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16 mai 2015 6 16 /05 /mai /2015 16:17
Mais qu'elle est belle, cette fraise sauvage !

 


"Et oui ! Je le sais bien !
Je n'emporterai rien,
Pas même l'ombre d'un nuage.
Mais qu'elle est belle, dans ma main,
Cette fraise sauvage !"

Tels sont les vers de Maurice Carême qu'on peut lire, dans le jardin des poètes, à Paris... On y découvre toute la beauté  et la simplicité de ce fruit du printemps, aux couleurs éblouissantes...


La fraise, petit fruit oblong, aux teintes de feux, laisse voir, sur sa surface, de légères graines aux teintes de vert pâle, elle se termine par une collerette aux couleurs de verdures, aux éclats nuancés...

La fraise rutile de ses enluminures rouges... à l'intérieur, le fruit révèle des embruns glacés et translucides de pulpes blanches et roses.

Ouvert, le fruit devient miroir lumineux,  exhale des fragrances inouies.

La fraise exalte, aussi, une substance pleine de douceur, des sucs rouges aux parfums printaniers...

Le mot lui-même, avec sa fricative initiale, sa consonne sifflante "s" suggère tant d'harmonie... Seule la gutturale "r" lui confère un aspect rustique, plein de charmes...

La collerette danse sur le fruit, l'habille de verdures, et le fruit piqueté de graines d'un vert léger, se pare d'éclats.

Des odeurs sucrées de bois s'envolent, auréolent le fruit plein de saveurs.


La Mara des bois, très parfumée nous emmène vers des sous-bois mystérieux, des ombrages apaisants et des parfums subtils.

Reine des vallées, ciflorette, gariguette, charlotte, jolis noms de fraises !

 

Couleurs, parfums, sucs s'accordent dans ce fruit lumineux !

Les noms mêmes des fraises nous font découvrir des paysages, la garrigue éblouie de soleils, des fleurs, des forêts, des vallonnements.

La garrigue âpre, parfumée de thym, la garrigue aux embruns de lavandes et de romarins.

Des bois aux écumes de mousse, des arbres, de douces obscurités...


Le mot "fraise" issu du latin "fraga" remonte à l'antiquité : probablement venu d'un verbe "fragro", "exhaler une odeur", le terme souligne les parfums délicieux de ce fruit... On reconnaît, aussitôt, le radical du nom "fragrance".

Quelles fragrances dans la fraise ! Quels éclats ! Quelles couleurs !

Le temps des fraises est revenu : du bonheur pour les yeux, pour le goût, des saveurs, des parfums !


 

 

Photo : Benoit Kommann   creative commons

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15 mai 2015 5 15 /05 /mai /2015 16:05
Il ne put en retrouver une seule miette...

 

 



"Le petit Poucet ... croyait retrouver aisément son chemin, par le moyen de son pain qu'il avait semé partout où il avait passé ; mais il fut bien surpris lorsqu'il ne put en retrouver une seule miette : les oiseaux étaient venus, qui avaient tout mangé."

 

Tout le monde se souvient de cet épisode célèbre du conte de Perrault, où le personnage du petit Poucet, confronté à l'épreuve de l'abandon, sème des miettes de pain sur son passage... Mais, il prend conscience, plus tard, que les oiseaux ont picoré les miettes avec avidité...

Ce mot "miette" est si évocateur, si léger, il suggère tant d'images !

La "miette" qui désigne une des petites parcelles qui tombent du pain, quand on le coupe, évoque de bonnes odeurs de pain, de petit déjeuner...

On reconnaît, dans ce nom, une formation de diminutif, avec un suffixe -ette qu'on trouve dans de nombreux mots pleins de charme : "maisonnette, fleurette, dinette, clochette, bouclette, lunette, noisette"...

La "miette",  petite portion de "mie", vient d'un terme latin "mica", "parcelle, miette, grain"...


