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13 janvier 2019 7 13 /01 /janvier /2019 15:12
Arbres d'hiver au soleil couchant...

 

 

Soleil brouillé d'hiver, soleil à son déclin, soleil pâlissant sous des brumes de nuées...

 

Les arbres dressent leurs silhouettes fantomatiques, hérissant le ciel de tourbillons de ramilles somptueuses, entrelacs sombres et obscurs...

 

Les arbres tracent à l'encre de Chine des toiles de résilles, des arabesques, des mailles subtiles...

 

Le soleil éclaire chaque ramille, des finesses de branches, des myriades de motifs entrelacés.

 

Le soleil redessine les arbres dépouillés de l'hiver...

 

 

 

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

Arbres d'hiver au soleil couchant...
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27 décembre 2018 4 27 /12 /décembre /2018 12:29
Une leçon d'étoiles...

 

Pour apprendre les étoiles, rien de mieux que d'écouter un berger de Provence nous en parler : on ne peut que savourer sa façon de décrire le ciel et ses mystères...

Il faut relire le récit intitulé Les étoiles, inséré dans le recueil d'Alphonse Daudet, Les lettres de mon moulin.

Un texte où un jeune berger raconte à la première personne une nuit passée à la belle étoile auprès de Stéphanette, la fille de ses maîtres...

 

Le berger solitaire, occupé à garder ses bêtes sur Le Luberon, pendant le mois de Juillet, reçoit la visite inhabituelle de Stéphanette  qui lui apporte ses "vivres de quinzaine."

Bloquée par un orage, la jeune fille est contrainte de passer la nuit auprès du berger.

Le jeune homme amoureux est ravi de cette opportunité qui lui permet de mieux faire connaissance avec la demoiselle.

 

Il nous raconte alors la nuit et ses mystères... Un monde poétique où l'obscurité amplifie les bruits, les lumières qui brillent... "un monde mystérieux s'éveille dans la solitude et le silence..."

La nature se met à vivre plus intensément : "les sources chantent bien plus clair, les étangs allument de petites flammes". Personnifiée, la nature est ainsi magnifiée par ce berger poète qui évoque "les esprits de la montagne qui vont et viennent librement".

 

Puis, la jeune fille émerveillée tourne son regard vers le ciel, éblouie par tant d'étoiles.

C'est alors que le berger lui donne une leçon d'étoiles...

Il lui montre la Voie lactée ou "le Chemin de Saint-Jacques", puis la Grande Ourse ou "le Char des Ames"...

Des noms surgissent dans la nuit, emplis de symboles et de poésie.

Les étoiles ouvrent des chemins, font naître des images de char lumineux, prennent vie, deviennent des personnages, "un Charretier, Trois Rois, Jean de Milan, le flambeau des astres"...

Le berger évoque aussi des histoires merveilleuses, des mariages d'étoiles...

Enfin, il nomme "la plus belle des étoiles", "l'Etoile du Berger" qui "éclaire à l'aube quand nous sortons le troupeau et aussi, le soir quand nous le rentrons..."

Elle devient elle aussi un personnage prénommée "Maguelonne".

La scène s'achève dans une ambiance de complicité entre les deux personnages puisque la jeune fille pose sa tête sur l'épaule du berger et s'endort. Les étoiles comparées à un troupeau se meuvent dans le ciel et le berger imagine alors qu'une étoile "la plus fine, la plus brillante" vient de se poser sur son épaule...

