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16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 16:45
Des castagnettes de bois d'ébène...

 

Pour que vivent la musique, la danse, la culture, la fraternité, la liberté, la beauté....



"Une des jeunes femmes commence à jouer sur la guitare l'air de la danse étrangère. La fille de don Rodrigue ôte son voile et attache à ses mains blanches des castagnettes de bois d'ébène. Ses cheveux noirs tombent en boucles sur son cou d'albâtre ; sa bouche et ses yeux sourient de concert ; son teint est animé par le mouvement de son coeur. Tout à coup elle fait retentir le bruyant ébène, frappe trois fois la mesure, entonne le chant de la Zambra et, mêlant sa voix au son de la guitare, elle part comme un éclair.


Quelle variété dans ses pas ! quelle élégance dans ses attitudes ! Tantôt elle lève ses bras avec vivacité, tantôt elle les laisse retomber avec mollesse. Quelquefois elle s'élance comme enivrée de plaisir et se retire comme accablée de douleur. Elle tourne la tête, semble appeler quelqu'un d'invisible, tend modestement une joue vermeille au baiser d'un nouvel époux, fuit honteuse, revient brillante et consolée, marche d'un pas noble et presque guerrier, puis voltige de nouveau sur le gazon. L'harmonie de ses pas, de ses chants et des sons de sa guitare était parfaite. La voix de Blanca, légèrement voilée, avait cette sorte d'accent qui remue les passions jusqu'au fond de l'âme. La musique espagnole, composée de soupirs et de mouvements vifs, de refrains tristes, de chants subitement arrêtés, offre un singulier mélange de gaieté et de mélancolie. Cette musique et cette danse fixèrent sans retour le destin du dernier Abencerage : elles auraient suffi pour troubler un coeur moins malade que le sien."


Dans cet extrait de la nouvelle intitulée Le dernier Abencérage,  Chateaubriand nous montre son héros complètement subjugué par la danse de Blanca, une jeune espagnole, aux cheveux noirs, au teint d'albâtre... une danse rythmée par le son d'une guitare et de castagnettes.

Amour, musique, joie de vivre sont associés dans ce texte : les mouvements de Blanca, sa voix, sa beauté séduisent tous les spectateurs et tous les lecteurs.


"Castagnette !" Il suffit de prononcer ce nom pour voir surgir toute l'Espagne, ses danseuses, aux robes couleur de pourpre, ses musiques andalouses, ses flamencos rythmés par ces petits instruments de bois...

Des tenues soyeuses, des châles ondoyants, des basquines légères se dessinent...

Un spectacle haut en couleurs, des rythmes entraînants, une musique qui donne envie de danser...

Le mot lui-même claque, de sa gutturale initiale, de sa sifflante "s", de ses dentales "t" redondantes... Le mot chante l'Espagne, avec sa voyelle "a" réitérée, le mot chante la gaieté, l'insouciance, avec son suffixe de diminutif "ette".

La "castagnette" suggère bien ce petit instrument tenu entre les doigts, qu'on entrevoit, à peine, sous les mains des danseuses.

Le mot venu du latin "castana", la châtaigne, a des origines lointaines. La castagnette, "la petite châtaigne", nous fait entendre sa jolie musique cliquetante...

Elle nous fait voir des envolées de robes longues, aux couleurs éclatantes et chatoyantes, des danses espagnoles, fandangos, séguédilles, paso doble, sardanes, des airs de guitare, aux échos sonores pleins de charmes.

Des danseuses, aux lourds cheveux bruns, au tempérament de feu, virevoltent et enflamment le public...

Carmen, femme fatale, exécute une danse envoûtante et sensuelle... Elle subjugue tous les spectateurs, de ses grands yeux sombres, de sa silhouette altière.

Son jupon virevolte, la soie du vêtement accompagne, de frémissements, ses arabesques ondoyantes...

Les bras s'enroulent, se déroulent pendant que la danseuse tourne lentement.

Les castagnettes rythment ses mouvements, tantôt très lents, tantôt, pleins d'élans, de feu, et de vivacité...

Sombre, puis éclatante, la danse fait voler les jupons aux teintes de flammes !


 



 

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1 novembre 2015 7 01 /11 /novembre /2015 15:06
Humble et royal à la fois, tel est le cèpe !

 

 


Couleurs mordorées, moires de bruns, le cèpe est un petit monument : il se dresse sur sa colonne marbrée de terre...

