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1 octobre 2015 4 01 /10 /octobre /2015 16:37
Une mantille noire était jetée sur sa tête...

 



"Après avoir erré longtemps, sans pouvoir retrouver sa route, Aben-Hamet entendit une porte s'ouvrir. Il vit sortir une jeune femme vêtue à peu près comme un de ces reines gothiques sculptées sur les monuments de nos anciennes abbayes. Son corset noir, garni de jais, serrait sa taille élégante... une mantille également noire était jetée sur sa tête : elle tenait, avec sa main gauche, cette mantille croisée et fermée comme une guimpe au dessous de son menton, si bien que l'on n'apercevait, de tout son visage, que ses grands yeux et sa bouche rose..."

 

C'est ainsi que Chateaubriand décrit une de ses héroïnes, Blanca, à travers le regard d'Aben-Hamet, dans la nouvelle intitulée Le dernier Abencerage.

Le récit se déroule à Grenade, au 16 ème siècle, il  relate les aventures d'un survivant de la famille Abencerage, une tribu maure...

Ce personnage s'appelle Aben-Hamet : il revient sur la terre de ses ancêtres et s'éprend de Blanca, une chrétienne descendante de Rodrigue et  Chimène.

Dans cette scène de rencontre amoureuse, le héros est sensible à la beauté de la jeune femme, mise en valeur par une mantille...



Une mantille ! Le mot, en lui-même, résonne d'éclats : il évoque l'Espagne, Grenade, l'Andalousie, la Castille, l'Estramadure, des noms aux sonorités mystérieuses, exotiques et lointaines.

On entend, aussi, des airs de fandangos et séguédilles, des cliquetis de castagnettes, des guitares, des musiques entraînantes.

La mantille déroule ses dentelles sombres, elle nous fait découvrir des douceurs de tissus soyeux, des entrelacs pleins de finesse...

La mantille qui sert à voiler la tête, les épaules des espagnoles crée un mystère, elle cache, elle dissimule, tout en révélant la beauté.

Le mot "mantille" nous émeut, par ses échos de labiale, dentale et palatale finale, des consonnes emplies de douceur et d'éclats.

La voyelle nasalisée "an" suggère la légèreté, la souplesse du tissu, des évanescences de dentelles. Elle semble mimer l'élégance de ce foulard qui sert à envelopper le haut du corps.

La mantille forme des résilles, sur les longs cheveux bruns des espagnoles, parure subtile et pleine d'attraits.

Le mot semble avoir des origines lointaines, et doit être rattaché au nom "manteau", en latin "mantellus", avec un suffixe à valeur de diminutif.

"Petite couverture", la mantille cache, à peine, les cheveux qu'elle laisse entrevoir.

Parfois vaporeuse, elle s'épanouit dans des envolées de tulles, de mousselines et de dentelles.

On entrevoit des motifs légers, aériens, des transparences : la mantille sublime la beauté des espagnoles.

Un mot plein de charmes, d'élégance,de poésie, un mot qui fait rêver à des danses virevoltantes, à des parures légères et somptueuses !

Dans l'extrait de l'oeuvre de Chateaubriand, on perçoit toute la séduction de cette parure, associée à un geste de la jeune femme.

Comparée à une "guimpe", mot plein d'étrangeté, la mantille devient un véritable objet de séduction.

 

 

Le dernier Abencerage, le texte de Chateaubriand :

 

https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Dernier_Abencerage

 

 

http://www.chapitre.com/CHAPITRE/fr/BOOK/chateaubriand-francois-rene-de/les-aventures-du-dernier-abencerage,744499.aspx





 

Illustration : un tableau de Goya

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23 septembre 2015 3 23 /09 /septembre /2015 15:15
N'oublions pas le point d'exclamation !

 

 


Le point d'exclamation, trop souvent oublié dans la ponctuation, exprime, pourtant, une variété de sentiments et d'émotions : exaltation, étonnement, admiration, colère, révolte, indignation, joie, bonheurs...

Le point d'exclamation, avec sa petite tige droite qui surmonte le point lui-même, s'élève sur la ligne, pour souligner un point de vue, une description, un récit...

L'exclamation montre que l'on n'est pas fade, neutre, que l'on aime, que l'on déteste, que l'on vitupère ou que l'on fulmine !

