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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 16:53
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"Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !"
 
Ces vers célèbres de Baudelaire sont extraits d'un poème intitulé "Harmonie du soir", inséré dans Les Fleurs du mal. Baudelaire évoque, ici, une sorte de vertige des sensations, lié au crépuscule.
 
Le mot "vertige" vient d'un verbe latin "vertere" qui signifie "tourner" : l'étymologie révèle bien ce qu'est le vertige : un tournoiement de tête, un malaise, un égarement...

Le vertige nous fait "tourner", il nous fait perdre l'équilibre, il nous perturbe, nous trouble la vue... Le vertige est, souvent, un vrai malaise mais il peut être dû, aussi, à notre imagination.

 

C'est Montaigne qui, dans une page célèbre des Essais, analyse ce phénomène du vertige : Montaigne montre bien toutes les illusions de la perception et de la vue : on peut, parfois, éprouver une impression de vertige, quand on se trouve sur une hauteur, même lorsqu'on est protégé par un parapet, et que l'on ne court aucun danger.

 

C'est notre imagination qui intervient, qui nous fait éprouver de la peur, alors même qu'on ne risque rien : l'imagination nous trompe, nous abuse.

 

Le mot peut être utilisé, aussi, de façon imagée : le vertige de l'ambition, de la haine, de la jalousie, de l'amour, le vertige de la passion... Le mot suggère, alors, une forme d'égarement qui nous emporte dans un tourbillon.

 

Ce nom aux sonorités de fricative, de gutturale, de dentale et chuintante nous entraîne dans un tourbillon de consonnes variées et nous fait éprouver ainsi une sensation de vertige !

 

Etonnante correspondance entre le mot et la notion qu'il désigne !

 

Le vertige nous entraîne sur des échelles, des hauteurs de montagnes escarpées, des précipices, des sentiers périlleux.

 

Ce mot appartient à une famille très productive, issue du verbe latin, "vertere" : versant, versatile, verser, verset, versification, version, verso, adversaire, anniversaire, averse, aversion, bouleverser, controverse, conversation, conversion, déverser, divers, envers, inverse, irréversible, malversation, pervers, reconversion, renverser, subversif, tergiverser, transversal, travers, univers...

On voit, là, un vertige de mots dont la relation avec le sens initial "tourner" n'est pas toujours évidente !
 
Le terme "univers", par exemple, signifie d'abord : "tourné d'un seul élan vers", puis, "tous ensemble"... L'anniversaire "retourne" et revient tous les ans... Le "versus" ou le "vers" désigne, d'abord, le fait de "tourner" la charrue au bout du sillon, puis il évoque une ligne d'écriture.
 
Le vertige, quant à lui, nous fait tournoyer de peurs, d'émotions, de passions, parfois.
 
Associé au soir, dans le poème de Baudelaire, le mot suggère des moments qui nous conduisent vers l'oubli, le sommeil, les rêves...
 
Baudelaire nous entraîne dans un tourbillon d'images et de sensations... images religieuses, sensuelles, mélancoliques, liées à la nuit qui arrive...
 
Le poète arrive, même, à nous faire percevoir et ressentir la sensation de vertige, grâce à un chiasme, dans l'expression : "Valse mélancolique et langoureux vertige !" Les adjectifs inversés, dans les deux groupes de mots, suggèrent un tournoiement irrésistible.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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Photos : Christelle et rosemar



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23 juillet 2014 3 23 /07 /juillet /2014 16:43
curcuma guilleron creative commons

"Sur la fadeur de la nourriture de base, viennent se poser les saveurs éclatantes des épices, comme autant de couleurs vives sur une page blanche." C'est ainsi que Michel Tournier fait l'éloge des épices, dans un de ses ouvrages, intitulé Célébrations...
 
Le nom "épice" vient du latin, "species", qui a diverses significations : "vue, regard, aspect, apparence", puis, "espèce", "denrée, drogue, ingrédient, épice".
 
Le terme latin "species" est, donc, à l'origine de deux noms distincts : "espèce et épice"... avec des spécialisations de sens très différents.
 
Le mot "épice" renferme mille saveurs, des myriades de parfums exotiques et lointains... Avec ses sonorités de labiale, de sifflante, le mot dessine des goûts subtils ou plus intenses, des parfums mystérieux, étranges, qui semblent recéler des vertus et des pouvoirs magiques.
 
