Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 13:24
Des tourbillons d'embruns qui sillonnent la mer...

 

 

"Les rafales d'une violence inouïe, accès de colère de Wottan ou de Thor, tombent des hauteurs en sifflant et soulèvent des tourbillons d'embruns qui sillonnent la mer." 

 

C'est ainsi que Jean-Baptiste Charcot dépeint la virulence d'une tempête qui sévit au Groenland, dans un de ses ouvrages, intitulé Dans la mer du Groenland...



Le mot "tourbillon" nous entraîne dans un enroulement, un tournoiement de consonnes, dentale initiale, gutturale "r", labiale "b", palatale finale... comme si le mot mimait la réalité qu'il désigne...

Les voyelles variées, le son "ou", le "i" assez aigu, la voyelle nasalisée "on" nous emportent dans un mouvement circulaire, dans des volutes virevoltantes !
Le tourbillon, c'est la vie, la tempête, un emportement de vents vigoureux.

On entrevoit des cyclones, des tornades, des broussailles ballotées par le vent, une mer qui s'enroule en vagues furieuses et violentes ! 

Quel mot expressif, plus expressif encore que son ancêtre latin "turbo" qui désigne, aussi, le tourbillon !

Avec ce mot, on voit des tourments, des troubles, des orages, des pluies soudaines, des tempêtes.

Avec ce mot, on est comme happé par des mouvements irrésistibles, des envolées de feuilles d'automne, des embruns qui s'emportent sur la mer, des arbres agités par des houles de vents, des tangages, des roulis...

On entrevoit une mer déchaînée, des hérissements de vagues, des rouleaux furieux... des naufrages, des bateaux chahutés dans des flots vertigineux...

La force du vent et des éléments ! 

On admire des tourbillons d'embruns, éclats de vagues impétueuses, des rondes de brumes sur l'océan, des cercles pleins de véhémence...

On retrouve le radical de ce nom dans les termes "tourment, tourner, tournoyer, tournoiements" qui évoquent, aussi, des emportements.

J'aime ce mot "tourbillon", aux sonorités si évocatrices, qui fait surgir tant d'images liées à la nature, sa force, ses colères parfois terribles.


Le tourbillon, vertigineux, violent est, parfois, magnifique, mais il peut être terrifiant, angoissant, évoquant des spirales auxquelles on ne peut échapper.

Quelle force dans ce mot, quels éclats !

Le mot peut être, aussi, utilisé dans un sens figuré : des tourbillons de mots, des tourbillons de lumières, de plaisirs.

Certaines danses nous font, aussi, tourbillonner, une musique pouvant être elle-même tourbillonnante...
 Plein de mouvements, de vie, de virulence, le tourbillon nous séduit et nous inquiète, en même temps.

Ne dit-on pas que la vie est un tourbillon qui nous emporte inlassablement dans ses bonheurs et ses tourments ?


 



 

Repost 0
23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 17:28
Les arbres m'ont appris bien des leçons...

 



"Les arbres ont tenu une place essentielle dans ma vie et m’ont appris bien des leçons. Chaque arbre est le symbole vivant de la paix et de l’espoir. Avec ses racines profondément ancrées dans la terre et ses branches qui s’élancent vers le ciel, il nous dit que pour aspirer à aller toujours plus haut, nous aussi nous devons être bien enracinés au sol car, aussi haut que nous nous élancions, c’est toujours de nos racines que nous puisons notre force."


C'est ainsi que Wangari Maathai évoque toute l'importance des arbres et de la nature, dans un de ses ouvrages intitulé Celle qui plante les arbres.

Les arbres semblent, aussi, fournir des leçons à chacun de nous, puisqu'ils nous montrent le rôle essentiel de nos racines, de notre culture..

Le mot "leçon" nous renvoie à l'enfance : leçons de grammaire, d'orthographe, d'histoire, de mathématiques... Leçons récitées le soir : à la maison, c'est maman qui se chargeait de nous faire réciter nos leçons, notamment des poèmes que l'on devait apprendre, avec rigueur.


On savait l'importance de tous ces apprentissages, on en mesurait toute la valeur, on s'appliquait à revoir ces leçons avec précision.

