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11 septembre 2015 5 11 /09 /septembre /2015 15:32
Elle a cet indéfinissable charme...

 


Un bel hommage à une chanteuse de jazz nommée Ella Fitzgerald, à la voix sublime... tout le monde connaît le thème de cette chanson de Michel Berger, intitulée Ella, elle l'a...

Le texte évoque, d'abord, une sorte de bonheur contenu dans la voix : "une gaieté, un sourire"... puis, il fait allusion à "quelque chose", expression volontairement vague qui traduit le mystère et la magie de cette voix "qui paraît nous dire "viens" 
Qui nous fait sentir étrangement bien..."

On entend un murmure qui apaise, et qui séduit.

Cette voix qui attire irrésistiblement, est, d'ailleurs, admirablement soulignée par la mélodie de Michel Berger, entraînante et légère.

Le poète procède par comparaisons, pour mieux nous faire percevoir tout le charme de cette voix qui semble contenir tout un monde et tout un passé culturel : "C'est comme toute l'histoire Du peuple noir..."qui oscille entre "amour et désespoir".
L'antithèse souligne bien toute la richesse et les subtilités de cette voix unique, ainsi que les vicissitudes du peuple noir soumis à l'esclavage, au désarroi, à la misère.

Jouant sur le prénom de la chanteuse, "Ella", Michel Berger met en évidence tous les dons qu'elle possède : "Elle a...Ce je n'sais quoi 
Que d'autres n'ont pas 
Qui nous met dans un drôle d'état..."

On retrouve ce vague de l'expression qui restitue un certain mystère :"ce je ne sais quoi..." qui transforme l'auditeur, le bouscule et provoque une émotion particulière.

Le refrain qui retranscrit ce pouvoir par la répétition du son "ou" nous fait percevoir une sorte d'évasion et de bonheur plein de douceur.

L'auteur évoque aussi "un don du ciel", une voix quasi-divine, accordée par les dieux, qui sublime la chanteuse et la rend "belle".
D'autres expressions viennent compléter cette impression : "ce tout petit supplément d'âme 
Cet indéfinissable charme 
Cette petite flamme".

Des mots pleins d'intensité, "flamme,  charme" traduisent la force de cette voix, son pouvoir infini de séduction et la voyelle "a" répétée semble restituer une forme d'admiration à l'égard de la chanteuse.
Les sonorités de fricative "f", de sifflantes "s et de chuintante "ch" très douces insistent sur une forme d'ensorcellement.

Le couplet, qui suit, montre bien le bonheur de chanter, à partir de rien : "Tape sur des tonneaux 
Sur des pianos 
Sur tout ce que dieu peut te mettre entre les mains..."

C'est toute l'âme africaine qui ressort et s'emballe, qui aime à s'extérioriser et chanter aussi bien le bonheur que le chagrin.
Le mot "pouvoirs", employé au pluriel, suggère toute la tessiture de cette voix, qu'il faut chercher au plus profond de soi, un bien précieux qui ne s'achète pas :
"Que tu cherches encore les pouvoirs qui dorment en toi 
Tu vois ça ne s'achète pas 
Quand tu l'as tu l'as..."

Le texte insiste bien sur tous les mystères de cette voix, et la mélodie rythmée, vivante, endiablée, ou plus douce restitue toutes les richesses du talent de la chanteuse...


 

 

 

Photo : rosemar

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31 mai 2015 7 31 /05 /mai /2015 17:11
Le Hollande bashing : ça suffit !

 

 

 



François Hollande n'en finit pas d'essuyer des bordées de critiques et d'insultes : certains saisissent le moindre prétexte, pour tirer sur lui à boulets rouges ! L'excès, la violence des propos dépassent les bornes et reflètent une forme d'outrance et d'hybris...


Et même le discours qu'a prononcé le président, pour célébrer l'entrée au Panthéon des quatre résistants Pierre Brossolette, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Germaine Tillion et Jean Zay a été l'occasion de railleries, et de lazzis démesurés.

Alors que la nation était invitée à se rassembler dans une situation solennelle, on a entendu çà et là des voix discordantes, des propos méprisants.

Certains parlent d'incapacité, de médiocrité, certains trouvent le chef de l'état ridicule et grotesque !

Il ne faut, quand même, pas tout mélanger ! 

Certes, François Hollande connaît des difficultés dans sa gouvernance : chômage croissant, déficits, incertitudes économiques, mais ce n'est pas le sujet !

Il était question, ici, d'honorer la mémoire de résistants, des héros célébrés par la République.

La sobriété des propos, leur clarté, leur évidence sont tout à l'honneur du président de la République.

