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13 mars 2020 5 13 /03 /mars /2020 13:46
Deux branches de tilleul entrent par la fenêtre...

 

Il y a dix ans disparaissait Jean Ferrat : ses chansons ont une valeur universelle et intemporelle, ce sont des leçons d'humanité, de justice, de beauté...

 

Jean Ferrat a chanté l'amour, la valeur de l'instant précieux, l'harmonie de la nature... On retrouve ces thèmes dans une chanson intitulée "Ce qu'on est bien mon amour..."

La nature qui entre par la fenêtre, avec deux "branches de tilleul", le ciel personnifié qui "cligne des yeux", des papillons qui dansent la "passacaille", voilà un cadre propice à un duo amoureux. C'est ce cadre familier que décrit Jean Ferrat, dans cette chanson, en rendant hommage aux paysages du sud...

 

Toute la nature s'anime et semble participer à la fête, au bonheur de la vie et de l'amour.

 

La passacaille, danse populaire d'origine espagnole qui remonte à la Renaissance évoque un monde d'autrefois, où régnait la lenteur, où l'on prenait le temps de vivre : la voyelle "a" répétée de ce mot crée un rythme plein de charme et d'harmonie.

On voit aussi un "lézard, des genêts, des bruyères", toute une faune et une végétation du sud, une ambiance chaleureuse.

 

Un oxymore, "pays de tendresse et colère" suggère bien les paysages du sud, remplis de soleil, de chaleur où soufflent, parfois, des tempêtes de mistral, pays de contrastes étonnants.

 

Un torrent se permet de "déchirer" le silence du paysage, verbe évocateur très fort qui personnifie le torrent et lui donne une force intense.

 

Et même la fumée d'une cigarette, tenue par la jeune femme s'anime d'une vie particulière, et semble participer à la beauté du décor : la fumée se donne en spectacle, fait des "pirouettes" et souligne les "longs doigts" de l'amoureuse.

 

Le poète intervient, alors, tel un vrai "saltimbanque" qui séduit par ses gestes : il s'adresse à la sensualité même de la jeune fille : "ses bras, sa bouche, ses jambes malignes..."

 

Le mot "saltimbanque", plein de vie, de joie, grâce aux sonorités de voyelles nasalisées, participe au bonheur de la scène.

 

Le pays à la fois "si riche, si pauvre" donne des leçons d'humilité et de vie : on y apprend une certaine liberté, un certain art de vivre, on y devient plus "nôtres", comme le dit si bien Ferrat.

 

Ce nouvel oxymore traduit bien l'ambivalence du sud : pays "riche" de son climat, de sa beauté, de son harmonie, mais pays "pauvre", aussi, dans son aridité, sa rudesse.

 

Le refrain, plein de simplicité et de familiarité, traduit une harmonie, un bien-être infini : "ce qu'on est bien..."

 

C'est là, une invitation à profiter du temps présent, de la nature offerte, des plaisirs les plus simples, c'est là, un poème plein de sensualité : la vision des papillons, l'odeur des tilleuls, le murmure du torrent entremêlent différentes sensations... Les couleurs de vert, de blanc, de genêt flamboyant participent à la beauté du paysage évoqué.

 

La mélodie légère, volatile donne une impression de liberté, de bonheur infini...

 

 

 

 

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20 novembre 2019 3 20 /11 /novembre /2019 09:19
Bras dessus, bras dessous...

 

 

Fred Mella, c'était une voix chaleureuse dont tout le monde se souvient... Fred Mella était le soliste de ce célèbre groupe, les Compagnons de la chanson, fondé en 1941.

Fred Mella nous a quittés le 16 novembre, à l'âge de 95 ans.

 

Le répertoire des Compagnons était composé de jolies mélodies populaires...

On se souvient plus particulièrement de cette chanson intitulée : Bras dessus, bras dessous...

 

Une chanson optimiste, une chanson pleine de gaieté... une chanson d'amour, bien sûr, qui évoque des gestes affectueux de tendresse : "Bras dessus, bras dessous, Bras dessous, joue contre joue"...