Le pied, strié de lignes, hausse la couronne ample, aux couleurs de cuir bruni...

 

Le chapeau gondole de plis et de replis, le chapeau penche en pente douce et donne un air familier au champignon....


Humble, le cèpe côtoie la terre, s'en imprègne, revêt ses couleurs sombres, se pare d'embruns de brumes, de senteurs d'arbres et de feuilles....

Le cèpe semble avoir mille ans, avec ses teintes racornies, sa peau qui fait songer à un vieux parchemin, aux recoins brûlés...


Rugueux au toucher, le cèpe révèle pourtant des éclats lumineux, des envolées de dorures...

Cippus d'autrefois, colonne antique !

Le mot révèle des origines pleines de noblesse... colonne de temple qui se dresse vers le ciel !

Le mot rayonne de ses consonnes sifflante et labiale aux sonorités emplies de séduction... Le mot bref révèle, aussi, toute la modestie dont il se pare...


Humble et royal à la fois, tel est le cèpe !


 

 

 

 

Photos : rosemar

Humble et royal à la fois, tel est le cèpe !

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31 octobre 2015 6 31 /10 /octobre /2015 14:29
Célébrons la citrouille !

 


Les citrouilles sont revenues ! Dans les rayons des magasins, elles tiennent une place de choix et imposent leurs formes volumineuses, leurs couleurs de rouilles, des arrondis superbes, des brillances orangées...

Les citrouilles sont de retour pour fêter le coeur de l'automne, elles se parent de teintes vives et étonnent tous les regards !

Associée à la fête de Samonios, aux origines celtes, la citrouille s'embellit de lumières, elle devient même lampe magique...

Ce mot nous fait entendre des sonorités lumineuses, sifflante initiale, emplie de douceur, dentale "t" éclatante, gutturale "r" qui restitue la dureté du fruit, palatale qui prolonge le son "ou" pour suggérer des couleurs rayonnantes...

La citrouille aux teintes de soleil, aux formes volumineuses est un fruit de contrastes étonnants : beauté des couleurs, ampleur et volume exorbitant des cucurbitacées...

Le mot venu du latin "citrium, le cédrat, le citron", par analogie de couleurs, est à la fois plein de charmes et de dérision.

" Tu n'as rien dans la citrouille, j'ai la tête comme une citrouille" ! On perçoit, à travers ces expressions toute l'ironie que peut contenir ce terme.

La "cucurbite" a de quoi séduire, mais elle peut aussi marquer une forme de moquerie.

Voilà encore un mot plein de saveurs, par ses sonorités redondantes, ses échos, ses consonnes variées, gutturales, labiale, dentale...


Les cucurbitacées sont multiples : coloquinte, concombre, courge, melon, pastèque, potiron.... Une variété de mots tous si expressifs !


La citrouille, aux formes généreuses, aux tranches bien marquées, est aussi, une plante volubile : elle nous parle des teintes de l'automne, elle nous raconte des légendes, des contes dans lesquels des citrouilles se transforment en carrosses, elle nous montre, à travers une fable, que la nature est souvent bien faite et qu'il vaut mieux l'accepter telle qu'elle est...

La citrouille nous parle, aussi, de traditions venues d'ailleurs : Halloween et ses peurs ancestrales, des fantômes, des sorcières, des monstres de la nuit, elle nous fait voir des feux de joie, elle évoque un temps où l'on communiquait avec l'autre monde, des démons, des dieux, le mois de Samonios qui va s'ouvrir....

Fêtons Samonios, célébrons les citrouilles !

Rendons hommage aux citrouilles, coloquintes, courges, potirons ! Ces beaux fruits de l'automne nous montrent toute la diversité de la nature, des merveilles de formes, de couleurs, des embruns étonnants d'éclats...


 

 

 

Une fable de La Fontaine : Le gland et la citrouille 

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/jean_de_la_fontaine/le_gland_et_la_citrouille.html

 

Le conte de Perrault : Cendrillon

 

https://fr.wikisource.org/wiki/Contes_de_Perrault_(%C3%A9d._1902)/Cendrillon_ou_la_petite_Pantoufle_de_verre

 

 

Photos : Creative commons

En haut de l'article  auteur : Joe Mabel

Sous l'article   auteur : Juliancolto

Célébrons la citrouille !
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27 octobre 2015 2 27 /10 /octobre /2015 16:13
J'irai dans les sentiers...