Son discours a souligné le parcours exemplaire de ces quatre personnalités, peu soucieuses d'acquérir la gloire, des femmes et des hommes qui incarnent l'esprit de la résistance.

Le président a fait revivre ces héros de la guerre, leur action, leur volonté de s'opposer à l'occupant.

L'hommage a été élargi aux résistants dans leur ensemble, à tous leurs visages, "des glorieux, des anonymes, des français, des étrangers" et il était empli d'émotion.

Le président a mis en valeur le courage de ces héros qui ont su résister à la torture, la refuser, mourir pour la liberté. Ce fut le cas de Pierre Brossolette, interrogé longuement par la gestapo...

Le courage de Germaine Tillion, déportée, a été exaltée, elle qui a su défier le mal, qui a, plus tard, dénoncé la torture en Algérie, qui a fustigé l'esclavage, qui a su prendre la défense des plus faibles...

Le chef de l'état s'est attaché à montrer toute l'énergie déployée par Geneviève de Gaulle-Anthonioz, pour  mettre en avant  l'importance de la solidarité, dans des circonstances difficiles.

Le souvenir, la fidélité à ceux qui sont tombés ou se sont dévoués pour servir la France ne sont-ils pas essentiels ?

La lutte contre la pauvreté ou l'exclusion, menée par Geneviève de Gaulle-Anthonioz fut exemplaire.

Jean Zay, adepte de la démocratisation de l'enseignement, fut à l'origine du centre national de la recherche scientifique, il créa même le festival de Cannes...

François Hollande a stigmatisé, aussi, l'indifférence qui caractérise notre monde et il a affirmé, avec justesse, la nécessité de lutter contre cette indifférence, il a souligné l'importance de l'histoire qui réunit les hommes, qui nous fournit des exemples à méditer.

Bien sûr, on peut reprocher à ce discours sa teneur politique, une certaine façon de justifier l'action du gouvernement, dans le domaine éducatif, par exemple.

Mais, pour le reste, les paroles du président ont su mettre en évidence tout l'honneur porté par ces quatre résistants, leurs actions multiples, au service de la France.

En quoi est-ce ridicule ? En quoi est-ce condamnable ? Le ton solennel convenait à la circonstance, la teneur des propos était de qualité.

Assez de caricature ! Dans des occasions solennelles de rassemblement, de communion, il paraît tout à fait incongru de se livrer à des critiques de façade, à des postures de rejet permanent.

On peut condamner la politique menée par François Hollande mais il est des moments où le respect s'impose, ne serait-ce que pour rendre hommage aux figures de la résistance qui étaient honorées et qui méritaient de l'être !

La France avait, effectivement, "rendez-vous avec le meilleur d'elle-même", comme l'a affirmé le président, au début de son discours... Il est regrettable que certains s'attachent à réduire à néant un hommage si important.


 



 

 

Le Hollande bashing : ça suffit !
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24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 21:04
L'été on allait voir la mer...

 

 

Une chanson consacrée à la figure d'un père qu'on aurait dû mieux aimer, c'est, au fond, l'histoire de chacun d'entre nous...


Comment ne pas être sensible à la vérité de cette chanson  ? Souvent, on ne voit pas les êtres qui vivent à côté de nous, on n'y prête pas assez attention.


Le souvenir d'un père, "au vieux pardessus râpé", hante le poète : associé au verbe "aller", aux saisons contrastées que sont l'hiver et l'été, ce père est l'image d'un ouvrier qui travaille dur, pour gagner sa "graine", c'est bien l'image d'un gagne-petit, qui se léve dans le "petit matin frileux".

L'adjectif "frileux", associé au matin, dans un hypallage, suggère toute la rudesse de l'hiver et du monde du travail.


On perçoit une vie faite d'adversité et de dénuement : un seul jour de repos, le dimanche, des vacances qui se réduisent à "aller voir la mer".

On voit, aussi, le quotidien du personnage : un quotidien morne, "le même autobus de banlieue pris pendant des années", le retour du boulot et le silence dû à la fatigue, à un univers monotone... L'emploi de l'imparfait à valeur itérative, tout au long du texte, restitue cette monotonie : "il s'en allait, on allait voir la mer, il s'asseyait, on ne recevait, il rentrait, on connaissait la chanson, y'avait pas la télé, j'allais chercher."

Et même les dimanches sont faits d'ennuis, dans ce monde où les distractions sont limitées : "on ne recevait jamais personne".