Une "apparence", tel est le sens premier du mot "species", dans lequel on perçoit une sorte d' énigme, de secret.
 
On songe à la route des épices : les épices comme la cannelle, la cardamome, le gingembre, et le curcuma étaient connues, et commercialisées en Orient, depuis la haute Antiquité. Ces épices étaient acheminées le long des routes du Moyen-Orient, avant le début de l'ère chrétienne, elles étaient associées à des histoires fantastiques, faisant intervenir la magie.
 
Les épices évoquent, aussi, une multitude de couleurs : rouge, ocre, orangé, vert, brun, couleur de terre.
 
Arômes, couleurs, goûts, parfums, quel monde de sensations variées dans les épices !
 
On songe à tous ces mots : le clou de girofle, la muscade, le poivre, le gingembre et le safran, noms variés d'épices, noms anciens issus du grec, du sanscrit ou de l'arabe.
 
Le safran, l'or rouge aux saveurs parfumées, originaire du Moyen Orient, fait épanouir ses teintes d'ocre et de rouille.
 
Le poivre aux éclats de gris, de noirs rayonne de piquant et de douceur à la fois.
 
Le gingembre résonne de ses voyelles nasalisées qui chantent et réveillent les sens.
 
Les épices sont comme des écumes de goût, des embrasements de couleurs : le curcuma se pare de teintes de chrysanline, le curcuma, aux sonorités redoublées, fait plaisir à entendre.
 
La cannelle, avec son suffixe de diminutif, nous fait songer aux couleurs douces de l'enfance.
 
Les épices, leurs noms, leurs couleurs nous emmènent vers l'orient, ses paysages de dunes, de barcanes, ses ondoiements de sable... les épices nous font voir des souks, des étalages bariolés et pittoresques.
 
Les épices nous font rêver à un monde coloré, aux parfums audacieux, pimentés ou plus doux...
 
 
 
Un film : La route des épices : 
 
 
 
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Photos : en haut : Le curcuma auteur : Guilleron / en bas : La cannelle  auteur : Thiry  Creative commons



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17 juillet 2014 4 17 /07 /juillet /2014 17:56
Masurepeinte-herve-Dupin.jpg
"L'auberge du Donjon n'avait pas grande apparence, mais j'aime ces masures aux poutres noircies par le temps et la fumée de l'âtre, ces auberges de l'époque des diligences, bâtisses branlantes qui ne seront bientôt plus qu'un souvenir", a écrit Gaston Leroux dans son roman, Le mystère de la chambre jaune...
 
Une "masure" ! Voilà un mot qui comporte des résonances particulières : il évoque, comme la "chaumine", une certaine pauvreté, la misère de ceux qui habitent ces lieux.
 
Avec ses sonorités contrastées de sifflante, de gutturale, ses voyelles variées, ce mot nous étonne et nous invite à la découverte...
 
Le nom " masure", habitation misérable, qui tombe en ruines, vient du verbe latin "manere", "rester, demeurer."
 
Curieusement, le terme "manoir" appartient à la même famille de mots... pourtant, ce mot désigne, lui, une demeure somptueuse.
 
Un "manoir" évoque la résidence ou la demeure d'un noble, un logis seigneurial, ce bâtiment est, parfois, désigné, aussi, par le terme "gentilhommière", l'habitation d'un "gentil", c'est-à-dire d'un noble de naissance.
 
On le voit : tout un monde sépare la "masure" du "manoir" !
 
La "masure" appartient aux plus pauvres, le"manoir" est réservé à des privilégiés.
 
Un même radical pour deux termes antinomiques : le seul élément qui rapproche ces deux substantifs est l'idée de demeure où l'on vit...
 
D'autres termes sont plus neutres : "la maison, le mas", mots formés encore sur le même radical.
 
On perçoit bien toute la richesse et la diversité des dérivations de la langue française : issus d'une même racine verbale, ces mots suggèrent différentes habitations de la plus humble, à la plus somptueuse.
 
C'est comme si la société, dans son ensemble, était représentée par tous ces termes : pauvres, riches, gens modestes ou plus huppés, gens de la ville, de la campagne...
 
En Provence, le "mas" est  une ferme, une habitation modeste, associée à une vie rurale.
 