J'aime cette ponctuation qui traduit aussi bien la fureur que le bonheur !

Le mot vient du verbe latin "exclamare, crier fortement". L'exclamation n'est-elle pas  un cri, un chant qui s'élève et se répercute ?

Le mot lui-même claque, de ses gutturales réitérées, de sa voyelle "a" redondante, la voyelle nasalisée finale crée une envolée de la voix, les sonorités de sifflante "s" restituent une douceur, une harmonie.

S'exclamer, c'est vibrer, c'est vivre, s'emporter, ou voir la beauté des choses !

Quand un texte est écrit, le point d'exclamation est là pour l'animer, le rendre vivant, le sublimer, parfois.

N'oublions pas le point d'exclamation ! Il souligne tant d'idées, tant d'émotions, les met en vedette.

La ponctuation n'est-elle pas essentielle, dans un texte ? Non seulement, elle assure la compréhension, mais elle permet, aussi, de mettre en évidence un effet de surprise, une peur soudaine, un renversement brutal de situation, un coup de théâtre, un bouleversement, la beauté d'un paysage...

Un paysage qui nous parle, qui nous enivre de sensations, dont on perçoit toutes les harmonies, un ensemble de couleurs, de murmures, de senteurs, des collines où dégringolent des pins, en cascades, une mer aux embruns lumineux, aux vagues sinueuses...

Les couleurs de l'automne qui nimbent les paysages de splendeurs renouvelées, des embruns de roux, des teintes de cinabre !


Un coup de foudre, un élan, une envolée de feuilles, une tempête, un ouragan !

Une révolte contre un monde fait d'injustices, contre la misère, le désarroi des êtres humains, une dénonciation des horreurs de la guerre !


Et l'exclamation restitue tous ces sentiments, toutes ces émotions... Elle appartient au registre lyrique, dans lequel s'exprime la sensibilité d'un auteur. Les romantiques l'ont souvent mise à l'honneur.

Et nous sommes tous, êtres humains, faits pour ressentir toutes sortes de sensations et d'émotions.

Le point d'exclamation nous offre l'occasion de les exprimer avec vivacité et conviction...

Quelles jolies envolées ! Les points d'exclamation décorent les textes de leurs dessins rectilignes, ils dépassent les lettres sur la ligne d'écriture et nous font éprouver toutes sortes de sentiments !



 

 

Photos : rosemar

N'oublions pas le point d'exclamation !
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19 septembre 2015 6 19 /09 /septembre /2015 12:41
Les fruits forment des cascades de grains...

 

 



Voici revenu le temps du raisin ! Grappes noires ou dorées de soleil, les fruits nous offrent des cascades de grains, ils ruissellent, s'étagent en forme de figures géométriques, triangles ou  deltas de lumières !

Les grains s'arrondissent, charnus et denses, se chevauchent, se couvrent d'une soie légère, se nimbent d'éclats vaporeux.

Les couleurs contrastées de xanthe, de vert, de noir composent tant de tableaux de l'automne !

Le mot "raisin" se pare, lui-même, d'un charme mystérieux, avec ses sonorités diverses, une gutturale "r"qui traduit l'âpreté du travail de la vigne, une sifflante "s" qui restitue la douceur sucrée du fruit, une voyelle nasalisée "in" qui nous fait voir des envolées de pampres, des ondoiements de fruits, sous le soleil du midi.

"Racemus" ! Le mot latin ancien nous fait entendre, aussi, des sons rudes et d'autres plus délicats.

"Racemus" ! Ce mot nous enveloppe de ses éclats !


L'ancêtre grec "ῥάξ, raks", nous fait admirer, dans sa graphie de consonne finale,
ξ  "xi", les vrilles de la vigne, le mot semble mimer les formes pleines de légèreté de ces tiges graciles.

Les vrilles qui s'enroulent, qui dessinent des motifs sinueux, ondoyants... Les vrilles qui entourent les grappes de méandres subtils...


Ces fruits de l'automne, aux lointains ancêtres latin et grec, nous éblouissent de teintes mordorées, de couleurs chaleureuses.

Promesses de vin, les grappes sont, aussi, symboles de vie, d'abondance, de gaieté et de bonheur...

Voici revenu le temps du raisin !

Les fruits forment des boucles sur les grappes, ils s'épanouissent en gouttes de lumières...