 

Des bras qui s'enlacent, des joues qui se frôlent... et on perçoit aussitôt une proximité amoureuse dans ces corps qui se rejoignent.

 

D'ailleurs, la labiale "b" réitérée, la sifflante "s" très douce semblent suggérer le désir amoureux et la tendresse.

 

La joie est au rendez-vous de ce couple d'amoureux. Trois comparaisons viennent souligner ce bonheur : les personnages sont assimilés à "deux oiseaux sur la même branche....", puis à "deux amants" qui se retrouvent "au bal du dimanche", enfin à "deux écoliers, le jour des vacances".

On entrevoit une simplicité et une évidence dans ces évocations, une impression de liberté et d'insouciance...

 

La chanson évoque, aussi, un bonheur quotidien qui se renouvelle : "Tous les jours que Dieu fait, nos joies recommencent."

 

L'amour est associé, d'abord, à une sensation olfactive : Et quand nous nous aimons, Notre amour sent bon, comme un drap séché au vent des lavandes..."

Des images du sud surgissent, des images de mistral, sur un champ de lavandes de Provence.

 

L'amour fait naître, aussi, une sensation gustative : "Bon comme un fruit croqué au vent des vendanges", évoquant cette fois des grappes de fruits abondantes et généreuses.

On entrevoit des joies simples de la vie liées à la nature...

 

Ainsi, l'amour semble procurer une plénitude de sensations, puisqu'on peut percevoir également une sensation tactile avec ce vent qui emporte et propage des parfums de lavandes et de fruits...

 

L'amour apporte, enfin, une plénitude de bonheur, comme le suggère cette expression : "tant qu'il durera, nous n'en demanderons pas plus...."

 

Le futur est ainsi envisagé, toujours de manière optimiste : "Quand nous aurons cent ans, Tous les deux comme à vingt ans..." Il révèle un amour qui s'inscrit dans la durée et la permanence.

 

La mélodie dansante nous entraîne dans le sillage de ces amoureux qui goûtent un bonheur idyllique.

 

Jean Broussolle a écrit les paroles, R.Marcucci, P. de Angelis ont composé la musique de cette chanson sortie en 1960.

L'interprétation des Compagnons de la chanson apporte tendresse et enthousiasme à cette mélodie....

 

 

 

 

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17 juillet 2018 2 17 /07 /juillet /2018 12:48
Coucouroucoucou ! !

 

 

Dario Moreno incarnait la joie de vivre : son répertoire était plein de gaieté et d'humour...

On se souvient tous de ce titre : Si tu vas à Rio, et un peu moins de cette autre chanson : Coucouroucoucou !!

 

Cette chanson pleine de charme, et de drôlerie, évoque le roucoulement du pigeon destiné à séduire une "belle" : imitant le cri répété d'un pigeon, le refrain nous entraîne dans une mélodie lancinante et amusante, à la fois...

"Coucouroucoucou !" : on entend, d'abord, une colombe chanter sur une branche ... Et, à côté, un voit un pigeon énamouré, dont on comprend le désarroi : il bat de l'aile, et il roucoule en vain...

 

Une situation typique de l'amoureux éconduit nous est présentée ici. Soudain, on perçoit l'emploi de la première personne : "et moi, je pense à elle, si peu fidèle..." Le personnage qui s'exprime se confond, en fait, avec le pigeon du premier tableau...

 

Le vocabulaire de l'amour apparaît : "fidèle, mon coeur, aime"... Des clichés sont utilisés : "la blanche colombe", l'image du "printemps qui bourgeonne", les filles et les pigeonnes qui ont la même attitude, qui semblent volages !

 

"Coucouroucoucou"! Le roucoulement s'impose, alors, entremêlé de cris d'oiseaux. L'apostrophe "méchante" souligne le comportement indigne de la pigeonne infidèle qui, en plus, chante de bonheur, car elle a trouvé un nouvel amour.

Des cris de détresse, "aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe" ponctuent le texte, soulignant le désarroi de l'amoureux éconduit.

