Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 08:35
Pour célébrer la fête du 14 Juillet : le verbe "pétarader" !

 



"Pétarader" ! Il suffit de prononcer ce verbe pour entendre des bruits tonitruants et répétés...

Les moteurs d'autrefois pétaradaient souvent au démarrage et c'était un festival de sonorités éclatantes... On entend, encore, parfois, certains de ces engins bruyants, des grosses motos qui produisent des sons démesurés.


Les feux d'artifices, aussi, pétaradent vivement dans des envolées de poudre étincelantes et rayonnantes...

On voit des girandoles, des explosions colorées qui traversent le ciel, on perçoit des fontaines de lumières dans l'obscurité de la nuit.

On admire des éclats, des envolées d'éclairs, des tableaux éblouissants qui enflamment les ténèbres.

On est ébloui et subjugué par des flammèches qui semblent surgir du monde de la nuit...

Ce verbe aux sonorités évocatrices nous fait percevoir des crépitements soudains, avec sa labiale initiale, ses dentales "t" et d", sa gutturale "r", et sa voyelle réitérée "a".

Des échos semblent se répondre, se répandre, envahir l'espace, dans ce verbe plein d'expressivité...

Dérivé d'un verbe latin, "pedo", ce mot appartient à la même famille que les termes "pet, péter, pétard, pétoire, pétarade, pétoche, contrepèterie".

On perçoit toute la familiarité de ces mots qui évoquent des réalités du corps ordinaires ou encore des objets de fête, comme le "pétard", ou un outil usagé comme la "pétoire", qui est un vieux fusil...

On connaît aussi l'interjection "pétard !", qui marque la surprise, l'étonnement, une forme de stupéfaction soudaine... On utilise volontiers dans le sud, à Marseille, cette exclamation familière : "Pétard ! Que c'est beau !"


On ne peut manquer d'évoquer, en cette occasion, Rabelais, passé maître en l'art du pet et de la contrepèterie, on songe à la verve et à la truculence rabelaisienne, à des jeux de mots qui rebondissent, on songe au jeune Gargantua "barytonnant du cul".


 Tous ces mots remonteraient au grec "bdéo" "péter"... Aristophane utilise ce verbe dans certaines de ses comédies...

On voit ici toute la richesse de dérivation des mots, toute leur expressivité dans les sonorités !


Comment ne pas être sensible à la bonhomie de tous ces termes familiers, qui appartiennent au langage populaire, qui nous font entendre la voix du peuple ?


J'aime ces mots simples, ordinaires et si expressifs...

Ils nous font apprécier la langue française, sa diversité, ils nous font percevoir des sons, des images variées qui appartiennent au passé ou au présent, ils évoquent des souvenirs, une vieille guimbarde d'un grand-père paysan, qui ne pouvait démarrer qu'avec un tour de manivelle, un vieux fusil de chasseur usagé, des feux d'artifice éblouissants sur l'eau...

Des feux d'artifice, symboles de fêtes et de célébrations... des éclats lumineux qui rebondissent, retentissent et se répercutent dans l'ombre de la nuit...
 


 


 

Pour célébrer la fête du 14 Juillet : le verbe "pétarader" !
Repost 0
10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 13:06
La pêche duveteuse aux saveurs de l'été...

 




La pêche, fruit du pêcher montre sa rondeur harmonieuse, aux beaux jours de l'été : une peau veloutée avec des nuances infinies de rouges, de jaunes, de brun foncé, une peau fine, subtilement parcourue de filaments.


Le fruit parfumé révèle des senteurs d'été, de soleil, de lumières... un univers d'odeurs et de douceurs car la peau invite, aussi, au toucher comme si elle était recouverte d'une fine pellicule de sucre transparent.


La pêche, fruit sensuel attire irrésistiblement le regard, par sa rondeur parfaite, ses couleurs irisées...


A l'intérieur, le fruit d'un jaune ou d'un beige clair  exhale des sucs inouis.


La chair translucide, brillante, comme laquée de bonheur, nous fait voir des saveurs rafraichissantes, elle s'épanouit en une surface lisse, glacée comme un lac de luminosité...

Au centre, le noyau montre ses aspérités rugueuses auxquelles s'accrochent quelques lambeaux de chair .

Le noyau rouge peut être savoureusement dégusté sans qu'on puisse l'avaler...

