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23 mai 2022 1 23 /05 /mai /2022 11:35
La détresse d'une mère d'un marin russe disparu...

 

Elle se prénomme Olessia. "Son fils a disparu dans le naufrage du Moskva, le vaisseau amiral probablement coulé par une frappe ukrainienne et les autorités russes lui demandent de se taire.

"Tout se passe comme prévu", c'est ce que répète jour après jour le Kremlin, depuis le début de l'offensive russe en Ukraine. Les pertes sont minimisées, sinon dissimulées et les victoires ukrainiennes n'existent pas dans la version officielle.

 

Le naufrage du Moskva est une parfaite illustration de cette désinformation russe.

Le 14 avril, le vaisseau amiral a coulé en Mer Noire, endommagé, affirme Moscou, par une explosion à bord. Or, un enregistrement vient confirmer les affirmations ukrainiennes et américaines selon lesquelles le bateau a été en réalité touché par des missiles ukrainiens.

Les Russes, que l'on entend appeler à l'aide dans cet enregistrement, mentionnent bien deux impacts.

 

En ce qui concerne le bilan, tout a été fait pour étouffer la vérité.

La mère d'un jeune marin de 20 ans est sans nouvelles de son fils et veut savoir ce qu'il est devenu. On imagine sa douleur, sa rancoeur et son désespoir.

"Il m'est impossible d'exprimer ce que je ressens, je suis dévastée par une douleur permanente.", déclare cette mère.

Olessia est inconsolable, cette mère de famille est sans nouvelles de son fils de 20 ans, Nikita qui faisait partie de l'équipage du Moskva, fleuron de la marine russe.

 

Recruté avant le début de la guerre, il a donné signe de vie, une fois, en mer au large des côtes ukrainiennes.

"Le 13 mars dernier, il m'a appelée avec le téléphone de quelqu'un d'autre, il m'a dit : "Maman, c'est moi, ne me pose pas de question, je n'ai rien le droit de te dire, j'ai reçu l'interdiction de parler et de dire où nous sommes et ce que nous faisons." Puis il a raccroché, et un mois plus tard, nous avons eu connaissance de la tragédie.

 

Depuis, la mère de ce soldat se démène pour connaître la vérité, elle fait partie d'un collectif de familles de marins disparus, très actif sur les réseaux sociaux.

En vain, jusqu'à la semaine dernière et une réunion avec les autorités qui laisse entrevoir le pire.

 

"Un jour, on nous a soumis un document et on nous a demandé de le signer. C'était une déclaration préparée à l'avance : je devais reconnaître la mort de mon fils, en échange d'une indemnisation à hauteur de 7 millions de roubles, soit 100 000 euros environ." affirme Olessia.

Une proposition qu'elle refuse catégoriquement de signer. Olessia rejette la version officielle, selon laquelle les 500 membres d'équipage ont été évacués.

 

"Tout le monde ment. Nous sommes toujours à la recherche de nos fils : on ne sait rien de ce qui s'est passé, il ne figure sur aucune liste de disparus. C'est la faute du capitaine du navire et de tous ses supérieurs : ce sont eux les responsables, car ils ont donné les ordres. Ce que je souhaite, c'est que tous les coupables de ce drame soient punis."

Et qui est donc le principal responsable ? Bien qu'elle ne le cite pas, c'est Vladimir Poutine qui a décidé d'envahir un pays souverain et d'attaquer un peuple frère...

 

En l'absence de communication officielle, il est impossible, à ce stade, de chiffrer les pertes réelles, ce qui plonge cette mère de famille dans le désarroi, mais Olessia est déterminée à faire éclater la vérité dans une Russie où les médias sont censurés.

 

Source :

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/journal-de-18h/journal-de-18h00-aurelie-kieffer-du-mardi-17-mai-2022-4137420

 

 

 

 

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9 mai 2022 1 09 /05 /mai /2022 12:59
Le patriarche de Russie au service du Kremlin...

 

La monarchie de droit divin, cela vous dit quelque chose ? Autrefois, jusqu'en 1789, dans notre pays, le pouvoir religieux et le pouvoir politique étaient étroitement associés : le roi était censé détenir son pouvoir de Dieu. 

Un tel régime politique est une monarchie absolue dans laquelle le pouvoir du monarque souverain est légitimé par la volonté de Dieu.

 

Eh bien, en Russie, on retrouve cette association étroite du pouvoir politique et du pouvoir religieux...

"Kirill est le patriarche de Moscou, son influence est considérable en Russie, il a placé l'église orthodoxe au service de l'état, il a fait construire sur les hauteurs de Moscou une immense cathédrale dédiée aux forces armées.

Le patriarche est un soutien fervent du Kremlin, et ses discours nationalistes ressemblent, mot pour mot, à ceux de Vladimir Poutine...

"Il a appelé les croyants à protéger la patrie par la prière et non pas par la participation aux protestations sociales...", écrit Tatiana Kastouéva-Jean.

