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18 octobre 2014 6 18 /10 /octobre /2014 16:04
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"Moi, j'écoutais... - Ô joie immense
De voir la soeur près de la soeur !
Mes yeux s'enivraient en silence
De cette ineffable douceur."
 
Dans ce poème, extrait des Contemplations, intitulée Elle était pâle et pourtant rose, Victor Hugo évoque sa fille Léopoldine, qu'il a perdue très jeune : Léopoldine est morte en Seine, dans un tragique accident, à l'âge de 20 ans.
 
On voit, dans ce texte, Léopoldine, enfant, faire la lecture à sa jeune soeur, Adèle.
 
Jolie scène intimiste, où l'on perçoit toute la tendresse du poète pour ses deux filles réunies, en train de lire la Bible...
 
L'adjectif "ineffable", emprunté au latin "ineffabilis", composé du préfixe négatif in- et du radical du verbe "fari, dire, parler", désigne ce qui ne peut être exprimé par des paroles.
 
La beauté de la scène, son infinie tendresse sont, en effet, de l'ordre de l'indicible.
 
Les mots ne peuvent exprimer, pleinement, ce souvenir merveilleux des deux enfants d'autrefois...
 
L'adjectif "ineffable" restitue, pourtant, dans ses sonorités, cette harmonie que les mots ne peuvent dire : fricative "f", pleine de douceur, labiale "b", souvent associée à l'amour, l'affectivité, voyelles variées...
 
Comment exprimer certains sentiments, comment décrire certains paysages, comment raconter certains moments qui confinent au sublime ?
 
L'artiste, le poète sont, souvent, confrontés à ces difficultés de dire, faire ressentir certaines émotions.
 
Comment exprimer toute la sensibilité, liée à un souvenir, à une image ?
 
Comment dire l'ineffable ? Sans doute, en ayant recours à une forme de simplicité et d'humilité dans l'expression, pour affirmer l'évidence de la tendresse et de l'amour.
 
C'est bien ce que fait Hugo, dans ce poème au charme évident : simplicité du vocabulaire, de la syntaxe, simplicité de la scène évoquée : la grande soeur qui s'occupe de la plus petite, la beauté du texte lu avec ferveur, les enfants transformés en "anges" qui font "tressaillir le livre de Dieu..."
 
Ce texte, aux mots très simples, parvient à restituer tout l'amour d'un père pour ses deux filles : on y voit l'esquisse du portrait de l'enfant, un visage "pâle et rose", sa fragilité, sa force, une forme d'autorité à l'égard de la soeur plus petite, on y voit le regard passionné du père, on y perçoit le bonheur de la lecture dans une atmosphère intimiste, le soir, alors que s'évaporent "les souffles des nuits et des bois".
 
On y voit l'essentiel de l'harmonie du monde ! On y voit, sans doute, cette "ineffable douceur" dont parle le poète...
 
Cette poésie insérée dans la section des Contemplations, intitulée Pauca meae, Quelques vers pour ma fille, restitue bien le monde de l'enfance, fait de simplicité, de fragilité, de découvertes...
 
 
 
 
Elle était pâle, et pourtant rose,
Petite avec de grands cheveux.
Elle disait souvent : je n'ose,
Et ne disait jamais : je veux.
 
Le soir, elle prenait ma Bible
Pour y faire épeler sa soeur,
Et, comme une lampe paisible,
Elle éclairait ce jeune coeur.
 
Sur le saint livre que j'admire
Leurs yeux purs venaient se fixer ;
Livre où l'une apprenait à lire,
Où l'autre apprenait à penser !
 
Sur l'enfant, qui n'eût pas lu seule,
Elle penchait son front charmant,
Et l'on aurait dit une aïeule,
Tant elle parlait doucement !
 
Elle lui disait : Sois bien sage !
Sans jamais nommer le démon ;
Leurs mains erraient de page en page
Sur Moïse et sur Salomon,
 
Sur Cyrus qui vint de la Perse,
Sur Moloch et Léviathan,
Sur l'enfer que Jésus traverse,
Sur l'éden où rampe Satan.
 
