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15 mars 2021 1 15 /03 /mars /2021 13:14
Dix mots qui ne manquent pas d'air !

 

Dans le cadre de la semaine de la langue française : du 13 au 21 mars...

 

L'air, c'est ce que nous ne voyons pas, entouré de mystère : connaissons-nous vraiment cet air que nous respirons ?

L'air, c'est pourtant ce qui est vital, essentiel, comme l'eau...

L'air, c'est aussi le domaine des oiseaux : quand Arcimboldo veut représenter l'air, il peint un visage chargé d'oiseaux de toutes sortes.

Que de mots sont associés à l'air ! Que de mots qui ne manquent pas d'air !

 

Pour peu qu'on mette le nez en l'air, on peut admirer les "ailes" des oiseaux qui permettent le vol : magnifiques images d'oiseaux planant dans le ciel ! Images de liberté, de voyages lointains vers des mondes inaccessibles.

Le mot "aile" nous vient du latin "ala" : il a traversé le temps comme un témoignage du passé...

 

Les ailes n'offrent-elles pas aussi la possibilité de se déplacer à toute "allure" ? Un dérivé du verbe "aller", lui-même venu sans doute d'un verbe latin "alo", réduction d'un autre verbe : "ambulo".

 

Nous pouvons alors, les yeux levés vers le ciel, comme on le dit familièrement, "buller", paresser,  en contemplant les oiseaux du ciel : un moyen de se détendre, de rêver...

 A l'origine de ce mot, encore un terme latin bulla, « bulle » la "bulla" latine était une petite sphère d'or que les fils de patriciens portaient autour du cou jusqu'à l'âge de 17 ans.

 

En admirant les oiseaux, on a envie de "décoller", de s'imaginer en train de voler dans les airs : qui n'en a jamais rêvé ?

 

On peut se laisser alors porter par les ailes du vent... par l'énergie "éolienne"...

Et l'on retourne encore, avec ce mot, dans l'antiquité où Eole était le dieu des vents... Dans la mythologie grecque, Éole (en grec ancien Αἰόλος / Aiolos) est le maître et le régisseur des vents.

Eole, le mouvant, le tournoyant, le versatile...

 

Il peut être doux, apaisant comme le "Foehn",  un vent sec et chaud de secteur sud,  mais il peut être aussi tempétueux, violent, comme le Mistral, le vent magistral...

Encore des mots issus du latin : "favonius, vent doux" et "magistralis, de maître"...

 

Tous ces mots aériens nous "insufflent" des envies de voyage, des visions d'îles lointaines, de paysages à découvrir...

Tous ces mots aériens nous font voir des nuées "vaporeuses", aux teintes légères et nuancées.

L'adjectif "vaporeux" a également une origine latine : "vapor".

 

On respire ainsi  un air purifié, des "fragrances" nouvelles surgissent... un mot latin encore, venu du verbe "fragrare, sentir bon".

 

On est bien loin alors du plancher des vaches !

Loin du monde ordinaire soumis à des soucis, des tracas.... on est bien loin du quotidien, loin des contingences du monde moderne, on s'aère l'esprit, on oublie toutes les contraintes qui nous sont imposées par le travail.

Ce voyage aérien nous a aussi permis de percevoir l'omniprésence du latin et du grec dans notre belle langue française.

 

 

 

Les dix mots :

 

Aile (nom)
Allure (nom)
Buller (verbe)
Chambre à air (nom)
Décoller (verbe)
Éolien (adj.)
Foehn (nom)
Fragrance (nom)
Insuffler (verbe)
Vaporeux (adj.)

 

 

https://semainelanguefrancaise.culture.gouv.fr/

 

http://www.dismoidixmots.culture.fr/ressources/la-thematique-dis-moi-dix-mots-qui-ne-manquent-pas-dair

Dix mots qui ne manquent pas d'air !
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22 janvier 2021 5 22 /01 /janvier /2021 12:21
Jà la gaie alouette au ciel a fredonné...

 

"Marie, levez-vous, ma jeune paresseuse :
Jà la gaie alouette au ciel a fredonné,
Et jà le rossignol doucement jargonné,
Dessus l'épine assis, sa complainte amoureuse." 
s'exclame le poète des Amours, Ronsard...

 

Issu du latin "alauda", d'origine gauloise, le nom de l'alouette vient de l'ancien français, "aloe" avec l'ajout d'un suffixe de diminutif -ette.

