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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 15:53
Voici qu'une abeille cueille le miel d'une fleur de tilleul...

 

 

 

La fleur de xanthe, aux teintes de miel, se pare d'une abeille, au corset sombre, moucheté d'éclats solaires.

 

L'abeille boit le nectar, s'en abreuve : ivre de bonheur, elle se balance sur la fleur agitée par l'air de l'été.

 

L'abeille est comme suspendue, en équilibre, elle se gorge des parfums de la fleur en forme d'étoile.

 

Ivre, elle savoure les effluves, s'en imprègne, s'attarde longuement sur la fleur...

Les ailes translucides immobiles, elle se gave de douceurs.

 

La fleur s'agite, palpite, mais l'abeille, tenace, reste accrochée sur les pétales éclatants.

 

En équilibre, elle savoure tous les parfums, elle s'étourdit de vent, de senteurs, de couleurs et de lumières...

 

Elle vibre de bonheurs, elle s'émerveille de cette nature offerte, de ces soleils redoublés....

 

Sombre sur la fleur solaire, elle redouble les éclats lumineux de la fleur.

 

 

 

 

 

 

 

 

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2 juillet 2016 6 02 /07 /juillet /2016 13:29
Les mots nous parlent...

 


Les mots nous parlent de leur origine, de leur passé, ils nous racontent tant d'histoires, tant de souvenirs !

Ils peuvent faire surgir des images, des couleurs, des senteurs.

N'ont-ils pas le pouvoir de nous faire voyager dans le temps et l'espace ?

Beaucoup d'entre eux nous font remonter à leurs lointaines origines grecques et latines, ils nous font, alors, découvrir des sources originelles, nous montrent des civilisations anciennes, des façons de penser et de voir le monde...

Nausikaa aux bras blancs ! Et nous voilà transportés en Grèce, au temps d'Homère, nous voilà dans un pays nouveau, merveilleux : la terre de Phéacie, où règnent le roi Alkinoos, et sa femme Arété...

Certains mots nous emmènent vers des paysages mystérieux, des pays inconnus, des villes au passé prestigieux...

Les mots nous parlent, aussi, avec leurs sonorités si diverses, douces, légères ou plus rudes et plus âpres...

La musique des mots qui riment entre eux, qui se répondent dans une harmonie poétique !

Ils disent tant de bonheurs, tant de douleurs aussi ! Ils expriment tant de nuances diverses, tant de subtilités !

Houppelande, mousse, hiver, tourbillon, castagnette, sentier, feuille, mantille, arantèle, neige, flocons !

Les mots ne sont-ils pas une perpétuelle découverte ? Certains sont composés de préfixes, de suffixes, certains comportent un simple radical ou parfois deux ou trois qui se superposent...

Les catégories de mots sont elles-mêmes si diverses : mots variables, mots invariables, noms, verbes, pronoms, adjectifs, adverbe, conjonctions !

Conjonctions ! Et on voit les mots se rejoindre, s'unir dans des phrases harmonieuses qui se complètent !

Verbe ! Le mot par excellence ! Celui qui donne vie à la phrase, qui la fait respirer, avancer !

Adverbe ! Il vient compléter le verbe, en nuancer le sens !

Adjectifs ! Une palette d'artiste pour décrire les couleurs, les formes, les dimensions !

Les mots nous racontent leurs diversités de sens, d'origines, de sonorités, ils constituent une véritable musique, une partitition variée à l'infini...

Et notre langue est si riche de mots anciens ou plus récents ! Notre langue invente, chaque jour, d'autres mots nouveaux.

Que d'inventivité dans le vocabulaire ! Que de possibilités dans l'enchaînement des mots !

Les mots nous parlent, aussi, de tant de sujets ! Ils peuvent aborder tant de thèmes, ils peuvent exprimer tant d'idées !

Les mots nous abreuvent de découvertes, ils nous font rêver ou réfléchir, ils nous émeuvent, nous émerveillent, parfois...

Ne sont-ils pas nos compagnons de tous les jours ? Ne sont-ils pas l'essence même de l'humanité ?

Les mots nous permettent de raconter, décrire, argumenter, informer, communiquer des émotions, des sentiments, des idées.

Ils nous offrent tout un monde de découvertes, par leur forme, leur origine, leur composition...


 


 

 

Les mots nous parlent...
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30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 18:43
Entends, ma brune...