Moi, j'écoutais... - Ô joie immense
De voir la soeur près de la soeur !
Mes yeux s'enivraient en silence
De cette ineffable douceur.
 
Et, dans la chambre humble et déserte,
Où nous sentions, cachés tous trois,
Entrer par la fenêtre ouverte
Les souffles des nuits et des bois,
 
Tandis que, dans le texte auguste,
Leurs coeurs, lisant avec ferveur,
Puisaient le beau, le vrai, le juste,
Il me semblait, à moi rêveur,
 
Entendre chanter des louanges
Autour de nous, comme au saint lieu,
Et voir sous les doigts de ces anges
Tressaillir le livre de Dieu !
 
 
fillettes renoir wikimédia
Fillette a la rose par Antoine Bourdelle

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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 15:48

 

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Les vieux villages de Provence nous font découvrir des toits couverts de tuiles, aux teintes variées : une mosaïque de couleurs, ocre, rouge vif, prune, rose pâle...

Les tuiles dessinent des ondulations, des motifs resplendissants de teintes.

 

Elles inventent des tableaux, des étagements subtils qui semblent périlleux.

 

Sur les hauteurs des vieux villages, on aperçoit, en surplomb, des toits aux tuiles houleuses... C'est un véritable spectacle d'observer ces toits pentus, aux tuiles anciennes, éclairées par le soleil du midi, sous les voix exacerbées des cigales.

 

Les tuiles semblent se dorer au soleil, prendre des teintes nouvelles, faire exploser leurs couleurs et leurs formes, parfois, cahotiques.

Belles toitures du midi empreintes de chaleur, de vent, de mistral !

 

Les tuiles se coulent en cascades de lumières, elles semblent rivaliser d'ingéniosité, pour s'accrocher et rester calées, sur les toits.

 

Elles illuminent les paysages de leurs éclats solaires, elles semblent vouloir offrir toute une palette de teintes nuancées, à l'infini.

 

Elles ruissellent de flots de rose, de bruns, de rouilles, de beiges...

 

Du pastel aux bruns, on admire tous les contrastes et toutes les variétés de couleurs. Quel bonheur de voir ces toits de lumières, en plein été !

 

Quelle harmonie dans les tons ! Quels camaieux pleins de douceurs !

Des ombres courent, aussi, sur les toits, forment des îlots obscurs, ombres de cheminées qui s'allongent et s'étirent paresseusement...

Certains toits ressemblent à des clartés d'aubes naissantes, d'autres à des embruns d'écumes aux tons doux et légers.


Certains toits font penser à des vagues régulières qui s'étagent en plis serrés.

D'autres évoquent des ruisseaux qui s'écoulent en pente douce, des rigoles tumultueuses qui courent sur les maisons....

 

 

 

 

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Photos : rosemar



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Published by rosemar - dans poésie Provence
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15 octobre 2014 3 15 /10 /octobre /2014 16:09

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Issu de deux radicaux latins, "aranea", l'araignée et "tela" la toile, ce mot ancien, l'arantèle, quelque peu oublié, nous éblouit de ses sonorités : voyelle "a" reprise sous une forme nasalisée "an", consonne gutturale "r", dentale éclatante, "t", le mot tisse un réseau plein de légéreté, grâce à la syllabe finale "elle", qui fait songer à d'autres termes : dentelle, coupelle, ombrelle, prunelle...

 

Avec ses deux graphies "arantèle" ou "arantelle", ce nom paraît d'autant plus étonnant et mystérieux.

 

L'arantèle, aux fils ténus et subtils, si fragiles, dessine des motifs concentriques, des labyrinthes de toiles, souvent imperceptibles.

 

L'arantèle tremble, sous les souffles du vent, s'agite de mouvements, palpite.

La toile, aux fils légers, brille dans la lumière, lance des éclats...

 

Véritable oeuvre d'art aux contours réguliers, l'arantelle s'enroule en un tourbillon plein de finesse, de légéreté.