 



"Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,

Picoté par les blés, fouler l'herbe menue :

 Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.

Je laisserai le vent baigner ma tête nue."



On doit cette belle évocation des sentiers liés à une nature sauvage, à Arthur Rimbaud, dans un poème intitulé Sensation... On y perçoit une fusion harmonieuse de sensations, visuelle, tactile...



Le sentier, petit chemin de traverse, nous attire et nous séduit : ce mot aux douces sonorités de sifflante "s", de dentale "t", de voyelle nasalisée "en", nous charme par sa simplicité familière.

Les sentiers me plaisent : ils traversent la campagne, sont bordés, parfois, de végétations épaisses, denses...  sinueux, ils suivent les collines, ils évoquent la liberté, l'insouciance, un aspect sauvage.

La voyelle nasalisée "en" qui virevolte et s'envole suggère cette impression d'abandon, de délivrance.

Soudain, près d'un sentier, surgissent des oliviers, des pins, des chênes, des herbes sauvages, un bruit de sources lointaines, des escarpements rocheux, des surprises renouvelées....

Le sentier évoque des images de nature, herbes et arbustes sauvages, halliers, buissons, senteurs de terre et de fleurs, thym, romarin...

Le sentier nous enivre de parfums de liberté...

Issu du latin "semita", le mot suggère une évasion : le préfixe "se-" signifie "à part, à l'écart", et le deuxième élément vient du verbe "meo", "aller".

Le sentier "va" son chemin, il s'écarte des routes habituelles, toutes tracées, il invite à l'aventure et à la découverte.

Le sentier, c'est le mouvement, la vie, c'est le désir de découvrir, de se glisser dans les bois, les forêts, les collines, de s'en imprégner.

Le sentier nous permet de nous aventurer à l'écart du monde, de suivre d'autres chemins, d'autres voies.

Le sentier serpente dans les collines de Provence, il nous offre des paysages, des découvertes, des fleurs sauvages, des pierres, des rocailles aux formes étonnantes, des ciels lumineux...

Le sentier nous fait voir des horizons nouveaux de liberté, il nous abreuve de senteurs, de vents, de brises légères, il nous fait oublier toutes les rudesses du monde...

Un simple mot, et nous voilà devant des paysages éblouissants, une nature triomphante, des envols d'oiseaux, des trilles, des cailloux qui bruissent et roulent sous nos pas, des couleurs de verts, de bruns, d'ocres, des sensations diverses et pleines de séductions : le bruit du vent, les parfums de la terre, les formes variées de la végétation...

Un simple mot et nous voilà transportés loin des villes, dans des lieux et des espaces où règne un autre monde, celui de la vraie vie qui nous fait oublier les machines, les artifices qui nous entourent !

Le sentier nous donne des envies de fuir le monde ordinaire, frelaté et banal qui nous environne.

Redécouvrons ces bonheurs simples, ces sensations chères à Rimbaud : le bonheur de voir, de percevoir vraiment toute l'harmonie de la nature.

Le bonheur de goûter, d'observer, de s'attarder sur l'essentiel, le bonheur de la marche qui permet cette attention sur le monde....

 

 

Le poème de Rimbaud :

 

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/arthur_rimbaud/sensation.html

 

 

 

J'irai dans les sentiers...
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20 octobre 2015 2 20 /10 /octobre /2015 14:02
Un suppôt de Bacchus...

 

 



"Chacun a son défaut où toujours il revient :
Honte ni peur n'y remédie.
Sur ce propos, d'un conte il me souvient :
Je ne dis rien que je n'appuie
De quelque exemple.

Un suppôt de Bacchus
Altérait sa santé, son esprit et sa bourse.
Telles gens n'ont pas fait la moitié de leur course
Qu'ils sont au bout de leurs écus.

Un jour que celui-ci plein du jus de la treille,
Avait laissé ses sens au fond d'une bouteille,
Sa femme l'enferma dans un certain tombeau.
Là les vapeurs du vin nouveau
Cuvèrent à loisir."





C'est ainsi que débute la fable de La Fontaine, intitulée L'ivrogne et sa femme : le poète y dépeint un ivrogne invétéré, incapable de se corriger et d'évoluer vers plus de tempérance.

