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26 août 2016 5 26 /08 /août /2016 12:53
Viens voir les comédiens...

 

 

 

Comment restituer toute la magie de l'art théâtral ? Le meilleur moyen est, sans doute, de nous entraîner dans le sillage de ces comédiens qui vont de ville en ville pour donner des représentations et pour animer des soirées, de leurs spectacles...

 

Un hommage aux comédiens, à cet art ancien du théâtre qui nous fait rêver, à cet art éphémère qui reste, pourtant, gravé dans nos esprits, c'est, là, le thème d'une célèbre chanson de Charles Aznavour...


Le texte est une invitation pressante et insistante à aller voir des comédiens qui arrivent : l'impératif réitéré "viens" souligne l'exhortation, ainsi que la répétition du verbe "voir'.

Grâce à ce verbe "voir", on prend conscience que le théâtre est, avant tout, un art du spectacle : il est fait pour être représenté sur une scène, et c'est ainsi qu'il prend vie...

L'emploi de la deuxième personne du singulier "viens" apporte une tonalité familière  : l'auteur semble, ainsi, s'adresser à chacun d'entre nous.

Les comédiens sont associés dans cette invite, à des musiciens et des magiciens.
La comédie, le théâtre ne sont-ils pas des spectacles complets et magiques qui nous transportent dans d'autres univers ?

L'emploi de la fricative "v" dans le refrain peut suggérer tout le charme et toute la fascination qu'exercent ces comédiens sur le public...

Le poète nous montre, d'abord, tout ce qui précède les représentations : l'installation des tréteaux, tout un travail que révèlent des verbes d'action : "installer, dresser, tendre".

Puis, c'est l'évocation de la parade qui permet de prévenir la foule, de lui présenter le spectacle à venir. A grands bruits de tambours, les comédiens attirent "un cortège en folie". 

Le poète plante, alors, le décor coloré du spectacle, en plein air : 

"Devant l'église une roulotte peinte en vert 
Avec les chaises d'un théâtre à ciel ouvert "

Puis, il déroule, de manière très vivante, certaines intrigues mises en oeuvre dans de nombreuses pièces de théâtre : histoires de coquins qui finissent par être punis, histoires d'amours, bien sûr, qui font "trembler" ou "rire".

Les impératifs "Poussez la toile et entrez" sont, à nouveau, une invite insistante à aller suivre le spectacle.

Le poète magnifie, aussi, le théâtre en évoquant encore le cadre : "Sous les étoiles…" et le rituel théâtral qui donne tout son charme et son mystère à cet art : "les trois coups, le rideau va se lever..."
"Quand les trois coups retentiront dans la nuit 
Ils vont renaître à la vie, les comédiens."

Le poète décrit, enfin, dans le dernier couplet, le départ des comédiens, soulignant le caractère éphémère de cet art du théâtre...

"Les comédiens ont démonté leurs tréteaux 
Ils ont ôté leur estrade 
Et plié les calicots..." 

Il évoque, enfin, l'empreinte que laisseront, malgré tout, les comédiens, des souvenirs inoubliables gravés "au fond du coeur" de chacun..."sérénade, bonheur d'Arlequin", des souvenirs étincelants de musique douce, de joie.

Ils laisseront à chacun l'impression d'avoir rêvé, avant de rejoindre d'autres lieux, pour donner d'autres spectacles...

L'emploi du futur, en fin de texte, souligne bien la permanence du souvenir... "ils laisseront, nous croirons avoir rêvé..."

La mélodie entraînante, vive et virevoltante nous emporte dans le sillage de ces comédiens qui vont de ville en ville, pour jouer leur spectacle... Elle traduit un enthousiasme, celui des spectateurs mais aussi celui des acteurs, passionnés par leur art...

 

 


 
Paroles de Jacques Plante :

 

http://www.paroles.net/charles-aznavour/paroles-les-comediens


 

 

 

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22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 15:57
Une île paresseuse...

 

 

 

Pour le plaisir et la poésie des mots : l'île !


