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11 juin 2021 5 11 /06 /juin /2021 12:26
Un après-midi provençal...

 

Nombre de traditions sont essentielles : elles constituent pour chacun d'entre nous des repères, un ancrage dans le passé... elles nous offrent un lien avec ceux qui nous ont précédés...

 

Je suis née en Provence, du côté de Marseille. Mon grand-père et ma grand-mère maternels appartenaient au monde paysan : ils cultivaient la terre dans le pays d'Aix. Mon grand-père paternel était pêcheur à l'Estaque.

Mes racines sont donc provençales.

 

Comment ne pas être attaché à cette terre du sud et à ses traditions ancestrales ?

 

La Feria de Nîmes est aussi l'occasion de faire revivre certaines de ces traditions, notamment des danses provençales.

 

Le spectacle se déroulait dans un lieu somptueux et prestigieux  les Jardins de la Fontaine, devant l'antique temple de Diane...

 

Un temple vieux de 2000 ans, monument le plus romantique, et aussi le plus mystérieux de Nîmes, un édifice associé au culte impérial...

Etait-ce un temple ou une bibliothéque ? Ce bâtiment  était l’une des composantes du grand sanctuaire dédié à Nemausus et au culte impérial.


On ne connaît pas la véritable fonction de cet édifice dans le sanctuaire antique : bibliothèque ? salle cultuelle ? On ne sait pas vraiment...

En tout cas, un lieu empli de charmes et d'histoire...

 

Au cours de ce spectacle, on pouvait admirer des costumes et des robes d'autrefois, des tissus provençaux aux motifs variés, des coiffes à l'ancienne, de savants chignons, des dentelles, des jupes empesées...

 

Au rythme d'un orchestre provençal, les danseurs et les danseuses ont offert aux spectateur un florilège de danses traditionnelles.

Danse des jardinières, danse des pêcheurs, danse des rubans, farandoles, ballet des filles de marbre, volte, le spectacle était haut en couleurs...

 

On pouvait entendre les instruments traditionnels de la Provence : les fifres, les tambourins, les galoubets...

 

La musique, les costumes, les chorégraphies nous permettaient de retourner dans le passé, et de retrouver une certaine douceur de vivre : des airs et des rythmes apaisants, des costumes confectionnés avec soin, des danses pleines de gaieté, de charme.

 

Un spectacle simple, sans fioriture, sans artifice, en plein air, à la lumière du soleil de Provence, sous les tilleuls et les marronniers qui bordent le temple de Diane...

Un spectacle harmonieux qui apporte douceur et réconfort...

 

 

 

 

 

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22 décembre 2019 7 22 /12 /décembre /2019 13:02
La crèche des garrigues...

 

Qu'elle est belle la crèche des garrigues ! Comme la plupart des crèches, elle représente tous les petits métiers, les lieux de nos villages et de nos villes...

 

En Provence, la crèche est entourée de collines pentues où s'accrochent des moulins d'autrefois... de la mousse décore les escarpements...

 

Sur ces collines, des bergers, des moutons, des paysans, une porteuse d'eau, une fileuse...

 

Au centre, une auberge où vacille un feu chaleureux : les gens s'affairent autour du feu pour préparer un repas,un musicien avec sa guitare est posté à l'entrée...

 

Tout à côté, une épicerie avec ses paniers d'osiers remplis de victuailles, avec ses grands tonneaux de vin...

 

Dans un coin, des danseurs forment une ronde autour d'un mât où sont suspendus des rubans...

 

La crèche elle-même couverte de paille accueille un boeuf, des moutons... un berger avec son bâton se tient à l'entrée, dans une attitude humble, pleine de révérence.

 

Au dessus, un ciel illuminé d'étoiles...

 

On entend aussi le doux murmure de l'eau qui fait tourner les moulins...

 

L'ensemble suscite une impression d' apaisement infini : on peut ne pas être croyant et admirer ces constructions éphémères qui évoquent la naissance de Jésus.

 

En Provence, la préparation de la crèche est entourée d'un véritable rituel : quelques jours avant de l'installer, il convient d'aller chercher de la mousse, des branches de houx et de pins dans les sous-bois...

Puis, on dispose les santons en argile aux couleurs vives dans cet écrin de verdure...

Le rémouleur, le puisatier, la bohémienne, le ravi, le meunier, le berger et ses moutons, les anges, Joseph, Marie, une foule de figurines familières...