L'expression "un suppôt de Bacchus" prête à sourire : on connaît les "suppôts de Satan", serviteurs du diable et La Fontaine utilise ici le mot dans un autre contexte, de manière amusante et parodique.

Le mot lui-même "suppôt" grâce à la sifflante initiale, à la labiale redoublée ne suggère -t-il pas une certaine douceur et servilité ?

Ce mot ancien venu du latin "suppositus", "placé en dessous" est, à l'origine, un participe passé, issu d'un verbe "suppono, subordonner, soumettre".

Le participe passé a un sens passif, en français, comme en latin et cette forme correspond bien à la passivité du personnage.

Le "suppôt de Bacchus" se soumet, ainsi, à sa passion pour le vin, se grise de toutes sortes d'alcool, aime se vautrer dans l'ivrognerie.

Le mot a pris très tôt un sens péjoratif et désigne, souvent, un partisan d'une personne nuisible : "un suppôt de tyran, un suppôt du diable"...

Ce terme dont la voyelle "o" est surmontée d'un accent circonflexe semble, ainsi, nous montrer un individu qui se met sous l'autorité d'une autre souvent malfaisante, et malveillante...

Le suppôt n'attire guère la sympathie : son attitude servile ne plaide guère en sa faveur, la façon dont il se soumet au mal le dessert et l'avilit.

On peut imaginer toutes sortes de suppôts : suppôts de la paresse, de l'indifférence, de la bêtise, de l'insulte.

Notre monde regorge de suppôts qui se laissent dominer par des passions et vivent sous l'emprise d'habitudes néfastes.

Le suppôt perd sa propre liberté en se soumettant, ainsi, à différentes passions, il se laisse emporter et submerger par toutes sortes de fureurs et de folies.

Un suppôt vit sous la dépendance, il n'est plus maître de lui-même...

On perçoit dans ce terme toute une expressivité, et l'étymologie nous révèle bien la signification essentielle de ce nom...

Ce mot ancien est, de nos jours, peu utilisé : d'un emploi littéraire, il mérite d'être remis à l'honneur, il montre la servilité humaine, il suggère toutes sortes de passions qui guident l'homme et le conduisent au pire : n'ayant plus de volonté, se soumettant à des envies, l'être humain oublie l'essence même de son humanité...

Les suppôts ont, hélas, encore de beaux jours devant eux : l'être humain ne se laisse-t-il pas dompter par toutes sortes de tentations ?


 La fable de La Fontaine  L'ivrogne et sa femme


http://www.poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/jean_de_la_fontaine/l_ivrogne_et_sa_femme.html
 





 


 

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17 octobre 2015 6 17 /10 /octobre /2015 14:05
Feuille, mot doux de l'automne !

 



L'automne magnifie les feuilles, leur donne des teintes somptueuses, des marbrures dorées, les enivre d'embruns nouveaux, de glacis de luminosités...

Les feuilles se froissent, se créponnent, se tordent, se plient et s'envolent aux vents de l'automne.

Le mot si léger avec sa fricative initiale, sa palatale finale, semble traverser les airs et se laisser porter par le moindre souflle du vent.

Le mot aérien nous fait voir des envolées de feuilles, des tourbillons qui emportent tout sur leur passage...

Mot doux de l'automne ! Mot céleste, délicat !

Les feuilles frissonnent, frémissent sous le vent, elles finissent à terre, en amas de soie légère.

La feuille si souple, ondoyante, si volatile, aux voyelles variées qui ne s'entendent presque pas, est la discrétion même...

A peine crisse-t-elle sous nos pas, faisant entendre une douceur soyeuse et feutrée...

Mais, elle explose de teintes, elle pleure des coulées de bruns brûlés, des ardeurs de rouilles et d'argent.

Mais, elle embellit les arbres, les pare de lumières, les enlumine d'éclats nouveaux.

La feuille, "folium", en latin, proche de la "fleur", revêt, comme elle, des parures somptueuses, teintes de feux et de flammes vives, teintes d'incarnat, d'escarboucles rutilantes !


 




 

Photos : rosemar

 

Feuille, mot doux de l'automne !
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16 octobre 2015 5 16 /10 /octobre /2015 14:50
Quand l'inspecteur vient inspecter les enseignants...

 

 

Les inspecteurs viennent "inspecter" les enseignants, pour vérifier la qualité de leur travail et leur donner une note pédagogique. Le terme d'inspecteur n'est en lui-même guère attractif : venu du latin "inspector", le mot désigne celui qui examine, qui regarde et observe attentivement.