 

Les branches des arbres semblent peindre, aussi, parfois, des arantèles... au loin, on entrevoit des réseaux de verts lumineux, des embruns qui s'enroulent sur les rameaux, des cercles, des enluminures.

Les arbres, les pins tissent des toiles sous le soleil, ils se peuplent d'arantèles...

 

Les nuages se muent, sur le ciel bleu, en tissus évanescents d'arantelles, , ils se dispersent au vent et nous font voir des fibrilles légères, nimbées de blancs.

 

Les feuilles d'automne, sur les branches, se métamorphosent en bouquets de roux : les feuilles s'enroulent sur elles-mêmes, se froissent, libérent des arantèles d'ocre et de lumières.

 

L'arantèle dessine des dentelles, des napperons, des textures souples, aériennes, volatiles...

Ce mot ancien, peu usité, mérite d'être, enfin, réhabilité : il permet de remonter à ses lointaines origines latines, il nous fait percevoir toute la subtilité et la finesse de la toile.

 

La voyelle nasalisée "an" chante la beauté et la légéreté de la texture.

La syllabe finale "-elle" nous emporte vers des horizons infinis, des tourbillons, des fils ténus qui s'accrochent...

 

L'arantelle, pleine de finesse suscite l'admiration, mais, parfois, aussi, l'effroi, la crainte.

Belle et mystérieuse, l'arantelle attire, séduit l'oeil du spectateur, fascine et subjugue, inquiète, parfois.

 

http://youtu.be/yrs0HJlC_X4

 

 

 

 

 

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11 octobre 2014 6 11 /10 /octobre /2014 17:41

 

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Une chanson qui évoque l'éloignement de celle qu'on aime, c'est, là, un thème plein de mélancolie : ce sujet est abordé, avec tendresse et poésie, par Alain Souchon dans une chanson intitulée Le coeur grenadine, mise en musique et interprétée par Laurent Voulzy...

 

Le texte est imagé, puisqu'il est question d'une "mandarine", dans laquelle le poète a laissé un morceau de son coeur, ainsi qu'une coquille de noix et une voile, symboles du voyage désiré, des îles lointaines, d'où est originaire Laurent Voulzy.

 

La mandarine représente bien le soleil et ces îles de Martinique, de la Guadeloupe, chères au coeur du chanteur...

 

"Le vent tropical", le "pays sucré doucement" suggèrent ces paysages lointains, au climat plein de douceurs.

Au passage, le poète rappelle qu'il est né dans "le gris" à Paris, alors que ses racines, celles de ses parents, de ses ancêtres se trouvent en Guadeloupe.

 

Des images de "jolie Doudou, sous le soleil" obsèdent le poète, qui est comme exilé : il voit ces images dans les tiroirs, dans son sommeil, jour et nuit, semble-t-il nous dire.

 

Le verbe "laisser" revient, comme pour mieux souligner l'idée d'abandon de ces terres originelles.

Le poète les a laissées "sur une planisphère" et ces îles deviennent des "points entourés d'eau", comme pour souligner des coins perdus, sur la planète, qui paraissent dérisoires et lointains.

 

L'image de la "fille au corps immobile ", qui suit, semble bien représenter cette île de la Guadeloupe, à l'autre bout du monde, une fille inaccessible, avec laquelle on ne peut danser la "biguine".

L'île est, ainsi, magnifiquement personnifiée...

 

Le refrain rappelle, d'une façon poétique et imagée, que le coeur du poète est ailleurs, dans ce pays : "j'ai le coeur grenadine", dit-il... une façon de suggérer et d'évoquer les "îles Grenadines", proches de la Martinique.

 

Le poète en est réduit à caresser du papier, pendant des nuits, à écrire des textes, à lire des lettres de ces terres lointaines.

L'absence de soleil sur la peau, l'absence de cet amour éloigné sont évoquées de manière obsédante, par des répétitions du mot "nuits", du verbe "passer", de l'adverbe "tellement".

 

L'île se transforme en jeune femme qui porte "des traces de sel sur les paupières", au "corps tout mouillé", qui attend impatiemment son amoureux.

