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5 juin 2020 5 05 /06 /juin /2020 08:19
Voyage au pays des mots latins...

 

 

De nombreux mots français nous permettent de voyager à travers la langue latine....

 

Ainsi, ce voyage nous permet d'aborder une île, en latin "insula", et ses nombreux dérivés : "l'insulaire, la péninsule", les personnes "isolées", c'est à dire séparées, à part, comme dans une île.

L'île est bien un lieu distinct, qui isole du reste du monde.

 

Le navire qui nous conduit vers cette île vient du latin "navis" : on reconnaît le radical des termes "nautique, nautisme, nautile, nautonier, naviguer, internaute" et pourquoi pas "agoranaute".

 

Nous aurions pu prendre l'avion pour nous rendre dans cette île, et même ce mot qui désigne une réalité très moderne vient du latin "avis, l'oiseau".

 

Le ciel nous invite à le contempler, encore un mot latin, "caelum". Il est coloré d'un bleu profond, "céruléen", et cet univers "céleste" est empli de mystères....

 

C'est un beau voyage qui nous est offert : issu du terme latin "via", la voie, la route, le mot évoque l'idée antique du voyage sur des voies romaines... La Via Appia, la Via Domitia sont les plus renommées...

Le "viatique" nous permet aussi de nous déplacer plus facilement, il s'agit de provisions ou d'argent donnés pour un voyage.

 

Un soleil rayonnant nous accompagne, du latin populaire "soliculus", en latin classique, "sol".

De là viennent "le parasol, le tournesol, le solstice, le solarium, l'ensoleillement" qui peut donner une "insolation"...

 

La mer, "mare" en latin, nous emmène encore vers d'autres pays, d'autres îles, la mer, son air "marin", ses voies "maritimes", ses odeurs salées et iodées.

 

L'odeur "odor" nous transporte vers de nouveaux paysages "olfactifs" : nous découvrons des arbres "odorants", des pins, des cyprès.... en latin "arbor, pinus, cyparissus".

Nous percevons des "essences" parfumées, nous atteignons alors l'essentiel, l'être même de ces végétaux.

 

Nous entendons alors des oiseaux aux ramages somptueux, dans les branches, les rameaux des arbres : le mot est dérivé du latin "ramus", le rameau.

 

Nous visitons de nombreux pays, encore un mot venu du latin "pagensis", "habitant d'un bourg, d'un canton"...

 

Que de mots latins dans la langue française ! Nous oublions souvent que notre langue est constituée de mots très anciens dans tout un réseau de significations.

Nous oublions souvent tout cet héritage latin dont nos sommes redevables...

 

 

 

 

 

 

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9 décembre 2019 1 09 /12 /décembre /2019 13:26
Le lundi réunit la brillance du jour et celle de la lune...

 

 


"Lundi" : nous utilisons tant de fois ce mot qui nous paraît si familier ! Un mot venu, en fait, du latin... pour les Romains, le lundi était le jour de la lune, "lunae dies".

 

En fin de mot, le radical "-di" désigne le jour, et on peut rattacher ce terme à l'adjectif "diurne".

 

Le mot "jour", lui, vient du latin "diurnus", d'un radical qui signifie"briller" et apparenté au mot "deus", le "dieu" et, notamment, à "Zeus" dans la mythologie grecque !

Le mot "luna" comporte le même radical que les noms "lux, lumen" qui désignent la lumière.

 

Ainsi le mot "lundi" réunit la brillance du jour et celle de la lune ! 

 

Il évoque des divinités, il renvoie à la mythologie gréco-romaine.

Tous les jours de la semaine s'achèvent avec cette finale -di, sauf le dimanche qui, lui, s'ouvre sur cette syllabe et marque, ainsi, sa singularité.

 

On voit, à travers ces exemples, l'empreinte qu'a laissée le latin sur notre langue : le latin est présent dans de nombreux mots de vocabulaire, il nous accompagne tous les jours sans qu'on en ait conscience.

Notre langue, notre culture sont latines et grecques.

 

Grâce à l'étymologie, le mot "lundi" prend une toute autre dimension : devenu jour de la lune, il peut permettre quelques distractions, il revêt, aussi, un charme poétique, il évoque des images de nuits étoilées auréolées de différentes formes de lunes...

