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20 janvier 2016 3 20 /01 /janvier /2016 10:49
Ce soyeux cortège tout en larmes blanches...

 

 

Il suffit, parfois, de peu, d'une inversion du sujet, pour que naisse la poésie d'un texte, pour que l'on perçoive plus intensément, encore, un phénomène...

C'est cette magie des mots que l'on ressent, en écoutant cette célèbre chanson de Adamo... Tombe la neige...

Tombe la neige... et ausssitôt, une certitude apparaît, marquée par le futur de l'indicatif : "Tu ne viendras pas ce soir".

La négation souligne l'absence, le vide, le manque.

Le contraste saisissant entre la blancheur de la neige et le coeur du poète qui "s'habille de noir", vient souligner une infinie tristesse.

La neige devenue "soyeux cortège" semble rythmer la mélancolie et la renforcer par sa beauté immuable, d'autant qu'elle se métamorphose en "larmes blanches", belle image qui restitue un désarroi.

L'expression "soyeux cortège" réunit des sonorités contrastées : gutturales "c", "r", pleines d'âpreté et sifflante "s", chuintante "g" très douces, comme pour mimer, à la fois, la cruauté et l'harmonie créée par la neige.

Un oiseau vient même mêler ses pleurs et sa tristesse à celle du poète.

Cet oiseau n'est-il pas, d'ailleurs, l'image même du poète qui "pleure le sortilège", comme s'il était victime d'un mauvais sort ?

Le refrain s'égrène, avec cette simple phrase réitérée " Tu ne viendras pas ce soir...", phrase lancée par le désespoir du poète, qui est, ainsi, personnifié et qui semble encore plus intense et fort.

Le désespoir devient une entité extérieure qui accable l'auteur, dans une sorte de fatalité inexorable.

La neige se transforme, alors, en un "impassible manège", insensible à la douleur du poète.


Le paysage évoqué restitue, pourtant, l'état d'âme du poète :"tout est blanc de désespoir".

Le froid et l'absence viennent renforcer la douleur, ainsi que le silence qui en devient "odieux"....

Et la "blanche solitude" vient ajouter à la détresse du poète...

On ne peut qu'être sensible à l'harmonie des images utilisées dans ce poème, à une forme d'évidence et de simplicité qui nous touchent.

Effets de contrastes ou de fusion avec le paysage, on se laisse bercer et emporter par la tristesse lancinante de la mélodie....

L'auteur réussit à nous faire ressentir toute la beauté et l'âpreté de la neige associée au froid de l'hiver.
 

Cette chanson, a, de plus, une valeur universelle : elle parle à chacun d'entre nous, grâce à l'emploi du pronom de la deuxième personne,"tu" qui reste très vague.

 

 

 

 

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11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 16:41
Elles s'en allaient vers le midi, la Méditerranée...

 

 

 

Le texte de cette chanson de Michel Delpech, intitulée Le chasseur, débute comme un récit, avec des circonstances de temps et de lieu : "cinq heures du matin... Dans les marais couverts de brumes...", avec un verbe d'action : "on avançait..."

Le narrateur qui parle, ensuite, à la première personne, se présente "avec un fusil dans les mains." Mais le personnage reste passif.

Et, aussitôt, du récit, on passe à la description du paysage environnant, comme si ce spectacle fascinait le regard du personnage...

"Un passereau prenait au loin 
De l'altitude 
Les chiens pressés marchaient devant 
Dans les roseaux." 

L'oeil est attentif à la beauté d'un envol d'oiseau qui s'élève dans le ciel, puis aux chiens qui accompagnent les chasseurs. L'imparfait à valeur durative restitue cette envie d'observer la nature, et une forme de plénitude.

Le verbe "voir" suggère une sensibilité à la beauté du monde environnant, représentée par "un étang, des oies sauvages". Le regard s'élève vers le ciel, symbole de liberté, comme le montrent les verbes de mouvement :"passer, elles s'en allaient..."

La destination de ces oies sauvages ne fait-elle pas rêver ? Le poète évoque "le midi, la Méditerranée".


