d’hommes. Et cent fois on est allé la vider sous la meule. Nous sommes de tout ça les derniers vivants, V. et moi."


Tous ces témoignages, tous ces récits nous montrent l'ignominie de la guerre : que les hommes prennent conscience de ces abominations, que les nouvelles générations méditent ces messages, afin que ce mot terrible "la guerre" puisse, un jour, disparaître et s'effacer des réalités du monde...

La guerre est la plus grande défaite de l'homme, elle anéantit les corps, les âmes, les esprits, elle détruit l'humanisme, elle s'attaque souvent, aussi, à des victimes civiles innocentes et fragiles, des enfants, des femmes, des vieillards...


 
Autres articles sur ce sujet :


http://rosemar.over-blog.com/article-la-guerre-la-plus-grande-defaite-de-l-homme-124985982.html

http://rosemar.over-blog.com/article-a-l-encontre-du-vieil-homere-123645631.html

 

http://rosemar.over-blog.com/article-quand-des-enfants-meurent-124194067.html

Pour dénoncer l'ignominie de la guerre...
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12 octobre 2015 1 12 /10 /octobre /2015 12:59
Toute la beauté d'une statue grecque : l'Aurige de Delphes...

 

 

 

 

L'antiquité grecque nous a légué de nombreuses sculptures, en marbre ou en bronze, d'un réalisme étonnant... Une de ces oeuvres les plus connues est l'Aurige de Delphes, image d'un conducteur de char.

 

Ce terme "l'Aurige" suscite, d'abord, notre curiosité : venu du latin "auriga", le cocher, il est composé de deux éléments anciens : "aureae ou oreae", "la bride", et le verbe "ago, conduire"... Le mot "oreae" est, lui-même, issu du nom latin "os" qui désigne la bouche ou la gueule d'un animal, en l'occurrence, d'un cheval.

 

Ce nom mystérieux "l'Aurige", alterne une consonne gutturale "r", pleine de force, et une chuintante "g", empreinte de douceur... 

 

Et cette statue réunit bien ces deux aspects : une énergie qui semble indomptable, et une délicatesse infinie dans les traits du visage.


L'Aurige est, bien sûr, représenté debout, la stature bien droite et élancée révèle l'élégance et la jeunesse du personnage.

 La statue, grandeur nature, mesure 1,80 m de hauteur.

Le visage de l'Aurige, aux traits harmonieux, montre une détermination et une parfaite maîtrise de soi. Quelle pureté dans les traits ! Les yeux sombres et grands sont ourlés de cils, le profil grec est bien dessiné, le menton traduit toute la volonté de ce jeune cocher.

Les cheveux bouclés encadrent le visage, débordent sur les joues et le front en volutes harmonieuses. Un bandeau doré, aux motifs géométriques, enserre la tête de l'Aurige. L'oreille petite est entourée de mèches de cheveux frisés qui dépassent.

Le regard plein d'intensité traduit toute l'émotion du jeune homme avant une course de chars, sa volonté de l'emporter, de dominer l'adversaire ! La bouche, elle-même, ourlée, laisse entrevoir un léger sourire.

Le bronze patiné aux couleurs dorées confère encore plus de beauté à cette statue antique. Le cou robuste et vigoureux donne de la force à l'ensemble... L’Aurige incarne un éphèbe athlétique : de larges épaules témoignent de son énergie, on peut percevoir une volonté d'idéaliser la force virile d'un athlète qui concourt pour des jeux en l'honneur d'Apollon.

L'Aurige est revêtu d'une longue tunique plissée qui tombe jusqu'aux pieds, le bras droit tient les rênes du quadrige... La statue devait faire partie d'un ensemble plus vaste, comportant des chevaux, un char dont on a retrouvé quelques éléments dispersés.

Le visage de cet Aurige, à la beauté idéalisée, attire surtout les regards, plus que sa haute stature, un visage d'une douceur infinie qui recèle en même temps une grande énergie...

On est étonné par ce mélange de réalisme et d'idéalisation dans la représentation de ce jeune conducteur de char.