 

 

 

Le texte :

 

"Cependant la nuit était venue tout à fait. Il ne restait plus sur la crête des montagnes qu’une poussière de soleil, une vapeur de lumière du côté du couchant. Je voulus que notre demoiselle entrât se reposer dans le parc. Ayant étendu sur la paille fraîche une belle peau toute neuve, je lui souhaitai la bonne nuit, et j’allai m’asseoir dehors devant la porte… Dieu m’est témoin que, malgré le feu d’amour qui me brûlait le sang, aucune mauvaise pensée ne me vint ; rien qu’une grande fierté de songer que dans un coin du parc, tout près du troupeau curieux qui la regardait dormir, la fille de mes maîtres, — comme une brebis plus précieuse et plus blanche que toutes les autres, — reposait, confiée à ma garde. Jamais le ciel ne m’avait paru si profond, les étoiles si brillantes… Tout à coup, la claire-voie du parc s’ouvrit et la belle Stéphanette parut. Elle ne pouvait pas dormir. Les bêtes faisaient crier la paille en remuant, ou bêlaient dans leurs rêves. Elle aimait mieux venir près du feu. Voyant cela, je lui jetai ma peau de bique sur les épaules, j’activai la flamme, et nous restâmes assis l’un près de l’autre sans parler. Si vous avez jamais passé la nuit à la belle étoile, vous savez qu’à l’heure où nous dormons, un monde mystérieux s’éveille dans la solitude et le silence. Alors les sources chantent bien plus clair, les étangs allument des petites flammes. Tous les esprits de la montagne vont et viennent librement ; et il y a dans l’air des frôlements, des bruits imperceptibles, comme si l’on entendait les branches grandir, l’herbe pousser. Le jour, c’est la vie des êtres ; mais la nuit, c’est la vie des choses. Quand on n’en a pas l’habitude, ça fait peur… Aussi notre demoiselle était toute frissonnante et se serrait contre moi au moindre bruit. Une fois, un cri long, mélancolique, parti de l’étang qui luisait plus bas, monta vers nous en ondulant. Au même instant une belle étoile filante glissa par-dessus nos têtes dans la même direction, comme si cette plainte que nous venions d’entendre portait une lumière avec elle.

— Qu’est-ce que c’est ? me demanda Stéphanette à voix basse.

— Une âme qui entre en paradis, maîtresse ; et je fis le signe de la croix.

Elle se signa aussi, et resta un moment la tête en l’air, très recueillie. Puis elle me dit :

— C’est donc vrai, berger, que vous êtes sorciers, vous autres ?

— Nullement, notre demoiselle. Mais ici nous vivons plus près des étoiles, et nous savons ce qui s’y passe mieux que des gens de la plaine. 
Elle regardait toujours en haut, la tête appuyée dans la main, entourée de la peau de mouton comme un petit pâtre céleste :

— Qu’il y en a ! Que c’est beau ! Jamais je n’en avais tant vu… Est-ce que tu sais leurs noms, berger ?

— Mais oui, maîtresse… Tenez ! juste au-dessus de nous, voilà le Chemin de saint Jacques (la voie lactée). Il va de France droit sur l’Espagne. C’est saint Jacques de Galice qui l’a tracé pour montrer sa route au brave Charlemagne lorsqu’il faisait la guerre aux Sarrasins. Plus loin, vous avez le Char des âmes (la grande Ourse) avec ses quatre essieux resplendissants. Les trois étoiles qui vont devant sont les Trois bêtes, et cette toute petite contre la troisième c’est le Charretier. Voyez-vous tout autour cette pluie d’étoiles qui tombent ? ce sont les âmes dont le bon Dieu ne veut pas chez lui… Un peu plus bas, voici le Râteau ou les Trois rois (Orion). C’est ce qui nous sert d’horloge, à nous autres. Rien qu’en les regardant, je sais maintenant qu’il est minuit passé. Un peu plus bas, toujours vers le midi, brille Jean de Milan, le flambeau des astres (Sirius). Sur cette étoile-là, voici ce que les bergers racontent. Il paraît qu’une nuit Jean de Milan, avec les Trois rois et la Poussinière (la Pléiade), furent invités à la noce d’une étoile de leurs amies. La Poussinière, plus pressée, partit, dit-on, la première, et prit le chemin haut. Regardez-la, là-haut, tout au fond du ciel. Les Trois rois coupèrent plus bas et la rattrapèrent ; mais ce paresseux de Jean de Milan, qui avait dormi trop tard, resta tout à fait derrière, et furieux, pour les arrêter, leur jeta son bâton. C’est pourquoi les Trois rois s’appellent aussi le Bâton de Jean de Milan… Mais la plus belle de toutes les étoiles, maîtresse, c’est la nôtre, c’est l’Étoile du berger, qui nous éclaire à l’aube quand nous sortons le troupeau, et aussi le soir quand nous le rentrons. Nous la nommons encore Maguelonne, la belle Maguelonne qui court après Pierre de Provence (Saturne) et se marie avec lui tous les sept ans.