 

Le personnage s'invective lui-même, familièrement, comme s'il se dédoublait : "Et toi, pauvre fou, quand même, tu l'aimes." Les tourments de l'amour sont évoqués, de manière amusante et drolatique, avec des images conventionnelles...

 

On retrouve des clichés, la fragilité d'une pigeonne, la beauté d'une autre, sa coquetterie... Un dialogue s'instaure avec un interlocuteur, comme le suggère l'emploi de la deuxième personne : "ta pigeonne, la tienne", encore des clichés, puisque la femme semble appartenir à l'homme, être sa propriété...

 

Les deux acolytes pourront mêler leur chagrin, se raconter leurs déconvenues. Le texte s'achève sur ce cri d'espoir et avec un impératif : "fais qu'elle revienne !", comme si le personnage implorait le ciel.

 

Voilà une jolie parodie de chanson d'amour : constitué de clichés, le texte nous fait sourire souvent et le refrain nous emporte dans un tourbillon de cris d'oiseaux...

La mélodie, pleine de gaieté, souligne bien la parodie..

 

Cette chanson a été composée par Tomas Mendez, un chanteur d'origine mexicaine.

 

Dario Moreno nous a quittés en 1968, à l'âge de 47 ans, et on garde en mémoire sa voix, son sourire, sa bonne humeur.

 

 

https://youtu.be/tMl5WXxGjgs

 

 

 

 

 

 

 

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8 janvier 2018 1 08 /01 /janvier /2018 13:47
Elle avait ce charme de la sincérité et de l'émotion...

 

 


France Gall nous a quittés ce dimanche, à l'âge de 70 ans... On se souvient de nombreuses chansons de son répertoire : Il jouait du piano debout... Résiste... Débranche... 

Et puis aussi de ce bel hommage à une chanteuse de jazz nommée Ella Fitzgerald, à la voix sublime... tout le monde connaît le thème de cette chanson composée par Michel Berger, intitulée Ella, elle l'a...

L'interprétation de France Gall qui oscille entre douceur et enthousiasme souligne bien le rayonnement de cette voix.

Le texte évoque, d'abord, une sorte de bonheur contenu dans la voix : "une gaieté, un sourire"... puis, il fait allusion à "quelque chose", expression volontairement vague qui traduit le mystère et la magie de cette voix "qui paraît nous dire "viens" 
Qui nous fait sentir étrangement bien..."

On entend un murmure qui apaise, et qui séduit.

Cette voix qui attire irrésistiblement, est, d'ailleurs, admirablement soulignée par la mélodie de Michel Berger, entraînante et légère.

Le poète procède par comparaisons, pour mieux nous faire percevoir tout le charme de cette voix qui semble contenir tout un monde et tout un passé culturel : "C'est comme toute l'histoire Du peuple noir..."qui oscille entre "amour et désespoir".
L'antithèse souligne bien toute la richesse et les subtilités de cette voix unique, ainsi que les vicissitudes du peuple noir soumis à l'esclavage, au désarroi, à la misère.

Jouant sur le prénom de la chanteuse, "Ella", Michel Berger met en évidence tous les dons qu'elle possède : "Elle a...Ce je n'sais quoi 
Que d'autres n'ont pas 
Qui nous met dans un drôle d'état..."

On retrouve ce vague de l'expression qui restitue un certain mystère :"ce je ne sais quoi..." qui transforme l'auditeur, le bouscule et provoque une émotion particulière.

Le refrain qui retranscrit ce pouvoir par la répétition du son "ou" nous fait percevoir une sorte d'évasion et de bonheur plein de douceur.

L'auteur évoque aussi "un don du ciel", une voix quasi-divine, accordée par les dieux, qui sublime la chanteuse et la rend "belle".
D'autres expressions viennent compléter cette impression : "ce tout petit supplément d'âme 
Cet indéfinissable charme 
Cette petite flamme".