"Nous avons réussi à préserver notre indépendance, notre liberté, sur la base de toute notre histoire militaire, nous avons construit le développement de notre pays." déclare le patriarche.

A la tête de l'église russe depuis 2009, Kirill en a fait une véritable machine politico-religieuse.

 

Un jour, il a même déclaré que Vladimir Poutine était un miracle de Dieu !

" En 2015, les avions et les missiles allant vers la Syrie sont bénis par les prêtres", écrit encore Tatiana Kastouéva-Jean.

Mais le parcours du patriarche, âgé de 75 ans, n'est pas sans zones d'ombre : fils de religieux, il est soupçonné de liens étroits avec le KGB.

Attiré par le pouvoir et le luxe, sa fortune personnelle est secrète, estimée à plusieurs milliards d'euros.

Une photo officielle du patriarche est passée à la postérité : la montre du patriarche qui vaut 30 000 dollars a été effacée mais le photo-montage fait rire parce que le reflet de la montre est encore bien visible sur la table.

 

Le Kremlin finance généreusement la hiérarchie orthodoxe : il construit partout des églises.

En contrepartie, les religieux soutiennent fidèlement le gouvernement...

L'argent encore et toujours au coeur du pouvoir !

 

"Kirill est en première ligne des personnalités suspectes de compromission, de complaisance : il bénit des armes, il bénit l'agression russe en Ukraine, parce qu'il est un peu pieds et poings liés à Poutine...", commente un prêtre catholique, spécialiste de l'orthodoxie.

 

Il y a quelques voix dissonantes dans l'église orthodoxe russe depuis le début de la guerre, mais rares sont les prêtres ou les fidèles à être critiques devant les télévisions occidentales.

 

Une femme russe témoigne : "Mon père vit en Ukraine, et ça m'inquiète beaucoup, ça me fait encore plus de mal de me demander : à quoi pensent ces gens là haut, au pouvoir?"

En Ukraine, des dizaines d'églises ont été bombardées, elle ne sont même pas des refuges sûrs pour les civils..."

 

Source :

 

https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/manifestations-en-ukraine/russie-kirill-le-patriarche-de-l-eglise-orthodoxe-soutient-fidelement-le-kremlin_5126047.html

 

 

 

 

Le patriarche de Russie au service du Kremlin...
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2 mai 2022 1 02 /05 /mai /2022 11:32
Plus jamais ça !

 

Un témoignage bouleversant, celui de Jacqueline Fleury-Marié sur le plateau de l'émission La Grande Librairie...

Entrée dans la résistance dès l'âge de 17 ans, elle était chargée notamment de diffuser un journal clandestin Défense de la France. Elle a aussi rejoint son frère au réseau de renseignements Mithridate.

Ses parents étaient eux aussi entrés dans la résistance.

La famille a été dénoncée et arrêtée : en juillet 1944,  la Gestapo arrive un matin chez eux, le père, la mère et la jeune fille sont emmenés à la prison de Fresnes, mis à l'isolement.

Un choc pour la jeune fille : elle ne retrouvera sa mère qu'à Ravensbrück.

Elle raconte aussi les interrogatoires qu'elle a subis : la baignoire dans laquelle on la plongeait et replongeait sans arrêt.

Une jeune fille de 17 ans, en prison, interrogée par la Gestapo, torturée, séparée de son père et de sa mère !

Comment tenir, comment résister ?

Elle écrit dans son livre Résistante que la poésie l'a aidée à tenir : seule dans sa cellule, elle aimait réciter des fables de La Fontaine, ce qui l'aidait à retrouver des moments qu'elle avait vécus, des gens qu'elle pouvait comparer aux animaux de La Fontaine. Elle aimait aussi chanter, car elle avait fait partie d'une chorale... Elle gardait précieusement tous ces souvenirs...

Mais plus terrible, encore, est le récit de sa déportation :

"On nous emmène dans des bus parisiens aux environs de Paris où nous attend un train de wagons à bestiaux dans lesquels nous allons être entassés... c'est un grand convoi, nous sommes 600 femmes, c'est le convoi du 15 août 1944, il y a plus du double d'hommes...

Des wagons à bestiaux, pour moi, une gamine de 17 ans, c'est encore possible de monter dans ces wagons, mais les femmes qui sont âgées, passées par les mains de la Gestapo, marquées par ce que nous avons subi, il faut aider ces femmes à monter dans le wagon.

A l'intérieur, nous sommes entassées, nous ne pouvons pas nous asseoir toutes ensemble. Nous avons droit à une espèce de grand seau avec de l'eau, et un autre seau pour nos besoins.

Vous pouvez imaginer que le seau d'eau va être vidé très très vite. J'ai un souvenir d'avoir eu soif tout le temps et cela va continuer en déportation.