Croissants de lune, lune pleine, lune qui émerge des nuages, qui se voile de nuées ondoyantes et légères...

 

Le lundi n'est plus un jour ordinaire : il devient jour lumineux, divin, il se pare d'un passé mythique et mythologique : la déesse de la lune dans l'antiquité était la soeur d'Hélios.

On la représente guidant un char argenté à travers le ciel obscur, tiré par des chevaux blancs. Elle brille d'une douce lumière argentée pendant qu'elle voyage à travers les cieux, renvoyant une douce lumière sur la terre ensommeillée.

 

Le mot "lundi" qui nous apparaît si commun revêt, soudain, un charme particulier...

Il contient la lune, le jour, la lumière, il nous raconte des histoires mythologiques...

Il suggère d'autres déesses lunaires : Séléné, Diane, Artémis, Hécate...

Il suggère tant de noms aux sonorités exotiques, mystérieuses, empreintes de poésie....

Séléné, la grecque ! Diane, la romaine !

 

Il évoque un monde peuplé de dieux et déesses, une nature vivante, animée.

 

Si le lundi fait rêver, que dire du vendredi, le jour de Vénus ?

Le vendredi devient un jour idyllique, associé à l'amour, la tendresse, il est vrai qu'il annonce de jolies perspectives avec l'arrivée de la fin de semaine et du repos dominical...

 

Que dire du mardi, le jour de Mars, le dieu guerrier et du jeudi, le jour de Juppiter ?

 

Ainsi, les jours de la semaine évoquent des divinités anciennes, ils se parent d' un relief particulier, d'une dimension mythique et mythologique...

 

 

 

http://www.cosmovisions.com/$Selene.htm

 

 

 

 

 

 

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16 février 2019 6 16 /02 /février /2019 12:35

La magnificence du mimosa...


 

Le mimosa aux fleurs exubérantes embaume les jardins de l'hiver...Des myriades de fleurs couleur d'or et de lumière tapissent les branches de l'arbre : des étincelles flamboyantes éblouissent les yeux...

Le nom même du "mimosa" intrigue, étonne : d'où vient ce mot aux sonorités de douce labiale redondante, aux voyelles variées ? Un nom issu du latin "mimus", et plus anciennement du grec μῖμος, "le mime", en raison de la contractilité de la plante.
 
Les parfums du mimosa sucrés, doux envahissent l'espace, des senteurs uniques se répandent, des effluves pleins de bonheurs de l'été rayonnant...Les fleurs explosent en bouquets remplis de luminescence...
 
 Les fleurs rondes se déclinent dans des tons de jaunes, clairs ou brillants, de blanc, de crème ou d'orangé... Un duvet subtil les garnit de filaments soyeux. Les fleurs retombent en grappes abondantes autour de l'arbre et s'épanouissent en rameaux éblouissants.
 
Les boules cotonneuses, légères, étincelantes remplissent les arbres... les feuilles, souples, fines, dentelées, d'un vert subtil se couvrent d'une multitudes de boutons d'or : de loin, on dirait de la soie, une moire d'étincelles et de luminosités...
 
Le mimosa, fleur de l'hiver nous séduit par ses couleurs chaudes, ses senteurs à la fois douces et tenaces, le mimosa fait éclater et resplendir ses petites fleurs duveteuses... qui répandent des odeurs de miel doré...
 
Les fleurs blondes, de xanthe ressortent sur les feuillages aériens, souples,aux réseaux serrés et denses...
 
Les mimosas dessinent des panaches de lumière sur l'horizon de l'hiver... ils adoucissent de leurs couleurs, de leurs parfums les froids rigoureux, les frimas au coeur de l'hiver.
 
Senteurs et splendeurs du mimosa ! Quelles images de rêve d'été et de bonheurs infinis ! Quels rivages sereins et bienheureux ! Quels effluves savoureux !
 
Les mimosas, fleurs du sud et du soleil, en imitent la couleur dorée, ils nous font songer aux douces senteurs de l'été...

 

 

https://youtu.be/ikQNFqVkNNc
     
 

 

 
 

 

 

La magnificence du mimosa...
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7 janvier 2019 1 07 /01 /janvier /2019 14:20
La discipline, un mot quelque peu oublié...