On rapproche le mot du radical de l'adjectif grec : "micros", "petit" qui a donné de nombreux dérivés, en français : "microscopique, microbe, microcosme, microfilm."


La miette est bien de l'ordre du "minuscule", autre mot qui vient de ce même radical...

Le mot lui-même nous fait voir de petits débris de pain ou d'objets brisés : labiale initiale, dentale finale, ce terme bref  correspond bien à la réalité qu'il désigne...

La voyelle "i", assez aiguë, peut traduire l'idée d'une brisure et d'un morcellement soudain et brutal.

Le nom lui- même du minéral, le "mica" est issu directement du mot latin "mica", car, on le sait, ce minéral a tendance à s'émietter facilement.

"La miette, la mie, le mica, le microscope, minuscule", autant de mots issus d'un même radical et dont on ne soupçonne pas toujours les relations de sens...
Le français a su les intégrer avec des variations de significations tout à fait étonnantes.

J'aime ce mot "miette" qui comporte une valeur affective et tendre avec son suffixe de diminutif, sa labiale "m' associée souvent à une idée de tendresse.

J'aime ce mot qui évoque le pain, ses saveurs croustillantes, ses rondeurs de mies, un goût simple : du pain, du beurre, des tartines trempées dans le café, au petit matin, des senteurs de pains grillés.

La miette, petite parcelle de pain, aux éclats de mie fait rayonner des teintes de candeurs, le pain se brise, se morcelle et répand des brisures.

 

La miette, parfois envahissante, se répand, tombe sur la table, le sol, s'éparpille, mais elle révèle tous les éclats du pain, elle montre un pain croustillant à souhait, qui s'épanche, avec bonheur...

 

Le pain, symbole de vie, de partage, de travail, nourriture essentielle se brise en parcelles dorées.

Mais, il est vrai que les miettes peuvent symboliser, aussi, la pauvreté, la misère, puisqu'il ne reste à certains que des "miettes".

Ainsi, ce petit mot revêt différentes valeurs contrastées : plein de tendresse, il peut suggérer toute la misère du monde...



 

 

 

 

 

Il ne put en retrouver une seule miette...
Il ne put en retrouver une seule miette...
Il ne put en retrouver une seule miette...
Il ne put en retrouver une seule miette...
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14 mai 2015 4 14 /05 /mai /2015 16:07
Le scandale de l'ascension...

 

Variations sur un mot : l'ascension...

L'ascension, fête religieuse de l'espérance indique une élévation, l’Église célèbre l'élévation du Christ : Jésus monte dans le ciel, connaît une résurrection, une renaissance.



L'ascension indique un mouvement vers le haut, une transcendance, une exaltation : ce mot aux sonorités de sifflante répétée, avec ses deux voyelles nasalisées "en" et ""on", semble suggérer un envol, une légèreté...

Le mot semble mimer une évanescence, une envolée mystérieuse, pleine de douceur.

Et pourtant, certaines ascensions sont douloureuses : quand il faut gravir une montagne, le corps est à la peine, les muscles sont tendus vers l'effort... mais le bonheur de parvenir au sommet efface les contraintes et les douleurs de la fatigue.

L'ascension permet d'atteindre des sommets de plénitude, des paysages éblouissants, des ciels d'un bleu infini, des cripures de nuées sur l'azur, des vertiges de hauteurs, des envols d'oiseaux, des dégringolades de pins...

 

Ce mot venu d'un verbe latin "scando", "monter, escalader", doit être, curieusement, rattaché au nom grec "scandalon" qui désigne, à l'origine, "un piège, un obstacle" à franchir...

Les mots "scandale" et "ascension" appartiennent donc à la même famille de mots !

Curieux rapprochement de deux mots qui semblent si éloignés l'un de l'autre !