Des mots pleins d'intensité, "flamme, charme" traduisent la force de cette voix, son pouvoir infini de séduction et la voyelle "a" répétée semble restituer une forme d'admiration à l'égard de la chanteuse.
Les sonorités de fricative "f", de sifflantes "s et de chuintante "ch" très douces insistent sur une forme d'ensorcellement.

Le couplet, qui suit, montre bien le bonheur de chanter, à partir de rien : "Tape sur des tonneaux 
Sur des pianos 
Sur tout ce que dieu peut te mettre entre les mains..."

C'est toute l'âme africaine qui ressort et s'emballe, qui aime à s'extérioriser et chanter aussi bien le bonheur que le chagrin.
Le mot "pouvoirs", employé au pluriel, suggère toute la tessiture de cette voix, qu'il faut chercher au plus profond de soi, un bien précieux qui ne s'achète pas :
"Que tu cherches encore les pouvoirs qui dorment en toi 
Tu vois ça ne s'achète pas 
Quand tu l'as tu l'as..."

Le texte et l'interprétation pleine de vérité, d'émotions de France Gall insistent bien sur tous les mystères de cette voix, et la mélodie rythmée, vivante, endiablée, ou plus douce restitue toutes les richesses du talent de la chanteuse...

 

 

 

 


 

 

 

 

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9 décembre 2017 6 09 /12 /décembre /2017 09:46
Hommage à Johnny : la démesure encore...

 

 

 

Un hommage populaire est rendu aujourd'hui à Johnny Halliday, et encore une fois, c'est la démesure qui prévaut dans cette cérémonie... Un hommage hors normes...

Une démesure qui correspond à la personnalité du chanteur, à sa vie faite d'excès en tous genres...

 

On se souvient des shows de Johnny, on se souvient de sa façon d'entrer en scène : c'était spectaculaire, exceptionnel, surprenant.

On se souvient des excès du personnage : drogue, tabac, alcool, vitesse, mariages successifs...

Des excès qui l'ont aidé, sans doute, à surmonter ses fêlures, une enfance difficile, un métier exigeant... et des excès qui ont ruiné aussi sa santé.

 

La cérémonie d'hommage sera à l'image des spectacles de Johnny : une grande parade... Le convoi funéraire du rocker descendra les Champs-Élysées pour rejoindre l'église de la Madeleine.

Le convoi sera précédé de quinze motards de police. 700 bikers sur des Harley-Davidson, roulant en queue de cortège, devraient faire sensation et attirer tous les regards.

 

Des mesures de sécurité exceptionnelles  seront prises ce samedi. Fermeture des stations de métro Concorde et Madeleine, déploiement de 1500 policiers et gendarmes, création d'une zone de sécurité… l'État a mis en place des moyens considérables pour garantir le bon déroulement de l'hommage, dans un contexte sécuritaire particulièrement sensible.

 

Des écrans géants, installés tout le long du parcours, retransmettront des tubes du rocker. L'adieu à la rock star sera grandiose, exceptionnel, émouvant et spectaculaire. Des fans sont venus de loin pour assister à cette cérémonie.

 

Johnny a toujours été dans la démesure : les plus grandes salles, les plus grandes ventes de disques, les plus grands spectacles... Cette cérémonie lui correspond, et surtout, c'est une façon de mettre en évidence la popularité du chanteur.

 

Issu du peuple, Johnny Halliday, malgré ses frasques et ses excès, a su rester proche de son public.

 

L'idole des jeunes fut un adolescent timide et réservé : il a dû affronter le succès, la popularité tout au long de sa vie.

Et, il est resté malgré tout attaché à son public : son métier était sa raison de vivre et cet hommage près de la foule répond sans doute à ses aspirations...

Certains trouvent que cet hommage est déplacé, qu'il fait songer à une "hystérie collective".

Quoi qu'on en pense, Johnny a marqué la vie de beaucoup de gens, il symbolise à lui seul les années 60, une époque de renouveau : une certaine liberté qu'il a incarnée, revendiquée par une vie faite d'excès. 

Il en a aussi, sans doute, payé le prix.