L'alouette, petit oiseau passereau terrestre brunâtre, au bec mince, vit de grain et fait son nid dans les plaines.

Un plumage chamarré, un oeil malicieux, une petite huppe sur la tête, cet oiseau produit un chant très mélodieux...

Le nom lui-même chante de sa syllabe finale, de son suffixe de diminutif, à valeur affective.... "Fillette, noisette, maisonnette, fauvette, gentillette", autant de mots pleins de charmes, suscitant la sympathie.

 

Le terme "alouette" avec ses voyelles variées n'est-il pas plein d'éclats ?

 

"Bergeronnette, alouette, fauvette, tourterelle, hirondelle", voilà des mots, des noms d'oiseaux qui chantent...

 

Tous ces noms forment un concert de sonorités : en écoutant les oiseaux, on entend le chant du monde, des voix diverses venues des bois, secrètes et mystérieuses....

 

Roulades, trilles, éclats soyeux des voix des oiseaux...

 

Associés à la complainte amoureuse, les oiseaux jargonnent de beaux refrains et leur nom est souvent comme une chanson, avec des échos sonores, des finales féminines...

 

En grec ancien, l'alouette est désignée par le nom "korudos" , sans doute une référence à l'alouette huppée qui porte un petite panache sur la tête, une sorte de "casque" : c'est le sens du terme "korus", en grec...

 

Le mot "korudos", moins poétique que notre alouette, comporte tout de même un bel écho de voyelles "o" redondantes...

 

L'alouette, elle-même, a été souvent chantée et célébrée...

Qui ne connaît la célèbre comptine "Alouette, je te plumerai" ?

Ou encore la chanson de Gilles Dreu "Alouette"...

"Alouette, alouette
L'été est fini
Pauvre petite bête
Je suis ton ami
Alouette, alouette
Je te comprends bien
Moi aussi j'ai en tête
Beaucoup de chagrin
Dans les blés de la plaine
Lorsque tu chantais
Auprès de Madeleine
Moi je m'endormais
Dans l'eau de cette source
Nous buvions tous trois
La vie était si douce
Si pleine de joie
Alouette, alouette"

 

"L'alouette est la fille du jour : dès qu'il commence, quand l'horizon s'empourpre, elle part du sillon comme une flèche, et porte au ciel l'hymne de joie. Sainte poésie, fraîche comme l'aube, pure et gaie comme un coeur d'enfant ! Cette voix sonore, puissante, donne le signal aux moissonneurs. "Il faut partir, dit le père, n'entendez-vous pas l'alouette ?"... écrit Jules Michelet.

 

L'alouette est donc associée au travail, au début de la journée : c'est elle qui en lance le signal, en chantant au point du jour.


"L’alouette possède aussi la particularité de monter très haut dans le ciel et de se laisser tomber brusquement vers le sol telle une pierre. Cette caractéristique symbolise l’union des deux forces antagonistes engendrées par le monde céleste et le monde terrestre. Messagère, elle tisse le lien entre les dieux ouraniens et les divinités chthoniennes."

 

L’alouette est, dans les croyances populaires, un oiseau de bon augure. Elle est un attribut de Cérès ou Déméter et un oiseau sacré pour les Gaulois.

 

Elle symbolise encore l’allégresse, l’ardeur juvénile, l’élan vers la joie.

 

 

 

Le poème de Ronsard :

https://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/Poemes/pierre_de_ronsard/marie_levez-vous_ma_jeune_paresseuse

  

 

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4 janvier 2021 1 04 /01 /janvier /2021 13:24
Quand les selfies de vaccins envahissent la toile...

 

Aux États-Unis, de plus en plus de personnes postent leur "vaxxie", un selfie de leur vaccin contre le Covid-19, sur les réseaux sociaux...

Le "vaxxie", tiens ! encore un nouveau mot lié au coronavirus !

Confinement, cluster, présentiel, distanciel.... que de mots et de situations inédites générés par le Covid !

 

 Des personnalités comme Joe Biden, 46e président des États-Unis, sa vice-présidente Kamala Harris ou l'immunologue américain Anthony Fauci ont publié une photographie ou une vidéo de leur vaccination contre le coronavirus.

En France, en revanche, on ne voit pas beaucoup de politiques montrer l'exemple.

 

Il faut dire que les nouveaux vaccins ARN peuvent susciter la méfiance : qu'en est-il des effets secondaires à long terme ?