Des "perdreaux qui montent dans les nuages" traduisent, aussi, une envie de liberté, alors que la forêt est personnifiée dans cette expression : "la forêt chantait". La nature, pleine de vie, le soleil qui "brille"incitent le chasseur à abandonner sa quête de gibier pour partir "en promenade".

Le "fusil dans les mains" semble, dès lors, inutile et le poète se sent "un peu coupable", devant tant de beautés révélées par la nature.

Il s'éloigne, alors, des autres chasseurs : la solitude lui permet de vivre pleinement ses sensations : il "regarde" le "bleu du ciel, les oiseaux, les nuages". L'observation se fait plus attentive et s'élève encore un peu plus vers les hauteurs.

Le chanteur rejoint, ainsi, l'harmonie de la nature comme le suggère ce parallélisme : "J'étais bien, les oiseaux qui étaient si bien..."

D'ailleurs, le poète aspire à rejoindre ces oiseaux dans leur voyage, à les accompagner dans leur quête de bonheur, de soleil et de liberté.

La mélodie, qui va crescendo, restitue l'enchantement et l'émerveillement croissant du chasseur qui observe le paysage...

Au fil du texte les sonorités se font plus douces : on perçoit, au début, de nombreuses gutturales "r" qui traduisent une âpreté : 

"On avançait dans les marais 
Couverts de brume 
J'avais mon fusil dans les mains 
Un passereau prenait au loin 
De l'altitude 
Les chiens pressés marchaient devant 
Dans les roseaux ..."


Par la suite, ce sont les sonorités de sifflantes "s", et de chuintantes qui dominent, notamment, grâce à la rime féminine en "-age", dans les mots "sauvages, nuages, marécages, voyage."

La simplicité du style, l'évocation d'une nature sauvage, symbole d'évasion et de liberté nous donnent une leçon de vie, d'humanité, de paix et d'harmonie : comment ne pas y être sensible ? 

Comment ne pas suivre les pas de ce chasseur qui oublie son fusil, pour devenir poète et se livrer à une observation attentive des beautés de ce monde ?


 Le texte :


 http://www.lacoccinelle.net/950212.html


 


 

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24 décembre 2015 4 24 /12 /décembre /2015 10:26
Le calme enchantement de ton mystère...

 

 


Un hymne à la nuit, plein d'espérance, et de douceur, associé à la nuit de Noêl... tout le monde connaît ce chant dont la musique a été composée par Jean Philippe Rameau, et les paroles écrites par Edouard Sciortino.

D'emblée, la nuit est personnifiée dans une apostrophe solennelle, à la manière antique : "ô Nuit".

Le silence, le calme infinis de cette Nuit sont soulignés, l'emploi de la deuxième personne du singulier, de la majuscule contribue à faire de la Nuit une entité dotée de vie :" O Nuit ! viens apporter à la terre le calme enchantement de ton mystère..."

La Nuit apparaît, alors, dans toute sa splendeur, lumineuse, remplie d'étoiles d'or.

Associée aux songes, elle permet de calmer ceux qui souffrent, et l'auteur s'adresse à elle, pour qu'elle accentue son pouvoir apaisant. Une succession d'impératifs transforme le texte en une véritable prière destinée à la Nuit.

Le mystère qui entoure les ombres est source d'enchantement et l'auteur demande à la nuit de prolonger cette douceur par une obscurité renouvelée et bienfaisante.

L'adjectif "doux" réitéré souligne une harmonie. 

La personnification de la nuit se poursuit avec l'image de l'ombre qui devient son "escorte", et celle de ses "voix" qui "chantent l'espérance".

L'éloge de la nuit s'intensifie, grâce à l'évocation de son pouvoir qui se manifeste à travers des rêves accordés à chacun... Des adverbes d'intensité "si doux, si grand" viennent souligner cet éloge majestueux.

Cette espérance portée par le "mystère" de cette nuit, évoque implicitement le mystère de la naissance de l'enfant divin.

Le texte s'achève sur deux questions oratoires qui nous persuadent des pouvoirs infinis de la Nuit :
"Est-il une beauté aussi belle que le rêve ? Est-il de vérité plus douce que l'espérance ?" Le rêve, l'espérance apportés par la Nuit sont, encore, magnifiés grâce à des adverbes d'intensité :"aussi, plus".

