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23 août 2021 1 23 /08 /août /2021 09:33
La fin des "journées du patrimoine" en Belgique...

 

Non, ce n'est pas une histoire belge, ce n'est pas une blague belge... on annonce la fin des "Journées du patrimoine" à Bruxelles, en Belgique. Pas l’événement en tant que tel, mais sa dénomination !

Le terme "patrimoine" étant jugé sexiste, voire peu inclusif, les autorités bruxelloises, notamment le secrétaire d’État chargé de l’Urbanisme et du Patrimoine, Pascal Smet, et l’administration ont décidé de les rebaptiser "Heritage Days", rapporte le média francophone La Libre , mercredi 18 août.

L’appellation "patrimoine" renvoie, en effet, à l’héritage transmis par le père, selon le secrétaire d’État, le mot patrimoine venant du latin "pater", "le père".

 

Mais, au nom de l'inclusion, à quelles dérives se livre-t-on ?

Faudrait-il ne plus utiliser aussi les mots "patrie, expatrier, rapatrier, patronyme" ?

 

Que dire aussi de l'emploi d'une expression anglaise "Heritage Days" pour remplacer le joli mot venu du latin "patrimoine" ?

Faut-il renier notre histoire, notre langue, notre culture ?

Alors que la langue anglaise s'impose toujours un peu plus sur internet, alors qu'elle se fait de plus en plus présente sur les affiches, dans le langage publicitaire, il faut refuser ces intrusions.

 

On assiste à une véritable invasion de la langue anglaise sur internet : les publicitaires ont constamment recours à des termes venus d'outre-Manche...

"French days, it-shoes, slingback, fashion news, sense of seduction, battle de look, sun is back, c'est le moment de shopper..." j'en passe et des meilleures...

 

Quelle est cette mode stupide à laquelle les gens se conforment ?

Notre chef de l'état lui-même, Emmanuel Macon a volontiers recours à des termes anglais.

 

Avec la crise du coronavirus, on a vu  aussi se développer et se multiplier nombre d'anglicismes...

Avant l'épidémie, nous n'avions jamais entendu ce terme "cluster" utilisé dans le jargon scientifique. Les hommes politiques l'ont rapidement adopté.

Les mots "care", "tracking" sont aussi à la mode...

 

Quant à la mode "inclusive", à la culture victimaire, elle envahit aussi tous les secteurs de la société : l'orthographe devrait être plus inclusive, nous dit-on ..."le racisme dominerait dans l'art, l'école, la musique classique, trop blanche et inadaptée à la diversité ethnique...", comme l'écrit Pascal Bruckner.

Un pur délire !

"Voir du racisme ou du sexisme partout, c'est vivre dans un univers paranoïaque", comme l'écrit fort justement le politologue Pierre-André Taguieff.

 

 

 

 

Source :

 

https://www.lepoint.fr/europe/belgique-pas-assez-inclusives-les-journees-du-patrimoine-rebaptiseesbelgique-pas-assez-inclusives-les-journees-du-patrimoine-rebaptisees-19-08-2021-2439494_2626.php

La fin des "journées du patrimoine" en Belgique...
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4 juin 2021 5 04 /06 /juin /2021 11:25
L'aubépine en fleur fut mon premier alphabet...

 

"L'aubépine en fleur fut mon premier alphabet.", a écrit René Char, "lui qui est né à l'Isle-sur-Sorgue, bourg vauclusien où tournent, inlassables, de grandes roues de bois moussu sur les multiples bras de la Sorgue qui traverse la ville. Une partie de l'œuvre de René Char est ha­bitée par ce pays de Provence et y prend source..."

 

L'aube et l'épine réunies en un seul mot ! Belle association ! L'aubépine nous fait rêver à des aurores naissantes, à la lumière qui marque le début du jour, à la blancheur de l'aube qui réveille le monde, et voit s'épanouir de nouvelles couleurs...

 

"Alba spina", "la blanche épine" suscite notre admiration : fleurs blanches, très lumineuses, éclaboussées de petits pistils bondissants, aux couleurs de xanthe, épines acérées, sauvages, l'aubépine fleurit dans la nature.

 

Eclats de blancs sur le feuillage, embruns lumineux, la fleur et le mot rayonnent, éclairent le monde ! 

