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14 mars 2016 1 14 /03 /mars /2016 12:26
Des mots pour la France d'ici et d'ailleurs...

 
 

 

Célébrons ce "verbe" français, cette verve unique, ce bonheur de dire et d'exprimer mille nuances...

Célébrons ce parler pittoresque et ancien, ce bel héritage qui est le nôtre.

 

La langue française s'éparpille : présente dans de nombreux pays, elle est riche de mots si divers et si variés !

Il est étonnant de découvrir des mots insolites, nouveaux, qui nous font voyager, et nous montrent toute l'expressivité de notre langue.

 

Ce vocabulaire nous intrigue par certains particularismes et nous invite à la découverte de terres inconnues...

Notre langue devient, ainsi, objet d'émerveillements et de surprises : on y perçoit des trésors d'inventivité, grâce à différentes dérivations.

 

On est sensible, alors, à un certain exotisme dans ces mots qui nous étonnent, qui évoquent, parfois, des pays et des climats lointains...

 

La LUMEROTTE, venue du nord, nous éclaire de sa petite lueur et de ses sonorités qui dansent : le suffixe de diminutif lui confère un charme enfantin et mystérieux. Labiale, gutturale, dentale s'égrènent, dans ce joli mot empli de poésie !

 

La DRACHE recouvre, soudain, l'horizon de ses averses sombres, elle tombe avec violence, comme le suggère la brièveté du mot : aussitôt, on voit le plat pays, la Belgique, traversée de pluies brusques et ombrageuses ... nous voilà passés de la lumière à l'ombre !

 

La RISTRETTE nous emmène vers la Suisse : elle se pare, elle aussi, d'un suffixe de diminutif pour évoquer "un petit noir" bien serré... Le mot nous réveille de ses sonorités éclatantes de gutturale, sifflante, dentale "t" réitérée.

 

De quoi être VIGOUSSE, dès le petit matin ! Adjectif expressif, s'il en est, puisqu'il évoque une grande vigueur, grâce à ses sonorités variées de fricative, de gutturale et de sifflante...

 

La POUDRERIE, quant à elle, nous fait voyager vers des pays de neige, aux hivers rigoureux, des pays où le vent emporte des embruns glacés et les accumule sur le sol : la poudrerie évoque, bien sûr, également, la poudreuse, jolis mots volatiles et aériens, jolis mots qui font virevolter une neige blanche de lys !

 

Le DÉPANNEUR pourra, si la neige est trop dense, permettre, aussi, quelques courses rapides, près de chez soi...

 

Des pays froids et glacés, nous voilà, soudainement, transportés en TAP-TAP vers Haïti : le mot, sous forme d'onomatopée, évoque  et suggère, à merveille, les cahots de ces autocars, inconfortables mais pleins d'animation et de vie, qui sillonnent ce pays.

 

Au Congo, les CHAMPAGNÉS nous feront, peut être, bon accueil, et nous pourrons, ainsi, côtoyer des gens d'influence qui boivent du Champagne, dans des flûtes effilées... Mais ces champagnés nous rappellent un personnage tristement célèbre, nommé CHAMPAGNE, croqué par La Bruyère... type même de l'égoïste, se perdant dans "les douces fumées d'un vin d'Avenay ou de Sillery"...

 

Et la France, elle-même, nous réserve bien des surprises : dans le sud, du côté de Marseille et de l'Estaque, on pourra rencontrer un FADA pittoresque, au parler enjoué, un de ces fous sympathiques qui racontent des histoires à dormir debout, avec un bagou incroyable.

 

A l'inverse, on évitera les CHAFOUINS, ces hypocrites, à tête de chat et de fouine, ces êtres ambigus et malsains qui se cachent sous des apparences trompeuses. Le mot, avec sa chuintante initiale, sa fricative "f", pleines de délicatesse et de charmes, semble mimer la feinte douceur de ces personnages : ne nous y fions pas et détournons-nous de ces vils hypocrites. Ils nous rappellent "ces chattemites", que dénonce Rabelais, ces personnes fourbes, rusées, ces "cagots", ces "cafards" que l'humaniste poursuit de sa vindicte et qu'il fustige souvent... Fuyons les chattemites et les chafouins !

 

Nous aurons fait, alors, un tour amusant et pittoresque de la Francophonie !

 

 

 

 

 

Dans le cadre de la semaine de la langue française : dix mots pour le dire...

 

Ressources :

 

 

http://dai.ly/x38e1e5

 

http://www.dismoidixmots.culture.fr/ressources/depliant

 

http://www.dismoidixmots.culture.fr/ressources/la-thematique-et-les-dix-mots

 

Le texte de La Bruyère :

 

https://fr.wikisource.org/wiki/Page:La_Bruy%C3%A8re_-_Les_Caract%C3%A8res,_Flammarion,_1880.djvu/145

 

Des mots pour la France d'ici et d'ailleurs...
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8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 13:43
Vos siècles d'infini servage pèsent encore lourd sur la terre...

 

 

 

 

La femme soumise à toutes sortes de malédictions, la femme encore et toujours asservie, ravalée au rang d'objet : hélas, la femme connaît, de nos jours, dans nombre de pays, toutes ces tristes réalités.

