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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 12:45
Besoin de sens...

 

 

 

Notre monde moderne est constitué d'images, d'écrans de toutes sortes : ordinateur, téléviseur, portable... Nous passons notre temps à regarder ces écrans, privilégiant le sens de la vision.

 

On en oublierait presque d'exercer nos autres sens : olfactif, gustatif, tactile...

 

Il est vrai que nos villes sont saturées de pollution et d'odeurs nauséabondes.

L'olfaction en perd de sa valeur : elle est, pourtant, essentielle, et elle nous offre des plaisirs qu'il ne faut pas négliger : parfums de fleurs, d'arbres, de mousses, de terre, d'écorces, senteurs de pins enivrantes...

 

Il nous faut, pour cela, retrouver le contact avec la nature, cultiver un jardin, des fleurs...

Retrouver des senteurs d'aliments qui mijotent dans une marmite : ratatouilles, sauce tomates, parfums de lauriers, d'ail, de romarins, de marjolaine...

Retrouver le plaisir de cette cuisine méditerranéenne aux parfums du midi... huile d'olive, thym, sarriette...

 

Le goût a tendance, aussi, à s'effacer : on mange une nourriture trop grasse, trop sucrée, trop salée...

On en oublie le goût des vrais aliments : des fruits, des légumes....

 

De plus, nous ne savons plus savourer la nourriture : nous engloutissons nos repas à toute allure sans apprécier ce que nous mangeons.

Vautrés devant des écrans, certains se gavent de nourriture, ils ne dégustent pas, ils dévorent...

 

La vie moderne elle-même nous pousse à consommer des plats préparés, du prêt à manger bourré d'additifs, de sucre ou de sel.

Notre goût perd, ainsi, de son acuité.

 

De la même façon, nous nous servons de moins en moins de notre sens tactile : nous nous contentons souvent de toucher des claviers...

Fini le contact direct avec la nature, avec le bois, les arbres, les pierres, les plantes...

 

Notre monde a besoin de sens et il est en train de perdre tout ce qui est lié aux différentes sensations...

Il nous faut retrouver le goût, le toucher, le sens olfactif.

Il nous faut retrouver aussi la faculté d'observer, une attention au monde, à la nature...

Il nous faut retrouver des émotions simples, il nous faut apprendre à mieux tirer parti de nos cinq sens.

Nous nous contentons, trop souvent, de voir superficiellement ce qui nous entoure.

Nous oublions d'observer le monde, et d'utiliser nos 5 sens pour en profiter pleinement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Besoin de sens...
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2 octobre 2015 5 02 /10 /octobre /2015 15:27
J'ai le coeur qui taille la zone...

 

 

 

Qui n' a jamais rêvé de changer de vie, de "tailler la zone", comme le dit de façon imagée et familière Alain Souchon, dans une de ses plus célèbres chansons ?

La zone symbolise, bien sûr, la ville et ses faubourgs pauvres et tristes...

La chanson s'ouvre sur l'évocation d'une rencontre amoureuse qui permet d'échapper, justement, à la monotonie de la vie, et de rêver à d'autres univers.

N'est-ce pas l'espoir de beaucoup de gens ?

Cette rencontre se concrétise avec une "vendeuse de glaces", personnage d'origine modeste, auquel chacun peut s'identifier, d'autant que la jeune fille est "belle", "sous sa bâche".

L'oxymore "le sourire un peu triste" traduit bien une forme de mélancolie, et déjà une envie d'échapper à un monde morne et peu attrayant.

Et l'espoir de vivre autre chose conduit les deux personnages à aller contempler un coucher de soleil... L'évocation est pleine de gaieté, le poète amoureux évoque des parfums de "fraise-cassis" et de "vanille-fraise", qui illuminent soudain sa vie.

C'est comme si la jeune femme, vendeuse de glaces, parvenait, soudain, à embellir la vie, gâce à ces allusions à des parfums et des couleurs pleines de gaieté.

Le texte, empreint de vie, nous permet d' entendre le discours direct de la jeune fille : "Vendre des glaces m'ennuie, on laisse tout, on taille la zone".

Pourtant, la vie des personnages s'accommode d'un "deux pièces à Paris", d'habitudes inlassables, comme le suggèrent les verbes, à l'imparfait itératif :"elle répétait, je lui disais" "et l'expression au pluriel :"toutes les nuits"...
La jeune femme rêve de fuir l'hexagone, et lui temporise, affirmant que ce rêve va se réaliser.
Mais la vie quotidienne semble prendre le dessus, avec "l'ordinateur, le bureau, l'aspirateur, et des envies de mobil home".

Ultime concession à la vie ordinaire : le personnage masculin s'est "abonné au câble" !


Le langage familier utilisé par la jeune femme restitue le milieu simple auquel appartiennent les personnages "déconne pas, déconne pas".

Elle affirme une soif de liberté et de nature, loin de la ville :"je veux des fleurs jaunes, des prairies", et elle refuse ce monde de l'argent qui nous domine.

Le décalage entre les deux personnages se perçoit dans des pensées opposées : "voyages, paysages, grosses Harley", d'un côté, et "portable, calmants, plan d'épargne logement" pour l'autre.

Et finalement, c'est l'amour qui  taille la zone, l'amoureux se retrouve, soudain, seul, dans son lit, et le petit "kim cone" a disparu... expression pleine de tendresse qui traduit, aussi, le désarroi de l'amoureux.

La chanson s'achève sur ces mots désabusés : 

"Y a plein de filles sur la terre 
Mais quand je vois une planisphère 
J'ai le cœur qui taille la zone."

On perçoit un désespoir, l'envie de retrouver un bonheur perdu, avec, à nouveau, cette volonté de tailler la zone : la chanson tourne, ainsi, en boucle, traduisant une impossibilité d'échapper au monde de la ville...

Et la mélodie égrène des notes remplies d'espoir, comme un désir irrépressible de fuir la routine du quotidien.


 

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

J'ai le coeur qui taille la zone...
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