Les mots latins associés sont, aussi, le nom "scala", "l'échelle"( avec les dérivés français : l'escalier, l'escale, l' escalade, escalader) les verbes préfixés en -scendere : ascendere, "monter", descendere, "descendre", transcendere, "passer par-dessus"... On peut citer de nombreux termes qui viennent de ce radical : "ascendance, ascendant, ascenseur, ascensoriste, ascensionnel, condescendance, condescendant, condescendre, descendance, descendant, descendre, descente, transcendance, transcendant, transcendantal, transcender..."


Une évolution populaire du radical "sca"- en "éch"- a abouti à quelques termes : "échalier, échantillon, échantillonnage, échelle, échelon, échelonner."

Enfin, à partir du mot grec "scandale", on a formé "scandaliser, scandaleux et esclandre"....

Dans un certain nombre de mots, l'idée d'élévation n'est plus perceptible, et on voit bien, ainsi, l'évolution que peuvent connaître les mots, par l'ajout de préfixes, par une spécialisation de sens.


Parfois, la notion d'élévation demande une explication : par exemple, "scander" un vers, c'est mettre en évidence les syllabes accentuées dans un vers, en élevant la voix.

Le scandale, grave affaire qui émeut l'opinion, suscite une indignation et le mot a, quelque peu, perdu son sens premier d'obstacle à franchir.


Cette belle famille de mots montre toute la variété des dérivations, la souplesse de la langue française, sa capacité à intégrer des mots avec des modifications phonétiques...

Elle montre, aussi, toute la richesse des langues premières : le latin et le grec où nous avons puisé tant de mots de vocabulaire !


L'ascension peut-elle constituer un scandale ?

Non, bien sûr... sauf quand elle concerne certains hommes et femmes politiques qui font fi de toutes les règles morales, qui s'enrichissent grâce à des malversations, qui prospèrent sur la misère des pauvres gens : ces scandales existent, ils sont de plus en plus nombreux, on peut évoquer, à ce sujet, les différentes affaires qui encombrent la vie politique du couple Balkany, par exemple...

Oui, de telles ascensions sont scandaleuses et indignes : quand seront-elles, vraiment, punies et sanctionnées par la justice ?

On peut se poser la question...


 

 

Le scandale de l'ascension...
Le scandale de l'ascension...
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13 mai 2015 3 13 /05 /mai /2015 16:48
Vive l'éclectisme !

 


Vive l'éclectisme ! Sur un blog, il est permis d'aborder toutes sortes de sujets : actualités, politique, expériences, littérature, poésie, musique, chansons, cinéma, peinture, étude de mots... Pourquoi toujours évoquer les mêmes thèmes ? La diversité apporte une saveur particulière, un bonheur de dire et d'exprimer des idées, des impressions, des sensations diverses.

J'aime l'éclectisme, il permet d'échapper à la routine quotidienne, souvent pesante pour chacun d'entre nous, il nous offre une évasion vers des sentiers différents, des respirations nouvelles, des ouvertures.

Un blog donne à chacun cette liberté de penser : une occasion de partager des émotions, des lectures, des mots que l'on apprécie...

Le plaisir des mots a tendance à se perdre : retrouvons-le dans l'éclectisme, afin d'échapper à une certaine monotonie de la vie...

Chaque mot peut être une occasion d'explorer sa composition, son étymologie, ses sonorités, ses divers sens figurés....

Les mots sont  des aides précieuses que nous oublions trop souvent de goûter, eux qui nous permettent d'exprimer ce que nous ressentons, eux qui nous accompagnent tous les jours dans notre vie, eux qui nous apportent l'essentiel : la communication, l'échange...

Chaque mot comporte une histoire, est rempli de connotations, d'anecdotes, de souvenirs, chaque mot peut être comme une découverte.

La poésie elle-même permet de redécouvrir le monde, elle le réinvente, nous en fait mieux percevoir les contours, elle magnifie tout ce que nous ne voyons plus, faute d'attention sur ce qui nous entoure.


