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18 octobre 2015 7 18 /10 /octobre /2015 13:50
Pour écouter la musique des mots...

 

 


Les mots assemblés dans les phrases produisent une sorte de musique, une véritable mélodie, grâce à leurs sonorités. La poésie fait intervenir des effets de sonorités et a été, elle-même, souvent mise en musique : Brassens, Léo Ferré ont repris des poèmes d'Aragon ou de Victor Hugo. La musique des mots nous permet de mieux apprécier un texte, d'en savourer, aussi, tout le sens.

Les sons produisent des effets très différents et divers : doux ou durs, ils sont souvent en adéquation avec les idées exprimées dans un texte...

La phonétique permet de distinguer les sonorités et a pour but de classer les phonèmes, en fonction de leur articulation et de leur prononciation.

Les consonnes, tout d’abord, donnent lieu à des effets variés :

On distingue les gutturales, prononcées avec le fond de la gorge : les sons "gue, que, re". La gutturale est considérée comme une consonne assez dure, pleine d’âpreté, sans doute, parce que son articulation part du fond de la gorge… La langue allemande comporte de nombreuses gutturales, elle est réputée pour être pleine de rudesse.

On peut, aussi, évoquer les dentales, prononcées la langue contre les dents : les sons "d et  t". Les dentales sont, dit-on, assez éclatantes.

Les labiales "b, p, m" sont articulées avec les deux lèvres rapprochées et représentent donc l’image même du baiser et de la sensualité, dans la poésie amoureuse.

Les sifflantes "s, z "sont des phonèmes pleins de douceur et d’harmonie… La fricative "f " donne, aussi, une impression de tendresse.

Les chuintantes "ch, ge" apparaissent, également, très légères et douces.

Quant aux voyelles, elles sont, parfois, associées à certaines idées : la voyelle "i", assez aiguë, peut faire songer à un cri.

Les voyelles nasalisées, les sons "on, in, an" ont pour effet de ralentir le rythme des phrases et donnent, parfois, une impression de rêverie, de doux balancement…

On voit que les sons peuvent faire naître des émotions, des sentiments bien distincts, les écrivains, notamment les poètes, les utilisent pour créer une certaine musicalité, une certaine harmonie.


On peut, ainsi, observer ce vers de Victor Hugo :

"Le soleil s'est couché, ce soir, dans les nuées..."

Cet alexandrin qui ouvre le poème intitulé Soleils couchants est particulièrement doux : on repère, à 4 reprises, l'emploi de la sifflante "s": c'est une allitération. La chuintante "ch", utilisée au milieu du vers renforce cette impression.

Victor Hugo, dès ce premier vers, décrit la beauté d'un coucher de soleil, grâce à une harmonie de sonorités : le lecteur perçoit d'autant mieux le calme de ce tableau, plein de charmes, de sérénité ....


La Fontaine dans la fable, Les animaux malades de la peste, évoque, au début du texte, cette terrible maladie :


"Un mal qui répand la terreur

Mal que le Ciel en sa fureur

Inventa pour punir les crimes de la terre,

La Peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom)

Capable d'enrichir en un jour l'Achéron,

Faisait aux animaux la guerre.

Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés..."


On remarque, dans cet extrait, l'emploi récurrent de la consonne gutturale "r": La Fontaine traduit, ainsi, la violence de l'épidémie et la peur qu'elle suscite.

Nous sommes indéniablement sensibles à la musique des mots et nous percevons la dureté ou la douceur de certaines notes consonantiques ou vocaliques.

Ainsi, les mots constituent une sorte de mélodie et leur enchaînement peut nous emporter dans des univers teintés de nuances variées : rêve, émotion, peur, angoisse, harmonie...


 

 

 

 

 

Pour écouter la musique des mots...

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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 17:55
Le mot "bravo" nous fait voyager vers l'Italie...

Ce mot qui se termine par la voyelle "-o" trahit bien, ainsi, ses origines italiennes : il semble, en l'écoutant, qu'on entende des "oh" et des "ah" d'admiration.... Issu de l'italien "bravo" qui signifie "beau", il peut se décliner en "bravissimo", superlatif qui marque l'excellence, des qualités d'exception.