 

Et l'on a, encore, besoin de chanter, comme le faisait Jean Ferrat, en reprenant un texte d'Aragon : "La femme est l'avenir de l'homme..."

Dans un monde fracturé et divisé à l'extrême, la cause de la femme doit être défendue, en maintes occasions.

 

La femme considérée comme une mineure, dénuée de droits, esclave de l'homme, la femme insultée, battue, avilie, violée, lapidée, mariée de force, meurtrie... le monde est, encore, parcouru de toutes ces détresses.

 

Le poète visionnaire qu'était Aragon percevait le rôle essentiel que peut jouer la femme, et Jean Ferrat écrit, avec cette chanson, un plaidoyer plein de force pour l'égalité des sexes.

 

Jean Ferrat y dénonce le poids des croyances anciennes, celle de la bible, de l'ancien et du nouveau testament, où la femme, depuis la nuit des temps est "maudite".

 

Le vocabulaire religieux apparaît : " l'ancien et le nouveau, la bible, l'ancienne oraison, l'image d'Eve et de la pomme, vieilles malédictions..."

Et certains "décrètent encore par la bible", comme si c'était une référence intangible.

Le poète perçoit bien ce lourd héritage qui pèse encore sur la femme...

 

Et même si, dans nos sociétés, des progrès ont été accomplis, le fait de pouvoir "accoucher sans la souffrance, le contrôle des naissances", il reste encore tant à faire pour combler des "millénaires et des siècles d'infini servage".

Le vocabulaire est dénonciateur et virulent : on peut bien parler de "servage", d'un véritable esclavage qui anéantit, encore, les femmes, dans nombre de pays.

 

Le poète, lui, voudrait annoncer un renouveau, à travers cette belle image de "la floraison d'autres amours".

 

Un autre avenir est possible, sans doute, à condition de "remettre à l'endroit la chanson" et de redonner à la femme toute la place qu'elle mérite, elle qui "est l'avenir de l'homme."

 

Le poète conçoit, aussi, toute la difficulté de l'entreprise : "Il faudra réapprendre à vivre", affirme-t-il.

Il faudra réécrire "un nouveau livre", afin de balayer toutes les croyances millénaires qui accablent la femme.

 

Pour ce faire, "le partage" est essentiel, un partage qui doit être équitable, alors que, le plus souvent, il ne l'est pas encore, ne serait-ce que pour la répartition des tâches dans le couple.

 

Il faut, dès lors, envisager une reconstruction du monde, comme le suggère le préfixe "re" qui marque un renouveau dans les verbes "remettre, réapprendre, redécouvrir".

Et, de fait, il reste, encore, beaucoup de chemin à parcourir pour parvenir à rétablir des équilibres perdus, depuis des siècles.

"Le poète a toujours raison" , affirme Jean Ferrat, car la poésie se veut dénonciatrice et pleine de force, de résonances.

Le poète a raison, car il perçoit tant d'injustices et il les condamne, avec virulence.

La mélodie alterne une grande douceur dans le refrain, avec la vision du poète, et une certaine âpreté, dans l'évocation des douleurs, des luttes accomplies par les femmes...

Ce bel hymne à la femme, écrit et composé par Jean Ferrat en 1975, reste, encore, plus que jamais, d'actualité.

 

 

 

 

 

 

Vos siècles d'infini servage pèsent encore lourd sur la terre...
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7 mars 2016 1 07 /03 /mars /2016 14:17
Des cascades de lampas...

 

 



"Le magasin de mon marchand de bric-à-brac était un véritable Capharnaüm...
  
   Des armoires éventrées s'échappaient des cascades de lampas glacé d'argent, des flots de brocatelle criblée de grains lumineux par un oblique rayon de soleil ; des portraits de toutes les époques souriaient à travers leur vernis jaune dans des cadres plus ou moins fanés.
   Le marchand me suivait avec précaution dans le tortueux passage pratiqué entre les piles de meubles, abattant de la main l'essor hasardeux des basques de mon habit, surveillant mes coudes avec l'attention inquiète de l'antiquaire et de l'usurier."


C'est ainsi que Théophile Gautier décrit la boutique d'un antiquaire, un marchand de curiosité, au début d'une des ses nouvelles fantastiques, intitulée Le pied de momie : on peut y voir un véritable bric-à-brac d'objets divers et, notamment, des armoires éventrées d'où s'échappent "des cascades de lampas".

Le nom "lampas", peu utilisé, d'un emploi rare et littéraire, attise, aussitôt, la curiosité d'un lecteur avide de mots, un peu mystérieux et secrets.

Ce terme nous étonne, nous éblouit par sa rareté, ses éclats de consonnes : labiale pleine de séduction, sifflante finale emplie de douceur, et assez inhabituelle en fin de mot...

La voyelle nasalisée "am" suggère légèreté, finesse, volatilité.

Que signifie ce terme étrange, aux consonances éblouissantes ? Quel est ce mot venu d'une boutique de bric-à-brac ?

Quel mystère se cache derrière ce terme énigmatique ?


"Glacé d'argent", le lampas semble revêtir plus de valeur, encore, il révèle une richesse, une beauté, une surface lisse, miroitante, des reflets argentés.

Et voilà que le lampas éblouit encore plus le regard ! Il semble même évoquer une source lumineuse !