 

Aux Etats-Unis, la pandémie fait plus de ravages que jamais... plus de 3500 morts quotidiennement, ces derniers jours.

Moins de 3 millions de personnes vaccinées au USA : beaucoup d'états n'ont pas les moyens pour embaucher du personnel, payer des heures supplémentaires, ouvrir des sites de vaccination.

Les hôpitaux sont aussi débordés par le rebond épidémique.

On apprend que deux Américains sur 10 n'ont pas l'intention de se faire vacciner.

Dans l'état conservateur de l' Ohio, le gouverneur affirme que 60% des employés des maisons de retraite ont déjà refusé de se faire vacciner !

C'est un problème !

Dès lors, les selfies de vaccins peuvent-ils avoir une utilité ? il s'agit de convaincre les plus réticents, de les inciter à se faire vacciner.

 

En France, même pas un tiers des soignants se vaccine aujourd'hui contre la grippe !

Pourquoi ? Les soignants devraient donner l'exemple... mais il semble qu'ils sont eux-mêmes peu convaincus de la fiabilité, de l'utilité ou de l'innocuité de certains vaccins.

 

Olivier Véran annonce que le gouvernement va "accélérer" en direction des publics prioritaires, avec la possibilité pour les soignants de 50 ans et plus de se faire vacciner "dès lundi"...  "Soyez rassurés. La campagne vaccinale va bientôt prendre de l'ampleur", a ajouté Olivier Véran, assurant que la France sait "organiser une vaccination de masse."

 

Mais, combien de soignants accepteront de se faire vacciner ?

On le saura peut-être prochainement...

 

 

 

 

 

 

Sources :

 

https://www.lepoint.fr/sante/etats-unis-les-vaxxies-selfies-des-vaccins-envahissent-les-reseaux-sociaux-01-01-2021-2407851_40.php#xtmc=selfies-de-vaccins&xtnp=

 

à 7 minutes :

 

https://www.franceculture.fr/emissions/journal-de-18h/journal-de-18h-emission-du-vendredi-01-janvier-2021

Quand les selfies de vaccins envahissent la toile...
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18 décembre 2020 5 18 /12 /décembre /2020 12:36
Quand les fêtards, les noctambules, les bambochards deviennent de plus en plus suspects...

 

Le fêtard n'a pas la cote, encore plus en ces temps de pandémie et de confinement...

En temps ordinaire, le suffixe -ard le disqualifie et le discrédite déjà... et avec l'épidémie, le voilà totalement désavoué...

 

Ce suffixe "-ard", on le connaît bien, il a été particulièrement productif puisqu'on le trouve dans nombre de mots : "bâtard, bavard, , braillard, cabochard, chauffard, clochard, connard, cornard, cossard, couard, flemmard, froussard, gueulard, jobard, loubard, mouchard, nullard, pantouflard, pétochard, pleurnichard, pochard, poissard, richard, ringard, salopard, scribouillard, snobinard, tocard, trouillard, tubard, vachard."

On perçoit, aussi, le niveau de langue auquel appartiennent ces termes : issus du vocabulaire populaire ou familier, ils sont utilisés souvent pour discréditer, critiquer, dénoncer.

 

Désormais, on traque les fêtards, on pourchasse les noctambules et les bambochards...

On les menace de sanctions exemplaires...

 

Ainsi, samedi 12 décembre, une soirée clandestine a réuni plus de 500 "fêtards" à Marseille. La police a dû intervenir.

La plupart des participants ont été verbalisés pour violation du confinement : l'amende s'élevait à 135 euros. D'autres soirées clandestines ont eu lieu à Paris, à Nantes et Strasbourg.

 

En temps de pandémie, est-il raisonnable de se rassembler ainsi en foule pour faire la fête ?

D'autant que ces fêtes donnent lieu à des débordements : on parle de "fiesta extravagante", de "drogue", "d'alcool", "une orgie géante a même été organisée en Belgique"...

"À quelques kilomètres de la frontière française, à Saint-Mard, la police est tombée sur une partie fine géante réunissant plus de 50 personne. La plupart des individus seraient français.

Comme le rapporte le journal local La Meuse, la "partouze géante" qui devait être une simple fête d'anniversaire s'est transformée en une immense orgie." 

Alors, là, les fêtards ont fait fort !

 

Le maire de la commune s'est dit scandalisé suite à cette affaire en plein confinement. "Que viennent-ils faire chez nous ? C'est interdit ! J'en ai marre. Cela est déjà arrivé, mais ici cela prend d'autres proportions. C'est totalement irresponsable..."