 

Le mot "discipline" est très ancien, il a des origines latines... et cette notion a tendance à se perdre, elle n'est plus à la mode, elle semble même périmée à notre époque où un certain laxisme s'installe dans des établissements scolaires.

Ce nom vient d'un verbe latin "discere" qui signifie "apprendre". Cette étymologie révèle bien toutes les ressources de ce mot qui évoque toutes les branches de la connaissance.

 

Les disciplines sont multiples : mathématiques, sciences, langues, histoire, géographie, dessin, musique...

Le mot désigne aussi des règles de conduite, un respect de ces règles.

 

Et on se rend compte combien ce mot est devenu quasi obsolète : la transmission des connaissances s'amenuise, les programmes se réduisent de plus en plus comme peau de chagrin, c'est ainsi que grammaire et orthographe ont été délaissées dans le cursus des élèves, à l'école primaire comme au collège.

 

Quant à la discipline, en tant que règle de conduite, elle a aussi tendance à s'effacer : une sorte de manque de savoir-vivre ensemble s'installe dans la société. C'est l'individualisme qui prime, une forme de barbarie qui prévaut.

 

Dans certains établissements scolaires, on voit se multiplier des incivilités, la violence s'installe. la spontanéité est de plus en plus prisée par les inspecteurs : il faut que la classe soit vivante ! Et on en oublie les notions les plus élémentaires de respect, de discipline, de retenue.

Les apprentissages eux-mêmes ne sont plus valorisés : c'est la pédagogie de la découverte qui s'est imposée depuis de nombreuses années.

 

Voilà un mot "la discipline" qu'il conviendrait de remettre à l'honneur !

Alors, bien sûr, il n'est pas question de renouer avec les châtiments corporels, il n'est pas question d'user de ce fouet nommé "discipline" que l'on utilisait autrefois pour punir les élèves.

 

Mais il convient de rétablir des règles de conduite plus strictes d'abord dans les établissements scolaires où commence l'éducation à la discipline : on l'a vu avec cette vidéo qui circulait sur les réseaux sociaux où une enseignante était braquée par un élève tenant une arme factice.

De tels faits sont graves et inadmissibles dans l'enceinte d'un lycée.

 

Il serait temps de remettre à l'honneur la discipline et les disciplines.

Nous avons tous besoin de cadres pour évoluer, et les élèves en ont besoin pour grandir et s'épanouir : sans discipline, comment pourraient-ils accéder au savoir ?

Ne sommes-nous pas tous tenus à une certaine discipline dans notre vie de tous les jours ?

 

 

 

 

 

 

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17 octobre 2018 3 17 /10 /octobre /2018 08:53
Un mot qui invite à la discrétion : le secret...

 

 

 

Issu du mot "secretus", participe passé adjectivé du verbe latin "secerno, séparer, mettre à part", le mot "secret" suscite notre curiosité...

Ce terme composé du préfixe se- qui marque la séparation et du verbe "cerno", "séparer, distinguer", comporte deux fois cette idée de mise à l'écart...

Sifflante initiale, gutturales au centre "c" et "r", le mot "secret" symbolise bien une forme de discrétion, de mystère lourd et pesant.

Avec ses voyelles peu marquées, ses deux syllabes, le mot lui même invite à la discrétion.

 

Le secret, qui est caché, suggère parfois une faute, un manquement à ne pas révéler...

Il est empreint d'échos négatifs, d'une volonté de masquer certaines réalités.

 

Mais ce mot suggère aussi des énigmes à découvrir, le secret de l'apparition de la vie, celui de la création du monde, celui des pyramides...

Ces secrets éveillent notre imagination, une envie de découvrir de nouveaux horizons, de percer certains mystères.

 

J'aime ce terme expressif et bien évocateur de l'idée qu'il exprime, ses sonorités feutrées et rugueuses à la fois...

Le secret nous invite à la curiosité et à la découverte : il attire l'attention, intrigue, étonne.

 

Le thème du secret hante notre littérature : depuis le mythe de Pandore, rapporté par Hésiode, ce motif apparaît de manière récurrente.