La pêche duveteuse aux saveurs de l'été nous apporte une harmonie de couleurs, de formes, de goût uniques...

La pêche, fruit de Perse nous invite à des bonheurs orientaux, à des plaisirs exotiques, à des joies infinies.

Ce mot "pêche" issu du latin "persica" nous fait voyager vers des rives lointaines : l'accent circonflexe le nimbe et l'auréole d'un charme particulier et lui confère une sorte de poésie...

 

Le mot avec sa labiale initiale, sa consonne chuintante, emplie de douceur nous convie aux bonheurs de l'été.







Photo : rosemar

Repost 0
6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 11:55
Le navire roulait sous un ciel sans nuages...

 

 



Pour le plaisir des mots : le navire !

 

C'est le moment de voyager, de prendre la mer sur des navires élégants, fiers coursiers qui traversent les ondes...

 Baudelaire évoque, souvent, dans son oeuvre, des rêves de voyage et d'évasion : il imagine des traversées sur des mers houleuses, vers des pays lointains. Dans un de ses poèmes, Le voyage à Cythère, on retrouve cette thématique :


"Mon coeur, comme un oiseau, voltigeait tout joyeux 
 Et planait librement à l'entour des cordages ; 
 Le navire roulait sous un ciel sans nuages ; 
 Comme un ange enivré d'un soleil radieux."



Le mot "navire" nous emporte sur des mers, aux flots sans cesse mouvants et ondoyants, des étendues infinies de bleu où le ciel et la mer se rejoignent et se confondent...

Il nous fait chavirer, avec ses voyelles bien distinctes, le "a" bien ouvert, le "i" plus aigu, la fricative "v", pleine de douceur, la gutturale "r", plus âpre...

Le mot nous fait goûter des embruns virevoltants, des odeurs d'écumes et de liberté, des envolées de mouettes sur la crête des vagues, des senteurs d'algues marines.

Envie de voyages et de découvertes, aventures sur les ondes, mystères... le navire, c'est, d'abord, l'épopée d'Ulysse, histoire fondatrice qui nous emmène sur les rives de la Méditerranée.

Le mot est issu, d'ailleurs, d'un ancien terme grec : "
ναῦς, naus", "le navire". Homère utilise ce nom, maintes fois, dans l'Odyssée.

On y voit des navires emportés par des vents favorables sur le "vaste dos des mers", "ἐπ᾽ εὐρέα νῶτα θαλάσσης", belle image qui sert à diviniser et personnifier l'étendue marine.


Le mot nous fait voir des voiles chahutées, aux teintes éclatantes sur le bleu des vagues, des cahots, des lumières éblouissantes de reflets sur les ondes...

Des chaloupes fragiles emportées par les flots, des tempêtes, des apaisements, le flux et le reflux, les paroles ondoyantes de la mer, ses fureurs...

Le mot semble révéler élégance et fragilité, il était, ainsi, féminin aussi bien en latin qu'en grec, avec les formes "navis" et "naus".

Le terme ancien "la nef" avait gardé cette marque pleine de charme.

On perçoit une sorte de délicatesse, de finesse, dans ce nom, plus que dans le terme "bateau", issu, lui, de l'anglais "bat", "boat".


"Le navire, la nef, naviguer, navigation, nautique, nautisme, nautonier, navette, internaute", de nombreux mots sont dérivés du nom "navis".

De là vient, aussi, le nom du "Nautilus", le sous-marin de l'oeuvre de Jules Verne, Vingt mille lieues sous les mers.


On perçoit des mots variés dont certains sont anciens, d'autres évoquent des réalités pleines de modernité : l'internaute est celui qui "navigue" sur internet.

On voit que ce radical, issu du grec ancien, "naus" a connu une belle continuité, il a traversé les siècles, nous est parvenu presque intact, avec, parfois, des évolutions de sens intéressantes.

 

Voilà un mot venu du passé qui nous fait voyager vers des îles lointaines, des paysages éblouis de soleils, des images d'étendue marine aux reflets étonnants...

Voilà un terme "homérique", par excellence, qui nous fait remonter à l'épopée primitive : l'Odyssée, les sources mêmes de notre littérature...

 


 

 

 

 

 

 

Le navire roulait sous un ciel sans nuages...
Repost 0
2 juillet 2016 6 02 /07 /juillet /2016 13:29
Les mots nous parlent...

