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6 octobre 2014 1 06 /10 /octobre /2014 16:41

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La simplicité de cette chanson écrite et composée par Alain Barrière, sa clarté, son évidence nous émeuvent...

 

Ponctué par des adverbes d'intensité : "si jolie", "trop jolie", le texte évoque une beauté qui attire, et éloigne en même temps : la beauté fait peur, parfois, elle effraie, elle laisse sans voix l'amoureux.

 

Associée au vent qui l'emporte, la jeune femme désignée simplement par le pronom "elle", terme assez vague, paraît d'autant plus lointaine... elle s'enfuit, alors que le vent personnifié raconte encore la beauté de la jeune femme.

 

Le texte écrit au passé, à l'imparfait évoque un souvenir d'autrefois d'un amour qui semble perdu irrémédiablement.

 

Brusquement, le retour au présent redonne une forme d'espoir, mais le vent parle au poète et évoque une forme d'impossibilité à aimer toute une vie.

 

Par ailleurs, l'évocation de l'automne associé aux larmes montre et souligne l'éloignement de la jeune femme.

 

Le poète voit alors "sa robe tourbillonner", dans un parc où virevoltent les feuilles d'automne qui sont personifiées puisqu' elles "frissonnent".

Mais, la jeune femme n'est désormais, plus qu'un rêve...

 

Ce paysage automnal représente bien l'état d'âme du poète : ce sont ses propres frissons que l'on perçoit, en fait, dans cette description pleine de regrets et de mélancolie liée à l'automne.

 

La nature personnifiée, le vent qui parle, les feuilles qui frissonnent donnent à cette évocation une grande poésie...

 

Le vent apparaît bien, ici, comme le symbole de la fuite du temps qui emporte tout sur son passage... Les vers très courts peuvent suggérer l'envolée du vent et l'écoulement rapide du temps qui passe.

 

La mélodie souligne la douceur, le rêve représenté par la beauté de la jeune femme. Les finales de voyelles féminines soulignées dans la prononciation, "joli-e, ravi-e, parti-e" accentuent cette impression de douceur.

 

On retrouve dans ce texte, des thèmes traditionnels : le temps qui passe, l'amour et la difficulté de l'exprimer, l'automne qui évoque la tristesse, un amour perdu que le souvenir garde intact.

 

La simplicité, l'harmonie de la mélodie redonnent vie à ces thèmes éternels...

 

http://youtu.be/nNYLj_Rdx9c

 

http://youtu.be/nO3DyGZhq2o

 

http://youtu.be/ZVkdMRmSCuo

 

 http://youtu.be/kx-18sc1wNE

 

Photos d'automne : creative commons  Bluepoint / Jean Pol Grandmont / Tracy

 

 

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4 octobre 2014 6 04 /10 /octobre /2014 18:26

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Dans des éboulis de pierrailles, au fond du lit d'une rivière d'été, on trouve, parfois, des pierres étonnantes par leurs formes, leurs teintes, leurs motifs...

 

Sculptés par l'eau, ces galets révèlent des beautés lumineuses, aux teintes d'opales, des roses tendres, des gris veinés d'ocres.

 

C'est comme si la nature avait créé de véritables oeuvres d'art, dignes d'un sculpteur, ou d'un peintre.

 

Une pierre rose striée de deux traits... des galets troués de cratères luminescents... des rocailles marbrées de dentelles, couleur de rouille.

 

Des roches, en relief, qui semblent traversées de motifs multiples, des pierres lisses à peine piquetées de quelques coups d'épingles...

 

Des galets qui dessinent des alvéoles, aux formes diverses, et qui ressemblent à des nids d'abeilles.

 

Une pierre, aux étages de couleur rose, ocre, puis rose encore... Des rocailles couvertes de scories, de dessins obscurs, indéchiffrables.

 

D'autres, couleur de brique, marbrées de blanc-beige, pierres rondes, ovales qui suggèrent mille formes géométriques... des pierres qui viennent du fond des âges et d'horizons si lointains...

