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17 mai 2017 3 17 /05 /mai /2017 16:28
La Vallée des Merveilles : un monde intact et mystérieux...

 

 


La Vallée des Merveilles, dans l'arrière pays niçois, révèle des paysages chaotiques de montagne entrecoupée de lacs... des gravures rupestres de l'âge du Bronze aux motifs variés contribuent au mystère et à l'étrangeté du lieu : on entre dans un domaine proche du divin, dans un temps où la magie imprégnait les hommes.

 

Des dessins d'animaux, de poignards, de corniformes, des figures géométriques, des portraits humains, d'un sorcier... tout un monde à déchiffrer, à découvrir...

 

Les paysages de blocs de pierres nous entraînent sur des sentiers pentus, des lacs en contrebas nous font voir leurs moires bleutées, au détour des chemins abrupts, on découvre des bouquetins sur l'horizon, des marmottes que l'on côtoie familièrement...

 

Une nature intacte et lumineuse s'offre aux regards : les marmottes ne fuient même pas à notre approche, elles se font admirer, elles affichent leur pelage chatoyant et semblent même s'amuser de nos étonnements.

 

L'air vivifiant et pur de ces montagnes loin du monde habité donne une énergie nouvelle pour franchir les obstacles des chemins, les ravines, les à pics...

 

La transparence de l'air apporte un renouveau, une renaissance : on entre dans un univers différent, un monde où la nature triomphe, où l'azur est d'une pureté originelle...

 

On entre dans le domaine du mystère, de l'étrange : les paysages révèlent des roches claires aux formes variées qui contrastent avec quelques plages de verdures...

 

Le mont Bégo domine la Vallée des Merveilles : modelée par des glaciers disparus qui ont laissé des dalles rocheuses finement polies, la vallée déroule des espaces remplis d'une faune et d'une flore sauvages étonnantes : des mélèzes, des genévriers, des orchidées, des rhododendrons, des saxifrages, des myrtilles... le chardon bleu, l'ancolie. Le mélèze, arbre de lumières laisse pénétrer le soleil dans la forêt.

 

Les dalles rocheuses révèlent des gravures rupestres pleines de mystères : 32000 gravures préhistoriques, témoignages émouvants de 5000 ans d’histoire humaine dans ces contrées alpines : hommes de l'âge du Bronze, romains, pèlerins et bergers y ont, chacun à leur époque, laissé l'empreinte de leur passage.

 

Le visage du sorcier, notamment avec ses mains portées en hauteur, ses pointes de couteaux suscite la curiosité du visiteur... C'est là une des gravures les plus célèbres du site...

 

 Le nom du mont Bégo provient d'une racine indo-européenne Beg, qui signifie seigneur divin. Les bergers d'autrefois vénéraient ce sommet, comme une divinité, c'était un lieu d'une intense activité orageuse en raison de son altitude et de la proximité de la Méditerranée.

 

Ce site unique par sa situation, ses gravures d'un autre temps, sa nature intacte ne peut que susciter émotion, éblouissement...

 

 

Des images de la Vallée des Merveilles :

https://www.google.com/search?hl=fr&site=imghp&tbm=isch&source=hp&biw=1600&bih=794&q=vall%C3%A9e+des+merveilles&oq=vall%C3%A9e+des+&gs_l=img.1.1.0l10.1623.4983.0.7858.12.12.0.0.0.0.103.1007.9j2.11.0....0...1.1.64.img..1.11.993.0..35i39k1.YKDXOi8tC3Y

 

 

Photos : Pixabay

La Vallée des Merveilles : un monde intact et mystérieux...
La Vallée des Merveilles : un monde intact et mystérieux...
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14 mai 2017 7 14 /05 /mai /2017 12:59
Papillon au vent...

 

 

 

 

Fragile, palpitant, un papillon posé sur une feuille au brillant vernissé... 

 

Ses ailes s'ouvrent peu à peu pour laisser voir leurs parures brunes aux teintes de chrysanline, des motifs arrondis, des dessins géométriques aux contours hésitants...

 

Des ocelles dorés, des fleurs lumineuses sur ses ailes dentelées...

 

Des festons ornent ses ailes et soulignent d'un liseré blanc les couleurs brunes de sa robe...

