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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 13:53
Giono : une magnifique évocation des forces cosmiques de la nature...

 

 


Dans son roman intitulé Regain, Jean Giono évoque le monde des paysans, il raconte la mort et la renaissance d'un village, Aubignane. 

C'est un couple qui est à l'origine de cette renaissance : Panturle et Arsule, grâce à leur amour, vont permettre ce renouveau.

Dans un extrait de ce roman, on voit les deux personnages revenir d'un grand marché d'été : ils retrouvent, après les bruits de la ville, un monde simple, harmonieux.

 

Voici l'extrait :


"Ils sont partis par la route de Saint-Martin ; ça fait raccourci.


Il y a eu d'abord un grand peuplier qui s'est mis à leur parler. Puis, ça a été le ruisseau des Sauneries qui les a accompagnés bien poliment en se frottant contre leur route, en sifflotant comme une couleuvre apprivoisée ; puis, il y a eu le vent du soir qui les a rejoints et qui a fait un bout de chemin avec eux, puis les a laissés pour de la lavande, puis il est revenu, puis il est reparti avec trois grosses abeilles. Comme ça. Et ça les a amusés.


Panturle porte le sac où sont tous les achats. Arsule, à côté de lui, fait le pas d'homme pour marcher à la cadence. Et elle rit.


Il est venu alors la nuit et c'était le moment où, sortis du bois, ils allaient glisser dans le vallon d'Aubignane ; il est venu alors la nuit, la vieille nuit qu'ils connaissent, celle qu'ils aiment, celle qui a des bras tout humides comme une laveuse, celle qui est toute brillante de poussière, celle qui porte la lune.


On entend respirer les herbes à des kilomètres loin. Ils sont chez eux.
Le silence les pétrit en une même boule de chair."
 

 

La nature apparaît, d'abord, comme une entité vivante et on perçoit, là, une conception paysanne et animiste du monde. Le procédé de personnification est abondamment utilisé : "un grand peuplier s'est mis à leur parler... un ruisseau sifflotant... on entend respirer les herbes... la nuit qui a des bras tout humides comme une laveuse..."

La nature est, aussi, associée à de nombreux verbes de mouvement : "le ruisseau des Sauneries les a accompagnés... le vent du soir les a rejoints... a fait un bout de chemin avec eux, puis il les a laissés... il est revenu, il est reparti avec trois grosses abeilles..."

En fait, au cours de cette promenade, les personnages semblent ne pas se déplacer eux-mêmes, mais c'est la nature qui est, sans cesse, en mouvement : les différents éléments du paysage défilent sous leurs yeux : "le peuplier" qui représente la terre, "le ruisseau", l'eau, le "vent du soir" ou l'air, "la nuit brillante qui porte la lune" ou le feu...

Les 4 éléments composent un tableau harmonieux et plein de vie.

Le mouvement est aussi suggéré par des propositions indépendantes juxtaposées et l'emploi récurrent de l'adverbe "puis".

Le rythme est léger, sautillant et correspond bien à celui d'une promenade. La nature humanisée apparaît comme une force vivante, mystérieuse, qui agit.

De plus, cette nature est complice des deux personnages ; amicale, elle semble connaître les deux héros de l'histoire, elle entre en contact avec eux, elle leur "parle", elle les côtoie familièrement : "le ruisseau les a accompagnés en se frottant contre leur route..."

De nombreux termes soulignent cette complicité : "accompagnés, apprivoisée, le vent les a rejoints, ils connaissent, ils aiment".

Le style très simple correspond bien aux personnages : Giono emploie le présent et le passé composé qui sont les temps du discours. Il utilise, à plusieurs reprises, le pronom familier "ça", ou encore l'expression "il y a", des mots simples : "puis, alors".

Le mot "ça" réitéré peut suggérer une sorte de force inconnue et mystérieuse présente dans la nature.

Le couple lui-même est complice : Arsule suit le rythme de Panturle, "elle fait le pas d'homme pour marcher à la cadence."

On assiste à une communion intense des personnages qui arrivent à ne faire plus qu'un seul être : "le silence les pétrit en une même boule de chair..."