On songe à d'autres mots aux sonorités italiennes : "buongiorno, prego, piccolo, meno, un gelato, quattro..."

Ces mots chantent l'accent du sud, ils font naître des paysages ensoleillés, des dédales de ruelles, des îles, le passé somptueux de ce pays, des temples, des statues, des monuments illustres... la Méditerranée, le déroulement infini des vagues...

Le mot "bravo", lui, est associé à des spectacles qui suscitent l'enthousiasme : théâtre, opéras, danse.

L'art mérite souvent des "bravos" : les applaudissements sont nourris, à la fin d'une représentation théâtrale, ils réunissent les spectateurs dans une sorte de ferveur et de communion.

L'art qui est une ouverture sur le monde, un épanouissement, une découverte, sans cesse renouvelée nous offre un émerveillement, une émotion qui peut se traduire par des "bravos !"

L'art, source de réflexion, de culture peut bien susciter cette ferveur.

L'enthousiasme des spectateurs se traduit par des battements de mains ou par des cris de joie, "bravo !"

D'ailleurs, le mot "bravo" s'accompagne, souvent, d'un point d'exclamation qui souligne l'admiration...

Un tel mot nous séduit par ses origines italiennes, ses sonorités éclatantes de voyelles qui constituent autant d'interjections, ses consonnes contrastées étonnantes labiale, gutturale, fricative.

Un tel mot nous fait voyager vers l'Italie, pays de lumières, à la langue qui chante...

Ce mot nous fait entendre des airs italiens célèbres : "o sole mio !" "Funiculi, funicula."

Il nous montre que la langue française a su intégrer des vocables d'autres pays, elle a su se montrer accueillante, elle s'est enrichie de nombreux emprunts, de maints amalgames...

La langue française s'est unie à bien d'autres langues !

Comment ne pas être sensible à ces sonorités différentes, ces mots qui viennent d'ailleurs, qui ont un air exotique et mystérieux ?

Le terme "bravo" nous fait entrevoir, aussi, un certaine façon de vivre, une envie de s'exprimer propre aux italiens, une forme d'exubérance...

Ce mot nous révèle toute une culture, un bonheur de dire, de montrer ses sentiments.

Ce nom nous éblouit de ses sonorités, de son sens élogieux, de l'admiration qu'il traduit...





Cet article a été rédigé dans le cadre de la semaine de la langue française...

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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 16:54
Bonheurs et déboires de l'amalgame...


Probablement issu de l'arabe, "āmal al-jamāa", "le fait de rassembler ou mélanger", ce mot "amalgame" était utilisé, anciennement, par les alchimistes...

Selon une autre étymologie plus fantaisiste, ce nom pourrait venir de deux mots grecs, "ama", "ensemble", et "gamein", "marier, unir"... On connaît la signification de ce substantif : le terme "amalgame" désigne une association d'éléments, une combinaison inattendue.

Ce mot réunit à trois reprises, la même voyelle "a" et par deux fois, la consonne "m", créant, ainsi, une forme d'harmonie qui correspond au sens même du mot.

Amalgamer, c'est unir et fondre ensemble des choses différentes, mélanger pour amener la confusion ou obtenir une fusion.

La langue française a ainsi amalgamé de nombreux mots de langue étrangère : elle s'est montrée accueillante, elle a intégré des termes venus d'ailleurs, de nombreux mots espagnols, italiens, africains, suédois.

Les mots peuvent, aussi, fusionner entre eux et former de nouveaux vocables : c'est d'ailleurs le cas du mot amalgame, issu, peut-être, de deux termes grecs.

Les mots valises consistent, eux, à réunir deux mots distincts : "adulescent" formé à partir des deux termes, "adulte et adolescent", "alicament", contraction des noms, "aliment et médicament", "franglais" qui est composé des deux adjectifs "français et anglais", "informatique", fusion de "information" et "automatique."

