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17 août 2020 1 17 /08 /août /2020 11:42
L'Odyssée : un récit initiatique et métaphysique...

 

On lit souvent l'Odyssée comme un simple récit d'aventures peuplé d'êtres surnaturels : les Sirènes, le Cyclope, Polyphème, Circé la magicienne, Charybde et Scylla...

 

Pourtant, comme le montre bien Luc Ferry, l'Odyssée est avant tout un récit métaphysique.

 

On connaît le schéma de cette épopée : Ulysse, après la guerre de Troie, tente de revenir dans sa patrie, l'île d'Ithaque. Il rencontre, au cours de son périple, de nombreuses embûches, des obstacles qui l'amènent à vaincre sa peur, à faire preuve de courage et d'intelligence.

Ce récit l'amène de la vie mauvaise (la guerre, la haine) à la vie bonne (l'harmonie, l'amour de sa femme Pénélope.)

 

Tout au long de ses voyages, il sait se montrer curieux, ouvert aux autres, mais il ne perd jamais de vue son but : retourner dans sa patrie, auprès des siens, de sa femme Pénélope, de son fils Télémaque.

Rien ne peut l'en détourner, pas même la sublime Calypso qui tombe amoureuse de lui et qui essaie de le retenir dans son île.

Calypso lui propose même l'immortalité et la jeunesse éternelle, mais Ulysse refuse : il préfère vivre sa vie de mortel, limitée, certes, mais riche d'expériences, faite d'amour véritable.

 

Ainsi, d'après ce récit, il convient de préférer notre condition de mortel, plutôt que "le mirage d'une vie d'immortel livrée à ce que les Grecs appellent l'hybris, la démesure qui nous éloigne de la réconciliation avec l'ordre harmonieux du monde.", comme le souligne Luc Ferry.

Il nous faut accepter notre condition de mortel : profiter de la vie qui nous est donnée, en harmonie avec le monde.

Il faut refuser "la tentation de la divinisation et de l'éternité qui nous éloignent de ce que nous sommes."

Voilà une belle leçon de sagesse.

 

A une époque où certains rêvent d'immortalité pour l'être humain, où le transhumanisme se propose de rendre l'homme immortel, il serait bon de méditer cette leçon de sagesse.

Dans certains pays, la cryogénisation est autorisée : ce qui permettrait de réveiller les gens, de les faire ressortir de leur tombe.

Ce projet transhumaniste est totalement irréaliste.

Le risque est grand que la technologie pénètre nos organismes : si nous changeons nos gènes, si nous changeons nos corps avec des puces, on quitte la sphère de l'humain et on va vers une autre espèce...

 

Il est bon de lire ou de relire l'Odyssée pour percevoir toute l'actualité de cette épopée.

 

 

 

 

 

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5 août 2020 3 05 /08 /août /2020 08:25
Toute la beauté des libellules...

 

Si belles, si fragiles, si légères, les libellules sont fascinantes...

 

Le nom lui-même est tellement évocateur : quatre "l" de libellule pour mimer la forme des demoiselles, leurs ailes somptueuses diaprées de lumières...

 

Les libellules sont faciles à observer à la différence des oiseaux, elles se posent sur des fleurs, puis s'envolent vers d'autres bouquets...

Quelles splendeurs !

La libellule est tellement insaisissable, tellement frêle !

 

Le philosophe et poète Alain Cugno s'est intéressé aux libellules... Sylvain Tesson évoque cet écrivain dans un de ses ouvrages :

"Ce poète émerveillé par la grâce des carnassières déguisées en fées, mène une méditation sur l'être, le temps, la mort, la fragilité de la vie, la tressaillante joie des rencontres éphémères..."

"Les libellules avancent leurs formes et leurs couleurs comme des évidences irréfutables."

"Chaque apparition est une révélation, mieux ! la confirmation de la beauté du monde. Comme le Mont Blanc devant les yeux de Hegel, les bêtes se contentent d'être."