 

La crèche reste un magnifique symbole...

Symbole de la famille qui se perpétue, symbole du renouveau de la vie...

L'enfant fragile, la famille, les voisins qui viennent admirer le nouveau-né.

Symbole d'amour et de réunion, encore.

 

Préservons ces traditions ancestrales : elles nous relient au passé, à tous ceux qui nous ont précédés...

 

 

 

 

 

La crèche des garrigues...
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27 décembre 2018 4 27 /12 /décembre /2018 12:29
Une leçon d'étoiles...

 

Pour apprendre les étoiles, rien de mieux que d'écouter un berger de Provence nous en parler : on ne peut que savourer sa façon de décrire le ciel et ses mystères...

Il faut relire le récit intitulé Les étoiles, inséré dans le recueil d'Alphonse Daudet, Les lettres de mon moulin.

Un texte où un jeune berger raconte à la première personne une nuit passée à la belle étoile auprès de Stéphanette, la fille de ses maîtres...

 

Le berger solitaire, occupé à garder ses bêtes sur Le Luberon, pendant le mois de Juillet, reçoit la visite inhabituelle de Stéphanette  qui lui apporte ses "vivres de quinzaine."

Bloquée par un orage, la jeune fille est contrainte de passer la nuit auprès du berger.

Le jeune homme amoureux est ravi de cette opportunité qui lui permet de mieux faire connaissance avec la demoiselle.

 

Il nous raconte alors la nuit et ses mystères... Un monde poétique où l'obscurité amplifie les bruits, les lumières qui brillent... "un monde mystérieux s'éveille dans la solitude et le silence..."

La nature se met à vivre plus intensément : "les sources chantent bien plus clair, les étangs allument de petites flammes". Personnifiée, la nature est ainsi magnifiée par ce berger poète qui évoque "les esprits de la montagne qui vont et viennent librement".

 

Puis, la jeune fille émerveillée tourne son regard vers le ciel, éblouie par tant d'étoiles.

C'est alors que le berger lui donne une leçon d'étoiles...

Il lui montre la Voie lactée ou "le Chemin de Saint-Jacques", puis la Grande Ourse ou "le Char des Ames"...

Des noms surgissent dans la nuit, emplis de symboles et de poésie.

Les étoiles ouvrent des chemins, font naître des images de char lumineux, prennent vie, deviennent des personnages, "un Charretier, Trois Rois, Jean de Milan, le flambeau des astres"...

Le berger évoque aussi des histoires merveilleuses, des mariages d'étoiles...

Enfin, il nomme "la plus belle des étoiles", "l'Etoile du Berger" qui "éclaire à l'aube quand nous sortons le troupeau et aussi, le soir quand nous le rentrons..."

Elle devient elle aussi un personnage prénommée "Maguelonne".

La scène s'achève dans une ambiance de complicité entre les deux personnages puisque la jeune fille pose sa tête sur l'épaule du berger et s'endort. Les étoiles comparées à un troupeau se meuvent dans le ciel et le berger imagine alors qu'une étoile "la plus fine, la plus brillante" vient de se poser sur son épaule...

 

 

 

Le texte :

 

"Cependant la nuit était venue tout à fait. Il ne restait plus sur la crête des montagnes qu’une poussière de soleil, une vapeur de lumière du côté du couchant. Je voulus que notre demoiselle entrât se reposer dans le parc. Ayant étendu sur la paille fraîche une belle peau toute neuve, je lui souhaitai la bonne nuit, et j’allai m’asseoir dehors devant la porte… Dieu m’est témoin que, malgré le feu d’amour qui me brûlait le sang, aucune mauvaise pensée ne me vint ; rien qu’une grande fierté de songer que dans un coin du parc, tout près du troupeau curieux qui la regardait dormir, la fille de mes maîtres, — comme une brebis plus précieuse et plus blanche que toutes les autres, — reposait, confiée à ma garde. Jamais le ciel ne m’avait paru si profond, les étoiles si brillantes… Tout à coup, la claire-voie du parc s’ouvrit et la belle Stéphanette parut. Elle ne pouvait pas dormir. Les bêtes faisaient crier la paille en remuant, ou bêlaient dans leurs rêves. Elle aimait mieux venir près du feu. Voyant cela, je lui jetai ma peau de bique sur les épaules, j’activai la flamme, et nous restâmes assis l’un près de l’autre sans parler. Si vous avez jamais passé la nuit à la belle étoile, vous savez qu’à l’heure où nous dormons, un monde mystérieux s’éveille dans la solitude et le silence. Alors les sources chantent bien plus clair, les étangs allument des petites flammes. Tous les esprits de la montagne vont et viennent librement ; et il y a dans l’air des frôlements, des bruits imperceptibles, comme si l’on entendait les branches grandir, l’herbe pousser. Le jour, c’est la vie des êtres ; mais la nuit, c’est la vie des choses. Quand on n’en a pas l’habitude, ça fait peur… Aussi notre demoiselle était toute frissonnante et se serrait contre moi au moindre bruit. Une fois, un cri long, mélancolique, parti de l’étang qui luisait plus bas, monta vers nous en ondulant. Au même instant une belle étoile filante glissa par-dessus nos têtes dans la même direction, comme si cette plainte que nous venions d’entendre portait une lumière avec elle.