Comment ne pas tomber sous le charme de cet éphèbe aux traits déterminés, si pleins de fougue, d'élégance, de force ?

Cette statue en bronze fut peut-être commandée par Polyzalos, prince grec de Sicile, pour commémorer la victoire de son char aux Jeux Pythiques de 478 ou de 474 avant J.C. Une inscription, sur le socle, nous apprend que Polyzalos, tyran de Géla, pour fêter sa victoire, a consacré cette statue en l'honneur d'Apollon, dieu de Delphes...

 



L'article de wikipédia sur cette statue :
 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Aurige_de_Delphes

 

 

 

Toute la beauté d'une statue grecque : l'Aurige de Delphes...
Toute la beauté d'une statue grecque : l'Aurige de Delphes...
Toute la beauté d'une statue grecque : l'Aurige de Delphes...
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27 septembre 2015 7 27 /09 /septembre /2015 14:53
Le passé nous construit : à chacun son histoire...

 

 



Le monde moderne nous emporte dans un tourbillon de technologies et d'informations, sans cesse renouvelées. Nous sommes submergés par ce flot de technicité, par un trop plein d'actualités qui déferlent dans les médias.

Et pourtant, nous avons tous besoin d'être ancrés dans le passé, ce passé qui nous a construits, qui constitue notre histoire, celle de nos parents, de nos grands parents qui nous ont façonnés à leur image.

Nous sommes tous influencés par notre milieu social, familial, nous sommes pétris de souvenirs du passé.
Nous sommes, aussi, ce passé et nous lui sommes redevables : que serions nous sans nos parents, sans notre famille de coeur, que serions-nous, sans ce passé ?

Des fantômes sans âme, des êtres sans histoire, sans ancrage...

Ce passé nous a construits, nous a donné des bases : l'école, aussi, nous a appris beaucoup, elle nous a structurés, nous a donné des cadres de vie, une envie d'apprendre, de progresser.

Nos lectures nous ont enrichis, certains professeurs nous ont imprégnés de leur culture.
L'être humain est fait pour apprendre tous les jours, et ces apprentissages sont fondés, aussi, sur une culture antérieure.
Cette culture qui ouvre l'esprit et qui donne envie d'apprendre, encore...

Et ces découvertes incessantes sont l'occasion de s'enthousiasmer, de s'enrichir à nouveau : la culture nourrit la culture et permet ainsi de la développer.

Nous sommes tous constitués d'apprentissages divers : certains ont acquis des compétences manuelles, d'autres ont développé des connaissances diverses, en histoire, en littérature, en sciences...
Et chacun de nous est la somme de ces expériences accumulées.
Chacun peut exploiter ces expériences, l'être humain étant apte à emmagasiner toutes sortes de savoirs.

Ce sont ces savoirs qui font la richesse et l'essence de l'homme...
Ce sont ces savoirs qu'il faut préserver et c'est grâce à eux que l'homme progresse, va de l'avant et s'épanouit.

Il est donc important de vénérer le passé, de conserver le souvenir de ceux qui nous ont précédés et qui nous ont aidés à être ce que nous sommes.
Oui, le passé est essentiel, il nous sert de base et de tremplin pour aller plus loin...

Notre histoire, notre passé nous permettent, sans cesse, de mieux vivre le présent, de mieux le comprendre et l'assimiler.

Je suis redevable à mes parents de ce que je suis, avec des défauts et des qualités, ils m'ont transmis des valeurs, des idées, un certain humanisme, ils m'ont apporté ce qu'ils avaient, eux-mêmes, d'humanité, et même s'ils n'étaient pas des gens cultivés, ils m'ont montré l'importance du travail, du devoir accompli.

Ils ont su me montrer une façon de faire, d'agir, même s'ils n'ont pas toujours été exemplaires : qui peut l'être tout au long de sa vie ?

Ils constituent mon histoire, ils sont en moi et continuent, sans doute, à me façonner dans ma vie, dans mes idées.

Notre passé est notre essence, il est souvent un moteur, il donne envie d'évoluer.

Notre passé nous appartient, il fait partie de nos vies, il est essentiel.

