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8 novembre 2016 2 08 /11 /novembre /2016 16:34
Des archipels de nuages...

 

 

 

"J'aime les soirs sereins et beaux, j'aime les soirs,
Soit qu'ils dorent le front des antiques manoirs
Ensevelis dans les feuillages ;
Soit que la brume au loin s'allonge en bancs de feu ;
Soit que mille rayons brisent dans un ciel bleu
A des archipels de nuages."


C'est ainsi que  Victor Hugo décrit des Soleils couchants dans un poème extrait de son recueil  intitulé Les feuilles d'automne : les nuages évanescents deviennent des "archipels"...
 
Le mot "archipel" désigne, d'abord, un groupe d'îles formant une unité géographique : on connaît l'archipel des Antilles, des Philippines, celui des Cyclades...
Victor Hugo emploie ce terme dans un sens imagé : les nuages, au soleil, couchant, dispersés dans le ciel, font souvent penser à des îles...
 
Venu du grec ancien "Αἰγαῖον πέλαγος, Aigaîon pélagos,  Mer Égée", devenu "arcipelago" en italien, puis "archipel" en français, ce nom propre s'est transformé, par antonomase, en un nom commun : la mer Egée parsemée d’îles, est devenue un nom générique, a fini par évoquer un ensemble d'îles !

Le premier élément du mot pourrait provenir, aussi, du verbe grec "archo, mener, gouverner, commander", le terme, dans son ensemble, désignant, alors, la Mer principale.

Etonnante étymologie !
 
Ce mot aux sonorités de gutturale, chuintante, labiale, aux voyelles diverses nous séduit, nous emmène dans un monde exotique et lointain, vers des îles secrètes, aux paysages pleins de charmes.
 
L'archipel évoque des images de soleil, de mers, de vagues : le mot contient anciennement le nom même de la mer, "pelagos", qui lui a donné sa finale abrégée -pel. Ce substantif, employé surtout en poésie, désigne, en grec ancien, la haute mer...
 
L'adjectif "pélagique" vient de ce radical et désigne tout ce qui est relatif au milieu marin, à la haute mer, notamment.
 
Tout le monde connaît l'autre mot grec, plus classique, qui sert à évoquer la mer : "thalassa".
 
La mer Egée, connue pour ses archipels d'îles, notamment les Cylades aux noms remplis de poésie : Amorgos, Délos, Naxos, Paros, Santorin, est bien une mer chargée de symboles, d'histoires et de mythes anciens.
 
Le nom même des "cyclades" suggère une forme de cercle et vient du mot grec "kuklos" : les îles forment un cercle autour de l'île sacrée de Délos.
 
Cet archipel comporte 2200 îles et îlots !
 
Quel éclat dans ce mot, quelle luminosité ! L'archipel est comme un éclat d'îles disséminées dans la mer, comme un envol d'oiseaux qui se dispersent dans le ciel !
 
On voit, aussi, des galets épars sur le sol, de formes diverses, aux couleurs variées...
 
Ce mot "archipel" aux sonorités éblouissantes est souvent utilisé dans un sens imagé : images de nuages qui se dissipent, ou d'embruns moutonnants sur la mer...
 
 
 

 

Le poème de Victor Hugo :

http://www.poetes.com/hugo/soleils.htm

 

 

Photos : rosemar

Des archipels de nuages...
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6 novembre 2016 7 06 /11 /novembre /2016 13:09
Elle est brune, elle est rousse...

 

 

 

Elle est brune, elle est rousse : une pigne sur le sol, aux éclats dorés, aux teintes lumineuses, attire tous les regards.

 

Elle rayonne : un dégradé de teintes de rouille s'étire en cascade sur le fruit.

 

Un concentré de motifs géométriques, des écailles qui s'emboîtent avec harmonie et délicatesse...

Des vagues lumineuses, régulières se dessinent sur le fruit.

 

Tout autour, des aiguilles, des brindilles, des écailles forment un tableau rustique.

