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28 mars 2016 1 28 /03 /mars /2016 10:11
Feuilles naissantes...

 

 

 

Sur les arbres, apparaissent peu à peu des délicatesses de feuilles : teintes douces, d'un blond léger, vert tendre, épis de lumières...

 

Des éclats de blancs, d'orangés, de bruns commencent à s'épanouir sur les branches, auréoles dorées, sur le ciel bleuté du printemps...

 

On voit se dessiner les contours des feuilles, on voit naître des sillons, des embruns, des ondoyances...

 

Les feuilles vont bientôt s'ouvrir en panaches verdoyants, elles vont dérouler leurs replis secrets.

Les feuilles vont déployer de nouvelles teintes, celles du printemps, auréolées de lumière.

Fragilité des teintes, des formes, fragilité et douceur de cette renaissance...

 

Des festons éblouissent l'azur, des bouquets délicats, des promesses de printemps, des girandoles de lumières.

 

Des brocatelles d'or, des veloutés de vert tendre sur les arbres !

 

Des bluettes surgissent, légères, douces, aux éclats d'or !

Des branches floquetées de cannetilles !

De subtiles feuilles naissantes, des fleurs de printemps, des offrandes de la nature nous sont promises.

 

 

 

 

 

 

Photo : rosemar

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26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 13:53
Du plus loin qu'il m'en souvienne...

 

 

 


Une chanson d'amour dédiée à un public, c'est rare, et c'est magnifique, surtout quand c'est Barbara qui évoque ce thème dans une de ses chansons les plus célèbres : Ma plus belle histoire d'amour, c'est vous...


Rappelant ses amours d'autrefois, le "premier rendez-vous, les premières peines", la chanteuse raconte, avec tendresse ses lointains émois amoureux... La jeunesse, l'enfance sont suggérées par des expressions imagées pleines de charme "coeur tout blanc, griffes aux genoux"...

Tendresse et passion alternent dans cette évocation... et les mots répétés "du plus loin" montrent, en fait, que l'empreinte d'un seul amour compte, aujourd'hui, celle du public, ce qui est souligné par le présent de l'indicatif et un superlatif à valeur hyperbolique : "ma plus belle histoire d'amour, c'est vous".


L'emploi de la deuxième personne du pluriel "vous" est une adresse directe à ce public et à chacun d'entre nous...

Avec pudeur, sensibilité, et un peu de provocation, Barbara suggère de multiples amours passées : "c'est vrai, je ne fus pas sage / Et j'ai tourné bien des pages..."

L'image du livre aux pages oubliées est rempli de poésie et de charme, pages devenues "blanches", donc sans importance. Et les amants désignés par l'expression à la fois forte et légère "mes guerriers de passage" se sont évanouis...

Leur visage est éclipsé par l'image du public, maintes fois rencontré, comme le soulignent les imparfaits itératifs : "je refaisais mes bagages et poursuivais mon mirage..."

L'amour est, ainsi, naturellement comparé à un voyage, une route à parcourir :"Sur la longue route qui menait vers vous", d'autant que les tournées d'une chanteuse la contraignent à des déplacements incessants...

L'expression "la longue route" réitérée évoque une quête d'amour qui n'en finit pas, malgré des embûches, le froid, les intempéries : "Le vent de décembre, 
Me gelait au cou, 
Qu´importait décembre, 
Si c´était pour vous..."

Mais "l'amour fou" peut vaincre tous les obstacles, et la route a été franchie : on le perçoit à travers l'emploi des temps variés du passé : "Elle fut longue la route, 
Mais je l´ai faite, la route, 
Celle-là, qui menait jusqu´à vous..."

Toutes les peines et toutes les difficultés importaient peu, face à cette attente et cet amour du public : "quelques mauvais apôtres, ...l'hiver ou la neige à mon cou" ne pouvaient arrêter ce bonheur...

L'énumération qui suit traduit, pourtant, une attente déçue, une sorte de désaffection du public, avec l'emploi de la négation : "Mais tant d'hivers et d'automnes 
De nuits, de jours, et personne, 
Vous n´étiez jamais au rendez-vous". 