Giono fait intervenir, dans cet extrait, un style poétique et lyrique.

Il a recours à des images : le ruisseau est comparé à "une couleuvre", la nuit à "une laveuse aux bras tout humides", elle "porte la lune", image d'une mère qui porte son enfant en elle.

On perçoit des répétitions, des anaphores : "Il est venu alors la nuit... il est venu alors la nuit", deux octosyllabes qui créent un rythme régulier.

Cette construction impersonnelle "il est venu" peut restituer le mystère d'une force inconnue qui régit le monde.

L'allitération de la sifflante "s" contribue à donner au texte une impression de douceur, d'harmonie, de poésie.

 

Dans cet extrait, la nature apparaît à l'image du dieu Pan comme une grande force cosmique, dotée de volonté et de vie. Bienveillante, elle permet une union harmonieuse de l'homme et de la femme, elle permet de retrouver les vraies valeurs : celles de l'amour, de la simplicité, de la complicité avec le monde...

 

 

 

 

Le texte :

"Ils sont partis par la route de Saint-Martin ; ça fait raccourci.

Il y a eu d'abord un grand peuplier qui s'est mis à leur parler. Puis, ça a été le ruisseau des Sauneries qui les a accompagnés bien poliment en se frottant contre leur route, en sifflotant comme une couleuvre apprivoisée ; puis, il y a eu le vent du soir qui les a rejoints et qui a fait un bout de chemin avec eux, puis les a laissés pour de la lavande, puis il est revenu, puis il est reparti avec trois grosses abeilles. Comme ça. Et ça les a amusés.

Panturle porte le sac où sont tous les achats. Arsule, à côté de lui, fait le pas d'homme pour marcher à la cadence. Et elle rit.

Il est venu alors la nuit et c'était le moment où, sortis du bois, ils allaient glisser dans le vallon d'Aubignane ; il est venu alors la nuit, la vieille nuit qu'ils connaissent, celle qu'ils aiment, celle qui a des bras tout humides comme une laveuse, celle qui est toute brillante de poussière, celle qui porte la lune.

On entend respirer les herbes à des kilomètres loin. Ils sont chez eux.

Le silence les pétrit en une même boule de chair."

 


 

 

 

 

 

Photos : rosemar

 

Giono : une magnifique évocation des forces cosmiques de la nature...
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9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 08:37
Renaissance du printemps...

 

 

Tout se ranime, tout revit, tout s'éveille : fleurs et feuilles renaissent, exaltent les paysages... bourgeons de mauves, de roses cendrées, de blanc, de xanthe, de lumières...

 

La nature tourbillonne, s'enivre de soleil, de douceur, de chaleur : papillons, psylles, abeilles, bourdons voltigent dans l'air adouci.

 

De menus insectes tutoient les fleurs, papillons blancs ou safranés qui virevoltent, danses volubiles autour des corolles offertes.

 

Des blancheurs de papillons enluminent le vert des feuilles.

 

Des envolées d'oiseau surgissent des fourrés, le vert s'épanouit partout.

Des parfums s'envolent dans l'air chaleureux, odeurs subtiles ou prégnantes : genêts du midi, lilas enivrants....

 

Flammes des genêts mêlées à des senteurs douces comme le miel !

Couleurs, teintes variées s'emparent des paysages, formant des tableaux éblouissants : verts, rouges, xanthes, roses....

 

Des papillons vertigineux, couleurs de lys, s'étonnent de ces couleurs aux nuances infinies.

Les oiseaux animent les jardins de leurs voix lointaines, éclats de flûtes aux douceurs du printemps.

 

Le ciel s'éclaircit, se dore de clartés azurées, il se teinte de lapis-lazuli, d'un bleu lumineux et profond.

Le ciel se nimbe d'une pureté de bleu inouïe...

 

 

 

 

Photos : rosemar

Renaissance du printemps...
Renaissance du printemps...
Renaissance du printemps...
Renaissance du printemps...
Renaissance du printemps...
Renaissance du printemps...
Renaissance du printemps...
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2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 12:41
Lumières et candeurs du viburnum...