 


Les mots nous parlent de leur origine, de leur passé, ils nous racontent tant d'histoires, tant de souvenirs !

Ils peuvent faire surgir des images, des couleurs, des senteurs.

N'ont-ils pas le pouvoir de nous faire voyager dans le temps et l'espace ?

Beaucoup d'entre eux nous font remonter à leurs lointaines origines grecques et latines, ils nous font, alors, découvrir des sources originelles, nous montrent des civilisations anciennes, des façons de penser et de voir le monde...

Nausikaa aux bras blancs ! Et nous voilà transportés en Grèce, au temps d'Homère, nous voilà dans un pays nouveau, merveilleux : la terre de Phéacie, où règnent le roi Alkinoos, et sa femme Arété...

Certains mots nous emmènent vers des paysages mystérieux, des pays inconnus, des villes au passé prestigieux...

Les mots nous parlent, aussi, avec leurs sonorités si diverses, douces, légères ou plus rudes et plus âpres...

La musique des mots qui riment entre eux, qui se répondent dans une harmonie poétique !

Ils disent tant de bonheurs, tant de douleurs aussi ! Ils expriment tant de nuances diverses, tant de subtilités !

Houppelande, mousse, hiver, tourbillon, castagnette, sentier, feuille, mantille, arantèle, neige, flocons !

Les mots ne sont-ils pas une perpétuelle découverte ? Certains sont composés de préfixes, de suffixes, certains comportent un simple radical ou parfois deux ou trois qui se superposent...

Les catégories de mots sont elles-mêmes si diverses : mots variables, mots invariables, noms, verbes, pronoms, adjectifs, adverbe, conjonctions !

Conjonctions ! Et on voit les mots se rejoindre, s'unir dans des phrases harmonieuses qui se complètent !

Verbe ! Le mot par excellence ! Celui qui donne vie à la phrase, qui la fait respirer, avancer !

Adverbe ! Il vient compléter le verbe, en nuancer le sens !

Adjectifs ! Une palette d'artiste pour décrire les couleurs, les formes, les dimensions !

Les mots nous racontent leurs diversités de sens, d'origines, de sonorités, ils constituent une véritable musique, une partitition variée à l'infini...

Et notre langue est si riche de mots anciens ou plus récents ! Notre langue invente, chaque jour, d'autres mots nouveaux.

Que d'inventivité dans le vocabulaire ! Que de possibilités dans l'enchaînement des mots !

Les mots nous parlent, aussi, de tant de sujets ! Ils peuvent aborder tant de thèmes, ils peuvent exprimer tant d'idées !

Les mots nous abreuvent de découvertes, ils nous font rêver ou réfléchir, ils nous émeuvent, nous émerveillent, parfois...

Ne sont-ils pas nos compagnons de tous les jours ? Ne sont-ils pas l'essence même de l'humanité ?

Les mots nous permettent de raconter, décrire, argumenter, informer, communiquer des émotions, des sentiments, des idées.

Ils nous offrent tout un monde de découvertes, par leur forme, leur origine, leur composition...


 


 

 

Les mots nous parlent...
Repost 0
28 juin 2016 2 28 /06 /juin /2016 12:39
Pour le plaisir des mots : diaprer...

 

 

 


"Le pays offrait un aspect tout différent de celui de la Grèce : les cotonniers verts, les chaumes jaunissants des blés, l'écorce variée des pastèques diapraient agréablement la campagne..." C'est ainsi que Chateaubriand décrit la Turquie et les plaines de l'Asie, dans un extrait de son oeuvre, Itinéraire de Paris à Jérusalem....


Dans ce paysage, le verbe "diaprer" nous fait admirer une variété de couleurs, une infinité de nuances... 

Le terme ancien "diaspre" ou "drap de soie couvert de fleurs, d'arabesques, de ramages.ondoyants" est à l'origine de ce verbe étonnant.

Ce mot tisse des étoffes somptueuses, des motifs pleins d'harmonie et de douceurs, il nous fait entrevoir la lumière du soleil qui irise les jardins.

Apparenté au "jaspe", pierre aux teintes diverses, blanc, beige, rouge, vert, rosé, noir, le "diaspre" nous éblouit de ses reflets de soie...

Pierre précieuse, drap chatoyant s'unissent dans ce verbe aux sonorités variées : dentale, labiale, gutturale.