 

Et le poète en perd tout"plaisir" de vivre. La distance : "à cinq mille lieues derrière la mer" aggrave la douleur et rend impossible tout rapprochement.

 

"Tout mon coeur est resté là-bas" , affirme le poète, jolie phrase qui souligne le profond attachement au pays d'origine, aux racines. Et pourtant, le chanteur ne connaît même pas ce pays lointain, où il n'est jamais allé : la mélancolie est d'autant plus grande !

 

L'île, sans cesse, assimilée à une jeune femme aimée devient, dans ce poème, une image pleine de vie : elle s'anime sous nos yeux et paraît être l'essentiel pour l'auteur.

 

La mélodie à la fois douce et mélancolique traduit bien l'amour et la nostalgie de ce pays inconnu et mythique.

 

http://youtu.be/cYtAs9P6AJA

 

 

 

 

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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 16:07
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"Disposant un nuage dans le ciel, une orange dans une assiette, les peintres éclairent ce qu'il reste de jour dans le soir, inventent la juste distance qui permet à l'espace de s'ouvrir, et à l'amour de danser." C'est ainsi que Christian Bobin évoque le travail des peintres, dans son oeuvre, Le huitième jour de la semaine. Les artistes recréent le monde, par des jeux de lumières, par un regard nouveau porté sur l'horizon, sur les nuages...
 
 Le mot "nuage", issu du substantif latin, "nubes", le "nuage" est d'une grande poésie... Ce terme vient, lui-même, d'un verbe "nubo" qui signifie "couvrir, voiler".

Les nuages, comme les nuées, de la même famille, voilent le ciel, le soleil.

 

Le verbe latin "nubo" avait, également, le sens de "prendre le voile", donc, "se marier, épouser".

On perçoit, alors, aussitôt, la relation avec l'adjectif "nuptial" ou, encore, avec le mot "noce".

 

Curieuse parenté entre le nuage et la noce ! Deux mots, qui semblent si éloignés, se rejoignent par leur étymologie.

 

Le mot "nuage" nous emmène vers les hautes sphères célestes, avec ses voyelles nuancées et contrastées qui se combinent, ce substantif nous étonne et nous fait rêver : la chuintante "g", au centre du mot, lui confère une certaine douceur et lui donne une tonalité pleine de tendresse.

 

Les nuages peuplent le ciel, de mille nuances de gris, de blancs, d'or, de mille motifs : cripures légères, moutonnements infinis, bourgeonnements de fleurs cotonneuses, amas de noirs, pliures, étagements et superposition de nuées, effilures...

 

Les nuages offrent des tableaux d'une beauté inouie, au soleil couchant, quand les clartés finissantes les nimbent de couleurs dorées de miel.

 

Les nuages s'éparpillent dans le ciel, le couvrent d'un voile somptueux...

Le voile des nuages, le voile de la mariée évoquent de belles images de bonheur, d'harmonie.

 

Si la mariée cache sa beauté derrière un voile, c'est pour mieux la révéler.

 

Les nuages, aussi, sont les parures du ciel, ils le voilent, pour mieux nuancer l'azur de formes étonnantes et curieuses.

 

Les nuages, voiles du ciel, le nimbent d'une variété infinie de formes et d'éclats.

J'aime ce mot "nuage", qui sert à voiler le ciel, à en révéler la beauté... J'aime ce mot qui fait rêver.

 

De fait, les nuages font songer à des voiles tantôt subtils, tantôt plus épais et plus denses... lourdes cotonnades, gazes évanescentes, mousselines, dentelles de nuées, duvets soyeux, guipures légères...

 

http://youtu.be/j2R5-xaR3oE

 

http://youtu.be/KzNERXayVi4

 

http://youtu.be/wWBFFTAxWeU

 

http://youtu.be/Wa_vgkAxxXs

 

 

 

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Photos : rosemar



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6 octobre 2014 1 06 /10 /octobre /2014 16:41

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La simplicité de cette chanson écrite et composée par Alain Barrière, sa clarté, son évidence nous émeuvent...