 

"Cugno vénère l'inaccessibilité des odonates dont l'oeil humain ne peut saisir les séquences trop rapides du vol. Les libellules évoluent dans une autre dimension. L'écrivain, finalement, s'incline devant l'élégance de ces bolides aux ailes de tulle. Les libellules ne s'imposent jamais. Elles ne laissent d'autres traces sur la Terre que le souvenir d'un émerveillement dans les yeux des contemplateurs."

"Elles ne tiennent à rien, si ce n'est à s'en aller. Elles habitent leur départ indéfiniment."

 

Magnifique évocation des libellules !

 

Ces insectes avant d'être libellules ont une très longue gestation sous l'eau, et les libellules vivent très peu de temps en comparaison avec cette gestation.

"La libellule peut passer 5 ans dans l'eau sous forme de larve, elle émerge ensuite et ne vit que quelques semaines : elle découvre alors une sorte de paradis, puis soudain, elle meurt.

C'est le seul insecte qui a les 4 ailes reliées à des muscles spécifiques. Les libellules peuvent faire bouger une aile dans un sens, et une autre dans l' autre sens, d'où des vols stationnaires, des vols en marche arrière, des virages absolument vertigineux, une machine à voler !", nous dit Alain Cugno.

Une merveille de la nature !

Le nom scientifique de l'ordre des odonates  vient du mot grec  ὀδούς, odoús "ou ὀδών, odon (Ionien), la dent" en référence aux mandibules puissantes armées de dents pointues inégales qui font des libellules de redoutables chasseuses...

 

 

Source :

https://www.franceculture.fr/emissions/les-racines-du-ciel/lentomologie-comme-art-de-philosopher-avec-alain-cugno

 

 

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15 juillet 2019 1 15 /07 /juillet /2019 09:35
Le temps des vacances : le temps de la lecture...

 

L'été, les vacances sont l'occasion de lire, on peut prendre le temps d'aller à la librairie, de choisir...

Tant de livres à lire ! Tant d'oeuvres diverses, tant d'auteurs à découvrir !

 

Romans, nouvelles, essais, ouvrages philosophiques... toutes sortes d'ouvrages sont accessibles et nous offrent une ouverture sur les autres et sur le monde.

 

Pour ma part, j'aime lire : c'est là une façon de découvrir toutes sortes de pensées et d'expériences...

Une façon de s'enrichir de la pensée d'autrui... et de plus en plus, je suis attirée par des textes philosophiques.

 

De nombreuses oeuvres philosophiques sont difficiles, rebutantes, mais il existe, désormais, de bons livres de vulgarisation dans ce domaine.

Toutes sortes de problèmes y sont abordés : la liberté, le bonheur, l'être, l'univers, le bien et le mal, la pensée...

 

On y gagne en lucidité, tolérance, amour, beauté, liberté, amitié etc.

On y gagne aussi en sérénité : on oublie les écrans du monde moderne, pour se concentrer enfin vraiment sur la pensée d'un auteur.

On y gagne en réflexion, en concentration et en attention...

 

Certains textes philosophiques sont aussi des oeuvres littéraires à part entière.

On y découvre un style, un univers de poésie, de sensibilité.

 

On peut lire ainsi dans Cosmos de Michel Onfray cette magnifique description du jardin botanique de Medellin en Colombie :

"Fleurs tropicales jaunes, généreuses, pistils solaires dans des corolles rouge vif, trompettes des anges silencieuses alors que l'orage grondait au-dessus du grand parc, palmiers aux cimes perdues dans le ciel bleu sombre et violet, papillons colorés, portant parfois sur leurs grandes ailes des paires d'yeux qui ne regardaient rien, étranges insectes en vol géostationnaire la trompe butinant dans le coeur d'une fleur extravagante violine et jaune... orchidées voluptueuses comme des plissés de tissus rares, longs colliers de fleurs comme des fruits rouges aux extrémités jaunes, sidérants agencements de pétales orange à la façon d'une rose ancienne, mais avec des velours capiteux, longues palmes en efflorescence giclant vers le ciel comme une offrande, racines tombées du ciel à la recherche de la terre, gingembres à fleurs de sang, hibiscus dépliés..."

 

Comment ne pas être séduit, subjugué par cette évocation ? Couleurs somptueuses, formes étranges et mystérieuses, beauté des fleurs et des fruits...