Le mot apparaît lui-même, plutôt séduisant, avec sa consonne sifflante "ç", sa voyelle nasalisée finale "on" qui semble promettre comme un envol, un épanouissement.

La petite cédille, en forme de crochet, sous la consonne "c", qui sert à l'adoucir, confère au mot une singularité : le "c" semble se dupliquer, se miroiter comme pour impliquer une idée d'imitation.

Et, pourtant, certaines leçons étaient âpres, difficiles, pouvaient présenter des difficultés.

Les mathématiques me rebutaient, l'histoire m'effrayait, avec tous ces événements à retenir, la physique me paraissait lointaine.

Je préférais, de loin, apprendre des textes littéraires, m'initier à la grammaire, à l'orthographe, me laisser emporter par la poésie, celle de Ronsard, Hugo, Verlaine, Baudelaire, et tous les autres.

Les leçons de grammaire me charmaient et j'aimais percevoir le dédale des phrases, leur enroulement, leur construction...

L'orthographe me faisait goûter aux mystères des mots, à leurs origines lointaines, à leur passé tumultueux, souvent.

Ce mot "leçon" recouvre tant de disciplines, tant d'apprentissages si variés !

Le mot a d'ailleurs, lui-même, des origines lointaines : venu d'un verbe latin, "legere", "lire, choisir", la leçon est reliée à la lecture...


Et "lire", c'est "cueillir, faire une moisson de mots", pour s'en enrichir et progresser dans de nombreux domaines...

Belle étymologie pour ce mot familier, associé à l'enfance !

On apprécie moins ceux que l'on appelle "les donneurs de leçons", qui n'hésitent pas à fustiger la conduite d'autrui, alors qu'eux-mêmes s'exemptent, parfois, de toute morale...

Mais les leçons restent des apprentissages fondamentaux pour les enfants, les adolescents, et les adultes que nous sommes, car, chaque jour peut apporter sa moisson d'informations, de lectures nouvelles...


 

 

 

Photos : rosemar

Les arbres m'ont appris bien des leçons...
Repost 0
18 novembre 2015 3 18 /11 /novembre /2015 17:24
On se laisse bercer par le plaisir, le bonheur des mots...

 

 



J'aime les livres... j'aime sentir, sous mes doigts, les pages légères, fines, soyeuses de l'ouvrage... j'aime la douce odeur de la feuille de papier et de l'encre imprimée...

J'aime saisir, capturer, tenir entre mes mains le livre... Fermé, le livre nous attire, nous invite à l'ouvrir, le découvrir : il nous fait signe et nous appelle... Fermé, le livre nous séduit par ses formes, ses replis de pages secrets.

Ouvert, il nous offre tout un monde, tout un univers, des images, des mots, des mystères, une harmonie incroyable et unique de sonorités, de couleurs...

Les pages blanches de lys déroulent leurs lettres sombres et secrètes... Les pages blanches de neige nous entraînent, peu à peu, vers des personnages inconnus et proches à la fois, des élans, des sentiments, des aventures, des idées nouvelles.

Des paysages se dessinent sous nos yeux, plus beaux encore, plus éblouissants, plus intenses que dans la réalité... le Parthénon d' Athènes au soleil levant, un ciel de neige, un champ de pommiers en fleurs, un paysage marin aux voiles alanguies...

Une vie nouvelle se révèle à nous.

Emporté par les mots, les phrases, on oublie tout, le monde s'efface, s'atténue, s'adoucit, disparaît.

Le monde devient léger, on perçoit d'autres lieux, d'autres temps, des personnages obscurs, ténébreux, etonnants, étincelants parfois.

On se laisse bercer par le plaisir, le bonheur des mots et des phrases, leurs sonorités douces ou plus rudes, la musique des mots !

" Au milieu du grand silence et dans le désert de l'avenue, les voitures montaient vers Paris, avec les cahots rythmés de leurs roues.
 dont les échos battaient les façades des maisons, endormies aux deux bords, derrière les lignes confuses des ormes...." Et nous voilà plongés dans l'univers sombre d'une nuit parisienne au 19ème siècle.

Le livre nous saisit, nous prend, alors, nous captive, nous subjugue.