 

La pigne de pin montre des éclats de rouille, elle éclaire le tableau de ses teintes chaleureuses.

 

Des senteurs de pins, de bois brûlés s'exaltent dans l'air doux de l'automne...

 

Un brin d'herbe, aux teintes de verts, ravive et redouble les couleurs éclatantes du fruit...

 

 

 

 

 

Photo : rosemar

 

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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 08:24
Où sont ceux que ton coeur aime ?

 

 


Dans un de ses poèmes célèbres, Lamartine imagine que les voix des morts se révèlent à travers les souffles du vent, les brins d'herbe qui frissonnent, les pins qui bruissent, une cloche qui résonne, des flots qui se répandent sur la grève...

 

Les voix qui se sont tues semblent, alors, se ranimer dans la nature entière, des voix, des rires, des paroles entendues, des souvenirs qui restent en chacun de nous...

 

Des visages ressurgissent du passé, des gestes, des sourires, des conversations, des moments d'autrefois.

Mes grands-tantes, mes grands-parents, disparus si vite, nos parents.

 

Des visages qui ont été si proches se sont éloignés, il nous reste tant de souvenirs, tant de pensées pour eux !

Il nous reste, gravés dans nos mémoires, leurs joies, leurs peines, leurs émotions, leur sensibilité, leur amour de la vie et du monde...

Il nous reste leur empreinte, leurs idées, une façon de vivre, dans la simplicité...

 

Le monde s'accélère, les progrès se multiplient, la vie s'emballe, mais nous aimons tous revoir des souvenirs tendres du passé.

Ceux dont les voix se sont tues font partie de nous, ils sont une part essentielle de notre âme et de nos coeurs.

Ils sont là, parmi nous, ils revivent à travers nos souvenirs...

 

On revoit des paysages familiers, la campagne aixoise si belle, aux couleurs d'ocre et de rouille, à l'automne, le pays de mes grands-parents maternels.

On revoit le pays d'Aix, des villages aux noms si parlants et pittoresques, Cabriès, Bouc-bel-Air, Violési, les Chabauds...

 

On perçoit des senteurs marines, celles de l'Estaque, petit village de pêcheurs, où ont vécu mes parents, on admire des embruns marins, des flots aux murmures sans cesse renouvelés...

On entrevoit, sur l'eau, une barque, peuplée de filets, de salabres, de bâches, de jambins.

Des calanques aux rochers abrupts se dessinent, des pins qui se penchent vers la mer, des collines lumineuses...

 

On revoit un jardin envahi de roses, de jasmins, d'althéas, des couleurs vives ou légères, on s'enivre de parfums de menthe, de romarins, de gardénias.

 

Une maison d'autrefois, dans un écrin de verdures : oliviers, thuyas, cyprès...

 

Des brassées de fleurs, dans le jardin, des brassées de senteurs, des joies simples, des bonheurs ordinaires et familiers...

 

 

 

Le poème de Lamartine : Pensée des morts

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/alphonse_de_lamartine/pensee_des_morts.html

 

Le poème repris par Georges Brassens :

http://www.jukebox.fr/georges-brassens/clip,pensee-des-morts,vmr5r.html

 

Un extrait du poème de Lamartine :

 

"Ah ! quand les vents de l'automne
 Sifflent dans les rameaux morts,
 Quand le brin d'herbe frissonne,
 Quand le pin rend ses accords,
 Quand la cloche des ténèbres
 Balance ses glas funèbres,
 La nuit, à travers les bois,
 A chaque vent qui s'élève,
 A chaque flot sur la grève,
 Je dis : N'es-tu pas leur voix ?

Du moins si leur voix si pure
 Est trop vague pour nos sens,
 Leur âme en secret murmure
 De plus intimes accents ;
 Au fond des coeurs qui sommeillent,
 Leurs souvenirs qui s'éveillent
 Se pressent de tous côtés,
 Comme d'arides feuillages
 Que rapportent les orages
 Au tronc qui les a portés..." 