Albe fleur spineuse ! Douces lueurs d'aubépine !

 

Issue de deux mots latins "alba" et " spina", l'aubépine signifie, donc, étymologiquement la "blanche épine"....

 

"Albatros, aube, album, aubade, Albion, albumine" : de nombreux mots contiennent le même radical évoquant l'idée de lumière, de blancheur...

 

L'aubépine, arbuste méditerranéen, se caractérise par ses petites fleurs blanches.

 

Avec ses consonnes labiales sonore et sourde, "b" et "p", ses voyelles variées, le mot resplendit de sonorités éclatantes.

 

Espèce sauvage, l'aubépine, symbole de liberté, d'élégance, aux fleurs blanches pleines de délicatesse attire tous les regards...

Mais, la blanche épine, espèce rebelle, couverte d'épines acérées ne se laisse pas facilement approcher.

Proche de l'églantier, de la rose sauvage, l'aubépine se couvre comme elle d'aiguilles acérées...

 

L'églantier qui appartient à la même famille se caractérise, aussi, par ses aiguilles... Le mot comporte encore un radical latin "aculeus" qui désigne un aiguillon, un dard...

 

 

L'aubépine évoque, forcément, des images d'aube naissante, le point du jour qui s'éveille, une lumière qui surgit, dans des éclats de rose et de blanc.

L'aubépine devient l'image de "l'aurore aux doigts de rose"....

La blancheur de l'aubépine, sa luminosité suggèrent des visions de pureté, de limpidité, de candeur éclatante....

Comme la blancheur du lys, du gardénia, de la fleur de syrinx, et de tant de fleurs : anémone, cattleya, ipomée, fleur de lune, narcisse, anthémis, fleurs blanches de l'aube....

 

 

 

 

Photos : Pixabay

L'aubépine en fleur fut mon premier alphabet...
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21 mai 2021 5 21 /05 /mai /2021 09:14
Moutons, canaille, sotte espèce !

 

- "Sire, dit le Renard, vous êtes trop bon Roi ;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse ;
Eh bien, manger moutons, canaille, sotte espèce,
Est-ce un péché ? Non, non. Vous leur fîtes Seigneur
En les croquant beaucoup d'honneur."

 

Tel est le discours du renard dans la fable Les Animaux malades de la peste... 

La Fontaine, dans cette fable,  met en scène un procès truqué au cours duquel on cherche un coupable, une victime expiatoire, lorsqu'une maladie, la peste, se déclare. Le lion, le Roi des animaux vient d'avouer qu'il a dévoré "force moutons" et qu'il lui est même arrivé de manger le berger...

Mais le Renard, en courtisan rusé, le disculpe : il n'a fait que dévorer de "la canaille".

 

"Canaille, racaille, valetaille, marmaille", autant de termes péjoratifs qui comportent la même finale, à valeur dévalorisante...

 

Ainsi, Maupassant écrit au début de la nouvelle intitulée "Aux champs" : "Les deux chaumières étaient côte à côte, au pied d'une colline, proches d'une petite ville de bains. Les deux paysans besognaient dur sur la terre inféconde pour élever tous leurs petits. Chaque ménage en avait quatre. Devant les deux portes voisines, toute la marmaille grouillait du matin au soir."

 

Ces noms ont, de plus, une valeur collective et englobent plusieurs personnes...

Ces mots résonnent, pourtant de sonorités éblouissantes : voyelle "a" réitérée, gutturales variées, dentale, fricative...

Ces mots appartiennent souvent au peuple et désignent parfois, le peuple...

"La canaille" désigne la "vile populace", le petit peuple souvent méprisé par les grands de ce monde...

 

"La marmaille" s'applique à un groupe d'enfants souvent modestes, pauvres, sans ressources.

 

J'aime ces mots familiers et populaires, j'aime leurs éclats, leur gouaille !

 

La canaille est pourtant un terme à l'origine péjoratif : formé sur le mot  latin "canis", le chien, ce terme renvoie au monde animal, par l'emploi de ce mot, l'homme est ravalé au rang d'un animal, méprisé, avili...

Ce terme plein d'expressivité dans son radical, avec le suffixe -aille dit l'essentiel : un certain mépris pour le peuple, la piétaille !!