— Comment ! berger, il y a donc des mariages d’étoiles ?

— Mais oui, maîtresse.

Et comme j’essayais de lui expliquer ce que c’était que ces mariages, je sentis quelque chose de frais et de fin peser légèrement sur mon épaule. C’était sa tête alourdie de sommeil qui s’appuyait contre moi avec un joli froissement de rubans, de dentelles et de cheveux ondés. Elle resta ainsi sans bouger jusqu’au moment où les astres du ciel pâlirent, effacés par le jour qui montait. Moi, je la regardais dormir, un peu troublé au fond de mon être, mais saintement protégé par cette claire nuit qui ne m’a jamais donné que de belles pensées. Autour de nous, les étoiles continuaient leur marche silencieuse, dociles comme un grand troupeau ; et par moments je me figurais qu’une de ces étoiles, la plus fine, la plus brillante, ayant perdu sa route, était venue se poser sur mon épaule pour dormir…"

 

 

 

https://fr.wikisource.org/wiki/Lettres_de_mon_moulin/Les_%C3%A9toiles

 

 

 

 

Une leçon d'étoiles...
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23 décembre 2018 7 23 /12 /décembre /2018 14:06
Lumières sur l'amphithéâtre...

 

 

Les façades de l'édifice brillent de jets d'eau lumineux, tandis que des statues antiques s'impriment dans la pierre...

 

Soudain, les arcades se peuplent d'oiseaux somptueux, aux teintes de roses... Soudain, c'est une envolée d'oiseaux qui envahit l'obscurité de la nuit.

 

Les murs se couvrent, alors, de briques comme dessinées par une main magique : des teintes douces surgissent, puis des prismes de couleurs éclatantes qui transforment le monument en un palais moderne et lumineux.

 

Puis, ce sont de lourds flocons de neige qui recouvrent majestueusement les murs de l'antique édifice.

Soudain, c'est, à l'inverse, un paysage désertique de dunes qui se dessine : les chameaux des Rois mages avancent lentement alors que des bougies illuminent la scène...

 

Soudain, des étoiles, des décors féeriques de sucres d'orge, de fruits, de pères Noël... et voilà que les façades ruissellent d'or et d'étincelles !

 

 

 

 

 

 

 

 

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19 décembre 2018 3 19 /12 /décembre /2018 11:18
L'orange de Noël...

 

Les enfants recevaient autrefois une simple orange en guise de cadeau de Noël... les temps ont bien changé, désormais ils sont submergés de cadeaux. Noël est devenue une fête de la surconsommation, où les enfants sont souvent choyés à l'excès.

 

Jusque vers le milieu du vingtième siècle, l'orange était un mets de choix, venu des pays du sud, un fruit aux teintes dorées, symbole de soleil.

 

Et quand on y songe, quelle merveille ! Un fruit tout en rondeurs et sensualité, un fruit aux senteurs enivrantes, aux couleurs chaleureuses de l'été, au coeur même de l'hiver.

Autrefois recouverte d'un papier de soie, l'orange exhalait ses parfums, dès qu'on la découvrait...

Une merveille de la nature que nous ne voyons plus, tellement nous sommes blasés...