Les fruits nous offrent leurs saveurs douces ou plus âpres, ils nous charment de leurs teintes contrastées, ils nous font goûter aux bonheurs de l'automne.


 

 

 

 

 

Photos : rosemar

Les fruits forment des cascades de grains...
Les fruits forment des cascades de grains...
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12 septembre 2015 6 12 /09 /septembre /2015 14:46
Le fruit nous fait découvrir des rouges incandescents...

 

 

 

Formes oblongues, couleurs lie de vin, les figues nous offrent des saveurs parfumées, des sucs de l'été, et en même temps des couleurs de l'automne...

La peau se marbre de lignes plus sombres qui encerclent le fruit. Des nuées légères semblent nimber ce fourreau obscur.

C'est la saison des figues !

L'intérieur se pare de petites graines aux réseaux infinis, le fruit recèle des filaments d'étoiles, des couleurs pourprées piquetées de blancs.

Le fruit nous fait découvrir des rouges incandescents, des résilles aux couleurs éclatantes...

La chair pulpeuse libère des fibrilles légères, vaporeuses.

Le mot, avec sa fricative initiale, "f", sa gutturale "gu" affiche, à la fois, tendresse et âpreté... tendresse des saveurs sucrées, âpreté des petites graines qui râpent le palais.

"Ficus" ! Le nom latin évoque les pays du sud, où poussent des figuiers à flancs de collines, sur des à-pics vertigineux.

L'ancêtre grec, "
σῦκον,  sukon", est, aussi, plein de charmes, avec ses sonorités de sifflante et de gutturale !

Les mots "sycomore" et "sycophante" rappellent cette forme grecque, à travers un nom d'arbre et celui moins sympathique d'un délateur, anciennement "celui qui dénonce les voleurs de figues" !

Car les figues ont toujours attiré et attisé les convoitises ! Qui n'en a jamais cueilli, sur les bords des chemins ?

La figue, le figuier ne sont-ils pas, aussi, liés aux paysages méditerranéens ?  Ces arbres aux feuillages épanouis sont nombreux, sur les rivages et les terres du sud.

Belles feuilles de figues découpées, dentelées où l'on pose les fruits de l'automne ! Verts profonds et teintes sombres se mêlent dans des harmonies et des tableaux somptueux.

Voici revenu le temps des figues, aux embruns de noirs !

Voici revenu le temps des saveurs plus âpres de l'automne !



 

 

 

Photos : rosemar

Le fruit nous fait découvrir des rouges incandescents...
Le fruit nous fait découvrir des rouges incandescents...
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7 septembre 2015 1 07 /09 /septembre /2015 17:02
L'élégance simple...

 

 


"C'est l'élégance simple qui nous charme" a écrit le poète Ovide, dans son ouvrage intitulé L'art d'aimer... 


"Simple !" J'aime ce qui est simple, naturel, j'aime ce mot qui traduit une forme de modestie, de pudeur...


Le mot "simple" nous charme et nous attire par des sonorités douces, séduisantes, une sifflante, une labiale, par sa voyelle nasalisée "im" qui suggère une liberté, une volonté d'échapper à des contraintes.

La simplicité, la clarté vont, souvent, de pair, elles se complètent agréablement et sont accessibles à tous.

Les auteurs hermétiques ou grandiloquents me rebutent assez vite, je préfère la simplicité d'une littérature qui se veut humaine, proche de nous.

Hugo qui parle de ses filles, Baudelaire qui évoque l'infini des flots, Verlaine qui épanche les "sanglots longs des violons de l'automne", Montaigne qui raconte familièrement son goût pour les voyages,  son bonheur d'aller à la rencontre des autres, de leurs différences.

J'apprécie plus que d'autres les peintres impressionnistes qui nous font admirer des réalités ordinaires, la nature, des champs de coquelicots, des bouquets de fleurs, un marronnier sauvage, des paysages marins aux reflets étonnants, des décors urbains emplis de brumes.

L'art grec et ses formes épurées me séduisent, des korès et des éphèbes aux lignes élégantes, des temples de marbre blanc aux colonnes éblouissantes...

J'avoue que le cinéma d'art et d'essai ne m'attire guère, je préfère les films qui savent distraire, tout en délivrant des messages intéressants.

L'arrogance de ceux qui se piquent de mots, de phrases compliquées me hérisse.