Le livre devient un tourbillon qui nous entraîne, de mots en mots, de phrases en phrases. Des images s'impriment en nous, des êtres, des rêves de bonheur, des peurs, des angoisses, des joies...

Un personnage apparaît, on ignore son nom, on ne sait d'où il vient... et nous voilà saisis par le sort et l'histoire de cet inconnu... et nous voilà emportés avec lui vers Paris.... un vertige de couleurs et de formes nous éblouit, des jeux d'ombres et de lumières, un clair-obscur subtil, dans la splendeur de la nuit.


D'autres personnages surgissent de la nuit, pleins de mystères, d'éclats de générosité ou de haine... D'autres horizons surprenants nous parviennent soudain... un monde rempli d'éblouissements...






 

 

On se laisse bercer par le plaisir, le bonheur des mots...
Repost 0
16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 16:45
Des castagnettes de bois d'ébène...

 

Pour que vivent la musique, la danse, la culture, la fraternité, la liberté, la beauté....



"Une des jeunes femmes commence à jouer sur la guitare l'air de la danse étrangère. La fille de don Rodrigue ôte son voile et attache à ses mains blanches des castagnettes de bois d'ébène. Ses cheveux noirs tombent en boucles sur son cou d'albâtre ; sa bouche et ses yeux sourient de concert ; son teint est animé par le mouvement de son coeur. Tout à coup elle fait retentir le bruyant ébène, frappe trois fois la mesure, entonne le chant de la Zambra et, mêlant sa voix au son de la guitare, elle part comme un éclair.


Quelle variété dans ses pas ! quelle élégance dans ses attitudes ! Tantôt elle lève ses bras avec vivacité, tantôt elle les laisse retomber avec mollesse. Quelquefois elle s'élance comme enivrée de plaisir et se retire comme accablée de douleur. Elle tourne la tête, semble appeler quelqu'un d'invisible, tend modestement une joue vermeille au baiser d'un nouvel époux, fuit honteuse, revient brillante et consolée, marche d'un pas noble et presque guerrier, puis voltige de nouveau sur le gazon. L'harmonie de ses pas, de ses chants et des sons de sa guitare était parfaite. La voix de Blanca, légèrement voilée, avait cette sorte d'accent qui remue les passions jusqu'au fond de l'âme. La musique espagnole, composée de soupirs et de mouvements vifs, de refrains tristes, de chants subitement arrêtés, offre un singulier mélange de gaieté et de mélancolie. Cette musique et cette danse fixèrent sans retour le destin du dernier Abencerage : elles auraient suffi pour troubler un coeur moins malade que le sien."


Dans cet extrait de la nouvelle intitulée Le dernier Abencérage,  Chateaubriand nous montre son héros complètement subjugué par la danse de Blanca, une jeune espagnole, aux cheveux noirs, au teint d'albâtre... une danse rythmée par le son d'une guitare et de castagnettes.

Amour, musique, joie de vivre sont associés dans ce texte : les mouvements de Blanca, sa voix, sa beauté séduisent tous les spectateurs et tous les lecteurs.


"Castagnette !" Il suffit de prononcer ce nom pour voir surgir toute l'Espagne, ses danseuses, aux robes couleur de pourpre, ses musiques andalouses, ses flamencos rythmés par ces petits instruments de bois...

Des tenues soyeuses, des châles ondoyants, des basquines légères se dessinent...

Un spectacle haut en couleurs, des rythmes entraînants, une musique qui donne envie de danser...

Le mot lui-même claque, de sa gutturale initiale, de sa sifflante "s", de ses dentales "t" redondantes... Le mot chante l'Espagne, avec sa voyelle "a" réitérée, le mot chante la gaieté, l'insouciance, avec son suffixe de diminutif "ette".

La "castagnette" suggère bien ce petit instrument tenu entre les doigts, qu'on entrevoit, à peine, sous les mains des danseuses.

Le mot venu du latin "castana", la châtaigne, a des origines lointaines. La castagnette, "la petite châtaigne", nous fait entendre sa jolie musique cliquetante...

Elle nous fait voir des envolées de robes longues, aux couleurs éclatantes et chatoyantes, des danses espagnoles, fandangos, séguédilles, paso doble, sardanes, des airs de guitare, aux échos sonores pleins de charmes.