En effet, c'est intolérable !

 

Ces fêtards ne prennent pas la mesure de leur conduite : ils risquent de se contaminer et de propager le virus dans leur entourage...

Vouloir faire la fête à tout prix, c'est un manque total de responsabilité...

Avec le couvre-feu, finis les noctambules, finis les gros fêtards...

Enfin, on ne sait pas : certains sont prêts à tout pour se distraire, même à contourner la loi...

La fête devient un symbole de tout ce qui est interdit, elle devient clandestine.

Pour le plaisir de transgresser...

 

 

 

Sources :

https://www.franceculture.fr/emissions/affaire-en-cours/affaires-en-cours-du-lundi-14-decembre-2020

 

https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/confinement/marseille-une-fete-clandestine-reunit-plusieurs-centaines-depersonnes_4218363.html

 

 

 

Quand les fêtards, les noctambules, les bambochards deviennent de plus en plus suspects...
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13 juillet 2020 1 13 /07 /juillet /2020 08:32
BAC 2020 : encore des chiffres record !

 

 

Qui dit mieux ? Le taux de réussite au baccalauréat atteint, cette année, le chiffre record de 95, 7 % ... soit 7,6 points de plus qu'en 2019 !

En raison de la crise du coronavirus, les épreuves finales ont été supprimées et seules ont compté les notes des premier et deuxième trimestres pour la délivrance de l'examen.

 

Un baccalauréat réduit à sa plus simple expression... un baccalauréat dont on perçoit de plus en plus les limites : un examen qui n'a plus de valeur et qui perd sa signification.

Un baccalauréat bradé, devenu une formalité à la fin des années d'études au lycée.

 

Chaque année, les consignes d'indulgence venant des inspecteurs jouent un rôle non négligeable : il faut veiller à atteindre une certaine moyenne et corriger éventuellement les notes si cette moyenne n'est pas atteinte.

 

Mais est-ce rendre service aux élèves ?

Arrivés à l'université, nombre d'entre eux sont incapables de mener à bien des études supérieures.

Des lacunes en grammaire, en langue française, des difficultés en orthographe, certains élèves arrivent en classe de seconde sans avoir le niveau requis.

Il faudrait remettre à l'honneur ces disciplines trop longtemps négligées dans le primaire et les classes de collège : apprentissage rigoureux de l'orthographe et de la grammaire.

 

Il est d'usage, au début de chaque année, de se réjouir, dans les établissements scolaires, des résultats mirobolants du baccalauréat : congratulations aux enseignants, autosatisfaction, publication et commentaires élogieux des résultats.

Quel cirque ! Quel battage !

 

Les lycées sont ainsi dirigés comme des entreprises : il s'agit pour chaque lycée d'obtenir les meilleurs résultats au baccalauréat, quitte à fausser les résultats, car de plus en plus on incite les professeurs à valoriser les copies, à être indulgents.

Les enseignants eux-mêmes sont en concurrence : ils doivent se battre pour obtenir les meilleures classes quitte à faire la cour aux chefs d'établissement.

Ils doivent lutter entre eux pour attirer un maximum d'élèves vers des enseignements optionnels, quitte à faire preuve de démagogie...

Ils se transforment même parfois en publicitaires chargés de faire l'éloge de leur discipline devant les parents d'élèves.

 

On oublie l'essentiel : la formation des élèves, la rigueur des apprentissages.

A quand le bac universel donné à tous les élèves ? Cette année, on n'en est pas loin...

 

 

 

https://www.lefigaro.fr/flash-actu/bac-2020-le-ministere-annonce-un-taux-de-reussite-de-95-7-apres-rattrapage-20200711

 

 

 

BAC 2020 : encore des chiffres record !
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5 juin 2020 5 05 /06 /juin /2020 08:19
Voyage au pays des mots latins...

 

 

De nombreux mots français nous permettent de voyager à travers la langue latine....

 

Ainsi, ce voyage nous permet d'aborder une île, en latin "insula", et ses nombreux dérivés : "l'insulaire, la péninsule", les personnes "isolées", c'est à dire séparées, à part, comme dans une île.

L'île est bien un lieu distinct, qui isole du reste du monde.

 

Le navire qui nous conduit vers cette île vient du latin "navis" : on reconnaît le radical des termes "nautique, nautisme, nautile, nautonier, naviguer, internaute" et pourquoi pas "agoranaute".