Ces amalgames désignent des réalités modernes, nouvelles, et sont, parfois, péjoratifs : "l'adulescent" évoque un adulte qui se comporte comme un adolescent...
Le terme "alicament" est communément utilisé pour désigner les produits alimentaires industriels transformés, modifiés avec ajouts d'éléments divers qui sont supposés avoir des vertus de prévention, voire curatives pour la santé : baisse supposée du cholestérol, par exemple !

Le "franglais" consiste à mélanger le français et l'anglais, c'est un usage excessif et immodéré de la langue anglaise.

Ces amalgames ne sont pas des plus heureux !

D'autres sont plus sympathiques : "foultitude, bistroquet, burkini, manuscrit..."
Les amalgames permettent de jouer avec les mots, de créer de nouveaux termes, parfois amusants, pleins d'humour...

Mais, au fond, tout texte est un amalgame et un assemblage de mots divers, créant des effets variés : poésie, rires, peur, inquiétude, angoisse, amusement, compassion, interrogations, admiration !

Des mots contrastés peuvent être associés dans des oxymores : "cette obscure clarté, cette douce violence, le soleil noir de la mélancolie".

Certains termes peuvent former des redondances à valeur d'insistance : "un lac calme et paisible".

Les sonorités des mots créent également des amalgames, des harmonies ou des dissonances, effets de douceur ou de violence.

L’amalgame, dans un sens figuré , consiste, aussi, à associer abusivement des personnes, des groupes ou des idées. Dans ce cas, l'amalgame a pour but de dénigrer, de rabaisser ou de critiquer.

Ce genre d'amalgame est malhonnête et doit être combattu vigoureusement !



Cet article a été écrit dans le cadre de la semaine de la langue française.

Bonheurs et déboires de l'amalgame...
Bonheurs et déboires de l'amalgame...
Bonheurs et déboires de l'amalgame...

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17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 17:39

 

 

Tout le monde, de nos jours, connaît et utilise ce mot "wiki", mais qui en maîtrise la signification et le sens premier ?

 

Curieusement, ce terme vient de l’hawaïen, "wikiwiki" qui signifie "rapide", par l'intermédiaire de l'anglais. Ce nom "wiki" désigne un site web dynamique, dont les pages peuvent être modifiées par tout visiteur.

 

Un wiki permet de diffuser rapidement des informations, mais aussi de les structurer, pour permettre de naviguer aisément sur internet. Le terme "wikipédia" est formé à partir d'un deuxième radical grec, "paideia", l'éducation, lui même dérivé du nom "παις" "pais" qui désigne l'enfant, en grec...

 

Quelques mots français comportent ce radical, "pédagogie, pédagogue, pédiatre"...

 

Le nom "wiki" présente, lui, des sonorités plus exotiques, avec ses consonnes rares le "w" et le "k"... On perçoit, là, une curieuse association, un étonnant amalgame de deux mots d'origines très différentes, et lointaines... Voilà un mot valise qui surprend dans sa composition hétéroclite !

 

Du "wiki", au "kiwi", on perçoit, aussi, comme une connivence... mots originaires d'Océanie, ils se ressemblent, tout en désignant des réalités très différentes.

 

En tout cas, ces mots résonnent de sonorités lointaines, redoublées dans le terme "wikiwiki" : avec ce vocable, on a l'impression de voyager à l'autre bout du monde !

 

Ainsi, on voit que les mots se diffusent, se répandent, s'échangent, se combinent de manière étonnante ! En utilisant ce mot, nous parlons tous hawaïen, sans le savoir....

 

Comment ne pas être étonné par le mot originel redoublé : "wikiwiki" ? On perçoit, dans cette répétition, comme une urgence, celle de la rapidité, justement, sens originel et premier de ce mot.

 

Mot exotique et expressif, le "wiki" correspond bien à notre monde voué à une communication rapide : il faut espérer, cependant, qu'elle ne reste pas superficielle...

 

Le "wiki" nous est, souvent, précieux pour trouver rapidement de nombreuses informations sur n'importe quel sujet. Le "wiki" aide bien des étudiants, des enseignants dans leurs recherches.