La simplicité des gens humbles me plaît, elle se veut accueillante aux autres, humaine et bienveillante.
La simplicité n'est jamais méprisante, elle est pleine d'humilité et de tendresse.

Ce qui est simple ne se cache pas, ne triche pas : l'étymologie du mot le prouve, l'adjectif vient du latin "simplex", qui signifie "plié une fois"...

Composé de deux éléments, l'adverbe "semel, une fois", et le verbe latin "plico, plier", ce mot révèle bien ce qu'il veut dire...

Ce qui est plié une seule fois peut être facilement ouvert, et accessible... tout en restant un peu secret et mystérieux.

J'aime, aussi, les décors simples, sans fioritures, les fleurs sans artifices, les jardins aux allées sauvages, les sentiers des collines, aux senteurs rustiques de thyms.

Les bonheurs simples me conviennent : un bain de mer, le matin, quand le soleil, plein de douceur, darde ses premiers rayons, une promenade dans la nature pour y cueillir des fleurs ou ramasser des pierres.

Photographier des couchers de soleil, dormir à la belle étoile...

Oui, la simplicité est remplie d'élégance et de bienveillance ! C'est cette simplicité qui nous apporte, aussi, une forme de sérénité, de bonheur tranquille.

 

C'est cette simplicité qu'il faut cultiver dans un monde de technicité croissante, pour éviter de perdre le contact avec la nature...

 

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

L'élégance simple...
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29 août 2015 6 29 /08 /août /2015 09:04
Des coquillages cernés de cannetilles...

 




Le mot "coquillage" nous emporte vers des rives marines, des paysages d'été, au bord de la mer, sur des plages de sable ou de galets, où l'on goûte aux bonheurs d'une nature retrouvée, où l'on peut apprécier une harmonie première : une baignade dans les calanques, au petit matin, alors que les cigales commencent déjà à répandre, sur les pins, leurs voix apaisantes.

Dès lors, on peut admirer, dans la fluidité de l'eau, sur les bords, toutes sortes de coquillages lumineux qui attirent l'oeil....

Le mot lui-même nous éblouit par ses sonorités de gutturales réitérées et éclatantes, par sa palatale étincelante, par sa consonne chuintante pleine de douceur...

Le mot déroule quatre syllabes, comme pour suggérer les formes arrondies des coquillages.

Les voyelles variées évoquent, aussi, tant de formes et de couleurs !

Coquillages aux teintes de miel, ou d'embruns marins, coquillages striés de gris, de bruns, d'ocres, rondeurs de coquilles...

Coquillages dorés, couleurs de rouille, coquillages cernés de cannetilles.

Certaines coquilles font penser à des éventails en reliefs, aux teintes variées de bruns, de gris, de blancs.

On voit apparaître des camaieux et des dégradés de beiges sur les bords...

Et sous les reflets irisés de l'eau, les coquillages magnifiés se nimbent de transparences, semblent vivre sous les flots, ondoyer sous les vagues.

Ce mot "coquille", venu du latin conchylium et du grec cogkhulion, est une formation de diminutif qui désigne le petit coquillage. Il en acquiert plus de délicatesse, d'élégance, de finesse....

En français, le suffixe -"age" a été rajouté secondairement pour forger ce mot et lui donner un charme poétique supplémentaire...

Les coquillages ressemblent, souvent, à des objets d'art, aux teintes somptueuses ou plus modestes.
Des embruns de nacre viennent, parfois, les embellir de nuances moirées étonnantes.

J'aime ce mot, j'aime ces objets simples et si peu ordinaires, en même temps.
J'aime ce mot venu d'un passé lointain, riche d'histoire, aux sonorités éclatantes.
J'aime ce mot, associé à la mer, à ses murmures infinis, à ses parfums iodés et vivifiants.

Le coquillage évoque la Méditerranée de mon enfance, des paysages familiers, les collines de l'Estaque, les calanques, des odeurs d"embruns marins.

Le coquillage est associé à l'été, le temps du temps retrouvé, des bonheurs simples, de la liberté...



 

 

 

Photos : Christelle et rosemar

Des coquillages cernés de cannetilles...
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26 août 2015 3 26 /08 /août /2015 08:45
Robion, un vieux village de Provence...

