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11 avril 2021 7 11 /04 /avril /2021 09:02
Est-ce une Naïade qui déploie ainsi sa parure printanière ?

 

 

Un somptueux jet d'eau près des Jardins...

 

 

Le spectacle de l'eau qui s'envole et s'emporte... des crépitements et des éblouissements d'une eau scintillante sous un soleil printanier...

 

 

L'eau jaillit et retombe, l'eau rejoint le peuple des fontaines, les Naïades, les Ondines, les Sirènes, les Crénées, les Héléades...

 

 

Et soudain, sous l'eau ruisselante, surgit une écharpe colorée aux teintes vives...

 

 

Est-ce une Naïade qui déploie ainsi sa parure printanière ?

 

 

Est-ce une Sirène qui déroule sa robe soyeuse sous nos yeux ?

 

 

Mystère des ondes et des jeux de lumières !

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo et vidéo : rosemar

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16 octobre 2020 5 16 /10 /octobre /2020 12:58
Un temple romain au coeur de la ville...

 

 

On est comme ébloui par ce bâtiment construit il y a plus de 2000 ans : posé sur un socle de 2 mètres de haut, ce temple romain plein d'élégance et de majesté attire tous les regards.

 

Au détour d'une rue, on découvre ce somptueux monument au centre de la ville de Nîmes...

Belle apparition d'un temple romain qui étonne par son remarquable état de conservation...

Il faut dire que la Maison Carrée a été récemment rénovée et qu'elle a pu ainsi retrouver son lustre d'autrefois...

 

Le temple a été réalisé en pierre de Lens, extraite d'une carrière située à 30 km de Nîmes. On admire la qualité de la pierre qui fait songer à du marbre. Une pierre si lumineuse aux teintes d'ocre et de roses...

 

Le raffinement des décors est une merveille : chacune des 30 colonnes qui entourent le monument est cannelée et les chapiteaux corinthiens sont ornés de délicates feuilles d'acanthe qui font songer à de la dentelle par leur finesse, leur délicatesse. 

Au dessus de l'architrave, on peut admirer une frise constituée de décors différents : une frise à rinceaux, des rosaces, des feuilles d'acanthe, fleurons et liserons, une grecque, des têtes de lions...

L'architecture comporte deux parties distinctes : le pronaos ouvert sur la ville, et la cella, salle fermée sans fenêtre, dans laquelle pénétraient les prêtres chargés d'apporter les offrandes liées au culte.

 

Inspirée par les temples d'Apollon et de Mars Ultor à Rome, la Maison Carrée séduit par l'harmonie de ses proportions. C'est le seul temple du monde antique complètement conservé.

 

La Maison Carrée doit son exceptionnel état de conservation à une utilisation sans interruption depuis le XIe siècle. Elle a été tour à tour maison consulaire, écurie, appartement, église. Après la Révolution française, elle devient le siège de la première préfecture du Gard, puis est aménagée en archives départementales.

 

Ce monument au coeur de la ville de Nîmes était un temple du culte impérial : construit entre 2 et 5 après J.C., il occupait à l'origine l'extrémité du forum, il était dédié aux Princes de la jeunesse, Caius et Lucius César, petits fils d'Auguste, destinés à lui succéder.

 

 

Source : Nîmes, au fil de l'histoire de Francine Cabane et Danièle Jean...

 

 

 

http://www.maisoncarree.eu/monument/architecture/le-decor-sculpte/frise/

 

 

 

Un temple romain au coeur de la ville...
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9 décembre 2019 1 09 /12 /décembre /2019 13:26
Le lundi réunit la brillance du jour et celle de la lune...

 

 


"Lundi" : nous utilisons tant de fois ce mot qui nous paraît si familier ! Un mot venu, en fait, du latin... pour les Romains, le lundi était le jour de la lune, "lunae dies".

 

En fin de mot, le radical "-di" désigne le jour, et on peut rattacher ce terme à l'adjectif "diurne".