On lui souhaite dans tous les cas de reposer en paix.

 



 

 

 

Hommage à Johnny : la démesure encore...
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7 décembre 2017 4 07 /12 /décembre /2017 11:29
Retiens la nuit... l'amour maintes fois chanté par Johnny...

 

 

La fragilité du bonheur, le temps qui passe et que l'on ne peut retenir, l'instant fugace de l'amour, on a tous en tête cette chanson de Johnny Halliday : Retiens la nuit...

Douce mélodie de l'amour, mélancolie associée à la fuite du temps...

 

La chanson s'ouvre sur un impératif : "Retiens la nuit...", un rêve fou de suspendre le temps et de l'arrêter dans un moment de bonheur et d'extase.

Les amoureux sont réunis dans un moment d'intimité : "pour nous deux... pour nos coeurs."

 

Un désir de prolonger l'instant fragile du bonheur est évoqué dans cette expression : "jusqu'à la fin du monde."

Un besoin d'absolu et de fusion avec l'être aimé s'exprime alors : "Serre-moi fort contre ton corps..."

Une façon de conjurer le temps qui passe inexorablement, une façon d'interrompre "sa course vagabonde". Le temps personnifié dans cette expression ne semble-t-il pas une force irrésistible ?

 

Un "grand amour" est évoqué : il pourra, au cours d'un instant, "rayer le jour" et faire oublier la pesanteur de la vie et ses tracas.

L'amour salvateur tant de fois raconté dans les chansons de Johnny est ici magnifié.

Il est aussi associé à "l'heure des folies", expression où l'on retrouve le thème traditionnel de l'amour fou.

 

Et l'impératif "Retiens la nuit" revient comme si l'amoureuse avait ce pouvoir de suspendre le temps, grâce à la force de son amour... l'amour qui transcende la vie, qui la rend plus belle comme le montre la phrase : "Avec toi, elle paraît si belle".

 

L'expression se fait alors plus insistante et plus précise : "Arrête le temps et les heures..."

Et la chanson devient une prière : "Je t'en supplie, à l'infini, Retiens la nuit."

 

Le couplet suivant suggère bien toute l'ambiguïté et la fragilité du bonheur : le vocabulaire est sombre, avec les mots : "tristesse, détresse, peur"...

Le bonheur est présent, mais il paraît si volatil et le poète qui parle à la première personne perçoit que ce bonheur est menacé et que la peur se mêle aux joies de l'amour.

Les antithèses viennent souligner toute cette ambiguïté :

"Ne me demande pas d’où me vient ma tristesse 
Ne me demande rien tu ne comprendrais pas 
En découvrant l’amour je frôle la détresse 
En croyant au bonheur la peur entre en mes joies..."

 

Belle chanson d'amour et de passion ! Et Johnny a su la faire vibrer de sa voix douce et puissante, à la fois.

Une voix, des mélodies et des textes qu'on n'oubliera pas... c'est certain.

Les années 60, le twist, le rock, le temps des slows, le temps des copains... toute une époque...

 

 

C'est Charles Aznavour qui a signé les paroles de cette chanson, Georges Garvarentz en a composé la musique.

 

 

 

 

 

 

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1 août 2017 2 01 /08 /août /2017 08:14
Jeanne et le tourbillon de la vie...

 

Une étoile s'en est allée...

 

Jeanne Moreau nous a quittés ce lundi 31 juillet, à l'âge de 89 ans : actrice, comédienne de théâtre, réalisatrice, chanteuse, Jeanne Moreau a marqué de son empreinte le cinéma français.

 

Comment ne pas se souvenir de cette chanson du film Jules et Jim, Le tourbillon de la vie ?

Une petite musique que l'on doit à Serge Rezvani.

Et aussi l'histoire de la rencontre fatale d'une femme mystérieuse désignée seulement par le pronom "elle".

 

La description nous laisse entrevoir ses mains, serties de "bagues et de bracelets", "sa voix, ses yeux, l'ovale de son visage."