 

Et, en plus, les inspecteurs ont tous les droits, le droit d'arriver en retard, de se tromper, en lisant le cahier de textes de l'enseignant, de hurler, en entrant en classe....

J'ai connu toutes ces situations...

 

Pour la plupart, ces inspecteurs sont d'anciens professeurs qui ont abandonné leur carrière, pour se consacrer à cette nouvelle activité.

Eloignés des réalités du terrain depuis des années, ils ne perçoivent plus les évolutions du métier et se targuent d'une expérience et d'un savoir que parfois ils ne maîtrisent pas, eux-mêmes.

 

On perçoit, en eux, une forme d'arrogance et de supériorité, à l'égard des enseignants qui sont là pour se soumettre à leur bon vouloir et à leur autorité...

 

Il fut un temps où l'on savait que l'inspecteur devait venir un jour de la semaine, fixé à l'avance : il m'est arrivé d'attendre cet inspecteur, toute une journée du matin au soir... en vain.

Inutile de dire que j'étais, toute la journée, sur des charbons ardents... mais l'inspecteur n'est pas venu et n'a même pas daigné prévenir le lycée de son absence.

 

Quelques jours plus tard, il m'a téléphoné pour me dire le motif de sa défection : il était malade, et curieusement, il n'avait même pas jugé utile de signaler son absence.

Inutile de dire que si je m'etais absentée moi-même, sans prévenir, j'aurais eu droit à de lourdes remontrances et, sans doute, à des sanctions.

Ce même inspecteur est venu, quelques jours plus tard, et dès son entrée dans la salle de classe, il s'est mis à invectiver les élèves, parce que ceux-ci ne s'étaient pas levés à son arrivée !

Ce donneur de leçons avait, pourtant, lui-même beaucoup à apprendre en matière de politesse !

 

Plus tard, les enseignants ont pu connaître la date et l'heure exacte à laquelle ils allaient être inspectés.

Et l'inspectrice est arrivée, ce jour-là, avec 20 minutes de retard et n'a donc pas pu assister au début du cours.

J'étais complètement déstabilisée par ce retard...

Si j'avais été moi-même en retard, il m'aurait fallu un motif très grave, mais l'inspectrice s'était simplement attardée à discuter, et c'était normal !

 

Autre problème : il vaut mieux, au fond, ne pas contrarier l'inspecteur , il vaut mieux se montrer servile, obéissant, il faut être dans l'admiration et la soumission.

Et, pourtant, au cours de l'entretien qui suit l'inspection, on ne peut s'empêcher de répondre à certains reproches adressés par l'inspecteur...

Mais il vaut mieux éviter ce comportement...

Parfois, encore, l'inspectrice commet des erreurs, en lisant le cahier de textes de la classe, fourni par l'enseignant : cela m'est arrivé, une inspectrice me reprochait d'avoir étudié un auteur jugé trop difficile, en classe de seconde : Montaigne, en fait il s'agissait de Rabelais, un auteur au langage savoureux que les élèves savent apprécier très tôt.

Les inspecteurs donnent, aussi, de pressantes consignes d'indulgence pour la correction des épreuves du baccalauréat, afin de "gonfler" les résultats, mais est-ce là rendre vraiment service aux élèves ?

Là encore, les inspecteurs devraient être plus solidaires et respectueux du travail fourni par les enseignants, et trop souvent, ce n'est pas le cas...

Il faut, sans doute, revoir ce système des inspections, trop archaïque : comment juger de la qualité du travail d'un enseignant, à travers une seule heure de cours ?

C'est quasiment impossible et les inspecteurs qui se sentent tout puissants exercent vraiment un pouvoir exorbitant sur les enseignants...

 

 

 

 

 

 

Quand l'inspecteur vient inspecter les enseignants...
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12 octobre 2015 1 12 /10 /octobre /2015 12:59
Toute la beauté d'une statue grecque : l'Aurige de Delphes...

 

 

 

 

L'antiquité grecque nous a légué de nombreuses sculptures, en marbre ou en bronze, d'un réalisme étonnant... Une de ces oeuvres les plus connues est l'Aurige de Delphes, image d'un conducteur de char.