 

Le vent fait frissonner la feuille et le papillon...

Le vent tourbillonne...

 

Fragilité, élégance... le papillon replie ses ailes face au vent qui l'emporte, puis les déploie lentement pour goûter le soleil et la lumière du printemps...

Tircis rayonnant, modeste Tircis !

 

Papillon au vent, aux ailes arrondies...

Papillon au vent, léger, fragile...

 

 

 

 

 

 

 

Photo et vidéo : rosemar

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7 mai 2017 7 07 /05 /mai /2017 11:31
Voici revenu le temps de la couvaison...

 

 

 

Voici revenu le temps de la couvaison : temps d'attente, de précautions infinies...

Temps ralenti, temps du long souci...

 

Les cygnes veillent sur le nid en corbeille : à aucun moment, le nid ne doit être abandonné et délaissé...

 

Les deux cygnes se relaient dans cette tâche attentive...

 

Quelques instants de détente sur le plan d'eau... puis, le mâle regagne la rive, rejoint l'emplacement du nid...

 

Avant de s'installer, il sèche longuement ses plumes, bat des ailes pour aérer son plumage soyeux.

 

Près de lui, Dame cygne lovée dans le nid, dort à demi, le bec caché sous son aile... masque noir sur plumes de lys...

 

Puis, elle se redresse, lentement, et, avec délicatesse et précaution, fait rouler chacun des trois oeufs contenus dans le nid.

 

Les oeufs sont l'objet de tous ses soins... des éclosions à venir, des promesses de vie,  des oisillons qu'il faudra encore protéger de tous les dangers environnants...

 

 

 

 

 

Photo et vidéos : rosemar

 

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1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 08:16
Douces fleurs du mois de Mai...

 

 

 

Lumières de Mai, senteurs éblouies de fleurs légères, vaporeuses...

 

Parfums enivrants de sous-bois, feuilles oblongues et fuselées...

 

Les fleurs de Mai rayonnent, fragiles, subtiles, aux blancheurs de lys.

 

Les feuilles veinées, tissées de vert entourent les festons ondoyants des fleurs aux calices dentelés.

 

Fleurs de Mai si douces, si délicates et si fugaces...

 

Parfums de bois, aux fraîcheurs épanouies, grappes de bonheurs...

 

Maïa, la divine, Beltane, Bélisama, déesses des lumières ont paré les fleurs de candeurs éclatantes...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photos : Pixabay

Douces fleurs du mois de Mai...
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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 13:22
L'eau vibre de vie, d'ondoyances légères...

 

 

 


 

Reflets, bruissements, claquements d'ailes, ondoiements, transparences, teintes moirées... la vie sur l'eau s'éveille au printemps...

 

Un cygne s'ébroue dans l'onde, lisse ses plumes, se renverse dans des éclats de remous étincelants, des canards traînent, après eux, un sillage vaporeux...

 

 

Des pigeons viennent s'abreuver sur les bords ou survolent le bassin, laissant sur l'onde leur ombre lumineuse...

 

Les arbres, les algues se mêlent, somptueusement, dans des tons de verts et de bleus...

 

L'eau vibre de vie, d'ondoyances légères, l'eau se pare de reflets de mousse, de verdure...

 

L'eau renvoie une lumière nouvelle : tout s'anime et s'éclaire, un cygne claque des ailes et parcourt le plan d'eau, avec majesté et élégance, soulevant des panaches d'écumes, 

 

L'eau devient image de vie et de renaissance... 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo et vidéos : rosemar

 

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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 08:31
Des bouquets de roses et de rouges...

 

 


Des bouquets de roses et de rouges sur les marronniers... des bouquets délicats, si fragiles...

 

Des rubescences, des roses délicats, des flamboyances, des rouges vifs...

 

Quelle élégance dans les teintes nuancées ! Des camaïeux de couleurs subtiles... des incarnats sur les feuilles de vert tendre.

 

Les fleurs s'étagent et s'empourprent dans la lumière du printemps...

 

L'arbre en fête, chargé de fleurs, rayonne : les feuilles s'effacent sous les teintes de pourpre...

 

Un éblouissement ! Des vertiges de fleurs sur l'arbre !

 

Quel luxe ! Quelle parure !