Et c'est un véritable coup de foudre qui est évoqué, comme le suggère l'emploi du passé simple qui traduit une instantanéité : "une voix qui m"enjôla, femme fatale qui me fut fatale." L'adverbe "sitôt" vient souligner l'immédiateté de la passion amoureuse.

Le verbe "enjôler" restitue l'idée d'un envoûtement quasi-magique.

 

Le coup de foudre est réciproque, ce que révèle l'utilisation du pronom "on" qui réunit les deux amoureux :

"On s'est connu, on s'est reconnu, 
On s'est perdu de vue, on s'est r'perdu d'vue 
On s'est retrouvé, on s'est réchauffé, 
Puis on s'est séparé. "

 

Ce jeu amoureux aboutit, pourtant, à une séparation sans drame. Le ton et la mélodie sont légers, sautillants et traduisent tout le bonheur et toute la  liberté d'une vie insouciante.

Ainsi, chacun repart "dans le tourbillon de la vie."

Et puis, les hasards de la vie offrent l'occasion d'une nouvelle rencontre où l'émotion est encore plus vive :


"Au son des banjos je l'ai reconnue. 
Ce curieux sourire qui m'avait tant plu. 
Sa voix si fatale, son beau visage pâle 
M'émurent plus que jamais."

Le thème du temps qui passe ajoute une note mélancolique à cette chanson, d'autant que le poète s'enivre pour oublier.

Mais il se réveille sous les baisers de l'amante retrouvée et la voilà "retombée dans ses bras..."

Dès lors la conclusion paraît évidente :

"Quand on s'est connu, 
Quand on s'est reconnu, 
Pourquoi s’perdre de vue, 
Se reperdre de vue ?" 

Mieux vaut rester "tous les deux enlacés...."

Cette chanson reflète bien cet esprit de liberté qui anima Jeanne Moreau tout au long de sa vie : elle a été par sa vie une ambassadrice de la femme libre et moderne.

Elle a milité pour la libération des femmes, pour l'avortement, pour la cause des sans-papiers.

Jeanne Moreau reste à jamais une femme éprise d'amour et de liberté...

 

 

 

 

 

Jeanne et le tourbillon de la vie...
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1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 11:18
Simone Veil : pour la cause des femmes...

 

 

De nombreux hommages sont rendus à Simone Veil qui vient de nous quitter à l'âge de 89 ans.

 

Sa vie, les épreuves douloureuses qu'elle a traversées, sa carrière, ses combats politiques forcent l'admiration, elle a lutté toute sa vie pour vaincre et dépasser les haines.

Ancienne déportée, elle a oeuvré pour la construction de l'Europe et pour la réconciliation.

 

Elle a dénoncé les intégrismes, l'intolérance, et a su montrer sa foi en l'humanité.

 

Et, bien sûr, son combat pour défendre les droits des femmes fut exemplaire.

 

C'est Simone Veil  qui, en 1974, a permis l'adoption de la loi sur la légalisation de l'IVG, c'est elle qui a su transformer la vie des femmes, leur donner des droits essentiels, en un temps où ces droits leur étaient refusés, dans une société rigide et sclérosée.

 

C'est elle qui, par son action, a marqué des générations de femmes...

 

Des femmes qui autrefois avortaient clandestinement, dans des conditions sanitaires déplorables, des femmes qui étaient désignées à la vindicte populaire comme des meurtrières...

 

Nos mères ont connu cette époque où l'avortement était réprimé, condamné par un monde d'hommes qui s'appliquaient à ignorer les souffrances des femmes.

Les femmes devaient, alors, partir à l'étranger ou risquer leur vie pour se faire avorter.

 

Nous sommes toutes les filles de Simone Veil : nous lui devons cette loi essentielle qui a transformé la vie des femmes. 