 

Voici venu le temps des vacances, celui du temps retrouvé, celui où l'on peut enfin s'adonner à la lecture... Profitons-en !

 

Mes conseils de lecture :

En tout premier lieu, bien sûr : Cosmos de Michel Onfray

Sagesse de Michel Onfray

 

Et aussi :

André Comte-Sponville :

Le goût de vivre et cent autres propos

L'inconsolable et autres impromptus

Le bonheur, désespérément

 

Et encore Sylvain Tesson :

Un été avec Homère

Géographie de l'instant

Une très légère oscillation

 

 

 

Le temps des vacances : le temps de la lecture...

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24 avril 2019 3 24 /04 /avril /2019 08:08
Mais que devient la philosophie avec la réforme du Bac ?

 

Les professeurs de philo sont inquiets : la réforme du baccalauréat qui s'annonce laisse peu de place à cette discipline essentielle qu'est la philosophie.

Voudrait-on supprimer une certaine faculté de penser ? Voudrait-on amoindrir la réflexion ?

C'est préoccupant...

Il est utile de le rappeler : les élèves n'ont qu'une seule année pour se familiariser avec cet enseignement, l'année de terminale.

 

 Jusqu’à présent, les élèves de terminale S avaient trois heures de philosophie, ceux de ES quatre heures et ceux de L huit heures par semaine. Désormais, ce sera quatre heures pour tout le monde.

 

On imagine le désarroi des professeurs de philo : ils pouvaient dans les sections littéraires approfondir l'enseignement de leur discipline pour des élèves qui se destinent à des études littéraires.

Ils pouvaient aussi susciter des vocations et inciter ces élèves à entrer dans la carrière de l'enseignement, afin d'alimenter le vivier des professeurs de philo.

C'est terminé avec cette nouvelle réforme.

 

De plus, le programme a été amputé de plusieurs notions fondamentales : d’abord, la notion de "bonheur", qui avait l’avantage de capter l’attention des élèves tout en posant les problèmes fondamentaux du sens de la vie et de la condition humaine. 

Pourquoi donc évincer cette notion ? Certains y voient une façon de laisser libre cours au totalitarisme de la consommation... Ne pas réfléchir au vrai bonheur, n'est-ce pas la possibilité de se laisser entraîner dans une frénésie de consommation ?

 

Disparue aussi la notion de travail... Pourtant, on a tendance à vouloir faire de plus en plus travailler les gens : nombre d'heures, recul de l'âge de la retraite...

Suicides, burn out, flexibilité,  on en demande toujours plus aux salariés.

Voudrait-on éviter un sujet qui fâche ? Le travail est un sujet qui concerne chacun d'entre nous : pourquoi refuser de l'évoquer ?

 

Enfin, "conscience et inconscient", "autrui", "la perception" disparaissent également... des sujets pourtant essentiels à notre époque.

La philosophie a pour but de développer l'esprit critique et la réflexion et elle devient presque accessoire dans cette nouvelle réforme : voilà qui est très inquiétant...

 

 

 

 

 

Source :

 

https://www.lemonde.fr/campus/article/2019/04/17/reforme-du-bac-la-philosophie-est-en-peril_5451330_4401467.html

 

 

 

 

Mais que devient la philosophie avec la réforme du Bac ?

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5 avril 2019 5 05 /04 /avril /2019 11:59
La lecture rend beau...  nous dit Sylvain Tesson...

 

Vous cherchez un secret de beauté ? Sylvain Tesson nous livre le sien...

"La lecture rend beau", écrit Sylvain Tesson... Comme il a raison !

 

Le livre est une ouverture sur le monde, sur les autres.

Le livre apporte une sérénité, des bonheurs : bonheurs des mots, des idées, d'une forme d'intériorité... bonheur de la lenteur, de la réflexion...

Un nuage dans le ciel qui s'étire, un coucher de soleil qui envahit l'horizon et développe des teintes nuancées de rose-rouge, d'éclats de xanthe, quoi de plus beau ?