 

Le mot "jour", lui, vient du latin "diurnus", d'un radical qui signifie"briller" et apparenté au mot "deus", le "dieu" et, notamment, à "Zeus" dans la mythologie grecque !

Le mot "luna" comporte le même radical que les noms "lux, lumen" qui désignent la lumière.

 

Ainsi le mot "lundi" réunit la brillance du jour et celle de la lune ! 

 

Il évoque des divinités, il renvoie à la mythologie gréco-romaine.

Tous les jours de la semaine s'achèvent avec cette finale -di, sauf le dimanche qui, lui, s'ouvre sur cette syllabe et marque, ainsi, sa singularité.

 

On voit, à travers ces exemples, l'empreinte qu'a laissée le latin sur notre langue : le latin est présent dans de nombreux mots de vocabulaire, il nous accompagne tous les jours sans qu'on en ait conscience.

Notre langue, notre culture sont latines et grecques.

 

Grâce à l'étymologie, le mot "lundi" prend une toute autre dimension : devenu jour de la lune, il peut permettre quelques distractions, il revêt, aussi, un charme poétique, il évoque des images de nuits étoilées auréolées de différentes formes de lunes...

Croissants de lune, lune pleine, lune qui émerge des nuages, qui se voile de nuées ondoyantes et légères...

 

Le lundi n'est plus un jour ordinaire : il devient jour lumineux, divin, il se pare d'un passé mythique et mythologique : la déesse de la lune dans l'antiquité était la soeur d'Hélios.

On la représente guidant un char argenté à travers le ciel obscur, tiré par des chevaux blancs. Elle brille d'une douce lumière argentée pendant qu'elle voyage à travers les cieux, renvoyant une douce lumière sur la terre ensommeillée.

 

Le mot "lundi" qui nous apparaît si commun revêt, soudain, un charme particulier...

Il contient la lune, le jour, la lumière, il nous raconte des histoires mythologiques...

Il suggère d'autres déesses lunaires : Séléné, Diane, Artémis, Hécate...

Il suggère tant de noms aux sonorités exotiques, mystérieuses, empreintes de poésie....

Séléné, la grecque ! Diane, la romaine !

 

Il évoque un monde peuplé de dieux et déesses, une nature vivante, animée.

 

Si le lundi fait rêver, que dire du vendredi, le jour de Vénus ?

Le vendredi devient un jour idyllique, associé à l'amour, la tendresse, il est vrai qu'il annonce de jolies perspectives avec l'arrivée de la fin de semaine et du repos dominical...

 

Que dire du mardi, le jour de Mars, le dieu guerrier et du jeudi, le jour de Juppiter ?

 

Ainsi, les jours de la semaine évoquent des divinités anciennes, ils se parent d' un relief particulier, d'une dimension mythique et mythologique...

 

 

 

http://www.cosmovisions.com/$Selene.htm

 

 

 

 

 

 

Le lundi réunit la brillance du jour et celle de la lune...
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13 avril 2019 6 13 /04 /avril /2019 13:48
L'Aurore en robe de safran se répandait sur toute la terre...

 

 

Dans l'Iliade, Homère raconte un épisode de la guerre de Troie : la colère d'Achille et ses conséquences sur les combats... Les Achéens et les Troyens s'affrontent  violemment au cours de luttes farouches.

Et, pourtant, on trouve aussi dans cette épopée guerrière des vers qui restituent toute la beauté du monde...

 

Ainsi, le chant VIII commence par ce vers : 

"L'aurore en robe de safran se répandait sur toute la terre..."

En grec : 

"Ηώς μεν κροκοπεπλος εκιδνατο πάσαν επ'αϊαν..."

  
   

On perçoit toute la poésie de ce vers qui ouvre le chant VIII : l'Aurore personnifiée, vêtue d'un voile se lève et se répand sur la terre, dans une image qui nous fait voir les couleurs safranées d'un début de jour...