Les voyelles "i" et "a" s'entralacent, comme pour suggérer ces éclats nuancés du tissu.

Ce mot compose, ainsi, un véritable tableau aux glacis de lumières : la campagne se couvre de lueurs qui se mêlent...

Ce verbe nous fait toucher des parures soyeuses, des entrelacs de couleurs qui se fondent l'une dans l'autre...

Fusion, réunion de nuances diverses, on voit se dessiner un paysage, comme une peinture impressionniste d'un Cézanne ou d'un Manet...

Des éclats de couleurs jaillissent, surgissent sur la toile ! Un simple verbe suggère ces ardeurs, ces tons de jaune et de verts qui se nuancent.

Un simple verbe fait étinceler un paysage, le nimbe de lueurs de soie...

La soie brillante, légère, aérienne, subtile !

La campagne se transforme, devient comme une texture ondoyante, on perçoit une impression de douceur.

Il semble même qu'on pourrait toucher du doigt ce paysage turc aux cultures variées : coton, chaume, écorces de pastèques....

On devine des feuilles vernissées, des éclats de jaune, des écorces lisses.

Cette campagne nous séduit de ses reflets changeants : un tableau se dessine sous nos yeux, une toile pleine de luminosité et d'éclats....








 

Pour le plaisir des mots : diaprer...
Repost 0
20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 13:45
Tout l'art de la nuance...

 

 

 

Pour le plaisir des mots : la nuance !

 

"Car nous voulons la Nuance encor,
Pas la Couleur, rien que la nuance !
Oh ! la nuance seule fiance
Le rêve au rêve et la flûte au cor !"

 

C'est ainsi que Paul Verlaine fait l'éloge de la Nuance dans son célèbre Art poétique...

Comment ne pas rendre hommage à la nuance, à ses éclats subtils ?

 Je n'aime pas les couleurs trop vives et criardes, je préfère les teintes nuancées de rose, de bleu, ou d'opale...


J'apprécie les teintes changeantes des nuages : gris, bleuté, neige, rosé, ocré, orangé. Les nuances de verts dans les pins du midi sont d'une infinie variété : verts sombres et lourds, verts anisés et tendres, verts jaunes et luisants...


J'aime, aussi, une certaine nuance dans les idées : certes, la diatribe, le pamphlet conviennent pour lutter contre les injustices, les horreurs de ce monde, la guerre, la violence cruelle et inhumaine, mais il importe de nuancer ses propos dans de multiples occasions...


La nuance n'est-elle pas essentielle ? La réflexion nous amène, ainsi, souvent à nuancer des idées trop tranchées : elle nous conduit vers une certaine subtilité de la pensée, elle nous fait percevoir différents aspects du monde.


Trop souvent, les gens, les hommes politiques expriment des opinions qui manquent de nuance : certains passent par l'invective, une virulence choquante et inadaptée.


Cet art de la nuance a tendance à se perdre, à se déliter dans une société de conflits permanents et d'opposition.

Les jugements de certains sont péremptoires, et ne sont même pas étayés par des arguments et des idées claires.

Une véritable argumentation fait appel à un certain art de la nuance et de la mesure...

Certains se plaisent à hurler leur haine, à cracher leur mépris, à déverser une forme de rancoeur, je préfère des attitudes plus nuancées et plus humaines.

Tous les arts ne sont-ils pas pétris de nuances ?

Les peintures des impressionnistes, qui nous font percevoir toutes les subtilités de la lumière, la musique de Vivaldi pleine d'exaltation qui, soudain, s'apaise et se nourrit de bercements légers, la poésie constituée d'images qui nous rend sensibles toutes sortes d'harmonies et de fusions....


Tout est si nuancé ! Beauté et laideur se confondent parfois, ombres et lumières se mêlent, harmonie et dissonances se croisent.

Vive les nuances ! Le mot lui-même n'est-il pas plein de charmes ? Voyelle nasalisée, sifflante lui confèrent une douceur inégalée...

Le mot vient, d'ailleurs, du verbe "nuer", de la même famille que les termes "nuages, nuées", ces ondoiements qui peuplent le ciel et qui lui donnent une beauté infinie...

Issu d'un nom latin "nubes", "le nuage", le mot "nuance" évoque le ciel, des images somptueuses.


Les nuées nous offrent des tableaux d'une variété inouie, les couchers de soleils se nuancent de teintes innombrables...