 

Que de mystères dans ces rocailles, charriées par les fleuves ! Que de découvertes !

Les vagues du fleuve s'y dessinent, imprègnent leurs marques indélébiles, le déferlement des eaux montre son lent travail d'érosion.

 

Les pierres semblent vivre du mouvement même des fleuves, elles s'imprègnent de leurs vagues, de leurs colères, de leur violence.

 

Rongées ou lissées par l'eau, elles nous font découvrir un monde coloré, aux tons de pastels, tantôt, des embruns d'orages tourmentés, des clameurs, des emportements, tantôt, la douceur et l'apaisement des ondes.

 

Ces pierres nous disent la violence, le bercement des ondes, la fureur et la fluidité des eaux...

 

Elles ressemblent, parfois, à de véritables galets sculptés par la main de l'homme. Elles nous font font voir des tableaux, des paysages, des couleurs d'aube naissante, des nuées rougeoyantes, des éclats...

 


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Photos : rosemar



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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 17:19
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"Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres ; 
Adieu, vive clarté de nos étés trop courts ! 
J'entends déjà tomber avec des chocs funèbres 
Le bois retentissant sur le pavé des cours."
Ces vers célèbres de Baudelaire sont extraits d'un poème intitulé Chant d'automne, inséré dans les Fleurs du mal.
Avec le mot "ténèbres", on entre dans le monde de la nuit et du mystère.... Ce nom, aux sonorités de dentale, de labiale et de gutturale entrelacées nous étonne : voilà un mot qui nous parle !
 
Il nous parle de l'obscurité, du prince des ténèbres, de l'esprit des ténèbres, des ténèbres de l'ignorance et de la barbarie, il vient d'une racine indo-européenne "tem-" qui signifie "noir".
 
Ce mot nous parle de terreurs ancestrales, associées à la tombée de la nuit, un monde flou, incertain, où les objets semblent s'animer de formes inquiétantes.
 
Les voyelles peu contrastées de ce terme lui confèrent une tonalité sombre, étrange, feutrée....
 
On accède à un univers fantastique où tout est possible, on est plongé dans le noir, d'autant que ce mot, toujours employé au pluriel, nous enveloppe de ses replis obscurs. 
 
Le mot suggère différentes images : des nuages sombres, une prison, une forêt, une grotte, la mort, l'enfermement.
 
Associées à la couleur noire, les ténèbres sont, souvent, inquiétantes : la vue s'affaiblit, s'obscurcit , et le monde, autour de nous, change notablement...
 
Symboles de l'obscurantisme, de l'ignorance, les ténèbres ne sont guère valorisées.
 
Et pourtant, quel charme revêtent les ténèbres de la nuit !
 
Quand les étoiles peuplent le ciel, de leurs fins éclats, quelle harmonie et quelle douceur dans l'apaisement de la nuit !
 
Les ténèbres sont, parfois, bienveillantes, elles nous entraînent vers le monde des rêves, du repos.
 
Elles nous bercent d'étoiles, nous invitent au recueillement.
 
Les ténèbres permettent un renouveau, une renaissance, après l'oubli procuré par le sommeil...
 
J'aime ce mot empreint de mystères, aux sonorités sourde et sonore, aux teintes adoucies, aux lueurs hésitantes.
 
Voilà un mot chargé de symboles et de résonances : associé à la nuit, il vibre de sonorités, il impose sa présence avec sa gutturale "r", pleine de rudesse et de noirceur...
 
Lié à l'obscurité, il nous fait frissonner de peurs et nous procure, aussi, parfois, une forme de sérénité...
 
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Photos : Christelle et rosemar

 

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28 septembre 2014 7 28 /09 /septembre /2014 17:41

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Voilà une romance pleine de douceur, au texte un peu suranné, une belle déclaration d'amour à la fois passionnée et teintée de retenue...