Pandore, la première femme, apporte le malheur aux hommes en ouvrant la fameuse boîte que Zeus lui avait donnée : en voulant découvrir un secret, Pandore libère les forces du mal et conduit les hommes vers une forme de déchéance...

Certains secrets apparaissent ainsi dangereux... 

 

Ce mythe ancien dévalorise la femme, fait d'elle un modèle de curiosité néfaste...

On retrouve ce thème dans l'histoire de Psyché racontée par Apulée, récit inséré dans son roman l'âne d'or, ou encore dans un conte de Perrault, Barbe bleue...

Dans la bible, c'est le personnage d'Eve qui fait preuve de curiosité et entraîne le malheur des hommes.

Dans tous ces récits primitifs, la femme est souvent montrée du doigt, discréditée, responsable des douleurs et des détresses humaines...

 

Et, pourtant, la curiosité, l'envie de découvrir ne font-elles pas avancer le monde ?

Tant d'énigmes encore à résoudre, tant de secrets nous hantent et nous font avancer vers la connaissance !

 

La curiosité permet de se poser des questions, de les résoudre, de progresser...

Au fond, l'être humain est toujours en quête de secrets et de mystères : il se pose tant de questions sur le monde qui l'entoure...

 

 

 

 

  
 

 

 

 

Un mot qui invite à la discrétion : le secret...
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28 avril 2018 6 28 /04 /avril /2018 13:04
Certains paysages nous parlent aussi...

 

 

 

La "parole" donnée aux hommes permet d'exprimer tant d'idées, de nuances, elle passe par des mots, des intonations, des sonorités, des harmonies ou des dissonances !

Quelles richesses dans la parole humaine, quelle diversité de langues, de mots ! Quelle inventivité !

 

Ce mot de trois syllabes, avec sa première consonne labiale, sa gutturale, ses voyelles ouvertes restitue bien cette volonté de s'exprimer, de communiquer...

Voilà un mot simple dont on a oublié les origines latines : ce nom vient du latin "parabola" et plus anciennnement du grec "parabolé", "comparaison, similitude"...

Issue du verbe grec, "paraballo", "comparer, placer à côté", la parabole permettait une comparaison, un rapprochement... Le mot a été utilisé dans un sens évangélique pour évoquer une allégorie à valeur morale.

 

Les noms "parabole, parole" ont donc une même étymologie mais se sont spécialisés dans des sens différents.

Le mot s'est contracté en "paraula", puis en "parole" et a fini par remplacer l'ancien mot latin "verbum", qui désignait le mot, la parole.

Le nom "verbum", lui, a donné le terme "verbe", le mot essentiel d'une phrase ou encore dans un sens ancien, "le fait de parler, de s'exprimer".

 

Le verbe, la parole ! Deux mots si importants, pleins de résonances, d'éclats !

La parole, c'est ce qui caractérise l'homme, qui lui permet de s'épanouir, de progresser, d'inventer, de créer...

La parole, c'est une multitude de combinaisons, d'associations, c'est toute la richesse de la pensée humaine !

 

Ce mot contient tous les autres... La parole passe par la voix humaine, des articulations diverses, des mots à l'histoire parfois complexe, des mots qui évoluent, qui ont différentes significations, des mots éblouissants ou terribles.

 

La parole, c'est aussi la musique des mots qui nous charment, une harmonie de sonorités, des textes si divers, si riches de sens, de beauté...

Et certains paysages nous parlent aussi, comme si le monde reflétait une harmonie secrète, certains paysages, certains arbres, certaines fleurs, des ciels enflammés du soir nous parlent et nous disent l'essentiel...

 

La parole peut être harmonie mais elle peut être ausi vecteur de haine, de mépris, elle peut être aussi terrible qu'un orage violent qui s'abat sur la nature, elle peut être manipulatrice, trompeuse.

Elle est le meilleur et le pire de l'être humain... Essayons de l'utiliser pour en montrer toutes les richesses, tous les dangers, aussi.

La parole, les mots sur internet sont parfois terrifiants : invectives, propos de haine et de mépris...

 

La parole humaine mérite mieux que cela : elle devrait élever l'homme et non le rabaisser, elle devrait être au service d'une pensée structurée, d'une littérature humaniste au service des hommes...

Elle devrait être parole raisonnée et non un pur réflexe, elle devrait être réflexion, elle devrait servir la pensée, la poésie.