 

L'adjectif composé "κροκόπεπλος" "crocopéplos" qui signifie "au voile de safran" permet d'évoquer les teintes nuancées de l'aurore : du jaune doré, du rose, du rouge...

 

A lui tout seul, cet adjectif, par son ampleur, dépeint le lent cheminement du jour qui se lève : un léger voile rose-rouge sur l'horizon...

 

Le mot comporte aussi des allitérations de gutturales et de labiales et une assonance du son "o" à valeur poétique, créant des échos sonores.

 

L'Aurore était, dans la mythologie grecque, une déesse soeur du soleil et de Luna, la Lune. Eos était représentée comme une belle jeune femme, conduisant, souvent, un char.

 

Elle est, dans le vers d'Homère, magnifiée par son voile coloré, par ses éclats qui recouvrent toute la terre.

On perçoit sa majesté, sa puissance, sa beauté...

 

En un seul vers, Homère crée un univers poétique : l'image du voile, ses couleurs nuancées, la personnification, les effets de sonorités qui créent une harmonie, le son "o" réitéré qui peut traduire une admiration, un étonnement...

En un seul vers, Homère peint un tableau somptueux dont on perçoit l'élégance et la solennité.

Deux mille ans nous séparent d'Homère, et pourtant, on est sensible à la simplicité solennelle de ce vers venu du passé.

Homère nous fait admirer la beauté de ce moment qui ouvre le jour... avec un seul adjectif composé.

Il nous montre, aussi, un spectacle grandiose aux couleurs somptueuses... il nous ouvre les yeux sur une nature magnifique.

Il nous dit : "Regardez ce spectacle offert au lever du jour par l'aurore... soyez attentifs au monde et à ses splendeurs..."

 

 

 

 

 

 

 

 

L'Aurore en robe de safran se répandait sur toute la terre...
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8 avril 2019 1 08 /04 /avril /2019 10:41
Le vent, principe créateur... Botticelli, La naissance de Vénus...

 

 

Muriel Alle a présenté à Nîmes une conférence passionnante intitulée Le vent, une poétique du souffle dans l'art contemporain.... 

Et pour évoquer, ce thème, elle remonte bien sûr aux origines...

 

Le vent, c'est d'abord, dès l'antiquité, le souffle des Dieux qui inspire les poètes... Le vent paraissait un phénomène si mystérieux aux Anciens qu'il ne pouvait être que d'essence divine. Le plus célèbre, Éole, maître des vents, fils de Poséidon, pouvait déclencher tempête ou ouragan.

Le vent n'est-il pas lié à l'imaginaire ? Le vent ne se voit pas, on n'en perçoit que les effets sur le paysage, sur nos autres sens, le toucher, l'ouie...

Le vent est à même de représenter l'inspiration poétique, la créativité, l'imagination de l'artiste.

Le vent, c'est ainsi un élément essentiel de l'Odyssée, le périple d'Ulysse : Ulysse  peut se déplacer d'île en île grâce au vent...

Ainsi, ce souffle vital, divin et créateur est présent dans de nombreuses oeuvres, et particulièrement dans cette célèbre toile de Botticelli, La naissance de Vénus... un paradigme fondateur...

Voici l'analyse qu'en fait Muriel Alle :

"Vénus, déesse de l'Amour et de la beauté, du désir, immobile au centre de la toile, semble prendre la pose dans un déhanché  qui fait songer à la statuaire grecque...

 

Son visage traduit une impassibilité comme beaucoup de visages féminins chez Botticelli.

 

Et tout autour, on perçoit des frissons : les chevelures traitées selon une ligne serpentine, les fleurs, les tissus très ondoyants, les vagues sur la mer, un rivage dentelé dans le fond de la toile.

 

Ce qui anime la Vénus, ce qui donne l'illusion de vie à ce corps vide de toute émotion, c'est l'ensemble de ces souffles qui passent sur la toile comme une immense caresse cosmogonique : le vent constitue bien le principe d'animation de la figure, la naissance de Vénus est conçue comme un processus temporel et la peinture explore le passage entre immobilité et mouvement, entre visible et invisible."