Le mot "lampas" exerce une fascination, par son exotisme, sa nouveauté : une trouvaille dans ce magasin de bric-à-brac !

Ce mot désigne, en fait, une étoffe de soie, à grands dessins, avec des motifs en relief. Tissu somptueux, le lampas peut recouvrir un fauteuil, un divan, il peut servir à confectionner des vestes, des vêtements luxueux.

Le lampas attire le regard, par son côté soyeux, sa brillance... Le lampas reflète la lumière, renvoie des éclats, et on comprend que le narrateur de la nouvelle de Théophile Gautier soit séduit par ces tissus qui tombent en cascades, de vieilles armoires : le contraste est saisissant entre les meubles éventrés et la richesse du tissu, d'autant qu'un rayon de soleil vient en souligner l'élégance.

Le mot "lampas" a des origines incertaines, on le rapproche, parfois, du nom "lambeau" qui peut évoquer, aussi, des morceaux de tissus.

Mais on voit bien que le nom "lampas" est plus noble, plus exotique, plus mystérieux dans les sonorités et la réalité qu'il désigne.

Voilà, encore, un terme évocateur, au charme étrange ! Un mot rare et surprenant, un mot qui nous fait rêver par ses tonalités poétiques, ses sonorités pleines de séductions...

Un mot qui suscite des interrogations, un mot empreint de mystères...

Le lampas en soie révèle des reflets chatoyants et moirés....




 

Un article sur la nouvelle de Théophile Gautier :

 

http://rosemar.over-blog.com/2015/08/le-pied-de-momie-un-recit-fantastique-captivant-plein-d-humour.html

 

Des cascades de lampas...
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5 mars 2016 6 05 /03 /mars /2016 13:53
Les couchers de soleil ont souvent inspiré les poètes romantiques...

 

 

 

Les couchers de soleil ont souvent inspiré les auteurs romantiques : symbole de déclin, de mélancolie, cette thématique est récurrente dans de nombreux poèmes du dix neuvième siècle.

Victor Hugo, dans un texte intitulé Rêverie, extrait du recueil Les Orientales, nous fait partager un de ces instants où le soleil bascule et s'évanouit,  un moment où le rêve remplace la réalité, où l'on imagine des paysages différents, sources d'évasion et de mystères. L'orientalisme très présent dans ce poème est une ouverture vers le monde de l'imagination et du rêve...

Hugo nous fait percevoir toute la beauté de ce soleil couchant, et c'est l'occasion d'un appel à une inspiration nouvelle, différente, un rêve d'une ville orientale aux teintes d'or...

 

 

Le poème s'ouvre sur deux exclamations pleines de vie, par lesquelles le poète semble réclamer une solitude propice à la rêverie : "Oh ! Laissez-moi !" L'évocation qui suit nous montre toute la beauté du spectacle observé par Victor Hugo : un coucher de soleil où les couleurs se mêlent, en une harmonie de jaunes et de rouges :"l'astre géant rougit, le grand bois jaunissant dore... la colline... le soleil et la pluie ont rouillé la forêt".

 

Ces couleurs sont estompées et comme auréolées par un "cercle de brume", ce qui permet d'embellir, un peu plus, la toile.

La vision est colorée et grandiose, comme le suggèrent les adjectifs, dans les expressions : "l'astre géant, le grand bois".

 

La nature s'anime, grâce au procédé de personnification : les éléments du paysage sont sujets de verbe d'action et semblent, ainsi, participer à la composition du tableau...

 

La saison, l'automne, accentue encore l'impression mélancolique de ce coucher de soleil finissant, et le paysage devient le reflet de l'état d'âme du poète, empli de mélancolie : on sent une aspiration vers un autre monde rêvé, idéal.

 

Le rêve se développe, dans la deuxième strophe avec ces questions :"qui fera surgir, qui fera naître..." Et c'est un rêve d'Orient qui voit le jour, avec l'évocation flamboyante "d'une ville mauresque", entourée d'éclats : comparée à "une fusée" portant des flèches d'or, elle pourrait éclairer l'avenir du poète et transpercer le brouillard environnant.

 

L'obscurité du soir qui tombe s'oppose à la clarté éblouissante de cette ville surgie de l'imagination de l'écrivain... "L'ombre du corridor" contraste avec cette vision éclatante et dorée...

 

Mêlant des sonorités emplies de force à des sons pleins de douceur, le poète suggère, à la fois, la beauté éclatante de cette ville et l'apaisement que procure cette vision nouvelle : gutturale "r" et "c" alternent avec sifflantes "s" et chuintantes "ch" dans ces trois vers : " 

"Quelque ville mauresque, éclatante, inouïe,
Qui, comme la fusée en gerbe épanouie,
Déchire ce brouillard avec ses flèches d'or !"

 

Cette ville entrevue dans un rêve pourra redonner une inspiration au poète, c'est du moins ce qu'il désire ardemment et ce que suggère l'emploi du subjonctif à valeur d'injonction et de souhait : "Qu'elle vienne, inspirer, ranimer... Mes chansons".

C'est bien un poète en mal d'inspiration qui s'exprime, ici, dans un texte lyrique, où l'on devine des sentiments de mélancolie : les chansons "rembrunies", comparées à "un ciel d'automne" nous parlent de cette tristesse.