— Qu’est-ce que c’est ? me demanda Stéphanette à voix basse.

— Une âme qui entre en paradis, maîtresse ; et je fis le signe de la croix.

Elle se signa aussi, et resta un moment la tête en l’air, très recueillie. Puis elle me dit :

— C’est donc vrai, berger, que vous êtes sorciers, vous autres ?

— Nullement, notre demoiselle. Mais ici nous vivons plus près des étoiles, et nous savons ce qui s’y passe mieux que des gens de la plaine. 
Elle regardait toujours en haut, la tête appuyée dans la main, entourée de la peau de mouton comme un petit pâtre céleste :

— Qu’il y en a ! Que c’est beau ! Jamais je n’en avais tant vu… Est-ce que tu sais leurs noms, berger ?

— Mais oui, maîtresse… Tenez ! juste au-dessus de nous, voilà le Chemin de saint Jacques (la voie lactée). Il va de France droit sur l’Espagne. C’est saint Jacques de Galice qui l’a tracé pour montrer sa route au brave Charlemagne lorsqu’il faisait la guerre aux Sarrasins. Plus loin, vous avez le Char des âmes (la grande Ourse) avec ses quatre essieux resplendissants. Les trois étoiles qui vont devant sont les Trois bêtes, et cette toute petite contre la troisième c’est le Charretier. Voyez-vous tout autour cette pluie d’étoiles qui tombent ? ce sont les âmes dont le bon Dieu ne veut pas chez lui… Un peu plus bas, voici le Râteau ou les Trois rois (Orion). C’est ce qui nous sert d’horloge, à nous autres. Rien qu’en les regardant, je sais maintenant qu’il est minuit passé. Un peu plus bas, toujours vers le midi, brille Jean de Milan, le flambeau des astres (Sirius). Sur cette étoile-là, voici ce que les bergers racontent. Il paraît qu’une nuit Jean de Milan, avec les Trois rois et la Poussinière (la Pléiade), furent invités à la noce d’une étoile de leurs amies. La Poussinière, plus pressée, partit, dit-on, la première, et prit le chemin haut. Regardez-la, là-haut, tout au fond du ciel. Les Trois rois coupèrent plus bas et la rattrapèrent ; mais ce paresseux de Jean de Milan, qui avait dormi trop tard, resta tout à fait derrière, et furieux, pour les arrêter, leur jeta son bâton. C’est pourquoi les Trois rois s’appellent aussi le Bâton de Jean de Milan… Mais la plus belle de toutes les étoiles, maîtresse, c’est la nôtre, c’est l’Étoile du berger, qui nous éclaire à l’aube quand nous sortons le troupeau, et aussi le soir quand nous le rentrons. Nous la nommons encore Maguelonne, la belle Maguelonne qui court après Pierre de Provence (Saturne) et se marie avec lui tous les sept ans.

— Comment ! berger, il y a donc des mariages d’étoiles ?

— Mais oui, maîtresse.