 

 



Blotti au pied des falaises du Lubéron, l'ancien village de Robion nous permet de découvrir de vieilles bâtisses de Provence, en pierres sèches, aux toits de tuiles cahotiques.

Les façades révèlent des portes et des fenêtres voûtées, des battants de vieux bois aux teintes érodées par le temps.

Les maisons aux formes pittoresques, aux volets bleus s'entourent de verdures, feuilles de lierres, vignes vierges qui décorent les murs.

On peut admirer des routes pavées de pierres qui s'élèvent vers les hauteurs du village, les galets forment des pavements irréguliers aux teintes variées, lissés par le temps, ils montrent des surfaces comme vernissées et nous font voir ce qu'étaient les chemins d'autrefois...

Les falaises du Lubéron, près du village, sont impressionnantes : des cascades de cèdres s'écoulent sur la pente, formant un écrin de verdures somptueux.

Les hautes maisons côtoient les falaises abruptes... Du gris, de l'ocre, du mordoré, sur la blancheur éclatante des roches.

Les pierres sèches apparentes, sur les façades, révèlent, aussi, des couleurs nuancées de gris, de blancs, de roses.

On se plaît à observer les nombreuses vieilles portes de bois cloutées, aux teintes d'ébène ou d'argent, surmontées de voûtes en pierres.

Les vestiges d'un vieux rempart qui entourait le village nous font voir, encore, des voûtes pittoresques aux lourdes pierres taillées avec harmonie.

En haut du village, un théâtre de verdure, en plein air, accueille des spectacles divers, grâce à des gradins installés face à la roche du Lubéron, un véritable théâtre à l'antique.

Ce cadre naturel nous fait songer aux anciens théâtres grecs d'Epidaure, de Dodone ou de Delphes... On se croirait revenu en Grèce, au temps de Sophocle, d'Euripide ou d'Eschyle.

Les gradins installés en demi-cercle, près des rocs du Lubéron, permettent de restituer une acoustique proche de celle des théâtres antiques.

L'église romane, sur la place du village, avec son architecture épurée, séduit tous les regards, par l'harmonie qui se dégage de l'édifice tout en simplicité... Un cyprès placé près de l'entrée met en valeur les pierres d'un rose tendre de cette église ancienne.

Non loin de là, une fontaine, construite récemment, permet aux visiteurs de se rafraîchir, avec cette inscription gravée dans la pierre : "Savais-tu que le bonheur se cache dans une goutte d'eau ?"

Une façon d'évoquer toute l'importance de l'eau et des sources, sur cette terre aride de Provence, une façon d'accueillir le visiteur, en lui offrant la limpidité d'une eau si bienvenue et bénéfique, au coeur de l'été.

Le village de Robion nous permet de redécouvrir ces vieux hameaux d'autrefois, perchés sur des hauteurs, des maisons de pierres aux charmes infinis, des paysages abrupts et escarpés...

Robion, la roche, "rupes" en latin, nous éblouit de ses sommets vertigineux !

 

 

 

Photos : rosemar

Robion, un vieux village de Provence...
Robion, un vieux village de Provence...
Robion, un vieux village de Provence...
Robion, un vieux village de Provence...
Robion, un vieux village de Provence...
Robion, un vieux village de Provence...
Robion, un vieux village de Provence...
Robion, un vieux village de Provence...
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22 août 2015 6 22 /08 /août /2015 09:45
L'été qui brûle...

 

"Je redécouvrais à Tipasa qu’il fallait garder intactes en soi une fraîcheur, une source de joie, aimer le jour qui échappe à l’injustice, et retourner au combat avec cette lumière conquise. Je retrouvais ici l’ancienne beauté, un ciel jeune, et je mesurais ma chance, comprenant enfin que dans les pires années de notre folie le souvenir de ce ciel ne m’avait jamais quitté. C’était lui qui pour finir m’avait empêché de désespérer. J’avais toujours su que les ruines de Tipasa étaient plus jeunes que nos chantiers ou nos décombres. Le monde y recommençait tous les jours dans une lumière toujours neuve. Ô lumière ! c’est le cri de tous les personnages placés, dans le drame antique, devant leur destin. Ce recours dernier était aussi le nôtre et je le savais maintenant. Au milieu de l’hiver, j’apprenais enfin qu’il y avait en moi un été invincible."