 

Comme souvent dans la poésie romantique, le paysage devient le reflet de l'état d'âme de l'écrivain.

 

Le poète en appelle à cette rêverie pour lui insuffler une nouvelle façon d'écrire : il attend une vision emplie de rêve, d'espoir, de magie.

 

 Hugo nous laisse entrevoir tous les charmes de cette ville orientale : teintée de mystères avec ses "rumeurs étouffées", de richesses, avec "ses palais" aux "mille tours", empreinte de magie avec ses "fées", pleine de beauté, car elle se dessine "en dentelles" sur un horizon violet.

 

 

Hugo, dans ce poème, parvient à nous faire partager son rêve oriental : la dernière vision nous transporte dans un univers proche de celui des Mille et une nuits, fait de mystères et d'harmonie.

Solitude, mélancolie, magie et beauté de l'Orient... Hugo nous transmet, avec lyrisme, émotion et sensibilité, ses sentiments et ses rêves d'évasion...

 

 

Le poème :
 

 

Rêverie


Oh ! laissez-moi ! c'est l'heure où l'horizon qui fume
Cache un front inégal sous un cercle de brume,
L'heure où l'astre géant rougit et disparaît.
Le grand bois jaunissant dore seul la colline.
On dirait qu'en ces jours où l'automne décline,
Le soleil et la pluie ont rouillé la forêt.


Oh ! qui fera surgir soudain, qui fera naître,
Là-bas, - tandis que seul je rêve à la fenêtre
Et que l'ombre s'amasse au fond du corridor, -
Quelque ville mauresque, éclatante, inouïe,
Qui, comme la fusée en gerbe épanouie,
Déchire ce brouillard avec ses flèches d'or !


Qu'elle vienne inspirer, ranimer, ô génies,
Mes chansons, comme un ciel d'automne r
embrunies,
Et jeter dans mes yeux son magique reflet,

Et longtemps, s'éteignant en rumeurs étouffées,
Avec les mille tours de ses palais de fées,
Brumeuse, denteler l'horizon violet !

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

Les couchers de soleil ont souvent inspiré les poètes romantiques...
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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 14:01
Quand un romancier excuse la violence...

 

 


Peut-on excuser la violence ? C'est la question que pose Edouard Louis, dans son dernier roman, intitulé Histoire de la violence...

Une histoire vraie racontée comme un roman, l'histoire d'un viol : l'auteur, homosexuel, un soir de Noël, fait monter chez lui un jeune kabyle qui le menace d'une arme, l'insulte, l'étrangle et le viole.

Et le romancier, malgré la violence subie, considère que son agresseur n'est pas vraiment coupable, que son passé, son vécu, ses origines sociales font de lui une victime.
Certes, nous sommes tous conditionnés par de multiples facteurs : le milieu social, nos expériences, nos douleurs, nos souffrances.
Mais peut-on excuser la violence, même si elle est une révolte contre ce que nous avons vécu ?

Nous pouvons aimer le rebellion et la révolte, mais ne devons-nous pas réprouver et condamner la violence qui s'attaque à l'être humain, l'anéantit et l'asservit ?

Cette violence n'asservit-elle pas, d'ailleurs, celui-là même qui la commet ? Elle en fait un être soumis à des pulsions de haine, incapable de se réfréner et de se maîtriser.

 

 "La sociologie m’a permis de réaliser que la violence est produite par des structures sociales", déclarait Edouard Louis, il y a quelques mois.
"Je trouve plus d’excuses à mon agresseur qu’au racisme de la police", a précisé, aussi, le romancier.
Cette remise en cause des autorités, cette inversion des valeurs font, tout de même, froid dans le dos.

La violence ainsi justifiée par la sociologie pourrait conduire à penser que toutes sortes de violences sont excusables.

La violence d'un mari qui bat et torture sa femme et ses enfants, celle d'un braqueur qui s'attaque à une banque, celle d'un violeur qui terrorise ses victimes,  celle de djihadistes qui assassinent froidement des gens aux terrasses des cafés, dans la rue...

Cette culture de l'excuse paraît effroyable, car elle en vient à justifier de nombreuses violences : celui qui se drogue ne serait pas coupable, s'il commet un meurtre, car il est sous l'emprise de la drogue et s'il se drogue, on pourra toujours trouver des explications sociologiques à cette addiction.

L'individu semble, alors, ne plus être responsable de quoi que ce soit...

Plutôt que la culture de l'excuse, ne faudrait-il pas  promouvoir la culture de la responsabilité ? Nous sommes tous responsables de nos actes, nous sommes responsables de notre propre violence.

D'ailleurs, Edouard Louis est lui-même responsable d'avoir accueilli chez lui ce jeune kabyle, dont il a été, ensuite, la victime : il a pris des risques qu'il peut assumer.

En tant qu'être responsable, il est probable qu'il ne reproduira pas un tel comportement, à l'avenir.

Si, par bien des aspects, nous ne sommes pas libres, si nous sommes façonnés et conditionnés par notre éducation, il nous reste, en tant qu'êtres humains, à agir comme des êtres responsables de nos actes.

Justifier la violence par la sociologie ouvre la voie à toutes sortes de dérives.

Justifier la violence par un déterminisme social conduit à excuser nombre d'actes violents, alors que l'être humain a la capacité de réfléchir aux conséquences de ses actes, en toute conscience, à condition de faire preuve de clairvoyance et de lucidité...