 

 

 

 
 
Les fleurs éclaboussent le vert, elles l'enluminent, le rehaussent d'éclats...


 
Lumières et candeurs du viburnum éclairent l'air du printemps... vertiges, tourbillons et rondes de bouquets dans le jardin...

 

Les parfums s'insurgent, se révoltent, tourbillonnent dans l'air. Lorsque viennent les soleils, qu'ils s'exacerbent, les parfums redoublent, ils s'envolent, grisements et enivrement des arbres...


 
Des écumes de blancs s'épanchent, le jardin s'éblouit de tant de fleurs, il s'enivre de tant de senteurs et de clartés. Les fleurs en bouquets d'offrandes s'épanouissent, rondes éblouissantes dont s'abreuvent les regards.

 

Les fleurs s'évaporent, distillent des embruns...


 
Les parfums se libèrent, ils flottent sur les arbres, sur la terre... Les fleurs dansent, s'animent, valses de bonheurs où le printemps s'emporte...


 
 
Viburnums, fleurs subtiles, légères, en éclats de brumes ! 
 

 

 

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

Lumières et candeurs du viburnum...
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1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 10:40
Un poisson pour ouvrir le mois d'avril : la sole...

 

 

 

La sole revêt un manteau étonnant qui ressemble à une véritable mosaïque : ce poisson très plat, qu'on trouve abondamment, en Méditerranée, est singulier par sa forme...

 

La sole, long poisson ovoïde, arbore des marbrures grisées, des motifs de petits réseaux qui ressemblent à des cailloux assemblés de gris, de beiges.

 

Parfois, les teintes sont plus éclatantes, encore... le poisson semble, alors, serti de bijoux, aux tons de bleus, de lumières...

 

Ce poisson se blottit sur des fonds sablonneux et ressemble à une pierre sculptée.

 

Le nom "la sole" a bien sûr, des origines méditerranéennes : issu du latin, "solea", la sandale, ce poisson évoque la forme plate de ces chaussures.

 

La sifflante "s", très douce suggère calme, tranquillité, aspect paisible et serein...

La sole fait songer à un objet d'art, posé sur les fonds marins, une sorte de sculpture de pierre, à l'aspect hiératique.

 

La sole évoque la Méditerranée, des senteurs marines, les filets des pêcheurs, des barques, des embruns, des visions de bleus infinis, des enroulements renouvelés de vagues, le sac et le ressac, le murmure de la mer...

 

La sole suggère des paysages du sud, des pins, des calanques rayonnantes, des dégringolades de pierres blanches, des oliviers, des odeurs de thym, de romarin...

 

Ce poisson fait ressurgir, en moi, des souvenirs : la sole à la provençale que préparait ma mère, avec du fenouil et du citron, un mets simple et délicieux.

 

La sole, c'est le monde de la mer, une impression d'immensité, de liberté, ce sont des ports de pêche, des calanques autour de Marseille...

 

La sole évoque aussi des soleils éblouissants du midi, des reflets sur l'eau, des senteurs de sel et de pins qui s'entremêlent...

 

Des images de voilures blanches sur l'immensité des flots, la chaleur exacerbée du sud...

Des mouettes qui frôlent la surface de l'eau, des vagues dansantes, un infini de bleu...

 

 

 

 

 

Photos : wikipédia et Pixabay

Un poisson pour ouvrir le mois d'avril : la sole...
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26 mars 2017 7 26 /03 /mars /2017 10:53
Premiers bourgeons... dorés, cuivrés, rubescents...

 

 

 

Dorés, cuivrés, rubescents, sur les branches des marronniers, les premiers bourgeons s'éclairent de glacis lumineux...

 

Promesses de feuilles à venir... printemps qui s'annonce peu à peu...

 

Sur les branches noircies, brûlées par le froid de l'hiver, voilà que ressurgit la vie...

 

Des rondeurs se dessinent, des couleurs chaleureuses apparaissent.

 

Des brillances délicates, des embruns légers de roux...