"Chacun de nous porte en lui ses propres îles, refuges contre la bêtise, la laideur et la sourde contrainte d'un ordinaire non-désiré.", voilà une réflexion de Jacques Chancel qui donne à l'île toute sa dimension onirique...


L'île est souvent l'image d'un monde lointain, exotique, idéalisé... La mer toute proche nous fait sentir des parfums aux embruns de sel, et d'algues, la mer nous fait entendre ses murmures incessants, un doux bruissement des flots renouvelés sur le sable, des miroirs de lumières, des ondoiements de vagues qui réflètent des soleils dupliqués.

La mer, l'inconnu, le mystère, l'infini et l'évasion, le rêve...

La mer et ses vagues ondoyantes...

Des efffluves de pins se mêlent aux senteurs ambrées de l'eau, l'air vif nous emporte sur la vague marine, et nous enivre de liberté...


Le mot "île", dans sa brièveté, suggère bien un espace limité, entouré d'eau,  l'accent circonflexe lui confère une certaine singularité.

L'île représente un microcosme, un paradis, un idéal de bonheur.


Ce mot  ancien vient d'un terme latin, "insula" qui s'est abrégé en français... On retrouve l'ancien radical latin dans les noms "insulaire, péninsule"...

L'île, c'est le lieu, par excellence, de l'imaginaire utopique, un monde idéalisé qui représente l'envers de la réalité, un lieu où l'on peut atteindre un bonheur paradisiaque.

Baudelaire décrit ce bonheur dans nombre de ses poèmes, on songe, ainsi, à un sonnet intitulé Parfum exotique...

"Une île paresseuse où la nature donne
 Des arbres singuliers et des fruits savoureux ;
 Des hommes dont le corps est mince et vigoureux,
 Et des femmes dont l'oeil par sa franchise étonne..."

L'île est souvent, dans l'oeuvre de Baudelaire, un lieu rêvé, symbole d'évasion, de liberté, d'exotisme, de voyages...

 C'est Thomas More qui, le premier, au seizième siècle, décrivit une île merveilleuse qu’il nomme Utopia, un lieu idéal où regne une société égalitaire, sans misère, sans contraintes.

Ce lieu utopique permet à Thomas More de se livrer à une critique du monde réel, dominé par l'argent, la cupidité, le désir de domination...


L'île sépare, isole, met à part : c'est un lieu d'exception, dans tous les sens du terme, un lieu qui permet de rêver à un monde meilleur.

Depuis les origines de notre littérature, depuis l'Odyssée du poète Homère, l'île est un motif qui a inspiré de nombreux auteurs : l'île fascine, c'est le pays de "nulle part", un monde inventé qui permet de s'évader dans le rêve, un monde à part...

L'île de Calypso, celle qui vit cachée, loin du monde, hors du temps, l'île de Circé la magicienne, l'île des lotophages, les mangeurs de lotus, autant d'images d'îles mystérieuses que l'on trouve dans l'Odyssée, des îles mythiques, lointaines.

Le verbe "isoler" et ses dérivés sont issus du même radical que le nom de l'île... Les insulaires, entourés d'eau, se retrouvent, parfois, isolés du reste du monde.

On retrouve, avec ce mot, un ancien terme venu du latin, que des évolutions phonétiques ont transformé notablement...

On retrouve un mot chargé d'histoire, venu du passé...

 

La consonne "s" du mot "insula" a laissé, sur ce nom, un accent circonflexe, un joli signe orthographique, comme un embrun venu de la mer !


 

 

 

 

 

Photos : Christelle   L'île d'Amorgos

Une île paresseuse...
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14 août 2016 7 14 /08 /août /2016 13:44
Pins, cèdres, cyprès...

 

 



Pins, cèdres, cyprès... les formes des arbres s'enchevêtrent dans des fusions de verdures, de teintes sombres, noires, ou d'un vert pastel.

Belle diversité, belle composition de couleurs...


Les cyprès obscurs lancent leurs fuseaux sur l'azur, impérieux, élancés, rectilignes, aux profils de colonnes antiques...


Leurs fûts se hissent sur l'azur et dessinent des pinceaux ténébreux, légers, fuselés...