 

Ce terme "l'Aurige" suscite, d'abord, notre curiosité : venu du latin "auriga", le cocher, il est composé de deux éléments anciens : "aureae ou oreae", "la bride", et le verbe "ago, conduire"... Le mot "oreae" est, lui-même, issu du nom latin "os" qui désigne la bouche ou la gueule d'un animal, en l'occurrence, d'un cheval.

 

Ce nom mystérieux "l'Aurige", alterne une consonne gutturale "r", pleine de force, et une chuintante "g", empreinte de douceur... 

 

Et cette statue réunit bien ces deux aspects : une énergie qui semble indomptable, et une délicatesse infinie dans les traits du visage.


L'Aurige est, bien sûr, représenté debout, la stature bien droite et élancée révèle l'élégance et la jeunesse du personnage.

 La statue, grandeur nature, mesure 1,80 m de hauteur.

Le visage de l'Aurige, aux traits harmonieux, montre une détermination et une parfaite maîtrise de soi. Quelle pureté dans les traits ! Les yeux sombres et grands sont ourlés de cils, le profil grec est bien dessiné, le menton traduit toute la volonté de ce jeune cocher.

Les cheveux bouclés encadrent le visage, débordent sur les joues et le front en volutes harmonieuses. Un bandeau doré, aux motifs géométriques, enserre la tête de l'Aurige. L'oreille petite est entourée de mèches de cheveux frisés qui dépassent.

Le regard plein d'intensité traduit toute l'émotion du jeune homme avant une course de chars, sa volonté de l'emporter, de dominer l'adversaire ! La bouche, elle-même, ourlée, laisse entrevoir un léger sourire.

Le bronze patiné aux couleurs dorées confère encore plus de beauté à cette statue antique. Le cou robuste et vigoureux donne de la force à l'ensemble... L’Aurige incarne un éphèbe athlétique : de larges épaules témoignent de son énergie, on peut percevoir une volonté d'idéaliser la force virile d'un athlète qui concourt pour des jeux en l'honneur d'Apollon.

L'Aurige est revêtu d'une longue tunique plissée qui tombe jusqu'aux pieds, le bras droit tient les rênes du quadrige... La statue devait faire partie d'un ensemble plus vaste, comportant des chevaux, un char dont on a retrouvé quelques éléments dispersés.

Le visage de cet Aurige, à la beauté idéalisée, attire surtout les regards, plus que sa haute stature, un visage d'une douceur infinie qui recèle en même temps une grande énergie...

On est étonné par ce mélange de réalisme et d'idéalisation dans la représentation de ce jeune conducteur de char.

Comment ne pas tomber sous le charme de cet éphèbe aux traits déterminés, si pleins de fougue, d'élégance, de force ?

Cette statue en bronze fut peut-être commandée par Polyzalos, prince grec de Sicile, pour commémorer la victoire de son char aux Jeux Pythiques de 478 ou de 474 avant J.C. Une inscription, sur le socle, nous apprend que Polyzalos, tyran de Géla, pour fêter sa victoire, a consacré cette statue en l'honneur d'Apollon, dieu de Delphes...

 



L'article de wikipédia sur cette statue :
 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Aurige_de_Delphes

 

 

 

Toute la beauté d'une statue grecque : l'Aurige de Delphes...
Toute la beauté d'une statue grecque : l'Aurige de Delphes...
Toute la beauté d'une statue grecque : l'Aurige de Delphes...
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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 11:46
Le monde est une ampoule suspendue dans le noir...

 

 


"Le monde est une ampoule suspendue dans le noir, avec sept milliards de mouches posées dessus. Demande-t-on à une mouche si elle est pour ou contre l’ampoule qui l’attire ? Non. Elle s’accroche et attend de mourir au contact de ce qui est, malgré tout, chaud et lumineux."

On doit cette description étonnante de notre monde à François d'Epenoux, dans son roman intitulé Le réveil du coeur : il y compare la terre à une ampoule peuplée de mouches.... Nous sommes, ainsi, réduits à peu de chose...
 


L'ampoule est très ancienne : ce mot est, en fait, issu du grec "ἀμφορεύς, amphoreus", "l'amphore", par l'intermédiaire du latin "ampulla"...

Le terme "ampulla" désigne, dès les origines, une petite fiole, une amphore de dimensions réduites, contenant des onguents, des parfums...

Les romains nous ont légué des recipients d'une grande finesse, admirablement ouvragés, de véritables oeuvres d'art !