 

Bien sûr, il existe, aussi, de vraies "canailles", des bandits, des escrocs de bas étage : eux méritent le mépris et le rejet....

 

Ce mot oscille entre sympathie et dégoût : formation populaire, il fait tout de même résonner la voix du peuple, on entend ce langage haut en couleurs qui est celui du peuple !

 

"Bafouille, bâfrer, bastonner, cagnard, clébard, emmouscailler, décarcasser... flicaille, rouste, mariole, mouscaille, etc."

Que de mots évocateurs ! On aime ces sonorités familières, ce verbe populaire, celui de Céline et de Rabelais...

 

On apprécie ce parler qui rayonne, qui nous charme de mots différents : on perçoit, là, une vraie inventivité dans les suffixations, les sonorités....

Ces mots chantent, et disent la voix du peuple.

Ces mots reflètent aussi les difficultés du peuple déconsidéré, mis à mal, déprécié...

 

 

 

 

 

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28 avril 2021 3 28 /04 /avril /2021 08:41
Le monde n'a jamais manqué de Charlatans...


 

"Le monde n'a jamais manqué de Charlatans : 
       Cette science, de tout temps,
       Fut en Professeurs très fertile.
 Tantôt l'un en théâtre affronte l'Achéron, 
       Et l'autre affiche par la ville
       Qu'il est un passe-Cicéron." 
       

 

Tel est le début de la fable de La Fontaine, intitulé Le Charlatan : l'auteur y dépeint un beau parleur qui trompe son monde et s'en amuse....
  

Le mot "charlatan" nous fait entendre toute la roublardise de celui qui parle ; il a la "tchatche", le charlatan...Il nous berce de mots illusoires et trompeurs...

Le mot lui-même, avec la chuintante initiale pleine de douceurs, sa voyelle réitérée "a" qui souligne un flot continu de paroles, sa gutturale "r", assez rude, la dentale "t" éclatante suggère bien toute la rouerie du charlatan...

La voyelle nasalisée "an", à la fin du mot montre aussi toute la duplicité du personnage qui parvient à vous emporter dans ses mensonges illusoires !

 

Le charlatan nous éblouit de mots étonnants, il nous subjugue dans des enroulements de phrases qui n'en finissent pas.

Voilà un mot qui nous parle, par ses sonorités, un mot qui résonne d'éclats variés et redondants en même temps !

 

Le charlatan aime redire, il goûte les mots, les enchante de ses envolées de phrases.

Quel mot éloquent ! Un mot comme je les aime, si évocateur !

Ce nom est emprunté à l'italien "ciarlatano, charlatan", issu du verbe "ciarlare, bavarder, jaser".

 

Vendeur ambulant de toutes sortes de produits qu’il débite en déballant toutes sortes de boniments sur les places publiques, le charlatan fait beaucoup de bruits.

Il fait rayonner des discours tonitruants, il use d'hyperboles, de termes élogieux pour vanter sa marchandise...

Personnage haut en couleurs, plein de faconde, le charlatan s'apparente à un bateleur qui joue des rôles, interpelle le public, attire l'attention par toutes sortes de moyens...

 

Le mot a pris, aussi, un sens péjoratif, il désigne une personne qui abuse de la crédulité des gens, qui leur soutire même de l'argent, en abusant de leur naïveté...

Le charlatanisme a encore de beaux jours devant lui : rebouteux, magiciens, mages connaissent encore bien du succès de nos jours...

 

Ainsi, en temps de pandémie, de nombreux charlatans profitent du Covid pour tromper leur monde...

Leurs remèdes sont illusoires : on pourrait se protéger du Covid-19 en jeûnant, en buvant des tisanes ou en prenant des bains froids : la peur engendrée par la crise sanitaire actuelle sert de terreau aux arnaques et aux dérives sectaires.

"Le coronavirus a été un accélérateur du complotisme, notamment lié à la santé", déplore Tristan Mendès France, maître de conférences à l'Université de Paris et spécialiste des cultures numériques.

Il faut dire que les messages contradictoires de nos gouvernants, leurs incertitudes, notamment sur l'efficacité du port du masque, ont largement contribué à l'explosion des théories du complot.