 

 

 

 

Photos : rosemar

Le passé nous construit : à chacun son histoire...
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20 septembre 2015 7 20 /09 /septembre /2015 12:30
Fouilles romaines à Nîmes...

 

 

Dans le cadre des journées du patrimoine...


J'ai eu la chance et le privilège d'accéder, cet été, à un chantier de fouilles, près du rempart romain, à Nîmes : les fouilles se sont déroulées pendant tout le mois d'août, sur la colline Montaury, sous la direction de l'archéologue Richard Pellé.

L'accès était quelque peu difficile et abrupt, puisque le chantier se trouve au sommet de cette colline pentue...

Entrer sur un chantier de fouilles, c'est un peu comme pénétrer dans un sanctuaire, un lieu mystérieux et magique : on entrevoit des trésors de découvertes... la terre remuée, de tous côtés, laisse imaginer tout le travail entrepris par les archéologues, sur le site.

Ces fouilles ont permis de dégager les fondations et la base d'une tour de 11 mètres de diamètre, cette tour devait avoir une hauteur d'une dizaine de mètres, elle aurait été érigée entre 5 et 20 avant JC.

On peut admirer, au bas de l'édifice, des pierres taillées avec précision, en parfait état de conservation... on peut contempler, également, des blocs de pierres impressionnants qui ont été dégagés.

La tour, de forme oblongue, suscite la curiosité par ses dimensions, par son style, sa construction inhabituelle.

Les fouilles ont permis, aussi, de mettre à jour des monnaies romaines, deux as de Nîmes, des fragments de céramiques, une coupe cassée, un morceau de corniche en marbre.

Tout près des vestiges, le rempart romain, aux pierres inégales et cahotiques montre ses contours incertains, sa hauteur imposante.

Le cadre est somptueux, car si le terrain a été défriché pour le besoin des fouilles, tout autour, se dressent des pins, une végétation dense, et des senteurs de menthe sauvage nous accompagnent sur ces hauteurs, comme pour exalter la beauté du lieu...

Le mur romain lui-même, édifié en 16 avant JC, offre un décor rustique et sauvage à l'ensemble.

On imagine la majesté de cette tour, mise à jour sur une colline de Nîmes, surplombant la ville.
On imagine toute la puissance, toute la beauté de l'édifice.

Un squelette, sans crâne, a été trouvé, au centre de la tour : il daterait de l'époque chrétienne : qui est cet être enfoui dans ce lieu ?
 Sa position allongée sur le ventre est propre aux sépultures de l'Antiquité tardive, peut-être du début du Moyen ÂgeCette découverte contribue à redoubler l'enthousiasme et la curiosité des archéologues et du public...
Affaire à suivre donc...


On prend conscience, en visitant ces fouilles, de tout le patrimoine qui reste à découvrir, en France : à Nîmes, par exemple, on peut supposer sans se tromper, que de nombreux vestiges sont encore enfouis un peu partout, dans la ville.

Et de nouvelles fouilles révèleront, sans nul doute, de nouvelles merveilles. La France, riche de son patrimoine culturel et architectural, recèle encore de nombreux sites à explorer : il faut préserver ces trésors venus de l'antiquité, riches d'enseignements, si lointains dans le temps, et qui suscitent tant de curiosité, d'émotions, de rêves...




http://france3-regions.francetvinfo.fr/languedoc-roussillon/gard/nimes/les-fouilles-archeologiques-ont-debute-sur-l-enceinte-antique-de-nimes-788709.html

 

 

 

 

Photos : rosemar

La tour près du rempart romain

La tour près du rempart romain

La base de la tour et ses alignements de pierres

La base de la tour et ses alignements de pierres

Fouilles romaines à Nîmes...
Fouilles romaines à Nîmes...
Bloc de pierre

Bloc de pierre

Fouilles romaines à Nîmes...
Fouilles romaines à Nîmes...
Une corniche

Une corniche

Une ouverture bloquée par des pierres

Une ouverture bloquée par des pierres

Fouilles romaines à Nîmes...
Le mur romain

Le mur romain

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16 septembre 2015 3 16 /09 /septembre /2015 09:37
La statuaire romaine à l'honneur, à Nîmes...

