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11 février 2019 1 11 /02 /février /2019 14:51
Une rencontre passionnante avec Axel Kahn...

 

 

Axel Kahn, c'est d'abord pour moi un phrasé particulier qui nous fait savourer les mots, les phrases : on aime l'écouter parler, avec sa verve caractéristique, on reconnaît tout de suite son timbre de voix.

 

Généticien, scientifique, médecin, Axel Kahn est aussi un écrivain : après avoir écrit la biographie de son père qui s'est suicidé le 17 avril 1970, il se lance dans un autre projet : rédiger sa propre autobiographie intitulé Chemins.

 

"Une autobiographie à travers ce qui, après tout, me caractérise mieux que tout, mieux que la génétique, mieux que la médecine, mieux que l'éthique, mieux que beaucoup de choses, c'est à dire mon amour absolu, mon besoin physique, mon besoin vital d'être sur les chemins, en train de cheminer... c'est l'autobiographie d'un homme, des flashs de mémoire entre 5 ans et 73 ans."

 

Axel Kahn évoque l'héritage immense, démesuré qui est celui de son père. Et notamment ce message que lui a laissé son père : "Sois raisonnable et humain..." et Axel Kahn, de se poser ces questions : "Qu'entendait-il par être raisonnable et humain ? En quelles circonstances notre raison et notre humanité sont-elles menacées ?"

Cette phrase, cette injonction ont accompagné Axel Kahn tout au long de son parcours, "comme un fil d'Ariane qui lui a permis de se retrouver dans les dédales de la vie où les Minotaures sont multiples."

 

Il parle aussi de son enfance au Petit-Pressigny, un petit village de 500 habitants dans le sud de l'Indre et Loire qui fut pour lui comme un paradis terrestre : et il a retrouvé maintes fois sur les chemins cette impression de bonheur absolu liée à l'enfance.

 

Axel Kahn raconte des souvenirs, notamment une rencontre éblouissante avec son père : à Chamonix, alors que le jeune Axel atteint de tuberculose fait un séjour dans un sanatorium, une rencontre forte, chargée d'émotions dans de somptueux paysages enneigés... Il découvre alors un homme qui est son père et qui l'aime.

 

Axel Kahn parle aussi de religion : les dogmes catholiques lui ont paru à un moment de sa vie totalement incroyables : la virginité de Marie, la Trinité, le Jugement dernier, la résurrection du Christ...

Mais il ne peut pas rejeter l'humanisme chrétien : même si on ne fait pas l'hypothèse de Dieu, tout n'est pas permis... Axel Kahn reste attaché à un humanisme rationnel sans Dieu.

 

Axel Kahn évoque encore son expérience de président d'Université : une mission exaltante... "essayer de préparer l'avenir, et essayer de dire aux étudiants : "Vous savez, si vous vous intéressez au passé, à vos racines, à ce qui vous a permis d'être là, non seulement ce ne sera pas un affaiblissement pour préparer l'avenir, mais cela vous donnera un ressort extraordinaire."

 

Axel Kahn raconte de nombreuses anecdotes survenues lors de ses pérégrinations et il rappelle que son livre intitulé Chemins est un document sur la France du début du XXIème siècle : "l'importance de l'attachement aux territoires, la diagonale du vide, là où les gens voient tout foutre les camp, des gens pour qui seul le pire est certain...", la France des gilets jaunes.

 

Ainsi, son autobiographie n'est pas seulement un éloge de la marche, elle est aussi le reflet de la France contemporaine : une étude sociologique de notre époque...

 

 

 

 

 

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14 septembre 2018 5 14 /09 /septembre /2018 12:24
L'IVG, un homicide ?

 

 

 Ce mardi 11 septembre, le président du syndicat des gynécologues Bertrand de Rochambeau a provoqué un tollé en assimilant l'IVG à un homicide.

C'est là une scandaleuse remise en cause du droit à l'avortement : les femmes se sont battues pour obtenir ce droit.

 

Comment un médecin gynécologue peut-il contester ce droit, alors qu'il a le devoir de porter assistance à des femmes en détresse qui veulent avoir recours à une IVG ?