Des danseuses, aux lourds cheveux bruns, au tempérament de feu, virevoltent et enflamment le public...

Carmen, femme fatale, exécute une danse envoûtante et sensuelle... Elle subjugue tous les spectateurs, de ses grands yeux sombres, de sa silhouette altière.

Son jupon virevolte, la soie du vêtement accompagne, de frémissements, ses arabesques ondoyantes...

Les bras s'enroulent, se déroulent pendant que la danseuse tourne lentement.

Les castagnettes rythment ses mouvements, tantôt très lents, tantôt, pleins d'élans, de feu, et de vivacité...

Sombre, puis éclatante, la danse fait voler les jupons aux teintes de flammes !


 



 

Repost 0
10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 18:24
Tapis aux teintes de flammes et de feux !

 


"Nous menons une vie de fainéantise et de rêvasserie ; toute la journée vautrés sur notre tapis, nous fumons des chibouks et des narguilehs, en absorbant de la limonade et en regardant les rives du fleuve."
C'est ainsi que Gustave Flaubert raconte un de ses voyages en Egypte, sur le Nil, dans une lettre adressée à sa mère.
Et il nous fait percevoir toute l'oisiveté et les splendeurs de la vie orientale, notamment en évoquant un tapis sur lequel il se "vautre"...


Le "tapis" évoque un confort, un bien-être, il est, aussi, objet de décoration qui orne les sols des salons, des chambres...

Le tapis, c'est, comme on l'entrevoit dans la correspondance de Flaubert, le monde oriental, un certain luxe, une richesse dans les motifs, des arabesques...

Le mot lui-même nous invite au repos, avec ses consonnes dentale et labiale, la labiale, surtout, pleine de volupté et de douceur...

Les voyelles "a" et "i" assez contrastées, l'une ouverte, l'autre plus aiguë, nous intriguent, suscitent notre curiosité.

Ce mot, venu du grec, "tapès" a des origines très anciennes : Homère l'utilise dans l'Odyssée, au chant IV de l'épopée : dans la demeure de Ménélas, on voit un serviteur apporter "un tapis de laine moelleuse." (vers 124)

Tapis en laine, en coton, en soie, tapis moelleux... on aime les textures de ces tissus somptueux...
Tapis persans, d'Inde, de Chine, du Pakistan, ces revêtements nous font voyager vers des rives lointaines.

Des teintes de bleus, des couleurs de pourpre nous éblouissent, des dessins géométriques s'enroulent, des franges ornent les bords.
Les motifs s'entremêlent, s'enlacent, formant des paysages harmonieux de feuillages, des arborescences d'une richesse inouie...

Des pampres, des fleurs, des branches envahissent les fils de cotons, la soie brillante.

Certaines miniatures persanes représentent des personnages, coiffés de turbans, assis sur de somptueux tapis.

Tapis aux teintes de flammes et de feux, couleurs éclatantes, brouillards de lumières, rosaces, fleurs, enroulements....

Des serviteurs, portant des vases richement ornés s'avancent humblement vers ces tapis de lumières, tout à côté, des musiciens jouent un air de musique, avec une harpe et des cymbales.

L'atmosphère  festive traduit une sorte de bonheur et de langueur orientale.

Tapis volant des Mille et une nuits, tapis flottant miraculeusement dans les airs, emportant des héros vers des aventures étranges, remplies de mystères et de magie !

Tapis enchanteurs de notre enfance ! Qui n'a pas rêvé de se laisser emporter par ces tapis d'orient vers des rives nouvelles ?

Shéhérazade, Aladin, Sindbad le marin, Ali Baba, tous ces noms évoquent la magie de l'orient, des récits mythiques qui ont bercé notre enfance et qui ont inspiré tant de créateurs !

Tapis rouge que l'on déroule, en de grandes occasions, tapis de fêtes et de prestige !



Le tapis nous fait voir tant d'images radieuses !


 

 

 

 

 

Tapis aux teintes de flammes et de feux !
Tapis aux teintes de flammes et de feux !
Repost 0
4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 12:17
Petit cordonnier, tu me fais tourner la tête !

 

 

 

Le mot "cordonnier" nous est si familier, alors que ce nom de métier tend à disparaître, en ce monde où les chaussures ne se font plus guère réparer...