Des expressions très fortes restituent, alors, un désarroi :"perdant courage, 
Soudain, me prenait la rage, 
Mon Dieu, que j´avais besoin de vous, Que le Diable vous emporte..."
Dieu et Diable sont, ainsi,  convoqués pour insister sur une forme d'exaspération d'un amour déçu.

La chanteuse renonçait alors, se montrait "infidèle", mais pour revenir vers ce public qui était sa raison de vivre.
Le vocabulaire de l'affectivité fait alterner, ensuite, "larmes et sourire", contraste saisissant qui nous montre les désordres et les tourments de l'amour.

L'adjectif "doux" répété insiste bien sur la force des sentiments associés à un sourire de la foule. Et une "larme" de ce public suscite une sorte de communion puisque la chanteuse elle-même en "pleure d'amour".

Le dernier couplet évoque un moment privilégié, avec l'utilisation du singulier et de l'article indéfini : "un soir, en septembre", la chanteuse a perçu l'attente de ce public, sa confiance "vous étiez venus m'attendre".

Et elle a compris cet amour irrépressible qui était le sien, atteignant une plénitude, un bonheur absolu...

La quête peut, alors s'arrêter "J´avais fini mon voyage, 
Et j´ai posé mes bagages."

La phrase "je vous remercie de vous", dans sa simplicité, son élégance, restitue toute le gratitude de la chanteuse envers son public.

Le refrain revient inlassablement, pour insister sur cette relation d'exception : "ma plus belle histoire d'amour, c'est vous ".

La mélodie légère et douce, et la voix pleine d'émotions de Barbara soulignent toute la force et la tendresse de cet amour...

 

 

Le texte :
 
http://www.paroles.net/daphne/paroles-ma-plus-belle-histoire-d-amour-c-est-vous





 

 

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23 mars 2016 3 23 /03 /mars /2016 12:32
John Lennon, the dreamer...

 

 

 

 

Un air de musique que tout le monde connaît ou reconnaît, une chanson qui a fait le tour du monde, une chanson dans laquelle le poète rêve d'un monde meilleur...

 

"Imagine !" dit le poète, il suffirait de supprimer de vaines croyances, comme le suggèrent les négations employées : "no heaven, aucun paradis, no hell, aucun enfer."

 

Et il faudrait garder à l'esprit seulement la beauté du ciel, au dessus de nous tous, pour réunir et rassembler le monde... "Above us, only sky."

 

L'utilisation du pluriel "all the people" marque une harmonie retrouvée, un désir d'union, enfin !

 

Et le poète souligne toute l'importance du présent dans lequel il faut vivre, car seuls le présent et la vie comptent :

"Imagine all the people,

Imagine tous les gens,
Living for today...
Vivant pour aujourd'hui..."

 

Le poète déroule, ensuite, tout ce qui sépare et désunit les êtres humains : "no countries, nothing, no religions", et, à nouveau, il a recours à de nombreuses négations, pour mettre en évidence l'inanité de tout ce qui divise les humains, des pays différents, des religions, pour lesquelles certains sont prêts à "tuer ou mourir", "kill or die".

 

Il imagine un monde de "paix."

Le poète se reconnaît comme "un rêveur", "a dreamer", et s'adressant à chacun de nous, grâce à la deuxième personne du singulier, il nous invite à le rejoindre dans ses rêves : 

"I hope some day you'll join us,
J'espère qu'un jour tu nous rejoindras,
And the world will live as one.
Et que le monde vivra uni..."

Rêvons à ce monde "sans possessions", "sans besoin d'avidité ou de faim", un monde de fraternité...

Un monde de partage et d'union...

"Imagine all the people,
Imagine tous les gens,
Sharing all the world...
Partageant tout le monde..."

 

Mais qui ne rêve de cette fraternité, qui ne rêve d'un monde apaisé et serein ?

"Je ne suis pas le seul à faire ce rêve", dit le poète, et "j'espère qu'un jour tu nous rejoindras"...