 

Nous aurions pu prendre l'avion pour nous rendre dans cette île, et même ce mot qui désigne une réalité très moderne vient du latin "avis, l'oiseau".

 

Le ciel nous invite à le contempler, encore un mot latin, "caelum". Il est coloré d'un bleu profond, "céruléen", et cet univers "céleste" est empli de mystères....

 

C'est un beau voyage qui nous est offert : issu du terme latin "via", la voie, la route, le mot évoque l'idée antique du voyage sur des voies romaines... La Via Appia, la Via Domitia sont les plus renommées...

Le "viatique" nous permet aussi de nous déplacer plus facilement, il s'agit de provisions ou d'argent donnés pour un voyage.

 

Un soleil rayonnant nous accompagne, du latin populaire "soliculus", en latin classique, "sol".

De là viennent "le parasol, le tournesol, le solstice, le solarium, l'ensoleillement" qui peut donner une "insolation"...

 

La mer, "mare" en latin, nous emmène encore vers d'autres pays, d'autres îles, la mer, son air "marin", ses voies "maritimes", ses odeurs salées et iodées.

 

L'odeur "odor" nous transporte vers de nouveaux paysages "olfactifs" : nous découvrons des arbres "odorants", des pins, des cyprès.... en latin "arbor, pinus, cyparissus".

Nous percevons des "essences" parfumées, nous atteignons alors l'essentiel, l'être même de ces végétaux.

 

Nous entendons alors des oiseaux aux ramages somptueux, dans les branches, les rameaux des arbres : le mot est dérivé du latin "ramus", le rameau.

 

Nous visitons de nombreux pays, encore un mot venu du latin "pagensis", "habitant d'un bourg, d'un canton"...

 

Que de mots latins dans la langue française ! Nous oublions souvent que notre langue est constituée de mots très anciens dans tout un réseau de significations.

Nous oublions souvent tout cet héritage latin dont nos sommes redevables...

 

 

 

 

 

 

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1 juin 2020 1 01 /06 /juin /2020 10:19
Dites-le en français !

 

 

Avec la crise du coronavirus, on a vu se développer et se multiplier nombre d'anglicismes...

Avant l'épidémie, nous n'avions jamais entendu ce terme "cluster" utilisé dans le jargon scientifique. Les hommes politiques l'ont rapidement adopté  : ainsi Olivier Véran, notre Ministre de la santé l'utilise sans cesse.

Ce mot anglais assez obscur est employé régulièrement dans les médias...

 

Pourtant, il existe des mots français qui correspondent à cette réalité : on pourrait ainsi parler de "foyer" ou de "foyer épidémique", ou encore de "foyer de contagion."

Pourquoi privilégier un terme anglais ?

Défendons notre langue ! Dites-le en français !

 

On peut aussi évoquer le "care", autre exemple de ces anglicismes à la mode... Pourquoi ne pas employer le mot "soin" ou encore l'expression "éthique de la sollicitude" qui existent en français ?

 

Que dire aussi du terme "tracking"  qui n'est autre qu'une application de traçage ?

Partout, l'anglais s'impose de manière envahissante.

 

On a aussi l'habitude de dénoncer les "fake news", alors que nous disposons en bon français de ces expressions : "fausses nouvelles, fausses infos, infox".

 

Notre langue française est ainsi constamment menacée par l'intrusion de l'anglais dans de nombreux domaines.

 

Les hommes politiques devraient eux-mêmes donner l'exemple car leurs discours sont répercutés et reproduits à l'infini : ils exercent donc une influence sur leur auditoire.

Le mot "cluster" nous est devenu ainsi très familier, comme s'il appartenait à notre langue. On perçoit bien pourtant ses origines anglaises.

 

Mais la mode est à l'uniformisation et à la mondialisation : l'anglais devient la langue de référence dans de nombreux pays.

 

Tant de  mots sont utilisés sur la toile et ailleurs "pour faire tendance" : "News, la semaine du white, The voice, Secret story..."

Le snobisme de certains, la mode, la pub taillent en pièces notre langue.

Comme si on en avait honte... nos mots s'effacent devant l'invasion de la langue anglaise.

 

Il convient cependant de lutter contre cette invasion progressive de la langue anglaise.

Chaque fois que c'est possible, dites-le en français !

 

 

Source : à partir de 31 minutes, 40 secondes...