Nous achetons et nous jetons rapidement les chaussures, car elle sont souvent fabriquées, pour ne durer qu'une saison.

Les chaussures en cuir se font, aussi, rares, d'autres matériaux moins nobles sont utilisés, comme le plastique, le polyester, différents textiles.
Et, pourtant, quels charmes avaient le cordonnier et son échoppe aux bonnes odeurs de cuir !

Le mot révèle, d'ailleurs, les nombreux talents de cet artisan : gutturales "c" et "r", dentale "d" restituent à la fois l'âpreté de son travail et les éclats du cuir, si doux au toucher, si confortable...
La voyelle "o" réitérée suggère les formes arrondies des chaussures, leurs brillances, leur lustre....

De nombreux petits métiers ont, ainsi, disparu, le vitrier qui passait dans les rues, en se signalant par ses cris "VITRIER, VITRIER !", le chapelier, le crieur de journaux, l'étameur, le cordonnier...

Il reste bien des magasins où l'on fabrique des clés, où l'on répare quelques chaussures, mais l'activité se perd, à l'ère de la chaussure jetable.

 

Autrefois, on faisait ravauder des cartables, des sacs, des souliers en cuir.
Doénavant, on jette ces objets très rapidement et on les remplace par d'autres.
La réparation n'est plus à la mode, tout se consomme et se consume, très rapidement...

Le cuir souple offre, pourtant, un confort, un bien-être inégalable, il renvoie la lumière, répand des arômes pleins d'élégance...

Le mot "cordonnier" est, d'ailleurs bien lié à cette matière noble, puisque ce nom vient de l'ancien français "cordoan, cuir de Cordoue"... Cordoue, ville espagnole, dont le cuir était, autrefois, très réputé !

Voilà une origine étonnante, et pleine d'éclats ! Une origine qui nous emmène en Andalousie, près du Guadalquivir... Cordoba, ville ibérique, au passé prestigieux !

Ville du cuir, du textile, du papier et des livres, Cordoue a rayonné de toutes ces activités, par le passé.

Et voilà qu'un simple cordonnier fait surgir des images d'une ville somptueuse, aux jardins bordés par le Guadalquivir !

Voilà qu'un simple cordonnier nous fait rêver à des paysages lointains, pleins de charmes et de poésie !

Cordoue, ville du sud de l'Espagne, Cordoue, ancienne ville romaine, Cordoue ville musulmane au patrimoine si riche et si divers !

Cordoba au nom si éclatant, avec sa voyelle "o" redondante ! Le Gualdalquivir, terme empreint d'exotisme, nous fait voyager vers des rives lointaines...




https://youtu.be/HagdXFPNghE


 
 

Petit cordonnier, tu me fais tourner la tête !
Repost 0
31 octobre 2015 6 31 /10 /octobre /2015 14:29
Célébrons la citrouille !

 


Les citrouilles sont revenues ! Dans les rayons des magasins, elles tiennent une place de choix et imposent leurs formes volumineuses, leurs couleurs de rouilles, des arrondis superbes, des brillances orangées...

Les citrouilles sont de retour pour fêter le coeur de l'automne, elles se parent de teintes vives et étonnent tous les regards !

Associée à la fête de Samonios, aux origines celtes, la citrouille s'embellit de lumières, elle devient même lampe magique...

Ce mot nous fait entendre des sonorités lumineuses, sifflante initiale, emplie de douceur, dentale "t" éclatante, gutturale "r" qui restitue la dureté du fruit, palatale qui prolonge le son "ou" pour suggérer des couleurs rayonnantes...

La citrouille aux teintes de soleil, aux formes volumineuses est un fruit de contrastes étonnants : beauté des couleurs, ampleur et volume exorbitant des cucurbitacées...

Le mot venu du latin "citrium, le cédrat, le citron", par analogie de couleurs, est à la fois plein de charmes et de dérision.

" Tu n'as rien dans la citrouille, j'ai la tête comme une citrouille" ! On perçoit, à travers ces expressions toute l'ironie que peut contenir ce terme.

La "cucurbite" a de quoi séduire, mais elle peut aussi marquer une forme de moquerie.