 

Magnifique tableau où l'on perçoit les souffles du vent dans tous les éléments du décor, dans les chevelures !

Magnifique allégorie du souffle créateur, de l'imagination de l'artiste qui crée le tableau !

Le peintre arrive à nous rendre sensible le souffle du vent... le souffle, c'est aussi la force vitale qui donne naissance à la vie.

Vénus, déesse de l'amour, devait donc naturellement être associée aux souffles créateurs du vent...

Muriel Alle analyse aussi cette thématique du vent, dans de nombreuses oeuvres contemporaines, où l'on voit s'exercer toute la créativité des artistes de notre époque : ce sera le sujet d'un prochain article...

 

A suivre...

 

 

 

 

 

 

Le vent, principe créateur... Botticelli, La naissance de Vénus...
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17 octobre 2018 3 17 /10 /octobre /2018 08:53
Un mot qui invite à la discrétion : le secret...

 

 

 

Issu du mot "secretus", participe passé adjectivé du verbe latin "secerno, séparer, mettre à part", le mot "secret" suscite notre curiosité...

Ce terme composé du préfixe se- qui marque la séparation et du verbe "cerno", "séparer, distinguer", comporte deux fois cette idée de mise à l'écart...

Sifflante initiale, gutturales au centre "c" et "r", le mot "secret" symbolise bien une forme de discrétion, de mystère lourd et pesant.

Avec ses voyelles peu marquées, ses deux syllabes, le mot lui même invite à la discrétion.

 

Le secret, qui est caché, suggère parfois une faute, un manquement à ne pas révéler...

Il est empreint d'échos négatifs, d'une volonté de masquer certaines réalités.

 

Mais ce mot suggère aussi des énigmes à découvrir, le secret de l'apparition de la vie, celui de la création du monde, celui des pyramides...

Ces secrets éveillent notre imagination, une envie de découvrir de nouveaux horizons, de percer certains mystères.

 

J'aime ce terme expressif et bien évocateur de l'idée qu'il exprime, ses sonorités feutrées et rugueuses à la fois...

Le secret nous invite à la curiosité et à la découverte : il attire l'attention, intrigue, étonne.

 

Le thème du secret hante notre littérature : depuis le mythe de Pandore, rapporté par Hésiode, ce motif apparaît de manière récurrente.

Pandore, la première femme, apporte le malheur aux hommes en ouvrant la fameuse boîte que Zeus lui avait donnée : en voulant découvrir un secret, Pandore libère les forces du mal et conduit les hommes vers une forme de déchéance...

Certains secrets apparaissent ainsi dangereux... 

 

Ce mythe ancien dévalorise la femme, fait d'elle un modèle de curiosité néfaste...

On retrouve ce thème dans l'histoire de Psyché racontée par Apulée, récit inséré dans son roman l'âne d'or, ou encore dans un conte de Perrault, Barbe bleue...

Dans la bible, c'est le personnage d'Eve qui fait preuve de curiosité et entraîne le malheur des hommes.

Dans tous ces récits primitifs, la femme est souvent montrée du doigt, discréditée, responsable des douleurs et des détresses humaines...

 

Et, pourtant, la curiosité, l'envie de découvrir ne font-elles pas avancer le monde ?

Tant d'énigmes encore à résoudre, tant de secrets nous hantent et nous font avancer vers la connaissance !

 

La curiosité permet de se poser des questions, de les résoudre, de progresser...

Au fond, l'être humain est toujours en quête de secrets et de mystères : il se pose tant de questions sur le monde qui l'entoure...

 

 

 

 

  
 

 

 

 

Un mot qui invite à la discrétion : le secret...
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16 mai 2018 3 16 /05 /mai /2018 12:30
Le destin de Persée dans une mise en scène virevoltante...