Et comme j’essayais de lui expliquer ce que c’était que ces mariages, je sentis quelque chose de frais et de fin peser légèrement sur mon épaule. C’était sa tête alourdie de sommeil qui s’appuyait contre moi avec un joli froissement de rubans, de dentelles et de cheveux ondés. Elle resta ainsi sans bouger jusqu’au moment où les astres du ciel pâlirent, effacés par le jour qui montait. Moi, je la regardais dormir, un peu troublé au fond de mon être, mais saintement protégé par cette claire nuit qui ne m’a jamais donné que de belles pensées. Autour de nous, les étoiles continuaient leur marche silencieuse, dociles comme un grand troupeau ; et par moments je me figurais qu’une de ces étoiles, la plus fine, la plus brillante, ayant perdu sa route, était venue se poser sur mon épaule pour dormir…"

 

 

 

https://fr.wikisource.org/wiki/Lettres_de_mon_moulin/Les_%C3%A9toiles

 

 

 

 

Une leçon d'étoiles...
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21 décembre 2018 5 21 /12 /décembre /2018 14:38
Crèches de Noël...

 

 

"La crèche est un moyen d'expression... Au fond, nous sommes toujours à l'époque des cavernes : il nous faut dessiner sur les parois.

Il n'y a pas que les santons. Il y a la composition du paysage. Ce n'est jamais un paysage de Judée. C'est toujours celui qui nous est familier ; le Marseillais y représente Marseille ; le Manosquin, Manosque ; le Parisien, Paris...."

C'est ainsi que Jean Giono évoque la confection des crèches de Noël, dans un ouvrage intitulé Provence.

 

Les crèches varient en fonction des villes, des pays, des continents, de nos personnalités, de notre culture, de nos goûts.

 

Les crèches nous ressemblent : crèches monumentales, modestes, humbles, crèches colorées, lumineuses, crèches modernes ou traditionnelles...

 

On aime leur simplicité, leur harmonie, l'impression de paix, de bonheur qui émane de ces créations humaines...

Crèches confectionnées par des enfants, des adultes, une exposition leur était consacrée en l'église Saint-Charles de Nîmes...

Une occasion de s'émerveiller et de découvrir toutes sortes de compositions.

 

Crèches somptueuses, aux décors et aux personnages multiples, simple crèche avec une hutte primitive où l'enfant Jésus repose sur la paille, crèche-vitrail, éclairée par des bougies, crèche moderne aux faisceaux lumineux, crèche africaine composée de cases, crèche traditionnelle en carton pâte, garnie de mousse, crèche aux épis de blé qui sertissent les personnages de Joseph et Marie, crèche qui s'anime de personnages variés, crèche garnie de tissu provençal....

Crèche stylisée, simplifiée à l'extrême, crèche arche de Noé...

Beaucoup d'imagination et de créativité dans cette exposition...

 
En Provence, la crèche se doit d'être garnie de mousse fraîche, recueillie préalablement dans des sous-bois bien ombragés et humides de la campagne environnante, une mousse épaisse qui sent bon la terre et l'humus.On dispose tout autour des branches légères de sapin et du houx aux feuilles dentelées et vernissées, aux baies flamboyantes, feuillages qui simulent une forêt d'arbres.


Les santons de Provence aux couleurs éclatantes, figurines d'argile peintes avec minutie évoquent tout un petit peuple de travailleurs simples et modestes, un univers familier...

 
Toute la population d'un village vient apporter ses cadeaux à l'enfant nouveau né. Les santons célèbrent la vie quotidienne de la Provence et symbolisent tous ceux qui viennent pour admirer Jésus.
 

Voilà une belle tradition à préserver...
 

 

 

 

 

Crèches de Noël...
Crèches de Noël...
Crèches de Noël...
Crèches de Noël...
Crèches de Noël...
Crèches de Noël...
Crèches de Noël...
Crèches de Noël...
Crèches de Noël...
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26 août 2018 7 26 /08 /août /2018 13:59
Forêts méditerranéennes...

 

 

 

Forêts d'arbres entremêlées d'un vert léger ou profond, cyprès élancés et pointilleux, pins parasols qui s'épanouissent en rondeurs superbes, cèdres merveilleux aux couleurs ombrées, palette de couleurs infinie dans le paysage : vert tendre, foncé, brun, rougeoyant, roux...

 

Voilà que les cyprès se transforment en pinceaux de couleur, leurs pointes effilées en imitent le panache fuselé, les cèdres s'étalent et sembler vriller le ciel en un tourbillon de vert.

 

Les pins montrent leur crêtes rondes d'un vert doux sous le soleil. Les cyprès s'élancent vers le ciel, impérieux et sombres, des bouquets d'arbres font voir leurs rondeurs de branches moutonnantes. Le troupeau d'arbres se confond en une harmonie de vert, bleu, sombre, noir, amande, irisé...