Un autre mot, encore, doit être rattaché à cette famille : le terme "manant" qui a, d'abord, le sens d'habitant, de résident....puis il désigne un roturier, un paysan qui réside dans un village, il prend enfin une connotation péjorative et s'applique à un personnage grossier, mal élevé.
 
Curieuse famille de mots liée à différentes catégories sociales ! 
 
On voit bien que le mot "manoir" s'oppose à la pauvre "masure" : ce terme avec son suffixe -oir revêt une dimension mystérieuse : on imagine un château, une demeure imposante, des dépendances, un domaine...
 
La masure, quant à elle, nous fait voir ses lézardes, un toit qui s'écroule, des murs en détresse...
 
J'aime ces mots qui forment des contrastes : "le manoir, le château, la masure, la chaumine, la chaumière, la bastide", que de termes différents ! On perçoit encore, à travers ces exemples, toute la richesse de la langue française !
 
La pauvre masure et le manoir somptueux se rejoignent par leur radical : étonnant rapprochement de deux mots antinomiques ! 
 
 
 
 
 
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Paul Cézanne - Masures sous la neige
chateau libre
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11 juillet 2014 5 11 /07 /juillet /2014 18:46
fenêtre prison Tangopaso

Un héros emprisonné qui trouve du charme à un paysage entrevu de la fenêtre de sa geôle, voilà le thème surprenant et inattendu d'un extrait du roman de Stendhal, La chartreuse de Parme... (partie II chapitre 18)
 
Fabrice Del Dongo, jeune aristocrate italien, victime d'une vengeance, est enfermé dans la citadelle de Parme. Le gouverneur de cette forteresse est le général Fabio Conti, que Fabrice avait croisé, avec sa fille Clélia, sept ans plus tôt.
 
Le héros décrit un paysage somptueux, celui qu'il admire des fenêtres grillées de sa prison : la focalisation interne permet de restituer la vision de Fabrice, une vision idyllique, pleine d'harmonie.
 
La description est, à la fois, réaliste et empreinte de poésie : de nombreuses indications permettent de situer la scène : des noms propres de lieux évoquent l'Italie : "la chaîne des Alpes, Trévise, le Mont Cenis, Turin, Parme, le Mont Viso..."
 
Grâce à certains détails précis, le lecteur peut, aussi, visualiser le décor : la volière que Fabrice Del Dongo aperçoit se trouve "à cinq ou six pieds en contrebas". On apprend, aussi, que "la fenêtre de la volière n’était pas à plus de vingt-cinq pieds de l’une des siennes."
 
Les sensations visuelles, auditives nous font vivre la scène que le héros a sous les yeux : on perçoit, en même temps que le personnage, les "jolis cages d'oiseaux", "les derniers rayons du crépuscule", "la lune qui se lève majestueusement", "un brillant crépuscule rouge orangé"...
 
On entend le chant des oiseaux.
 
Quelques indications temporelles ponctuent le texte : "huit heures et demie du soir, deux heures".
 
Mais, la peinture de ce paysage vaut, surtout, par son charme et sa poésie : l'adjectif "sublime" employé à deux reprises dans l'extrait, a une valeur d'hyperbole : on ressent l'admiration du héros devant ce tableau...
 
On assiste, d'abord, à un superbe coucher de soleil, thème romantique par excellence, avec "les derniers rayons du crépuscule".... Les couleurs du couchant sont évoquées, dans une harmonie de teintes chaleureuses, " un brillant crépuscule rouge orangé."
 
Les montagnes sont comme redessinées par l'éclat du couchant... De nombreux termes élogieux sont employés : "sublime, joli, majestueusement, parfaitement, admirant, charmer, douceurs."
 
La prison devient un lieu de bonheur, pour Fabrice : associée à la belle Clélia, elle semble ne présenter que des avantages.
 
On entrevoit, d'ailleurs, dès le début de l'extrait, l'enthousiasme du personnage, quand il "court" vers les fenêtres de sa geôle.
 
La scène se transforme en un véritable "spectacle" à admirer... Les couleurs, la lumière, la lune, les pensées du jeune homme qui vont vers Clélia Conti, tout contribue à une forme d'harmonie, à une joie de vivre.
 