 

Extrait d'un opéra, que l'on doit à François Bazin, pour la musique, la romance de Maître Pathelin émeut par sa simplicité, sa poésie.

Texte lyrique, à la première personne, cette chanson, créée en 1856, évoque un amour qui n'ose pas se déclarer.

 

La pensée obsédante de l'amoureux se traduit par des répétitions de constructions : "quand je m'éveille, quand je sommeille"... Jour et nuit alternent, avec toujours la même idée en tête.

 

Les sonorités de sifflantes, de chuintantes restituent la douceur et la tendresse de cet amour secret.

Le bonheur serait de voir cet amour partagé, avec l'espoir d'un aveu...

 

Par l'alternance entre la première et la deuxième personne, le poète instaure un dialogue, mais la distance semble infranchissable entre les deux êtres.

L'emploi de la deuxième personne du pluriel "vous" souligne la séparation, l'éloignement.


Et curieusement, c'est la peur qui domine, marquée par l'interjection "hélas", et soulignée par l'adverbe "trop". "J'ai trop peur de vous", déclare le poète.

 

L'amoureux "guette" la jeune femme, espère une rencontre : il se parle à lui-même, comme pour se donner du courage " je me dis par un doux langage/ Aujourd'hui je veux l'émouvoir..."

Le verbe "vouloir", répété à trois reprises, insiste sur un désir très intense qui n'arrive pas à son terme.

 

A la fin du texte, la distance semble presque abolie par le passage à la deuxième personne du singulier : "Je veux, je veux, dans mon brûlant délire / Dire je t'aime en tombant à genoux."

 

Mais la peur réapparaît, paralysante, inexorable, interdisant, apparemment, tout espoir.

 

Amour intense, pudeur, exaltation caractérisent le texte de cette romance.

 

Quant à la mélodie, elle est conforme aux sentiments, pleine de sensibilité et d'émotions...

Cette romance emplie de tendresse évoque, en moi, des souvenirs : mon père fredonnait, autrefois, cette chanson... Pleine de simplicité, dans le texte, elle est facile à retenir, elle traduit, aussi, une émotivité, une difficulté à s'exprimer, à dire ses sentiments.

 

Mes parents, issus d'un milieu très modeste, étaient, ainsi, des gens qui parlaient peu, qui ne s'épanchaient pas : au fond, cette chanson restitue bien la vie de gens humbles et simples, leur difficulté à s'exprimer, à mettre en évidence des sentiments...

J'écoute, chaque fois, avec émotion, cette mélodie et cet air d'autrefois... Cette chanson familière suggère une forme de pudeur, de réserve infinies...

 

 

http://youtu.be/Fi45IhItHTA

 

 

 

 

 

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27 septembre 2014 6 27 /09 /septembre /2014 17:23

 

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L'automne, couleurs de rouille et de bruns flamboyants, commence à rutiler, à répandre des parfums de brume, à redessiner les paysages, les auréoler de teintes pleines d'éclats.

 

Le doux nom de l'automne nous fait entrevoir des brumes de feu et de cuivre, des résilles ténébreuses et empourprées.

 

Les arbres se couvrent de parures lumineuses de roux, d'ocres, de miel.

 

Miel de l'automne aux couleurs de bruns, moissons de couleurs, rondeurs de rouges, de briques, d'amaranthes...

 

L'automne aime le roux, le mordoré, les éclats de xanthe... L'automne aime les pluies, les parfums de la terre, les lumières sourdes.

 

Le vert et le roux s'unissent sur les arbres : les feuilles se nimbent de brûlures, font voir, encore, quelques éclats de verts, se couvrent, peu à peu, de couleurs mordorées.

 

Les feuilles se bordent de brunissures, elles brûlent, se racornissent sur les bords...

 

Les bouquets d'arbres révèlent des teintes contrastées... Les premiers froids du matin, les frimas froissent et blessent les feuilles, dont les bords dentelés se recroquevillent, se replient, et s'effacent.