Les fausses nouvelles médicales ont proliféré. L'automédication à la chloroquine a provoqué des décès et des placements en réanimation.


 

Le charlatan sait user du langage pour "rouler" les autres, ce beau parleur peut être, parfois, intéressé et dangereux.

 

Mais comment ne pas aimer ce mot "le charlatan", aux origines italiennes si parlantes, aux sonorités si éclatantes et révélatrices ?

Quel mot ! Quelles résonances !

 

 

La fable de La Fontaine :

 

http://www.la-fontaine-ch-thierry.net/charlatan.htm

 

Source :

 

https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/enquete-ces-coachs-et-therapeutes-qui-profitent-du-covid-19_4343305.html

  

 
 


 

Le monde n'a jamais manqué de Charlatans...
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26 avril 2021 1 26 /04 /avril /2021 11:05
La culture victimaire : l'orthographe clouée au pilori...

 

 

Pénaliser les élèves qui ne maîtrisent pas l'orthographe ? Ce serait là "une pratique élitiste et excluante", selon l'université de Hull, en Angleterre.

Cette faculté anglaise a enjoint à ses enseignants de ne pas sanctionner les erreurs à l'écrit des élèves. Une manière de "décoloniser" le programme scolaire et d'assurer l'égalité des chances entre les étudiants.

Le langage académique reposerait sur un mode d'expression "homogène, nord européen, blanc, masculin, élitiste et dépendant d'un haut niveau de maîtrise technique de l'anglais écrit et oral."

 

Mais, enfin, négliger l'orthographe, la grammaire, c'est faire fi de toute une culture, tout un passé.


Depuis des années, l'enseignement de l'orthographe a été négligé, en France : faut-il donc s'étonner de voir des adultes diplômés méconnaître les règles élémentaires de l'orthographe et de la grammaire ?

L'orthographe est pourtant un code essentiel : il assure la compréhension d'un texte.

Bien sûr, ce code exige des efforts dans son apprentissage : il faut mémoriser des règles, des mots. Ces efforts seraient-ils superflus ?


Un texte mal orthographié offre peu de lisibilité, est parfois incompréhensible : langage internet, abréviations, grosses fautes d'accord, mots déformés, mal utilisés, barbarismes, solécismes nuisent à une bonne compréhension du message.

 

La cancel culture fait des ravages : même la langue n'est pas épargnée.

Comme l'écrit Pascal Bruckner, "Les difficultés de la langue française sont, comme dans les années 1990-1991, vues par certains comme "une insulte à l'égalité" pour toutes les personnes d'origine immigrée."

"Le racisme dominerait dans l'art, l'école, la musique classique, trop blanche et inadaptée à la diversité ethnique..."

 

Mais où en arrive-t-on ?

Notre langue est issue d'un long passé historique : c'est un témoignage précieux de tous ceux qui nous ont précédés.

D'ailleurs, notre langue française est faite de différents apports culturels : c'est ce qui en fait la richesse, une forme de diversité.

Il y a bien sûr, l'apport de la culture gréco-latine, mais aussi de nombreux emprunts linguistiques. Dès le début de son existence, vers le XIe siècle, l'ancien français a commencé à emprunter des mots à l'arabe, à l'allemand, au néerlandais, à l'italien, etc. Dans la Gaule soumise par les Francs, le gallo-roman a massivement emprunté à la langue franque appelée «germanique». Tout au long de son histoire, le français a emprunté des milliers de mots à plusieurs autres langues, mais il en a aussi donné à d'autres avec lesquelles il a été en contact.

 

Ce n'est pas par hasard si le mot "orthographe" s'écrit de cette façon : le mot vient, bien sûr, du grec ancien avec ses graphies caractéristiques : "th, ph".

Il est essentiel de distinguer dans la graphie ces homophones : "c'est, s'est, ces, ses, sais, sait" ou encore : "m'as, m'a, ma, mat".

Ne pas le faire contribue à brouiller les messages.

Et on pourrait multiplier les exemples !

 

 

https://www.lepoint.fr/societe/les-professeurs-ne-devraient-pas-sanctionner-les-fautes-d-orthographe-13-04-2021-2422106_23.php

 

 

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15 mars 2021 1 15 /03 /mars /2021 13:14
Dix mots qui ne manquent pas d'air !

