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26 juillet 2015 7 26 /07 /juillet /2015 09:50
La lune sur le pin...

 

 


Fin croissant de lune sur l'ombre du pin, brillances et douces lumières à peine rosées derrière les ramures du pin...


Un paysage se dessine, dans l'ombre naissante : les pignes, les branches forment des ombres chinoises, un contraste éblouissant de couleurs, pastels de roses et cannetilles sombres.

Quelques ramilles légères s'agitent, faisant palpiter le fond rosé du tableau, des dentelles, des résilles apparaissent et s'entrecroisent, des entrelacs ondoyants...

La lune sereine couronne le pin d'une lumière vive sur le ciel gris-bleu.

A l'ouest, le ciel se dore d'un coucher de soleil finissant, quelques nuages gris s'effilochent sur l'azur doré.

Les nuées s'étirent, formant des embruns et des vagues de brumes, les nuées se déchirent en tourbillons vaporeux...

Le paysage, derrière le pin, devient irréel, une lumière douce semble sourdre de la terre, fait vivre chaque ramille, les redessine avec délicatesse et subtilités.

Le tableau s'éclaire des douces lueurs du couchant, le paysage devient estampe japonaise, avec ces fines brindilles de pins qui se meuvent avec souplesse sur des harmonies de roses...

Chaque ramille se détache sur ce décor, chaque aiguille de pin palpite, dans l'air du soir.

La lune s'arrondit, en arc de cercle, sur les hautes branches, elle embellit le tableau, le couronne d'un éclair flamboyant.


 

 

 

 

Photos : rosemar

 

La lune sur le pin...
La lune sur le pin...
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12 juillet 2015 7 12 /07 /juillet /2015 13:24
Sous les pins de l'été...

 

 


Les pins décorent les paysages, de leurs éclats de parfums, le chemin, sous les arbres, s'imprègne de cette odeur de pignes, de bois et d'écorces...

Les troncs hissent leurs fûts de colonnes marbrés, burinés de plaques grises et pâles.

Les branches, d'un vert profond, côtoient un ciel blanc de nuages cotonneux, le vert s'intensifie, sous ces légers panaches.

Le vert devient d'un noir de jais, près des nuages subtils qui s'effilochent dans l'air...


Les ramilles s'étirent à l'infini, paressent sous le soleil de l'été, formant des réseaux et des tresses sombres, sur l'azur.

Les pins se dressent, majestueux, éblouissants de lumières, les pins frémissent sous la brise, ils épanchent des senteurs qui s'emparent de la terre, des fleurs, des arbres environnants...

Tous nos sens s'enivrent de ces parfums, avivés par la chaleur, tous nos sens goûtent à ces ivresses de l'été.

Les pins bruissent de bonheur, ils libèrent de nouvelles teintes, ils nous imprègnent de leur éclat, nous disent toutes sortes de splendeurs.

 

Dorés, bruns, gris, noirs, verts d'opaline, les arbres nous montrent des palettes éblouissantes, des formes somptueuses, des arabesques infinies...

Des boucles, des volutes, des enroulements, des sillons chavirent le ciel.

Des envolées de branches gravissent l'horizon, ramures de verts qui s'épanchent voluptueusement.

Les pins se dorent et s'enluminent de couleurs, ils montent vers l'azur, impérieux, souverains, ils capturent tous nos sens...

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

Sous les pins de l'été...
Sous les pins de l'été...
Sous les pins de l'été...
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8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 14:56
Les pigeons du Vieux Port...

 

 


Une photo d'autrefois, sur le Vieux Port de Marseille....

C'est le mois de Mai : en tenues légères, nous posons devant l'objectif, ma soeur, mon frère et moi....

Sur le fond, on perçoit les immeubles du port, avec leurs balcons de fer forgé, on voit quelques voitures garées : une 2 CV,  une dauphine... Toute une époque !

Tout autour de nous, la vie s'agite, des gens s'affairent et discutent, des inconnus qui passent.