L'art pictural nous offre tant de merveilles à admirer : paysages de Cézanne inondés de soleils, scènes champêtres de Watteau, champ de coquelicots de Monet, tableaux éblouissants des peintres impressionnistes...


La culture si diverse et les arts nous apportent un éclectisme bénéfique, une façon de renouveler le quotidien.

La littérature est, aussi, une source inépuisable d'éclectisme, avec tant de genres littéraires : romans, poésies, théâtre, essais.

La littérature, mine d'éclectisme, aborde tous les sujets, elle fait appel à une mise en forme, à des styles très différents, elle nous fait voyager dans le temps et l'espace : on aime la pensée mouvante et paradoxale de Montaigne, le rire bouffon et dénonciateur de Rabelais, on se laisse bercer par la poésie de Verlaine, on rêve sur des vagues marines  avec Baudelaire, on apprécie les satires de Voltaire, on rit, avec Molière, de défauts éternels, l'hypocrisie, la bêtise, la fausse science...

On est subjugué par des histoires fantastiques, qui nous emmènent entre rêve et réalité, on connaît toutes sortes d'émotions : peur, angoisse, admiration, étonnement, incertitudes...  

On admire le style épuré et classique de La Bruyère, la gouaille et le parler populaire de Céline, la langue imagée de Giono.

La musique, les chansons sont, aussi, sources d'épanouissements et de plaisirs nouveaux : que de diversité dans cet univers, tant de beautés et d'harmonies que l'on n'a jamais fini d'épuiser ! Vivaldi, Bach, Mozart, Massenet, Quantz, Puccini, et tous les autres nous emportent dans des tourbillons d'émotions...

Chaque instrument a ses caractéristiques et ses attraits : la guitare, éblouissante, la flûte, enchanteresse, la harpe et sa magie de sons limpides !

L'actualité, aussi, riche d'événements, parfois dramatiques, révoltants ou cocasses est une source d'inspiration permanente et sans cesse renouvelée...

Le monde actuel si complexe nous permet d'aborder toutes sortes de sujets.

Vive l'éclectisme ! Il nous offre l'occasion d'échapper à la monotonie ambiante, c'est, sans conteste, une façon de vivre en harmonie avec le monde, de nous intéresser à tout ce qui fait la vie...

Avec l'éclectisme, on choisit dans une variété infinie de sujets !

 

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

Vive l'éclectisme !
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6 mai 2015 3 06 /05 /mai /2015 15:04
Au rythme de la flûte...

 

 

"Mais il arriva, du fond de la salle, un bourdonnement de surprise et d'admiration. Une jeune fille venait d'entrer. 


  Sous un voile bleuâtre, lui cachant la poitrine et la tête, on distinguait les arcs de ses yeux, les calcédoines de ses oreilles, la blancheur de sa peau. Un carré de soie gorge-de-pigeon, en couvrant les épaules tenait aux reins, par une ceinture d'orfèvrerie. Ses caleçons noirs étaient semés de mandragores - et d'une manière indolente, elle faisait claquer de petites pantoufles en duvet de colibri. 

 Sur le haut de l'estrade, elle retira son voile - c'était Hérodias, comme autrefois dans sa jeunesse - puis elle se mit à danser. 

Ses pieds passaient l'un devant l'autre, au rythme de la flûte et d'une paire de crotales. Ses bras arrondis appelaient quelqu'un qui s'enfuyait toujours. Elle le poursuivait, plus légère qu'un papillon, comme une Psyché curieuse, comme une âme vagabonde et semblait prête à s'envoler. "


C'est ainsi que Flaubert dépeint la danse de Salomé, dans un de ses Contes, intitulé Hérodias... La description montre toute la puissance d'évocation de Flaubert : la jeune fille danse, au son de la flûte, et envoûte les spectateurs de ses gestes ondoyants. La flûte accompagne et souligne ses arabesques.