 

Photos : rosemar

 

Où sont ceux que ton coeur aime ?
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30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 13:51
Tilleuls d'automne...

 

 

 

Les tilleuls revêtent des teintes de xanthe : l'automne s'en empare, les éblouit de lumières.

Les feuilles se parent de couleurs ensoleillées, des éclats de pailles, des envolées solaires...

 

Les bords des feuillages brunissent, des dentelles fines, légères...

 

Quelques éclats de verts subsistent, cernés de lumières.

 

Des cascades d'or sur les arbres, des grappes de feuilles étincelantes...

 

Des contrastes étonnants de couleurs :  branches sombres, feuilles dorées...

 

Les tilleuls, arbres solaires de l'automne s'embrasent de lumières.

 

Les tilleuls éblouissent l'azur.

Des éclats d'or avant l'hiver, des embruns légers, vaporeux qui subliment l'azur...

 

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

 

Tilleuls d'automne...
Tilleuls d'automne...
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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 15:45
Pour toi tout seul je veux chanter...

 

 

Quand un chanteur s'adresse, directement et familièrement, à chacun de ses auditeurs, sans fioriture, pour délivrer un message d'amour, il compose une chanson pleine d'émotions et de tendresse.

"Un peu d'amour et d'amitié", tel est le titre de ce texte célèbre écrit par Gilbert Bécaud.

Le poète emploie la deuxième personne du singulier "toi", pour personnaliser son message.

Il s'adresse plus particulièrement à une personne "seule", qui "réclame un peu d'amour et d'amitié", et il lui déclare vouloir chanter pour elle seule.

Il établit, ainsi, un contact direct avec celui ou celle qui écoute sa chanson. "Pour toi tout seul je veux chanter"... déclare-t-il...

L'auteur imagine cet auditeur lointain qui écoute son "transistor", transformé en "complice", donc personnifié, ce qui permet de mieux établir le contact, malgré la distance.

Il laisse entrevoir un secret partagé, et imagine pouvoir "se glisser entre les ondes", pour apporter joie et consolation à l'auditeur.

Il évoque, alors, des situations où la solitude est plus particulièment présente : "Toi dans ton bateau sur la mer 
toi dans ton village lointain..."

Solitude du marin, ou de celui qui vit dans un village perdu : ce sont, là, les exemples les plus évidents de ces gens qui connaissent cet éloignement du monde.

Puis, le poète invite chacun à"poser son problème sur la table", expression concrète qui montre qu'on peut, si on le veut, oublier certains soucis qui paraissent insurmontables.

L'emploi de l'impératif, de la deuxième personne du singulier confère au message une familiarité pleine de sympathie.

"Tiens, pose-le là, sur la table Laisse passer, laisse passer... "

Le poète emploie, alors, une répétition insistante du mot "temps", pour montrer que le temps peut régler nombre de problèmes, grâce à la réflexion, la pensée.

Il rassure, aussi, son auditeur, en employant le futur de l'indicatif qui indique une certitude : "le temps te le règlera..."

D'autres conseils suivent : mieux vaut éviter les regrets, qui sont symbolisés par une belle image : "les soleils que tu as ratés". Et l'auteur délivre un message rassurant d'espoir : 
"Je te promets des soirs de fête 
Ah, mais ceux-là, faut pas les louper. "

Le langage familier suggère une proximité, une familiarité qui donnent confiance...

La chambre de l'auditeur est assimilée à "une île", image même de l'isolement qui suscite des larmes. Et le poète l'invite à sortir dans la ville pour trinquer et danser avec lui, comme le souligne l'emploi du pronom indéfini "on".

Il parvient, ainsi, à réunir tous les solitaires évoqués dans la chanson, puisqu'il faut trinquer, en pensant aux "marins sur la mer", "aux gars du village lointain"...

La mélodie lumineuse, pleine d'élan et d'entrain, nous invite à oublier nos chagrins, à aller de l'avant...