Les nombreuses sonorités de sifflantes et de chuintantes, très douces, qui ponctuent ce chant, contribuent à restituer l'apaisement procuré par ce moment solennel :

"Ô Nuit ! Viens apporter à la terre

Le calme enchantement de ton mystère.

L'ombre qui t'escorte est si douce,
Si doux est le concert de tes voix
chantant l'espérance..."


La musique de cet hymne à la Nuit, composée par Rameau, sur une harmonisation de Joseph Noyon, emplie de solennité et de douceur, nous emporte dans l'univers des songes.

 

 

Une version plus complète du texte :
 

http://www2.cpdl.org/wiki/index.php/%C3%94_Nuit_(Jean-Philippe_Rameau)

 

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11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 15:51
J'ai fait un rêve merveilleux...

 

 

 

Un prénom "Ramona" reste dans la mémoire de chacun d'entre nous, grâce à cette chanson que tout le monde a entendue ou fredonnée, un jour.

Un prénom plein de charmes grâce à des sonorités redondantes et contrastées : la voyelle "a" réitérée, comme dans un écho, la gutturale "r" assez âpre, et la labiale "m", empreinte de sensualité et de séduction...

Un prénom associé à "un rêve merveilleux", un rêve de bonheur à deux, un rêve de voyage comme le suggèrent les verbes de mouvement : "Nous étions partis, nous allions..."

L'emploi de la première personne du pluriel "nous" réunit les deux amoureux dans une harmonie bienheureuse.

Et l'amour semble devoir éviter les "regards jaloux", pour être vécu pleinement...

Ainsi, les "deux amants" ont connu, dans ce rêve, un bonheur idéal, une sorte d'absolu, comme le montrent l'adverbe  de temps "jamais" et l'adverbe d'intensité "plus":

"Et jamais deux amants 
N'avaient connu de soir plus doux."


L'amoureux peut aimer, avec une plénitude de sensations visuelle, olfactive, et avec toute sa sensualité :"Ramona, je pouvais alors me griser 
De tes yeux, de ton parfum, de tes baisers..."

Le poète ne rêve que de retrouver ces moments vécus autrefois.

La simplicité du texte, de la syntaxe, du vocabulaire, sa brièveté nous séduisent, la mélodie très enlevée traduit un bonheur plein de légèreté, celle d'un rêve...

On est comme emporté par cet air empli de gaieté.

Mon père fredonnait, souvent, cette chanson, comme, d'ailleurs, d'autres chansons interprétées par Tino Rossi.

Et quand j'entends cette mélodie, ressurgissent des souvenirs d'autrefois...

Ce prénom "Ramona" quelque peu oublié, doit évoquer, pour beaucoup de gens, cette chanson au rythme balancé et radieux...

La mélodie pleine d'entrain nous transporte dans un univers idéal, celui du rêve...

Cette chanson a été écrite par Gilbert Wolfe, en 1927, dans une première version, en anglais, Mabel Wayne en a composé la musique, pour un film de Edwin Carewe, intitulé Ramona. Traduite en français, elle a été rendue populaire en France par Tino Rossi et de nombreux autres chanteurs, comme Patrick Bruel.

 

 

La version originale chantée par Dolorès Del Rio dans le film Ramona : 

 

https://www.youtube.com/watch?v=7WXASMlUvV8

 

 

 

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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 18:26
Là-bas, le soleil s'écroule dans la mer...

 

 



Le départ d'une amoureuse, une séparation, et tout peut basculer, c'est ce qui arrive à "Jim", le héros de cette chanson écrite et interprétée par Alain Souchon : La ballade de Jim...

La mélodie commence sur des chapeaux de roue, entraînante et vive : on entrevoit l'énervement de l'amoureux qui a perdu son "héroïne".

Il se grise de "gin dans sa chrysler", il roule dans sa voiture, et même le paysage ne le séduit plus : "La presqu'île, le boulevard de la mer est con."

L'expression réitérée "comme elle est partie" traduit une sorte d' obsession, et le personnage est complètement déboussolé, ce qui est bien suggéré par la formule familière :"Jimmy tourne en rond"...
Le personnage de Jim apparaît très proche de nous, par cette dénomination même, un prénom, et même un diminutif.