Bien sûr, le docteur Rochambeau a le droit de faire valoir son opposition à titre personnel à l'IVG. Mais, en tant que représentant syndical, il devrait s'abstenir de telles déclarations.

 

L'IVG, ce fut le combat de Simone Veil...


C'est elle qui, en 1974, a permis l'adoption de la loi sur la légalisation de l'IVG, c'est elle qui a su transformer la vie des femmes, leur donner des droits essentiels, en un temps où ces droits leur étaient refusés, dans une société rigide et sclérosée.

 

 Dans un temps aujourd'hui révolu, les femmes avortaient clandestinement, dans des conditions sanitaires déplorables, des femmes qui étaient désignées à la vindicte populaire comme des meurtrières...

 

Nos mères ont connu cette époque où l'avortement était réprimé, condamné par un monde d'hommes qui s'appliquaient à ignorer les souffrances des femmes.

 

Et un président du syndicat des gynécologues ose en 2018 parler d'homicide, en culpabilisant les femmes... ! C'est scandaleux !

On se croirait revenu en des temps où l'avortement était réprimé, interdit.

 

Et c'est un droit qui est encore contesté dans de nombreux pays... en Afrique et Amérique latine, qui restreignent fortement l'avortement, une vingtaine d'entre eux l'interdisent totalement, à l'instar du Chili.

 
Certains autres pays autorisent l'avortement sous des conditions très restrictives. Ainsi, dans beaucoup de pays africains, l'IVG n'est accessible qu'en cas de danger pour la vie de la mère, notamment en Côte d'Ivoire, en Somalie, en RDC, en Ouganda, au Soudan du Sud ou en Libye.

Récemment, l'Irlande, pays à forte tradition catholique, a massivement voté par référendum pour la légalisation de l’avortement.

 

Mais, en Europe, le droit à l'avortement régresse aussi, soit par la loi, soit par le refus massif de médecins de le pratiquer (comme c'est le cas en Italie), soit parce que de puissantes organisations religieuses militent pour son interdiction. Toujours en Italie, en 2008, c'est le pape lui-même, Benoît XVI qui avait réclamé des autorités italiennes l'abolition du droit à avorter. 

En juin 2018, le pape François a comparé certains avortements aux pratiques nazies "pour veiller à la pureté de la race".

 

On le voit : ce droit est sans cesse remis en cause par des associations, par des autorités religieuses...

Mais quand c'est un gynécologue éminent, un responsable syndical qui assimile l'IVG à un homicide, on se dit que ce droit est menacé même dans notre pays, par des instances médicales.
 

 

 

 

 

 

 

L'IVG, un homicide ?
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18 mai 2018 5 18 /05 /mai /2018 12:03
Le voile d'une militante de l'UNEF : promotion de l'Islam politique ?

 

 

Interviewée par M6 dans le cadre d’un reportage sur les universités bloquées, Maryam Pougetoux, présidente du syndicat Unef à l’université Paris IV, est apparue revêtue d'un voile islamique particulièrement voyant.

Certes, le voile n'est pas interdit dans les universités... Pour autant, une militante de gauche et qui plus est, porte-parole d'une organisation syndicale, peut-elle arborer un symbole d'aliénation et de soumission à une religion ?

 

Ce voile qui lui couvrait le front, doublé d'un bandeau noir ne représente-t-il pas l'uniforme d'une idéologie ?

 

Laurent Bouvet, fervent défenseur de la laïcité, politologue à l’université de Versailles Saint-Quentin-En-Yvelines et cofondateur du Printemps Républicain, a aussitôt réagi et dénoncé la tenue de la jeune femme...

 

De la même façon,  l’essayiste et militante Céline Pina s’est indignée de la présence médiatique de la militante de l’Unef. Dans un long message, elle dénonce l’infiltration des mouvements de jeunesse par les Frères musulmans et le "développement des filières indigénistes et islamistes". 

 

Autre point de vue : selon le journal Libération, la présidente de l’Unef Paris-Sorbonne ferait l’objet d’un procès en "islamisme" mené par le Printemps républicain, en raison du voile qu’elle portait lors de son apparition télévisée.

Laurent Bouvet a été ainsi rapidement taxé d'islamophobie, et même accusé de sexisme !