 

Des teintes luisantes de porcelaine vernissée, qui reflètent la lumière...

 

Des promesses d'éclosions, des bourgeons fragiles, des teintes de rouilles...

 

Verts, roses, bruns...  des teintes nuancées se dessinent sur les branches.

 

Peu à peu, apparaissent des feuilles pliées en corolles, des nervures légères, des feuilles prêtes à se déployer...

 

Peu à peu, s'installe le renouveau, peu à peu, la nature s'éveille, s'adoucit, rayonne...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

Premiers bourgeons... dorés, cuivrés, rubescents...
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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 08:58
Pour célébrer le premier jour du printemps...

 

 

 

 

Pour célébrer le premier jour du printemps...

"Il reste en nous de la plante ; il y a en nous de la plante..." nous dit Michel Onfray, dans son ouvrage intitulé Cosmos... La nature, les arbres, les fleurs sont un condensé de vie et d'humanité...

 

 Les saisons sont essentielles, elles rythment nos vies, dans un élan immuable... Elles forment des cycles qui ponctuent nos vies comme le jour et la nuit qui se succèdent, elles sont des repères dans le temps...

"Voici donc les longs jours ! Voici le printemps !"

 

Un poème consacré au printemps, un poème où la nature personnifiée s'anime et devient une entité vivante, c'est un texte rempli de fraîcheur et d'animisme que nous offre, ici, Victor Hugo...

 

Des exclamations, qui révèlent bonheur et admiration, ouvrent le texte : l'énumération du premier vers restitue une sorte d'exaltation, devant le renouveau du printemps, la lumière est mise en valeur, associée à "l'amour" et au "délire".

 

Le poète se charge d'annoncer le printemps, par une formule réitérée : "voici les longs jours, voici le printemps !" Puis il déroule les mois, "mars, avril, mai, juin", en les caractérisant familièrement et simplement : "avril au doux sourire, Mai fleuri, juin brûlant, tous les beaux mois amis."

 

Ces mois du printemps deviennent des êtres vivants qui nous accompagnent de leur bienveillance.

 

Le décor est, ensuite, évoqué : des arbres, des peupliers semblent, eux aussi, s'animer pour offrir un cadre somptueux au poète : on les voit "se courber mollement comme de grandes palmes..."

 

Un oiseau vient compléter le tableau et assure un fond sonore à l'ensemble : "L'oiseau palpite, au fond des bois tièdes et calmes."

 

Et le poète perçoit tout le bonheur du monde dans cette renaissance : "Il semble que tout rit, et que les arbres verts sont joyeux d'être ensemble..."

 

Le champ lexical du bonheur apparaît : "tout rit, joyeux, quelque chose d'heureux, chanter..."

Les arbres deviennent même l'image du poète : "il semble... qu'ils se disent des vers..."

Le jour et le soir deviennent des entités vivantes, le jour apparaît "couronné d'une aube fraîche et tendre", et le soir se révèle "plein d'amour"...

 

Enfin, la nuit se met à l'unisson de la nature renaissante, puisqu'on y perçoit un chant de bonheur...

 

La simplicité de ce poème, la nature humanisée, emplie de vie traduisent une complicité entre l'homme et le monde qui l'entoure.

 

Des sensations visuelle, tactile, auditive viennent ponctuer le texte et nous font ressentir une forme d'harmonie : le vert des arbres, leurs grandes palmes, un chant heureux dans l'infini de la nuit...

 

Ce poème nous transmet une ivresse de bonheur et de tendresse : la nature se met à l'unisson de Victor Hugo, elle invite à l'amour, à la joie de vivre.

Victor Hugo nous fait, aussi, percevoir l'écoulement du temps, le jour, le soir, la nuit, les mois qui se succèdent, comme un bonheur à savourer.

 

Les sonorités contrastées de sifflantes "s" très douces et de gutturales "r" plus âpres traduisent à la fois un apaisement et une exaltation...