Et nous sommes en arrêt, immobiles devant quelques pigeons, occupés à picorer, à nos pieds !

Tout un spectacle, ces pigeons pour les enfants que nous sommes ! 

Ils sont là, à portée de mains et nous offrent leurs plumages soyeux et bariolés.

Sourires aux lèvres, émerveillés de soleil, nous savourons cette scène...

Seul, mon frère a sa mine plus sérieuse de matamore : un peu à l'écart, il affiche un air impérieux et sûr de lui... Ma soeur d'une douzaine d'années, dans un geste protecteur, entoure mon visage de ses mains.

Sur le côté, la main droite dans la poche de son short, bien campé sur ses deux jambes, mon frère impose son minois de 5 ans, avec assurance... Pour ma part, éblouie de soleil, les yeux plissés, je souris légèrement, du haut de mes 3 ans.

La fratrie est réunie, pour une promenade sur le Vieux Port de Marseille : la mer toute proche nous enivre de bonheur, on sent des embruns marins, un air de liberté...

Devant nous, une dizaine de pigeons impassibles nous montrent leurs formes arrondies d'oiseaux familiers.

Le soleil rayonne, car on voit les ombres portées sur le bitume, le soleil enlumine les pigeons, fait ressortir leurs teintes contrastées de gris, de blancs, de noirs, leur plumage qui resplendit.

Des vagues se dessinent sur leurs plumages ombrés, des motifs ourlés, des embruns, des arrondis de brumes...

Les ombres portées redoublent les silhouettes des pigeons, et permettent de voir comme des éclats sur leurs plumages.

Nous-mêmes, nous sommes comme étourdis de soleil, les yeux émerveillés, étonnés de tout ce spectacle de la nature.

Les pigeons, le soleil, la mer toute proche, les bateaux du port, nos yeux n'en reviennent pas de tant de nouveautés et de bonheurs !

La photo en noir et blanc met en évidence un bonheur simple, ordinaire, des sourires esquissés, qui traduisent une sorte d'intériorité, de retenue.

Belle photo d'enfance ! Un joli moment qui révèle des caractères, des joies sereines...

Au dos de la photo, ma mère a écrit, de sa main appliquée, la date, le mois de Mai et le but de la promenade : "en allant à la Vierge de la Garde", un pélerinage que font souvent les Marseillais, maintenant encore.


 


 

Les pigeons du Vieux Port...
Les pigeons du Vieux Port...
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1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 14:55
Rempli d'eau ainsi qu'une gargoulette...

 

 



« J'ai un pressentiment que nous trouverons dans la vallée de Biban-el-Molouk une tombe inviolée, disait à un jeune Anglais de haute mine un personnage beaucoup plus humble, en essuyant d'un gros mouchoir à carreaux bleus son front chauve où perlaient des gouttes de sueur, comme s'il eût été modelé en argile poreuse et rempli d'eau ainsi qu'une gargoulette de Thèbes.

- Qu'Osiris vous entende, répondit au docteur allemand le jeune lord : c'est une invocation qu'on peut se permettre en face de l'ancienne Diospolis magna ; mais bien des fois déjà nous avons été déçus ; les chercheurs de trésors nous ont toujours devancés."

Tels sont les premiers mots de l'oeuvre de Théophile Gautier, Le roman de la momie. Un des deux personnages transpire abondamment et son visage qui laisse perler de la sueur est comparé à une "gargoulette".


Le mot "gargoulette" rayonne de sonorités du sud : ce récipient poreux en terre cuite est utilisé pour conserver l'eau fraîche, dans les régions du sud, notamment dans le midi de la France.

Avec ses consonnes gutturales redondantes, "g" et "r", ce mot nous fait entendre un bruit d'eau qui s'écoule.

Le son "ou" prolonge ce bruissement d'eau, la finale de diminutif "-ette" donne un air sympathique à ce vase.

