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25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 15:40
On les entendait babiller et chanter ensemble...


"Si quelque badaud s'étonnait de les voir en bisbille, ils se cachaient pour rire de lui, et on les entendait babiller et chanter ensemble comme deux merles dans une branche."


C'est ainsi que Georges Sand évoque le babil des deux "bessons", dans son célèbre roman, La petite Fadette : les deux garçons font semblant de se disputer, par jeu, pour se moquer des réactions des gens...


Le verbe "babiller" nous fait entendre des murmures confus, des mots légers ou incertains qui se répandent et s'épanchent volontiers...

Avec ses deux labiales qui évoquent le mouvement des lèvres, sa palatale finale, pleine de charme, ses différentes voyelles, ce mot suggère bien un bavardage insouciant, qui virevolte.

On perçoit le joli babil d'un enfant qui lance des mots déformés à la volée, on aime ce débordement volubile, plein d'inventivité, de redondances.

Formation d'onomatopée, ce verbe imite le langage redoublé, répétitif des jeunes enfants.

On entrevoit un berceau, des rires, des roucoulements, un bonheur de découvrir le langage, de prononcer les mots, de les dire, de les redire, de les faire danser...

Ce verbe évocateur nous montre le plaisir de s'exprimer, de goûter et de savourer les mots, de les inventer...

On s'extasie devant les prouesses verbales de l'enfant, on l'encourage à babiller, de plus belle.

L'apprentissage du langage est, comme une découverte, une façon de faire chanter les mots.

On songe, alors, à ces vers de Victor Hugo, extraits du poème, Lorsque l'enfant paraît...


"Il est si beau, l'enfant, avec son doux sourire,
Sa douce bonne foi, sa voix qui veut tout dire,
Ses pleurs vite apaisés,
Laissant errer sa vue étonnée et ravie,
Offrant de toutes parts sa jeune âme à la vie
Et sa bouche aux baisers !"

Et Hugo, avec cette "voix qui veut tout dire", nous fait bien percevoir le babil de l'enfant, cet
te envie irrépressible de s'exprimer, ce plaisir de la parole...


Le verbe peut s'appliquer, également, à des adultes dont les propos frivoles débordent dans une certaine exubérance.

Les oiseaux gazouillent et babillent, aussi, parfois, dans un chant répétitif dont les mélodies se répercutent d'arbre en arbre... C'est, d'ailleurs, ce que suggère Georges Sand dans la comparaison qu'elle utilise pour évoquer les deux jeunes garçons, héros de son roman.

Dans tous les cas, ce mot rempli de poésie, avec sa consonne redondante, une sorte d'écho sonore suscite des images empreintes de douceurs, de tendresse.

Ce terme qui renvoie à l'enfance, aux premiers mots prononcés, à la découverte du langage et du plaisir des sons, de leur musique, e
st plein de résonances, de bonheurs, de rires...

On les entendait babiller et chanter ensemble...
On les entendait babiller et chanter ensemble...
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