Quelle beauté et quels apaisements dans ces tableaux sans cesse renouvelés ! Quelle harmonie de nuances !





 

Photos : rosemar

Tout l'art de la nuance...
Repost 0
6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 11:37
La fesse mérite bien un hommage et une célébration !

 

 



La fesse ! Un mot banni du grand monde, un mot honni de tous !

Et, pourtant, la fesse a la cote, elle plaît aux regards, attise les attentions et les tentations, elle s'affiche sur des panneaux publicitaires, la fesse se veut séduisante, emplie de rondeurs et de souplesse.

Les fesses sont redondantes, à un double titre : elles vont par paires et révèlent des rondeurs...

Le mot en lui-même se veut séducteur, avec ses sonorités affriolantes de fricative "f", et de sifflante "s" redoublée, comme si le mot mimait la redondance des deux masses charnues qui les constituent...

Et même si ce mot ancien, venu d'un verbe latin "findere", "fendre", et du participe passé de ce verbe "fissa", désigne à l'origine "la fente", la fesse a des allures attrayantes.

La fesse peut être hautaine, altière, ou plus évasive, fuyante. 

On apprécie la fesse pulpeuse, ronde, gourmande. On aime la fesse charnue, moelleuse.


La fesse mérite bien un blason, tant elle suggère de rondeurs, tant elle est mise en valeur dans la silhouette, au centre du corps, tant elle est faite pour chalouper au rythme d'une démarche ondoyante et légère...

Ce mot, d'ordinaire employé au pluriel, prend encore plus de relief quand il est utilisé au singulier !


L'arrière-train, le derrière, le pétard, le postérieur n'ont pas le charme de la fesse...

Alors que ces mots pétaradent, la fesse, elle, se fait murmure léger, caresse subtile.

Elle appelle et suscite l'intérêt, elle fascine, elle déborde de sensualité et de douceur.


Dès qu'elle apparaît, le regard s'attarde, se fait insistant, comme captivé et happé par cette rondeur vue de dos...


Et le regard se fait d'autant plus insistant que l'on peut observer, sans être vu !


Les fesses traduisent aussi un équilibre, celui de tout corps humain où le nombre pair règne en maître : deux yeux, deux oreilles, deux mains, deux seins, deux jambes, deux fesses...

Le mot discret, avec ses voyelles feutrées, semble être prononcé comme dans un souffle, la fesse est d'ailleurs souvent aérienne, quand elle se balance avec élégance et distinction.

Elle se glisse et se love dans des pantalons moulants, pour mieux attirer l'attention, elle est objet de séduction...

La fesse s'enfle de rondeurs apaisantes, elle évoque des paysages, des lunes rondes, des pentes douces, des reliefs pleins de charmes.

Elle suggère des astres pleins, des mondes à découvrir...

Elle nous fait voir des fruits pulpeux, aux formes arrondies et sensuelles.


La Vénus Callipyge, l'Aphrodite grecque exercent une fascination, depuis la nuit des temps : statues de l'antiquité, aux lignes épurées, aux fesses bien rondes et modelées, les Vénus Callipyges hantent l'imagination, comme d'ailleurs, les statues de kouros antiques aux fesses musclées et fermes...

Les Vénus belles fesses peuplent les chansons paillardes, elles suscitent l'enthousiasme et attirent les esthètes, les amateurs d'art.


La fesse, ce terme jugé trivial et vulgaire, mérite bien un hommage et une célébration !

     
 

 

 

 

La fesse mérite bien un hommage et une célébration !
Repost 0
2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 11:39
Les bois de palmiers du royaume de Murcie...

 

 

Pour le plaisir des mots : le palmier !

 

 