On perçoit toute l'universalité du texte, à travers cet emploi réitéré de la deuxième personne du singulier. Nous sommes tous concernés par cet appel à l'union, la fraternité...

La mélodie nous invite, aussi, à une forme d'harmonie retrouvée : doucement rythmée, elle nous conduit vers un crescendo d'apaisement.

 

Ecrite et composée en 1971 par John Lennon, cette chanson a été reprise maintes fois...

 

Il suffit juste d'imaginer...


 

 

 

Le texte :

 

http://www.lacoccinelle.net/243444.html

 

 

 

 

 

 

 

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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 11:26
Une volute de bourdonnements...

 

 

 

Pour le plaisir des mots...

 


"Une petite mouche dorée, entrée avec Eumée, dessina sur le silence une volute de bourdonnements". 


C'est ainsi que Giono évoque le vol d'une simple mouche dans un de ses romans intitulé Naissance de l'Odyssée...


Le mot "volute" issu d'un verbe latin "volvo", "rouler, s'enrouler" dessine sous nos yeux de belles spirales, des arrondis, des motifs voluptueux...


Ce nom peut désigner, tout d'abord, un ornement du chapiteau de la colonne ionique, en forme de spirale. 


Il peut évoquer aussi les enroulements d'une coquille d'escargot, ou encore, des tourbillons de fumées, de brumes...
 
Il peut suggérer les mouvements d'un insecte, comme dans l'extrait de Giono.
 
Avec sa douce fricative initiale, sa dentale "t", ses voyelles en forme d'arrondi, ce mot nous fait voir la pureté et l'harmonie de ces ornements.
 
Les colonnes ioniques montrent, sur leur sommet, des rouleaux de vagues, des tourbillons de blancheurs de marbres. Sous ces rouleaux, on voit se dessiner des palmes aux motifs délicats : élégance, simplicité font de ces hauts de colonnes de vraies oeuvres d'art.

On entrevoit des ellipses, des vagues déferlantes, des enroulements de papyrus, des boucles...
 
Le mot fait songer, aussi, à des enroulements de vagues, sur la mer, la mer qui roule et déroule mille replis, aux reflets ondoyants : les ondulations de la mer ne dessinent-elles pas des volutes infinies ?
 
Ce nom fait surgir des images de brumes vaporeuses qui enveloppent les paysages dans des tournoiements laiteux.

Des volutes de fumée s'évanouissent dans l'air, créant des arabesques, des cercles, des courbes sinueuses, des méandres infinis...

Des volutes de feuillages, de lierre ornent les murs dans des tourbillons de verts, Des volutes de fleurs s'épanouissent dans les jardins.

Certains instruments se parent de volutes somptueuses : luth, violes et violons...

 Dans le texte de Giono, c'est une mouche qui dessine des volutes, et on voit se mêler sensations visuelle et auditive, dans une belle harmonie poétique.


Ce mot aux sonorités évocatrices suggère des formes somptueuses, des envols de brume ou de fumées, des figures aériennes...


 
 

 

 

 

 

 

 

Une volute de bourdonnements...
Une volute de bourdonnements...
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18 mars 2016 5 18 /03 /mars /2016 12:15
Au clair de la lumerotte...

 

 

 

Pour le plaisir des mots : semaine de la langue française et de la francophonie...

 

La lumerotte, petite lumière, nous séduit de son charme enfantin et discret...

Elle est discrète, la lumerotte, elle est légère, fragile, evanescente et somptueuse, en même temps.

 

Labiale "m", gutturale "r", dentales "t" nous font voir de petits éclats lumineux, des brillances feutrées et douces...

Les différentes voyelles font danser le mot :"u, e, o", comme pour évoquer une flamme qui bascule...

 

Voilà un mot dont le lointain ancêtre latin "lumen" a été recomposé avec un suffixe de diminutif.

"Lucide, luciole, translucide, élucider, lumière, lumineux, illumination, allumette, luminescence, lumignon", de nombreux mots français sont issus de ce radical...

 

Ainsi, les mots anciens reprennent vie, grâce à des préfixes ou des suffixes.