 

Dans le cadre de la semaine de la langue française : du 13 au 21 mars...

 

L'air, c'est ce que nous ne voyons pas, entouré de mystère : connaissons-nous vraiment cet air que nous respirons ?

L'air, c'est pourtant ce qui est vital, essentiel, comme l'eau...

L'air, c'est aussi le domaine des oiseaux : quand Arcimboldo veut représenter l'air, il peint un visage chargé d'oiseaux de toutes sortes.

Que de mots sont associés à l'air ! Que de mots qui ne manquent pas d'air !

 

Pour peu qu'on mette le nez en l'air, on peut admirer les "ailes" des oiseaux qui permettent le vol : magnifiques images d'oiseaux planant dans le ciel ! Images de liberté, de voyages lointains vers des mondes inaccessibles.

Le mot "aile" nous vient du latin "ala" : il a traversé le temps comme un témoignage du passé...

 

Les ailes n'offrent-elles pas aussi la possibilité de se déplacer à toute "allure" ? Un dérivé du verbe "aller", lui-même venu sans doute d'un verbe latin "alo", réduction d'un autre verbe : "ambulo".

 

Nous pouvons alors, les yeux levés vers le ciel, comme on le dit familièrement, "buller", paresser,  en contemplant les oiseaux du ciel : un moyen de se détendre, de rêver...

 A l'origine de ce mot, encore un terme latin bulla, « bulle » la "bulla" latine était une petite sphère d'or que les fils de patriciens portaient autour du cou jusqu'à l'âge de 17 ans.

 

En admirant les oiseaux, on a envie de "décoller", de s'imaginer en train de voler dans les airs : qui n'en a jamais rêvé ?

 

On peut se laisser alors porter par les ailes du vent... par l'énergie "éolienne"...

Et l'on retourne encore, avec ce mot, dans l'antiquité où Eole était le dieu des vents... Dans la mythologie grecque, Éole (en grec ancien Αἰόλος / Aiolos) est le maître et le régisseur des vents.

Eole, le mouvant, le tournoyant, le versatile...

 

Il peut être doux, apaisant comme le "Foehn",  un vent sec et chaud de secteur sud,  mais il peut être aussi tempétueux, violent, comme le Mistral, le vent magistral...

Encore des mots issus du latin : "favonius, vent doux" et "magistralis, de maître"...

 

Tous ces mots aériens nous "insufflent" des envies de voyage, des visions d'îles lointaines, de paysages à découvrir...

Tous ces mots aériens nous font voir des nuées "vaporeuses", aux teintes légères et nuancées.

L'adjectif "vaporeux" a également une origine latine : "vapor".

 

On respire ainsi  un air purifié, des "fragrances" nouvelles surgissent... un mot latin encore, venu du verbe "fragrare, sentir bon".

 

On est bien loin alors du plancher des vaches !

Loin du monde ordinaire soumis à des soucis, des tracas.... on est bien loin du quotidien, loin des contingences du monde moderne, on s'aère l'esprit, on oublie toutes les contraintes qui nous sont imposées par le travail.

Ce voyage aérien nous a aussi permis de percevoir l'omniprésence du latin et du grec dans notre belle langue française.

 

 

 

Les dix mots :

 

Aile (nom)
Allure (nom)
Buller (verbe)
Chambre à air (nom)
Décoller (verbe)
Éolien (adj.)
Foehn (nom)
Fragrance (nom)
Insuffler (verbe)
Vaporeux (adj.)

 

 

https://semainelanguefrancaise.culture.gouv.fr/

 

http://www.dismoidixmots.culture.fr/ressources/la-thematique-dis-moi-dix-mots-qui-ne-manquent-pas-dair

Dix mots qui ne manquent pas d'air !
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22 janvier 2021 5 22 /01 /janvier /2021 12:21
Jà la gaie alouette au ciel a fredonné...

 

"Marie, levez-vous, ma jeune paresseuse :
Jà la gaie alouette au ciel a fredonné,
Et jà le rossignol doucement jargonné,
Dessus l'épine assis, sa complainte amoureuse." 
s'exclame le poète des Amours, Ronsard...

 

Issu du latin "alauda", d'origine gauloise, le nom de l'alouette vient de l'ancien français, "aloe" avec l'ajout d'un suffixe de diminutif -ette.