C'est un comble quand on songe au sort qui est réservé aux femmes dans les pays où le voile est une obligation à laquelle les femmes ne peuvent déroger !

Dans certains de ces pays, des femmes luttent pour ne plus être soumises, et revendiquent le droit de ne plus porter le voile.

En Iran, des femmes enlèvent leur voile en public pour protester contre son port obligatoire, elles se prennent en photo, têtes nues, leur voile au bout d’un bâton , en plein espace public, et postent même leur photo sur les réseaux sociaux. 

 

Mais qu'est ce que le voile ? Que représente-t-il ? Le fait que la femme est susceptible de mettre en danger la piété des hommes, qu'elle les soumet à la tentation de la chair ?

Le voile est un signe religieux particulièrement visible et ostensible : il indique une adhésion à une idéologie.

Vieille survivance patriarcale, instrument de domination, il est destiné à protéger les femmes du regard des hommes.

Une représentante des étudiants revêtue d'un voile ? N'est ce pas une façon d'afficher une idéologie ?

 

Marlène Schiappa a déclaré à ce sujet : "Ça m'interpelle, non pas parce que c'est une étudiante qui porte le voile (c'est son droit le plus strict) mais ça m'interpelle que l'Unef ait choisi comme porte-parole une personne qui a des signes manifestes de promotion de l'islam politique...l’unef est censé être un syndicat étudiant progressiste, féministe alors que le voile, c’est la preuve de l’emprise de la religion". 

 

N'est-ce pas là tout le danger de ces voiles arborés comme des insignes du communautarisme ?

 

 

 

 

 

 

 

Le voile d'une militante de l'UNEF : promotion de l'Islam politique ?
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7 mai 2018 1 07 /05 /mai /2018 16:22
Une somptueuse cérémonie du culte impérial...

 

 

Toute une ville a vécu à l'heure romaine : le temps d'un week-end, Nîmes a célébré Spartacus, l'esclave rebelle... Nîmes est redevenu Nemausus... une occasion de reconstituer devant la Maison Carrée une fastueuse cérémonie du culte impérial.

Costumes colorés, musique solennelle, éclats de buccins, la fête a rassemblé de très nombreux spectateurs venus rendre hommage à l'empereur Hadrien, selon des rites anciens...

Des légionnaires, en nombre, veillaient au bon ordonnancement de la célébration : casques rutilants, larges boucliers magnifiquement décorés, lances en main...

 

Un flamine, portant l'apex, vêtu de blanc et de rouge, présidait la cérémonie : il commença par imposer le silence à l'assemblée...

"Parcite linguam ! Taisez-vous !"

 

Puis, on assista à la création d' un espace sacré, le "templum"... "Que soit temple l'espace que je désigne !"

Les participants furent, alors, invités à se couvrir la tête avec leur toge ou avec une couronne de feuilles de laurier.

 

"Que l'on apporte le vin et la patère pour commencer le sacrifice !"

L'officiant versa du vin dans un brasier sacré préservé dans le temple... Puis, il ajouta toutes sortes de libations : de la farine, de miel, de la laine, du lait, du blé, de l'encens...

Rappelons que le feu est essentiel dans la religion romaine : les Vestales avaient pour fonction de garder et de préserver le feu sacré qui devait rester constamment allumé... Et si le feu s'éteignait, la Vestale qui en était responsable était punie de mort, enterrée vivante.

 

"Que cette libation maintienne l'empereur sous la protection des Dieux ! Qu'elle soit favorable à la population de Nemausus !"

Puis, des esclaves distribuèrent des gâteaux de froment à l'assemblée.

 

Une bête fut, alors, amenée : un magnifique bélier que le bourreau s'apprêtait à sacrifier en l'honneur du dieu Jupiter... 

Ce bélier était savamment décoré d'une petite cape rouge, d'un collier torsadé...

 

On versa alors de la farine salée dans le feu et sur la victime : c'est ce qu'on appelle la "mola salsa", expression à l'origine de notre verbe "immoler"...

Puis, fictivement le victimaire frappa l'animal avec un merlin et lui trancha la gorge...

 

Dernier acte de la cérémonie : une prière où l'on invoque Juppiter...

"Juppiter optimus, Juppiter maximus, protège l'empereur et sa famille !"