 

https://www.franceinter.fr/emissions/le-telephone-sonne/le-telephone-sonne-31-mai-2020

 

 

 

 

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7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 11:20
Le vocabulaire du théâtre...

 

Un peu d'étymologie pour commencer :

Le mot "théâtre" vient d'un verbe grec  "θεάομαι, théaomai" : regarder. Le théâtre est donc associé dès ses origines à l'art du spectacle et de la mise en scène, il est fait pour être vu et regardé.

Toute pièce de théâtre est une oeuvre dramatique : ce mot est encore issu du grec "drama", "l'action", car elle développe une ou plusieurs actions où interviennent des conflits.

 

1) Les didascalies : ce sont toutes les indications de mise en scène en dehors du texte prononcé par les personnages : les noms des personnages, les indications sur le découpage du texte, les indications de lieu, sur les apparences des personnages, leurs gestes, sur la façon dont l'acteur doit prononcer une réplique... toutes les didascalies ont pour fonction d'orienter le travail du metteur en scène.

Remarque : les didascalies sont peu nombreuses dans le théâtre classique : il faut penser à les commenter car elles révèlent les intentions de l'auteur.

Au contraire, elles se multiplient dans le théâtre moderne : les auteurs montrent ainsi l'importance qu'ils accordent à la mise en scène : ils semblent vouloir contrôler cette mise en scène.

 

2) Les répliques : ce sont les propos échangés par les personnages.

 

3) Une tirade : c'est une longue réplique souvent très bien structurée : il est alors intéressant d'en étudier le plan.

 

4) Le procédé de stichomythie : il intervient quand les personnages se répondent vers par vers, les répliques sont constitués d'un seul vers. Ce procédé sert souvent à souligner un conflit ou la vivacité d'un dialogue.

 

5) La double énonciation : le théâtre instaure une situation de communication bien particulière :

a) les personnages parlent entre eux.   b) L'auteur ou le personnage s'adresse au spectateur.

Cette situation justifie des conventions théâtrales comme :

-le monologue : le personnage est seul sur la scène, le public seul entend ses propos.

-un aparté : c'est une réplique prononcée par un personnage et censée ne pas être entendue par les autres personnages. L'aparté est destiné, en fait, au spectateur : il instaure une connivence, une complicité.

 

6) Les différentes parties d'une pièce de théâtre :

- La scène et l'acte d'exposition : la scène d'exposition apporte au lecteur/ spectateur les éléments d'information sur l'histoire, elle présente les personnages, elle situe la pièce : contexte, lieu époque, registre... Elle met aussi en place l'action. Souvent, c'est tout l'acte I qui est consacré à l'exposition.

-Le noeud de l'action : c'est le processus de transformation de l'état initial, l'action connaît alors plusieurs péripéties qui constituent l'intrigue.

-Le dénouement : c'est la conclusion de la pièce.

 

7) La représentation théâtrale : elle fait intervenir la notion de mise en scène : les décors, costumes, jeux de lumières, musique, bruitages etc.

La mise en scène est une interprétation du texte, parfois une réinterprétation... 

Une pièce de théâtre peut être modernisée. Des mises en scène peuvent donner lieu à des lectures différentes de la pièce : ainsi, certaines insistent sur l'aspect comique de Tartuffe, d'autres sur son aspect tragique.

 

8) Le théâtre classique est régi par des règles précises :

-La règle des 3 unités : 

unité de temps : l'action doit se dérouler en 24 heures.

unité d'action : l'intrigue doit être unique.

unité de lieu : l'action doit se dérouler dans un seul lieu. (un intérieur bourgeois pour la comédie, un palais pour la tragédie...

La règle des 3 unités découle de la règle de vraisemblance : on fait coïncider le plus possible le temps de l'action et celui de la représentation.

La règle des bienséances : tous les événements ne peuvent pas être représentés sur la scène, les meurtres, les batailles, la mort : un acteur ne doit pas mourir sur scène. On évoque ces actions violentes sous forme de récits : les faits sont racontés par un personnage.

 

9) Le théâtre ou le drame romantique rejette toutes ces contraintes.

 

10) Le conflit théâtral : 

Au théâtre, les personnages s'opposent les uns aux autres par des sentiments, des idéaux, des intérêts contradictoires.

Le dialogue mais aussi le monologue théâtral sont souvent la représentation verbale de ces conflits externes ou internes.