Les cèdres, eux, vrillent le ciel, en tourbillons de verdure, leurs branches semblent tanguer sur l'horizon...


Tout autour, les pins forment des bouquets arrondis, des panaches moelleux, des embruns de verts clairs.

Tout autour, les pins lancent des envolées, des auréoles de verdures, ils s'emparent du ciel.  

Quelle variété dans les formes, les teintes, les nuances de verts !


Et quelle harmonie dans ce tableau ! Le jardin compose une toile somptueuse de couleurs, des camaïeux de verts si intenses....


 

 


 

 

 

Photo : rosemar

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11 août 2016 4 11 /08 /août /2016 13:51
Gondolier, t'en souviens-tu ?

 

 

 

 

Une chanson qui nous transporte à Venise... sur ses canaux, le long de palais aux teintes d'ocre et de lumières... De quoi rêver ! On entend, d'abord, dès l'ouverture de la chanson,  la barcarolle d'un gondolier qui égrène un air langoureux : "la la la la la la la..."

Et, aussitôt, on se laisse bercer par le balancement d'une barque, sur des flots ondoyants...

Ce gondolier est invité à se remémorer une chanson et un souvenir amoureux : il est interpellé familièrement, grâce à l'emploi de la deuxième personne du singulier, on a, ainsi, l'impression de sa présence.

"Gondolier t'en souviens tu
Les pieds nus, sur ta gondole
Tu chantais la barcarolle"

Ce personnage est esquissé rapidement : on le voit debout sur sa gondole, "les pieds nus"... et on visualise aussitôt la scène, sur un canal, à Venise, dans un décor somptueux.

Et bien sûr, il chantait pour deux amoureux : "Tu chantais pour lui et moi..."

L'expression "lui et moi", répétée de manière insistante vient souligner un attachement qui semblait éternel, comme le suggère la phrase "c'était écrit pour la vie"... Le destin semblait même présider à cet amour si fort.

Puis, on entend le chant du gondolier, en italien, une façon de restituer la scène et de lui conférer de l'authenticité... Nous voilà vraiment transportés à Venise...

 

"Io ti amo con tutt il cuor
Solo ate adorero
E sappendo che tu mi ami
Ti amero, mol ti di piu"

 

On est sensible, bien sûr, à ces serments d'amour et aux sonorités envoûtantes de la langue italienne. Le vocabulaire affectif souligne la déclaration... "ti amo... il cuor, adorero, mi ami, ti amero".

Les futurs utilisés ont valeur de promesse et semblent annoncer un avenir rempli de bonheur...

Pourtant, le dernier couplet marque une certaine désillusion, avec l'emploi du passé : "Cet air là était le nôtre."

 

On retrouve une apostrophe au "gondolier", mais les deux amoureux ne sont plus associés dans l'énoncé :

"Gondolier si tu le vois
Dans les bras, les bras d'une autre
Gondolier ne chante pas."

L'être aimé est peut-être dans les bras d'une autre, comme le montre la subordonnée de condition : "si tu le vois..."

Et la chanson s'achève sur une injonction péremptoire "ne chante pas", une façon de mettre en évidence un désarroi et un dépit amoureux. Les serments se sont évanouis, et la chanson d'autrefois n'a plus de valeur.

 

On retrouve, là, un thème éternel : celui d'un amour merveilleux qui s'est achevé dans la déception et une forme de désillusion.

 

La mélodie rayonnante nous fait rêver, elle nous emmène en Italie, vers des paysages mythiques et somptueux...

 

 

Le texte a été écrit par Jean Broussole et Robert Marcuccci et c'est Peter De Angelis qui a composé la musique.
 



 

 

 

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7 août 2016 7 07 /08 /août /2016 15:32
Pinèdes...

 

 

 

 

Les pinèdes du midi font surgir et miroiter toutes les teintes de verts : anis, verts doux ou profonds, verts pâles, noirs, mordorés, verts évanescents... Les arbres tressent des camaïeux infinis de verts....