 

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

Certains paysages nous parlent aussi...
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7 mars 2018 3 07 /03 /mars /2018 10:04
L'histoire des mots est passionnante...

 

 

Les mots de notre langue remontent souvent à des origines lointaines : 80 % des mots français viennent du latin et du grec...

 

Le sens premier de ces mots permet de mieux comprendre la signification profonde de notre vocabulaire, de percevoir des évolutions notables.

La langue, les mots façonnent et disent notre rapport au monde : ils reflètent une façon de voir le réel...

 

Ainsi, le nom  "κόσμος, cosmos" a des origines grecques : il désigne l'ordre du monde, une forme d'harmonie et de beauté à laquelle les Grecs étaient sensibles...

On peut remarquer que ce mot a gardé en français la forme exacte qu'il avait en grec ancien, avec sa terminaison en -os bien caractéristique.

Le terme "cosmétique" vient aussi de ce radical, avec une spécialisation de sens.

Ce mot a lui-même pris deux significations : il désigne "un produit qui sert à entretenir la peau, à la rendre belle", et il a aussi un sens ironique : "inefficace, qui n'a d'effet qu'en apparence..."

Chute bien misérable pour ce dérivé d'un mot qui désignait d'abord l'ordre du monde !

 

On connaît de nombreux autres mots qui viennent de ce radical : "microcosme, macrocosme, cosmopolite, cosmogonie, cosmologie, cosmique, cosmonaute..."

Cette famille de mots remonte au grec, et on en voit toute la productivité : même un terme qui désigne une réalité moderne "cosmonaute" vient du grec ! Le cosmonaute étant celui qui navigue dans le cosmos...

Le nom "kosmos" ne nous montre-t-il pas toute l'admiration qu'éprouvaient les Grecs pour l'agencement du monde ? Une admiration que nous avons quelque peu perdue... hélas !

Nous oublions, de nos jours, de contempler le monde et ses merveilles, nous ne percevons plus les leçons qu'il nous délivre...

 

Il est utile aussi parfois de connaître l'origine des mots pour mieux comprendre la réalité qu'ils désignent : ainsi, le nom "théâtre" est bâti sur le radical d'un verbe "θεάομαι, theáomai voir, regarder"... on perçoit aussitôt ce qu'est l'art théâtral : un art visuel qui se prête à une mise en scène.

Le nom de la "poésie" est, quant à lui, issu d'un verbe grec : "ποιεῖν poiein", "faire, créer".

On conçoit  bien que la poésie est l'art de créer un nouveau langage qui n'est pas le parler ordinaire.

Ainsi, l'étymologie nous révèle parfois l'essence même des mots.

Autre exemple : la plupart des noms d'arbres nous viennent du latin ou du grec :  "πλάτανος, platanos, platanus, le platane", "populus, le peuplier", "laurus, le laurier", "alnus, l'aulne", "arbutus, l'arbousier", "cedrus, le cèdre", "κυπάρισσος, le cyprès", "ficus, le figuier"...

Le nom générique de l'arbre est lui-même issu d'un terme latin "arbor".

Et tous ces substantifs sont anciennement de genre féminin, les arbres étant reliés à la terre nourricière.

Les anciens pensaient que chaque arbre était habité par une nymphe, chaque arbre était considéré comme un être vivant.

On perçoit ainsi tout le respect qu'avaient nos ancêtres pour la nature, un respect que nous avons, hélas, tendance à négliger, de nos jours.

Les mots ont une histoire révélatrice : ils mettent en évidence la signification profonde de notre vocabulaire, ils traduisent aussi des valeurs, une façon de concevoir le monde...

 

 

 

 

 

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5 février 2018 1 05 /02 /février /2018 14:25
Les langues anciennes enfin réhabilitées ?

 

 

On se souvient que la réforme des collèges initiée par la ministre Najat Vallaud-Belkacem avait annihilé l'enseignement du latin et du grec.

Ces disciplines avaient été mises au rebut puisque les horaires dédiés à ces deux langues avaient été supprimés au profit d'EPI, ou enseignements pratiques interdisciplinaires, sortes de fourre-tout où ces langues n'étaient plus vraiment enseignées.