 

 

 

Le résumé  de ce roman :

 

"J’ai rencontré Reda un soir de Noël. Je rentrais chez moi après un repas avec des amis, vers quatre heures du matin. Il m’a abordé dans la rue et j’ai fini par lui proposer de monter dans mon studio. Ensuite, il m’a raconté l’histoire de son enfance et celle de l’arrivée en France de son père, qui avait fui l’Algérie. Nous avons passé le reste de la nuit ensemble, on discutait, on riait. Vers six heures du matin, il a sorti un revolver et il a dit qu’il allait me tuer. Il m’a insulté, étranglé, violé. Le lendemain, les démarches médicales et judiciaires ont commencé.


Plus tard, je me suis confié à ma sœur. Je l’ai entendue raconter à sa manière ces événements.


En revenant sur mon enfance, mais aussi sur la vie de Reda et celle de son père, en réfléchissant à l’émigration, au racisme, à la misère, au désir ou aux effets du traumatisme, je voudrais à mon tour comprendre ce qui s’est passé cette nuit-là. Et par là, esquisser une histoire de la violence."


 

Des critiques positives :

 

http://www.seuil.com/livre-9782021177787.htm

 

 

http://www.telerama.fr/livres/histoire-de-la-violence,136361.php

 

Une critique négative :

http://www.marianne.net/edouard-louis-toute-complaisance-100239207.html

 

 

Le début du roman :

 

http://www.telerama.fr/livre/decouvrez-les-premieres-pages-de-histoire-de-la-violence-le-nouveau-roman-d-edouard-louis,136564.php

 

 

 

 

 

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23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 10:29
Sa houppelande retombait en plis majestueux...

 

 

"Ah ! Gringoire, qu'elle était jolie la petite chèvre de M. Seguin ! qu'elle était jolie avec ses yeux doux, sa barbiche de sous-officier, ses sabots noirs et luisants, ses cornes zébrées et ses longs poils blancs qui lui faisaient une houppelande !..."

 

Tout le monde a en mémoire cette description élogieuse de la chèvre de Monsieur Seguin, dans les lettres de mon moulin de Daudet...

 
Une houppelande ! Quel mot étonnant, étrange, envoûtant ! Un mot rare, aux sonorités éblouissantes !

Ce long manteau, à manches évasées, était un vêtement dont se couvraient, autrefois, les bergers.

 
Voilà un mot qui chante, avec des sonorités si claires, éclatantes ! Voilà un mot dont on aimerait connaître l'origine... or, l'étymologie en est incertaine.
 
Ce nom, employé par Daudet, permet de personnifier l'animal : revêtue d'un long manteau, la chèvre se pare d'une toison qui se voit... le mot, grâce à sa longueur, ses quatre syllabes, semble, aussi, nous montrer toute l'ampleur du manteau.
 
La voyelle nasalisée "an", le son "ou" donnent une impression de majesté, de grandeur. La labiale, la dentale suggèrent, à la fois, séduction, élégance et éclats...
 
Quelle poésie dans ce seul mot ! Quelles résonances ! 
 
La houppelande semble  recouvrir le petit animal de son épaisseur ouatée. L'animal est, ainsi, magnifié sous son épaisse toison !
 
D'ailleurs, Daudet emploie de nombreuses exclamations qui traduisent l'admiration : on remarque plusieurs termes élogieux : "jolie, doux, luisants..." 
 
La houppelande avec son "h" aspiré attire notre attention : ce manteau de poils donne à l'animal une allure rustique et noble à la fois !
 
Un simple mot... et on entrevoit tant de significations, tant de connotations ! La houppelande est campagnarde mais aussi pleine d'élégance avec ses longues manches, son tissu épais et ouaté...

La houppelande évoque, aussi, des tenues et des matières somptueuses, soie, velours, satin, fourrures.
 
Ce mot nous fait voir des images du passé : un berger vêtu d'un long manteau... je revois, ainsi, un santon de la crèche de mes parents : un berger portant une houppelande couleur d'amarante, un bâton entre les mains, il était entouré de ses moutons frisés à la blancheur cotonneuse, il était coiffé d'un chapeau noir d'autrefois, à l'allure rustique.
 
Sa houppelande retombait en plis majestueux, sa stature imposante, son air tranquille révélaient un paysan d'expérience.
 
Sa houppelande le grandissait, lui donnait de la prestance !
 
Les houppelandes ont disparu, on n'en voit plus ni dans les villes, ni dans les campagnes, mais ce mot résonne en nous comme un vêtement à la fois modeste et somptueux.
 
 
 

 

 

 

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19 décembre 2015 6 19 /12 /décembre /2015 10:53
Un étalage de Noël sulfureux... (Zola, Le ventre de Paris)

 



Dans son roman Le ventre de Paris, Zola dépeint le monde des Halles, son opulence, ses couleurs, ses bruits et ses clameurs : l'abondance de la nourriture montre le contentement des bourgeois qui peuvent se remplir le ventre, alors que les gens du peuple vivent, souvent, dans la misère.

Dans un extrait de ce roman, Claude Lantier, qui sera plus tard le peintre de L'Oeuvre, évoque une de ses "réalisations artistiques", quand il recompose l'étalage d'une charcuterie, pour les fêtes de Noël.