 

Les pinèdes nous parlent, nous disent toutes les merveilles de l'été : éclats de cigales, chants harmonieux qui s'élèvent vers le ciel, envahissent l'espace, dans un bruissement incessant.

Douceur apaisante de ces voix lumineuses et secrètes !

On devine, sous les branches, ces nymphes de l'été, mystérieuses, aux embruns dorés.

 

Tous les arbres, le ciel, la terre vibrent de ces paroles douces comme le miel, les pins se répondent dans un concert ininterrompu qui rythme les journées et s'attarde parfois jusqu'à la nuit...

 

Des senteurs anisés se répandent dans l'air, des parfums exaltants s'épanchent...

 

Les arbres en corolles font bruisser insensiblement leurs branches...

 

Des vagues légères, des roulis s'en emparent : les arbres respirent doucement de ces ondulations sereines et apaisées.

 

Les aiguilles, comme vernissées, se parent d'éclats lumineux, sur le ciel blanc-bleu de Provence...

Les pinèdes offrent, aussi, leur ombre bienveillante... les cigales, heureuses, lancent leurs chants renouvelés, aux échos sonores si apaisants.

 

Couleurs, éclats de voix, senteurs... les pinèdes du midi nous offrent une plénitude de sensations.

 

Quelle harmonie sous les pins ! Quels éblouissements !

 

 

 

 

 

 

Photo : rosemar

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6 août 2016 6 06 /08 /août /2016 09:52
Pour célébrer la nuit des étoiles !

 



"Enfin, lorsque la nuit a déployé ses voiles, 

La lune, au visage changeant, 

Paraît sur un trône d'argent, 

Et tient cercle avec les étoiles, 

Le ciel est toujours clair tant que dure son cours, 

Et nous avons des nuits plus belles que vos jours."

Tels sont les vers que Jean Racine adressait à Monsieur Vitard, son oncle, pour évoquer les nuits qui magnifient le ciel, au dessus de la ville d'Uzès dans le Gard, où il séjourna pendant quelques mois... 


Les étoiles, la lune sont personnifiées dans un somptueux tableau, et parviennent à illuminer le ciel, d'une manière étonnante.



Le mot "étoile" nous est si familier ! Il a, pourtant, des origines anciennes et prestigieuses : issu du latin "stella", ce nom est apparenté au grec ancien "aster", et à l'anglais "star", un terme fréquemment utilisé, de nos jours, pour désigner un ou une artiste de talent...

Ce mot nous transporte dans un monde céleste, empreint de mystères...

Les mots "stellaire, constellation, astérie, astérisque" appartiennent à la même famille.

 L'astérie est le nom savant de l'étoile de mer... l'astérisque, une petite étoile, un signe graphique qui permet de renvoyer le lecteur à une référence, à une annotation...

L'étoile est, ainsi, présente, partout : dans le ciel, la mer, et même sur le papier ! L'étoile est une image si brillante...

Astre de la nuit, l'étoile brille d'un éclat particulier, c'est un symbole de beauté, d'élégance, de charme.

L'étoile est associée à nombre d'images valorisantes : une nuit à la belle étoile, l'étoile du berger, une étoile est née...

On aime, les nuits d'été, observer un ciel lumineux d'étoiles, on aime leurs noms évocateurs : la Grande Ourse, la Petite Ourse, le grand Chariot, le Cygne, Altaïr, Aldébaran, Vénus...

Que de poésie dans ces dénominations, que d'images, que de mystères à découvrir ! Que d'exotisme !

Altaïr, l'aigle en vol, dans la constellation de l'Aigle, Aldébaran, dans la constellation du Taureau, les Perséides, des pluies d'étoiles...

Des mots remplis d'échos sonores qui nous font rêver...

Les étoiles représentent un monde mystérieux, lointain, une énigme.

Elles évoquent d'autres formes lumineuses : l'anis étoilé, certaines fleurs qui font songer à des étoiles : fleurs astrales, astéracées, hélianthes, gazanias...

On perçoit d'autres images : on pense à l'étoile des neiges, à ses grands yeux, à l'étoile du berger, à un symbole de fête, on songe aux étoiles filantes, associées à des voeux de bonheur.