 

Un pin fait surgir des touffes joufflues qui s'enflent, bourgeonnent, rebondissent de bonheur sous le soleil...

 

Des pins parasols altiers et superbes dominent, encadrent la scène et la ponctuent d'un vert plus doux et plus subtil....

 

Forêts d'arbres pleines de mystère et d'ombre... tant de beautés variées, tant de tableaux aux couleurs étonnantes ! On a envie de se couler sous ces ramures somptueuses, de rejoindre ces apaisements de jours d'été, ces obscurités secrètes...

 

Forêts surprenantes aux teintes infinies, conifères, cytises, qui illuminent l'horizon de formes si différentes, qui composent, chaque jour, mille tableaux étincelants... Vous ruisselez de lumières, vous inondez le paysage de vos charmes apaisants...

 

Forêts méditerranéennes, vous retentissez du bruissement des cigales que vous répercutez et reproduisez à l'infini, vous réfléchissez la chaleur du midi rayonnant !

 

Arbres sombres, noirs d'ombre secrète, arbres aux éclaircies lumineuses, vous mêlez vos branchages et confondez vos ramures aux mille teintes....

 

 

  
 

 

 

 

 

Photos : rosemar

Forêts méditerranéennes...
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24 août 2018 5 24 /08 /août /2018 07:39
Des touristes incommodés par le chant des cigales !

 

 

Voilà une information pour le moins surprenante : des touristes venus passer des vacances dans le sud de la France se sont plaints d'être dérangés par le chant des cigales... !

Georges Ferrero, le maire de Beausset dans le Var a reçu deux plaintes de vacanciers concernant "le bruit" généré par les cigales.

 

"Est-ce que vous avez des produits insecticides pour passer sur les arbres ? Comment se débarrasser des cigales ?", ont osé demander les touristes.

 

Sacrilège ! Comment peut-on être incommodé par ce doux chant qui se répercute dans les pins ?

Dans la Grèce antique, les cigales étaient le symbole de la musique, de l’art, de la création.

 

Elles sont depuis longtemps l'emblème par excellence de la Provence, elle font partie des paysages du sud, elles scandent de leur murmure les journées chaudes de l'été... 

Divines enchanteresses, elles se cachent dans les arbres, discrètes, secrètes...

Et seules leurs voix sont perceptibles, si douces, si harmonieuses.

 

Elles semblent se répondre d'un arbre à un autre, formant un concert inextinguible au coeur de l'été...

 

Il est vrai que la canicule les a rendues plus loquaces, cette année...

Mais, comment s'en plaindre ?

Les cigales sont un des charmes de la Provence... elles accompagnent les chaleurs intenses du midi, elles nous ensorcellent de leur musique douce comme le miel.

Amoureuses des pins, elles nous invitent à des bonheurs simples...

 

Cigale ! Quel nom évocateur ! En le prononçant, on entend ce doux murmure de l'été...

Jolie cigale aux ailes translucides, aux teintes ambrées !

Des touristes venus du nord osent se plaindre de ton chant ! ?

C'est une hérésie...

 

Les cigales sont indissociables de la Provence : ceux qui ne veulent pas les entendre sont priés d'aller voir ailleurs...

Oui, les cigales chantent une mélodie, elles ne font pas du "bruit", mais une musique si douce qu'elles nous bercent de leurs voix...

Et les touristes qui arrivent dans le sud, comme en terrain conquis, doivent s'accommoder de leur présence...

Ces insectes sont menacés par les pesticides, par la pollution, il ne faudrait pas que les touristes représentent aussi un danger pour leur survie.

Et puis, où est le plaisir de voyager, si l'on n'accepte pas les particularités du pays que l'on découvre ?

Où est le plaisir du voyage, si on refuse ce qui est nouveau et différent ?

Souvenons-nous de ce que disait Montaigne à ce sujet : "La diversité des façons d'une nation à autre ne me touche que par le plaisir de la variété. "

Montaigne était curieux des usages et des particularités des pays qu'il traversait...

Une curiosité qui manque à ces touristes qui ne savent pas apprécier la diversité du monde...


 

 

 

 

 

 

http://www.lepoint.fr/environnement/var-des-touristes-veulent-eliminer-les-cigales-trop-bruyantes-a-leur-gout-20-08-2018-2244670_1927.php

 

 

Des touristes incommodés par le chant des cigales !
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3 août 2018 5 03 /08 /août /2018 12:46
Le parler de Provence : des mots pleins d'expressivité...

