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15 mars 2016 2 15 /03 /mars /2016 14:14
Le fada de l'Estaque...

 

 

 

 

Pour qui connaît un peu Marseille, ses habitants et le parler de Provence, le mot "fada" est souvent utilisé, dans le sud, comme un terme à la fois familier et sympathique...

 

Ce mot peut, d'ailleurs, à Marseille ou à l'Estaque, se décliner sous une autre forme : "espèce de fadasse !", pourra-t-on dire, parfois, à quelqu'un qui raconte des bêtises ou des fadaises.

 

Ces termes "fada, fadasse" méritent, comme il se doit, d'être prononcés avec l'accent du cru, en insistant sur la voyelle "a", pour donner encore plus de poids à ces insultes plutôt bienveillantes et même chaleureuses.

 

On peut, aussi, entendre, à Marseille, cette atténuation affectueuse : "fadoli !", et dans ce cas, l'accent se fait plus insistant sur la voyelle "o"...

 

Le "fada", c'est le simple d'esprit, le fou... mais, comme il est d'usage à Marseille, d'exagérer et d'amplifier nombre d'expressions, il ne faut pas vraiment prendre le mot au pied de la lettre.

Il s'agit, en fait, souvent d' une appellation pleine de tendresse...

 

Ce terme pourrait, ainsi provenir du latin "fata", "la déesse de la destinée", à rapprocher du nom de la "fée", issu d'un verbe "for, fari" : "dire, parler", la fée étant celle qui dit et dicte les destins par avance.

 

Le "fada" peut donc désigner celui qui est touché par les fées, à l'origine, un simple d'esprit, celui qui regarde le monde avec un oeil naïf et nouveau.

 

Cette relation avec les fées rend le "fada" plutôt aimable, attirant et sympathique.

 

Le fada sort du lot, il se démarque, c'est un original... "la maison du fada", c'est ainsi que les marseillais ont appelé l'immeuble construit par Le Corbusier, entre 1947 et 1952, un immeuble futuriste, pour l'époque.

 

Les Marseillais et les provençaux cultivent, ainsi, un langage savoureux, des expressions souvent amusantes et pleines de charmes.

"Feignasse, frotadou, balèse, ballèti, bancaou, barjaquer, bisquer, main de pâti, malon", autant de mots savoureux à découvrir...

 

Des mots qui sont, pour moi, des mots d'enfance puisque je suis née à Marseille, plus précisément à l'Estaque, petit port de pêche, si pittoresque, connu de tous.

 

Des mots simples, des mots de tous les jours...

 

Des mots qui rayonnent, qui évoquent le soleil, la lumière, la mer, ses embruns, ses couleurs changeantes et moirées, des paysages du sud, des collines parfumées de thym, des senteurs marines toutes proches...

 

Des mots qui chantent la langue du sud, qui nous font entendre des accents chaleureux, pleins de bonhommie et de tendresse...

 

 

Dans le cadre de la semaine de la langue française...

Ressource :

 

http://dai.ly/x38e1e5

 

 

Le lexique du parler marseillais :

 

http://parler.marseillais.overblog.com/lexique-du-parler-marseillais

 

 

 

 

Photos : Christelle

L'Estaque

L'Estaque

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27 juillet 2014 7 27 /07 /juillet /2014 17:25

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On l'appelait pépé, comme on le faisait, autrefois : pépé Déri, diminutif de son prénom Frédéric, un beau prénom qui claque ! 

 

On le voit, sur une photo d'autrefois, assis sur sa barque de pêcheur, à l'Estaque, en train de ravauder ses filets, attentif à sa tâche, pendant que, derrière lui, enfants, nous mimons le salut militaire.

 

Tout autour, des paniers, des sacs, des jambins, des cordages, des rames, tout un attirail de pêcheur...

 

Tout autour, la mer, le port de l'Estaque, une bette dans le lointain, les replis de la mer, la jetée...

 

Le teint basané, les cheveux blancs qui dépassent d'une casquette de marin, de couleur sombre, mon grand-père s'occupe de ses filets, largement étalés sur la barque, il les ravaude, les met en ordre pour la prochaine pêche, travail attentif et patient.

 

Le filet de nylon, d'une blancheur éclatante, et son quadrillage de mailles régulières envahissent l'espace de la barque.

La mer est là, sereine, à peine ridée, tranquille, comme l'est mon grand-père, paisible, aux mouvements calculés et lents.

 

On sent l'odeur de la mer, le sel marin, les senteurs de poissons, de cordages.

 

On perçoit le dur labeur du pêcheur et aussi, le temps qui s'étire, le temps que l'on prend, un certain bonheur de profiter du temps qui passe.