Les humanités avaient été aussi depuis longtemps reléguées, placées dans les emplois du temps des élèves en fin de journée....

A terme, était programmée la disparition de ces disciplines, avec un recrutement toujours plus réduit d'enseignants de lettres classiques...

Ainsi, avec la réforme du collège, le nombre d'établissements situés en REP+ qui ne proposent pas de latin est passé de 40 à 160 !

Au nom de l'égalitarisme, on s'est attaqué à ces disciplines comme si elles avaient tendance à creuser les inégalités.

 

Mais c'est une absurdité : ce n'est pas en supprimant des enseignements exigeants et formateurs que l'on va sauver l'école.

On a prétendu que ces disciplines sont élitistes : quelle erreur !

Elles permettent, au contraire, à des élèves volontaires d'approfondir leur connaissance de la langue, d'acquérir une certaine rigueur, de s'intéresser à l'histoire, la mythologie, la littérature antique.

 

Comme le souligne un rapport de Pascal Charvet, ces enseignements sont bel et bien des "facteurs d'intégration scolaire".

Dans ce rapport intitulé "les humanités au cœur de l'école" qu'il vient de rendre au ministre de l'Éducation nationale, Pascal Charvet réhabilite enfin ces disciplines.

 

Le latin, le grec développent la curiosité des élèves qui peuvent ainsi s'intéresser à l'étymologie, l'origine des mots, leur histoire.

Les élèves ont l'occasion de traduire des textes antiques qui sont le substrat de notre culture : poésie, théâtre, comédie, tragédie, fables, discours, tous ces grands genres littéraires sont nés en Grèce...

 

Oui, ces disciplines sont exigeantes : elles réclament des efforts, de la volonté, de la persévérance, et en ce sens elles sont particulièrement formatrices.


Le latin et le grec ne sont pas des langues mortes, comme on le dit trop souvent : ces langues vivent à travers le français, elles sont omni-présentes, elles survivent même là où on ne le soupçonne pas, des termes très modernes sont, ainsi, empruntés au grec, "le canapé, la vidéo, la télévision, le cinéma, l'astronomie", pour ne citer que quelques exemples...
 

Il faut souhaiter que ces enseignements soient effectivement remis à l'honneur le plus rapidement possible, qu'ils retrouvent toute leur place dans les établissements scolaires, que soit enfin rétabli un véritable recrutement de professeurs de lettres classiques.


Dans un monde en perte de repères, comment ne pas voir que ces disciplines sont essentielles ? Elles nous relient au passé, à notre histoire, au substrat de notre culture et de notre langue.
 

 

 

 

Source : un article du journal Le Point :

 

http://www.lepoint.fr/editos-du-point/sophie-coignard/coignard-latin-grec-le-requisitoire-contre-najat-vallaud-belkacem-01-02-2018-2191295_2134.php#xtmc=latin-grec&xtnp=1&xtcr=1

 

 

 

 

 

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17 novembre 2017 5 17 /11 /novembre /2017 14:42
Cultiver les savoirs "inutiles"...

 

 

 

Nos sociétés ont tendance à privilégier une forme d'utilitarisme...
 Désormais, il faut que tout soit utile ! On en oublie l'essentiel : le rôle de la culture dans la formation de l'individu...

 

Mieux encore ! Les savoirs qui paraissent inutiles nous libèrent : les humanités en font partie...

 

Elles ont été anéanties lors du quinquennat de François Hollande, avec la réforme des collèges initiée par Najat Valaud- Belkacem.

 

Et pourtant, le latin, le grec permettent à des élèves en difficulté de mieux maîtriser les structures de notre langue, de mieux en connaître le vocabulaire.

Ces racines sont essentielles : elles sont notre substrat, nos sources premières.

Elles suscitent la curiosité, elles donnent rigueur, esprit d'analyse à ceux qui les pratiquent.

Le terme même d'humanités associé à ces disciplines nous en montre toute l'importance : dans un monde où les machines occupent de plus en plus de place, dans un monde de technicité grandissante, il convient de préserver cet héritage du passé lié à notre humanité.

Philosophie, théâtre, tragédie, comédie, poésie, la plupart des genres littéraires sont nés en Grèce...