 

Les bouquets d'arbres resplendissent de ces embruns dorés et verdoyants... des volutes de roux s'accrochent aux branches.

 

Feuilles rousses et noires forment des parures fragiles, des beautés éphémères, des tableaux fulgurants aux éclairs de feu. 

 

 

http://youtu.be/0MYzkBiJn5Y

 

 

 http://youtu.be/PuyYc0gINbU

 

 

http://youtu.be/MvQROitrwuE

 

 

 

 

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21 septembre 2014 7 21 /09 /septembre /2014 17:35

 

 

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L'arc de triomphe que l'on peut admirer sur la place du Clos, à Cavaillon, est de dimensions modestes, mais il révèle tout un art de l'élégance, avec ses représentations de victoires qui encadrent un des deux arcs, en plein cintre.

 

Tenant couronne et palmes, ces victoires symbolisent la puissance de Rome, sa magnificence.

 

Les piliers carrés surmontés de chapiteaux à feuilles d'acanthe sont ornés de motifs de rinceaux et encore, à la base de feuilles d'acanthe.

 

Entouré de cyprès, surplombé par la colline Saint Jacques, ce monument, en plein centre de la ville de Cavaillon, est bien mis en valeur...

Le vert des cyprès côtoie la pierre blanche, contraste de couleurs qui sublime l'architecture simple de cet arc triomphal.

 

Les deux arcs presque identiques, sans doute, à l'origine, se répondent et se reflètent en un ensemble plein d'harmonie.

 

Des décors de rosaces ornent les arcades sous la voûte, formant des motifs délicats, repris plusieurs fois.

 

Aucun gigantisme dans ce monument, mais une simplicité de bon aloi, des motifs de feuillages souples permettent de donner aux piliers une harmonie, un charme, une certaine authenticité.

 

La nature est évoquée maintes fois, avec les rosaces, les feuilles d'acanthe, la couronne de laurier, les rinceaux de feuillages.

 

La pierre, gravée de ces motifs, s'embellit d'arabesques somptueuses, de dessins voluptueux, de volutes harmonieuses.

 

La pierre révèle des décors naturels qui s'enroulent, se déroulent et créent une impression de douceur sur ce monument, destiné, pourtant, à évoquer une victoire guerrière.


On ne peut qu'apprécier ce monument qui sait rester modeste et sobre, dans ses dimensions, et qui reflète un raffinement, un goût, une harmonie dans la construction et l'agencement des motifs.

 

Dorénavant inséré dans la ville de Cavaillon, cet arc avait été enchâssé dans les bâtiments de l'ancien évêché et à moitié enterré, il fut dégagé seulement au 19ème siècle et installé sur la nouvelle place du Clos en 1880.

 

Cet édifice devait, à l'époque romaine, marquer l'entrée du forum.

 

Sans être monumental, cet arc tétrapyle montre un art romain soucieux d'équilibre, d'harmonie, de naturel.

 

 

Dans le cadre des journées du patrimoine... une vidéo filmée par un drone : Terres de Provence :

 

https://vimeo.com/95543044

 

 

 

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19 septembre 2014 5 19 /09 /septembre /2014 15:14

 

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Une chanson consacrée au pouvoir des fleurs, c'est comme un hymne à la douceur, la tendresse : dans cette chanson, écrite par Alain Souchon, l'auteur évoque ses souvenirs, des projets d'autrefois qui semblent être devenus inaccessibles avec l'emploi du passé : "on avait des projets pour la terre / pour les hommes comme la nature / faire tomber les barrières, les murs, / les vieux parapets d'Arthur".

 

Abattre les murs, les barrières, voilà un beau symbole : il s'agit de vaincre les différences, les différents, les conflits en tous genres.... il s'agit, aussi, de préserver la nature et de la respecter.

 

Les "jasmins, les lilas" remplaçaient, alors, les "soldats" : on pouvait espérer "changer" le monde, les êtres humains avec de simples fleurs : bouquets de roses, géraniums. Bel espoir !