 


Une exposition intitulée De bronze et de pierre, organisée par le musée archéologique, a lieu à la Chapelle des Jésuites, à Nîmes...

On peut y admirer des statues de divinités, Apollon, Vénus, Minerve, Hermès, et, aussi, le dieu gaulois Sucellus, qui a été intégré dans la religion romaine : dieu de la vie et de la mort, des récoltes et des troupeaux, Sucellus avait des dons et des attributions multiples : il ressuscitait les mortels avec son maillet, il protégeait les vignes, les tonneliers, les bûcherons. Il était, aussi, le dieu des forêts, des plantations et même de la bière... Il est représenté vêtu d'une tunique gauloise, ceinturée à la taille, formant des plis.

Cette exposition permet de voir des bustes de personnages divers, célèbres ou anonymes... on a, là, aussi, l'occasion d'apprécier de nombreux détails de la sculpture antique : des drapés harmonieux, des coiffures aériennes et sophistiquées, des stèles, des inscriptions...

Une stèle funéraire retient, plus particulièrement, l'attention : un bas relief de Julius Hesychus et de Julia Thalusa, où l'on entrevoit des signes plus ou moins ostentatoires de réussite sociale pour des affranchis de l'époque : la toge pour le personnage masculin, et de riches boucles d'oreilles pour sa compagne.

On admire, aussi, au passage, une statue d'un enfant portant affectueusement un chien, le torse d'un pêcheur, celui d'un berger.

Des personnages importants, comme l'empereur Tibère côtoient, ainsi, des statues de gens humbles, modestes, des anonymes.


Certains débris de statues sont l'occasion de voir tout l'art romain dans la représentation du corps humain, des pieds dont on perçoit le mouvement, des torses, des coiffures très sophistiquées avec des cascades de boucles.

On peut s'attarder devant la représentation d'une apothéose, et différentes statues pleines d'expressivité : Hermès, silènes, satyres.

Divinités personnifiant l'ivresse, les satyres et les silènes se confondent souvent dans les mythologies antiques : représentés sous la forme de vieillards, au ventre bedonnant, ou avec des pattes, des cornes de bouc, ils symbolisent une sensualité débordante.

L'exposition permet de voir différents aspects de l'art romain : tantôt familier, tantôt plus raffiné, ou pompeux et imposant.

On peut apprécier des scènes familières : une danseuse, aux drapés harmonieux, ou encore une porteuse d'eau, au regard profond et expressif.

Le marbre, le bronze produisent des effets contrastés dans les teintes, le blanc côtoie des couleurs mordorées et sombres.

Le cadre lui-même de l'exposition mérite une mention particulière, un édifice du 17 ème siècle, la Chapelle des Jésuites, aux ogives imposantes, à la lumière diffuse.


Un parcours tactile est possible, grâce à des reproductions accessibles aux visiteurs, ce qui permet de toucher les objets, d'en percevoir les contours.


Cette exposition est visible jusqu'au 31 octobre, à la Chapelle des Jésuites, à Nîmes...



http://www.objectifgard.com/2015/07/03/nimes-exposition-de-bronze-et-de-pierre-a-la-chapelle-des-jesuites-du-04-juillet-au-31-octobre-2015/



    

 

 

 

Photos : rosemar

Le dieu gaulois Sucellus  auteur : Siren.com       creative commons

Le dieu gaulois Sucellus auteur : Siren.com creative commons

Apollon

Apollon

La statuaire romaine à l'honneur, à Nîmes...
La statuaire romaine à l'honneur, à Nîmes...
Femmes romaines

Femmes romaines

Stèle dédiée aux dieux Lares, les dieux du foyer

Stèle dédiée aux dieux Lares, les dieux du foyer

Femme romaine

Femme romaine

La statuaire romaine à l'honneur, à Nîmes...
Drapés

Drapés

La statuaire romaine à l'honneur, à Nîmes...
Pièces romaines

Pièces romaines

Drapé

Drapé

Torse musclé

Torse musclé

Stèle funéraire

Stèle funéraire

Statue  de la déesse Fortuna avec une corne d'abondance

Statue de la déesse Fortuna avec une corne d'abondance

Femme romaine à la coiffure sophistiquée

Femme romaine à la coiffure sophistiquée

Une apothéose

Une apothéose

Le dieu Silène

Le dieu Silène

Une porteuse d'eau

Une porteuse d'eau

Une urne funéraire

Une urne funéraire

Danseuse

Danseuse

Portrait d'un stratège ?