 

Des fleurs fragiles, des calices légers qui frissonnent au moindre souffle du vent...

 

Des cascades de grappes qui foisonnent et enluminent les arbres du printemps...

 

 

 

 

 

 

 

 

Photos et vidéos : rosemar

Des bouquets de roses et de rouges...
Des bouquets de roses et de rouges...
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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 12:45
Besoin de sens...

 

 

 

Notre monde moderne est constitué d'images, d'écrans de toutes sortes : ordinateur, téléviseur, portable... Nous passons notre temps à regarder ces écrans, privilégiant le sens de la vision.

 

On en oublierait presque d'exercer nos autres sens : olfactif, gustatif, tactile...

 

Il est vrai que nos villes sont saturées de pollution et d'odeurs nauséabondes.

L'olfaction en perd de sa valeur : elle est, pourtant, essentielle, et elle nous offre des plaisirs qu'il ne faut pas négliger : parfums de fleurs, d'arbres, de mousses, de terre, d'écorces, senteurs de pins enivrantes...

 

Il nous faut, pour cela, retrouver le contact avec la nature, cultiver un jardin, des fleurs...

Retrouver des senteurs d'aliments qui mijotent dans une marmite : ratatouilles, sauce tomates, parfums de lauriers, d'ail, de romarins, de marjolaine...

Retrouver le plaisir de cette cuisine méditerranéenne aux parfums du midi... huile d'olive, thym, sarriette...

 

Le goût a tendance, aussi, à s'effacer : on mange une nourriture trop grasse, trop sucrée, trop salée...

On en oublie le goût des vrais aliments : des fruits, des légumes....

 

De plus, nous ne savons plus savourer la nourriture : nous engloutissons nos repas à toute allure sans apprécier ce que nous mangeons.

Vautrés devant des écrans, certains se gavent de nourriture, ils ne dégustent pas, ils dévorent...

 

La vie moderne elle-même nous pousse à consommer des plats préparés, du prêt à manger bourré d'additifs, de sucre ou de sel.

Notre goût perd, ainsi, de son acuité.

 

De la même façon, nous nous servons de moins en moins de notre sens tactile : nous nous contentons souvent de toucher des claviers...

Fini le contact direct avec la nature, avec le bois, les arbres, les pierres, les plantes...

 

Notre monde a besoin de sens et il est en train de perdre tout ce qui est lié aux différentes sensations...

Il nous faut retrouver le goût, le toucher, le sens olfactif.

Il nous faut retrouver aussi la faculté d'observer, une attention au monde, à la nature...

Il nous faut retrouver des émotions simples, il nous faut apprendre à mieux tirer parti de nos cinq sens.

Nous nous contentons, trop souvent, de voir superficiellement ce qui nous entoure.

Nous oublions d'observer le monde, et d'utiliser nos 5 sens pour en profiter pleinement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Besoin de sens...
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16 avril 2017 7 16 /04 /avril /2017 10:06
Transparences d'algues...

 

 

L'eau limpide laisse apparaître des arbustes, des algues bourgeonnantes sur lesquelles s'épanouissent des feuilles légères....

 

Des verts nuancés , des bruns, des reflets solaires s'entremêlent...

 

Quelle transparence !

 

Les algues s'élancent vers la surface, avec, au sommet, des épis de feuilles....

 

Un paysage sous l'eau... des arbres, des mousses, une lumière qui rayonne...

 

L'eau et ses mystères... des nymphes qui ondoient, qui se cachent dans les profondeurs de l'onde.

 

Des ondoiements de lumières, des limpidités, des bruissements légers et doux...

 

Des ondines, des naïades, des reflets de doux visages dans les miroirs de l'eau...

 

Aréthuse, Callirhoé, Daphné dans les replis de l'onde...

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo et vidéo, Transparences d'algues : rosemar

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14 avril 2017 5 14 /04 /avril /2017 15:56
Un savon venu d'Orient...

 

 

 

Un savon mythique, venu du passé...

Des noms célèbres lui sont associés, un Orient légendaire.

Ce savon était déjà utilisé par Cléopâtre et la reine Zénobie, épouse d'Odénath, prince de Palmyre : le savon d'Alep a un passé prestigieux... c'est l'ancêtre célèbre de notre savon de Marseille...