Le bec étroit de la gargoulette permet de diriger le jet directement vers le fond de la gorge, tout en maintenant le bec à distance de la bouche. De là vient l'expression "boire à la gargoulette", synonyme de "boire à la régalade". Il n'est pas facile de boire à la gargoulette et cela demande une technique particulière mais on perçoit dans ces expressions tout un bonheur de s'abreuver et de goûter une eau fraîche.

La gargoulette évoque des images du sud, des paysages incendiés de soleil, une eau apaisante au coeur de l'été, un plaisir de boire à l'ancienne, comme on le faisait autrefois avec des récipients rustiques de terre cuite.

La gargoulette suggère des sources limpides, où l'on puise l'eau pour s'abreuver en été, elle nous fait voir des formes élégantes, une matière naturelle, aux couleurs de terre cuite...

La base pansue s'épanouit, les anses se déroulent voluptueusement autour du vase et l'encerclent de formes pleines de douceurs et d'harmonie.

 

La gargoulette ressemble à un objet d'art, aux teintes vernissées ou mates...

Ce mot fait "gargouiller" l'eau, il nous éblouit par son expressivité, ses sonorités du sud, ses éclats de voyelles.

D'ailleurs, ce mot provient, sans doute, de l’occitan "gargoleta, le cruchon" ou de l'ancien français "garoule, gargouille" et peut-être, plus anciennement, du grec "γαργαρίζειν, gargarízein, se gargariser", il serait apparenté au latin "gula, gosier, gorge".

La "gargoulette" possède bien un "gosier", par lequel s'écoule l'eau.

Objet anthropomorphe, la gargoulette nous séduit par ses formes, son utilisation, sa beauté d'oeuvre d'art.

Ce mot, aux origines lointaines nous fait entendre la langue originelle, le grec, langue du sud aux sonorités familières et étranges, à la fois.

La gargoulette nous fait goûter la langue et l'accent du sud, celui de Pagnol, de Giono qui décrivent la Provence, la racontent, et soulignent la beauté et la rudesse de ses paysages.

La gargoulette nous fait voir la garrigue, des senteurs du sud, du thym qui serpente sur les chemins, qui exalte les collines et enivre les promeneurs.

Elle dessine des ciels bleus, balayés par le mistral, des envolées de nuages qui se dispersent soudain, une source qui bruisse dans la campagne, des parfums de menthe, de romarins...



 

 

 

 

 

Rempli d'eau ainsi qu'une gargoulette...
Rempli d'eau ainsi qu'une gargoulette...
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27 juin 2015 6 27 /06 /juin /2015 17:37
Une coccinelle sur une feuille de menthe...

 

 

 

Rouge éclat de feu sur la verdure ! Prunelle ardente, flammes rougeoyantes !


Une coccinelle chemine sur une feuille de menthe... 

Elle illumine la plante de frémissements d'amarante, elle enlumine la feuille de ses braises subtiles.

Noirs et rouges sur la menthe ! Cendres et éclats de feu !

Quels contrastes étonnants de couleurs ! Le vert pâle se dore de lueurs d'escarboucle, il se pare de cet embrasement de lueurs !

Le vert frissonne sous l'air léger de l'été, il fait resplendir des parfums, des envolées de brumes exaltantes...

Effluves de menthe ! Teintes écarlates !

Parfums et couleurs se mêlent en une harmonie nouvelle.

La coccinelle s'enivre d'odeurs, s'abreuve de senteurs, se nourrit de  tous ces bonheurs : les sillons de la feuille exhalent une fraîcheur infinie.

La coccinelle disparaît, bientôt, sous les feuilles, elle laisse, dans l'oeil, son image et son empreinte de rouille.


Elle éclaire, encore, la plante de ses contours de flamme et d'incendie !



 

 

 

 

 

 

 

 

Une coccinelle sur une feuille de menthe...
Une coccinelle sur une feuille de menthe...
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20 juin 2015 6 20 /06 /juin /2015 16:28
Nous goûterons au bonheur des cigales...