Lumières vacillantes de bougies dans des citrouilles dorées, les lumerottes créent des ambiances pleines d'harmonies et de douceurs, des ombres légères, des éclats hésitants et tremblants.

 

La lumerotte est soeur de la "loupiote", bien connue chez nous, et qui désigne, aussi, une petite lampe, ou une bougie.

 

Que cette lumière est légère et subtile !

Des lunes douces, tamisées se profilent à l'intérieur de cette lampe improvisée.

 

Des couleurs orangées de flammes rousses se libèrent.... Le décor, tout autour, devient dansant et vacillant, la lumière s'anime, virevolte, s'épanouit...

 

La lumerotte fournit un semblant de jour qui apaise : petite, ondoyante, elle si discrète !

La lumerotte rassure, apporte un réconfort à celui qui redoute la pénombre...

 

Juste assez de lumière, pour ne pas être effrayé par l'obscurité de la nuit !

 

Juste assez de couleurs, pour s'éclairer de douces lueurs d'automne !

 

Juste assez d'éclats, pour que l'enfant s'endorme dans une demi-obscurité, teintée de lueurs rouges !

 

Ce mot, venu de Belgique, nous charme par sa composition, son étrangeté, son mystère...

 

 

 

 

Dans le cadre de la semaine de la langue française... Dis-moi dix mots...

 

Ressources :

 

http://www.dailymotion.com/video/x38e1hk

 

http://www.dismoidixmots.culture.fr/ressources/la-thematique-et-les-dix-mots

 

Au clair de la lumerotte...
Au clair de la lumerotte...
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13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 11:07
Esquisses de fleurs...

 

 

Efflorescences de roses, verts légers et subtils... glacis brillants de lumières... esquisses de fleurs...

Festons, guirlandes de turgescences...

 

Merveille de l'éveil de la nature, merveille des teintes brunes et pâles qui s'entrelacent, merveille des éclats glacés et lustrés des boutons qui surgissent.

 

Les arbres de l'hiver commencent à nous promettre des fleurs à venir : des bourgeons apparaissent, gonflés de sève, aux teintes variées d'opale, de bruns, de chrysanlines.

 

Des bourgeons lustrés de lumières, aux formes oblongues ou arrondies, des promesses de fleurs attendues...

 

Sur les branches noircies de l'hiver, naissent des embruns roses pâles, des écumes de rouilles vernissées.

 

On entrevoit la fleur à venir, des teintes éclaboussées de lumières, des pâleurs, des brillances.

 

Bientôt, des floraisons, des feuilles nouvelles, bientôt des parfums qui flottent dans l'air et s'épanouissent pour atténuer les rigueurs de l'hiver.

 

Bientôt, des éblouissements de soleils, des clartés redoublées...

 

Bientôt, des éclosions de fleurs qui embaument les jardins...

 

Merveille de l'éveil de la nature, merveille des teintes brunes et pâles qui s'entrelacent, merveille des éclats glacés et lustrés des boutons qui surgissent...

 

Les bourgeons s'auréolent d'or, ils reflètent la lumière, la répercutent, ils sont l'image même du renouveau, du printemps qui s'annonce.

 

 

 

 

 

 

Photo : rosemar

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8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 13:43
Vos siècles d'infini servage pèsent encore lourd sur la terre...

 

 

 

 

La femme soumise à toutes sortes de malédictions, la femme encore et toujours asservie, ravalée au rang d'objet : hélas, la femme connaît, de nos jours, dans nombre de pays, toutes ces tristes réalités.

 

Et l'on a, encore, besoin de chanter, comme le faisait Jean Ferrat, en reprenant un texte d'Aragon : "La femme est l'avenir de l'homme..."

Dans un monde fracturé et divisé à l'extrême, la cause de la femme doit être défendue, en maintes occasions.

 

La femme considérée comme une mineure, dénuée de droits, esclave de l'homme, la femme insultée, battue, avilie, violée, lapidée, mariée de force, meurtrie... le monde est, encore, parcouru de toutes ces détresses.