Portrait d'un stratège ?

Portrait d'Anacréon ?

Portrait d'Anacréon ?

Un vieux pêcheur

Un vieux pêcheur

Torse d'un berger

Torse d'un berger

Pieds

Pieds

Cupidon tenant une oie : statue en ivoire

Cupidon tenant une oie : statue en ivoire

L'enfant au chien

L'enfant au chien

La statuaire romaine à l'honneur, à Nîmes...
Le dieu Hermès réduit à sa plus simple expression...

Le dieu Hermès réduit à sa plus simple expression...

La statuaire romaine à l'honneur, à Nîmes...
La statuaire romaine à l'honneur, à Nîmes...
La statuaire romaine à l'honneur, à Nîmes...
La statuaire romaine à l'honneur, à Nîmes...
Reconstitutions de coiffures romaines

Reconstitutions de coiffures romaines

La statuaire romaine à l'honneur, à Nîmes...
Le cadre : la Chapelle des Jésuites à Nîmes

Le cadre : la Chapelle des Jésuites à Nîmes

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23 août 2015 7 23 /08 /août /2015 12:58
Vieilles portes de Provence !

 

 

Les vieux villages provençaux nous font découvrir des merveilles, des façades en pierres, des chemins caillouteux et abrupts, et parfois, des portes en vieux bois, encadrées de voûtes.

Ravinées par le temps, elles se marbrent de teintes variées : du gris, du blanc, du mauve, des veines parcourent le bois, des craquelures disent l'ancienneté de ces portes dont les planches sont disjointes.

Parfois, ces portes de bois brut se marbrent de noir, de brun, de teintes d'opales vertes...

Des clous sont venus renforcer une solidité chancelante... ces ouvrages s'entourent de voûtes de pierres, aux teintes de rose pâle, formant des tableaux de couleurs estompées...

Une vieille chaîne maintient un battant de la porte... La partie inférieure nous fait voir des planches en détresse, une mosaïque de morceaux de bois.

La porte semble avoir été rapiécée, ravaudée de pans rajoutés, comme un vieux tissu à la trame usée.

La porte devient une oeuvre d'art : son ancienneté, ses teintes, la voûte qui l'encadre en font un tableau digne des plus grands peintres...

La porte, composée de plusieurs planches assemblées, s'érode par le bas, se fendille, se craquelle.

Les veines du bois forment des vagues, des ondulations, la porte semble comme plissée par le temps.

Sur le haut, sous la voûte, des nuées apparaissent, couronnent l'ensemble : de légères envolées d'embruns nimbent le bois.

Ces portes nous font voir des siècles d'histoire, elles évoquent le moyen-âge et ses voûtes de pierres, elles suggèrent la vie rude des paysans d'autrefois, le travail de l'ébéniste qui les a ouvragées, celui du ferronnier qui les a renforcées.

Comment ne pas être admiratif devant ce savoir-faire, ces ouvrages en bois qui ont vaincu le temps, malgré l'usure ?

Ces ouvrages qui ont traversé les siècles, conservant des traces des outrages du temps, tout en restant debout, malgré tout...

Vieilles portes de Provence ! Vous nous parlez des brûlures du temps ! Vous nous racontez les vents hurlants du sud qui s'engouffrent dans les maisons, le mistral et la tramontane...

Vous nous dites l'âpreté des hivers de Provence, les chaleurs ardentes du Sud, la beauté de ces villages perchés sur les hauteurs, vous évoquez la rudesse du temps qui passe !



 

 

 

Photos : rosemar

Vieilles portes de Provence !
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Vieilles portes de Provence !
Vieilles portes de Provence !
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Published by rosemar - dans Provence art histoire
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