"Il s'embarqua à l'échelle de Tunis ; un vent favorable le conduit à Carthagène, il descend du navire et prend aussitôt la route de Grenade : il s'annonçait comme un médecin arabe qui venait herboriser parmi les rochers de la Sierra- Nevada. Une mule paisible le portait lentement dans le pays où les Abencerages volaient jadis sur de belliqueux coursiers ; un guide marchait en avant, conduisant deux autres mules ornées de sonnettes et de touffes de laine de diverses couleurs. Aben-Hamet traversa les grandes bruyères et les bois de palmiers du royaume de Murcie : à la vieillesse de ces palmiers il jugea qu'ils devaient avoir été plantés par ses pères, et son cœur fut pénétré de regrets. Là s'élevait une tour où veillait la sentinelle au temps de la guerre des Maures et des chrétiens ; ici se montrait une ruine dont l'architecture annonçait une origine mauresque, autre sujet de douleur pour l'Abencerage ! Il descendait de sa mule, et, sous prétexte de chercher des plantes, il se cachait un moment dans ces débris, pour donner un libre cours à ses larmes. Il reprenait ensuite sa route en rêvant au bruit des sonnettes de la caravane et au chant monotone de son guide. Celui-ci n'interrompait sa longue romance que pour encourager ses mules, en leur donnant le nom de belles et de valeureuses , ou pour les gourmander, en les appelant paresseuses et obstinées."


Dans ce texte de Chateaubriand, extrait d'une nouvelle intitulée Le dernier Abencérage, le héros maure Aben-Hamet qui revient sur la terre de ses ancêtres, découvre, avec émerveillements et émotion, un bois de palmiers situé dans la région de Murcie, au sud de l'Espagne...

Aben-Hamet, parti de Tunis, est subjugué par ces paysages de son ancienne patrie...


Le mot "palmier" nous berce, aussitôt, de ses balancements alanguis, il fait naître des paysages lointains, exotiques, des déserts de dunes et de barcanes, d'où surgissent des oasis de verdures.


Le mot nous fait rêver, avec ses sonorités de labiales, pleines de sensualité, avec ses voyelles, dont l'une, ouverte, évoque bien la forme épanouie de la palme, et l'autre, plus fermée, suggère toute la finesse des ramilles qui composent les feuilles.


On voit des paysages, au bord du Nil, hérissés de palmiers et de roseaux, on voit des palmes ondoyantes, sous un air léger et subtil.


Le mot "palme" aux origines anciennes, venu du latin "palma", a gardé sa forme originelle.


"Palma", c'est d'abord la paume de la main et le mot "paume" est issu, aussi, de ce terme latin. La feuille palmée ne ressemble-t-elle pas à une main ouverte ?


Ainsi, la "palme" et la "paume" ont une origine commune. La palme était, aussi, dans l'antiquité, un symbole de victoire, qui s'est perpétué dans la palme d'or d'un certain festival...


Le palmier, quant à lui, évoque les pays du sud, la Méditerranée, au climat doux et tempéré, il nous emmène vers l'Afrique mystérieuse, ses paysages désertiques, aux sables dorés, aux molles barcanes.


On entrevoit une palmeraie, pleine d'une fraîcheur apaisante... Le mot nous invite à une douce rêverie : empli de poésie, il donne une impression de paix, de bonheur calme et tranquille.

Le palmier nous apaise, nous fait voir des soleils renouvelés, des éblouissements de lumières, il nous fait entendre de légers bruissements.

Dans l'extrait de l'oeuvre de Chateaubriand, on voit le héros traverser "les bois de palmiers du royaume de Murcie."

L'évocation prend un relief poétique particulier, grâce à l'utilisation du nom propre "Murcie" qui évoque l'Espagne, avec des sonorités, à la fois, douces et âpres : labiale "m", sifflante "s", gutturale "r".

"Murcia ! Ségura!" Que d'exotisme dans ces noms venus d'Espagne !


Comment ne pas être sensible à la grâce de ces palmiers du royaume de Murcie ?

Comment ne pas en percevoir la beauté et l'élégance ?






http://www.audiocite.net/livres-audio-gratuits-romans/francois-rene-de-chateaubriand-le-dernier-abencerage.html
 

Repost 0
29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 09:00
Maman, joli message sur la terrasse...

 

 



"J’entends au-dessus de moi dans les cieux 
Les anges qui murmurent entre eux 
Ils ne peuvent trouver de mot d’amour plus grand 
Que celui-ci : Maman."


Dans ce court poème, Edgar Poe met en évidence, avec tant de délicatesse et d'élégance, toute la tendresse de ce mot : "Maman"...


Indubitablement, le mot "maman" évoque tout l'amour du monde : c'est bien le premier mot qui vient à la bouche des enfants, le premier mot que l'on apprend à écrire, aussi.

C'est un doux murmure apaisant, un mot empli d'échos sonores : labiale "m" réitérée, voyelle "a" redoublée d'une voyelle nasalisée "an".