Dans cette page, Stendhal nous fait voir, à travers les yeux de son personnage, un véritable tableau, encadré par les fenêtres de la prison, une véritable oeuvre d'art. Les sonorités qui accompagnent le lever de la lune, fricatives, sifflantes, chuintantes contribuent à la splendeur de l'évocation... Les voyelles nasalisées "on, an" semblent suggérer les reliefs du décor dans la phrase : "à l’autre extrémité de l’horizon, au couchant, un brillant crépuscule rouge orangé dessinait parfaitement les contours du mont Viso et des autres pics des Alpes qui remontent de Nice vers le Mont-Cenis et Turin."
 
L'enthousiasme du jeune homme, sa joie transparaissent dans la peinture du paysage : formes, couleurs sont magnifiées... Cet extrait ressemble à un véritable tableau.
Le texte :
 
 
"Il courut aux fenêtres ; la vue qu’on avait de ces fenêtres grillées était sublime : un seul petit coin de l’horizon était caché, vers le nord-ouest, par le toit en galerie du joli palais du gouverneur, qui n’avait que deux étages ; le rez-de-chaussée était occupé par les bureaux de l’état-major ;et d’abord les yeux de Fabrice furent attirés vers une des fenêtres du second étage, où se trouvaient, dans de jolies cages, une grande quantité d’oiseaux de toutes sortes. Fabrice s’amusait à les entendre chanter, et à les voir saluer les derniers rayons du crépuscule du soir, tandis que les geôliers s’agitaient autour de lui. Cette fenêtre de la volière n’était pas à plus de vingt-cinq pieds de l’une des siennes, et se trouvait à cinq ou six pieds en contrebas, de façon qu’il plongeait sur les oiseaux. Il y avait lune ce jour-là, et au moment où Fabrice entrait dans sa prison, elle se levait majestueusement à l’horizon à droite, au-dessus de la chaîne des Alpes, vers Trévise. Il n’était que huit heures et demie du soir, et à l’autre extrémité de l’horizon, au couchant, un brillant crépuscule rouge orangé dessinait parfaitement les contours du mont Viso et des autres pics des Alpes qui remontent de Nice vers le Mont-Cenis et Turin ; sans songer autrement à son malheur, Fabrice fut ému et ravi par ce spectacle sublime.« C’est donc dans ce monde ravissant que vit Clélia Conti ! avec son âme pensive et sérieuse, elle doit jouir de cette vue plus qu’un autre ; on est ici comme dans des montagnes solitaires à cent lieues de Parme. » Ce ne fut qu’après avoir passé plus de deux heures à la fenêtre, admirant cet horizon qui parlait à son âme, et souvent aussi arrêtant sa vue sur le joli palais du gouverneur que Fabrice s’écria tout à coup : « Mais ceci est-il une prison ? est-ce là ce que j’ai tant redouté ? »Au lieu d’apercevoir à chaque pas des désagréments et des motifs d’aigreur, notre héros se laissait charmer par les douceurs de la prison."
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Photos auteurs : en haut de l'article : Tangopaso    en bas : 2ème : Franco franco 56  3ème : Alaux



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10 juillet 2014 4 10 /07 /juillet /2014 17:43
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"Aux étalages débordait une efflorescence de mousselines et de dentelles, des touffes de plumes, des fleurs de soie. Un peu grisée, Pauline s'arrêtait aux vitrines", a écrit Jacques Chardonne, dans son roman intitulé Les Destinées Sentimentales...
 
La dentelle nous offre sa texture aérienne, légère... Efflorescence ! Cascatelle de fleurs et de bouquets ! Fibrilles somptueuses !
 
La dentelle nous parle de sa finesse, de ses entrelacs, de ses mailles subtiles : la dentelle ou "petite dent" tisse des réseaux de fleurs, de feuilles, d'arabesques...
 
La dentelle... c'est la splendeur des motifs... fils de soie, blancheur éclatante qui laisse entrevoir la peau rosée ou dorée...
 
Formation de diminutif, ce mot révéle la subtilité des mailles, leur légèreté...
 
La dentelle... c'est la douceur de l'été... embellissement et magnificence de la peau, fêtes, bonheurs.
 
C'est elle qui dessine mille motifs : marguerites, roses, étoiles, éclats de feuille, c'est elle qui se pare d'une blancheur de lys, d'un rose pâle très doux.
 