On perçoit le temps d'autrefois, un certain art de vivre, sans se presser.

 

Mon frère et moi, sur le fond du bateau, nous semblons étonnés et émerveillés de ce spectacle de la mer, comme bercés par la barque.

Mon frère avec sa petite casquette de marin semble vouloir imiter mon grand-père, son salut est mal assuré, comme le mien, gestes à peine esquissés...

 

Mon grand-père apparaît comme le maître incontesté de sa barque : assis, impassible, il nous tourne le dos, pris par son travail, l'air sérieux, concentré, alors que nous sourions timidement pour la photo.

 

Le dos penché en avant, les mains rugueuses... on sent, aussi, la lassitude du pêcheur, ses soucis, ses angoisses, l'âge qui pèse, les soucis du lendemain.

 

On entrevoit le dur labeur de l'ouvrier pêcheur qui doit entretenir son bateau, ses outils.

On lit la fatigue, on voit les traits marqués du pêcheur qui travaille au grand air, dans le froid ou sous les soleils accablants de l'été.

 

Le paysage alentour est superbe : la mer redoublée, l'infini des flots, leur murmure, l'eau moirée de mille reflets, le sac et le ressac de la mer...

 

Le paysage impassible nous raconte la nature immuable et les splendeurs renouvelées de la mer...

 

http://youtu.be/P5ItNxpwChE

 

 

 

 

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Photo sous la vidéo : Jean Pierre Bazard  creative commons / Tableaux de Haquette, Maroniez et Cézanne



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21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 17:35

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Nous gardons tous des souvenirs des lieux de notre enfance : maison d'autrefois, cuisine, chambre, terrasse...

 

La terrasse, en particulier, est un lieu de découvertes : ouverte sur l'extérieur, elle permet de s'aérer, de goûter l'air du temps, de jouer.

 

La terrasse de notre enfance était une cour rectangulaire, assez pauvre et dénudée, cernée, d'un côté, par un mur gris, couvert de dessins à la craie, de l'autre, par un grillage.

 

Une table en bois, éraflée, avec des abattants, se dressait près du mur, garnie d' un seau et d' un vieux pot de fleurs.

 

Au fond, la porte d'entrée de la maison, mi-bois, mi-vitrage, un rideau de lanières en plastique aux couleurs bariolées, un vieux mur lézardé.

Près de la porte, était disposée une caisse à jouets, sorte de caisson en bois où l'on rangeait des objets divers...

Calés sur le bord, dans un coin, on pouvait voir des rames, un salabre, un parasol... Près de la table une chaise longue en tissu rayé.

 

Aucun luxe, un certain dépouillement dans le décor, une terrasse d'autrefois animée par nos petits jeux d'enfants : la marelle, le hula hoop ou le cerceau, le diabolo, la corde à sauter, des balles, des billes.

 

Ma grande soeur excellait à lancer le diabolo, et à le rattraper, avec habileté, sur le fil en nylon... J'essayais, pour ma part, de faire tourner le hula hoop, autour de ma taille et j'ai dû acquérir, à ce jeu, une certaine souplesse.

 

Des chats peuplaient aussi la terrasse et faisaient toute notre joie : chat tigré, chat grisé et blanc, chat noir.

 

Petits, ils égayaient la terrasse de leurs jeux, de leur mines, de leurs découvertes...

Des chats aux minois inoubliables, charmeurs, tantôt attentifs, tantôt rieurs.

 

La terrasse permettait de prendre le frais, le soir, aux beaux jours, de goûter à la clarté de la lune, de paresser au soleil pendant l'été...

La terrasse nous offrait un havre de paix, à l'abri des regards extérieurs : même pauvre, c'était un luxe ! 

 

On pouvait y faire la lessive en été, étendre du linge : ma mère sortait sa vieille machine à essorer, avec un rouleau où l'on passait le linge.

 

On pouvait, à loisir, toucher l'eau et savourer le bonheur des lessives d'autrefois, en plein air...

 

En été, mes parents installaient une bassine assez grande pour que nous puissions barboter et clapoter dans l'eau.

 

On pouvait s'asseoir sur le pas de la porte, deviser,  observer la rue et ses passants.

 

La terrasse n'était pas un jardin fleuri, verdoyant, c'était, pourtant, une sorte de luxe !

 

La terrasse nous donnait une impression de liberté, d'ouverture, elle nous offrait un cadre extérieur : on y sentait les odeurs marines qui nous parvenaient du petit port de l'Estaque, on y percevait les bruits de la mer...

 

On y ressentait l'air ambré des flots de la Méditerranée toute proche...

 

http://youtu.be/-IRIqII4z_c

 

 

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