 

Le poète visionnaire qu'était Aragon percevait le rôle essentiel que peut jouer la femme, et Jean Ferrat écrit, avec cette chanson, un plaidoyer plein de force pour l'égalité des sexes.

 

Jean Ferrat y dénonce le poids des croyances anciennes, celle de la bible, de l'ancien et du nouveau testament, où la femme, depuis la nuit des temps est "maudite".

 

Le vocabulaire religieux apparaît : " l'ancien et le nouveau, la bible, l'ancienne oraison, l'image d'Eve et de la pomme, vieilles malédictions..."

Et certains "décrètent encore par la bible", comme si c'était une référence intangible.

Le poète perçoit bien ce lourd héritage qui pèse encore sur la femme...

 

Et même si, dans nos sociétés, des progrès ont été accomplis, le fait de pouvoir "accoucher sans la souffrance, le contrôle des naissances", il reste encore tant à faire pour combler des "millénaires et des siècles d'infini servage".

Le vocabulaire est dénonciateur et virulent : on peut bien parler de "servage", d'un véritable esclavage qui anéantit, encore, les femmes, dans nombre de pays.

 

Le poète, lui, voudrait annoncer un renouveau, à travers cette belle image de "la floraison d'autres amours".

 

Un autre avenir est possible, sans doute, à condition de "remettre à l'endroit la chanson" et de redonner à la femme toute la place qu'elle mérite, elle qui "est l'avenir de l'homme."

 

Le poète conçoit, aussi, toute la difficulté de l'entreprise : "Il faudra réapprendre à vivre", affirme-t-il.

Il faudra réécrire "un nouveau livre", afin de balayer toutes les croyances millénaires qui accablent la femme.

 

Pour ce faire, "le partage" est essentiel, un partage qui doit être équitable, alors que, le plus souvent, il ne l'est pas encore, ne serait-ce que pour la répartition des tâches dans le couple.

 

Il faut, dès lors, envisager une reconstruction du monde, comme le suggère le préfixe "re" qui marque un renouveau dans les verbes "remettre, réapprendre, redécouvrir".

Et, de fait, il reste, encore, beaucoup de chemin à parcourir pour parvenir à rétablir des équilibres perdus, depuis des siècles.

"Le poète a toujours raison" , affirme Jean Ferrat, car la poésie se veut dénonciatrice et pleine de force, de résonances.

Le poète a raison, car il perçoit tant d'injustices et il les condamne, avec virulence.

La mélodie alterne une grande douceur dans le refrain, avec la vision du poète, et une certaine âpreté, dans l'évocation des douleurs, des luttes accomplies par les femmes...

Ce bel hymne à la femme, écrit et composé par Jean Ferrat en 1975, reste, encore, plus que jamais, d'actualité.

 

 

 

 

 

 

Vos siècles d'infini servage pèsent encore lourd sur la terre...
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6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 14:59
L'arbre illumine l'azur de ses griffes diffuses...

 

 


Des résilles de branches dépouillées empanachent l'arbre d'hiver : le voilà qui chante triste... Pourtant, que de beautés dans ces brindilles qui s'entrelacent, avec des motifs d'une variété inouie !

Que de splendeurs dans les teintes d'opales, de bruns et d'or qui se rejoignent sur le ciel bleuté de l'hiver...

Les branches forment des cercles, des arabesques, comme tourmentées par les vents de l'hiver.

Les branches torses escaladent l'azur, et dessinent sur lui des embruns dorés.

Des cannetilles apparaissent, légères, vaporeuses, remplies de lumières...

L'arbre devient une ombre d'azur, il resplendit de lumières, il tourbillonne, aérien, il s'épanouit en volutes généreuses, en brindilles éparses...

L'arbre illumine l'azur de ses griffes diffuses : le ciel devient une toile tissée de filaments soyeux.

Les entrelacs de branches et de ramilles se diffusent sur le bleu, ils envahissent l'horizon du jardin !

 

 

 

 

 

Photo : rosemar

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5 mars 2016 6 05 /03 /mars /2016 13:53
Les couchers de soleil ont souvent inspiré les poètes romantiques...