Un défilé animé, haut en couleur clôtura la fête : on pouvait y admirer des chars tirés par des chevaux, des troupes de fantassins, des Gaulois en armes, des Celtes aux habits bariolés, des danses... 

 

 

 

 

 

 

Les légionnaires en armes...

Les légionnaires en armes...

L'empereur Hadrien

L'empereur Hadrien

Des Celtes

Des Celtes

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19 février 2018 1 19 /02 /février /2018 14:38
De l'importance de la lucidité...

 

 

Difficile d'être lucide dans un monde où nous sommes sans cesse abreuvés d'informations : qui dit vrai ? Nous sommes souvent confrontés à des informations contradictoires...

Certains, sur la toile, sont passés maîtres dans l'art du mensonge, du masque et de la dissimulation

 

Comment ne pas être dupe ?

C'est pourquoi il convient de voir le monde avec beaucoup de clairvoyance et le voir tel qu'il est, avec ses noirceurs, ses horreurs, ses impostures et ses illusions... 

 

C'est Molière qui dénonce dans une grande partie de son oeuvre théâtrale les dangers de l'aveuglement et de l'inconscience.

C'est Molière qui invente le personnage d'Orgon, bourgeois naïf qui se laisse abuser par Tartuffe, un imposteur...

Orgon est l'archétype de l'homme égaré, incapable de voir la réalité, même quand on la lui met sous les yeux...

Orgon est aveugle à tel point qu'il en vient à négliger sa propre famille, pour ne penser qu'à son idée fixe : la prétendue dévotion de Tartuffe.

Les personnages lucides de la pièce, Dorine, Cléante, Elmire, Damis eux, ont perçu l'hypocrisie du personnage et s'attachent à le dénoncer.

Ainsi Molière met souvent en scène dans son oeuvre l'importance de la lucidité, une qualité essentielle.

 

La lucidité doit nous guider plus particulièrement à notre époque où l'imposture est partout : dans les médias, la publicité, sur internet...

"La lucidité est un premier pas vers la sagesse, donc aussi vers le bonheur...", écrit fort justement André Comte-Sponville.

 

A l'heure où ressurgissent toutes sortes de fanatismes, la lucidité permet de repérer notamment les impostures de la religion.

Ainsi, l'intégrisme est associé à l'aveuglement, à une démission de la conscience : on remet alors sa conscience entre les mains de quelqu'un, d'un gourou, d'un prétendu religieux...

Il s'agit d'une forme de servitude volontaire.

 Certains s'en remettent à des prophètes qui leur dictent leur conduite.

Le fanatisme se propage ainsi de manière collective, dans une sorte d'instinct grégaire.

Le fanatisme religieux n'est-il pas une démission de l'esprit ? Il s'empare des individus, leur enlève tout esprit critique.

 

La lucidité est une vertu première, essentielle qui permet de démasquer ces impostures...

 

 

 

 

 

De l'importance de la lucidité...
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26 décembre 2017 2 26 /12 /décembre /2017 09:57
Jusqu'où ira le culte de la laïcité ?

 

 

 

La laïcité est une spécificité française : "principe de séparation de la société civile et de la société religieuse et d'impartialité de l'État à l'égard des confessions religieuses", la laïcité repose sur la liberté de conscience, l'égalité de tous devant la loi quelles que soient les croyances ou les convictions de chacun.

La laïcité est un bon moyen d'assurer la coexistence pacifique des religions, c'est certain... elle maintient une neutralité de l'Etat.

 

Mais la laïcité ne doit pas devenir elle-même un culte, un dogme au point d'interdire à de jeunes élèves la projection d'un film sous prétexte qu'on y parle de Jésus.

Ainsi, apparemment mal renseignées sur le sujet d'un film qui raconte la Nativité, des enseignantes ont  suspendu la séance à laquelle assistaient leurs élèves, à Langon, en Gironde.

Selon ces enseignantes, ce film d'animation américain n'était pas en accord avec le principe républicain de laïcité à l'école...

 

Le titre "L'étoile de Noël" était pourtant suffisamment explicite...

Dans tous les cas, la suspension de la séance paraît aller dans le sens d'une radicalité dangereuse.