 

 

 

Il me revient, quelquefois, des mots entendus dans l'enfance, des mots d'autrefois prononcés par mes parents ou mes grands-parents, des mots du sud pleins d'expressivité.

 

Des mots qui évoquent, d'abord, l'univers marin, bien sûr, le petit port de l'Estaque où je suis née : je revois des "gabians" qui frôlent la surface de l'eau, des "bettes" amarrées sur lesquelles des pêcheurs ravaudaient leurs filets.

 

A Marseille, le "gabian" est l'autre nom de la mouette : le terme serait directement issu du latin "gavia".

 

Aussitôt, ce mot nous fait entendre les cris acérés de cet oiseau, grâce à la voyelle "i" assez aiguë, à la gutturale intiale "g".

La "bette" est une embarcation à fond plat, sans doute un dérivé du nom "bateau".

Le mot "favouille", autre nom du crabe nous fait voir un grouillement de ces crustacés dans les nasses des pêcheurs de l'Estaque.

On ne peut pas oublier non plus "l'arapède", ce coquillage qui s'accroche aux rochers. Par extension, le mot désigne aussi une personne collante dont on n'arrive pas à se débarrasser. Ce terme suggère bien ce qu'il désigne : voyelle "a" réitérée, gutturale "r" pleine d'âpreté, labiale et dentale, des consonnes variées qui soulignent ce nom.

 

D'autres mots sont particulièrement évocateurs : notamment le verbe "affoguer" qui signifie "paniquer".

Je ne sais pas d'où vient ce verbe mais je le trouve particulièrement expressif : "Il affogue", dit-on, comme si ce terme mimait une sorte d'affolement irrépressible.

 

Un de nos oncles était porté sur la boisson et on avait coutume de dire à son sujet : "Il chime", un terme familier qui signifie : "il picole".

Ce verbe prononcé en insistant sur la chuintante "ch" à l'initiale prenait une résonance particulière et avait une valeur fortement dénonciatrice et réprobatrice.

 

Parfois, il m'arrivait d'entendre mon grand-père prononcer cette phrase : "Aujourd'hui, je n'ai pas la voye"... c'est à dire "je n'ai pas d'entrain..."

La fatigue se lisait sur son visage, son pas était lourd, il peinait à avancer.

 

Et puis, quand un marseillais veut se moquer d'un homme fluet, petit qui n'a pas la carrure, il emploie volontiers cette expression : "C'est un gisclet !"

Ce mot vient du provençal "gisclet" qui désigne à l'origine "un petit filet d'eau".

 

Tant de mots expressifs qui font partie du patois provençal !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le parler de Provence : des mots pleins d'expressivité...
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22 décembre 2017 5 22 /12 /décembre /2017 14:52
Pour perpétuer les traditions de Noël...

 

 

De nombreuses traditions nous relient au passé, à tous ceux qui nous ont précédés : elles nous rassurent, nous confortent et nous réconfortent dans un monde qui s'accélère et qui nous emporte dans un tourbillon de nouveautés et de progrès...

 

Quel bonheur de voir certaines traditions se perpétuer à Noël, notamment !

Noël est l'occasion de se réunir en famille, de fêter les enfants, et aussi d'assister dans les rues de nos villes à des festivités pleines de charme.

 

Dans le sud de la France, les fifres et les tambourins retentissent pour nous faire entendre la langue provençale et des chants venus du passé...

Les musiciens et musiciennes, vêtus de longues capes sombres font revivre un répertoire sympathique et familier.

L'occasion d'entendre la belle langue provençale, que parlaient mes grands parents maternels...

Chants de Noël traditionnels, instruments du passé, costumes d'autrefois...

 

Ainsi, ce chant de Noël que tout le monde connaît en Provence : La Cambo me fai mau... écrit par Nicolas Saboly, il raconte l'histoire d'un berger qui demande qu'on selle son cheval pour aller saluer l'enfant Jésus, car il a mal à la jambe.

Ou encore un cantique sur la naissance de Jésus intitulé "Lu Pastourèu, Les Pastoureaux" : les bergers décident d'aller honorer l'enfant, malgré le froid et la bise.


"Touteis ensen
Si son mes en viage,
Touteis ensen
Emb’un fouort marrit tems.