Dans cet extrait de son oeuvre, intitulée L'été, Camus décrit avec lyrisme, les ruines romaines de Tipasa, dans une lumière éblouissante qui rappelle celle de l'été...

 

L'été, la saison des bonheurs ! Le mot même nous ravit et nous étonne par sa simplicité et son évidence...

Une dentale éclatante, une voyelle réitérée, et l'été nous offre sa briéveté, un temps si court, comme un éclat de vif argent, comme une brûlure soudaine.

L'été brille, s'anime, étincelle et s'évanouit, l'été nous emporte dans un souffle de lumières.
Parfums touffus de l'été, parfums intenses et prégnants, cigales enivrantes, aux échos sans cesse renouvelés !

J'aime l'été qui brûle, l'été fulgurant, l'été si fugace...
Ce mot si familier venu du latin "aestas" remonte, en fait, à un lointain ancêtre grec, le verbe "aitho", "brûler".

L'été associé à l'ardeur, à la brûlure, qui pourrait s'en étonner ?

L'été, saison des soleils éblouissants, des chaleurs torrides et intenses nous fait voir des incandescences d'éclats...
L'été brûle la peau, il dore les visages de splendeurs nouvelles, il apporte des teintes brunes.

La brûlure, c'est aussi "l'estuaire" qui semble bouillonner," l'éther" où l'air est plus pur et le rayonnement du soleil plus intense.

C'est "l'Ethiopien", au visage brûlé, "aithiops", en grec, l'homme au visage d'été.

Ces mots, "l'estuaire, l'éther, l'Ethiopien" sont formés sur le même radical ancien...

Et l'été évoque des images si variées de mer étincelante, de voiles tanguant sur les vagues miroitantes, de sables aux dorures ondoyantes...

Des embrasements de couchers de soleils, des ciels sombres couverts d'étoiles, des harmonies de bleu, des envols d'hirondelles, des jets d'eau qui se parent d'enluminures.

Des calanques aux falaises calcaires, des étourdissements de rochers qui descendent vers la mer, des écumes de blancheurs.

L'été fait resplendir des parfums, des couleurs, des rayonnements...

L'été nous ravit et nous emporte dans ses replis de lumières, il fait trembler les pins de bonheurs, il prolonge les jours et nous fait appécier des nuits apaisantes d'étoiles...



 

 

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15 août 2015 6 15 /08 /août /2015 09:03
L'Assomption, un mot plein de mystères...

 

 


Aujourd'hui, nous fêtons l'Assomption, un mot venu du latin, un mot familier mais quelque peu mystérieux... qui connaît le sens exact de ce mot religieux, ancien ?

Ce terme réunit des consonnes variées, une double sifflante, empreinte de douceur, une labiale pleine de charme, une sifflante encore, et deux voyelles nasalisées qui suggèrent bien une envolée, une élévation...

Ce mot suscite la curiosité : peu employé, il évoque essentiellement une fête religieuse consacrée à la Vierge Marie, il en revêt une dimension mystique et une étrangeté supplémentaires...

Il est curieux de voir que nous utilisons certains mots, sans en connaître exactement la signification, tout le monde parle de l'Assomption de la Vierge, mais peu de gens savent ce que ce mot signifie.

On confond d'ailleurs parfois deux termes bien distincts : l'Ascension, et l'Assomption, car les deux mots se ressemblent, mais ont des sens bien distincts.

Ce nom magnifié, solennel vient, en fait, d'un verbe latin, "assumo" ou "adsumo", "prendre, recueillir".

L'Assomption est l'enlèvement miraculeux de la Vierge au ciel par les anges.

On connaît de nombreuses représentations picturales de l'Assomption de la vierge : elle est entourée d'anges qui l'enlèvent vers le ciel et l'accompagnent dans son envol céleste...

Tableaux de Rubens, Poussin, Prud'hon, Murillo, Le Titien, tant de peintres ont représenté cette scène religieuse.

Des tableaux grandioses, emplis de mysticisme, pleins d'élégance, aux couleurs contrastées de blanc, de bleu, d'ocre.

Dans ces tableaux, les anges semblent porter et enlever Marie vers le ciel, on voit des envolées de drapés du châle de Marie...

Bras levés, les yeux tournés vers le ciel, la vierge, dans un halo de nuages, semble s'envoler, grâce à des anges qui l'escortent et l'accompagnent.