Un de mes premiers souvenirs d'écriture, c'est ce mot "maman", tracé à la craie sur la terrasse de la maison familiale...

Un mot dessiné laborieusement par l'enfant que j'étais, un mot qui exigeait toute mon attention, pour en restituer toute l'harmonie.

Trois ponts pour se protéger, un "a" pour un cercle de tendresse, deux ponts pour se protéger encore...


Et bien sûr, maman était là, pour guider mes gestes, et me montrer les lettres.

Elle était là pour me dire sa bienveillance, pour mettre en évidence le bonheur, la valeur des mots et de l'écriture.


Un moment unique, un moment qui reste gravé dans ma mémoire : je revois le sol de la terrasse, les murs de pierres, tout autour, le visage de maman penché sur moi...

Je revois ses yeux, ses cheveux bruns, son sourire.


Et puis, la satisfaction d'avoir réussi à tracer les lettres, et puis, des sourires complices, un bonheur partagé.


Le bonheur de prononcer le mot, en suivant le tracé des lettres...


Le bonheur de le redire, pour en savourer les sonorités...


Maman, joli message sur la terrasse, à jamais gravé dans mon esprit...


 

 

 

 

Photos : rosemar

Maman, joli message sur la terrasse...
Repost 0
21 mai 2016 6 21 /05 /mai /2016 10:48
Le micocoulier nous ouvre les portes du soleil...

 



Pour le plaisir des mots : le micocoulier !

 

Le mot "micocoulier" évoque immanquablement la Provence, le Sud, avec ses sonorités redondantes, ses voyelles ouvertes et bienveillantes : un mot qui retentit d'échos sonores, un mot qui chante et qui rayonne de lumières...


Labiale "m" à l'initiale, gutturale "c" réitérée, ce nom d'arbre fait rêver à des paysages du sud, à des collines odorantes, des parfums embaumés de thym, de romarin.

Voilà un mot qui rebondit joyeusement, qui étonne par son ampleur, à la fois majestueuse et emplie de simplicité et de bonhomie...

Des feuilles légères, souples, une frondaison ondoyante, une élégance apaisante, le micocoulier se dresse majestueux et imposant.

On aime écouter ce mot qui nous fait entendre le mistral, qui nous murmure la langue du sud, ses rodomontades, ses éclats.

On entend chanter"la farigoule, le fenouil, la tramontane", on voit des "restanques" sous le soleil du midi.

Le micocoulier nous ouvre les portes du soleil, de la lumière, d'une douceur chaleureuse.

Le micocoulier rayonne de ses rondeurs de voyelles "o".

D'ailleurs, l'arbre dessine des frondaisons arrondies, apaisantes.

Avec le micocoulier, toute la Provence surgit : des collines blanches, embrasées de soleil, des paysages familiers, la garrigue, des senteurs de thym, de lavandes...

Des pins, des cèdres, des cyprès, des tilleuls, des arbres solaires, comme le micocoulier...


J'aime ce mot du sud qui restitue un accent, des odeurs, des paysages, des fleurs.

Coquelicots, genêts, mimosas, cytises, éclats de rouges et de xanthes...

Un mot qui fait naître tant d'images, tant de tendresse, tant de souvenirs.

La langue du sud pittoresque, chantante, redondante, des mots du sud aux sonorités évocatrices.

Des mots qui font danser le vent et les arbres, des mots qui éblouissent, des calanques dorées de lumières...

Des ravines qui descendent vers la mer, des cascades de blancs, des pinèdes d'un vert léger...

Le micocoulier, au feuillage volatile et aérien, semble s'évaporer dans le bleu du ciel et dans l'air du midi.

Le micocoulier rayonne de ses feuillages d'un vert tendre et doux.






http://www.lesarbres.fr/micocoulier.html

 

http://rosemar.over-blog.com/article-un-mot-qui-chante-la-farigoule-123681184.html

 

Photo : rosemar

Repost 0

Présentation

  • : Le blog de rosemar
  • Le blog de rosemar
  • : Pour le plaisir des mots : poésie, chanson, littérature, actualités, politique, éducation...
  • Contact

Profil

  • rosemar
  • Esprit libre et indépendant ,contestataire
  • Esprit libre et indépendant ,contestataire

Texte Libre

fleurs 4fleurs 3coqulicot

Recherche

Http://fatizo.over-Blog.com/