 

 

 

 

Le poème :

 

 

 

Printemps


Voici donc les longs jours, lumière, amour, délire ! 
Voici le printemps ! mars, avril au doux sourire,
Mai fleuri, juin brûlant, tous les beaux mois amis ! 
Les peupliers, au bord des fleuves endormis,
Se courbent mollement comme de grandes palmes ; 
L'oiseau palpite au fond des bois tièdes et calmes ; 
Il semble que tout rit, et que les arbres verts
Sont joyeux d'être ensemble et se disent des vers. 
Le jour naît couronné d'une aube fraîche et tendre ;
Le soir est plein d'amour ; la nuit, on croit entendre, 
A travers l'ombre immense et sous le ciel béni, 
Quelque chose d'heureux chanter dans l'infini.


 

 

 

 

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12 mars 2017 7 12 /03 /mars /2017 15:18
Ciel violet d'orages....

 

 

Les pins, les cèdres, les cyprès se découpent sur un ciel sombre, aux teintes violettes...

 

Les nuages auréolent les arbres de leurs couleurs nuancées de gris...

 

Le vert des arbres pâlit, s'éclaire sur ce fond de nuées bourgeonnantes.

 

Un tableau du printemps qui s'annonce... un ciel partagé entre soleil et nuages opaques et lourds...

 

Les pins s'arrondissent de lueurs de verts soyeux et légers.

 

Autour des arbres, de fines lignes de gris perle enserrent l'horizon...

 

Quelle harmonie de teintes dans ce tableau !

 

Blanc, verts, gris, violet se rejoignent et s'entremêlent...

 

 

 

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

Ciel violet d'orages....
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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 15:13
Cultiver son étonnement et son imagination...

 

 


 

Cultiver son étonnement, s'émerveiller du monde, de ses métamorphoses, au fil des saisons, saisir les couleurs changeantes du ciel, capturer des odeurs, des sons, des senteurs de lavande, de romarin, de thym, la musique de l'eau, le bruissement des arbres...

 

S'étonner, c'est cultiver aussi son imagination, c'est percevoir des fusions de sensations, des harmonies nouvelles...

 

"Tout change, panta rei, tout coule, tout est en mouvement...", affirmait Héraclite.

La nature nous offre des mutations incessantes : les arbres ont encore leurs allures d'hiver, et voilà que de près, on perçoit de légers bourgeons sur les branches...

Des bourgeons satinés, dorés, cuivrés aux teintes nuancées....

 

L'eau révèle des reflets changeants, des tableaux étonnants pleins de mystères et d'étrangeté.

 

L'imagination suscitée par l'étonnement est créatrice : c'est elle qui nourrit un peintre, un écrivain, un sculpteur, un artiste, un compositeur.

 

Quand Cézanne peint la Sainte Victoire, il ne se contente pas de reproduire la réalité : il fait appel à son émerveillement, à son imagination, les couleurs sont éclatantes, les arbres stylisés, le paysage magnifié...

De même quand Giono évoque la campagne provençale, il nous montre une nature vivante, animée, il la dépeint comme si elle était un être humain.

La nature devient une entité mystérieuse, remplie de signes, de symboles.

 

Nous oublions trop souvent de nous étonner de tant de choses : le renouvellement des saisons, des couchers de soleil, chaque soir, différents...

La stupeur n'est plus à la mode... c'est de ce radical que vient, d'ailleurs, notre adjectif "stupide"...., comme si la stupeur était une preuve de bêtise.

Etonnons-nous devant la beauté du monde !

Etonnons-nous des merveilles de la nature !

 

Soyons attentifs au rythme des saisons, à leur variété, leurs couleurs nuancées...

Trop souvent blasés par toutes sortes d'images et toutes sortes d'écrans, nous oublions d'observer ce qui nous entoure...

 

Pourtant, la nature nous offre des spectacles uniques, une variété inouie de formes, de couleurs, de textures.

 

Il suffit d'observer un helleborus niger pour en percevoir toute l'élégance, la délicatesse, le charme de ces pétales aux teintes éblouissantes.

Il convient d'admirer les couleurs éclatantes des primevères, quand la saison est revenue.