 

 



Une invitation à l'amour, pleine de poésie et de charmes, tel est le thème de cette chanson célèbre de Salvatore Adamo.

Cette invitation passe par des impératifs réitérés et insistants : "Viens, viens ma brune, Viens écouter la mer..." Joli prétexte pour persuader une amoureuse...

L'apostrophe "ma brune" restitue une familiarité, une proximité : la jeune femme ne peut que se laisser séduire par cette dénomination pleine de douceur.

La mer offre un cadre propice à la rencontre des amoureux, par son "murmure" et son "chant" : elle est, ainsi, personnifiée et devient la complice du poète qui lance cet appel...

La plage et ses dunes permettent de se "cacher", alors que les "vagues vont célébrer la nuit."

Le moment, l'obscurité de la nuit favorisent, aussi, la réunion des deux amoureux...


L'amoureux incite, alors, sa "belle" à des serments éternels, afin que la passion dépasse "les tourments et les larmes de la vie"...

L'amour mérite combat pour le perpétuer, ce que suggère l'image guerrière "nous prendrions les armes..."

Le poète évoque la fuite du temps, avec simplicité, et montre que l'amour peut en sortir renforcé, avec des comparatifs insistants, "plus beau, plus pur, plus vrai..."

Ainsi, le temps de la jeunesse est passé, mais l'amour n'a pas failli...

L'alternance des temps, présent et passé souligne cet écoulement du temps.


Le poète invite, alors, sa "belle" à entendre "ce doux concert", celui de la mer et celui de ses serments d'amour qui s'entremêlent avec harmonie...

 

Un superlatif  révèle tout l'amour du poète, dans cette expression : "mon bijou le plus cher".

On perçoit une belle déclaration d'amour dans cette confidence : " Tu es toute ma fortune..."

Et le texte s'achève sur une nouvelle invitation à écouter la mer.

La simplicité des mots, le cadre marin, le bruit des vagues nous bercent et nous séduisent : on se laisse emporter par la voix du poète, on est prêt à le suivre dans ce paysage de dunes...

La mélodie restitue toute la tendresse et toute l'émotion de l'amoureux dans sa déclaration...

Les sonorités de labiale "m", "b" ponctuent le texte : on peut y voir l'image même du baiser associé à la douceur de cet amour...

 

 

 

Les paroles :

 

http://www.paroles-musique.com/paroles-Salvatore_Adamo-Viens_Ma_Brune-lyrics,p5839


 


 

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26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 13:14
Cicada, téttix, noms enchanteurs de l'été !

 

 

 

 

Quand reviennent les cigales, l'air s'emplit de douceur, les soleils s'emparent des pins, les cernent, les enveloppent...

 

L'été triomphe et s'impose en souverain : les cigales, divines enchanteresses célèbrent tant de bonheurs retrouvés...

 

Les soleils qui s'attardent, les journées qui s'alanguissent... les ciels bleus d'azur...

 

Les menthes qui exaltent leurs parfums, le thym qui  s'épanouit, la nature qui se gorge de vie...

 

Invisibles, les cigales sont là, pourtant : cachées sous les branches, elles célèbrent l'été, elles susurrent leurs paroles douces comme le miel...

 

Elles disent les senteurs dorées des pins, leurs couleurs de verts, aux nuances variées, elle racontent des brises légères, de subtils balancements de palmes, des ondoiements de vagues dans les calanques....

Elles disent tous les charmes de l'été, des ciels étoilées, des soleils renouvelés.

 

Elles murmurent des vagues redoublées, des embruns, des parfums de sel et d'ambre, elles chuchotent la vie.

 

Leur chant se répercute dans les pins qui se répondent et s'unissent dans un concert incessant.

 

Somptueuses et secrètes cigales !

Cicada, téttix ! Noms enchanteurs de l'été !

 

 

 

 

Le chant des cigales sur ma colline...

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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 13:45
Tout l'art de la nuance...

 

 

 

Pour le plaisir des mots : la nuance !

 

"Car nous voulons la Nuance encor,
Pas la Couleur, rien que la nuance !
Oh ! la nuance seule fiance
Le rêve au rêve et la flûte au cor !"

 

C'est ainsi que Paul Verlaine fait l'éloge de la Nuance dans son célèbre Art poétique...

Comment ne pas rendre hommage à la nuance, à ses éclats subtils ?

 Je n'aime pas les couleurs trop vives et criardes, je préfère les teintes nuancées de rose, de bleu, ou d'opale...