On ne doit pas sombrer dans une forme d'intégrisme laïque : la culture religieuse ne devrait pas être un problème.

 

Notre civilisation n'est-elle pas fondée sur cette culture chrétienne ? En témoignent de nombreuses oeuvres architecturales, picturales, la musique sacrée.

Et il faudrait renoncer à cette culture ?

C'est absurde...

 

De la même façon, on ne devrait pas s'offusquer de voir des crèches installées dans des lieux publics : ce sont là des symboles de paix, de fraternité et d'unité.

La plupart des musulmans ne sont pas eux-mêmes choqués par ces crèches.

Symbole de tolérance, d'amour, d'espoir : c'est bien là tout ce que représente une crèche...

 

Ces mots sont-ils devenus obscènes ? Ces symboles n'ont-ils plus de sens ?

Assez de terrorisme autour du principe de laïcité !

Il est des valeurs essentielles qu'il convient de préserver !

Il convient aussi de ne pas renier notre culture, de l'expliquer, d'en montrer la richesse et la diversité.

Oui, notre culture est empreinte de 2000 ans de christianisme : faut-il en avoir honte ?

Faudrait-il renoncer à la musique religieuse, occulter l'art sacré, cacher les églises ?

Tout cela n'a plus de sens si la laïcité invite à censurer tout ce qui constitue notre culture.

On peut alors parler d'un véritable extrémisme qui ne correspond plus du tout à la définition de la laïcité.

Comment pourrait-on renier les valeurs véhiculées par la tradition chrétienne qui nous ont été transmises par nos aïeux, des valeurs spirituelles, morales, culturelles ?

 

 

 

 

 

 

 

 

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19 juillet 2017 3 19 /07 /juillet /2017 11:07
En Algérie, vive le bikini !

 

 

Des Algériennes se mobilisent en faveur du bikini, afin que les femmes aient le choix de leur tenue, à la plage.

 

C'est "l’opération maillot de bain", à Annaba. Le mouvement né sur internet convie les habitantes de la ville à revêtir leur maillot de bain à la plage. 

 

Belle initiative pour défendre la liberté et l'émancipation des femmes...

De nombreuses femmes ont répondu à cet appel.

Mais les résistances sont vives : des hommes se sont mis à encourager des milliers d'internautes à prendre en photo toute femme aperçue en maillot de bain. Une tenue qu'ils jugent "représentative de l'Occident" et contraire aux normes islamiques. 

 

Aussitôt des commentaires haineux et injurieux ont été postés à l'encontre de ces femmes : "Où sont vos pères ?!", "Allez vous rhabiller", "Filles faciles"... 

 

Une campagne a même été lancée pour contrecarrer l'opération maillot de bain, avec ce commentaire : "Je me baigne avec mon hijab, je laisse la nudité aux animaux."

 

On le voit : il reste beaucoup à faire pour changer les mentalités et la référence aux pères est lourde de significations.

 

Les femmes doivent encore lutter pour combattre des préjugés d'un autre âge...

Ces codes vestimentaires appartiennent à un autre temps, un temps où la femme était asservie et soumise aux hommes, à l' autorité d'un père, d'un frère, d'un mari...

 

Les femmes ne peuvent être, ainsi, contraintes dans des carcans vestimentaires religieux qui les empêchent de profiter librement d'un simple bain de mer.


Le burkini est indubitablement une entrave à la liberté des femmes.

 

On ne peut qu'encourager de telles initiatives venues des femmes et souligner leur courage : leur résistance est une preuve de détermination et de volonté contre l'asservissement qu'on veut leur imposer.

Elles sont déjà plus de 3000 femmes à avoir rejoint ce mouvement d'émancipation...

Il faut souhaiter que ce mouvement prenne de l'ampleur et permette aux femmes de s'épanouir à la plage.

Il faut souhaiter que ces baignades républicaines fassent de plus en plus d'adeptes, pour la défense de la liberté des femmes...

D'ailleurs, le mouvement né à Annaba se propage dans tout le pays.

 

La lutte contre l'obscurantisme ne fait que commencer : elle sera âpre et difficile pour ces femmes qui subissent nombre de menaces et d'intimidations.