 

Il faut relire la somptueuse description qu'en fait Alphonse Daudet, dans Les lettres de mon moulin.

Il évoque ces fruits en faisant appel à tous les sens...

Il est vrai qu'il décrit ces oranges alors qu'elles sont encore sur les arbres...

Couleurs, senteurs, éclats des fruits, l'évocation nous fait voyager vers l'Algérie, à Blidah...

Les oranges de Blidah sont magnifiées, entourées d'une "auréole de splendeur", serties d'un feuillage "sombre, lustré, vernissé".

Elles apparaissent dans un décor de neige où "tous les fruits poudrés à frimas avaient une douceur splendide, un rayonnement discret comme de l'or voilé de claires étoffes blanches..."

Les oranges sont sublimées et deviennent des trésors, elles sont comparées à "des verres de couleurs", "des fleurs éclatantes". Une exclamation restitue l'admiration du spectateur : "c'est là qu'elles étaient belles !"

Les couleurs rayonnantes des fruits sont amplifiées par le décor blanc de neige.

Les oranges sont personnifiées, comme vêtues de "claires étoffes blanches" "de soutanes rouges sous des robes de dentelles, de dorures d'autel enveloppées de guipures."

Plus loin, l'auteur nous fait découvrir les oranges d'un jardin au nom magique et mystérieux : "Barbicaglia", un jardin en Corse près d'Ajaccio...

Le seul nom de ce lieu fait rêver ! Les sonorités redondantes de labiale "b", les échos répétés de la voyelle "a', de la voyelle "i" nous transportent dans un univers poétique.

Et la description qui suit fait intervenir différentes sensations, d'abord le sens olfactif : "les orangers en fleur et en fruit brûlaient leurs parfums d’essences."

Puis, on entend "le bruit mat d'une orange mûre, tombée tout à coup... sur la terre pleine."

La sensation visuelle contribue à la beauté du tableau :"des fruits superbes, d’un rouge pourpre à l’intérieur..."

Entre les feuilles des orangers, la mer offre aussi un arrière plan somptueux avec "des espaces bleus éblouissants comme des morceaux de verre brisés qui miroitaient dans la brume de l’air."

Ainsi, Daudet nous fait percevoir ces merveilles de la nature : les oranges, des fruits aux teintes solaires, aux parfums enivrants, aux formes sensuelles...

 

 

Le texte :

 

"Pour bien connaître les oranges, il faut les avoir vues chez elles, aux îles Baléares, en Sardaigne, en Corse, en Algérie, dans l’air bleu doré, l’atmosphère tiède de la Méditerranée. Je me rappelle un petit bois d’orangers, aux portes de Blidah ; c’est là qu’elles étaient belles ! Dans le feuillage sombre, lustré, vernissé, les fruits avaient l’éclat de verres de couleur, et doraient l’air environnant avec cette auréole de splendeur qui entoure les fleurs éclatantes. Çà et là des éclaircies laissaient voir à travers les branches les remparts de la petite ville, le minaret d’une mosquée, le dôme d’un marabout, et au-dessus l’énorme masse de l’Atlas, verte à sa base, couronnée de neige comme d’une fourrure blanche, avec des moutonnements, un flou de flocons tombés.

Une nuit, pendant que j’étais là, je ne sais par quel phénomène ignoré depuis trente ans cette zone de frimas et d’hiver se secoua sur la ville endormie, et Blidah se réveilla transformée, poudrée à blanc. Dans cet air algérien si léger, si pur, la neige semblait une poussière de nacre. Elle avait des reflets de plumes de paon blanc. Le plus beau, c’était le bois d’orangers. Les feuilles solides gardaient la neige intacte et droite comme des sorbets sur des plateaux de laque, et tous les fruits poudrés à frimas avaient une douceur splendide, un rayonnement discret comme de l’or voilé de claires étoffes blanches. Cela donnait vaguement l’impression d’une fête d’église, de soutanes rouges sous des robes de dentelles, de dorures d’autel enveloppées de guipures…