Vitesse, griserie, alcool, désarroi viennent souligner la détresse du héros.

Le souvenir de la dernière soirée passée avec la belle semble exacerber, encore, la douleur  : "Hier soir encore, son héroïne / Le serrait si fort en disant Jim."

La jeune femme assimilée à un "calmant, un alcool profond" lui permettait de vivre une passion enivrante.

On perçoit, au passage, toute la modernité et l'originalité de ce texte, dans le vocabulaire, dans la façon de traiter ce thème de la séparation, si souvent abordé par nombre d'auteurs...

Soudain, l'auteur s'adresse simplement et directement à "Jim" en le tutoyant "Jimmy, t'es fort, mais tu pleures Sur le cuir de ta Chrysler..."

La belle voiture, le courage n'empêchent pas la tristesse qui déborde et même le paysage se met à l'unisson de l'amoureux éconduit : "Là-bas, le soleil s'écroule dans la mer..." Le coucher de soleil se transforme en un effondrement qui est aussi celui du héros de cette histoire.

L'auteur rappelle, alors, à Jim, tous les dangers de l'amour, qui, comme "l'alcool et les révolvers", peuvent faire "tomber par terre", après avoir "sauté en l'air..."

Un soudain retour en arrière nous montre tous les rêves et les espoirs de Jimmy : "Depuis deux ans, sûr, Jim bossait fort 
Pour que sa starlette bronze en hors-bord 
Avec elle, il voulait un bébé, sans rire..."

Travail, argent, passion, espoir de fonder une famille n'ont, pourtant, pas suffi à retenir la belle.
L'envie de mourir effleure, alors, l'amoureux qui a perdu tous ses espoirs.

La vitesse, les pleurs, le parfum de la jeune femme qui traîne dans l'air... et c'est l'accident inéluctable, "La Chrysler s'envole dans les fougères et les nénuphars..."

La fin de la chanson, comme le suggére déjà la poésie de cette évocation des "fougères et nénuphars", montre que, malgré tout, la vie continue et que le personnage garde confiance en l'avenir, puisque la rencontre d'une belle infirmière lui redonne le goût de vivre et d'aimer, d'autant qu'elle lui sourit.

L'hôpital se transforme, alors, en un univers idyllique et paradisiaque, et l'infirmière devient "un ange".

Belle chute pleine d'optimisme et de renouveau !

Cette chanson, emplie de vivacité dans la mélodie, s'achève sur une note d'espoir, et traduit, malgré le thème abordé, une joie de vivre infinie.

C'est aussi ce qui fait tout le charme de ce texte écrit par Alain Souchon : la vie recommence soudain, grâce à une autre rencontre amoureuse...

La "ballade"de Jim lui a permis de découvrir un nouvel amour.




 

 

 

 

Photo : rosemar

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Published by rosemar - dans chanson musique poésie
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16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 16:45
Des castagnettes de bois d'ébène...

 

Pour que vivent la musique, la danse, la culture, la fraternité, la liberté, la beauté....



"Une des jeunes femmes commence à jouer sur la guitare l'air de la danse étrangère. La fille de don Rodrigue ôte son voile et attache à ses mains blanches des castagnettes de bois d'ébène. Ses cheveux noirs tombent en boucles sur son cou d'albâtre ; sa bouche et ses yeux sourient de concert ; son teint est animé par le mouvement de son coeur. Tout à coup elle fait retentir le bruyant ébène, frappe trois fois la mesure, entonne le chant de la Zambra et, mêlant sa voix au son de la guitare, elle part comme un éclair.


Quelle variété dans ses pas ! quelle élégance dans ses attitudes ! Tantôt elle lève ses bras avec vivacité, tantôt elle les laisse retomber avec mollesse. Quelquefois elle s'élance comme enivrée de plaisir et se retire comme accablée de douleur. Elle tourne la tête, semble appeler quelqu'un d'invisible, tend modestement une joue vermeille au baiser d'un nouvel époux, fuit honteuse, revient brillante et consolée, marche d'un pas noble et presque guerrier, puis voltige de nouveau sur le gazon. L'harmonie de ses pas, de ses chants et des sons de sa guitare était parfaite. La voix de Blanca, légèrement voilée, avait cette sorte d'accent qui remue les passions jusqu'au fond de l'âme. La musique espagnole, composée de soupirs et de mouvements vifs, de refrains tristes, de chants subitement arrêtés, offre un singulier mélange de gaieté et de mélancolie. Cette musique et cette danse fixèrent sans retour le destin du dernier Abencerage : elles auraient suffi pour troubler un coeur moins malade que le sien."