 

 

Un savon aux teintes cuivrées, aux senteurs uniques de laurier, un savon naturel dont la préparation exige un réel savoir-faire.

 

Depuis des siècles, il orne en pyramides les souks arabes, le savon d'Alep s'ennoblit d'une renommée internationale, une réputation qui n'est pas usurpée.

Ce savon rustique, fabriqué à l'ancienne, réclame une lente maturation, chaque cube est tamponné à la main, chaque savonnier le marque de son sceau.

 

Une fois découpés, les savons prennent peu à peu une couleur dorée : l'affinage dure 9 mois, au moins....

Une recette où la patience, la passion sont essentielles...

Une recette où le temps doit faire son oeuvre...

 

Et le résultat est miraculeux : un savon aux allures antiques, patiné par le temps, aux teintes nuancées de bronze.

 

Un savon aux senteurs raffinées d'huile d'olive et de laurier, un savon qui fleure bon le sud, le soleil...

Cuivré à l'extérieur, il révèle peu à peu un coeur aux teintes de vert sombre...

Des parfums subtils de laurier confèrent à ce savon une rusticité pleine de délicatesse.

 

Malgré la guerre, il existe encore un ou deux savonniers à Alep. On fabrique, aussi, ce savon en France, dans la région parisienne ainsi qu'à Marseille.

Brun doré, cuivré, ce savon se bonifie avec le temps : authentique, brut, le savon d'Alep laisse une peau douce, agréablement parfumée...

100% naturel, ce savon sans additif est un vrai soin de beauté.

 

A une époque où des adjuvants chimiques sont employés dans toutes sortes de produits cosmétiques, le savon d'Alep offre une garantie de naturel.

 

Voilà un savon du temps d'autrefois, loin de notre monde pressé qui vit dans l'urgence et l'immédiateté, un savon loin du temps de la mode et de la précipitation.

 

Un savon préparé avec tant de soin et de patience qu'il fait songer à une oeuvre d'art...

 

 

 

 

 

Photos : Pixabay

Un savon venu d'Orient...
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Published by rosemar - dans nature écologie Alep
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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 13:53
Giono : une magnifique évocation des forces cosmiques de la nature...

 

 


Dans son roman intitulé Regain, Jean Giono évoque le monde des paysans, il raconte la mort et la renaissance d'un village, Aubignane. 

C'est un couple qui est à l'origine de cette renaissance : Panturle et Arsule, grâce à leur amour, vont permettre ce renouveau.

Dans un extrait de ce roman, on voit les deux personnages revenir d'un grand marché d'été : ils retrouvent, après les bruits de la ville, un monde simple, harmonieux.

 

Voici l'extrait :


"Ils sont partis par la route de Saint-Martin ; ça fait raccourci.


Il y a eu d'abord un grand peuplier qui s'est mis à leur parler. Puis, ça a été le ruisseau des Sauneries qui les a accompagnés bien poliment en se frottant contre leur route, en sifflotant comme une couleuvre apprivoisée ; puis, il y a eu le vent du soir qui les a rejoints et qui a fait un bout de chemin avec eux, puis les a laissés pour de la lavande, puis il est revenu, puis il est reparti avec trois grosses abeilles. Comme ça. Et ça les a amusés.


Panturle porte le sac où sont tous les achats. Arsule, à côté de lui, fait le pas d'homme pour marcher à la cadence. Et elle rit.


Il est venu alors la nuit et c'était le moment où, sortis du bois, ils allaient glisser dans le vallon d'Aubignane ; il est venu alors la nuit, la vieille nuit qu'ils connaissent, celle qu'ils aiment, celle qui a des bras tout humides comme une laveuse, celle qui est toute brillante de poussière, celle qui porte la lune.


On entend respirer les herbes à des kilomètres loin. Ils sont chez eux.
Le silence les pétrit en une même boule de chair."
 

 

La nature apparaît, d'abord, comme une entité vivante et on perçoit, là, une conception paysanne et animiste du monde. Le procédé de personnification est abondamment utilisé : "un grand peuplier s'est mis à leur parler... un ruisseau sifflotant... on entend respirer les herbes... la nuit qui a des bras tout humides comme une laveuse..."