Les chansons étaient associées à des pétales et des corolles, leurs parfums évoquaient l'image d'un Eden, d'un paradis.

 

Le poète revient, ensuite, au présent : cette envie de modifier le monde reste intacte : l'idée de douceur apparaît et s'impose.

Mais, changer les âmes et les coeurs, ce n'est pas simple ! Car cela suppose d'envoyer "la guerre au vent" pour accorder toute sa place à l'amour : "l'amour devant", écrit l'auteur.
 
La tâche paraît difficile : l'emploi du pluriel, de l'adverbe d'intensité "tant" souligne l'ampleur des problèmes : "y a des choses à faire / pour les enfants, les gens, les éléphants / ah ! tant de choses à faire."
 
Et le poète fait une offrande de fleurs, pour donner du coeur au lecteur, à qui il s'adresse directement à la deuxième personne.
 
L'espoir se renouvelle avec l'emploi du futur : "tu verras qu'on aura des foulards, des chemises / et que voici les couleurs vives / et que même si l'amour est parti / ce n'est que partie remise / pour les couleurs, les accords, les parfums."
 
Il serait temps, en effet, de changer ce "vieux monde" pour en faire "un jardin"...
 
Il serait temps de redonner de l'espoir à tous, il serait temps de ne plus se perdre dans de vaines querelles, aussi vieilles que le monde !
 
On aimerait se laisser aller à cette "idée pop", contenue dans la chanson et dans la musique de Laurent Voulzy.
 
Hélas ! Même les fleurs n'ont plus trop de saveurs pour certains : ils préfèrent les invectives, les insultes !
 
Oui, vraiment, il serait temps de redonner le pouvoir aux fleurs, à une forme de tendresse et de générosité qu'on a tendance à mépriser et à oublier !
 
Notre monde se perd dans une recherche effrénée de l'argent : partout, règne une forme de compétition, on essaie d'anéantir l'autre, de le rabaisser, de l'amoindrir...
 
L'homme en perd son humanité, l'essence même de ce qu'il est.
 
Les fleurs représentent bien l'harmonie du monde : formes, couleurs, parfums, éclats, on oublie trop souvent tout ce que peut nous offrir la nature, des bonheurs simples, des accords.
 
La mélodie de cette chanson très douce, et rythmée traduit un espoir de renouveau... une envie de reconstruire une autre société plus humaine.
 
Ne nous perdons plus dans un monde matérialiste, sans idéal : retrouvons des accords oubliés, retrouvons le pouvoir des fleurs !
 
 
 
Photos de fleurs : Christelle et rosemar
 
 
 
 
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17 septembre 2014 3 17 /09 /septembre /2014 16:06
balsamine auteur rob hille libre
"Et je crois qu'on fait la même erreur pour la vie. Nous oublions que la vie est fragile, friable, éphémère. Nous faisons tous semblant d'être immortels", a écrit Eric-Emmanuel Schmitt, dans son roman, Oscar et la dame rose...
 
Ephémère ! Cet adjectif issu du grec paraît aussi vaporeux que possible : avec ses voyelles répétées, la fricative "f", la gutturale "r", ce mot suggère bien l'idée de briéveté qui lui est associée.
 
Etymologiquement, est éphémère ce qui ne dure qu'un seul jour puisque le mot vient du grec héméra, le jour, auquel on a ajouté le préfixe épi, qui signifie "sur".
 
Le mot semble s'enrouler sur lui-même, en une boucle, avec le son "é" ou "è" employé à trois reprises... Le mot semble mimer le cercle du jour, il semble imiter une fleur qui s'enroule sur elle-même.
 
Une fleur est souvent éphémère, au sens strict du terme et ne dure qu'une seule journée : symbole même de la fuite du temps, la fleur représente bien aussi la briéveté de la vie humaine... On connaît les nombreux poèmes de Ronsard, où le poète assimile la femme à une fleur, pour lui faire percevoir toute la briéveté de la vie et l'inviter à l'amour...
 