 

Ponctué par des adverbes d'intensité : "si jolie", "trop jolie", le texte évoque une beauté qui attire, et éloigne en même temps : la beauté fait peur, parfois, elle effraie, elle laisse sans voix l'amoureux.

 

Associée au vent qui l'emporte, la jeune femme désignée simplement par le pronom "elle", terme assez vague, paraît d'autant plus lointaine... elle s'enfuit, alors que le vent personnifié raconte encore la beauté de la jeune femme.

 

Le texte écrit au passé, à l'imparfait évoque un souvenir d'autrefois d'un amour qui semble perdu irrémédiablement.

 

Brusquement, le retour au présent redonne une forme d'espoir, mais le vent parle au poète et évoque une forme d'impossibilité à aimer toute une vie.

 

Par ailleurs, l'évocation de l'automne associé aux larmes montre et souligne l'éloignement de la jeune femme.

 

Le poète voit alors "sa robe tourbillonner", dans un parc où virevoltent les feuilles d'automne qui sont personifiées puisqu' elles "frissonnent".

Mais, la jeune femme n'est désormais, plus qu'un rêve...

 

Ce paysage automnal représente bien l'état d'âme du poète : ce sont ses propres frissons que l'on perçoit, en fait, dans cette description pleine de regrets et de mélancolie liée à l'automne.

 

La nature personnifiée, le vent qui parle, les feuilles qui frissonnent donnent à cette évocation une grande poésie...

 

Le vent apparaît bien, ici, comme le symbole de la fuite du temps qui emporte tout sur son passage... Les vers très courts peuvent suggérer l'envolée du vent et l'écoulement rapide du temps qui passe.

 

La mélodie souligne la douceur, le rêve représenté par la beauté de la jeune femme. Les finales de voyelles féminines soulignées dans la prononciation, "joli-e, ravi-e, parti-e" accentuent cette impression de douceur.

 

On retrouve dans ce texte, des thèmes traditionnels : le temps qui passe, l'amour et la difficulté de l'exprimer, l'automne qui évoque la tristesse, un amour perdu que le souvenir garde intact.

 

La simplicité, l'harmonie de la mélodie redonnent vie à ces thèmes éternels...

 

http://youtu.be/nNYLj_Rdx9c

 

http://youtu.be/nO3DyGZhq2o

 

http://youtu.be/ZVkdMRmSCuo

 

 http://youtu.be/kx-18sc1wNE

 

Photos d'automne : creative commons  Bluepoint / Jean Pol Grandmont / Tracy

 

 

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4 octobre 2014 6 04 /10 /octobre /2014 18:26

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Dans des éboulis de pierrailles, au fond du lit d'une rivière d'été, on trouve, parfois, des pierres étonnantes par leurs formes, leurs teintes, leurs motifs...

 

Sculptés par l'eau, ces galets révèlent des beautés lumineuses, aux teintes d'opales, des roses tendres, des gris veinés d'ocres.

 

C'est comme si la nature avait créé de véritables oeuvres d'art, dignes d'un sculpteur, ou d'un peintre.

 

Une pierre rose striée de deux traits... des galets troués de cratères luminescents... des rocailles marbrées de dentelles, couleur de rouille.

 

Des roches, en relief, qui semblent traversées de motifs multiples, des pierres lisses à peine piquetées de quelques coups d'épingles...

 

Des galets qui dessinent des alvéoles, aux formes diverses, et qui ressemblent à des nids d'abeilles.

 

Une pierre, aux étages de couleur rose, ocre, puis rose encore... Des rocailles couvertes de scories, de dessins obscurs, indéchiffrables.

 

D'autres, couleur de brique, marbrées de blanc-beige, pierres rondes, ovales qui suggèrent mille formes géométriques... des pierres qui viennent du fond des âges et d'horizons si lointains...

 

Que de mystères dans ces rocailles, charriées par les fleuves ! Que de découvertes !

Les vagues du fleuve s'y dessinent, imprègnent leurs marques indélébiles, le déferlement des eaux montre son lent travail d'érosion.