 

 

Deux comédiens font revivre sur scène le destin fabuleux de Persée, un des héros les plus populaires de la mythologie grecque...

Persée qui s'empara de la tête de la Gorgone, monstre réputé invincible n'est-il pas un de ces personnages aventureux, intrépide qui suscite l'admiration de tous ?

 

Persée, Danaé, Athéna, Hermès, Méduse, Andromède... Deux comédiens incarnent avec virtuosité une galerie de personnages et de dieux : métamorphoses permises par le théâtre, grâce aux costumes, au jeu subtil des deux acteurs...

Un spectacle virevoltant comme le sont les deux comédiens qui font revivre cette légende grecque... Une mise en scène tonique, pleine d'humour qui provoque la joie et la bonne humeur des spectateurs...

Selon une tradition antique, ce spectacle s'est déroulé en plein air, dans un lieu somptueux : Les jardins de la Fontaine, à Nîmes.

 

L'occasion de se remémorer et de revisiter le mythe de Persée...

C'est le Dieu Hermès qui, au début de la pièce, se charge de nous raconter l'histoire de ce personnage.

Persée, fils de Zeus et de Danaé, a des origines à la fois divine et humaine... il connut, comme beaucoup de héros, un destin houleux : avant sa naissance, Acrisios, le père de Danaé apprit par un oracle que sa fille aurait un jour un fils qui le tuerait...

Effrayé, voulant empêcher l'accomplissement de cette prédiction, Acrisios construisit une chambre de bronze sous terre et y enferma Danaé.

Mais peut-on empêcher un destin en marche, peut-on lutter contre sa destinée ?

Zeus, le roi des dieux , séducteur impénitent, transformé en une pluie d'or pénétra par une fente du toit et s'unit ainsi à la jeune fille...

 

Ainsi naquit Persée dans le plus grand secret... Danaé le cacha et l'éleva pendant des mois.

Mais un jour, l'enfant, en jouant, poussa un cri et Acrisios l'entendit : il décida de lancer sa fille et son petit-fils sur la mer, dans un coffre de bois...

 

Et c'est Danaé qui nous raconte la suite de l'histoire  : le destin conduisit le coffre sur le rivage de l'île de Sériphos... là les deux naufragés furent recueillis par un pêcheur nommé Dictys qui était le frère du tyran de l'île, Polydectès.

Ce roi tomba amoureux de Danaé, mais Persée faisait bonne garde auprès de sa mère.

 

Polydectès invita alors à un dîner tous ses amis ainsi que Persée : il demanda quel présent ses amis voulaient lui offrir.

Tous proposèrent de lui offrir un cheval, Persée, lui, répondit qu'il lui apporterait, s'il le fallait, la tête de la Gorgone.

Le lendemain, comme Persée n'avait rien apporté, Polydectès lui donna l'ordre d'aller chercher la tête de la Gorgone.

Persée, plein de fougue, n'hésita pas à se lancer dans cette quête...

Heureusement, on voit les dieux, Athéna, Hermès veiller sur lui : ils lui offrent les instruments qui pourront l'aider à vaincre Méduse, la seule des Gorgones qui soit mortelle : un casque magique qui le rendra invisible, des sandales qui lui permettront de voler, un bouclier, une besace, une épée courbe...

 

Le spectacle nous montre la joie, l'enthousiasme de Persée à qui les dieux offrent leur protection.

On rit à l'évocation des Grées, les soeurs de Méduse : nées vieilles, ridées, avec des cheveux gris, elles n'avaient qu'un oeil et une dent qu'elles se partageaient. Les Grées, dans un dialogue amusant, soulignent les vicissitudes des destins humains, et de l'amour...

Persée peut alors aller affronter Méduse : elle-même se présente comme une victime des dieux, car c'est Athéna qui la métamorphosa en Gorgone.

Persée parviendra-t-il à la vaincre ? Connaîtra-t-il, un jour, ses origines, saura-t-il qui est son père, qui son grand-père ?