Mais mon meilleur souvenir d’oranges me vient encore de Barbicaglia, un grand jardin auprès d’Ajaccio où j’allais faire la sieste aux heures de chaleur. Ici les orangers, plus hauts, plus espacés qu’à Blidah, descendaient jusqu’à la route, dont le jardin n’était séparé que par une haie vive et un fossé. Tout de suite après, c’était la mer, l’immense mer bleue… Quelles bonnes heures j’ai passées dans ce jardin ! Au-dessus de ma tête, les orangers en fleur et en fruit brûlaient leurs parfums d’essences. De temps en temps, une orange mûre, détachée tout à coup, tombait près de moi comme alourdie de chaleur, avec un bruit mat, sans écho, sur la terre pleine. Je n’avais qu’à allonger la main. C’étaient des fruits superbes, d’un rouge pourpre à l’intérieur. Ils me paraissaient exquis, et puis l’horizon était si beau ! Entre les feuilles, la mer mettait des espaces bleus éblouissants comme des morceaux de verre brisés qui miroitaient dans la brume de l’air. Avec cela le mouvement du flot agitant l’atmosphère à de grandes distances, ce murmure cadencé qui vous berce comme dans une barque invisible, la chaleur, l’odeur des oranges… Ah ! qu’on était bien pour dormir dans le jardin de Barbicaglia !"

 

 

 

Le texte intégral :

 

https://fr.wikisource.org/wiki/Lettres_de_mon_moulin/Les_oranges

 

 

 

 

L'orange de Noël...
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16 décembre 2018 7 16 /12 /décembre /2018 14:00
Chevaux de lumières !

 

 

Noël, c'est la fête des regards grâce aux somptueuses illuminations qui décorent les rues de nos villes et qui suscitent le rêve, l'imagination...

 

Deux chevaux qui, dans l'obscurité, caracolent, tirant un char enluminé de pourpre et d'or : un spectacle pour nous éblouir et nous émerveiller...

 

Les chevaux se cabrent, scintillants de lumières... Les chevaux s'envolent dans la nuit et rejoignent les étoiles...

 

Les chevaux semblent se hisser vers l'immensité de la nuit...

 

Devant le temple antique aux teintes dorées, devant les colonnes aux feuilles d'acanthe, les chevaux dansent, leurs pattes fuselées dessinent des arabesques...

 

Leurs silhouettes deviennent légères, aériennes, comme un troupeau d'étoiles dans l'obscurité de la nuit...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

Chevaux de lumières !
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9 décembre 2018 7 09 /12 /décembre /2018 14:45
L'arbre dentelles...

 

 

Le marronnier dévoile ses branches nues : guipures, résilles sur un ciel automnal...

 

L'arbre danse, chaloupe, tord ses branches sombres, ses ramilles somptueuses....

 

L'arbre enroule sa ramure qui tangue sur les nuées...

 

Le ciel bleu, blanc, gris se nuance de camaïeux tandis que l'arbre virevolte, se déhanche, dessine des réseaux subtils, tisse des toiles d'arantèles... 

 

L'arbre dépouillé se disperse en brumes sombres, trace des motifs délicats, se hérisse de griffes légères.

 

L'arbre danse, déroule des festons, des entrelacs soyeux...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

L'arbre dentelles...
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2 décembre 2018 7 02 /12 /décembre /2018 16:38
Lune du matin...

 

 

 

Entre les pins, la lune éclaire le ciel dans un halo de lumière.... le ciel se nimbe aussi de nuées roses et grises, douces teintes de l'aurore aux doigts de rose...

 

Spectacle apaisant de l'aurore naissante : le soleil teinte les nuages de roses, alors que la lune fait resplendir ses éclats dorés dans le lointain...

 

 

Les deux astres se répondent pour nous offrir un si doux spectacle...

Lune et soleil forment une harmonie emplie de sérénité, de tendresse.