 

 

 

Les cigales aux couleurs d'ambre, cachées, secrètes, mystérieuses font, enfin, resplendir leurs voix, dans les arbres environnants...


Les nymphes de l'été peuplent, à nouveau, les pins qui résonnent de leurs chants lumineux ! Les nymphes de l'azur sont là, enfin ! 

Cigales de toujours ! Tettix la grecque, cicada, la latine ! Elles envahissent les arbres de leurs voix impérieuses.

Leurs paroles se perpétuent d'arbre en arbre, elles couvrent le ciel de leurs éclats chaleureux.

"Que l'été, le temps du bonheur, le temps des ravissements, commence ! Que des éblouissements nouveaux nous étonnent et nous emportent !

Que des nuits étoilées nous saisissent dans leurs replis lumineux !

Que des senteurs nouvelles renaissent, parfums de menthe, de thym, de romarins !"

Bientôt, les pins vont s'exalter des chaleurs de l'été... Bientôt, des embruns marins vont nous bercer de doux envols de lumières, et de parfums ambrés...

L'air se remplit d'un foisonnement de murmures d'oiseaux, et d'insectes virevoltants, l'air se répand en frissons de plaisirs.

Nous goûterons au bonheur des cigales, nous nous enivrerons de leurs chants !

Nous nous abreuverons de leurs murmures infinis et soyeux !


Les cigales sont de retour, elles nous promettent des enluminures, des soleils renouvelés, elles nous promettent tant d' ardeurs et de découvertes !



 

 

 

Photo : rosemar

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22 avril 2015 3 22 /04 /avril /2015 16:28
Quelques vers des troubadours...

 


"Quelques vers des troubadours ont su exprimer la joie d'une manière si pure qu'à travers elle, transparaît la douleur poignante, la douleur inconsolable de la créature finie. "Quand je vois l'alouette mouvoir De joie ses ailes contre le rayon, Comme elle ne se connaît plus et se laisse tomber Par la douceur qui au cœur lui va."

C'est ainsi que Simone Weil évoque les oeuvres des troubadours du Moyen Age, dans ses Ecrits historiques et politiques...



Le mot "troubadour" résonne d'éclats, de tourbillons, ce nom n'est-il pas un poème, à lui tout seul, avec ses échos de sonorités qui se répondent et s'inversent dans la dernière partie ?

Le troubadour, (le "trobador", en ancien occitan), n'est-il pas l'inventeur par excellence, le poète, le trouveur de mots ?


Dentale, gutturale, labiale, dentale à nouveau... des consonnes variées expriment, dans ce seul nom, toute l'inspiration de ces poètes, aux talents étonnants et multiples.

Poètes, chanteurs, musiciens, créateurs, les troubadours se sont illustrés au Moyen Age, par des oeuvres d'une diversité et d'une créativité étonnantes.

Le mot "troubadour" chante le sud, la langue d'oc, celle du soleil, de la mer, des collines, des paysages méditerranéens.

Et ces poètes ont su, aussi, par leur lyrisme, évoquer les tourments, les désarrois de la vie humaine.

Les troubadours, orfèvres de la langue et des mots, chantent l'amour, ses charmes, ses détours, ses blessures...


Guillaume de Cabestaing, Geoffroy Rudel, Bernard de Ventadour, Arnaud de Marveil, Folquet de Marseille, Raimond de Miravals... autant de poètes du passé dont on a oublié les noms, et les oeuvres, autant d'auteurs dont les noms aux sonorités lointaines nous émeuvent et nous intriguent.


Ils excellent, pourtant, dans les chants de la fin'amor, une sublimation de l'amour courtois envers la Dame vertueuse, belle et inaccessible. L'exaltation du désir devient, pour eux, une quête mystique, et l'amour rejoint une sorte de ferveur religieuse.

"Alba, ballade, canso, chanson de toile, lai, madrigal, rondeau, pastourelle, virelai, chansons de gestes", les troubadours se sont illustrés dans de nombreux genres littéraires.