 

11) La parole :

a) Le dialogue peut être informatif : c'est le cas dans la scène d'exposition. Il peut être aussi conflictuel : il fait intervenir un affrontement d'idées dans un échange plus ou moins vif de répliques. Il peut, à l'inverse, établir une complicité.

b) Le monologue : on assiste souvent à un dédoublement du personnage, le monologue mettant en jeu un conflit interne. Le personnage est partagé : il hésite entre deux comportements possibles.

Le dédoublement apparaît à plusieurs niveaux :

-dans le système énonciatif : recours à la 2ème personne du singulier, le personnage s'apostrophe lui-même. Le pronom "je" peut apparaître dans des tournures interrogatives.

-au niveau sémantique, avec des champs lexicaux contradictoires.

-dans le rythme et l'organisation du texte : on trouve des césures nombreuses (coupes au milieu des vers). Le rythme joue sans cesse sur des oppositions symétriques.

Le monologue traduit donc souvent le déchirement intérieur du personnage partagé entre des sentiments, des idées contradictoires, confronté à des choix impossibles.

 

 

 

 

 

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22 mars 2020 7 22 /03 /mars /2020 11:08
L'oasis comme un éblouissement...

 

Pour se détendre et rêver... la poésie des mots...

 

Dans le cadre de la Semaine de la langue française et de la Francophonie... du 14 au 22 mars 2020... Dis-moi dix mots : au fil de l'eau.

 

L'oasis ! Il suffit d'entendre ce mot plein d'exotisme pour voir se dérouler des paysages magiques de déserts, des dunes et des barcanes incendiées de soleils et de lumières, et soudain, comme un miracle, apparaît un lieu de verdures, aux palmes alanguies...

 

Le mot lui-même aux douces sonorités de sifflantes "s", réitérée nous apaise, et nous étonne aussi, avec ses voyelles variées qui s'enchaînent dans ce nom très court.

 

L'oasis semble, ainsi, comme un éblouissement, une découverte soudaine et inattendue...

 

L'oasis évoque l'Egypte, des dieux antiques aux sonorités voisines : Isis, Osiris, Apis, Anubis, Sérapis, Satis...

 

Ce mot venu du grec"ὄασις" a, aussi, des origines égyptiennes : issu de langues anciennes, il revêt un caractère mystérieux, étrange, d'autant que ce nom est resté intact au fil des siècles.

Préservé de toute altération, le mot "oasis" nous étonne, et nous éblouit...

 

Havre de paix, de repos et de bonheur, l'oasis sollicite tous les sens : on perçoit des couleurs nouvelles, on entend des clapotements d'eau, la fraîcheur d'une source nous apaise, on peut goûter une eau vivifiante...

 

Repos, détente, harmonie du lieu, brise légère, l'oasis apporte bonheur et réconfort, au milieu d'un désert de solitude.

Une palmeraie, une eau bruissante, des teintes verdoyantes..., l'oasis offre un bonheur longtemps attendu.

 

Un bruit d'eau, des frémissements de palmes agitées doucement, des murmures d'oiseaux, des reflets d'or sur les palmiers dattiers, des bruits d'eau "avec des rayons d'or dans les palmes...

 

Quels apaisements et quelle harmonie ! Miroirs d'ondes où se reflètent les longs fuseaux de palmiers hérissés de buissons ! Roseaux ondoyants !

 

L'oasis nous fait rêver à des lieux de paix, de repos, elle nous fait voyager vers d'autres paysages aux couleurs étonnantes...

Le vert côtoie des ocres aux douceurs de sables, le brun illumine le vert...

L'oasis nous offre un réservoir de sensations : couleurs, fraîcheur du lieu, bruissements de l'eau...

 

 

Les dix mots retenus :

aquarelle (nom)
à vau-l'eau (adv.)
engloutir (v.)
fluide (adj.)
mangrove (nom)
oasis (nom)
ondée (nom)
plouf (interj.)
ruisseler (v.)
spitant (adj.)

 

 

http://www.dismoidixmots.culture.fr/ressources/la-thematique-et-les-dix-mots-au-fil-de-leau

 

 

 

L'oasis comme un éblouissement...
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16 mars 2020 1 16 /03 /mars /2020 11:16
Au fil de l'eau : une ressource qui s'épuise...

 

Dans le cadre de la Semaine de la langue française et de la Francophonie... du 14 au 22 mars 2020... Dis-moi dix mots : au fil de l'eau...

 

La magie de l'eau ! Sa fluidité, ses transparences, ses mystères, les symboles qu'elle représente : la vie, la pureté, la fraîcheur...