L'alouette, petit oiseau passereau terrestre brunâtre, au bec mince, vit de grain et fait son nid dans les plaines.

Un plumage chamarré, un oeil malicieux, une petite huppe sur la tête, cet oiseau produit un chant très mélodieux...

Le nom lui-même chante de sa syllabe finale, de son suffixe de diminutif, à valeur affective.... "Fillette, noisette, maisonnette, fauvette, gentillette", autant de mots pleins de charmes, suscitant la sympathie.

 

Le terme "alouette" avec ses voyelles variées n'est-il pas plein d'éclats ?

 

"Bergeronnette, alouette, fauvette, tourterelle, hirondelle", voilà des mots, des noms d'oiseaux qui chantent...

 

Tous ces noms forment un concert de sonorités : en écoutant les oiseaux, on entend le chant du monde, des voix diverses venues des bois, secrètes et mystérieuses....

 

Roulades, trilles, éclats soyeux des voix des oiseaux...

 

Associés à la complainte amoureuse, les oiseaux jargonnent de beaux refrains et leur nom est souvent comme une chanson, avec des échos sonores, des finales féminines...

 

En grec ancien, l'alouette est désignée par le nom "korudos" , sans doute une référence à l'alouette huppée qui porte un petite panache sur la tête, une sorte de "casque" : c'est le sens du terme "korus", en grec...

 

Le mot "korudos", moins poétique que notre alouette, comporte tout de même un bel écho de voyelles "o" redondantes...

 

L'alouette, elle-même, a été souvent chantée et célébrée...

Qui ne connaît la célèbre comptine "Alouette, je te plumerai" ?

Ou encore la chanson de Gilles Dreu "Alouette"...

"Alouette, alouette
L'été est fini
Pauvre petite bête
Je suis ton ami
Alouette, alouette
Je te comprends bien
Moi aussi j'ai en tête
Beaucoup de chagrin
Dans les blés de la plaine
Lorsque tu chantais
Auprès de Madeleine
Moi je m'endormais
Dans l'eau de cette source
Nous buvions tous trois
La vie était si douce
Si pleine de joie
Alouette, alouette"

 

"L'alouette est la fille du jour : dès qu'il commence, quand l'horizon s'empourpre, elle part du sillon comme une flèche, et porte au ciel l'hymne de joie. Sainte poésie, fraîche comme l'aube, pure et gaie comme un coeur d'enfant ! Cette voix sonore, puissante, donne le signal aux moissonneurs. "Il faut partir, dit le père, n'entendez-vous pas l'alouette ?"... écrit Jules Michelet.

 

L'alouette est donc associée au travail, au début de la journée : c'est elle qui en lance le signal, en chantant au point du jour.


"L’alouette possède aussi la particularité de monter très haut dans le ciel et de se laisser tomber brusquement vers le sol telle une pierre. Cette caractéristique symbolise l’union des deux forces antagonistes engendrées par le monde céleste et le monde terrestre. Messagère, elle tisse le lien entre les dieux ouraniens et les divinités chthoniennes."

 

L’alouette est, dans les croyances populaires, un oiseau de bon augure. Elle est un attribut de Cérès ou Déméter et un oiseau sacré pour les Gaulois.

 

Elle symbolise encore l’allégresse, l’ardeur juvénile, l’élan vers la joie.

 

 

 

Le poème de Ronsard :

https://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/Poemes/pierre_de_ronsard/marie_levez-vous_ma_jeune_paresseuse

  

 

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4 janvier 2021 1 04 /01 /janvier /2021 13:24
Quand les selfies de vaccins envahissent la toile...

 

Aux États-Unis, de plus en plus de personnes postent leur "vaxxie", un selfie de leur vaccin contre le Covid-19, sur les réseaux sociaux...

Le "vaxxie", tiens ! encore un nouveau mot lié au coronavirus !

Confinement, cluster, présentiel, distanciel.... que de mots et de situations inédites générés par le Covid !

 

 Des personnalités comme Joe Biden, 46e président des États-Unis, sa vice-présidente Kamala Harris ou l'immunologue américain Anthony Fauci ont publié une photographie ou une vidéo de leur vaccination contre le coronavirus.