Persée pourra-t-il échapper à son destin et à la prédiction de l'oracle ?

Rien n'est moins sûr, malgré sa volonté de conjurer son destin.

La mise en scène nous entraîne, ainsi, dans un tourbillon d'aventures, d'incertitudes, de personnages étranges, de mythes mystérieux.

L'histoire de Persée vient ainsi illustrer toutes les difficultés et les obstacles de la vie humaine. On perçoit aussi tout le poids de la servitude féminine : des femmes soumises aux désirs et aux caprices des hommes expriment leurs révoltes...

Ce spectacle a su séduire un public nombreux, varié : les enfants, comme les adultes ont été subjugués par les métamorphoses des deux acteurs incarnant différents personnages avec une grande virtuosité, changeant de voix, modifiant leur posture, leurs gestes...

 

Un spectacle écrit et mis en scène par Laurent Rogero, joué par la compagnie Anamorphose.

 

Vidéo :

 

https://youtu.be/Lvp_tVwaypI

 

 

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7 mai 2018 1 07 /05 /mai /2018 16:22
Une somptueuse cérémonie du culte impérial...

 

 

Toute une ville a vécu à l'heure romaine : le temps d'un week-end, Nîmes a célébré Spartacus, l'esclave rebelle... Nîmes est redevenu Nemausus... une occasion de reconstituer devant la Maison Carrée une fastueuse cérémonie du culte impérial.

Costumes colorés, musique solennelle, éclats de buccins, la fête a rassemblé de très nombreux spectateurs venus rendre hommage à l'empereur Hadrien, selon des rites anciens...

Des légionnaires, en nombre, veillaient au bon ordonnancement de la célébration : casques rutilants, larges boucliers magnifiquement décorés, lances en main...

 

Un flamine, portant l'apex, vêtu de blanc et de rouge, présidait la cérémonie : il commença par imposer le silence à l'assemblée...

"Parcite linguam ! Taisez-vous !"

 

Puis, on assista à la création d' un espace sacré, le "templum"... "Que soit temple l'espace que je désigne !"

Les participants furent, alors, invités à se couvrir la tête avec leur toge ou avec une couronne de feuilles de laurier.

 

"Que l'on apporte le vin et la patère pour commencer le sacrifice !"

L'officiant versa du vin dans un brasier sacré préservé dans le temple... Puis, il ajouta toutes sortes de libations : de la farine, de miel, de la laine, du lait, du blé, de l'encens...

Rappelons que le feu est essentiel dans la religion romaine : les Vestales avaient pour fonction de garder et de préserver le feu sacré qui devait rester constamment allumé... Et si le feu s'éteignait, la Vestale qui en était responsable était punie de mort, enterrée vivante.

 

"Que cette libation maintienne l'empereur sous la protection des Dieux ! Qu'elle soit favorable à la population de Nemausus !"

Puis, des esclaves distribuèrent des gâteaux de froment à l'assemblée.

 

Une bête fut, alors, amenée : un magnifique bélier que le bourreau s'apprêtait à sacrifier en l'honneur du dieu Jupiter... 

Ce bélier était savamment décoré d'une petite cape rouge, d'un collier torsadé...

 

On versa alors de la farine salée dans le feu et sur la victime : c'est ce qu'on appelle la "mola salsa", expression à l'origine de notre verbe "immoler"...

Puis, fictivement le victimaire frappa l'animal avec un merlin et lui trancha la gorge...

 

Dernier acte de la cérémonie : une prière où l'on invoque Juppiter...

"Juppiter optimus, Juppiter maximus, protège l'empereur et sa famille !"

Un défilé animé, haut en couleur clôtura la fête : on pouvait y admirer des chars tirés par des chevaux, des troupes de fantassins, des Gaulois en armes, des Celtes aux habits bariolés, des danses... 

 

 

 

 

 

 

Les légionnaires en armes...

Les légionnaires en armes...