Voilà encore un mot plein de saveurs, par ses sonorités redondantes, ses échos, ses consonnes variées, gutturales, labiale, dentale...


Les cucurbitacées sont multiples : coloquinte, concombre, courge, melon, pastèque, potiron.... Une variété de mots tous si expressifs !


La citrouille, aux formes généreuses, aux tranches bien marquées, est aussi, une plante volubile : elle nous parle des teintes de l'automne, elle nous raconte des légendes, des contes dans lesquels des citrouilles se transforment en carrosses, elle nous montre, à travers une fable, que la nature est souvent bien faite et qu'il vaut mieux l'accepter telle qu'elle est...

La citrouille nous parle, aussi, de traditions venues d'ailleurs : Halloween et ses peurs ancestrales, des fantômes, des sorcières, des monstres de la nuit, elle nous fait voir des feux de joie, elle évoque un temps où l'on communiquait avec l'autre monde, des démons, des dieux, le mois de Samonios qui va s'ouvrir....

Fêtons Samonios, célébrons les citrouilles !

Rendons hommage aux citrouilles, coloquintes, courges, potirons ! Ces beaux fruits de l'automne nous montrent toute la diversité de la nature, des merveilles de formes, de couleurs, des embruns étonnants d'éclats...


 

 

 

Une fable de La Fontaine : Le gland et la citrouille 

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/jean_de_la_fontaine/le_gland_et_la_citrouille.html

 

Le conte de Perrault : Cendrillon

 

https://fr.wikisource.org/wiki/Contes_de_Perrault_(%C3%A9d._1902)/Cendrillon_ou_la_petite_Pantoufle_de_verre

 

 

Photos : Creative commons

En haut de l'article  auteur : Joe Mabel

Sous l'article   auteur : Juliancolto

Célébrons la citrouille !
Repost 0
30 octobre 2015 5 30 /10 /octobre /2015 16:57
La cave, décidément un lieu symbolique...

 

 

 

Mon dernier article paru sur Agoravox, intitulé La cave, avait provoqué un tollé de réactions négatives : devant les insultes, le mépris, j'ai pris la décision de ne plus publier sur ce journal...

Et la cave restera, ainsi, un lieu plein de symboles, comme je l'évoquais au cours de cet article.

La cave, lieu de souvenirs, de peur, d'angoisses enfantines, est aussi le lieu du repli, où l'on peut se mettre à l'abri de la vindicte populaire...

Je ne suis pas remontée de la cave, pour éviter ce déchaînement verbal : il est vrai que cet article avait révélé, aussi, le désoeuvrement de certains agoranautes venus se défouler sur un article qui évoquait, pourtant, des réalités auxquelles tout le monde peut être sensible : des peurs enfantines, le manque de commodités et de confort qui était la caractéristique de nombreuses maisons d'autrefois...

Au lieu de commenter l'article, certains l'avaient jugé d'emblée, sans intérêt...

Attitude de mépris hautaine, effet de foule, aussi, et réactions en chaîne bien connues dans le phénomène de harcèlement...

La cave, lieu de l'obscurité et de la pénombre, lieu du repli, du souvenir n'a pas eu l'heur de plaire à certains lecteurs...

Pour ma part, je trouve, désormais, après ces réactions, que la cave est un lieu éminemment symbolique. Je me souviens qu'un des commentateurs m'avait demandé quelques jours plus tard si j'allais remonter de la cave.

Eh bien, non ! Je ne suis pas remontée de la cave, de manière symbolique, bien sûr, car j'ai pu à cette occasion, mieux profiter, encore, de mon temps de loisir, m'attarder au jardin, me balader, au lieu de répondre à des lecteurs hargneux et méprisants...

Et la cave, dernier article sur agoravox signe une sorte de renouveau, je me consacre désormais à mon blog et je m'adonne encore au plaisir d'écrire sur toutes sortes de sujets, en pensant que l'éclectisme est essentiel et que tous les sujets méritent d'être traités...

La cave reste, pour moi, un lieu plein d'ambiguité : le mot, d'ailleurs, en lui-même, rassemble une gutturale assez rude, une fricative plus douce...

Lieu du souvenir, de la peur, des angoisses, le mot semble révéler ces aspects contrastés...