Dans cet extrait de la nouvelle intitulée Le dernier Abencérage,  Chateaubriand nous montre son héros complètement subjugué par la danse de Blanca, une jeune espagnole, aux cheveux noirs, au teint d'albâtre... une danse rythmée par le son d'une guitare et de castagnettes.

Amour, musique, joie de vivre sont associés dans ce texte : les mouvements de Blanca, sa voix, sa beauté séduisent tous les spectateurs et tous les lecteurs.


"Castagnette !" Il suffit de prononcer ce nom pour voir surgir toute l'Espagne, ses danseuses, aux robes couleur de pourpre, ses musiques andalouses, ses flamencos rythmés par ces petits instruments de bois...

Des tenues soyeuses, des châles ondoyants, des basquines légères se dessinent...

Un spectacle haut en couleurs, des rythmes entraînants, une musique qui donne envie de danser...

Le mot lui-même claque, de sa gutturale initiale, de sa sifflante "s", de ses dentales "t" redondantes... Le mot chante l'Espagne, avec sa voyelle "a" réitérée, le mot chante la gaieté, l'insouciance, avec son suffixe de diminutif "ette".

La "castagnette" suggère bien ce petit instrument tenu entre les doigts, qu'on entrevoit, à peine, sous les mains des danseuses.

Le mot venu du latin "castana", la châtaigne, a des origines lointaines. La castagnette, "la petite châtaigne", nous fait entendre sa jolie musique cliquetante...

Elle nous fait voir des envolées de robes longues, aux couleurs éclatantes et chatoyantes, des danses espagnoles, fandangos, séguédilles, paso doble, sardanes, des airs de guitare, aux échos sonores pleins de charmes.

Des danseuses, aux lourds cheveux bruns, au tempérament de feu, virevoltent et enflamment le public...

Carmen, femme fatale, exécute une danse envoûtante et sensuelle... Elle subjugue tous les spectateurs, de ses grands yeux sombres, de sa silhouette altière.

Son jupon virevolte, la soie du vêtement accompagne, de frémissements, ses arabesques ondoyantes...

Les bras s'enroulent, se déroulent pendant que la danseuse tourne lentement.

Les castagnettes rythment ses mouvements, tantôt très lents, tantôt, pleins d'élans, de feu, et de vivacité...

Sombre, puis éclatante, la danse fait voler les jupons aux teintes de flammes !


 



 

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13 novembre 2015 5 13 /11 /novembre /2015 15:27
Dans cette nuit de rêve...

 

 

Une musique associée à un couple d'amoureux, dans la nuit, un violon qui lance sa mélodie pour les accompagner, voilà un thème plein de romantisme qui nous envoûte, dans cette chanson interprétée par Tino Rossi.

Le violon semble jouer tout seul, comme par magie, pour les deux amoureux : le musicien est occulté et n'apparaît pas : "Dans la nuit un violon joue presque en sourdine /Pour nous seuls, sa mélodie tendre et câline."


La mélodie, elle-même, véritable exhortation à l'amour, semble s'animer, vivre d'elle même, elle devient une invitation à l'amour : personnifiée, elle est sujet de verbes de mouvement et d'action : "Elle nous dit l'espoir d'aimer, Elle nous prend et nous enivre".

Et le poète, insistant, utilise des impératifs, pour mieux séduire sa belle : "écoutons-la, viens, ce soir, la murmurer entre mes bras".

Le soir, l'obscurité offrent un cadre propice à l'intimité et à l'amour...

Le refrain s'égrène, alors, et le poète invite, de manière insistante, la jeune fille à chanter, grâce à des impératifs : "chante, chante pour moi."

Et la voix de l'amoureuse est, alors, valorisée, avec les termes : "douceur, bercer", d'autant qu'elle rend le monde "plus beau, plus merveilleux"...