 

Mais la rapidité n'est pas forcément signe de qualité : le wiki peut, aussi, comporter des erreurs ! Eh, oui, le wiki n'est pas toujours fiable....

 

Il faut rester vigilant, et quand on a un doute, vérifier sur d'autres sources : dictionnaires, livres qui restent des références.

 

On trouve, ainsi, parfois, sur wikipédia, des étymologies fantaisistes qui peuvent être séduisantes mais qui ne sont pas conformes à l'origine du mot ! Oui, le wiki va très vite, mais n'est pas toujours performant !!

 

 

 

 

Cet article a été écrit dans le cadre de la semaine de la langue française...

 

 

 

Tout le monde connaît ce mot "wiki"...
Tout le monde connaît ce mot "wiki"...

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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 17:39
Semaine de la langue française : alors, là, Brighelli exagère...

Jean-Paul Brighelli publie, ce lundi 16 Mars, sur le journal Le Point, un article intitulé : "Une journée de la langue française, sans français : un exploit !"

Son article commence ainsi :"Alors que la semaine de la langue française pourrait être l'occasion d'exalter ce qui nous fait grands, le ministère ( de l'Education nationale) célèbre la diversité..."

Eh oui, la langue française est faite d'apports divers et c'est, aussi, ce qui en fait la richesse !
Le grec, le latin sont les supports de notre langue, mais de nombreux mots français viennent de l'italien , de l'espagnol, de l'arabe et ils font désormais partie de notre vocabulaire !

On ne va tout de même pas les renier, ces mots, d'autant qu'ils sont, pour la plupart, utilisés couramment par chacun d'entre nous...
"Amalgame, bravo, cibler, grigri, inuit, kermesse, kitsch, sérendipité, wiki, zénitude".

En dehors du "kitsch" dont on parle dans le domaine de l'art et du mobilier, en dehors du mot "sérendipité" qui est d'un emploi exceptionnel, les autres termes sont d'un usage assez fréquent et parfaitement intégrés à notre langue !

Là, il semble que Jean-Paul Brighelli veuille aller chercher des poux au ministère de l'Education nationale !

La langue française est belle, aussi, parce qu'elle est riche de tous ces "amalgames" !
Pourquoi ne pas l'admettre ?

Le mot "bravo" est magnifique, dans ses échos et ses sonorités ! Pourquoi ne faudait-il pas le célébrer, puisqu'il fait partie de notre patrimoine ?

"L'amalgame" est un mot très évocateur, avec sa voyelle "a" réitérée...

Célébrer la langue française, c'est, aussi, la célébrer telle qu'elle est, avec tous ces mots venus d'ailleurs et ils sont nombreux !!

Jean-Paul Brighelli dénonce, souvent, avec raison, certaines dérives de l'Education nationale : le mépris de la discipline, l'abandon de l'orthographe, la réforme des rythmes scolaires, mais, dans cet article, on perçoit une mauvaise foi évidente et dangereuse.

Le français n'est pas une langue immuable et monolithique, heureusement ! Pourquoi ne pas reconnaître tous ces apports précieux venus d'autres langues ?

Faudrait-il supprimer le mot "bravo" ? Ce serait dommage, d'autant que ce mot comporte un certain exotisme dans ses sonorités !

De plus, le titre de l'article est lui-même une aberration : "Une journée de la langue française, sans français !"
Qui oserait dire que les mots cités ne sont pas français ? C'est absurde !
Issus de langues étrangères, ils sont devenus des termes français...

Tant de mots français viennent d'ailleurs ! Ils sont aussi essentiels que les autres !
Ces mots sont la substance de notre langue : comment pourrait-on dire qu'ils ne sont pas français ??
Ce n'est pas l'origine des mots qui importe ! Ces mots ont été acceptés et admis dans l'usage... ce qui co
mpte, c'est la maîtrise de la langue française.


L'article du journal Le Point :

http://www.lepoint.fr/invites-du-point/jean-paul-brighelli/une-journee-de-la-langue-francaise-sans-francais-un-exploit-16-03-2015-1913082_1886.php

Semaine de la langue française : alors, là, Brighelli exagère...

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