 

 

 

 

Photo : rosemar

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23 octobre 2016 7 23 /10 /octobre /2016 14:07
Toutes les couleurs de l'automne...

 

 

Toutes les couleurs de l'automne sur ce buisson de vigne vierge...

Du rouille, du brun, du xanthe, du vert pâle, du noir, du mordoré...

 

Des éclats de feux, des étincelles de lumières, des soleils couchants dorés et rougeoyants, des miroirs sombres qui côtoient des teintes d'opales...

 

Des contrastes étonnants... des tableaux de feuilles dentelées, vernissées, aux teintes éblouissantes...

 

Le mur, habillé de ce lampas, se brode de rouilles, de roses, de bruns brûlés.

Le mur du jardin s'éclaire de ces embruns de couleurs variées.

 

Les feuilles ondulent, un déferlement de vagues aux teintes de pourpres...

Les feuilles rutilent, brunes, sombres, laquées de noirs.

 

L'automne pose ses teintes éclatantes sur les feuillages, l'automne s'installe peu à peu...

 

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

 

Toutes les couleurs de l'automne...
Toutes les couleurs de l'automne...
Toutes les couleurs de l'automne...
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14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 13:49
Bob Dylan, poète, musicien reçoit le prix Nobel de littérature...

 


On considère souvent la chanson comme un genre mineur, et pourtant ce sont, là, les origines et les sources de notre littérature : Homère, un des premiers poètes composait des textes faits pour être dits et déclamés au son d'un instrument de musique.

La poésie et la musique sont, ainsi, indissociables. Bob Dylan, musicien, chanteur, vient de recevoir le Prix Nobel de littérature... une surprise pour beaucoup.

Et pourtant, la chanson, cet art qui nous accompagne tout au long de nos vies mérite d'être mise à l'honneur.

 

La chanson est poésie, elle est littérature : elle nous fait redécouvrir le monde, ses beautés, ses mystères, elle nous fait percevoir, avec acuité, les injustices, les malheurs, les douleurs humaines.

Et Bob Dylan, chanteur engagé, est un de ces poètes qui fustige les horreurs de ce monde.

Comment ne pas évoquer une de ses chansons les plus célèbres : Blowin' In The Wind ?

Une chanson qui met en évidence tous les obstacles que peuvent rencontrer les êtres humains, obstacles symbolisés par les nombreuses routes qu'ils doivent parcourir...

 

La paix est aussi une quête difficile, comme le suggère l'image de la colombe qui doit traverser des mers, avant de trouver le repos...

La répétition de l'expression "how many" souligne toutes ces embûches...

Et bien sûr, le poète se désespère d'entendre tonner les canons tant de fois,"avant qu'ils soient interdits pour toujours", un voeu qui paraît inaccessible.

Les questions posées "how many" se résolvent par cette phrase "la réponse est souffle dans le vent"... symbole d'une réponse impossible et d'une incapacité à apporter des solutions à tous les problèmes de ce monde.

A chacun, sans doute, de trouver des réponses par une prise de conscience personnelle.

 

La réalité est évoquée en termes de conflit, avec ces mots :

"How many years can a mountain exist
Combien d'années une montagne peut-elle exister
Before it's washed to the sea ?
Avant d'être engloutie par la mer ?"

Le poète se demande, aussi, combien de temps les peuples doivent lutter pour leur liberté... Il fustige ceux qui détournent le regard pour ne pas voir les malheurs de ce monde.

 

Il met en évidence notre aveuglement, notre surdité face aux douleurs des hommes.

La chanson s'achève sur une dernière question : 

"Yes, 'n' how many deaths will it take till he knows
Oui, et combien faut-il de morts pour qu'il comprenne
That too many people have died ?
Que beaucoup trop de gens sont morts ?"

La mort toujours recommencée est suggérée par l'emploi du nom et du verbe évoquant cette idée... La guerre est, ainsi, dénoncée : elle ne résout rien, n'apporte que  mort et désolation...