Pouvoir profiter librement du soleil en été sur une plage, c'est un droit élémentaire : les femmes ne sauraient en être privées.

 

 

 

 

 

 

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10 avril 2017 1 10 /04 /avril /2017 07:30
Une guerre de civilisations : encore deux attentats contre des églises coptes en Egypte


 

 

 

44 morts, de nombreux blessés : deux églises coptes ont été la cible d'attentats, lors de la fête des Rameaux, ce dimanche 9 avril, en Egypte.

 

 Ces attentats à la bombe se multiplient dans ce pays : il y a quatre mois, une attaque avait fait une trentaine de morts dans une église copte du Caire. Une visite du pape François étant prévue les 28 et 29 avril en Égypte, la branche locale du groupe djihadiste État islamique a appelé à tuer des chrétiens.

 

Il s'agit d'éliminer des croyants, de cibler des victimes innocentes.

Du sang versé, des corps mutilés dans des églises, des massacres.

 

Des attentats sont perpétrés partout, avec une volonté d'atteindre la communauté chrétienne, mais aussi l'occident et ses valeurs.

Des attentats à Paris, Nice, à Berlin, à Londres, Stockholm : n'est-on pas face à une guerre de civilisations ?

 

La "civilisation" islamique de Daesh se dit "puritaine", elle combat nos musiques, nos moeurs, notre façon de vivre libérée...

Elle combat notre religion chrétienne et ses adeptes.

 

Il est temps d'en prendre conscience, de faire face à cette réalité :  l'Islam radical doit être combattu avec la plus grande fermeté sur notre sol et partout. 

 

Michel Houellebecq, dans son roman, Soumission, imagine l'avènement d'un régime islamiste en France : une mise en garde, peut-être, c'est ainsi qu'on peut l'interpréter...

Même si le narrateur se soumet et accepte d'adhérer et de se convertir à la religion musulmane, Houellebecq nous fait percevoir le sort réservé aux femmes.

Réduites à l'état d'objets de plaisir ou de servantes dociles, les femmes sont condamnées et réduites au silence, elles s'effacent de l'espace public.

Elles deviennent des ombres, cachées sous les vêtements qui les couvrent.

 

Daesh vise nos libertés, nos églises, notre mode de vie libertaire, nos arts, notre musique, tout ce qui fonde notre civilisation.

 

Le faux "puritanisme" de Daesh s'oppose à nos sociétés permissives : la liberté est, pour nous, une valeur essentielle, comme l'est l'émancipation des femmes.

 

Nous aimons l'esprit critique, une certaine liberté de ton dans les idées, nous défendons cette liberté.

 

Daesh sème la terreur et refuse toutes les autres religions : intolérance, sectarisme, refus d'admettre les différences.

 

En France, on s'en souvient, une église de Saint-Étienne-du-Rouvray, près de Rouen avait été investie par deux assaillants, se revendiquant de Daesh, ils avaient égorgé un prêtre de 84 ans et blessé grièvement une autre personne.

 

Ces djihadistes agissent au nom de la religion : au nom de quelle religion ?


Celle de la haine, de la fureur, de l'horreur ?

Une "religion"qui n'en plus une et qui, sous prétexte de pudeur et de pureté, commet les pires atrocités.


 

 

 

 

 

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22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 11:50
Tartuffe, une pièce politique...

 

 

 


Dans Tartuffe, Molière aborde un thème éminemment politique : en mettant en scène un faux dévot, il évoque une religion dévoyée.

 

Or, le pouvoir religieux et le pouvoir politique étaient étroitement associés au 17 ème siècle : le roi était censé détenir son pouvoir de Dieu. On connaît tous cette expression qui définit le régime politique en place : une monarchie de droit divin...

 

Tartuffe symbolise l'hypocrisie religieuse qui sert de masque pour toutes sortes de turpitudes : il s'introduit dans la maison d'un riche bourgeois, Orgon qui, subjugué par la foi affichée du personnage, le recueille, l'héberge, lui accorde toute sa confiance...

 

Mais Tartuffe sème la discorde dans la famille d'Orgon : la plupart des personnages ont perçu le jeu hypocrite du faux dévot, à l'exception d'Orgon et de sa mère, Mme Pernelle...