 

 "Nous ne pouvons plus fermer les yeux sur les 300 000 avortements qui, chaque année, mutilent les femmes de ce pays, qui bafouent nos lois et qui humilient ou traumatisent celles qui y ont recours. (…) Je ne suis pas de ceux et de celles qui redoutent l’avenir. Les jeunes générations nous surprennent parfois en ce qu’elles diffèrent de nous ; nous les avons nous-mêmes élevées de façon différente de celle dont nous l’avons été. Mais cette jeunesse est courageuse, capable d’enthousiasme et de sacrifices comme les autres. Sachons lui faire confiance pour conserver à la vie sa valeur suprême."

 

C'est ainsi que Simone Veil défendait  avec intelligence et dignité son texte de loi à la tribune de l'Assemblée nationale...

 

Simone Veil fut une féministe courageuse, elle a su trouver les mots justes pour défendre la cause des femmes :

"Je voudrais tout d'abord vous faire partager une conviction de femme, je m'excuse de le faire devant cette Assemblée presque exclusivement composée d'hommes : aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l'avortement", affirmait-elle, aussi, en préambule de son discours...

 

Simone Veil a su transformer un monde figé contre l'hostilité d'une partie de l'opinion et de l'Assemblée nationale.

 

Simone Veil a su combattre les préjugés de son temps et faire évoluer les mentalités : ce combat reste, hélas, d'actualité dans de nombreux pays où l'interruption volontaire de grossesse est encore contestée.

 

 

 

 

 

 

Simone Veil : pour la cause des femmes...
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9 juin 2017 5 09 /06 /juin /2017 14:16
Les saoudiens refusent d'honorer les victimes des attentats de Londres...

 

 

 

Dans le cadre des éliminatoires du  Mondial de football 2018, l’Australie recevait, à Adélaïde, l’équipe d’Arabie Saoudite.

 

Il était prévu de respecter, juste avant le match, une minute de silence à la mémoire des victimes de l’attentat de Londres : deux jeunes Australiennes y ont perdu la vie.

 

Alors que l’équipe et le public australiens se recueillaient, les membres de l’équipe saoudienne se sont  dispersés sur le terrain, ne respectant pas cet hommage dû aux victimes.

 

Il semble que "la minute de silence ne fasse pas partie de la culture saoudienne" : c'est, du moins, le motif invoqué par les instances officielles de l'équipe saoudienne.

Il est, pourtant, d'usage de respecter les coutumes du pays par lequel on est reçu...

 

De plus, c'était l'occasion pour les joueurs de montrer qu'ils condamnent les attentats terroristes.

Ce manquement grave au respect dû à des victimes déshonore ceux qui ont ostensiblement méprisé cet usage.

Ce refus de respecter une minute de silence serait-il une façon de cautionner le terrorisme ?

 

A l'heure où le Qatar est montré du doigt pour son soutien au terrorisme, on oublie et on veut oublier que l'Arabie Saoudite est un des premiers pays à financer et alimenter le terrorisme islamiste.

Dans tous les cas, le refus de respecter une minute de silence sur un terrain de football n'est pas admissible : des joueurs, des sportifs de haut niveau se doivent de donner des exemples de civilité et de politesse.

De plus, le motif invoqué paraît pour le moins fantaisiste : comme le font remarquer certains, on peut se demander si le football lui-même fait partie de la culture saoudienne.

Et pourtant, l'Arabie Saoudite a une équipe de foot, participe à des tournois internationaux.

 

On voit bien que les joueurs saoudiens ont affiché un mépris ostensible des victimes des attentats.

Et ce mépris doit être condamné avec la plus grande véhémence !

 

Mais les grands médias semblent avoir occulté ce grave incident qui a terni cette rencontre sportive.

Le sport devait être une occasion de dépasser les différences entre les peuples : de plus en plus, il devient l'occasion d'exposer ces différences.

 

Les instances internationales devraient sanctionner l'équipe saoudienne pour un tel manquement aux règles les plus élémentaires de bienséance et de correction.

 

 

 

 

 

 

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21 août 2016 7 21 /08 /août /2016 12:16
Un bel hommage aux impressionnistes : la féerie des eaux à Nîmes...