Mais le départ inexpliqué de la jeune femmme a brisé le rêve de cette nuit, et l'amoureux évoque sa douleur, en des termes qui marquent un accablement : "le fardeau de mon chagrin et de mes peines".

Le poète, dès lors, n' a de cesse de retrouver ces moments de joie, comme le suggèrent bien ces verbes comportant le même préfixe : "il faut que je revienne, retrouver."

Le violon renouvelle, alors, cet air d'autrefois et ressuscite tant de souvenirs...

Les sensations auditive et olfactive se mêlent pour faire ressurgir le bonheur passé : "cet air qui me poursuit, parfum des joies anciennes."

Et aussitôt, le refrain égrène à nouveau ces impératifs insistants "Chante, chante pour moi".

Cette fois, c'est une voix plus lointaine qui est perçue, comme le montre l'emploi de l'article indéfini "une voix".

Mais ce souvenir permet de restituer le bonheur, qui "refleurit", alors, belle image servant à retranscrire une sorte de renouveau espéré.

La mélodie nous entraîne et nous emporte dans un tango rempli de langueur et de tendresse.

La musique a été composée, en 1935, par Cesare Bixio, les paroles écrites par Henri Varna et Marc Cab.


 

 

 

 

 

Photo : rosemar

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6 novembre 2015 5 06 /11 /novembre /2015 13:39
Elle sent venir une larme de son coeur...

 

 


La solitude du monde moderne n'est-elle pas effrayante ? Alors que les moyens de communication se multiplient et se développent à l'extrême, alors que des gens sont connectés sur leur ordinateur, leur portable en permanence, la modernité conduit à la plus grande solitude, ce qu'Alain Souchon nomme l'Ultra-Moderne Solitude...

L'auteur nous fait, d'abord, percevoir un décor urbain : "Ça s'passe boul'vard Haussman à cinq heures".

Le regard se porte, alors, sur un personnage isolé et anonyme, comme le montre l'emploi du pronom de la troisième personne, au singulier "elle"...

Le thème de la tristesse transparaît, à travers une larme irrépressible, une larme aussitôt effacée, pour affronter le quotidien, une larme qui semble inexplicable et qui survient brutalement, du fond du coeur...

"Elle sent venir une larme de son cœur 
D'un revers de la main elle efface 
Des fois on sait pas bien c'qui s'passe."

L'auteur s'interroge sur ces "rivières... qui coulent", belle image hyperbolique traduisant un désarroi profond, souligné par l'emploi du pluriel.

Le terme "fourmilière"  restitue bien l'agitation incessante de l'univers dans lequel nous vivons, un monde de fourmis, en perpétuels mouvements, qui ne se rencontrent pas et ne se voient même pas...

Et l'explication de ces larmes est, soudain, donnée dans cette phrase : "C'est l'Ultra Moderne Solitude..."

Les majuscules semblent magnifier cette modernité, alors qu'elle conduit au pire : c'est, là, tout le danger et tout le piège de nos sociétés plongées dans l'excès et la demesure, sans cesse valorisés...

Le couplet suivant nous conduit vers un autre quartier, une autre ville, un autre continent : "Ça s'passe à Manhattan dans un cœur". 

Et l'on retrouve cette même solitude, avec à nouveau l'emploi du singulier "il", un personnage masculin, cette fois, qui éprouve un vague à l'âme et pourtant, il affirme "avoir" tout ce qu'il faut pour être heureux, "amis, soleil, amour, travail..."
"Il sent monter une vague des profondeurs 
Pourtant j'ai des amis sans bye-bye 
Du soleil un amour du travail..." 

L'auteur met ainsi en évidence l'universalité de ce phénomène :"Ça s'passe partout dans l'monde chaque seconde..."

Le pluriel vient, alors, se substituer au singulier, pour montrer que la solitude envahit de plus en plus nos sociétés : "Des visages tout d'un coup s'inondent 
Un revers de la main efface 
Des fois on sait pas bien c'qui s'passe." 

Le verbe "avoir" répété suggère bien l'importance grandissante de l'argent, des possessions dans cet univers : "On a les panoplies, les hangars /Les tempos, les harmonies, les guitares..."