En France, en revanche, on ne voit pas beaucoup de politiques montrer l'exemple.

 

Il faut dire que les nouveaux vaccins ARN peuvent susciter la méfiance : qu'en est-il des effets secondaires à long terme ?

 

Aux Etats-Unis, la pandémie fait plus de ravages que jamais... plus de 3500 morts quotidiennement, ces derniers jours.

Moins de 3 millions de personnes vaccinées au USA : beaucoup d'états n'ont pas les moyens pour embaucher du personnel, payer des heures supplémentaires, ouvrir des sites de vaccination.

Les hôpitaux sont aussi débordés par le rebond épidémique.

On apprend que deux Américains sur 10 n'ont pas l'intention de se faire vacciner.

Dans l'état conservateur de l' Ohio, le gouverneur affirme que 60% des employés des maisons de retraite ont déjà refusé de se faire vacciner !

C'est un problème !

Dès lors, les selfies de vaccins peuvent-ils avoir une utilité ? il s'agit de convaincre les plus réticents, de les inciter à se faire vacciner.

 

En France, même pas un tiers des soignants se vaccine aujourd'hui contre la grippe !

Pourquoi ? Les soignants devraient donner l'exemple... mais il semble qu'ils sont eux-mêmes peu convaincus de la fiabilité, de l'utilité ou de l'innocuité de certains vaccins.

 

Olivier Véran annonce que le gouvernement va "accélérer" en direction des publics prioritaires, avec la possibilité pour les soignants de 50 ans et plus de se faire vacciner "dès lundi"...  "Soyez rassurés. La campagne vaccinale va bientôt prendre de l'ampleur", a ajouté Olivier Véran, assurant que la France sait "organiser une vaccination de masse."

 

Mais, combien de soignants accepteront de se faire vacciner ?

On le saura peut-être prochainement...

 

 

 

 

 

 

Sources :

 

https://www.lepoint.fr/sante/etats-unis-les-vaxxies-selfies-des-vaccins-envahissent-les-reseaux-sociaux-01-01-2021-2407851_40.php#xtmc=selfies-de-vaccins&xtnp=

 

à 7 minutes :

 

https://www.franceculture.fr/emissions/journal-de-18h/journal-de-18h-emission-du-vendredi-01-janvier-2021

Quand les selfies de vaccins envahissent la toile...
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18 décembre 2020 5 18 /12 /décembre /2020 12:36
Quand les fêtards, les noctambules, les bambochards deviennent de plus en plus suspects...

 

Le fêtard n'a pas la cote, encore plus en ces temps de pandémie et de confinement...

En temps ordinaire, le suffixe -ard le disqualifie et le discrédite déjà... et avec l'épidémie, le voilà totalement désavoué...

 

Ce suffixe "-ard", on le connaît bien, il a été particulièrement productif puisqu'on le trouve dans nombre de mots : "bâtard, bavard, , braillard, cabochard, chauffard, clochard, connard, cornard, cossard, couard, flemmard, froussard, gueulard, jobard, loubard, mouchard, nullard, pantouflard, pétochard, pleurnichard, pochard, poissard, richard, ringard, salopard, scribouillard, snobinard, tocard, trouillard, tubard, vachard."

On perçoit, aussi, le niveau de langue auquel appartiennent ces termes : issus du vocabulaire populaire ou familier, ils sont utilisés souvent pour discréditer, critiquer, dénoncer.

 

Désormais, on traque les fêtards, on pourchasse les noctambules et les bambochards...

On les menace de sanctions exemplaires...

 

Ainsi, samedi 12 décembre, une soirée clandestine a réuni plus de 500 "fêtards" à Marseille. La police a dû intervenir.

La plupart des participants ont été verbalisés pour violation du confinement : l'amende s'élevait à 135 euros. D'autres soirées clandestines ont eu lieu à Paris, à Nantes et Strasbourg.

 

En temps de pandémie, est-il raisonnable de se rassembler ainsi en foule pour faire la fête ?

D'autant que ces fêtes donnent lieu à des débordements : on parle de "fiesta extravagante", de "drogue", "d'alcool", "une orgie géante a même été organisée en Belgique"...

"À quelques kilomètres de la frontière française, à Saint-Mard, la police est tombée sur une partie fine géante réunissant plus de 50 personne. La plupart des individus seraient français.