Orgon aveuglé va jusqu'à vouloir marier sa propre fille à Tartuffe : toute sa famille s'insurge contre ce projet, d'autant plus absurde que Marianne aime un jeune homme, Valère.

 

On peut imaginer le scandale qu'a suscité cette pièce de théâtre à l'époque de Louis XIV.

Evoquer le thème religieux, mettre en scène un faux dévot, mettre en cause la sincérité de certains hommes d'église, c'était là un outrage à la religion et à la majesté du prince.

Evoquer la religion sur une scène de théâtre, dans une comédie qui prête à rire, c'était aller à l'encontre des autorités religieuses...

Ainsi, la pièce a été longtemps interdite, puis remaniée et enfin autorisée, après 5 années de censure totale.

 

Le message de Molière est multiple : il dénonce l'hypocrisie, mais aussi le fanatisme religieux qui conduit aux pires excès, Tartuffe est l'image d'un fanatique qui sous couvert des rigueurs de la religion, avance masqué et peut ainsi commettre les pires méfaits : il n'hésite pas à tenter de séduire la femme de son hôte : Elmire.

 

Il n'hésite pas à trahir Orgon, celui-là même qui l'a recueilli sous son toit : il livre aux autorités une cassette compromettante et Orgon est menacé d'être emprisonné.

 

Molière fustige, aussi, l'aveuglement d'Orgon, son manque de lucidité : à aucun moment, il n'a su voir les manoeuvres de Tartuffe.

 

On retrouve dans cette pièce un thème récurrent dans l'oeuvre de Molière : la condamnation de la fausseté, la fausse religion, derrière laquelle se cache le personnage de Tartuffe... Molière a dénoncé aussi, maintes fois, la fausse médecine, la fausse science...

 

Molière, le sincère a, sans cesse, lutté contre la fausseté, l'hypocrisie, le mensonge.

 

On comprend toutes les résonances de cette pièce à notre époque : le fanatisme religieux renaît, et il se cache encore sous des apparences trompeuses, il conduit encore aux pires abominations.

 

L'hypocrisie règne dans le monde politique : que de belles promesses nous sont faites lors des campagnes électorales ! Le nom même du personnage a donné lieu à une antonomase : on parle d'un tartuffe quand on veut évoquer un hypocrite...

 

Souvent, la lucidité nous fait défaut et nous sommes manipulés par les médias, la publicité...

 

Ainsi, cette comédie, comme la plupart des oeuvres du 17 ème siècle a une valeur universelle : elle nous met en garde contre tous les fanatismes, tous les excès de la religion, 

 

Elle nous montre l'importance de la clairvoyance, une qualité essentielle pour Molière.

 

Elle nous révèle que le fanatisme est fondé sur une imposture.

Ainsi, Molière élève la comédie à une ambition politique : en s'attaquant à la fausse dévotion, il dénonce le parti tout puissant des dévots : la comédie devient une affaire d'état.

 

Tartuffe est bien une pièce politique qui garde encore toute son actualité : les tartuffes sont nombreux de nos jours, ils envahissent le monde politique, ils sévissent dans les plus hautes sphères de la religion.

 

 

 

Un extrait : Orgon raconte sa première rencontre avec Tartuffe... acte I scène 6

 


Orgon
Ah ! si vous aviez vu comme j’en fis rencontre,
Vous auriez pris pour lui l’amitié que je montre.
Chaque jour à l’église il venait, d’un air doux,
Tout vis-à-vis de moi se mettre à deux genoux.
Il attirait les yeux de l’assemblée entière   
Par l’ardeur dont au ciel il poussait sa prière ;
Il faisait des soupirs, de grands élancements,
Et baisait humblement la terre à tous moments :
Et, lorsque je sortais, il me devançait vite
Pour m’aller, à la porte, offrir de l’eau bénite.
Instruit par son garçon, qui dans tout l’imitait,
Et de son indigence, et de ce qu’il était,
Je lui faisais des dons ; mais, avec modestie,
Il me voulait toujours en rendre une partie.
C’est trop, me disait-il, c’est trop de la moitié.
Je ne mérite pas de vous faire pitié.
Et, quand je refusais de le vouloir reprendre,
Aux pauvres, à mes yeux, il allait le répandre.
Enfin le ciel chez moi me le fit retirer,
Et depuis ce temps-là tout semble y prospérer.
Je vois qu’il reprend tout, et qu’à ma femme même
Il prend, pour mon honneur, un intérêt extrême ;
Il m’avertit des gens qui lui font les yeux doux,
Et plus que moi six fois il s’en montre jaloux.
Mais vous ne croiriez point jusqu’où monte son zèle :
Il s’impute à péché la moindre bagatelle ;
Un rien presque suffit pour le scandaliser,
Jusque-là qu’il se vint l’autre jour accuser
D’avoir pris une puce en faisant sa prière,
Et de l’avoir tuée avec trop de colère.