La nature est, aussi, associée à de nombreux verbes de mouvement : "le ruisseau des Sauneries les a accompagnés... le vent du soir les a rejoints... a fait un bout de chemin avec eux, puis il les a laissés... il est revenu, il est reparti avec trois grosses abeilles..."

En fait, au cours de cette promenade, les personnages semblent ne pas se déplacer eux-mêmes, mais c'est la nature qui est, sans cesse, en mouvement : les différents éléments du paysage défilent sous leurs yeux : "le peuplier" qui représente la terre, "le ruisseau", l'eau, le "vent du soir" ou l'air, "la nuit brillante qui porte la lune" ou le feu...

Les 4 éléments composent un tableau harmonieux et plein de vie.

Le mouvement est aussi suggéré par des propositions indépendantes juxtaposées et l'emploi récurrent de l'adverbe "puis".

Le rythme est léger, sautillant et correspond bien à celui d'une promenade. La nature humanisée apparaît comme une force vivante, mystérieuse, qui agit.

De plus, cette nature est complice des deux personnages ; amicale, elle semble connaître les deux héros de l'histoire, elle entre en contact avec eux, elle leur "parle", elle les côtoie familièrement : "le ruisseau les a accompagnés en se frottant contre leur route..."

De nombreux termes soulignent cette complicité : "accompagnés, apprivoisée, le vent les a rejoints, ils connaissent, ils aiment".

Le style très simple correspond bien aux personnages : Giono emploie le présent et le passé composé qui sont les temps du discours. Il utilise, à plusieurs reprises, le pronom familier "ça", ou encore l'expression "il y a", des mots simples : "puis, alors".

Le mot "ça" réitéré peut suggérer une sorte de force inconnue et mystérieuse présente dans la nature.

Le couple lui-même est complice : Arsule suit le rythme de Panturle, "elle fait le pas d'homme pour marcher à la cadence."

On assiste à une communion intense des personnages qui arrivent à ne faire plus qu'un seul être : "le silence les pétrit en une même boule de chair..."

Giono fait intervenir, dans cet extrait, un style poétique et lyrique.

Il a recours à des images : le ruisseau est comparé à "une couleuvre", la nuit à "une laveuse aux bras tout humides", elle "porte la lune", image d'une mère qui porte son enfant en elle.

On perçoit des répétitions, des anaphores : "Il est venu alors la nuit... il est venu alors la nuit", deux octosyllabes qui créent un rythme régulier.

Cette construction impersonnelle "il est venu" peut restituer le mystère d'une force inconnue qui régit le monde.

L'allitération de la sifflante "s" contribue à donner au texte une impression de douceur, d'harmonie, de poésie.

 

Dans cet extrait, la nature apparaît à l'image du dieu Pan comme une grande force cosmique, dotée de volonté et de vie. Bienveillante, elle permet une union harmonieuse de l'homme et de la femme, elle permet de retrouver les vraies valeurs : celles de l'amour, de la simplicité, de la complicité avec le monde...

 

 

 

 

Le texte :

"Ils sont partis par la route de Saint-Martin ; ça fait raccourci.

Il y a eu d'abord un grand peuplier qui s'est mis à leur parler. Puis, ça a été le ruisseau des Sauneries qui les a accompagnés bien poliment en se frottant contre leur route, en sifflotant comme une couleuvre apprivoisée ; puis, il y a eu le vent du soir qui les a rejoints et qui a fait un bout de chemin avec eux, puis les a laissés pour de la lavande, puis il est revenu, puis il est reparti avec trois grosses abeilles. Comme ça. Et ça les a amusés.

Panturle porte le sac où sont tous les achats. Arsule, à côté de lui, fait le pas d'homme pour marcher à la cadence. Et elle rit.

Il est venu alors la nuit et c'était le moment où, sortis du bois, ils allaient glisser dans le vallon d'Aubignane ; il est venu alors la nuit, la vieille nuit qu'ils connaissent, celle qu'ils aiment, celle qui a des bras tout humides comme une laveuse, celle qui est toute brillante de poussière, celle qui porte la lune.

On entend respirer les herbes à des kilomètres loin. Ils sont chez eux.

Le silence les pétrit en une même boule de chair."

 


 

 

 

 

 

Photos : rosemar

 

Giono : une magnifique évocation des forces cosmiques de la nature...
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