Ainsi, le peintre refait la devanture, comme s'il s'agissait d'une véritable oeuvre d'art,  il dénonce, à cette occasion, ce que l'on peut appeler "la goinfrerie" du réveillon de Noël, et montre que l'artiste est souvent un être à part, éloigné de la foule.

 

Voici le texte :

..." Voulez-vous que je vous dise quelle a été ma plus belle oeuvre, depuis que je travaille, celle dont le souvenir me satisfait le plus ? C'est toute une histoire... L'année dernière, la veille de la Noël, comme je me trouvais chez ma tante Lisa, le garçon de la charcuterie, Auguste, cet idiot, vous savez, était en train de faire l'étalage. Ah ! le misérable ! Il me poussa à bout par la façon molle dont il composait son ensemble. Je le priai de s'ôter de là, en lui disant que j'allais lui peindre ça, un peu proprement. Vous comprenez, j'avais tous les tons vigoureux, le rouge des langues fourrées, le jaune des jambonneaux, le bleu des rognures de papier, le rose des pièces entamées, le vert des feuilles de bruyère, surtout le noir des boudins, un noir superbe que je n'ai jamais pu retrouver sur ma palette. Naturellement, la crépine, les saucisses, les andouilles, les pieds de cochon panés, me donnaient des gris d'une grande finesse. Alors je fis une véritable oeuvre d'art. Je pris les plats, les assiettes, les terrines, les bocaux ; je posai les tons, je dressai une nature morte étonnante, où éclataient des pétards de couleur, soutenus par des gammes savantes. Les langues rouges s'allongeaient avec des gourmandises de flamme, et les boudins noirs, dans le chant clair des saucisses, mettaient les ténèbres d'une indigestion formidable. J'avais peint, n'est-ce pas ? la gloutonnerie du réveillon, l'heure de minuit donnée à la mangeaille, la goinfrerie des estomacs vidés par les cantiques. En haut, une grande dinde montrait sa poitrine blanche, marbrée, sous la peau, des taches noires des truffes. C'était barbare et superbe, quelque chose comme un ventre aperçu dans une gloire, mais avec une cruauté de touche, un emportement de raillerie tels que la foule s'attroupa devant la vitrine, inquiétée par cet étalage qui flambait si rudement... Quand ma tante Lisa revint de la cuisine, elle eut peur, s'imaginant que j'avais mis le feu aux graisses de la boutique. La dinde, surtout, lui parut si indécente qu'elle me flanqua à la porte, pendant qu'Auguste rétablissait les choses, étalant sa bêtise. Jamais ces brutes ne comprendront le langage d'une tache rouge mise à côté d'une tache grise... N'importe, c'est mon chef-d'oeuvre. Je n'ai jamais rien fait de mieux."


On perçoit toute l'actualité de cet extrait : les fêtes de Noël arrivent et on voit les magasins se remplir de victuailles, alors que certains ont des difficultés à survivre, dans un monde où règnent précarité et chômage.

L'étalage devient, d'abord, sous la main du peintre, une véritable oeuvre d'art...

Le vocabulaire pictural est particulièrement présent : "oeuvre, couleurs, nature morte, j'avais peint, peindre, tons vigoureux".

La composition du tableau permet de juxtaposer des couleurs vives et contrastées qui attirent tous les regards : "rouge, jaune, bleu, rose, vert, noir, gris". On peut percevoir des nuances d'une même teinte : "rouge et rose, noir et gris". On pense, ici, à la technique des peintres impressionnistes, faisant appel à à des touches de couleurs vives ou nuancées. Le tableau met en vedette "une grande dinde" qui apparaît au sommet de l'oeuvre.

Le peintre est lui-même satisfait de son tableau, comme le montrent les termes hyperboliques  :"ma plus belle oeuvre, c'est mon chef d'oeuvre, je n'ai jamais rien fait de mieux".

Mais l'oeuvre d'art comporte, surtout, une fonction dénonciatrice car elle délivre un message...

L'artiste fustige la "gloutonnerie" du réveillon : les mots énumérés au pluriel montrent l'abondance démesurée de la nourriture : "langues, jambonneaux, pièces, boudins, saucisses, andouilles, pieds de cochons.."

De plus, Lantier se livre à une satire acerbe de la société et de la religion : la fête religieuse de Noël se réduit à la représentation d'une consommation frénétique, le champ lexical de la nouriture est amplement développé, la dinde elle même, au centre du tableau devient une parodie des images traditonnelles des saints : la dinde est entourée comme d'une auréole, une "gloire", dans le texte...

Par des rapprochements de mots audacieux, Zola montre que la religion n'est qu'un prétexte à faire ripaille : le corps et l'esprit sont réunis dans certaines expressions : "heure de minuit donnée à la mangeaille", "goinfrerie des estomacs vidés par les cantiques", "ventre aperçu dans une gloire".

Les termes employés sont fortement péjoratifs :"mangeaille, goinfrerie"...

Enfin, la thématique du "feu" rend ce tableau particulièrement sulfureux : "cet étalage qui flambait, j'avais mis le feu..." On songe aux flammes de l'enfer où officie le diable...