A la fois lieu protecteur (nos parents et grands parents qui ont connu la guerre peuvent en témoigner) et lieu de terreurs, la cave est bien un espace riche de symboles et de significations...

La cave nous fait, aussi, remonter le temps, on y rédécouvre de vieux objets, des souvenirs qui ressurgissent. Certains auteurs de science fiction ont, ainsi, imaginé un voyage dans le temps.

Eh bien, la cave nous offre cette possibilité : on remonte les années, on retrouve des souvenirs perdus, une vieille valise de voyage, une malle pleine de livres, des cahiers d'autrefois, tant de vestiges du passé.

La cave nous permet de redécouvrir des moments qu'on avait oubliés, des objets qu'on a mis au rebut et dont on perçoit parfois à nouveau la valeur, de vieux dessins, des tableaux....

Au fond, on peut se passer de moyens sophistiqués pour remonter le temps, la cave nous donne l'opportunité de le faire, ainsi que tous les souvenirs que nous avons engrangés et accumulés, tout au long des années...


 

 

 

 

La cave, décidément un lieu symbolique...
Repost 0
27 octobre 2015 2 27 /10 /octobre /2015 16:13
J'irai dans les sentiers...

 



"Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,

Picoté par les blés, fouler l'herbe menue :

 Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.

Je laisserai le vent baigner ma tête nue."



On doit cette belle évocation des sentiers liés à une nature sauvage, à Arthur Rimbaud, dans un poème intitulé Sensation... On y perçoit une fusion harmonieuse de sensations, visuelle, tactile...



Le sentier, petit chemin de traverse, nous attire et nous séduit : ce mot aux douces sonorités de sifflante "s", de dentale "t", de voyelle nasalisée "en", nous charme par sa simplicité familière.

Les sentiers me plaisent : ils traversent la campagne, sont bordés, parfois, de végétations épaisses, denses...  sinueux, ils suivent les collines, ils évoquent la liberté, l'insouciance, un aspect sauvage.

La voyelle nasalisée "en" qui virevolte et s'envole suggère cette impression d'abandon, de délivrance.

Soudain, près d'un sentier, surgissent des oliviers, des pins, des chênes, des herbes sauvages, un bruit de sources lointaines, des escarpements rocheux, des surprises renouvelées....

Le sentier évoque des images de nature, herbes et arbustes sauvages, halliers, buissons, senteurs de terre et de fleurs, thym, romarin...

Le sentier nous enivre de parfums de liberté...

Issu du latin "semita", le mot suggère une évasion : le préfixe "se-" signifie "à part, à l'écart", et le deuxième élément vient du verbe "meo", "aller".

Le sentier "va" son chemin, il s'écarte des routes habituelles, toutes tracées, il invite à l'aventure et à la découverte.

Le sentier, c'est le mouvement, la vie, c'est le désir de découvrir, de se glisser dans les bois, les forêts, les collines, de s'en imprégner.

Le sentier nous permet de nous aventurer à l'écart du monde, de suivre d'autres chemins, d'autres voies.

Le sentier serpente dans les collines de Provence, il nous offre des paysages, des découvertes, des fleurs sauvages, des pierres, des rocailles aux formes étonnantes, des ciels lumineux...

Le sentier nous fait voir des horizons nouveaux de liberté, il nous abreuve de senteurs, de vents, de brises légères, il nous fait oublier toutes les rudesses du monde...

Un simple mot, et nous voilà devant des paysages éblouissants, une nature triomphante, des envols d'oiseaux, des trilles, des cailloux qui bruissent et roulent sous nos pas, des couleurs de verts, de bruns, d'ocres, des sensations diverses et pleines de séductions : le bruit du vent, les parfums de la terre, les formes variées de la végétation...

Un simple mot et nous voilà transportés loin des villes, dans des lieux et des espaces où règne un autre monde, celui de la vraie vie qui nous fait oublier les machines, les artifices qui nous entourent !

Le sentier nous donne des envies de fuir le monde ordinaire, frelaté et banal qui nous environne.

Redécouvrons ces bonheurs simples, ces sensations chères à Rimbaud : le bonheur de voir, de percevoir vraiment toute l'harmonie de la nature.

Le bonheur de goûter, d'observer, de s'attarder sur l'essentiel, le bonheur de la marche qui permet cette attention sur le monde....