Comme le rapporte le journal local La Meuse, la "partouze géante" qui devait être une simple fête d'anniversaire s'est transformée en une immense orgie." 

Alors, là, les fêtards ont fait fort !

 

Le maire de la commune s'est dit scandalisé suite à cette affaire en plein confinement. "Que viennent-ils faire chez nous ? C'est interdit ! J'en ai marre. Cela est déjà arrivé, mais ici cela prend d'autres proportions. C'est totalement irresponsable..."

En effet, c'est intolérable !

 

Ces fêtards ne prennent pas la mesure de leur conduite : ils risquent de se contaminer et de propager le virus dans leur entourage...

Vouloir faire la fête à tout prix, c'est un manque total de responsabilité...

Avec le couvre-feu, finis les noctambules, finis les gros fêtards...

Enfin, on ne sait pas : certains sont prêts à tout pour se distraire, même à contourner la loi...

La fête devient un symbole de tout ce qui est interdit, elle devient clandestine.

Pour le plaisir de transgresser...

 

 

 

Sources :

https://www.franceculture.fr/emissions/affaire-en-cours/affaires-en-cours-du-lundi-14-decembre-2020

 

https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/confinement/marseille-une-fete-clandestine-reunit-plusieurs-centaines-depersonnes_4218363.html

 

 

 

Quand les fêtards, les noctambules, les bambochards deviennent de plus en plus suspects...
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13 juillet 2020 1 13 /07 /juillet /2020 08:32
BAC 2020 : encore des chiffres record !

 

 

Qui dit mieux ? Le taux de réussite au baccalauréat atteint, cette année, le chiffre record de 95, 7 % ... soit 7,6 points de plus qu'en 2019 !

En raison de la crise du coronavirus, les épreuves finales ont été supprimées et seules ont compté les notes des premier et deuxième trimestres pour la délivrance de l'examen.

 

Un baccalauréat réduit à sa plus simple expression... un baccalauréat dont on perçoit de plus en plus les limites : un examen qui n'a plus de valeur et qui perd sa signification.

Un baccalauréat bradé, devenu une formalité à la fin des années d'études au lycée.

 

Chaque année, les consignes d'indulgence venant des inspecteurs jouent un rôle non négligeable : il faut veiller à atteindre une certaine moyenne et corriger éventuellement les notes si cette moyenne n'est pas atteinte.

 

Mais est-ce rendre service aux élèves ?

Arrivés à l'université, nombre d'entre eux sont incapables de mener à bien des études supérieures.

Des lacunes en grammaire, en langue française, des difficultés en orthographe, certains élèves arrivent en classe de seconde sans avoir le niveau requis.

Il faudrait remettre à l'honneur ces disciplines trop longtemps négligées dans le primaire et les classes de collège : apprentissage rigoureux de l'orthographe et de la grammaire.

 

Il est d'usage, au début de chaque année, de se réjouir, dans les établissements scolaires, des résultats mirobolants du baccalauréat : congratulations aux enseignants, autosatisfaction, publication et commentaires élogieux des résultats.

Quel cirque ! Quel battage !

 

Les lycées sont ainsi dirigés comme des entreprises : il s'agit pour chaque lycée d'obtenir les meilleurs résultats au baccalauréat, quitte à fausser les résultats, car de plus en plus on incite les professeurs à valoriser les copies, à être indulgents.

Les enseignants eux-mêmes sont en concurrence : ils doivent se battre pour obtenir les meilleures classes quitte à faire la cour aux chefs d'établissement.

Ils doivent lutter entre eux pour attirer un maximum d'élèves vers des enseignements optionnels, quitte à faire preuve de démagogie...

Ils se transforment même parfois en publicitaires chargés de faire l'éloge de leur discipline devant les parents d'élèves.

 

On oublie l'essentiel : la formation des élèves, la rigueur des apprentissages.

A quand le bac universel donné à tous les élèves ? Cette année, on n'en est pas loin...

 

 

 

https://www.lefigaro.fr/flash-actu/bac-2020-le-ministere-annonce-un-taux-de-reussite-de-95-7-apres-rattrapage-20200711

 

 

 

BAC 2020 : encore des chiffres record !
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