Les objets semblent s'animer dans la devanture, comme pour suggérer le péché, la tentation : "Les langues rouges s'allongeaient avec des gourmandises de flamme, et les boudins noirs, dans le chant clair des saucisses, mettaient les ténèbres d'une indigestion formidable." La nourriture semble dominer les hommes, les attirer irrésistiblement.

La "dinde", elle même, qui montre "sa poitrine blanche" fait songer à des nus impudiques, peints par Manet.

Devant la force dénonciatrice de ce tableau, on perçoit l'inquiétude de la foule, et même la "peur" d'un des personnages, la tante du peintre, Lisa.

Les commentaires de Lantier sur le garçon boucher qui a composé l'étalage comportent des termes dévalorisants marquant l'incompréhension, la distance qui sépare l'artiste des gens ordinaires : "cet idiot, le misérable, la façon molle dont il composait son ensemble."

Ainsi, l'artiste apparaît comme un être isolé, éloigné de la foule, du commun des mortels : il dénonce, il fait peur, et révèle le monde...

 

Cet extrait fait songer à un tableau impressionniste : cet étalage "barbare et superbe", aux violents contrastes de couleurs, peut évoquer certaines peintures de Renoir ou de Cézanne.

On peut, aussi, constater toute la modernité de ce texte : la "goinfrerie" de Noël est de plus en plus grande, alors que cette fête religieuse célèbre, à l'origine, la naissance d'un enfant divin dans un cadre modeste et humble. 


 

 

 

 

Un étalage de Noël sulfureux... (Zola, Le ventre de Paris)
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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 13:24
Des tourbillons d'embruns qui sillonnent la mer...

 

 

"Les rafales d'une violence inouïe, accès de colère de Wottan ou de Thor, tombent des hauteurs en sifflant et soulèvent des tourbillons d'embruns qui sillonnent la mer." 

 

C'est ainsi que Jean-Baptiste Charcot dépeint la virulence d'une tempête qui sévit au Groenland, dans un de ses ouvrages, intitulé Dans la mer du Groenland...



Le mot "tourbillon" nous entraîne dans un enroulement, un tournoiement de consonnes, dentale initiale, gutturale "r", labiale "b", palatale finale... comme si le mot mimait la réalité qu'il désigne...

Les voyelles variées, le son "ou", le "i" assez aigu, la voyelle nasalisée "on" nous emportent dans un mouvement circulaire, dans des volutes virevoltantes !
Le tourbillon, c'est la vie, la tempête, un emportement de vents vigoureux.

On entrevoit des cyclones, des tornades, des broussailles ballotées par le vent, une mer qui s'enroule en vagues furieuses et violentes ! 

Quel mot expressif, plus expressif encore que son ancêtre latin "turbo" qui désigne, aussi, le tourbillon !

Avec ce mot, on voit des tourments, des troubles, des orages, des pluies soudaines, des tempêtes.

Avec ce mot, on est comme happé par des mouvements irrésistibles, des envolées de feuilles d'automne, des embruns qui s'emportent sur la mer, des arbres agités par des houles de vents, des tangages, des roulis...

On entrevoit une mer déchaînée, des hérissements de vagues, des rouleaux furieux... des naufrages, des bateaux chahutés dans des flots vertigineux...

La force du vent et des éléments ! 

On admire des tourbillons d'embruns, éclats de vagues impétueuses, des rondes de brumes sur l'océan, des cercles pleins de véhémence...

On retrouve le radical de ce nom dans les termes "tourment, tourner, tournoyer, tournoiements" qui évoquent, aussi, des emportements.

J'aime ce mot "tourbillon", aux sonorités si évocatrices, qui fait surgir tant d'images liées à la nature, sa force, ses colères parfois terribles.


Le tourbillon, vertigineux, violent est, parfois, magnifique, mais il peut être terrifiant, angoissant, évoquant des spirales auxquelles on ne peut échapper.

Quelle force dans ce mot, quels éclats !

Le mot peut être, aussi, utilisé dans un sens figuré : des tourbillons de mots, des tourbillons de lumières, de plaisirs.

Certaines danses nous font, aussi, tourbillonner, une musique pouvant être elle-même tourbillonnante...
 Plein de mouvements, de vie, de virulence, le tourbillon nous séduit et nous inquiète, en même temps.

Ne dit-on pas que la vie est un tourbillon qui nous emporte inlassablement dans ses bonheurs et ses tourments ?


 



 

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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 17:28
Les arbres m'ont appris bien des leçons...

 



"Les arbres ont tenu une place essentielle dans ma vie et m’ont appris bien des leçons. Chaque arbre est le symbole vivant de la paix et de l’espoir. Avec ses racines profondément ancrées dans la terre et ses branches qui s’élancent vers le ciel, il nous dit que pour aspirer à aller toujours plus haut, nous aussi nous devons être bien enracinés au sol car, aussi haut que nous nous élancions, c’est toujours de nos racines que nous puisons notre force."


C'est ainsi que Wangari Maathai évoque toute l'importance des arbres et de la nature, dans un de ses ouvrages intitulé Celle qui plante les arbres.

Les arbres semblent, aussi, fournir des leçons à chacun de nous, puisqu'ils nous montrent le rôle essentiel de nos racines, de notre culture..