 

L'eau peut être fontaine, source, rivière, fleuve, torrent, lac, mer, océan, pluie, rosée du matin...

 

Que de mots sont associés à l'eau ! Des mots anciens car l'eau est à l'origine de la vie et elle a toujours accompagné l'homme...

 

On admire depuis toujours sa fluidité : venu du latin "fluo" et plus anciennement du grec φλύω, le mot restitue bien avec sa fricative initiale cette caractéristique de l'eau, un radical que l'on retrouve dans le nom "le fleuve".

 

On est parfois surpris par une "ondée" : une pluie soudaine, souvent bienvenue et bienveillante... Là encore, le mot remonte au latin "unda", et plus anciennement au grec "ὕδωρ"... L'ondée rafraîchissante embellit les jardins, magnifie les fleurs, régénère les arbres...

 

Et l'eau ruisselle, se répand, devient petits ruisseaux ondulants... des mots anciens, venus du latin populaire rivuscellus, diminutif de rivus "petit cours d’eau", "rivière".

 

L'eau est encore si bienveillante quand elle fait naître des "oasis" dans un désert hostile... l'oasis, lieu de verdure aux palmes alanguies nous fait rêver... le mot nous promet une halte reposante, emplie de fraîcheur, de luxuriance...

Ce mot venu du grec"ὄασις" a, aussi, des origines égyptiennes : issu de langues anciennes, il revêt un caractère mystérieux, étrange, d'autant que ce nom est resté intact au fil des siècles.

 

L'eau peut aussi devenir "mangrove", formation végétale caractéristique des littoraux marins tropicaux, où dominent les palétuviers...

La mangrove joue un rôle écologique essentiel dans la conservation des littoraux tropicaux. ... La mangrove abrite une grande biodiversité animale. Certains poissons viennent s'y reproduire, d'autres y assurent leur croissance.

 

L'eau peut se faire aussi oeuvre d'art, elle permet de dessiner des "aquarelles", peintures légères sur papier avec des couleurs transparentes délayées dans de l'eau... des paysages, des arbres, des portraits naissent alors sous la main experte des artistes...

On reconnaît immédiatement l'ancienneté du mot : il vient bien sûr du latin "aqua"... un radical que l'on retrouve dans les termes "aqueduc, aquarium, aquatique."

 

Plus étrange encore, pour les Belges, l'eau peut être "spitante", chez nous elle serait plutôt pétillante... Et quelle agréable sensation procure cette eau pétillante au plus fort de la chaleur de l'été ! Elle stimule les papilles...

 

Mais l'eau peut soudain devenir turbulente, terrifiante quand tumultueuse, elle "engloutit" des rues, quand elle se fait torrentielle et qu'elle inonde des paysages entiers.

Et voici encore un mot ancien puisqu 'il est issu du verbe latin "inglutire", "avaler gloutonnement, faire disparaître dans un gouffre."

Quel verbe expressif dans ses sonorités de consonnes : gutturale "gu", dentale "t"!

 

Et parfois plus rien n'empêche le passage de l'eau, elle s'emporte et emporte tout sur son passage : alors, tout s'en va à vau-l'eau...

Ce nom "eau" a lui-même des origines anciennes puisqu'il est issu à nouveau du latin "aqua", par une dérivation populaire : "aqua" est devenu au XIe siècle egua et ewe, au XIIe siècle aive, aigue, eve puis eaue.

 

Enfin, on ne peut oublier la chanson de l'eau, ses murmures, ses bruissements, ses glouglous... ou encore le bruit d'un corps ou d'un objet qui tombe dans l'eau : "Plouf !", une onomatopée sympathique... 

 

Hélas, l'eau est devenue une ressource menacée : pollution, surexploitation, gaspillages, prélèvement des eaux souterraines, agriculture intensive. Un million de personnes meurent chaque année de maladies liées au manque d'eau potable et c'est la mauvaise gestion humaine de l'eau qui en est la cause.

 

 

http://www.dismoidixmots.culture.fr/ressources/la-thematique-et-les-dix-mots-au-fil-de-leau

 

 

Les dix mots :

 

aquarelle (nom)
à vau-l'eau (adv.)
engloutir (v.)
fluide (adj.)
mangrove (nom)
oasis (nom)
ondée (nom)
plouf (interj.)
ruisseler (v.)
spitant (adj.)

 

 

Au fil de l'eau : une ressource qui s'épuise...
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