Quelle expressivité dans ce mot ! Plus qu'un autre, circonscrit à une seule journée, il exprime le caractère fugace de la vie.
 
On perçoit aussi la rareté de ce mot, issu du grec : on retrouve peu de mots venant de ce radical, en français.
 
Dans la mythologie grecque, Ἡμέρα, Hêméra est une divinité primordiale, elle est la fille de la nuit et de l'Erèbe qui symbolise les Ténèbres.
 
Le jour et le nuit sont ainsi liés. 
 
L'adjectif "éphémère" associé au mot "jour" renvoie aux origines de notre langue : le grec... Ce mot était utilisé par Homère, Platon , Hésiode, Euripide.
 
Quelle perennité ! Quelle continuité, pour ce mot qui évoque une idée de fugacité !
 
Belle revanche de ce mot qui demeure par delà les siècles !
 
D'autres adjectifs peuvent avoir des sens proches : passager, provisoire, transitoire, bref, momentané, temporaire.
 
Mais le terme "éphémère" plein d'evanescence, de fluidité traduit mieux que les autres toute la rapidité du temps qui passe !
 
Ce mot léger, volatile restitue parfaitement le sens initial....
 
Ce mot transparent, avec ses voyelles atténuées nous fait voir des voiles légers de nuages, des clartés du jour subtiles...
 
Ce terme désigne aussi un petit insecte volant qui ne vit que quelques heures, près des cours d'eau... Les éphémères rasent souvent les flots de leurs ailes translucides dans des ballets aériens...
 
Légèreté, transparence sont associées à ce mot qui a traversé les siècles !
 

 

 

 

 

 

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 Camelia Gisse

 

 




 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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10 septembre 2014 3 10 /09 /septembre /2014 16:34
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"La poésie est une partition, elle rend compte de la musique des choses invisibles... de la nuit, du vent, de la nostalgie", a écrit la romancière italienne, Margaret Mazzantini dans son ouvrage intitulé, Venir au monde...

 

Issu du grec ancien "νόστος nóstos", le retour, et "ἄλγος algos", la douleur, ce mot "la nostalgie" désigne, d'abord, le "mal du pays".

 

Ulysse, le héros grec éprouve la nostalgie de son pays : son périple en Méditerranée le conduit vers des rivages lointains, l'éloigne de sa patrie, Ithaque... Le terme "nostos" revient souvent dans l'Odyssée : Ulysse erre, longtemps, sur les flots avant de rejoindre son île, sa femme, sa famille... Il a soif de ce "retour" tant attendu.

 

Et en homme sage et prudent, Ulysse refuse, même, l'immortalité que lui propose la divine Calypso, pour privilégier la vie auprès des siens et pour retrouver sa mère patrie.

 

La nostalgie est bien, d'abord, la souffrance causée par le regret obsédant de la patrie, puis le mot évoque le regret du passé...

 

Voilà un nom aux sonorités suggestives ! Sifflante "s", dentale, chuintante composent un ensemble harmonieux, alors que les voyelles contrastées et diverses introduisent une distorsion.

 

La nostalgie semble, ainsi, à la fois douce et douloureuse : on s'y complait souvent, on se réfugie dans le passé, pour oublier un présent insatisfaisant et décevant...

 

On revoit des décors, des visages, des paysages d'autrefois, on les magnifie, on les auréole de mille vertus.

 

Qui n'a jamais éprouvé de nostalgie ? Au fil des années, elle nous accompagne, nous rassure, nous fait voyager dans le temps et l'espace.

 

"C'est la fiancée des bons souvenirs qu'on éclaire à la bougie", comme le dit si bien Grand corps malade, dans un de ses textes...

 

C'est un univers lointain retrouvé, une goulée de bonheur et de mélancolie.