Le voile bleu qui l'entoure virevolte dans les airs, avec grâce et harmonie, formant des vagues sinueuses.

Les anges, ou angelots aux cheveux longs bouclés enlèvent Marie, la transportent dans un mouvement aérien, plein de grâce et d'harmonies.

La scène nous fait ressentir les souffles du vent qui enveloppe les vêtements et les fait voler.


L'Assomption a suscité bien des oeuvres d'art : des peintures, des sculptures, des dessins, des vitraux.

Le mot lui-même suscite l'imagination, le rêve, il comporte une part de mystères dans les sonorités majestueuses qui le composent...

Les voyelles nasalisées, notamment, évoquent comme un ralentissement, la scène semble, ainsi, se dérouler dans un ralenti plein de délicatesse.

Voilà encore un mot venu du latin, un mot ancien, chargé d'histoire, de résonances religieuses, un mot qui étonne, suscite la curiosité, la ferveur, pour certains.

Voilà un mot empli de charmes mystérieux, associé à des oeuvres d'art somptueuses qu'on n'a pas fini de découvrir et d'admirer...



 

 

 

 

 

Photo en haut de l'article : tableau de Le Brun

Albâtre de Nottingham

Albâtre de Nottingham

Tableau de Otto Venius

Tableau de Otto Venius

Vitrail à Noirterre

Vitrail à Noirterre

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10 août 2015 1 10 /08 /août /2015 09:16
Abreuvons-nous de la poésie de ce mot !

 

 

 


Le verbe "abreuver" est rempli de poésie : labiale, gutturale entrelacées, fricative sonore, ce mot nous imprègne de sonorités variées, et nous invite à boire avec une certaine avidité pour étancher notre soif...

Abreuvons nous de la poésie de ce mot ! D'autant que ce verbe se conjugue à toutes les personnes et nous offre aussi une variété de formes.

Ce mot associé à la soif en évoque d'autres : "breuvage, abreuvoir, beuverie..."

Le nom "breuvage" est, lui-même, empli de mystères : il fait songer à quelque philtre magique, à une boisson étrange concoctée avec des ingrédients inconnus...

J'aime cette famille de mots pleine de résonances : le verbe "abreuver" peut s'utiliser, aussi, de manière imagée pour évoquer toutes sortes de soifs : abreuvons nous de mystères, de douceur, de générosité, de livres, de mots, de phrases...

Abreuvons-nous aux sources de la connaissance !

Abreuvons-nous de culture, de sensations, de parfums, de couleurs, de sons, de musique, de peinture, de liberté !

 

Buvons à la source de la poésie, redécouvrons le monde...

Voilà un verbe empli de sens et de sensualité, un mot que l'on peut associer à tant d'autres !

Abreuvons-nous de vin, de miel, de soleil, de lumières !

Abreuvons-nous du murmure des vagues, du balancement infini des flots, des senteurs iodées de la mer...

Abreuvons-nous du parfum des fleurs !

Venu du latin "adbibere", "boire, absorber", le verbe "abreuver" se rattache aux origines de notre langue.

Ce mot ancien a subi une évolution phonétique qui l'a transformé : le verbe semble en avoir acquis une dimension et une beauté nouvelles.

Il revit à travers la langue française, avec d'autres sonorités plus suggestives encore, c'est comme si le temps lui avait apporté une autre couleur, d'autres saveurs.

C'est comme si le temps l'avait embelli, magnifié, comme si ce mot avait gagné en résonances, et en éclats !

Les mots évoluent phonétiquement, paraissent parfois très éloignés du terme originel, ils nous font entendre de nouvelles sonorités plus suggestives, plus poétiques, ils se transforment pour s'intégrer dans notre langue.

 

Chargés d'histoire et de sens, les mots nous invitent à l'analyse, la réflexion : ils sont souvent le reflet des idées et des notions qu'ils expriment...

 

Le verbe "abreuver" nous parle du bonheur de la connaissance, d'un enivrement des sens, il nous raconte tant de splendeurs et d'harmonies !

Il nous raconte des sources limpides, des eaux claires, des fluidités, des couleurs de bleu, de blanc, de vert, il nous dit des transparences...

 

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

Abreuvons-nous de la poésie de ce mot !
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