 

 

Le poème de Rimbaud :

 

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/arthur_rimbaud/sensation.html

 

 

 

J'irai dans les sentiers...
Repost 0
20 octobre 2015 2 20 /10 /octobre /2015 14:02
Un suppôt de Bacchus...

 

 



"Chacun a son défaut où toujours il revient :
Honte ni peur n'y remédie.
Sur ce propos, d'un conte il me souvient :
Je ne dis rien que je n'appuie
De quelque exemple.

Un suppôt de Bacchus
Altérait sa santé, son esprit et sa bourse.
Telles gens n'ont pas fait la moitié de leur course
Qu'ils sont au bout de leurs écus.

Un jour que celui-ci plein du jus de la treille,
Avait laissé ses sens au fond d'une bouteille,
Sa femme l'enferma dans un certain tombeau.
Là les vapeurs du vin nouveau
Cuvèrent à loisir."





C'est ainsi que débute la fable de La Fontaine, intitulée L'ivrogne et sa femme : le poète y dépeint un ivrogne invétéré, incapable de se corriger et d'évoluer vers plus de tempérance.

L'expression "un suppôt de Bacchus" prête à sourire : on connaît les "suppôts de Satan", serviteurs du diable et La Fontaine utilise ici le mot dans un autre contexte, de manière amusante et parodique.

Le mot lui-même "suppôt" grâce à la sifflante initiale, à la labiale redoublée ne suggère -t-il pas une certaine douceur et servilité ?

Ce mot ancien venu du latin "suppositus", "placé en dessous" est, à l'origine, un participe passé, issu d'un verbe "suppono, subordonner, soumettre".

Le participe passé a un sens passif, en français, comme en latin et cette forme correspond bien à la passivité du personnage.

Le "suppôt de Bacchus" se soumet, ainsi, à sa passion pour le vin, se grise de toutes sortes d'alcool, aime se vautrer dans l'ivrognerie.

Le mot a pris très tôt un sens péjoratif et désigne, souvent, un partisan d'une personne nuisible : "un suppôt de tyran, un suppôt du diable"...

Ce terme dont la voyelle "o" est surmontée d'un accent circonflexe semble, ainsi, nous montrer un individu qui se met sous l'autorité d'une autre souvent malfaisante, et malveillante...

Le suppôt n'attire guère la sympathie : son attitude servile ne plaide guère en sa faveur, la façon dont il se soumet au mal le dessert et l'avilit.

On peut imaginer toutes sortes de suppôts : suppôts de la paresse, de l'indifférence, de la bêtise, de l'insulte.

Notre monde regorge de suppôts qui se laissent dominer par des passions et vivent sous l'emprise d'habitudes néfastes.

Le suppôt perd sa propre liberté en se soumettant, ainsi, à différentes passions, il se laisse emporter et submerger par toutes sortes de fureurs et de folies.

Un suppôt vit sous la dépendance, il n'est plus maître de lui-même...

On perçoit dans ce terme toute une expressivité, et l'étymologie nous révèle bien la signification essentielle de ce nom...

Ce mot ancien est, de nos jours, peu utilisé : d'un emploi littéraire, il mérite d'être remis à l'honneur, il montre la servilité humaine, il suggère toutes sortes de passions qui guident l'homme et le conduisent au pire : n'ayant plus de volonté, se soumettant à des envies, l'être humain oublie l'essence même de son humanité...

Les suppôts ont, hélas, encore de beaux jours devant eux : l'être humain ne se laisse-t-il pas dompter par toutes sortes de tentations ?


 La fable de La Fontaine  L'ivrogne et sa femme


http://www.poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/jean_de_la_fontaine/l_ivrogne_et_sa_femme.html
 





 


 

Repost 0

Présentation

  • : Le blog de rosemar
  • Le blog de rosemar
  • : Pour le plaisir des mots : poésie, chanson, littérature, actualités, politique, éducation...
  • Contact

Profil

  • rosemar
  • Esprit libre et indépendant ,contestataire
  • Esprit libre et indépendant ,contestataire

Texte Libre

fleurs 4fleurs 3coqulicot

Recherche

Http://fatizo.over-Blog.com/