Et l'image qui suit nous fait percevoir un manque de bonheur, un désespoir dans un monde qui a perdu du sens, où la solitude l'emporte, malgré tout : " la musique est, ainsi, mouillée", mouillée de larmes et de tristesse...

Et l'auteur s'interroge, à nouveau, sur ce mystère,

"Pourquoi ce mystère 

Malgré la chaleur des foules 
Dans les yeux divers..."

C'est Laurent Voulzy qui a signé la musique de cette chanson, une mélodie tendre, douce et triste qui restitue un univers lisse et désespéré, à la fois...

Le texte met bien en évidence tout le paradoxe de nos sociétés, à travers les questions qui sont posées : une immense solitude, dans la foule, un immense désarroi, au milieu de tant de richesses....



 

 

 

 

 

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22 octobre 2015 4 22 /10 /octobre /2015 09:37
Craquent les feuilles mortes...

 

 

L'amour et ses tourments ont inspiré de nombreux poètes depuis Ronsard jusqu'à Aragon, on retrouve ce thème dans une des chansons les plus célèbres de Barbara...

Bien que cette chanson  évoque le départ, l'absence de l'être aimé, le texte se présente comme un discours direct adressé à celui qui est parti, comme le montre l'emploi réitéré de la deuxième personne du singulier... dès le début, la reprise de l'adverbe "combien" traduit la répétition inlassable du temps qui passe, aggravant la distance et l'éloignement.

D'ailleurs, le retour est attendu avec impatience, car les paroles de l'amoureux étaient sans ambiguité : il parlait de "dernier voyage", de retrouvailles au printemps, saison par excellence des amours. Cette saison est esquissée en quelques mots simples : " c'est joli, jardins refleuris". Et l'utilisation du pronom "nous", les verbes au futur semblent annoncer une réunion prochaine des deux amoureux :
"Nous irons voir ensemble les jardins refleuris, Et déambulerons dans les rues de Paris..."

 

Mais le printemps personnifié "s'est 'enfui", l'automne est arrivé avec ses "feuilles qui craquent", image même de la brisure qui semble avoir désuni les amants.... et l'attente se prolonge indéfiniment, malgré la beauté des paysages.

Les saisons rythment les espoirs perdus, elles s'égrènent inexorablement.

Une succession de verbes de mouvements transcrit, alors, les tourments, la souffrance : "Je tangue, je chavire, et comme la rengaine, Je vais, je viens, je vire, je me tourne, je me traîne."

Le terme "rengaine" montre une sorte d'obsession, de tourment perpétuel : l'amoureuse en vient à parler dans le vide à l'être aimé.

Le verbe "hanter" aggrave les souffrances, le désarroi, la solitude. Les expressions "mal de toi, mal d'amour" retracent une douleur accablante, celle de l'amour-maladie qui fait souffrir...

Le dernier couplet, déclaration réitérée d'amour fait intervenir des répétitions insistantes du verbe "aimer", souligné par des adverbes de temps qui marquent une éternité : "J'ai beau t'aimer encore, j'ai beau t'aimer toujours, J'ai beau n'aimer que toi, j'ai beau t'aimer d'amour."

Et l'amoureuse revendique, alors, sa liberté : "Je reprendrai la route, le monde m'émerveille, J´irai me réchauffer à un autre soleil." L'emploi du futur, à deux reprises, marque la certitude, l'image du "soleil" restitue une envie de retrouver un nouveau bonheur. 
 
Le chagrin est nié, comme toute volonté de mourir par amour...
 
Mais, le refrain semble à nouveau anéantir cette liberté retrouvée :

"Dis, mais quand reviendras-tu,

Dis, au moins le sais-tu,

Que tout le temps qui passe

Ne se rattrape guère 

Que tout le temps perdu,
Ne se rattrape plus."


 
Le refrain scande cette idée inlassable d'un amour attendu : le retour est encore espéré même s'il semble impossible.

D'ailleurs, l'emploi récurrent de la deuxième personne montre que l'amoureuse ne peut s'empêcher de s'adresser toujours et encore à celui qui est parti.

Le thème du temps qui passe irrémédiablement est souligné par les répétitions insistantes du mot "temps", des verbes "dire, rattraper."
 