 

La poésie nous offre ainsi des horizons de beauté et d'harmonie qui emplissent nos âmes.

On lit quelques vers, et nous voilà transportés dans un paysage inconnu qui nous paraît pourtant si familier, on est ébloui par la beauté du décor évoqué...

"Les nuages couraient sur la lune enflammée
Comme sur l'incendie on voit fuir la fumée,
Et les bois étaient noirs jusques à l'horizon.
Nous marchions sans parler, dans l'humide gazon,
Dans la bruyère épaisse et dans les hautes brandes..."

 

Les romans nous font vivre des aventures et des destins si variés, ils nous font voyager dans le temps et l'espace et nous donnent des leçons de vie...

L'Odyssée d'Homère nous emporte sur les replis tumultueux de la Méditerranée, dans le sillage d'Ulysse aux mille tours : de quoi susciter le rêve, l'imaginaire... sans oublier les leçons philosophiques du récit : Ulysse refuse l'immortalité que lui propose Calypso : il n'a pas oublié son but, le retour à Ithaque, sa patrie, ses racines, il pense qu'une vie bonne est possible pour les mortels, grâce à la lucidité de la raison.

 

Les essais nous incitent aussi à la réflexion et à une forme de sagesse.

On lit Cosmos de Michel Onfray et on découvre qu'il est essentiel de contempler le monde, de retrouver les bases fondatrices du temps, de la vie, de la nature, comprendre ses mystères et les leçons qu'elle nous délivre : un livre passionnant, qui renoue avec l'idéal grec et païen d'une sagesse humaine en harmonie avec le monde.

 

"Kalos kagathos, beau et bon", disaient les anciens grecs. La lecture nous rend plus heureux, plus épanouis, et meilleurs. Elle nourrit notre âme et notre intelligence...

La lecture peut ainsi nous métamorphoser, elle élargit nos horizons...

Et puis, comment ne pas évoquer le bonheur de tenir en mains un objet unique, le bonheur sensuel du papier qui frissonne sous les doigts, le bonheur de sentir les odeurs du livre imprimé... odeurs d'encre et de bois mêlées ?

Le livre nous offre des sensations uniques : les écrans impersonnels ne peuvent nous apporter ces plaisirs des sens.

Oui, la lecture rend beau : elle nous épanouit et nous offre toutes sortes de perspectives...

 

 

 

https://youtu.be/RzjVWUjRYLA

 

 

 

 

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1 février 2019 5 01 /02 /février /2019 11:51
Un retour aux sources : le panthéisme selon Franz-Olivier Giesbert...

 

Les Occidentaux ne savent plus voir Dieu nulle part. Blasés, cernés par les écrans numériques, ils ne voient plus la beauté du monde, ne savent plus y être attentifs. Franz-Olivier Giesbert nous invite à un retour aux sources : il fait l'éloge du panthéisme.

 

Selon lui, le divin est partout, la nature nous offre de nombreuses occasions d'émerveillements et de bonheurs.

Franz-Olivier Giesbert rejoint ainsi la religion des anciens Grecs : pour eux, tout est vivant dans la nature, les arbres, les sources, les fleuves, les rivières sont peuplés de nymphes et de dieux qu'il convient de respecter.

Dryades, Hamadryades, Hespérides, Hyléores, Méliades, Océanides, Néréides : tant de noms empreints de poésie !

Les mots eux-mêmes soulignent la beauté et l'harmonie du monde.

 

Le journaliste "a rencontré Dieu" et nous fait part de cette expérience vivifiante...

Invité lors du Festival de la biographie, à Nîmes, il fait référence aussi à Saint-François d'Assises, au philosophe Spinoza, dont la formule la plus célèbre était "Deus sive natura", "Dieu ou la nature"...

"La nature et Dieu sont confondus, Dieu n'est pas un personnage, avec une barbe, en haut des montagnes ou sur un nuage, qui nous dit ce qu'il faut faire, Dieu, c'est vous, c'est nous, c'est tout".

 

Cette religion implique le respect des animaux, de la nature environnante, des arbres, des plantes, de la terre que nous habitons.