Et, désormais, pour nous, l'ampoule désigne une boule de verre, servant à l'éclairage électrique...

Le mot "ampoule" nous fait percevoir des envols de lumières, grâce à sa voyelle nasalisée, "am", sa consonne labiale, sa voyelle "ou" qui semble restituer la diffusion des éclats de lueurs.

L'ampoule et ses filaments nous sont si familiers que nous n'y prêtons plus guère attention : le mot lui-même semble si moderne qu'on en a oublié les origines latines et grecques...

L'amphore antique, on peut le rappeler, possède deux anses qui servent à la transporter : c'est d'ailleurs, l'étymologie du mot : "qui se porte des deux côtés."

Le mot "ampoule", avec son suffixe de diminutif, a pris des sens nouveaux, différents. Il évoque des formes rondes, ovalisées... l'ampoule s'embellit de lumières, sous les abat-jour, qu'elle fait rayonner, elle nous apporte un confort de vision inégalée.

L'ampoule électrique ! La modernité ! Les soirs, les nuits qui deviennent comme le jour !

L'éclat des lampes qui nous permettent de lire, de nous activer comme en plein jour ! Et tout cela, grâce à une petite amphore pleine de filaments !

La forme même de l'ampoule évoque l'amphore antique pleine d'élégance, effilée et arrondie, en même temps.

Le passé et le présent se rejoignent, ainsi, dans ce simple mot, chargé d'histoires.... 

On est admiratif devant les fioles d'opaline que nous ont transmises les romains et les grecs : elles révèlent un art raffiné, un goût pour les beaux objets...

Certains mots nous permettent de traverser les siècles, de remonter dans un passé lointain, vers les sources de notre culture, vers les origines.

Les mots nous offrent, alors, des voyages dans le temps, ils sont une évasion, des repères, des jalons dans l'évolution du monde...

Ils nous font rêver à des objets anciens, aux formes pleines d'harmonie...

L'ampoule peut prendre, aussi, un sens plus négatif, quand elle désigne une cloque produite par une blessure.

Le mot peut être, également, utilisé dans un sens imagé pour décrire des formes rondes, comme le fait François d'Epenoux, pour évoquer la terre, ramenant, ainsi, notre monde à des dimensions dérisoires...

 

Un autre article sur le mot amphore : Toute la beauté d'une amphore romaine

 

http://rosemar.over-blog.com/article-toute-la-beaute-d-une-amphore-romaine-124081320.html


 

 

 

Photos : Christelle et rosemar

Le monde est une ampoule suspendue dans le noir...
Le monde est une ampoule suspendue dans le noir...
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3 octobre 2015 6 03 /10 /octobre /2015 15:14
Les fruits se dorent de soleils rougeoyants...

 

 


Prunes dorées, prunes brunes, aux rondeurs de l'été finissant... Les fruits se teintent, parfois, de xanthes panachés de rouille, ou de noirs obscurs, ténébreux, ambrés de nuées brumeuses.

Les fruits se dorent de soleils rougeoyants, ils exaltent des lumières de fin de journée... Parfois, se dessinent des embruns orangés.

Les fruits s'épanouissent dans des rondeurs alanguies, ils se parent de teintes subtiles, de camaïeux et de dégradés de teintes chaleureuses...

Les prunes nous offrent des saveurs et des sucs veloutés, les fruits nous enivrent de leur goût parfumé, empli de lumières.

Le mot "prune" nous charme, aussi, de ses consonnes, labiale et gutturale entrelacées... labiale pleine de suavité, gutturale plus âpre, révélant comme une ardeur, un mystère...

Le mystère de ces fruits dorés aux glacis de lumières, le mystère de ces rondeurs luisantes et miroitantes.

La peau fine, légère, laisse apparaître l'intérieur du fruit, ses couleurs de soleil, ses chairs parfumées de clartés.

La peau reflète la lumière, dans des éclats de transparences.

La peau s'illumine de brillances, d'ombres de rouilles, elle révèle des miroirs lisses et soyeux...

Ce mot ancien, issu du terme latin "prunum" et du grec "proumnon", nous fait remonter aux origines lointaines de notre langue...

"Proumnon !" Le nom grec s'éclaire, encore, de sonorités de voyelles remplies d'éclats !




 

 

 

 

 

Photos : rosemar

Les fruits se dorent de soleils rougeoyants...
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