 

C'est, parfois, la nostalgie de l'enfance, des êtres qu'on a connus autrefois, des lieux du passé.

 

Ce sont des images qui ressurgissent, une terrasse, une maison, un jardin, des parfums de fleurs ou d'arbres, un air de musique.

 

Un mimosa odorant aux couleurs de xanthe éclatant, des roses épanouies, d'un rouge sombre aux senteurs prégnantes...

Des sourires, des larmes, de la tristesse, du bonheur enfui, des moments chaleureux...

 

La nostalgie ! Le mot lui-même nous fait rêver et voyager, avec son déroulement de voyelles contrastées, avec ses sonorités éblouissantes.

 

Si la nostalgie est associée, par ses origines, à la souffrance, elle nous berce aussi de sa douce musique, elle nous fait revivre des moments intenses du passé, elle nous accompagne sur le chemin de la vie.

 

Mot issu de deux radicaux grecs, la nostalgie renvoie à des origines lointaines et mythiques : elle comporte une part de rêve...

 

 

 

 

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Photos : rosemar



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6 septembre 2014 6 06 /09 /septembre /2014 17:36

 

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L'été, le bel été nous apporte mille bonheurs, offerts par la nature : lors d'une promenade à Fontaine de Vaucluse, sur le chemin du retour, nous apercevons des ronciers, chargés de mûres noires, gorgées de soleil : la cueillette commence, mes petites nièces profitent de l'aubaine... les baies sauvages, aux grains d'ébène, font épanouir leurs fruits, emplis de sucs savoureux : nos mains d'adultes se fraient un chemin, à travers les ronces afin d'éviter les épines...

 

La cueillette est abondante : je tends ma main pleine de fruits aux deux fillettes, qui, en un rien de temps, happent les baies avec avidité.

 

Les fruits disparaissent aussitôt.... Je traite les fillettes de "galapiats"... Elles me regardent, étonnées de ce mot dont elles ignorent le sens, elles sourient de bonheur : elles adorent être traitées de "galapiats", d'autant qu'elles se gavent des fruits sombres.

 

Le mot "galapiats" leur a plu : elles exigent d'autres fruits, et nos mains recommencent leur quête : même avidité, même bonheur des fruits cueillis dans la nature, sous un soleil éclatant, dans un vacarme insensé de cigales.

 

Je goûte, moi aussi, quelques fruits, au goût sucré, aux teintes sombres...

 

Les baies des mûres, si petites, si légères sont vite englouties...

Après avoir vidé les ronciers, une autre quête voit le jour, sur le sentier.

 

Attirés par les ombelles des fenouils qui se haussent sur les bords, nous cueillons des branches rigides, aux senteurs d'anis.

L'odeur irise les alentours, les fleurs légères de fenouils aux teintes d'ocre forment des petits parasols de lumières...

 

Les fleurs dessinent de subtils embruns d'ocres, elles illuminent le sentier de leurs teintes douces. Elles sont si souples et si légères, qu'elles semblent danser dans les souffles du vent...

 

Les bois rigides du fenouil résistent à la coupe, il faut les tordre pour en prélever les branches solides.

 

Nous cueillons des brassées de fenouil, le parfum anisé se répand, s'exacerbe sous la chaleur redoublée de l'été.

 

Nouveau bonheur, nouvelle cueillette aux tons de verts et de xanthe...

 

Après le goût parfumé des mûres, voilà les senteurs anisées du fenouil qui nous enivrent.

 

Nous rejoignons la voiture, chargés de ces branches odorantes et les déposons à l'arrière : les senteurs redoublent, sous l'effet de la chaleur, à l'intérieur de l'habitacle...

 

Fenêtres ouvertes, nous nous imprégnons de l'odeur captivante des fenouils et de la nature environnante...

 

http://youtu.be/LWy0FkqVVTQ

 

http://youtu.be/L25hMOeXvg0

 

http://youtu.be/jkoHfa0WPeU

 

 

 

 

 

 

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