 

 

Les nuées s'étagent sur l'horizon, en brouées roses et blanches si légères...

 

Les nuées répandent leurs embruns vaporeux et soyeux...

 

 

 

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

Lune du matin...
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18 novembre 2018 7 18 /11 /novembre /2018 15:16
Feuilles dorées et mordorées...

 

 

Feuilles dorées et mordorées, elles se teintent d'éclats de brun... elles illuminent le jardin de leurs couleurs solaires, au coeur de l'automne.

 

 

Sous la grisaille, le tilleul resplendit de lumières.

 

 

L'arbre rayonne de ses feuilles éblouissantes bordées de brun... légères dentelles qui encerclent le feuillage...

 

L'arbre se pare de reflets somptueux et flamboyants... il irradie le jardin environnant...

 

 

Les feuilles s'auréolent de bruns, elles racontent l'automne, ses couleurs dorées, ses embruns brûlés, ses teintes lumineuses et chaleureuses.

 

Les feuilles délicates et fragiles se nimbent de somptueux camaïeux aux teintes de xanthe.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

Feuilles dorées et mordorées...
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16 novembre 2018 5 16 /11 /novembre /2018 11:58
Du théâtre dans un salon... pour découvrir la poésie érotique de la Renaissance...

 

 

Du théâtre dans un salon, c'est une façon de découvrir au plus près le métier de comédien... ce soir-là, nous sommes invités dans une maison en campagne, nous sommes reçus par la maîtresse du lieu, puis nous entrons dans un salon orné d'une immense bibliothèque : la présence des livres en arrière plan du spectacle donne déjà le ton... on va parler de littérature, de livres et de poèmes oubliés...

 

"Petit traité du plaisir qui met oubli à la mort"... tel est le titre de ce spectacle...

 

Un comédien nous fait découvrir une poésie érotique pleine de gourmandise, celle des poètes du 16ème siècle : Ronsard, Marot, Jean Auvray, Olivier de Magny, Isaac Habert, et tant d'autres... de l'érotisme charmant, empreint de grâce, de délicatesse et d'une certaine audace.

Une belle invitation à l'amour et à la lecture...

 

Le comédien, Nicolas Raccah rentre en scène et présente son spectacle : L'amour en 5 chapitres... il feuillette un gros dictionnaire, un Larousse, et au fil des pages, égrène des mots... il s'arrête sur le mot "désir", nom masculin !

Et de fait, les femmes n'avaient pas accès à la parole érotique ou si peu, en cette époque où elles étaient invitées à la discrétion, à l'humilité, au silence, à l'obéissance, vertus suprêmes !

 

Par ailleurs, que de libertés dans certains poèmes du 16ème siècle, écrits par des hommes !

On songe, par exemple, à ce poème de Ronsard, dédié au sexe féminin :

"Je te salue ô vermeillette fente,
Qui vivement entre ces flancs reluis :
Je te salue ô bienheureux pertuis,
Qui rends ma vie heureusement contente.

C’est toi qui fais, que plus ne me tourmente
L’archer volant, qui causait mes ennuis.
T’ayant tenu seulement quatre nuits
Je sens sa force en moi déjà plus lente.

Ô petit trou, trou mignard, trou velu
D’un poil follet mollement crêpelu,
Qui à ton gré domptes les plus rebelles,

Tous verts galants devraient pour t’honorer
À beaux genoux te venir adorer
Tenant au poing leurs flambantes chandelles."

Voilà une parodie audacieuse et troublante du "Je te salue, Marie pleine de grâce..."

 

Les poètes de la Renaissance ont écrit, ainsi, de nombreux poèmes coquins : on les découvre au fil du spectacle... Des poèmes qui méritent d'être dits et savourés avec bonheur : ils dénotent une joie de vivre, une grande liberté...