"Alba", la chanson d'aube réunit les deux amoureux, dans un dialogue où ils connaissent des moments délicieux, ils en viennent à oublier l'aube qui paraît, le chant d'un oiseau les avertit du danger de se faire surprendre.

"La canso" exalte l'amour coutois, la fin'amor où le poète suggère, à la fois, la sensualité et l' idéalisation de l'être aimé.

Dans "la chanson de toile", ou chanson à filer, à tisser, on entend une amoureuse qui se lamente sur la mort de son amoureux, ou sur son entrée au couvent...

"La pastourelle" évoque les amours d'un seigneur et d'une bergère qui ne se laisse pas facilement séduire.

Ces poésies, pleines de fraîcheur, méritent d'être remises à l'honneur...

Les chansons de Bernard de Ventadour sont riches et limpides, nourries de sentiments personnels. Il fut l’un des meilleurs musiciens de son temps et figure parmi les plus grands poètes de l’amour en langue d’oc.

 

 Bernard de Ventadour (en ancien occitan Bernartz de Ventedorn),  poète et troubadour du 12 ème siècle écrivit de nombreux poèmes, parmi lesquels on peut citer celui-ci : 


"J’ai le cœur si plein de joie,
Qu’il transmute Nature :
C’est fleur blanche, vermeille et jaune
Qu’est pour moi frimas ;
Avec le vent et la pluie
S’accroît mon bonheur.
Aussi mon Prix grandit, monte ;
Et mon chant s’épure.
J’ai tant d’amour au cœur
De joie et de douceur,
Que gelée me semble fleur,
Et neige, verdure.


Je puis aller sans habits,
Nu dans ma chemise,
Car pur amour me protège
De la froide bise...


D’amitié elle m’écarte !
Mais j’ai confiance,
Car d’elle j’ai du moins conquis
La belle apparence.
Et j’en ai, en la quittant,
Tant d’aise en mon âme
Que le jour de la revoir
Serai sans tristesse.
Mon cœur est près d’Amour :
Donc l’esprit là-bas court,
Mais le corps ici, ailleurs,
Est loin d’elle, en France.


Je garde bonne espérance,
– Qui m’aide bien peu –
Car mon âme est balancée
Comme nef sur l’onde.
Du souci qui me déprime
Où m’abriterai-je ?
La nuit il m’agite et jette
Sur le bord du lit :
Je souffre plus d’amour
Que l’amoureux Tristan
Qui endura maints tourments
Pour Iseult la blonde.


"Ah Dieu ! que ne suis-je aronde
Pour traverser l’air,
Voler dans la nuit profonde
Jusqu’en sa demeure ?
Bonne dame si joyeuse,
Votre amant se meurt ;
Je crains que mon cœur se fonde
Si mon mal ne cesse…
Dame, je joins les mains,
Je prie : je vous adore.
Beau corps aux fraîches couleurs,
Bien cruel vous m’êtes !...


Messager, va et cours,
Dis moi à la plus belle
Que je pâtis pour elle
Douleur et martyre."



 Dans ces vers, l'amour transfigure le monde, il procure des souffrances démesurées, mais aussi des bonheurs inouis, des sensations de joie débordantes...

 

Les troubadours, souvent oubliés, ont écrit des oeuvres attachantes, ils méritent d'être redécouverts : la langue du Moyen Age, avec ses tournures et ses mots d'autrefois, revêt un charme lointain et particulier.

Les troubadours nous font voyager dans le temps, nous font entendre des voix et des musiques anciennes, un monde plein d'harmonie et de tourments...


 

 

Quelques repères sur Bernard de Ventadour :

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Bernart_de_Ventadour

 

En haut de l'article : Paolo et Francesca   Tableau de Ingres



 

Manuscrit  auteur de la photo : Fabricio Cardenas  creative commons

Manuscrit auteur de la photo : Fabricio Cardenas creative commons

Miniature du Moyen-Age

Miniature du Moyen-Age

Nymphe et troubadour  Tableau de Hans Makart

Nymphe et troubadour Tableau de Hans Makart

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19 avril 2015 7 19 /04 /avril /2015 08:57
Cyparissos, arbre divin !