 

Les pierres semblent vivre du mouvement même des fleuves, elles s'imprègnent de leurs vagues, de leurs colères, de leur violence.

 

Rongées ou lissées par l'eau, elles nous font découvrir un monde coloré, aux tons de pastels, tantôt, des embruns d'orages tourmentés, des clameurs, des emportements, tantôt, la douceur et l'apaisement des ondes.

 

Ces pierres nous disent la violence, le bercement des ondes, la fureur et la fluidité des eaux...

 

Elles ressemblent, parfois, à de véritables galets sculptés par la main de l'homme. Elles nous font font voir des tableaux, des paysages, des couleurs d'aube naissante, des nuées rougeoyantes, des éclats...

 


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Photos : rosemar



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Published by rosemar - dans poésie nature
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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 17:19
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"Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres ; 
Adieu, vive clarté de nos étés trop courts ! 
J'entends déjà tomber avec des chocs funèbres 
Le bois retentissant sur le pavé des cours."
Ces vers célèbres de Baudelaire sont extraits d'un poème intitulé Chant d'automne, inséré dans les Fleurs du mal.
Avec le mot "ténèbres", on entre dans le monde de la nuit et du mystère.... Ce nom, aux sonorités de dentale, de labiale et de gutturale entrelacées nous étonne : voilà un mot qui nous parle !
 
Il nous parle de l'obscurité, du prince des ténèbres, de l'esprit des ténèbres, des ténèbres de l'ignorance et de la barbarie, il vient d'une racine indo-européenne "tem-" qui signifie "noir".
 
Ce mot nous parle de terreurs ancestrales, associées à la tombée de la nuit, un monde flou, incertain, où les objets semblent s'animer de formes inquiétantes.
 
Les voyelles peu contrastées de ce terme lui confèrent une tonalité sombre, étrange, feutrée....
 
On accède à un univers fantastique où tout est possible, on est plongé dans le noir, d'autant que ce mot, toujours employé au pluriel, nous enveloppe de ses replis obscurs. 
 
Le mot suggère différentes images : des nuages sombres, une prison, une forêt, une grotte, la mort, l'enfermement.
 
Associées à la couleur noire, les ténèbres sont, souvent, inquiétantes : la vue s'affaiblit, s'obscurcit , et le monde, autour de nous, change notablement...
 
Symboles de l'obscurantisme, de l'ignorance, les ténèbres ne sont guère valorisées.
 
Et pourtant, quel charme revêtent les ténèbres de la nuit !
 
Quand les étoiles peuplent le ciel, de leurs fins éclats, quelle harmonie et quelle douceur dans l'apaisement de la nuit !
 
Les ténèbres sont, parfois, bienveillantes, elles nous entraînent vers le monde des rêves, du repos.
 
Elles nous bercent d'étoiles, nous invitent au recueillement.
 
Les ténèbres permettent un renouveau, une renaissance, après l'oubli procuré par le sommeil...
 
J'aime ce mot empreint de mystères, aux sonorités sourde et sonore, aux teintes adoucies, aux lueurs hésitantes.
 
Voilà un mot chargé de symboles et de résonances : associé à la nuit, il vibre de sonorités, il impose sa présence avec sa gutturale "r", pleine de rudesse et de noirceur...
 
Lié à l'obscurité, il nous fait frissonner de peurs et nous procure, aussi, parfois, une forme de sérénité...
 
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Photos : Christelle et rosemar

 

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28 septembre 2014 7 28 /09 /septembre /2014 17:41

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Voilà une romance pleine de douceur, au texte un peu suranné, une belle déclaration d'amour à la fois passionnée et teintée de retenue...

 

Extrait d'un opéra, que l'on doit à François Bazin, pour la musique, la romance de Maître Pathelin émeut par sa simplicité, sa poésie.

Texte lyrique, à la première personne, cette chanson, créée en 1856, évoque un amour qui n'ose pas se déclarer.

 

La pensée obsédante de l'amoureux se traduit par des répétitions de constructions : "quand je m'éveille, quand je sommeille"... Jour et nuit alternent, avec toujours la même idée en tête.