 

 



Célébrer l'impressionnisme, ce mouvement pictural qui a donné naissance à tant d'oeuvres inoubliables, c'est là une belle idée pour illustrer un spectacle nocturne : la féerie des eaux à Nîmes...

Dans le cadre somptueux des Jardins de la Fontaine, ce spectacle a été l'occasion d'évoquer des peintres aux noms légendaires : Van Gogh, Cézanne, Monet, Manet, Degas, Caillebotte, Guillaumin, Renoir, Sysley et tant d'autres.

L'eau, le feu, le mouvement, le jaillissement des couleurs : quels meilleurs moyens pour symboliser et suggérer  l'art éblouissant et inventif des impressionnistes ?

Des images féeriques ont été projetées sur les murs immenses du jardin.

Le spectacle s'ouvre sur des portraits ou autoportraits de ces peintres : on reconnaît leurs visages, leurs noms s'affichent et défilent sur les murs de pierres du jardin...

Puis, c'est une explosion et une éclosion de fleurs et de couleurs...


Tour à tour, sont mis en scène les différents thèmes abordés par les impressionnistes : les tournesols de Van Gogh tourbilllonnent, des paysages surgissent : soleils rougeoyants, marines où l'on admire des voiliers ondoyants sur des mers houleuses, décors d'arbres foisonnants...

Soudain, apparaît une fleur géante, butinée par un papillon, une campagne verdoyante se peuple de personnages féminins en robes longues, des couleurs s'enflamment, avec des myriades de papillons tourbillonnants.

Des jets d'eau aux teintes de feux et de flammes embrasent, alors, le ciel, comme pour signifier toute l'ardeur et la passion de ces peintres.

Puis, des silhouettes graciles apparaissent, en mouvements légers : on reconnaît des danseuses, le thème de prédilection de Degas. Soudain, on perçoit plus distinctement une seule danseuse qui virevolte, dans son corset blanc, et on admire une ronde de danseuses aux mouvements cadencés, pleins de charmes.

Le nymphée s'illumine de jets d'eau géants qui traversent la nuit...

Un accordéoniste égrène sa musique et fait naître des images de bals populaires... Un couple danse une valse musette, les couples se multiplient, alors, sous des éclats de feux d'artifices et des chapeaux lancés à la volée...

Des éclats de feux et d'ors jaillissent dans la nuit... ils montent vers le ciel étoilé, la Grande Ourse et rejoignent les astres de la nuit.

Un soleil se lève, lumineux, il se transforme en fleurs géantes, irradiées de lumières....

Le spectacle fait revivre tant de thèmes qui ont inspiré les impressionnistes : des scènes familières, peintes par Renoir, des paysages de campagne provençale magnifiés par Van Gogh, des jardins fleuris de Monet.


"Le bal du Moulin de la Galette, La danse à la ville, à la campagne, Les tournesols, Champ de blé avec cyprès, Les nymphéas", tant de tableaux surgissent dans la nuit...


Cette soirée festive qui a réuni un public nombreux et populaire a permis à chacun de redécouvrir ces peintres de génie que furent les impressionnistes.

Les jets d'eau ont fait naître des explosions de couleurs, les images ont évoqué tant de chefs d'oeuvre célèbres, ont permis de mettre en scène toute la créativité de ces artistes qui ont su innover aussi bien dans la technique picturale que dans les thèmes traités....

Les impressionnistes n'ont-ils pas représenté avec passion le monde quotidien ? La nature, les jardins, la vie moderne, les bals, les portraits de gens simples... Ils ont su mettre en évidence toute la poésie, tout le charme des paysages, des arbres, des fleurs...






     
 Photo et vidéos : rosemar

Portraits de peintres...

Les tournesols tourbillonnent...

De somptueux jets d'eau dans la nuit...

Soleils et marines...

Un festival de couleurs...

Fleurs et paysages champêtres...

Rouge passion !

Les danseuses...

Des éclats de bleu

Le bal musette

Soleil et fleurs, des éclats de feux dans la nuit

Le nymphée nimbé de jets d'eau : waouh !

Le final : la fête des couleurs

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