"Les jours de paye" sont, ensuite évoqués, mais sont, aussi, l'occasion de soucis et de révoltes contre les "bourgeois, les patrons", contre celui qu'on appelle "le bon dieu".

Le poète regrette d'avoir fui ce père, cette maison où "il n'y avait pas la télé", pour rechercher à l'extérieur une évasion...

 

Le père et le fils ne se sont pas regardés, pendant des années... Et le regret transparaît à travers l'emploi des conditionnels : 

"J´aurais pu c´était pas malin 
Faire avec lui un bout d´chemin 
Ça l´aurait p´t´-êt´ rendu heureux 
Mon vieux. "

Et l'auteur en vient à évoquer l'adolescence, la jeunesse, une période où "l'on n'a pas le coeur assez grand..."
Quelle vérité dans ces propos ! 

Le texte, écrit dans un langage courant et familier, restitue bien un univers familial simple, le milieu ouvrier : "la graine, le boulot, gueuler, c'est con, la télé, toutes ces choses là..."
L'emploi d'octosyllabes réguliers traduit la monotonie, l'ennui de cette vie de pauvreté et de travail.

Le poème ponctué par l'apostrophe récurrente "mon vieux", un peu familière et péjorative, semble montrer toute la distance qui sépare le père et le fils.

A la fin du texte, le mot "papa" apparaît, enfin, comme une ultime reconnaissance, accompagnée  du regret de l'absence, ce que souligne encore l'utilisation du conditionnel : "j'aimerais."



C'est en 1962 que Michelle Senlis a écrit ce texte "Mon vieux", en hommage à son père, Jean Ferrat l'a mis en musique en 1963. La chanson a été reprise, ensuite, par Daniel Guichard.

 

 

 

 

 

 

 

Photos : Christelle

 

L'été on allait voir la mer...
L'été on allait voir la mer...
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10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 19:02
Flo, la bien nommée...

Cette chanson de Pierre Bachelet, intitulée Flo, est un bel hommage à Florence Arthaud : le texte se présente sous la forme d'un dialogue entre la jeune femme et Pierre Bachelet lui-même... une sorte de dialogue feutré, plein de tendresse...

L'auteur joue sur le prénom, en forme de diminutif, "Flo", qui suggère, bien sûr, les vagues de la mer, chères à la jeune femme... Le poète s'adresse familièrement à elle, il la tutoie, évoquant son prénom et l'associant à "la marée, à Saint Malo"...

Il n'oublie pas de souligner la couleur bleue de ses yeux dans l'expression, emplie de poésie : "sous tes paupières ultra-marines", et il perçoit, dans ce regard, associé à la mer, une impression de solitude, liée à la navigation et aux bateaux...

La réponse de la jeune femme, qui suit, joue, aussi, sur le prénom de l'auteur, Pierre, puisque celui-ci est comparé à "un rocher sur la lande", une sorte de rocher inébranlable qui voit passer "des rivières"...

Le refrain insiste sur l'idée de diversité, de particularité, avec l'emploi répété du pronom indéfini "chacun", chaque être a ses passions, ses affinités, mais, malgré les différences, certains se retrouvent dans une harmonie...

Rochers et oiseaux sont, ainsi, amenés à se retrouver sous "le ciel immense", belle image qui symbolise une sorte d'union et d'amitié entre deux êtres aux goûts divergents..

Guidés par le destin, des mains se croisent, se retrouvent pour se quitter...

Le dialogue se poursuit, avec les propos de la jeune femme qui s'adresse au poète : celle-ci évoque son voilier, comparé à un oiseau qui s'envole, on ressent une impression de liberté, d'évasion, mais en même temps, une forme de fragilité et de cruauté de la vie "j'ai le coeur sans illusion" dit-elle et immanquablement, elle voit le rocher comme un écueil, un danger...

Le dernier couplet nous fait entendre les paroles de l'auteur, en forme d'hommage :

Même si la pluie te mouille parfois
Les vagues tournent autour de toi
C'est toi qui les mènes en bateau...

Le poète suggère la violence des vagues qui déferlent, avec cette image de "la pluie" qui transperce, il nous fait voir une mer menaçante, avec ces vagues qui encerclent la jeune femme... Mais dans le dernier vers, grâce à un subtil jeu de mots, et une expression familière détournée, il montre toute l'habileté, l'adresse de la navigatrice, face à la mer : voilà qu'elle mène les vagues en bateau, qu'elle s'en amuse, les dompte...

La mélodie pleine d'émotion et de tendresse s'adoucit, encore, dans le refrain et unit les deux personnages...


http://dai.ly/x3mq08

Flo, la bien nommée...
Flo, la bien nommée...
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