Le mot "flûte", si familier, donne une impression de légèreté, d'élégance, grâce à sa fricative initiale "f", pleine de douceur, ses éclats de voyelles feutrées "u" et "e".

La fricative peut suggérer le souffle du flûtiste dans l'instrument... Cette consonne élancée nous montre, aussi, la forme de l'objet, plein de finesse.

On entend des airs champêtres d'autrefois : le son de la flûte, simple roseau utilisé par des bergers et des pâtres, nous émeut et nous séduit, par sa rusticité et sa simplicité.

On songe à d'autres instruments proches, la clarinette, le piccolo, des mots pleins de résonances et de lumières...

La flûte plus simple, encore, nous emporte vers des temps anciens, mythiques, à l'époque d'Homère ou de Virgile, vers des paysages apaisés et sereins... des bords de rivières, des arbres aux ombrages bienveillants, des pins aux rondeurs anisées, des cyprès élégants et fuselés...

Tityre, Mélibée, Corydon, des bergers d'autrefois, dans un décor champêtre, s'expriment comme des poètes, composent des chants harmonieux, jouent, sur leur "calame", des airs envoûtants.

Le musicien nous transmet, par son souffle, tant d'émotions, de vertiges de sensations, de pureté, d'harmonie !


On perçoit, aussi, des airs célèbres : la flûte enchantée de Mozart, féérie musicale, empreinte de fantaisie... Tamino, Papageno, la reine de la nuit, Pamina ! Des noms mystérieux, aux sonorités lointaines et exotiques, pleines de poésie !
Une flûte qui envoûte des bêtes sauvages... Des personnages aux pouvoirs merveilleux...
Force, beauté, sagesse viennent triompher de toutes les épreuves que traversent les personnages !

 

On est  ébloui par le concerto pour flûte traversière de Vivaldi, on est subjugué par les concertos de Quantz pour flûte et orchestre, on est séduit par la musique somptueuse de Mozart.

 

On se laisse emporter par les sons étranges de la flûte de Pan...

La flûte, souvent associée à des pouvoirs magiques et étranges, met, ainsi,  en évidence tous les charmes de la musique, capable de bercer les coeurs, de les transformer, de métamorphoser la vie...

On songe à une autre légende plus tragique : celle du joueur de flûte de Hamelin.... racontée, notamment, par les frères Grimm. Elle évoque un désastre survenu en 1284 en Allemagne. Le maire de la ville promit au joueur de flûte une somme de mille écus s'il parvenait à débarrasser la ville des rats qui l'infestaient. L'homme, grâce à sa flûte, attira les rats qui le suivirent jusqu'à la Weser, la rivière qui arrose la ville, où ils se noyèrent. Les habitants  refusèrent, alors, de payer le joueur de flûte en le chassant, même, à coup de pierres. On sait comment se vengea le musicien... Il entraîna, de son instrument, tous les enfants de la ville qui se noyèrent dans le fleuve.

Cette légende montre bien tous les pouvoirs ensorceleurs que recèle la musique : elle enchante les esprits, les envoûte...

La flûte signe, ainsi,  une forme d'élégance et de mystères...

 

Ce mot venu, peut-être, du verbe latin, "flare", "souffler" semble évoquer une sorte de souffle spirituel et magique...


 

Pour compléter, un article sur la musique des chalumeaux :

 

http://rosemar.over-blog.com/article-la-musique-des-chalumeaux-123265229.html
 

 

 

 

 

Flûtes   photo de Christel42   creative commons

Flûtes photo de Christel42 creative commons

Au rythme de la flûte...
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29 avril 2015 3 29 /04 /avril /2015 16:26
Andouilles, saucisses et boudins...

 

 

 

L'andouille ! Encore un mot familier, de la langue courante, issu du latin : ce mot vient d'un verbe latin, "inducere", "introduire, conduire vers", car l'andouille, comme chacun le sait, est un boyau de porc dans lequel on a introduit de la chair hachée de ce même animal...