Cléante
Parbleu, vous êtes fou, mon frère, que je crois.
Avec de tels discours, vous moquez-vous de moi ?
Et que prétendez-vous ? Que tout ce badinage…


 

 

 

 

La première scène de la pièce : Madame Pernelle en colère adresse des reproches à tous les membres de la famille.

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6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 12:46
Balade en short...

 

 

 

Dimanche...  un temps estival sur le sud : une occasion de profiter d'un soleil généreux, en ce début du mois de septembre.

Il fait très chaud, je m'habille légèrement pour sortir : un short, un caraco, et me voilà partie pour une balade en liberté dans le parc de la ville.

 

En chemin, je pense à toutes ces femmes corsetées, sous leur voile, carapaçonnées sous des tissus couvrants, habillées de pied en cap : comment supporter la chaleur avec de tels attirails ?

Je prends conscience, plus encore, du carcan que représentent ces vêtements religieux qui emprisonnent la femme, lui interdisent tout simplement de profiter du soleil, en pleine liberté.

Je réalise toute la chance que j'ai de profiter de cette liberté.

Je me dis que j'ai le bonheur de vivre dans un pays libre où la femme n'est pas contrainte de se soumettre à des préceptes religieux.

 

Et je me dis qu'il faut dénoncer toutes ces prisons religieuses dans lesquelles on enferme les femmes, je me dis que de tels diktats sont insupportables. 

Au nom de toutes ces femmes privées du simple bonheur de se promener sans contraintes, je me dis que nous devons les soutenir et les aider dans leur combat pour la liberté.

Je pense à ce témoignage que j'ai reçu sur mon blog, à la suite de l'article "Bikini et burkini" : . Je travaille avec des jeunes filles françaises et musulmanes et elles subissent de leur famille et de leur environnement (voisins, connaissances) des pressions morales et physiques pour rentrer à fond dans la religion pour l'honneur familial et n'être pas considérées comme des putes ou des traitres."

 

Comment, dans ce cas, pourrait-on parler de choix ? 

Face à de telles pressions, les jeunes filles se retrouvent prises au piège d'une religion qui les condamne à la soumission, l'enfermement...

 

Bien évidemment, l'homme, lui, n'est pas soumis à ces contraintes vestimentaires et il impose, pourtant, ce carcan aux femmes.

 

Quand je vois des musulmanes revêtues de ces longs voiles, de ces tenues qui couvrent bras et jambes, en plein été, je me dis qu'elles sont victimes de traditions d'un autre âge, du poids d'une religion qui accorde tous les droits aux hommes et qui leur interdit un épanouissement dans la vie de tous les jours.

 

Dans notre pays, en France, cela me paraît intolérable.

Les femmes ont lutté, pendant des siècles, pour leur liberté et leur émancipation : on ne peut admettre de tels reculs et de telles régressions.

Notre société ne peut pas vivre dans un refus et un déni de cette réalité : certaines musulmanes vivent sous une contrainte religieuse et sociale inadmissible.

Je me dis, aussi, que la religion, la vraie n'a pas besoin de ces signes vestimentaires particulièrement visibles et ostentatoires : la religion se vit comme une conviction intime et personnelle.

La religion doit apporter un bonheur, un épanouissement, elle ne peut être un emprisonnement perpétuel.

Transpirer sous un voile, en plein été, ce doit être un calvaire : impossible d'éprouver le simple plaisir de marcher sous ces vêtements couvrants...

 

 

 

 

Photos : rosemar

 

Balade en short...
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