 


Cyprès ! Longs fuseaux qui étourdissent les regards ! Arbres de brumes aux élans infinis ! Des vertiges de bruns s'élèvent, surgissent soudain,  se hissent vers des hauteurs...


Les cimes effilées lancent leurs épis verts et noirs, sur des cieux d'une clarté d'azur,  jettent sur l'horizon des fûts de verdures, aux teintes somptueuses.


Cyparissos ! Arbre divin, peuplé de dryades et d'hamadryades !


Arbres célestes, aux teintes sombres, qui escaladent le ciel et s'en emparent, pinceaux éblouissants sur l'azur, éclats de verts !


Les cyprès immuables dressent leurs fûts de verdures sur l'horizon bleuté, les cyprès s'élancent et vrillent le ciel de leurs parures ombrés.


Ils nous parlent du Sud, de la lumière, des soleils, des vents impétueux du Sud,  des chaleurs prégnantes, des parfums odorants de la garrigue, du thym, du romarin...

Ils chantent la Méditerranée, l'Italie, la Grèce, des temples anciens, où la pierre côtoie le vert, où les arbres font resplendir l'éclat du marbre !

Ils racontent toute l'harmonie du monde : le vert entrelacé au noir, au bleu, à la lumière !


Ils déploient des formes aériennes, impassibles, sereins, silencieux.


Douces sonorités de sifflante, de labiale ! Apreté de la gutturale "r" ! Délicatesse et rudesse des paysages du sud !

Les cyprès au nom grec murmurent la langue originelle, celle du sud, celle des paysans d'autrefois, celle d'Ulysse et d'Homère, celle de l'aède aux chants mystérieux...

Kuparissos ! Eclats solaires ! 

Les cyprès dont les fuseaux côtoient des bouquets d'arbres, des oliviers, des pins, aux rondeurs anisées, dessinent des envols...  ils tracent des lignes élancées, sur les nuées légères et subtiles...

Les cyprès dessinent des paysages, deviennent sculptures de bronze, sur les ciels lumineux du Sud.




 

 

 

 

Photos : rosemar

Cyparissos, arbre divin !
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6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 07:44
La galline, un mot qui rayonne d'éclats solaires...

 

 

La galline, un mot bien connu en Provence, venu du latin "gallina", désigne la poule, dont les oeufs, symboles de vie, de fécondité, de renaissance sont traditionnellement associés à la fête de Pâques.

Le mot "galline" a été remplacé, en français, par le nom "poule", issu, lui, du latin "pullus", "le petit d'un animal".

La "galline" ! Voilà un mot qui rayonne d'éclats solaires, un mot du sud, dont les sonorités évoquent le parler de Provence...

La galline nous fait entendre des éclats de rires, avec sa voyelle "a", très ouverte, le son "i" plus fermé.

Il existe, à Marseille, une chapelle dédiée à la Galline, chapelle située au lieu-dit la Nerthe, dans le 16e arrondissement, sur les hauteurs de l'Estaque...

 Le nom de la chapelle "Notre Dame de la galline", lui vient d'une statue de la vierge et de l'enfant Jésus qui porte, sur son bras, une poule. La statue en bois richement décorée d'or, aux couleurs de bruns et de bleu suscite l'intérêt et l'admiration de tous les visiteurs... La vierge et l'enfant  couronnés de diadèmes scintillants, esquissent un léger sourire, empli d'apaisement...

La poule qui protège ses oeufs, ses poussins n'est-elle pas un symbole de maternité et de bienveillance ?
La vie, si précieuse, représentée par l'oeuf doit être entourée de protections, d'autant plus lorsqu' elle en est à ses débuts...
Ainsi, la galline nous montre l'importance de la vie, si fragile, soumise à tant d'aléas et de difficultés.