J'apprécie les teintes changeantes des nuages : gris, bleuté, neige, rosé, ocré, orangé. Les nuances de verts dans les pins du midi sont d'une infinie variété : verts sombres et lourds, verts anisés et tendres, verts jaunes et luisants...


J'aime, aussi, une certaine nuance dans les idées : certes, la diatribe, le pamphlet conviennent pour lutter contre les injustices, les horreurs de ce monde, la guerre, la violence cruelle et inhumaine, mais il importe de nuancer ses propos dans de multiples occasions...


La nuance n'est-elle pas essentielle ? La réflexion nous amène, ainsi, souvent à nuancer des idées trop tranchées : elle nous conduit vers une certaine subtilité de la pensée, elle nous fait percevoir différents aspects du monde.


Trop souvent, les gens, les hommes politiques expriment des opinions qui manquent de nuance : certains passent par l'invective, une virulence choquante et inadaptée.


Cet art de la nuance a tendance à se perdre, à se déliter dans une société de conflits permanents et d'opposition.

Les jugements de certains sont péremptoires, et ne sont même pas étayés par des arguments et des idées claires.

Une véritable argumentation fait appel à un certain art de la nuance et de la mesure...

Certains se plaisent à hurler leur haine, à cracher leur mépris, à déverser une forme de rancoeur, je préfère des attitudes plus nuancées et plus humaines.

Tous les arts ne sont-ils pas pétris de nuances ?

Les peintures des impressionnistes, qui nous font percevoir toutes les subtilités de la lumière, la musique de Vivaldi pleine d'exaltation qui, soudain, s'apaise et se nourrit de bercements légers, la poésie constituée d'images qui nous rend sensibles toutes sortes d'harmonies et de fusions....


Tout est si nuancé ! Beauté et laideur se confondent parfois, ombres et lumières se mêlent, harmonie et dissonances se croisent.

Vive les nuances ! Le mot lui-même n'est-il pas plein de charmes ? Voyelle nasalisée, sifflante lui confèrent une douceur inégalée...

Le mot vient, d'ailleurs, du verbe "nuer", de la même famille que les termes "nuages, nuées", ces ondoiements qui peuplent le ciel et qui lui donnent une beauté infinie...

Issu d'un nom latin "nubes", "le nuage", le mot "nuance" évoque le ciel, des images somptueuses.


Les nuées nous offrent des tableaux d'une variété inouie, les couchers de soleils se nuancent de teintes innombrables...


Quelle beauté et quels apaisements dans ces tableaux sans cesse renouvelés ! Quelle harmonie de nuances !





 

Photos : rosemar

Tout l'art de la nuance...
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19 juin 2016 7 19 /06 /juin /2016 14:46
Quand les tilleuls se couvrent de fleurs...

 

 

 

Quand les tilleuls se couvrent de fleurs, on voit surgir des teintes étagées de verts profonds, d'anis, de paille qui s'emparent des arbres, dans des camaïeux délicats...

 

C'est la fête des yeux qui commence : des dégradés somptueux gravissent les arbres, les feuilles légères frissonnent au vent, les feuillages s'emplissent de couleurs nuancées...

 

Les tilleuls bruissent de lumières, s'épanouissent sous le soleil du printemps et répandent des parfums enivrants...

 

C'est la fête des sens qui commence !

 

Des myriades d'insectes, des abeilles, des psylles, des sylphes tourbillonnent, près des feuilles, dans un ballet étourdissant.

Des bourdons, des nymphes éprises de miel savourent ces fleurs odorantes...

 

C'est une ivresse infinie qui s'annonce, un débordement de vie.

Les fleurs aux teintes de xanthe rayonnent, sous les feuilles, elles exaltent leurs parfums, sous les soleils du printemps.

Les fleurs chavirent en grappes et révèlent des embruns solaires...

 

L'air environnant se remplit de ces senteurs douces et entêtantes, à la fois...

C'est le moment de respirer les fleurs de tilleul, c'est le moment d'en recueillir les splendeurs étoilées...

 

 

 

 

 

 

Photo et vidéo : rosemar

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11 juin 2016 6 11 /06 /juin /2016 09:41
Une chanson pour saluer la lune...

 

 


Il suffit d'un peu d'imagination ! Et Charles Trénet n'en manquait pas quand il a écrit cette chanson : C'est un jardin extraordinaire... C'est là le don des poètes de nous faire rêver, d'inventer un monde nouveau...