Quelle expressivité dans ce nom commun ! Une voyelle nasalisée "an", le son "ou" prolongé par une palatale, une dentale "d", toutes ces sonorités donnent à ce mot un air familier et sympathique...


La voyelle nasalisée suggère une apparente légèreté, la dentale donne envie de dévorer, le son "ou" semble prolonger le plaisir de la dégustation...


Je dois l'avouer : je ne suis pas une adepte des "andouilles", ce n'est pas du tout, pour moi, un mets de prédilection, mais le mot revêt des allures aimables et sympathiques...

Les andouilles sont cousines des saucisses, dont le nom nous vient, aussi, du latin, "salsicius" et "salsus", "salé"...

Le saucisson en est une variante, avec un suffixe "on", à valeur de diminutif...

 

Quant au mot "boudin", son étymologie est incertaine, peut-être est-ce une onomatopée exprimant une enflure, à rapprocher des termes "bedon, bedaine, bide."


On le voit : le latin a donné naissance à de nombreux termes culinaires et gastronomiques ! Il faut dire que les romains s'adonnaient, au cours de banquets, à des agapes savoureuses... On connaît les fameuses recettes d'Apicius, où se côtoyaient, souvent, le sucré, et le salé...


L'andouille a donc des origines lointaines... elle se rattache à toute une famille de mots : "conducteur, déduction, introduction, irréductible, producteur, réduction, reproducteur, séduction, traduction..."


 D’autres descendants de la famille du même verbe ducere et du nom dux, ducis, "le chef", se reconnaissent par le radical -duc- ou -duqu-, parmi lesquels, on trouve les mots : "duc, duchesse, ducat, duché, aqueduc, gazoduc, oléoduc, viaduc, éducation, éducateur, éducatif, éduquer..."


Curieux rapprochement entre "l'andouille et l'éducateur" ! Mais les éducateurs ne se transforment-ils pas en "andouilles" du système, souvent contraints d'appliquer des réformes ridicules ?


Enfin, au fil des siècles, le verbe latin "ducere" est devenu le verbe français -duire, qui n’est plus utilisé qu’avec un préfixe : "conduire, déduire, enduire, introduire, produire, réduire, séduire, traduire."


Que de mots divers ! Et "l'andouille" qui semble éloignée, par ses sonorités, de tous ces termes, vient, également, du même radical ancien du verbe "ducere", "conduire".


On connaît bien le sens péjoratif de ce mot : "imbécile, idiot", mais cette insulte reste plutôt familière et sympathique...

Ce terme revêt, même, parfois, un sens affectif, et on aime bien ce genre d'andouille, aux allures débonnaires...


Ce mot nous fait remonter aux origines souvent peu connues de notre langue, le latin, si productif, dont on parle souvent comme une langue morte, alors que cette langue ancienne est bien présente dans de nombreux mots de vocabulaire, même si on ne le soupçonne pas toujours.

Des mots familiers, du langage courant, aux sonorités évocatrices montrent toute la richesse de notre langue et de son ancêtre : le latin.

Des termes qui font partie de notre patrimoine et de notre culture...

Des mots pleins de saveurs, qui mettent en appétit tous ceux qui sont friands de saucisses, de saucissons et d'andouilles !



 

 

 

 

 

Andouilles, saucisses et boudins...

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23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 17:51
Réforme des collèges : le retour des précieuses ridicules...

 

 


Molière, en son temps, a fustigé et ridiculisé le langage ampoulé, plein d'emphase des précieux et des précieuses qui s'appliquaient à utiliser des périphrases, pour désigner des réalités très ordinaires : le "fauteuil" devenait "les commodités de la conversation", "le miroir" recevait l'appellation de "conseiller des grâces"...."le balai", celle de "l'instrument de la propreté..." "la chandelle" devenait "le supplément du soleil."