L'empereur Hadrien

L'empereur Hadrien

Des Celtes

Des Celtes

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24 février 2018 6 24 /02 /février /2018 14:23
L'oeil rond du Cyclope...

 

 

 

Le mot "cyclope" évoque les origines mêmes de notre littérature et un des plus célèbres épisodes de l'Odyssée d'Homère, un des plus effrayants aussi : celui du Cyclope Polyphème... on se souvient de ce monstre cruel qui dévore les compagnons d'Ulysse, méprisant, ainsi, les lois sacrées de l'hospitalité, si chères aux grecs.

 

Le Cyclope nous fait voir la rondeur de sa voyelle "o" en son centre, et, aussitôt, on entrevoit l'oeil rond et unique de cet être fruste.

Ce personnage est décrit, dans l'Odyssée, comme l'envers de l'humanité : cruel, impitoyable, il se comporte comme un monstre avide de sang humain, une sorte d'ogre féroce...

Il fait partie d'un peuple de pasteurs qui  ne pratiquent pas l'agriculture, vivant de ce que la nature leur procure ; ce sont des bergers mangeurs de fromages et de grands consommateurs de viande. Ils n'ont aucune organisation politique.

 

L'œil unique pourrait être le symbole d'un état primitif de l'évolution et de l'intelligence. Dans la mythologie grecque, les Cyclopes sont parmi les premières créatures de l'univers, créatures imparfaites. Ce sont des forces primitives de nature explosive, volcanique, d'où leurs rapports étroits avec Héphaïstos, le dieu des volcans.

 

Le Cyclope inquiète et fascine, en même temps : le mot déroule, d'ailleurs, des consonnes variées, une sifflante initiale pleine de douceur, une gutturale plus âpre, une labiale empreinte de séduction.

Il représente une force brutale, et il aime tout de même les plaisirs de la vie : on le voit s'enivrer du vin que lui a offert Ulysse, afin de le dompter. Grâce à cette ruse, Ulysse parvient à aveugler le monstre et à sauver sa vie et celle de ses compagnons survivants...

 

Ainsi, le Cyclope semble subir un juste châtiment, lui qui n'a pas su respecter le lois saintes et sacrées de l'hospitalité : il n'a pas su accueillir des étrangers, les a méprisés et tués... Ce monstre anthropophage se comporte avec la plus grande sauvagerie.

Privé de son oeil unique, Polyphème crie alors son désespoir et sa haine...

 

Le mot "cyclope" évoque bien la rondeur de cet oeil unique : il est composé de deux éléments : "kuklos, le cercle" et "ops, l'oeil."

On reconnaît le premier radical de ce mot, dans les noms "cycle, cyclique, cyclomoteur, bicyclette." Et on retrouve le terme "ops" dans ces vocables "optique, opticien, ophtalmologie..."

 

L'oeil rond du Cyclope fait de ce personnage un être à part, une sorte de monstre qui n'a pas d'humanité et qui se conduit de manière indigne.

 

Confronté à ce géant hors norme, Ulysse montre toute son habileté et son inventivité : il parvient à abuser Polyphème, prétendant qu'il se nomme "personne", "outis", en grec, et quand les autres Cyclopes l'interrogent, au moment où le monstre aveuglé lance des appels de détresse désespérés, il s'écrie : "c'est personne !"

Et les autres Cyclopes le laissent seul face à son désespoir...

 

En tout cas, voilà un personnage digne de figurer dans les contes de notre enfance : effrayant, mystérieux, il suscite une peur panique.

On le voit : ce personnage est, en fait, un symbole, il représente une forme d'inhumanité...

Insensible à la pitié, il refuse de se plier à des règles de respect, de convivialité.

 

Ulysse confronté à cette altérité totale, à un être d'une grande cruauté, peut grâce à cet épisode évoluer...

Cette rencontre lui permet de surmonter et de vaincre ses peurs et ses angoisses.

 

Ainsi, l'Odyssée apparaît comme un véritable voyage initiatique qui offre au héros la possibilité de progresser.