 Ce jardin permet de s'évader du monde ordinaire et quotidien : lieu de fantaisie, de bonheurs, de chansons, de splendeurs....


On y voit des "canards qui parlent anglais, des statues qui dansent la nuit, des oiseaux qui tiennent un buffet "... tout un monde qui s'anime sous nos yeux...

On entend les mots de remerciement que prononcent les canards, quand le poète leur offre du pain.

L'auteur est persuadé que les statues, tranquilles le jour, s'en vont danser sur le gazon pendant la nuit...

Les oiseaux, quant à eux, "vendent du grain, des morceaux de gruyères à Monsieur le maire et au sous-préfet."

Charles Trénet évoque, ainsi, tout un univers humanisé, un monde de partage et d'harmonie.

Danse, banquet, personnages officiels : le chanteur nous fait percevoir une ambiance de fête empreinte de bonhomie.


Le poète nous entraîne entre rêve et réalité : il fallait bien"trouver un lieu pour la promenade" pour oublier les "noirs buildings, et les "passages cloutés" d'une ville ordinaire.


Le poète nous fait entrer, avec lui dans ce jardin, qu'il semble avoir découvert ! Un jardin où il est entré "par hasard un samedi"... Et c'est l'occasion de laisser l'univers triste des villes, pour visiter un monde de rêves et de beauté...


Les fleurs, les primevères donnent un bal, on entend un air de valse brune que chantent les grenouilles devant la splendeur de la lune : tableau enchanté de couleurs, de sons, d'éclats de lune et de clair-obscur.... La lune personnifiée devient "toute rose d'émotion."

 

Et bien sûr, ce jardin permet aussi de rencontrer l'amour, la"plus belle des filles, une gentille amourette"... un amour vrai, sincère loin du "commerce de la ville".

C'est la jeune fille qui fait des avances et qui, audacieuse, séduit le poète


L'agent qui garde le jardin se transforme en "un ange du bizarre" qui invite au repos, et même un poète qui sait jouer du luth !

Dans ces métamorphoses, le monde est complètement renversé : une forme d'utopie, emplie de bonheurs apparaît.
 

Les deux amants se refugient, alors, à l'abri des regards "au fond des bois"...


Et Charles Trénet conclut sa chanson en évoquant le lieu où se trouve ce jardin extraordinaire... "Au coeur même de sa chanson", bien sûr... Rien de mieux pour oublier ses chagrins et ses soucis...


Le poète a su créer un monde merveilleux,  dans lequel on peut croire : il suffit d'un peu d'imagination !

"Bal de nuit ! Les oiseaux !" Charles Trénet nous entraîne dans son jardin et l'on a envie d'y accéder !

La mélodie joyeuse et rythmée nous invite à suivre le poète dans ce rêve plein de fantaisies et d'humour...


 


http://www.charles-trenet.net/chansons/jardin.html

 

https://youtu.be/XuCELv2G_lA

 

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5 juin 2016 7 05 /06 /juin /2016 10:05
Masque noir sur plumes de lys...

 

 

Dame cygne dort sur le nid, dont elle épouse la forme : masque noir sur plumes de lys...

 

Les plumes parcourues d'embruns légers dessinent de douces arabesques autour de l'animal.

 

Pas un mouvement... le bec s'efface et disparaît sous la toison de plumes, le cygne apaisé attend l'éclosion à venir, avec constance et sérénité...

 

Pas un frisson ne vient agiter ses plumes : le cygne immobile devient statue de marbre, dans une pose si élégante.

 

Des lignes ondoyantes sur son plumage, des sillons sinueux, des vagues  subtiles...

 

Derrière les feuillages, dame cygne, dans une élégance de noir et blanc, nous offre un tableau empli de charmes et d'harmonie.

 

Le corps de l'oiseau recouvre la corbeille, avec grâce et volupté, l'oiseau se love dans le nid, avec bonheur et délectation...

Et même dans ce moment d'abandon, l'oiseau nous offre une image somptueuse empreinte de majesté.

 

Quelle douceur dans ce tableau ! Quel apaisement !

 

 

 

 

 

 Photo et vidéos : rosemar

Une sieste apaisante sur le nid...

Et les importuns ne sont pas les bienvenus...

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3 juin 2016 5 03 /06 /juin /2016 12:55
C'est la rançon de Pénélope...