L'étoile peut évoquer la rêverie, l'amour, la pureté, l'innocence.

Alcyone, Aldébaran, Antarès, Maia, Véga, Bételgeuse : comment ne pas être ébloui par les noms mêmes de ces étoiles ? 

Chacun de ces mots nous révéle un univers plein de poésie, de sonorités éclatantes...

Le spectacle de la nuit a longtemps fasciné les hommes : ils ont projeté leurs rêves sur le monde stellaire, ils ont inventé des mythes.

Aujourd'hui, les hommes perdent ce contact avec le ciel et la nature : dans nos villes inondées de lumières artificielles, le spectacle de la nuit nous échappe... 


La 26 ème édition de la nuit des étoiles nous invite à renouer avec ce monde céleste : c'est le moment d'observer les étoiles filantes de l'essaim des Perséides, c'est le moment d'oublier nos écrans de télévision et d'ordinateur, pour admirer la voûte céleste...

 


Le poème de Racine :

 

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/jean_racine/a_monsieur_vitart.html


 


 

Pour célébrer la nuit des étoiles !
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5 août 2016 5 05 /08 /août /2016 08:38
Et par dessus tout ça... l'accent qui se promène...

 



 

Quand un chanteur nous emmène visiter les marchés de Provence, on est sous le charme : on entend, tout d'abord, des sons de fifres et de tambourins provençaux, comme dans une farandole.


Puis, on savoure toute une ambiance : des senteurs de la mer Méditerranée toute proche, des sensations olfactives caractéristiques du midi : "fenouil, melons, céleris", autant de produits du terroir, aux effluves prononcées.

On perçoit, aussi, un air de gaieté avec des "gosses qui dansent", parmi la foule animée.

Le chanteur parle, ensuite, à la première personne, comme dans une confidence : il se définit comme un "voyageur de la nuit", belle expression qui restitue les contraintes d'un métier qui l'ont conduit à visiter de nombreux pays, sans les voir véritablement.

Habilement, Gilbert Bécaud mêle langage poétique et familier dans cette évocation : "Voyageur de la nuit, moi qui en ribambelle, Ai croisé des regards que je ne voyais pas..."

Et le poète exprime le désir de profiter pleinement de ce spectacle d'un marché de Provence, qui offre émerveillements et joie de vivre. 

Le moment où se déroule le marché, est évoqué à deux reprises : "le matin", suggérant un renouveau, un bonheur qui recommence.

Puis, le poète nous fait entendre la voix d'une marchande qui vante ses produits, une façon, encore de restituer toute une ambiance :

"Voici pour cent francs du thym de la garrigue
Un peu de safran et un kilo de figues
Voulez-vous, pas vrai, un beau plateau de pêches
Ou bien d´abricots ?"

Il semble que cette marchande s'adresse à chacun d'entre nous, et l'on retrouve, dans une énumération, des produits provençaux par excellence : le thym associé à la garrigue, le safran, les figues...

Ainsi, le poète nous fait vivre l'ambiance d'un marché de Provence, les parfums, les voix, les rires, les enfants qui dansent...

L'énumération se poursuit avec d'autres ingrédients, tout aussi parfumés : 

"Voici l´estragon et la belle échalote
Le joli poisson de la Marie-Charlotte
Voulez-vous, pas vrai, un bouquet de lavande
Ou bien quelques œillets ?"

Ce procédé suggère une idée d'abondance et permet de mettre en scène la faconde de la marchande.

Grâce à tous ces mots, on peut, aussi, entendre et savourer des sonorités du midi : "thym, garrigue, estragon, lavande".

Et, c'est, bien sûr, l'occasion d'évoquer l'accent de la Provence qui apporte un supplément d'âme à tout ce spectacle, haut en couleurs et en parfums.

"Et par dessus tout ça on vous donne en étrenne 
L'accent qui se promène et qui n'en finit pas."

Un véritable cadeau, une "étrenne", nous dit le poète : l'accent est même personnifié, ce qui lui donne plus de vivacité et de charme, encore...