Le mot "leçon" nous renvoie à l'enfance : leçons de grammaire, d'orthographe, d'histoire, de mathématiques... Leçons récitées le soir : à la maison, c'est maman qui se chargeait de nous faire réciter nos leçons, notamment des poèmes que l'on devait apprendre, avec rigueur.


On savait l'importance de tous ces apprentissages, on en mesurait toute la valeur, on s'appliquait à revoir ces leçons avec précision.

Le mot apparaît lui-même, plutôt séduisant, avec sa consonne sifflante "ç", sa voyelle nasalisée finale "on" qui semble promettre comme un envol, un épanouissement.

La petite cédille, en forme de crochet, sous la consonne "c", qui sert à l'adoucir, confère au mot une singularité : le "c" semble se dupliquer, se miroiter comme pour impliquer une idée d'imitation.

Et, pourtant, certaines leçons étaient âpres, difficiles, pouvaient présenter des difficultés.

Les mathématiques me rebutaient, l'histoire m'effrayait, avec tous ces événements à retenir, la physique me paraissait lointaine.

Je préférais, de loin, apprendre des textes littéraires, m'initier à la grammaire, à l'orthographe, me laisser emporter par la poésie, celle de Ronsard, Hugo, Verlaine, Baudelaire, et tous les autres.

Les leçons de grammaire me charmaient et j'aimais percevoir le dédale des phrases, leur enroulement, leur construction...

L'orthographe me faisait goûter aux mystères des mots, à leurs origines lointaines, à leur passé tumultueux, souvent.

Ce mot "leçon" recouvre tant de disciplines, tant d'apprentissages si variés !

Le mot a d'ailleurs, lui-même, des origines lointaines : venu d'un verbe latin, "legere", "lire, choisir", la leçon est reliée à la lecture...


Et "lire", c'est "cueillir, faire une moisson de mots", pour s'en enrichir et progresser dans de nombreux domaines...

Belle étymologie pour ce mot familier, associé à l'enfance !

On apprécie moins ceux que l'on appelle "les donneurs de leçons", qui n'hésitent pas à fustiger la conduite d'autrui, alors qu'eux-mêmes s'exemptent, parfois, de toute morale...

Mais les leçons restent des apprentissages fondamentaux pour les enfants, les adolescents, et les adultes que nous sommes, car, chaque jour peut apporter sa moisson d'informations, de lectures nouvelles...


 

 

 

Photos : rosemar

Les arbres m'ont appris bien des leçons...
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18 novembre 2015 3 18 /11 /novembre /2015 17:24
On se laisse bercer par le plaisir, le bonheur des mots...

 

 



J'aime les livres... j'aime sentir, sous mes doigts, les pages légères, fines, soyeuses de l'ouvrage... j'aime la douce odeur de la feuille de papier et de l'encre imprimée...

J'aime saisir, capturer, tenir entre mes mains le livre... Fermé, le livre nous attire, nous invite à l'ouvrir, le découvrir : il nous fait signe et nous appelle... Fermé, le livre nous séduit par ses formes, ses replis de pages secrets.

Ouvert, il nous offre tout un monde, tout un univers, des images, des mots, des mystères, une harmonie incroyable et unique de sonorités, de couleurs...

Les pages blanches de lys déroulent leurs lettres sombres et secrètes... Les pages blanches de neige nous entraînent, peu à peu, vers des personnages inconnus et proches à la fois, des élans, des sentiments, des aventures, des idées nouvelles.

Des paysages se dessinent sous nos yeux, plus beaux encore, plus éblouissants, plus intenses que dans la réalité... le Parthénon d' Athènes au soleil levant, un ciel de neige, un champ de pommiers en fleurs, un paysage marin aux voiles alanguies...

Une vie nouvelle se révèle à nous.

Emporté par les mots, les phrases, on oublie tout, le monde s'efface, s'atténue, s'adoucit, disparaît.

Le monde devient léger, on perçoit d'autres lieux, d'autres temps, des personnages obscurs, ténébreux, etonnants, étincelants parfois.

On se laisse bercer par le plaisir, le bonheur des mots et des phrases, leurs sonorités douces ou plus rudes, la musique des mots !

" Au milieu du grand silence et dans le désert de l'avenue, les voitures montaient vers Paris, avec les cahots rythmés de leurs roues.
 dont les échos battaient les façades des maisons, endormies aux deux bords, derrière les lignes confuses des ormes...." Et nous voilà plongés dans l'univers sombre d'une nuit parisienne au 19ème siècle.

Le livre nous saisit, nous prend, alors, nous captive, nous subjugue.

Le livre devient un tourbillon qui nous entraîne, de mots en mots, de phrases en phrases. Des images s'impriment en nous, des êtres, des rêves de bonheur, des peurs, des angoisses, des joies...

Un personnage apparaît, on ignore son nom, on ne sait d'où il vient... et nous voilà saisis par le sort et l'histoire de cet inconnu... et nous voilà emportés avec lui vers Paris.... un vertige de couleurs et de formes nous éblouit, des jeux d'ombres et de lumières, un clair-obscur subtil, dans la splendeur de la nuit.


D'autres personnages surgissent de la nuit, pleins de mystères, d'éclats de générosité ou de haine... D'autres horizons surprenants nous parviennent soudain... un monde rempli d'éblouissements...






 

 

On se laisse bercer par le plaisir, le bonheur des mots...
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