Et, plus de 300 ans plus tard, voilà que ce langage grotesque ressurgit, dans les termes de la nouvelle réforme des collèges !


On se croirait revenu au temps de Molière !!

Mais qui a osé rédiger et publier de tels textes qui défient la compréhension et font appel à un jargon d'un autre âge ?

Des responsables du ministère sont, donc, payés pour perdre les gens dans un fatras de mots incompréhensibles ?

Ces responsables sont-ils incultes, n'ont-ils pas lu Molière ? N'ont-ils même perçu le ridicule et le grotesque des mots qu'ils utilisent ?


La piscine devient "un milieu aquatique profond et standardisé", dans lequel il convient de "traverser l’eau en équilibre horizontal par immersion prolongée de la tête."
Il n'est plus question de "courir", mais de "créer de la vitesse". L'apprentissage des langues étrangères devrait maintenant se résumer en cet obscur et magnifique slogan : "aller de soi et de l’ici vers l’autre et l’ailleurs". L'éducation aux médias est censée être « spiralaire », vocable dont on ignore encore le sens !

Un jeu de raquettes devient "un duel médié par une balle ou un volant."


Les EPI ou Enseignements pratiques interdisciplinaires sont créés ! Un fourre-tout dans lequel on trouve : Le monde économique et professionnel, Les langues et cultures de l'antiquité, Les langues et cultures étrangères et régionales, Le développement durable, Sciences et société, Corps, santé et sécurité, Information, communication, citoyenneté, Culture et création artistique...


Le texte officiel indique les directives suivantes :

"Les nouveaux EPI seront une modalité explicite de mise en œuvre des programmes dans lesquels ils sont définis. Le conseil d'administration du collège, sur proposition du conseil pédagogique, déterminera les thématiques qui seront traitées dans les classes de 5e, 4e et 3e.

Les EPI devront aussi contribuer de façon concrète à la mise en œuvre au collège des trois parcours éducatifs : le parcours citoyen, le parcours d'éducation artistique et culturelle (PEAC) et le parcours individuel d'information et de découverte du monde économique et professionnel (PIODMEP)."

On se perd dans des sigles, et on perçoit l'inanité et le vide de tous ces mots ! On est sidéré, devant un tel langage !


La réforme des collèges, telle qu'elle est présentée, défie l'entendement ! 


Dans le monde éducatif, où il est essentiel, plus que dans un autre, d'employer un langage clair et accessible à tous,  c''est l'inverse qui se produit...

On nous sert une "bouillie" prétentieuse : mais de qui se moque-t-on ? Des élèves, des parents d'élèves, des enseignants eux-mêmes ?

Veut-on, vraiment, faciliter l'accès de la culture à tout un chacun ? On ne saurait le dire, car un tel vocabulaire va dans le sens contraire !

Assez de jargon incompréhensible ! Assez de technocrates qui osent signer de telles réformes qui vont à l'encontre du bon sens !

Les enseignants qui sont sur le terrain en ont assez d'être dirigés par des gens incompétents qui osent produire de telles inepties !

Devant les difficultés que rencontrent les élèves, il est essentiel de recentrer l'enseignement sur l'apprentissage de la grammaire, de l'orthographe, sur l'importance de la lecture, de la compréhension et de l'analyse des textes, en lieu et place, on nous sert des textes pompeux, éloignés des réalités du terrain...

 

Les gens du ministère feraient bien de relire leurs classiques, Molière, notamment, lui qui a montré le ridicule de certains de ses contemporains... Le temps a passé mais on voit que la prétention, l'inanité, le vide existent toujours et ce, dans les plus hautes instances de la société !

 

 

 

 

 

 

Réforme des collèges : le retour des précieuses ridicules...
Réforme des collèges : le retour des précieuses ridicules...
Réforme des collèges : le retour des précieuses ridicules...
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15 mars 2015 7 15 /03 /mars /2015 15:54
Ces mots qui nous parlent d'autres pays...