 

Les sonorités de sifflantes, de chuintantes restituent la douceur et la tendresse de cet amour secret.

Le bonheur serait de voir cet amour partagé, avec l'espoir d'un aveu...

 

Par l'alternance entre la première et la deuxième personne, le poète instaure un dialogue, mais la distance semble infranchissable entre les deux êtres.

L'emploi de la deuxième personne du pluriel "vous" souligne la séparation, l'éloignement.


Et curieusement, c'est la peur qui domine, marquée par l'interjection "hélas", et soulignée par l'adverbe "trop". "J'ai trop peur de vous", déclare le poète.

 

L'amoureux "guette" la jeune femme, espère une rencontre : il se parle à lui-même, comme pour se donner du courage " je me dis par un doux langage/ Aujourd'hui je veux l'émouvoir..."

Le verbe "vouloir", répété à trois reprises, insiste sur un désir très intense qui n'arrive pas à son terme.

 

A la fin du texte, la distance semble presque abolie par le passage à la deuxième personne du singulier : "Je veux, je veux, dans mon brûlant délire / Dire je t'aime en tombant à genoux."

 

Mais la peur réapparaît, paralysante, inexorable, interdisant, apparemment, tout espoir.

 

Amour intense, pudeur, exaltation caractérisent le texte de cette romance.

 

Quant à la mélodie, elle est conforme aux sentiments, pleine de sensibilité et d'émotions...

Cette romance emplie de tendresse évoque, en moi, des souvenirs : mon père fredonnait, autrefois, cette chanson... Pleine de simplicité, dans le texte, elle est facile à retenir, elle traduit, aussi, une émotivité, une difficulté à s'exprimer, à dire ses sentiments.

 

Mes parents, issus d'un milieu très modeste, étaient, ainsi, des gens qui parlaient peu, qui ne s'épanchaient pas : au fond, cette chanson restitue bien la vie de gens humbles et simples, leur difficulté à s'exprimer, à mettre en évidence des sentiments...

J'écoute, chaque fois, avec émotion, cette mélodie et cet air d'autrefois... Cette chanson familière suggère une forme de pudeur, de réserve infinies...

 

 

http://youtu.be/Fi45IhItHTA

 

 

 

 

 

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27 septembre 2014 6 27 /09 /septembre /2014 17:23

 

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L'automne, couleurs de rouille et de bruns flamboyants, commence à rutiler, à répandre des parfums de brume, à redessiner les paysages, les auréoler de teintes pleines d'éclats.

 

Le doux nom de l'automne nous fait entrevoir des brumes de feu et de cuivre, des résilles ténébreuses et empourprées.

 

Les arbres se couvrent de parures lumineuses de roux, d'ocres, de miel.

 

Miel de l'automne aux couleurs de bruns, moissons de couleurs, rondeurs de rouges, de briques, d'amaranthes...

 

L'automne aime le roux, le mordoré, les éclats de xanthe... L'automne aime les pluies, les parfums de la terre, les lumières sourdes.

 

Le vert et le roux s'unissent sur les arbres : les feuilles se nimbent de brûlures, font voir, encore, quelques éclats de verts, se couvrent, peu à peu, de couleurs mordorées.

 

Les feuilles se bordent de brunissures, elles brûlent, se racornissent sur les bords...

 

Les bouquets d'arbres révèlent des teintes contrastées... Les premiers froids du matin, les frimas froissent et blessent les feuilles, dont les bords dentelés se recroquevillent, se replient, et s'effacent.

 

Les bouquets d'arbres resplendissent de ces embruns dorés et verdoyants... des volutes de roux s'accrochent aux branches.

 

Feuilles rousses et noires forment des parures fragiles, des beautés éphémères, des tableaux fulgurants aux éclairs de feu. 

 

 

http://youtu.be/0MYzkBiJn5Y

 

 

 http://youtu.be/PuyYc0gINbU

 

 

http://youtu.be/MvQROitrwuE

 

 

 

 

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