Enfin, le chanteur n'oublie pas de faire allusion aux "filles jolies" de Provence :

"Mais il y a, tout au long des marchés de Provence 
Tant de filles jolies, tant de filles jolies..."


Elles aussi participent à la gaieté de ce spectacle puisqu'elles donnent des "idées qui dansent..." Et le poète a hâte de les retrouver, elles qui sont "les filles du soleil", symboles mêmes d'un bonheur rayonnant : on les entend rire, s'interpeller...


La mélodie, tantôt douce ou très rythmée nous entraîne dans une ambiance de fête et nous fait vivre tous les bonheurs d'un marché de Provence : couleurs, senteurs, rires...

Grâce à différents procédés, le poète sait restituer l'accent, la vie, l'atmosphère de ces marchés de Provence, et il nous fait participer à une véritable fête des sens.

 

 

 

 

 

Photo : rosemar

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4 août 2016 4 04 /08 /août /2016 13:52
La carafe, un objet et un mot qui chante...

 

 

 

Pour le plaisir et la poésie des mots : la "carafe" !

 

La carafe est un objet qui chante, qui fait roucouler l'eau, un véritable objet d'art, parfois, aux couleurs chatoyantes, aux motifs d'une variété inouie, parfois translucide, de façon à révéler son contenu : eau, vin, jus de fruits...



Le mot "carafe" nous fait admirer des formes pansues, il nous fait entendre des sonorités variées de gutturales "c" et "r", de fricative "f", beau contraste de rudesse, et de douceur....

Douceur et fluidité de l'eau qu'elle contient, solidité de la substance et du vase....

La reprise de la voyelle "a" peut suggérer la cascade de l'eau qui coule de la carafe...

Joli bruit de l'eau qui glougloute et se déverse ! Jolie musique de l'eau qui lance des volutes harmonieuses de notes dans le verre....

On voit souvent, sur les miniatures persanes anciennes, des motifs de carafes, au col évasé, à la base arrondie, aux couleurs de lapis lazuli, pierres d'azur, ornées de serpents, de dragons, ou serties de rayures....

Posées à même le sol, ou sur des tapis soyeux, ces carafes dressent leur col étroit, leurs formes élégantes de récipient oriental...

Le mot est lui-même oriental, comme le suggèrent les sonorités langoureuses, la voyelle "a" réitérée, la douceur de la fricative "f", à la fin du mot...

On entrevoit des décors somptueux de palais orientaux, des richesses de tapis aux motifs chatoyants, des arabesques...

Ce mot entre aussi dans des expressions argotiques ou familières "tomber, rester en carafe"... on se retrouve, alors, abandonné "en carafe", comme une cruche, expression peu valorisante....

Ce terme peut, aussi, désigner familièrement la tête de quelqu'un, la carafe suggérant des formes arrondies...

J'aime ce mot venu d'orient, aux sonorités exotiques, devenues si familières....

J'aime ce mot aux échos de voyelle répétée, qui désigne un récipient plein d'élégance et de charme...

La carafe nous fait rêver à un monde oriental, au goût raffiné, à des tapis garnis de carafes somptueuses, à des repas arrosés de vins subtils.

La carafe nous amuse, aussi, quand elle prend un sens familier : ce mot utilisé dans des contextes variés peut susciter le rire, la sympathie, mais aussi l'admiration pour des formes élégantes....

La carafe évoque un raffinement très oriental, tout un art de vivre, dans la lenteur et l'harmonie.

Le mot nous fait accéder à diverses sensations : auditive, avec le doux bruit de l'eau, olfactive, grâce aux parfums de vins contenus dans le flacon, gustative quand on savoure le contenu, tactile, quand on perçoit la fraîcheur de  l'eau, visuelle quand on admire les motifs et les couleurs de l'objet...
 

 

 

 

 

Photos : rosemar

La carafe, un objet et un mot qui chante...
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31 juillet 2016 7 31 /07 /juillet /2016 09:41
Ciels de ma terre de Provence !