Mots venus d'ailleurs, mots venus du passé, du présent, beaucoup de termes nous font voyager, dans le temps et l'espace !

Mots aux sonorités exotiques et lointaines, mots devenus pourtant si familiers, si proches !

Ces mots nous parlent d'autres pays, d'autres langues, d'autres coutumes, ils semblent, parfois, empreints d' un air lointain, mystérieux, étrange !

"Kermesse, inuit, zénitude, kitsch, wiki" : on perçoit bien, là, des sonorités venues d'ailleurs, parfois d'un autre monde !

Ces mots aux sons de gutturales "k", de voyelles répétées, à la consonne "z" nous paraissent étranges, étonnants...

Ils retentissent d'échos qui ne sont pas les nôtres !

Mots flamand, esquimau, oriental, allemand, hawaien, ils nous font espérer des découvertes, d'autres paysages.... ! On voyage tout autour de la terre, on découvre de nouveaux horizons !

N'est-ce pas la magie de la langue française ? Faite de grec, de latin, de langues diverses, elle nous fait goûter à toutes les cultures, nous les fait apprécier !

La diversité du monde s'offre à nous : la langue française, si riche d'apports, nous transporte vers d'autres paysages....

Il suffit de prononcer ce mot "kermesse" pour voir se déployer les plaines du Nord, les Pays bas, la Belgique, des fêtes paroissiales colorées, mascarades, danses, éclats de rires...

Le nom "inuit" nous glace de ses voyelles aiguës, et nous emmène vers le grand nord, au pays des esquimaux, des igloos, de la nuit polaire...

Avec "la zénitude" on voyage vers le pays du soleil levant, le Japon, sa culture raffinée et mystérieuse, ses estampes aux teintes d'azur.

Le "kitsch " est né en Bavière, et représente une forme de mauvais goût que l'on trouve, parfois, dans l'art moderne... Les sonorités du mot parlent, aussi, de ses origines...

Le "wiki" nous vient des îles hawaiennes : souverain sur le web, ce terme moderne, associé à l'idée de rapidité, puisqu'il signifie "vite !", s'est imposé dans quelques mots : wikipédia, wiktionnaire,

D'autres mots encore, "amalgame, bravo, cibler, grigri, sérendipité" nous étonnent et nous emportent vers différents univers...

L'alchimie et ses "amalgames",ses vieux grimoires, ses mystères, nous subjuguent, et nous entraînent dans un monde plein d'étrangeté... Origine grecque ou arabe ? Le mot revêt, ainsi, encore plus de mystères...

"Bravo !", avec ce mot, on entend toute l'Italie chanter ! "O sole mio" ! Et, on applaudit ces airs italiens, aux sonorités éclatantes !

Le verbe "cibler" nous paraît plus familier : il nous vient de Suisse, et semble, par là même, moins exotique.

Le "grigri" aux sons redoublés évoque l'Afrique, un petit objet magique, aux ingrédients secrets...

La "sérendipité" est un croisement étrange d'anglais, de persan : ce mot rare, peu employé, nous étonne par ses sonorités contrastées : sifflante, gutturale, dentale, labiale, dentale à nouveau, un mélange hétéroclite qui suggère des rencontres inattendues, des découvertes incroyables, dues au hasard !

La langue française nous permet, ainsi, de faire un véritable tour du monde, elle nous offre une évasion vers des pays inconnus, vers des sonorités étranges ou plus familières...

Quels tourbillons de mots ! Quel vertige ! Celui des mots venus d'ailleurs !



Cet article a été écrit dans le cadre de la semaine de la langue française et de la francophonie : les dix mots retenus cette année : amalgame, bravo, ci
ble, grigri, inuit, kermesse, kitsh, sérendipité, wiki, zénitude...


La thématique : Le français, langue hospitalière...

Ces mots qui nous parlent d'autres pays...
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