 

Le comédien revient alors au dictionnaire, tourne à nouveau les pages, déroule des noms, des verbes, s'attarde sur un autre mot : le "baiser" : nom masculin, encore ! Eh oui, les humanistes étaient, en général, des hommes.

Et, pourtant, une femme, une seule, a osé écrire sur le baiser, elle s'appelle Louise Labé, et quel poème ! Quel éblouissement ! 

 

"Baise m’encor, rebaise-moi et baise ;
Donne m’en un de tes plus savoureux,
Donne m’en un de tes plus amoureux :
Je t’en rendrai quatre plus chauds que braise.

Las ! te plains-tu ? Çà, que ce mal j’apaise,
En t’en donnant dix autres doucereux.
Ainsi, mêlant nos baisers tant heureux,
Jouissons-nous l’un de l’autre à notre aise".

 

Le chapitre 3 permet d'évoquer le sexe masculin,"le flageolet, la birouette, l'asperge, le chinois, la chose, l'anchois, la flûte à moustache, l'aiguillon, le petit frère, le Jésus, la baïonnette, le doigt sans ongle"... tant de mots et d'expression savoureuses ! Comment ne pas être étonné par tant d'inventivité dans le langage ?

Une seule femme, Madeleine de l'Aubépine a osé évoquer le sujet, mais elle le fait dans un poème masqué, intitulé Le luth :


"Pour le plus doux ébat que je puisse choisir,

Souvent, après dîner, craignant qu'il ne m'ennuie,

Je prends le manche en main, je le tâte et manie,

Tant qu'il soit en état de me donner plaisir.

 

Sur mon lit je me jette, et, sans m'en déssaisir,

Je l'étreins de mes bras et sur moi je l'appuie,

Et, remuant bien fort, d'aise toute ravie,

Entre mille douceurs j'accomplis mon désir.

 

S'il advient, par malheur, quelquefois qu'il se lâche,

De la main je le dresse, et, derechef, je tâche

A jouir du plaisir d'un si doux mouvement..."

 

Le chapitre 4 est consacré au sexe féminin, "le hérisson, le bonbon, la tabatière, l'abricot fendu, la framboise, l'autel velu, le barbu, le bijou, le coquelicot charnu, l'oiseau lyre, l'oasis...", encore des mots pleins de saveur, de poésie, de douceur.

 

Enfin, la lecture du dictionnaire s'achève évidemment sur le mot "plaisir", encore un mot masculin, alors que les sept péchés capitaux sont de genre féminin...

 

Le spectacle était ponctué de références historiques nombreuses qui permettaient de percevoir une emprise de plus en plus grande de la censure à la fin du 16ème siècle...

Très applaudi par l'assemblée, Nicolas Raccah a fait revivre toute une époque, éprise de liberté, de bonheur...

Ce fut une belle soirée littéraire : un mélange de tendresse, d'audace, de poésie, d'humour...

 

 

 

Une émission sur France Culture :

http://compagnie-fataleaubaine.com/le-petit-traite-du-plaisir-qui-met-oubli-a-la-mort/

 

 

 

 

Du théâtre dans un salon... pour découvrir la poésie érotique de la Renaissance...
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11 novembre 2018 7 11 /11 /novembre /2018 13:26
Arabesques sur l'azur...

 

 

Un arbre dépouillé trace des arabesques sur l'azur, des envols de brindilles, des finesses de branches...

 

Sombres, ténébreuses, les branches s'arrondissent en arantèles... des dentelles, des guipures, des résilles apparaissent.

 

Quelle finesse dans les entrelacs de branches, quelle élégance !

 

Au loin, d'autres arbres s'épanouissent encore de leurs feuillages aux teintes de xanthe...

 

L'automne rayonnant révèle des décors somptueux, où se mêlent ciel pur, branches dénudées, panaches de couleurs...

 

L'automne dessine des tableaux emplis de charme, de sérénité, d'harmonie...

 

 

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

Arabesques sur l'azur...
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