    Tous ensemble
Ils se sont mis en voyage,
Tous ensemble
Avec un fort mauvais temps."


"Couma faren
Per noun sentì la bisa ?
Couma faren,
Ai pau que periren !
Toui seis abit son fach de tela grisa,
Son toui traucat, li vèon la camisa.
Lu trau, lu trau tenon pas gaire caut !       

 Comment feront-ils
Pour ne pas sentir la bise ?
Comment feront-ils,
J’ai peur qu’ils [ne] périssent.
Tous leurs habits sont faits de toile grise,
Ils sont tous troués, on leur voit la chemise.
Les trous, les trous ne tiennent guère chaud !"

 

 

Au détour d'une rue, on découvre aussi la danse des épées... Elle consiste en un assaut des danseurs simulant un combat pour gagner les faveurs de leurs cavalières. Chaque cavalier porte un bouquet. Les hommes croisent le fer en cadence, puis présentent le bouquet aux dames, se croisant à plusieurs reprises sur un air sautillant. Le bouquet peut symboliser l'abondance prodiguée par l'astre solaire.

 

Noël, ne l'oublions pas, est à l'origine la fête de la lumière... 

Elle correspond aux premiers jour du solstice d’hiver. C’est le moment dans l’hémisphère Nord où les jours commencent enfin à s’allonger. Peu à peu, la nuit cède le pas au jour et les ténèbres à la lumière.

Peu à peu, on s'achemine vers un renouveau de la nature...

 

Ainsi ces traditions nous rappellent des fêtes très anciennes qui nous relient au cosmos, et à la nature.

Les rues, les maisons se parent de guirlandes lumineuses, une façon de célébrer cette lumière qui renaît enfin.

 

Noël est aussi associé à l'odeur chaleureuse des marrons grillés qui réchauffent les corps et les coeurs.

Dans certaines villes, on perpétue encore cette tradition et on voit des marchands ambulants qui nous vendent comme autrefois ces trésors de l'hiver...

Préservons nos traditions ! Ne gommons pas les cultures ! Elles nous structurent, elles sont nos racines et en ce sens, elles sont essentielles...

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo et vidéos : rosemar

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2 septembre 2017 6 02 /09 /septembre /2017 12:39
Tout le charme d'un petit village de Provence : Saumane de Vaucluse...

 

 

A quelques kilomètres de l'Isle-sur-la-Sorgue, le village de Saumane perché sur une colline rocheuse déroule des ruelles pittoresques, près de maisons de pierres sèches...

 

On est subjugué par la tranquillité de ce village ponctué de fontaines et de lavoirs qui nous font entendre de légers frémissements d'une eau fraîche et limpide...

 

En montant vers le village, l'odeur des pins et le chant des cigales nous accompagnent.

 

Dans le village, partout, des maisons et des hauts murs de pierres sèches sur lesquels s'épanchent des cascades de lierres...

Belle harmonie de teintes ! Le vert près de l'ocre de la pierre...

Le ciel d'un bleu lapis-lazuli éclaire les couleurs  de xanthe des murailles.

 

Un vieux lavoir offre, alors, une halte bienvenue : une eau abondante remplit les bassins de ses reflets dorés et verts.

On ne perçoit ici que le murmure apaisant de l'eau dans la torpeur de l'après-midi...

 

Au détour d'une rue, une maison aux volets bleu lavande, à la façade aux teintes de miel attire et séduit tous les regards.

 

Bientôt, on aperçoit l'église de style roman : on peut y admirer de lourdes portes cloutées, patinées par le temps, on aime la simplicité et la modestie de l'édifice, son toit de lauzes à l'ancienne.

Ce monument qui date du 12ème siècle a été restauré en 1987.

Tout à côté, le panorama est superbe : une forêt de pins et de cyprès, et dans le lointain, les cimes des Alpilles...

 

Au cours de la promenade, on peut, à loisir, observer, en contrebas, les toitures pentues des maisons, aux vieilles tuiles de couleurs variées...

De nombreuses calades parcourent le village déroulant des escaliers en pierres inégales et cahotantes.

 

On entre, alors, dans le domaine des fontaines qui ponctuent le village...

Sous les filets d'eau, des mousses verdoyantes s'épanouissent...

Plus loin, un autre lavoir, à l'antique, déborde d'eau et dessine sur le fond des motifs de mousses étonnants : on peut, à loisir, écouter le doux murmure de l'eau qui ruisselle dans les bassins. Des fougères garnissent le mur près du filet d'eau.