"Les animaux ont de l'empathie, plus d'empathie que l'homme", affirme Franz-Olivier Giesbert, preuves à l'appui.

Le journaliste est encore imprégné de culture antique quand il cite Sénèque, les Epicuriens.

"Vis, hâte-toi de vivre, comme si chaque jour était une vie en soi", "Apprendre à vivre, ce n'est pas apprendre à laisser passer l'orage, mais à danser sous la pluie".

 

Le problème est que l'homme d'aujourd'hui ne respecte plus la terre, c'est la loi du profit qui s'installe partout : les paysages sont dénaturés, bétonnés, saccagés.

 

Il conviendrait de revenir à une certaine mesure dans l'exploitation de la terre : mais nous sommes tous lancés dans une recherche éperdue de la croissance, comme si c'était le Saint Graal.

 

Cette course effrénée est dangereuse : elle nous conduit aux pires excès. Mais peut-on y échapper ?

Nous consommons trop : comment résoudre ce problème ? Ce monde est-il encore tenable ?

 

 

 

 

 

 

 

Photo et vidéos : rosemar

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11 janvier 2019 5 11 /01 /janvier /2019 12:38
Michel Onfray, le Romain...

 

 

Une sagesse inspirée des anciens Romains, voilà ce que nous propose Michel Onfray dans son ouvrage paru récemment le 9 Janvier, intitulé Sagesse.

Les vertus romaines sont nombreuses aux yeux du philosophe : le courage, le sens de l'honneur, celui de la dignité, le refus des excès, de la débauche... ces vertus sont celles de la République romaine.

 

Michel Onfray fait l'éloge des gladiateurs trop souvent présentés de manière caricaturale dans les péplums : le plus souvent, on les dépeint comme de grosses brutes sans âme, alors qu'ils incarnaient une forme de courage.

Michel Onfray réhabilite les gladiateurs : "avec eux, le courage se donne en spectacle, il ne s'agit pas de bestialité, de sauvagerie, de barbarie, de brutalité, mais d'édification morale, les gladiateurs racontent comment un homme doit se comporter devant la mort, avec courage."

Parvenir au mépris de la douleur, telle est la leçon que nous donnent les gladiateurs. "Savoir mourir, c'est savoir vivre", proclame Michel Onfray .

 

Le péplum ne serait selon Michel Onfray que de la propagande chrétienne... Bien sûr, encore une fois, le philosophe pourfend l'obscurantisme judéo-chrétien, défend l'athéisme et la morale antique.

 

Lucrèce, Cicéron, Tite-Live, Quintilien, Sénèque, Epictète, Marc Aurèle, Pline l'Ancien et le Jeune sont convoqués : des auteurs latins nombreux qu'il convient de lire et de relire.

Et ce n'est pas là un des moindres mérites du livre de Michel Onfray : l'importance de la transmission, de la lecture.

Dans nos sociétés modernes en perpétuelle mutation, on oublie trop souvent le rôle de la transmission, on relègue les auteurs anciens, on les méprise.

 

On n'apprend plus le latin et le grec dans nos collèges et nos lycées, on a tendance à dédaigner tout ce qui est ancien, au nom de la modernité.

"Pour apprendre, il faut convenir qu'on ne sait pas..." rappelle Michel Onfray, "or la pédagogie du jour prétend que les élèves ont des choses à apprendre aux professeurs ! Comment pourraient-ils transmettre quoi que ce soit à qui que ce soi ?"

De fait, la transmission devrait être encore le rôle essentiel des enseignants : c'est une tâche noble et stimulante.

Hélas, dans un monde voué à la modernité, la transmission n'est plus à la mode.

 

Michel Onfray rend ainsi hommage à son maître Lucien Jerphagnon qui lui enseigna la philosophie grecque et romaine, qui l'initia  à Lucrèce.

 

Le philosophe nous rappelle que les deux grandes vertus romaines sont essentiellement l'honneur et l'amitié, des vertus qui se perdent en ces temps où triomphe l'individualisme.

L'amitié se réduit souvent à des "like" sur internet, elle n'est plus attentive à l'autre.

Quant à l'honneur, il ne fait pas vraiment partie de notre culture moderne, selon Michel Onfray.