Dans un monde de haine, où sévissent encore tant de guerres cruelles et inutiles, où des barbares tuent, assassinent, en ces jours de fêtes de Pâques, il serait temps de prendre conscience que, seule, la vie a de l'importance : toute vie mérite notre attention, et notre protection.

La poule connaît le prix de la vie, la galline protège sa couvée, comme une mère peut le faire...

Le mot, lui même, "la galline" résonne d'échos bienveillants, avec le suffixe  -ine qui a, souvent, une valeur de diminutif, à connotation affective...

La galline évoque aussi le sud, la beauté des paysages, et des collines, autour de l'Estaque, le thym, le romarin, la lavande, la garrigue, des parfums de Provence...

La mer toute proche, ses enroulements de vagues, ses murmures infinis, ses embruns de liberté et d'audace, ses colères et ses tempêtes.

 

Le soleil du sud, quand souffle le mistral et  que le ciel s'embrase de bleus...
La "galline" nous raconte tous les parfums, toutes les couleurs, toutes les harmonies, les chants du sud !

La "galline" nous raconte des ruissellements d'oliviers, des gringoles couvertes de pins, des calanques de pierres blanches.

Elle nous emmène vers le Sud rayonnant, vers le soleil, source de vie, de bonheur...
 

 

 

Photo  en haut de l'article, auteur : Eponimm  creative commons

Notre Dame de la Galline : la statue de la Vierge et de l'enfant Jésus qui porte une poule  Photo de Fr Latreille   creative commons

Notre Dame de la Galline : la statue de la Vierge et de l'enfant Jésus qui porte une poule Photo de Fr Latreille creative commons

Le vitrail de Notre Dame de la Galline  Photo de Fr  Latreille  creative commons

Le vitrail de Notre Dame de la Galline Photo de Fr Latreille creative commons

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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 15:48

 

Photo1752.jpg

 

 

Les vieux villages de Provence nous font découvrir des toits couverts de tuiles, aux teintes variées : une mosaïque de couleurs, ocre, rouge vif, prune, rose pâle...

Les tuiles dessinent des ondulations, des motifs resplendissants de teintes.

 

Elles inventent des tableaux, des étagements subtils qui semblent périlleux.

 

Sur les hauteurs des vieux villages, on aperçoit, en surplomb, des toits aux tuiles houleuses... C'est un véritable spectacle d'observer ces toits pentus, aux tuiles anciennes, éclairées par le soleil du midi, sous les voix exacerbées des cigales.

 

Les tuiles semblent se dorer au soleil, prendre des teintes nouvelles, faire exploser leurs couleurs et leurs formes, parfois, cahotiques.

Belles toitures du midi empreintes de chaleur, de vent, de mistral !

 

Les tuiles se coulent en cascades de lumières, elles semblent rivaliser d'ingéniosité, pour s'accrocher et rester calées, sur les toits.

 

Elles illuminent les paysages de leurs éclats solaires, elles semblent vouloir offrir toute une palette de teintes nuancées, à l'infini.

 

Elles ruissellent de flots de rose, de bruns, de rouilles, de beiges...

 

Du pastel aux bruns, on admire tous les contrastes et toutes les variétés de couleurs. Quel bonheur de voir ces toits de lumières, en plein été !

 

Quelle harmonie dans les tons ! Quels camaieux pleins de douceurs !

Des ombres courent, aussi, sur les toits, forment des îlots obscurs, ombres de cheminées qui s'allongent et s'étirent paresseusement...

Certains toits ressemblent à des clartés d'aubes naissantes, d'autres à des embruns d'écumes aux tons doux et légers.


Certains toits font penser à des vagues régulières qui s'étagent en plis serrés.

D'autres évoquent des ruisseaux qui s'écoulent en pente douce, des rigoles tumultueuses qui courent sur les maisons....

 

 

 

 

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Photos : rosemar



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