 

 

 

Bleu lavande, bleu vif, bleu outremer, le ciel de Provence s'illumine de ces teintes profondes, de ces bleus céruléens, d'une pureté inouie...

 

Quelques traînées de nuées vaporeuses parsèment, parfois, ce ciel d'azur...

Elles accentuent les couleurs de bleus, les auréolent de lumières.

 

Les cimes des arbres se fondent dans ce bleu intense, créant des harmonies de teintes...

 

Verts des pins et des cèdres sur le ciel bleu de Provence !

 

Champs de lavandes, mer apaisée et lisse, myosotis, iris bleutés, les ciels de Provence font surgir tant d'images !

Agapanthes, ancolies, lacs aux teintes moirées, sources jaillissantes...

 

Ciels à peine laiteux, aux ondoyances légères de nuages, ciels blancs-bleus, ciels aux nuances infinies de bleus !

Ciels de ma terre de Provence !

 

Les paysages célestes se nuancent, au coeur de l'été, de bouffées nuageuses si légères...

Ciels bleus irisés de blancs, ciels aux embruns vaporeux, ciels de l'été si doux et lumineux !

 

 

 

 

 

 

Photo : rosemar

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30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 15:19
Je passe mes nuits à te maudire...

 

 

 


La nuit exacerbe souvent les peurs, les angoisses, les sentiments : l'obscurité accentue les douleurs... et, dans les ténèbres, l'absence d'un être aimé peut même devenir une obsession...

Adamo évoque cette absence dans une de ses plus célèbres chansons, intitulée La nuit... u
ne chanson qui restitue le désarroi amoureux, les souffrances de la séparation, le manque créé par l'absence...


Le texte, à la première personne, revêt une dimension lyrique, dans l'évocation des sentiments : le jour est opposé à la nuit, car il permet l'oubli, avec le retour à une vie active.

L'utilisation de la deuxième personne, dans un discours direct, donne vie au texte, et montre, aussi, l'omniprésence de l'absente, puisque le poète s'adresse à elle, comme si elle était là.

Le mot "nuits", employé au pluriel ou réitéré, souligne le temps passé à "maudire" celle qui est partie.

La lune est le seul témoin de cette solitude et de ce désarroi, souligné par un vocabulaire affectif :"l'âme vide et le coeur lourd". L'antithèse des deux adjectifs "vide, lourd" vient aggraver la douleur.


Le couplet suivant restitue bien une amplification des sentiments dans cette expression : "La nuit tu m'apparais immense 
Je tends les bras pour te saisir..."
Les rêves s'intensifient, deviennent, alors, réalité, dans le geste conquérant de l'amoureux.

Mais la "belle" se joue de son amant : le vocabulaire du jeu et du rire apparaît comme un défi : "plaisir, se jouer, ton rire"... 
On perçoit une sorte de délire amoureux dans ces visions nocturnes.


Le refrain lancinant évoque le thème de la folie amoureuse "La nuit, je deviens fou..."

Le rire personnifié de la jeune femme "fend le noir", une belle image contrastée, où s'opposent la gaieté et l'inquiétude symbolisée par la couleur noire de la nuit.


Une négation traduit le désarroi :"Je ne sais plus où chercher"... Mais le silence ramène l'espoir : le texte nous fait vivre, alors, cette alternance entre désespoir et bonheur, associée au sentiment amoureux.

Après avoir maudit la jeune femme, le poète lui affirme à nouveau son amour : "Je me reprends à t'aimer".

Mais cet amour ne peut se concrétiser, car l'amante disparaît encore, son rire se fait narquois et exaspère le poète.

Enfin, le jour apparaît et "dissipe" l'image de la jeune femme, qui s'évanouit et dont l'amoureux sait qu'elle ne lui appartient plus et qu'elle vit près d'un autre.

La mélodie lancinante restitue bien la jalousie et l'obsession de l'amoureux qui n'arrive pas à oublier son amour perdu...

Le thème de la folie amoureuse est particulièrement bien mis en relief avec des répétitions dans le vocabulaire, des effets de contrastes, et une musique qui souligne douleur et hantise.


 


 


 

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