Honneur à la dentelle ! C'est elle qui orne les manches, le dos, discrète, légère, c'est elle encore, qui fait respirer la peau, la libère, la révèle !
 
C'est elle qui attire le regard, qui séduit, aguiche, brille, resplendit de ses fils lumineux.
 
Les fils qui s'entrecroisent, se superposent, se chevauchent forment des résilles éblouissantes.
 
Texture aérienne, nids d'abeilles pleins de finesse, la dentelle aux sonorités de dentales éclatantes, de voyelle nasalisée nous emporte dans un tourbillon de joie, de plaisirs, de sensualité !
 
La dentelle fait naître des images de bal, de danse, de rêves... de soleil, de vacances.
 
Elle danse et tresse mille réseaux, mille tableaux de douceurs, de tendresses...
 
La dentelle fait resplendir la peau, la sublime, la transforme, la dentelle éblouit les regards.
 
Elle évoque d'autres mots et d'autres tissus somptueux : mousseline, soie, organdis, voile, satin... grenadines, bayadères...
 
Grâce à son suffixe -elle de diminutif, elle rappelle aussi l'enfance, et des mots pleins de douceurs... coupelle, ombrelle, prunelle...
 
La dentelle est à l'honneur ! Elle est signe de délicatesse, de charme, de tendresse...
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3 juillet 2014 4 03 /07 /juillet /2014 16:47
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"C'était l'heure indécise et exquise qui ne dit ni oui ni non. Il y avait, déjà, assez de nuit, pour qu'on pût s'y perdre à quelque distance, et encore assez de jour pour qu'on pût s'y reconnaître de près", a écrit Victor Hugo dans son roman, Les Misérables.
 
L'heure exquise nous fait rêver, nous emporte dans ses replis de lumières atténuées...
 
L'adjectif "exquis" vient du verbe latin "quaerere", "chercher, rechercher" précédé de la préposition "ex". Ce mot brille de ses sonorités de gutturales et de sifflante, étonnant contraste de consonnes, éclatantes et douce....
 
Ce mot élogieux marque l'excellence, une forme de délicatesse, de perfection, il équivaut à un superlatif et peut s'appliquer à de la nourriture, à des mets, mais aussi à des êtres, des objets, des moments...
 
De nombreux termes appartiennent à cette famille : "question, conquérir, acquérir, requête, requérir, enquête"...
 
Mais l'adjectif "exquis", par sa forme différente, son préfixe se détache de l'ensemble : il exprime une sorte d'élégance, de raffinement uniques.
 
Il nous fait entrer dans le monde des saveurs, de la cuisine : il nous fait goûter et savourer des plats légers, pleins de finesse.
 
Il nous berce de rêves : associé à la douceur, à la beauté, le mot définit,aussi, une excellence, un bonheur suprême.
 
L'heure exquise, une fleur exquise...  une rose d'automne, plus rare que celle du printemps, est plus qu'une autre exquise...
 
Cet adjectif semble moins utilisé dans le langage moderne : on lui préfère des mots plus ordinaires et plus banals : super, extra, des abréviations à la mode...
 
Retrouvons l'usage de ces mots, à l'étymologie révélatrice : ce qui est exquis est rare et recherché, ce qui est exquis relève d'une forme de recherche, de quête.
 
Ce qui est exquis exige des efforts, une forme d'attente...
 
Ainsi, l'étymologie de cet adjectif dévoile des sens cachés, qui ne sont pas évidents, elle nous montre, comme souvent, l'essence de ce mot, sa signification première.
 
L'étymologie révèle la vérité des mots, elle est primordiale, pour en comprendre le sens : il faut la préserver et conserver l'usage de tous ces mots qu'on a tendance à oublier, et qui sont réservés à un langage soutenu.
 
Le mot"exquis" paraît un peu désuet et périmé : il est, pourtant, plein de saveurs, d'authenticité, de sens.
 
L'heure exquise nous berce de ses teintes adoucies : elle a le charme de l'incertitude lorsque le soir tombe, que les formes s'estompent dans une nouvelle harmonie...
 
L'heure exquise nous séduit de sa douceur, de sa tendresse et nous emporte vers des rêves de renouveau..
 
L'heure exquise nous offre des moments de plénitude, de poésie...
 
 
 
Photos : rosemar                
 
 
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