Un olivier tortueux aux branches brunes, au feuillage vaporeux, se détache alors sur une façade aux couleurs d'ocres...

De vieilles maisons aux murs lézardés, aux volets de bois brunis par le temps, des murs de pierres sèches, encore...

Ce village ressemble à un havre de paix.

Le ciel d'un bleu lavande, au coeur de l'été, contribue aussi à la beauté du lieu.

Voilà un village qui a su garder son authenticité, sa simplicité primitive.

Voilà un village apaisant qui procure au promeneur une grande sérénité.

 

Saumane est surtout connu pour son château qui abrita le marquis de Sade pendant son enfance, mais le village, lui-même, mérite d'être visité, car il n'a pas été dénaturé par un tourisme de masse.

 

Les marchands du temple ne n'y sont pas installés et on a l'impression d'y retrouver la vie d'autrefois, paisible et calme...

 

 

 

 

 

Vidéo et photos : rosemar

Tout le charme d'un petit village de Provence : Saumane de Vaucluse...
Tout le charme d'un petit village de Provence : Saumane de Vaucluse...
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Tout le charme d'un petit village de Provence : Saumane de Vaucluse...
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Tout le charme d'un petit village de Provence : Saumane de Vaucluse...
Tout le charme d'un petit village de Provence : Saumane de Vaucluse...
Tout le charme d'un petit village de Provence : Saumane de Vaucluse...
Tout le charme d'un petit village de Provence : Saumane de Vaucluse...
Tout le charme d'un petit village de Provence : Saumane de Vaucluse...
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22 août 2017 2 22 /08 /août /2017 10:08
La traverse Mistral !

 

 

La traverse Mistral ! Ce seul nom fait rêver, un nom du sud, forcément, un nom désignant un vent tempétueux qui souffle sur la Provence, emporte tout sur son passage, un vent qui chasse les nuages et fait un ciel lumineux...

 

Dans le petit village de l'Estaque, cette rue portait bien son nom : elle était raide, abrupte, elle montait vivement vers les collines environnantes, elle se hissait vers des hauteurs, elle promettait des découvertes...

 

Il faut imaginer une ruelle étroite, coincée entre deux murs, des passages obscurs, des escaliers qui ponctuaient la montée...

 

La traverse Mistral était le lieu de tous les mystères, coincée entre deux murailles, elle offrait aux passants discrétion et secret.

Lieu de rendez-vous des enfants qui jouaient à se cacher, la traverse Mistral permettait de vivre des aventures : on aimait son obscurité, on la redoutait, aussi...

 

On pouvait imaginer toutes sortes de défis dans ce lieu pentu qui offrait ses escarpements.

 

Des amoureux s'y retrouvaient pour vivre leurs premiers émois, ils suscitaient la curiosité des enfants, avides de sensations et d'histoires croustillantes.

 

La forte pente de la rue permettait une vue magnifique sur la mer, un belvédère promis à tous ceux qui en faisaient l'ascension.

 

On avait, alors, sous les yeux, toute la baie de l'Estaque, les toits des maisons aux teintes éclatantes, la Méditerranée et ses replis de vagues infinis, le viaduc et ses arches harmonieuses.

 

La rue serpente encore entre les murs des jardins : elle est restée intacte, elle a été préservée telle qu'elle était autrefois, avec ses recoins, ses mystères.

Il est, ainsi, des lieux qui restent immuables, des lieux cachés, souvent, que la modernité n'atteint pas.

 

La traverse Mistral évoque, pour moi, des lieux de mon enfance : le nom me parle du sud, il me fait entendre l'accent de Marseille, des mots savoureux, aux sonorités chantantes, le parler de Provence...

 

Je revois le port de l'Estaque, les pointus, les pêcheurs qui s'affairaient sur le port, je m'enivre de senteurs marines, je goûte au bonheur d'une promenade sur le bord de mer...

 

La traverse Mistral a des tonalités pleines de poésie : elle suggère un chemin de traverse, des tempêtes de vents, des mugissements impétueux...

 

Le mot "mistral" lui-même résonne d'éclats : labiale "m", sifflante "s", dentale "t", gutturale "r", il nous fait entendre les échos du vent qui siffle dans les branches, qui s'engouffre dans les ruelles.

 


 

 

 

 

Photos : Christelle

La traverse Mistral !
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