 

 

 

La Grande Librairie :

 

https://youtu.be/SQA19d2yvtI

 

 

 

 

 

 

 

Michel Onfray, le Romain...

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29 septembre 2018 6 29 /09 /septembre /2018 09:37
Michel Onfray évincé de France Culture... dommage !

 

 

Une radio culturelle qui décide d'évincer de sa programmation un philosophe comme Michel Onfray, on ne peut que s'en étonner...

Depuis des années pourtant, la station publique diffusait pendant l’été les cours que Michel Onfray donnait dans le cadre de son université populaire qu’il avait créée en 2002.

Michel Onfray reste un magnifique passeur de culture, un vulgarisateur passionné de philosophie et de savoirs.

Esprit curieux, Onfray aborde toutes sortes de sujets passionnants et sait nous les rendre accessibles...

Son oeuvre est à bien des égards utile notamment pour comprendre l'histoire de la philosophie.

 

Comment expliquer son éviction ?

Onfray s'est appliqué à dénoncer l'imposture des élections, il a fustigé maintes fois le pouvoir en place, il a tiré à boulets rouges sur Emmanuel Macron.

 Dans l’un de ses dernières vidéos postées le 3 septembre sur sa web télé, Michel Onfray publiait une lettre ouverte à Emmanuel Macron après que le chef de l’Etat a décidé de nommer l’écrivain Philippe Besson consul à Los Angeles. "Votre altesse, votre excellence, votre sérénité, mon cher Manu, mon roi", raillait-il en introduction de sa missive. Le philosophe moquait l’esprit de cour.

 Il usait d'un style pamphlétaire pour ridiculiser le chef de l'état.

 

Oui, Michel Onfray est souvent dans l'outrance et la démesure...

Et dès lors, comment ne pas voir dans son éviction une décision politique ? Les médias à la solde du pouvoir encore et toujours... ce n'est pas nouveau.

Et c'est inquiétant dans une démocratie.

 

Une censure qui ne dit pas son nom ? Du "totalitarisme soft" ?

Certains n'hésitent pas à employer cette expression...

 

La démocratie, c'est le pluralisme des idées, c'est le droit à libre parole, c'est le droit de critiquer et de dénoncer le pouvoir en place.

La démocratie, c'est la possibilité d'écrire des pamphlets...

Michel Onfray ne pourra plus oeuvrer dans le cadre de son université populaire, il ne sera plus diffusé sur France Culture.

Dommage pour la pluralité des opinions, dommage pour la démocratie, dommage pour la culture...

 

 

 

Source :

 

https://www.marianne.net/culture/ecarte-par-france-culture-michel-onfray-renonce-son-universite-populaire-de-caen

 

 

 

Michel Onfray évincé de France Culture... dommage !

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18 juin 2018 1 18 /06 /juin /2018 08:59
L'épreuve de philo...

 


 

Ce lundi 18 juin, se déroule l'épreuve de philosophie du Baccalauréat : traditionnellement, c'est cette discipline qui ouvre cet examen de fin de cycle... une épreuve particulièrement importante pour les élèves de la série Littéraire, puisque le coefficient est de 7.

 

On a tous en mémoire cette discipline réservée à l'année de Terminale... une discipline exigeante, complexe, qui nous faisait découvrir de nouveaux horizons.

 

Platon, Montaigne, Descartes, Nietzsche, Kant, Marx, Freud, Alain, autant d'auteurs variés qu'on nous invitait à analyser.

La philo ! C'est l'occasion de se livrer à une réflexion approfondie sur une question : l'épreuve dure 4 heures au cours desquelles la concentration doit être intense.

 

Et la philosophie est bien une merveilleuse école d'attention, de concentration à une époque où ces qualités ont tendance à se perdre, où l'attention se disperse en tous sens, face à toutes sortes d'écrans.

La philosophie nous invite à la réflexion...

 

Pour ma part, j'avoue ne pas avoir apprécié, à sa juste valeur, cette discipline, au cours de cette année de Terminale... J'étais, sans doute, trop jeune, encore immature pour bien comprendre combien la philosophie peut être importante pour trouver des voies, des chemins de vie, des solutions à certaines difficultés.