 

 

 

Tout le monde connaît le nom de Pénélope, ce personnage de l'Odyssée, symbole de fidélité, elle qui voue à son époux Ulysse une loyauté et un attachement sans faille, elle qui repousse les assauts des prétendants, dans l'épopée primitive...

 

Certains auteurs ont revisité ce mythe antique : on songe à Giono, qui, dans son roman Naissance de l'Odyssée, se livre à une parodie et transforme les personnages...

 

Brassens, lui aussi, met en scène cette héroïne, dans une de ses chansons : il s'adresse dans un discours direct à une Pénélope moderne qui pourrait rêver de vivre d'autres amours, et s'évader du quotidien par l'imagination... Il lui parle familièrement, en la tutoyant, ce qui permet d'actualiser le personnage.

Le mythe est, ainsi, détourné, c'est ce qui fait toute l'originalité et la saveur du texte de Brassens.

 

Le décor et les personnages sont revisités et modernisés : on voit des "rideaux, une robe de mariée sans accrocs, un Ulysse de banlieue"...

 

On retrouve les caractéristiques du personnage antique, dans une apostrophe : "Toi, l'épouse modèle, Le grillon du foyer", mais avec un supplément d'âme, peut-être une envie de s'épanouir autrement... C'est du moins, ce qu'imagine le poète...

On retrouve une sorte d'épithète homérique dans l'expression : "Toi, l'intraitable Pénélope".

 

La question oratoire qui suit, avec sa forme interro-négative, suggère des tentations, des désirs inavoués, dans un style tout en nuances, empreint de poésie, grâce au verbe "bercer" et à l'association inattendue des adjectifs : "jolies, interlopes"...

 

"Ne berces-tu jamais
En tout bien tout honneur
De jolies pensées interlopes
De jolies pensées interlopes..."

 

On retrouve, aussi,  l'image d'une Pénélope traditionnelle puisqu'on la voit "penchée sur ses travaux de toile...", en train d'attendre un "Ulysse de banlieue."

 

Et le poète la questionne à nouveau, sur la même tonalité poétique et lyrique, avec l'évocation de sentiments nouveaux : "Les soirs de vague à  l'âme
Et de mélancolie"....

 

Cette nouvelle question oratoire fait appel à des images emplies de charmes : le ciel de lit suggère des étoiles, symboles d'évasion, de rêves amoureux, peut-être un septième ciel...


"N'as tu jamais en rêve
Au ciel d'un autre lit
Compté de nouvelles étoiles
Compté de nouvelles étoiles..."

 

Les questions s'accumulent, avec insistance, évoquant des tentations possibles et suggérant par leur forme interro-négative le fait qu'elles sont inévitables et inhérentes à la fidélité  : "L'amourette qui passe, Qui vous prend au cheveux, Qui vous conte des bagatelles"..., d'autant que ces amourettes sont personnifiées, et qu'elles sont dotées de force, comme le suggère le verbe "prendre", et même de paroles : elles permettent, ainsi, de transfigurer la réalité et de voir pousser "la marguerite au jardin potager..."

 

On retrouve là des symboles traditionnels de l'amour, "la marguerite que l'on effeuille, la pomme défendue aux branches du verger..."

 

 

Une autre interrogation évoque même le souhait d'un nouvel amour annoncé par la rencontre d'un dieu, à la fois ange et démon, "qui décoche des flèches malignes".

 

Brassens suggère à merveille toutes les ambiguités de l'amour : tourment et ravissement se mêlent...

 

Cet ange tout puissant peut en venir à bouleverser l'ordre des choses : il peut faire basculer les êtres humains, "arracher leurs feuilles de vigne".

Mais, le rêve ne prête pas à conséquences, comme le montre l'expression renouvelée : "Il n'y a vraiment pas là
De quoi fouetter un cœur
Qui bat la campagne et galope..."

Le rêve est permis, c'est "un péché véniel" et c'est la "rançon de Pénélope", le prix à payer, sans doute, de la fidélité : une forme d'insatisfaction et de recours à l'imagination, à des rêveries inabouties.

 

La mélodie, toute en douceur, lente, monotone est ponctuée de légères envolées vers le rêve...

Dans cette chanson, on retrouve tout l'univers du poète : une culture renouvelée par des expressions familières, de nombreuses allusions mythologiques, un certain humour dans la façon de déconstruire quelque peu le mythe, des images originales...