Nous éprouvons tous des peurs qu'il nous faut dépasser pour mieux vivre...

L'Odyssée est bien une leçon de vie : le sage est celui qui parvient à dompter ses peurs, il peut alors accepter  la finitude humaine car il  arrive à vaincre la peur ultime, celle  de la mort.

 

 

 

 


"L'histoire d'Ulysse est celle d'un homme qui va de la guerre à la paix, de la haine à l'amour, du chaos à l'harmonie, de l'exil au retour chez soi, bref, il va de la vie mauvaise à la vie bonne. Ce n'est donc pas seulement une épopée magnifique, dont les épisodes sont encore enseignés dans les écoles du monde entier vingt-huit siècles après sa première apparition, mais c'est surtout la matrice de toute l'histoire de la philosophie." Luc Ferry

 
 

 

 

 

 

 

Photos : wikipédia

L'oeil rond du Cyclope...
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19 août 2017 6 19 /08 /août /2017 09:52
N'y a-t-il pas des nymphes glacées dans l'eau des sources ?

 

 


"N' y a-t-il pas des nymphes glacées dans l'eau des sources ? -il en avait, un jour, touché une des lèvres, à même l'eau verte"...

 

Dans cet extrait de son roman intitulé Naissance de l'Odyssée, Giono donne vie aux éléments naturels qui semblent habités de divinités : l'eau des sources peuplée de nymphes, les arbres dans lesquels se cachent des dryades et des hamadryades...

 

 

Giono restitue, ainsi, des croyances antiques : une nature où tout est sensible, une nature qui révèle l'essence du divin... Belle conception animiste du monde !

 

 

Le mot "nymphe", très ancien vient du grec : "νύμφη, númphê", "jeune mariée,  promise, jeune fille..."

Ce nom désigne, d'abord, la "jeune mariée, la fiancée qui porte le voile"et pourrait être apparenté au verbe latin "nubere, prendre le voile pour se marier", et être un dérivé du mot "nubes, le nuage"...

 

La nymphe est, aussi, une divinité secondaire qui hante les bois, les forêts, les fleuves, les sources, les montagnes.

 

 

Le mot rayonne grâce à une voyelle nasalisée, une douce fricative "ph" emplie de charme et de délicatesse. La graphie de ce nom avec le "i" grec, l'ancienne consonne aspirée "ph" lui confèrent un certain mystère et une solennité majestueuse...

 

Les nymphes sont multiples, et leurs noms pleins de poésie : Oréades, Méliades, Naïades, Néréïdes, Alcéides, dryades....

 

On les entend, au détour d'un chemin, quand les arbres bruissent ou quand ruisselle une source, au coeur de l'été...

 

Les nymphes sont partout, dans la fleur qui rayonne, sous l'écorce des arbres, dans la mer où elles ondoient, dans l'eau des fleuves et des rivières...

Les nymphes sont l'âme de la nature, elles nous montrent que tout est vivant, que les arbres, l'eau, les fleuves méritent notre respect...

 

Ces divinités féminines symbolisent à la fois la fragilité et la beauté de la nature environnante.

 

Elles sont partout, tout autour de nous, il suffit d'observer les arbres, les fleurs, le ciel, les nuages pour percevoir toutes les harmonies qui les habitent.

 

Nymphéas, fleurs d'eau, divinités des étangs et de marais ! Elles éclairent les eaux sombres de leurs éclats lumineux !

 

Dryades, hamadryades, elles se cachent dans les replis des arbres !

Nymphes des arbres, cigales aux chants éblouissants, elles font vibrer les pins, les cyprès, les cèdres de leurs paroles douces comme le miel...

 

Les nymphes sont les âmes du monde, elles nous parlent, nous chuchotent l'harmonie et la beauté du monde.


 

 

 

 

 

 

 

Photos : Pixabay

N'y a-t-il pas des nymphes glacées dans l'eau des sources ?
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