 

 

 

Les couchers de soleil ont souvent inspiré les auteurs romantiques : symbole de déclin, de mélancolie, cette thématique est récurrente dans de nombreux poèmes du dix neuvième siècle.

Victor Hugo, dans un texte intitulé Rêverie, extrait du recueil Les Orientales, nous fait partager un de ces instants où le soleil bascule et s'évanouit,  un moment où le rêve remplace la réalité, où l'on imagine des paysages différents, sources d'évasion et de mystères. L'orientalisme très présent dans ce poème est une ouverture vers le monde de l'imagination et du rêve...

Hugo nous fait percevoir toute la beauté de ce soleil couchant, et c'est l'occasion d'un appel à une inspiration nouvelle, différente, un rêve d'une ville orientale aux teintes d'or...

 

 

Le poème s'ouvre sur deux exclamations pleines de vie, par lesquelles le poète semble réclamer une solitude propice à la rêverie : "Oh ! Laissez-moi !" L'évocation qui suit nous montre toute la beauté du spectacle observé par Victor Hugo : un coucher de soleil où les couleurs se mêlent, en une harmonie de jaunes et de rouges :"l'astre géant rougit, le grand bois jaunissant dore... la colline... le soleil et la pluie ont rouillé la forêt".

 

Ces couleurs sont estompées et comme auréolées par un "cercle de brume", ce qui permet d'embellir, un peu plus, la toile.

La vision est colorée et grandiose, comme le suggèrent les adjectifs, dans les expressions : "l'astre géant, le grand bois".

 

La nature s'anime, grâce au procédé de personnification : les éléments du paysage sont sujets de verbe d'action et semblent, ainsi, participer à la composition du tableau...

 

La saison, l'automne, accentue encore l'impression mélancolique de ce coucher de soleil finissant, et le paysage devient le reflet de l'état d'âme du poète, empli de mélancolie : on sent une aspiration vers un autre monde rêvé, idéal.

 

Le rêve se développe, dans la deuxième strophe avec ces questions :"qui fera surgir, qui fera naître..." Et c'est un rêve d'Orient qui voit le jour, avec l'évocation flamboyante "d'une ville mauresque", entourée d'éclats : comparée à "une fusée" portant des flèches d'or, elle pourrait éclairer l'avenir du poète et transpercer le brouillard environnant.

 

L'obscurité du soir qui tombe s'oppose à la clarté éblouissante de cette ville surgie de l'imagination de l'écrivain... "L'ombre du corridor" contraste avec cette vision éclatante et dorée...

 

Mêlant des sonorités emplies de force à des sons pleins de douceur, le poète suggère, à la fois, la beauté éclatante de cette ville et l'apaisement que procure cette vision nouvelle : gutturale "r" et "c" alternent avec sifflantes "s" et chuintantes "ch" dans ces trois vers : " 

"Quelque ville mauresque, éclatante, inouïe,
Qui, comme la fusée en gerbe épanouie,
Déchire ce brouillard avec ses flèches d'or !"

 

Cette ville entrevue dans un rêve pourra redonner une inspiration au poète, c'est du moins ce qu'il désire ardemment et ce que suggère l'emploi du subjonctif à valeur d'injonction et de souhait : "Qu'elle vienne, inspirer, ranimer... Mes chansons".

C'est bien un poète en mal d'inspiration qui s'exprime, ici, dans un texte lyrique, où l'on devine des sentiments de mélancolie : les chansons "rembrunies", comparées à "un ciel d'automne" nous parlent de cette tristesse.

 

Comme souvent dans la poésie romantique, le paysage devient le reflet de l'état d'âme de l'écrivain.

 

Le poète en appelle à cette rêverie pour lui insuffler une nouvelle façon d'écrire : il attend une vision emplie de rêve, d'espoir, de magie.

 

 Hugo nous laisse entrevoir tous les charmes de cette ville orientale : teintée de mystères avec ses "rumeurs étouffées", de richesses, avec "ses palais" aux "mille tours", empreinte de magie avec ses "fées", pleine de beauté, car elle se dessine "en dentelles" sur un horizon violet.