Cette chanson engagée contient de nombreux messages essentiels : un hymne à la liberté, un appel à la conscience de chacun, à la paix...

Grâce aux nombreuses questions posées, le poète nous prend à témoin, nous interpelle et suscite en nous une réflexion sur l'absurdité des guerres, des conflits, des rivalités qui opposent les hommes.

Ce texte de Bob Dylan se lit comme un véritable poème, il suscite, à la fois, émotion et réflexion...

 

Le texte :

http://www.lacoccinelle.net/244511.html

 


 

 

 

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9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 15:05
Le papillon de l'automne...

 

 

 

Il s'est posé grâcieusement et paresseusement sur la rembarde, il goûte ce doux soleil d'automne apaisé, après les chaleurs rayonnantes et lourdes de l'été.

 

Noir, sombre, somptueux, le papillon s'est posé sur la rembarde et laisse admirer ses ailes découpées en dentelles légères...

 

Qu'il est soyeux ! On perçoit des ailes duveteuses qui se déploient, se referment, s'étirent à nouveau...

 

Sur ses ailes, des rubans de rouilles, des motifs ondoyants, des teintes contrastées...

 

Blanc, roux, noir, le papillon nous fait voir une fête des couleurs.

 

Il s'attarde sur la rembarde pour nous séduire de ses formes aériennes et subtiles...

Ses ailes brodées de festons se découpent sur le mur aux teintes d'opale...

Ses ailes élégantes, graciles dessinent des trames de velours sombre.

 

Sombre, impérieux, il envahit l'espace de sa beauté sereine et majestueuse.

 

 

 

 

 

 

 

Photo : rosemar

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8 octobre 2016 6 08 /10 /octobre /2016 17:23
Ma verte campagne où je suis né...

 

 

De nombreux auteurs ont célébré leur terre natale, leur pays, leurs racines et quand le message se teinte d'écologie, on obtient un texte et une chanson qui mettent en valeur la nature, une campagne intacte et préservée : ces thèmes sont traités dans une mélodie célèbre, intitulée Verte campagne, interprétée par les Compagnons de la chanson...

La chanson revêt une dimension lyrique, on y perçoit la présence du poète avec l'emploi de la première personne du singulier et l'évocation de sentiments personnels.

Le texte s'ouvre sur une apostrophe "Verte campagne, où je suis né". Cette campagne originelle est magnifiée grâce au procédé de personnification, elle devient, ainsi, par un jeu de mots "verte compagne".....

Associée à l'enfance, à la jeunesse, elle apparaît comme un véritable personnage, une confidente à qui s'adresse le poète...

En contraste, la ville qui est, aussi, personnifiée, est associée à la tristesse : "la ville pleure". Le décor de la ville se met, ainsi, à l'unisson du coeur du poète qui s'ennuie, loin de sa terre natale... On perçoit là un paysage qui reflète l'état d'âme de l'auteur...

Une métaphore transforme la pluie qui devient "larmes", dans l'expression "des larmes de pluie", des larmes qui "dansent et meurent", un bel oxymore qui peut traduire une forme de désarroi : le poète est comme insensible à ce spectacle et cette magie de la pluie...

L'imagination se tourne, alors, vers un passé et un bonheur perdu : "Et moi je rêve de toi, ô mon amie"... La campagne d'autrefois devient "une amie", le poète la tutoie comme une douce confidente.

Il constate, avec amertume, que le temps a passé et a entraîné une distance : "que tu es loin !", l'exclamation traduisant un désarroi...

Mais le temps est aboli grâce aux souvenirs, et l'emploi du présent en montre toute la vivacité :

"Pour moi, rien n'a changé 
Deux bras m'enlacent
Parmi les champs de blé..."

La campagne devient même une présence féminine, l'image d'une amante qui rassure, réconforte, avec ces mots : "deux bras m'enlacent".

Par le rêve, le poète revit ses bonheurs passés...