Et ce doit être le cas de beaucoup d'élèves : à 18 ans, on ne comprend pas bien les enjeux de la philosophie.

 

Avec le recul du temps, il me prend l'envie de me remettre à la philo, d'étudier les grands philosophes du passé, de me questionner sur toutes sortes de sujets.

Car la philosophie est avant tout interrogations, questionnements pour essayer d'avancer vers une certaine sagesse.

Plus de lucidité, plus de sérénité, de bonheur, de liberté : c'est ce que peut nous apporter cette discipline.

Combattre les préjugés, la bêtise, progresser vers la connaissance, s'enrichir tous les jours de nouveaux savoirs, faire des choix...

 

La philosophie doit s'accompagner d'efforts : ce sont ces efforts qui nous procurent aussi satisfaction et joie.

Et toutes sortes de sujets peuvent nous inviter à la réflexion : j'ai lu, ainsi, cet ouvrage d'André Comte-Sponville, paru récemment, L'inconsolable et autres impromptus.

Il y évoque tour à tour la joie de vivre, l'ennui, la musique, la littérature, la poésie, la nature, les droits des animaux, les croyances, les religions, des sujets qui nous concernent tous.

Une philosophie qui est à la portée de tous, sans érudition, sans technicité...

Il n'est jamais trop tard pour redécouvrir cette discipline et pour apprendre à philosopher...

 

 

 

 

 

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11 juin 2018 1 11 /06 /juin /2018 10:28
Donald Trump, le sophiste...

 

 

Je conseille à tous la lecture du nouvel ouvrage de Roger-Pol Droit, intitulé Et si Platon revenait... une lecture savoureuse et pleine d'enseignements...

 

L'auteur imagine avec humour et acuité une confrontation entre Platon et notre monde, un vrai choc de civilisations : Platon découvre toutes sortes de réalités modernes, et notamment des personnalités politiques de notre époque...

 

A travers le regard de Platon, Roger-Pol Droit dresse le portrait de quelques hommes politiques de notre temps : Donald Trump, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon...

 

Sous son oeil aiguisé, Donald Trump devient ainsi Thrasymaque, le sophiste : personnage excessif, violent, imprévisible, Thrasymaque refuse les véritables discussions, il fuit les débats argumentés. Dans La République de Platon, il incarne la force brutale, ivre de puissance.

Il use de l'injure, accuse les autres de fourberies, de mensonges.

Pour lui, seule compte la domination du plus fort. Il ne se soucie pas de vérité, il arrange la réalité. Thrasymaque se laisse aussi dominer par la colère, "la suffisance irréfléchie, l'arrogance truqueuse."

 

Le portrait que dresse Roger Pol Droit de Thrasymaque, alias Donald Trump, est criant de vérité et particulièrement bien observé.

 

Ainsi, lors du dernier G7, Donald Trump a révélé une fois encore son caractère imprévisible, ses sautes d'humeur, ses emportements et ses revirements...

D'abord favorable à un accord avec ses partenaires, il a une fois de plus rompu le pacte qu'il venait d'approuver.

Dans un tweet, le président américain a qualifié Justin Trudeau de personne "malhonnête et faible", alors qu'il avait vanté, la veille, la qualité inédite de la relation bilatérale entre leurs deux pays ! Quel revirement !

 

Comment pourrait-on se fier à un tel personnage ?

Souvent dans l'outrance, il passe d'une attitude de conciliation à une colère irrépressible...

On a l'impression qu'il est sans cesse dans le jeu, le mépris des autres.

 

Donald Trump étonne, inquiète... ainsi, les mesures qu'il préconise pour stopper les violences dans les établissements scolaires sont insensées : comment peut-on envisager d'armer des enseignants ?

 

Donald Trump, élu à la tête de l'état le plus puissant du monde, suscite bien des angoisses et des interrogations : jusqu'où ira-t-il dans l'outrance et la démesure ?

Jusqu'où ira-t-il dans l'impulsivité et la duplicité ?

 

 

 

 

 

 

 

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