 

 

Hugo, dans ce poème, parvient à nous faire partager son rêve oriental : la dernière vision nous transporte dans un univers proche de celui des Mille et une nuits, fait de mystères et d'harmonie.

Solitude, mélancolie, magie et beauté de l'Orient... Hugo nous transmet, avec lyrisme, émotion et sensibilité, ses sentiments et ses rêves d'évasion...

 

 

Le poème :
 

 

Rêverie


Oh ! laissez-moi ! c'est l'heure où l'horizon qui fume
Cache un front inégal sous un cercle de brume,
L'heure où l'astre géant rougit et disparaît.
Le grand bois jaunissant dore seul la colline.
On dirait qu'en ces jours où l'automne décline,
Le soleil et la pluie ont rouillé la forêt.


Oh ! qui fera surgir soudain, qui fera naître,
Là-bas, - tandis que seul je rêve à la fenêtre
Et que l'ombre s'amasse au fond du corridor, -
Quelque ville mauresque, éclatante, inouïe,
Qui, comme la fusée en gerbe épanouie,
Déchire ce brouillard avec ses flèches d'or !


Qu'elle vienne inspirer, ranimer, ô génies,
Mes chansons, comme un ciel d'automne r
embrunies,
Et jeter dans mes yeux son magique reflet,

Et longtemps, s'éteignant en rumeurs étouffées,
Avec les mille tours de ses palais de fées,
Brumeuse, denteler l'horizon violet !

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

Les couchers de soleil ont souvent inspiré les poètes romantiques...
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2 mars 2016 3 02 /03 /mars /2016 12:58
Le mois des tempêtes...

 

 

 


On entre dans le mois de Mars, le mois des turbulences et des tempêtes, le mois des vents qui se déchaînent, le mois du Dieu Mars, dieu de la guerre et de la rebellion...

Un mois de transition entre l'hiver et le printemps, un mois qui hésite entre la rigueur du froid, et la douceur des journées qui grandissent...

Dès lors, on attend des jours meilleurs, des soleils plus lumineux, des matinées moins rudes, on attend le renouveau, le regain, l'harmonie et le calme de ce qui suit la tempête...

On espère des couleurs éclatantes, on voit s'épanouir les primevères, les renoncules, fleurs nouvelles aux teintes d'or et d'amaranthe...

Le mois de Mars nous bouscule, nous malmène encore de ses orages, de ses virulences, de sa rudesse, mais il nous laisse entrevoir des lumières, des éclats nouveaux.

Les vents s'exaspèrent, font rage, battent les vitres, soufflettent les arbres, mais on sait le bonheur qui va suivre, on perçoit des harmonies à venir, des envolées d'oiseaux, des pies dans les arbres, des moineaux qui s'éveillent..

Mars, le belliqueux, nous enveloppe de ses embruns de froid, il nous tourmente, nous fouette, mais nous savons, nous goûtons déjà le renouveau...

Les jours s'élargissent, enfin et s'épanouissent, les soleils s'attardent et nous offrent des rougeoiements somptueux, des redoux, des frissons de douceur, de légèreté !

Les soleils nous font admirer des rubis, des grenats, des escarboucles, des teintes de cinabre, des couleurs de rouge et d'or....

La nature hésite entre la saison des frimas et celle du renouveau.

La nature balance entre les éclats du froid et ceux de la douceur.

Le froid intense est là encore, au petit matin, mais les journées nous offrent un avant-goût du printemps...

Bientôt, des senteurs, des épanouissements de fleurs, bientôt, des éclosions nouvelles, des redoux, une nature prête à revivre, à s'affranchir du froid et des frimas.

Bientôt, des soirs qui s'attardent, des matins qui se parent de l'éveil des oiseaux...

Bientôt, des journées apaisées, des soleils bienveillants...

Bientôt l'union du ciel et de la terre, pour voir s'épanouir tous les bonheurs du printemps...

 

 

 

 

photo : rosemar

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