La ville pourrait, pourtant, être séduisante, avec toutes ses possibilités, ses richesses, un monde d'abondance comme le suggèrent les pluriels : 

"Là, dans la ville toutes ces mains tendues
M'offrent des fleurs et des fruits inconnus..."

Mais le poète, malgré la foule, éprouve un sentiment de solitude, mis en évidence par l'emploi du pronom au singulier"moi" et il reste attaché à ses racines : même un air de guitare entendu lui rappelle sa terre d'origine, sa verte campagne...

La ville a beau "chanter, éparpiller sa joie", il rêve encore à son "amie"...

La mélodie pleine de mélancolie souligne à la fois tristesse et douceurs du souvenir...


 

On doit cette chanson aux compositeurs auteurs : Richard Dehr, Terry Gilkyson, Frank Miller. C'est Roger Varnay qui en a signé l'adaptation française.
 




 

Photos : rosemar

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5 octobre 2016 3 05 /10 /octobre /2016 15:55
Les jambins de l'Estaque...

 

 

Le "jambin" : voilà un mot que seuls les gens du sud peuvent connaître,  un terme et un objet d'autrefois utilisé par les "pescadous" ou pêcheurs de l'Estaque.

Avec ce mot, on entre dans le domaine méditerranéen, on côtoie le petit monde des pêcheurs, on entend l'accent savoureux de Marseille.

On entend leurs mots : "le gobi, l'esquinade, l'arapède, le pataclet, les piades, le salabre"...

Le mot "jambin" évoque tout un art de tresser l'osier avec patience : mon grand-père fabriquait, lui-même, ses jambins, ces nasses en joncs, destinées à attirer les poissons et à les capturer : c'était encore l'époque du travail laborieux de tous les petits artisans pêcheurs...

 

On les voyait remailler leurs filets sur le port de l'Estaque, on les voyait confectionner ces pièges à poissons et langoustes que sont les jambins.

Les joncs étaient cueillis, puis séchés et pouvaient être, ensuite, tressés avec soin pour devenir de véritables objets d'art...

Les pêcheurs allaient ramasser, eux-mêmes, les joncs dans la calanque du Jonquier située entre le Rove et Niolon... Dominée par un viaduc à 5 arches, cette calanque offrait un cadre idéal pour la cueillette des joncs...

 

Je revois ces nasses habilement ouvragées par des mains expertes.

Je revois ces entrelacs de mailles, ces objets aux formes rondes, aux teintes de paille.

 

Les jambins étaient remisés dans une cave, et on les voyait luire dans l'ombre, formes apaisantes et douces...

Pour la pêche, ces nasses étaient remplis de pain ou de moules écrasées, les poissons, attirés par cette manne, entraient dans le piège par une ouverture en forme d'entonnoir.

 

Le mot évoque, pour moi, des paysages familiers, le petit port de l'Estaque, grouillant de bateaux, "des bettes et des pointus", comme on les appelle en Provence.

Le mot nous fait sentir des embruns marins, des algues, un air vivifiant.

Aussitôt, surgissent des images marines, la Méditerranée aux reflets flamboyants, des pins qui dévalent les pentes des calanques.

Des rochers abrupts qui s'accrochent sur des ravines... des pins qui se penchent sur la mer.

 

Et puis, bien sûr, une pêche merveilleuse : des langoustes prises au piège, des couleurs étonnantes de roux, des algues accrochées aux bords de la nasse, des poissons aux teintes variées : des fiélas, des murènes, des girelles, aux teintes lumineuses et étincelantes...

Le jambin, mot du sud, avec ses deux voyelles nasalisées, nous fait rêver à des flots ondoyants, à des envolées de vagues.

Le jambin évoque le monde des pêcheurs d'autrefois qui étaient de petits artisans laborieux, des gens simples qui arrivaient à vivre de leur activité de pêche.

 

 

 

 

Chanson : Les pescadous... les paroles 

http://gauterdo.com/ref/pp/pescadous.html

 

 

Les jambins de l'Estaque...
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