On peut s'attarder à contempler un coucher de soleil, des nuances variées de roses et de rouges, des nuées éclaboussées de xanthe et de pourpre...

 


 

 

 

 

 

Photos : rosemar

Cultiver son étonnement et son imagination...
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8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 10:57
Quelquefois si douces...

 

 

 


Une jolie déclaration d'amour adressée à toutes les femmes, un texte empli de sensibilité, de force et d'émotion... tout le monde connaît cette chanson de Julien Clerc.

 

D'abord, c'est la douceur de la femme qui est mise en valeur grâce à un adjectif souligné par un adverbe d'intensité "si douces"...

 

Cette douceur est suggérée par des sonorités délicates qui évoquent la tendresse : sifflante "s", chuintante "ch".

 

Et cette douceur vient atténuer les douleurs du poète qui s'exprime à la première personne donnant un ton confidentiel au texte : "quand la vie me touche..."

 

Curieusement, la femme est aussi définie par sa dureté, sa capacité à provoquer des blessures que ressent intensément le poète... Les sonorités de gutturales "r" viennent souligner cette idée.

 

Ainsi, est mise en évidence toute la complexité de l'être féminin, oscillant entre tendresse et force...

 

Le refrain déroule une déclaration d'amour, réitérée, adressée à toutes les femmes... 

 

Le poète évoque, aussi, toute la fragilité inhérente à la femme, ce qui en fait un être particulier, un être qui peut paraître lointain, inaccessible, "difficile".

 

L'adverbe de temps "quelquefois" qui ponctue le texte montre bien toutes les nuances qui s'imposent pour décrire la femme.

 

Humour, drôlerie, sentiment de solitude alternent dans des tableaux successifs : d'abord une scène intimiste, "sur un coin d'épaule", où le regard de la femme est mis en valeur dans cette expression où se mêlent subtilement sensation visuelle et tactile : "regard qui frôle", suggérant toute la sensualité féminine.

 

Puis, l'affirmation d'une solitude parfois consentie, mais qui semble pesante, ce que suggère la répétition de l'expression "si seules".

 

La femme devient même, pour le poète, un condensé d'humanité : à la fois, "mère, enfant", mais aussi "impatience, souffrance", des sentiments contradictoires.

 

Dans le dernier refrain, le poète réitère sa déclaration d'amour, en y ajoutant une douleur inscrite dans le verbe "déchirer", associé à la notion de désir.

 

Et ce désir semble exacerbé par l'emploi du terme "pire".

 

Le texte s'achève sur le mot "femmes", mis en valeur et magnifié par l'interjection :" O".

 

Voilà un bel hommage à la fois majestueux et intimiste, dédié à la femme, une chanson intemporelle qui restitue une humanité, une tendresse, un émerveillement...

 

Les paroles ont été écrites par Jean-Loup Dabadie, la musique composée par Julien Clerc.

 

 

Le texte :

 

http://www.paroles-musique.com/paroles-Julien_Clerc-Femmes_Je_Vous_Aime-lyrics,p16943

 

 

 

 


 

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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 13:51
Reflets mystérieux sur l'eau...

 

 

 


Distorsions, trouées, arabesques, des formes étranges se dessinent sur l'onde du canal....

 

Un tableau irréel apparaît, insolite, mystérieux, surnaturel, des motifs nouveaux, des ondoiements vaporeux tourbillonnent, attirent le regard.

 

 

Des vrilles sur l'eau bleue, des frissons, des moires étonnantes.

 

 

Un tableau mouvant : l'arbre trace des figures improbables, hésitantes, fugitives...

 

 

Le tableau se transforme, les formes s'étirent, se recomposent, se délitent.

 

 

On voit naître et s'effacer des protubérances, des enroulements d'algues géantes.

 

Le fond du tableau laisse voir des fluidités, des marbrures grises et blanches.

 

 

Le miroir de l'eau se couvre d'images magiques et peint d'étranges créatures, des algues dorées ou laiteuses, des hydres fantastiques venues du fond des âges....

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

Reflets mystérieux sur l'eau...
Reflets mystérieux sur l'eau...
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