La mélodie et le texte suggèrent un amour infini, un bonheur de vivre, malgré tout, et une envie de dépasser la tristesse, à travers des notes et des images lumineuses.

La chanson est magnifiée et sublimée par l'interprétation pleine de sensibilité, empreinte d'émotion, de Barbara...
 

 

Cette chanson, écrite et composée par Barbara, est sortie en 1964.
 
 

 
 
 
 

 

 

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18 octobre 2015 7 18 /10 /octobre /2015 13:50
Pour écouter la musique des mots...

 

 


Les mots assemblés dans les phrases produisent une sorte de musique, une véritable mélodie, grâce à leurs sonorités. La poésie fait intervenir des effets de sonorités et a été, elle-même, souvent mise en musique : Brassens, Léo Ferré ont repris des poèmes d'Aragon ou de Victor Hugo. La musique des mots nous permet de mieux apprécier un texte, d'en savourer, aussi, tout le sens.

Les sons produisent des effets très différents et divers : doux ou durs, ils sont souvent en adéquation avec les idées exprimées dans un texte...

La phonétique permet de distinguer les sonorités et a pour but de classer les phonèmes, en fonction de leur articulation et de leur prononciation.

Les consonnes, tout d’abord, donnent lieu à des effets variés :

On distingue les gutturales, prononcées avec le fond de la gorge : les sons "gue, que, re". La gutturale est considérée comme une consonne assez dure, pleine d’âpreté, sans doute, parce que son articulation part du fond de la gorge… La langue allemande comporte de nombreuses gutturales, elle est réputée pour être pleine de rudesse.

On peut, aussi, évoquer les dentales, prononcées la langue contre les dents : les sons "d et  t". Les dentales sont, dit-on, assez éclatantes.

Les labiales "b, p, m" sont articulées avec les deux lèvres rapprochées et représentent donc l’image même du baiser et de la sensualité, dans la poésie amoureuse.

Les sifflantes "s, z "sont des phonèmes pleins de douceur et d’harmonie… La fricative "f " donne, aussi, une impression de tendresse.

Les chuintantes "ch, ge" apparaissent, également, très légères et douces.

Quant aux voyelles, elles sont, parfois, associées à certaines idées : la voyelle "i", assez aiguë, peut faire songer à un cri.

Les voyelles nasalisées, les sons "on, in, an" ont pour effet de ralentir le rythme des phrases et donnent, parfois, une impression de rêverie, de doux balancement…

On voit que les sons peuvent faire naître des émotions, des sentiments bien distincts, les écrivains, notamment les poètes, les utilisent pour créer une certaine musicalité, une certaine harmonie.


On peut, ainsi, observer ce vers de Victor Hugo :

"Le soleil s'est couché, ce soir, dans les nuées..."

Cet alexandrin qui ouvre le poème intitulé Soleils couchants est particulièrement doux : on repère, à 4 reprises, l'emploi de la sifflante "s": c'est une allitération. La chuintante "ch", utilisée au milieu du vers renforce cette impression.

Victor Hugo, dès ce premier vers, décrit la beauté d'un coucher de soleil, grâce à une harmonie de sonorités : le lecteur perçoit d'autant mieux le calme de ce tableau, plein de charmes, de sérénité ....


La Fontaine dans la fable, Les animaux malades de la peste, évoque, au début du texte, cette terrible maladie :


"Un mal qui répand la terreur

Mal que le Ciel en sa fureur

Inventa pour punir les crimes de la terre,

La Peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom)

Capable d'enrichir en un jour l'Achéron,

Faisait aux animaux la guerre.

Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés..."


On remarque, dans cet extrait, l'emploi récurrent de la consonne gutturale "r": La Fontaine traduit, ainsi, la violence de l'épidémie et la peur qu'elle suscite.

Nous sommes indéniablement sensibles à la musique des mots et nous percevons la dureté ou la douceur de certaines notes consonantiques ou vocaliques.

Ainsi, les mots constituent une sorte de mélodie et leur enchaînement peut nous emporter dans des univers teintés de nuances variées : rêve, émotion, peur, angoisse, harmonie...


 

 

 

 

 

Pour écouter la musique des mots...
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