Pour bien vivre le présent, nous avons besoin de cette culture, de ces repères, nous devons nous référer à ce passé qui nous a nourris et nous nourrit encore...

Cette littérature venue du passé nous délivre bien des enseignements...

 

Ainsi, l'Odyssée d'Homère n'est pas un simple récit primitif : comme le montre Luc Ferry, cette épopée nous offre un véritable itinéraire initiatique et philosophique empli de sagesse, l' histoire d'un roi grec qui va du chaos à l'harmonie, de la guerre à la paix, de la haine à l'amour, de l'exil au retour à la maison.

 

L'acceptation de la mort et de la condition humaine, le refus de l'immortalité, l'amour des siens, la victoire sur l'oubli,  une vie en accord avec l'ordre du monde et le cosmos, la volonté d'habiter le présent... Telles sont les leçons philosophiques de cette épopée primitive.

 

Les adeptes du transhumanisme feraient bien de méditer ces messages venus du passé.

 

L'homme doit rester à sa place, ne pas se livrer à l'hybris et ne pas vouloir dépasser sa condition de mortel.

Ainsi, les savoirs antiques nous donnent des leçons de sagesse et de modération.

 

 


Conférence de Luc Ferry sur l'Odyssée :

 

https://www.youtube.com/watch?v=RzjVWUjRYLA&t=2864s

 

 

 

 

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19 août 2017 6 19 /08 /août /2017 09:52
N'y a-t-il pas des nymphes glacées dans l'eau des sources ?

 

 


"N' y a-t-il pas des nymphes glacées dans l'eau des sources ? -il en avait, un jour, touché une des lèvres, à même l'eau verte"...

 

Dans cet extrait de son roman intitulé Naissance de l'Odyssée, Giono donne vie aux éléments naturels qui semblent habités de divinités : l'eau des sources peuplée de nymphes, les arbres dans lesquels se cachent des dryades et des hamadryades...

 

 

Giono restitue, ainsi, des croyances antiques : une nature où tout est sensible, une nature qui révèle l'essence du divin... Belle conception animiste du monde !

 

 

Le mot "nymphe", très ancien vient du grec : "νύμφη, númphê", "jeune mariée,  promise, jeune fille..."

Ce nom désigne, d'abord, la "jeune mariée, la fiancée qui porte le voile"et pourrait être apparenté au verbe latin "nubere, prendre le voile pour se marier", et être un dérivé du mot "nubes, le nuage"...

 

La nymphe est, aussi, une divinité secondaire qui hante les bois, les forêts, les fleuves, les sources, les montagnes.

 

 

Le mot rayonne grâce à une voyelle nasalisée, une douce fricative "ph" emplie de charme et de délicatesse. La graphie de ce nom avec le "i" grec, l'ancienne consonne aspirée "ph" lui confèrent un certain mystère et une solennité majestueuse...

 

Les nymphes sont multiples, et leurs noms pleins de poésie : Oréades, Méliades, Naïades, Néréïdes, Alcéides, dryades....

 

On les entend, au détour d'un chemin, quand les arbres bruissent ou quand ruisselle une source, au coeur de l'été...

 

Les nymphes sont partout, dans la fleur qui rayonne, sous l'écorce des arbres, dans la mer où elles ondoient, dans l'eau des fleuves et des rivières...

Les nymphes sont l'âme de la nature, elles nous montrent que tout est vivant, que les arbres, l'eau, les fleuves méritent notre respect...

 

Ces divinités féminines symbolisent à la fois la fragilité et la beauté de la nature environnante.

 

Elles sont partout, tout autour de nous, il suffit d'observer les arbres, les fleurs, le ciel, les nuages pour percevoir toutes les harmonies qui les habitent.

 

Nymphéas, fleurs d'eau, divinités des étangs et de marais ! Elles éclairent les eaux sombres de leurs éclats lumineux !

 

Dryades, hamadryades, elles se cachent dans les replis des arbres !

Nymphes des arbres, cigales aux chants éblouissants, elles font vibrer les pins, les cyprès, les cèdres de leurs paroles douces comme le miel...

 

Les nymphes sont les âmes du monde, elles nous parlent, nous chuchotent l'harmonie et la beauté du monde.


 

 

 

 

 

 

 

Photos : Pixabay

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