 


 

 

 

http://www.brassens-cahierdechanson.fr/OEUVRES/CHANSONS/penelope.html

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9n%C3%A9lope

 

 


 

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2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 11:39
Les bois de palmiers du royaume de Murcie...

 

 

Pour le plaisir des mots : le palmier !

 

 

"Il s'embarqua à l'échelle de Tunis ; un vent favorable le conduit à Carthagène, il descend du navire et prend aussitôt la route de Grenade : il s'annonçait comme un médecin arabe qui venait herboriser parmi les rochers de la Sierra- Nevada. Une mule paisible le portait lentement dans le pays où les Abencerages volaient jadis sur de belliqueux coursiers ; un guide marchait en avant, conduisant deux autres mules ornées de sonnettes et de touffes de laine de diverses couleurs. Aben-Hamet traversa les grandes bruyères et les bois de palmiers du royaume de Murcie : à la vieillesse de ces palmiers il jugea qu'ils devaient avoir été plantés par ses pères, et son cœur fut pénétré de regrets. Là s'élevait une tour où veillait la sentinelle au temps de la guerre des Maures et des chrétiens ; ici se montrait une ruine dont l'architecture annonçait une origine mauresque, autre sujet de douleur pour l'Abencerage ! Il descendait de sa mule, et, sous prétexte de chercher des plantes, il se cachait un moment dans ces débris, pour donner un libre cours à ses larmes. Il reprenait ensuite sa route en rêvant au bruit des sonnettes de la caravane et au chant monotone de son guide. Celui-ci n'interrompait sa longue romance que pour encourager ses mules, en leur donnant le nom de belles et de valeureuses , ou pour les gourmander, en les appelant paresseuses et obstinées."


Dans ce texte de Chateaubriand, extrait d'une nouvelle intitulée Le dernier Abencérage, le héros maure Aben-Hamet qui revient sur la terre de ses ancêtres, découvre, avec émerveillements et émotion, un bois de palmiers situé dans la région de Murcie, au sud de l'Espagne...

Aben-Hamet, parti de Tunis, est subjugué par ces paysages de son ancienne patrie...


Le mot "palmier" nous berce, aussitôt, de ses balancements alanguis, il fait naître des paysages lointains, exotiques, des déserts de dunes et de barcanes, d'où surgissent des oasis de verdures.


Le mot nous fait rêver, avec ses sonorités de labiales, pleines de sensualité, avec ses voyelles, dont l'une, ouverte, évoque bien la forme épanouie de la palme, et l'autre, plus fermée, suggère toute la finesse des ramilles qui composent les feuilles.


On voit des paysages, au bord du Nil, hérissés de palmiers et de roseaux, on voit des palmes ondoyantes, sous un air léger et subtil.


Le mot "palme" aux origines anciennes, venu du latin "palma", a gardé sa forme originelle.


"Palma", c'est d'abord la paume de la main et le mot "paume" est issu, aussi, de ce terme latin. La feuille palmée ne ressemble-t-elle pas à une main ouverte ?


Ainsi, la "palme" et la "paume" ont une origine commune. La palme était, aussi, dans l'antiquité, un symbole de victoire, qui s'est perpétué dans la palme d'or d'un certain festival...


Le palmier, quant à lui, évoque les pays du sud, la Méditerranée, au climat doux et tempéré, il nous emmène vers l'Afrique mystérieuse, ses paysages désertiques, aux sables dorés, aux molles barcanes.


On entrevoit une palmeraie, pleine d'une fraîcheur apaisante... Le mot nous invite à une douce rêverie : empli de poésie, il donne une impression de paix, de bonheur calme et tranquille.

Le palmier nous apaise, nous fait voir des soleils renouvelés, des éblouissements de lumières, il nous fait entendre de légers bruissements.

Dans l'extrait de l'oeuvre de Chateaubriand, on voit le héros traverser "les bois de palmiers du royaume de Murcie."

L'évocation prend un relief poétique particulier, grâce à l'utilisation du nom propre "Murcie" qui évoque l'Espagne, avec des sonorités, à la fois, douces et âpres : labiale "m", sifflante "s", gutturale "r".

"Murcia ! Ségura!" Que d'exotisme dans ces noms venus d'Espagne !


Comment ne pas être sensible à la grâce de ces palmiers du royaume de Murcie ?

Comment ne pas en percevoir la beauté et l'élégance ?






http://www.audiocite.net/livres-audio-gratuits-romans/francois-rene-de-chateaubriand-le-dernier-abencerage.html
 

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