Notre voyage a duré 7 jours et 7 nuits, il y aura un changement de train à Nanteuil- Saâcy , car des résistants ont fait sauter un pont sur la Marne.

Nous sommes enfermées dans un tunnel où le train était arrivé, enfermées dans ce tunnel pendant des heures... on respirait difficilement, Et à ce moment, une de mes compagnes a chanté l'Ave Maria de Schubert et croyantes et non croyantes, nous avons écouté avec un sentiment très particulier que je ne saurais dire...

A un moment, le train va démarrer en marche arrière, nous allons sortir de ce tunnel, on va nous faire sortir de nos wagons avec des coups, des hurlements. Nous sommes sur le bord d'une voie ferrée, on va nous mettre en colonnes, cinq par cinq et nous allons parcourir au moins 6 ou 7 kilomètres avant de nous retrouver devant un passage sur la Marne, un passage en bois, et de l'autre côté de ce passage, un autre train de wagons à bestiaux nous a emmenées à Ravensbrück, nous y arrivons 7 jours, après notre départ de Fresnes...

Nous sommes dans un état second : 7 jours enfermées, ne pouvant pas dormir...

On va nous sortir une à une, avec des coups et nous allons parcourir 6 ou 7 km, nous traversons alors une bourgade, là nous apercevons des rideaux qui se soulèvent derrière les fenêtres, on sent qu'on nous regarde.

Nous arrivons devant un immense portail, et nous allons apprendre que nous sommes à Ravensbrück, grand camp de femmes.

On est dans un état extrêmement douloureux, difficile. Nous arrivons sur une immense place où nous nous écroulons, et là nous voyons deux femmes, elles sont tondues, elles portent des robes, des loques, et elles tirent un long tuyau d'arrosage et comme nous mourons de soif, est-ce que vous pouvez imaginer : 600 femmes qui pensent qu'elles vont boire !

Là, nous voyons ces deux malheureuses arroser la place d'appel, et là nous ne recevons absolument pas d'eau.

Et nous voyons pénétrer dans le camp des êtres bizarres qui nous font peur : ce sont des femmes qui portent ces robes rayées, qui ont un outil sur l'épaule et parmi elles, les Françaises nous ont crié : "Si vous avez un tout petit peu de pain, jetez le nous, car dans peu de temps, vous allez nous ressembler."

Le processus de déshumanisation est en cours dès le premier jour.

Le camp était imprégné d'odeurs de corps qui brûlaient. On était dans la mort, on était entouré de morts.

Tous les matins, on venait ramasser les mortes de la nuit.

A l'arrivée à Ravensbrück, nous avons été transformées en concentrationnaires, c'est à dire qu'on nous a pris le peu que nous avions, nous avons été emmenées dans une baraque qui était la baraque des douches, et là on va nous transformer en concentrationnaires avec des robes rayées, quelque chose qui a été pour moi extrêmement difficile à supporter, nous recevions des espèces de galoches, c'est à dire des semelles de bois, avec derrière un morceau de faux cuir : ce cuir vous rentrait dans la chair. Beaucoup d'entre nous étaient tondues, et ça, essayez de penser ce que c'est pour une femme d'être tondue...

En sortant de cette baraque, j'ai retrouvé ma mère et ça a été quelque chose de très douloureux, car j'espérais, je pensais qu'elle n'était pas du voyage.

Et pour elle, me voir transformée, c était un choc, les chocs se multipliaient. Nous allons alors essayer de survivre côte à côte.

A 4 heures du matin, nous étions réveillées (autant qu'on ait pu dormir un peu) pour être à l'appel, et ces appels vont être mortels : nous avons eu -30 à Ravensbrück, il a fait extrêmement froid, nous étions jetées dehors en colonnes, avec le peu de vêtements que nous avions pour des appels qui duraient souvent très longtemps. Le soir, nous avons même connu un appel qui durait toute la nuit.

Pourtant, je n'ai jamais connu de moments d'amitié et de fraternité aussi forts que dans les camps, face à l'humiliation aux tortures des SS.

Beaucoup de gestes ont permis la survie. J'ai connu le partage, la main tendue.

Nous sommes ensuite astreintes à des travaux : décharger des wagons de charbon 12 heures par jour, alors que nous étions dans un état de déficience totale."

C'est durant les marches de la mort que Jacqueline Fleury-Marié parvient à s'évader...

Voici son récit :

"Ma mère qui avait alors 47 ans seulement était complètement épuisée... pendant ces marches, nous ne recevions aucune nourriture. On ne mangeait que ce qu'on pouvait ramasser sur le bord des routes. Quand vous sucez un peu d'herbe, vous avez moins soif, et partager un brin d'herbe, quelle magnifique solidarité !

Et alors que ma mère ne pouvait vraiment plus marcher (quand on ne pouvait plus marcher, on était abattu), nous étions encadrées de soldats armés qui étaient d'autant plus féroces qu'ils savaient que la guerre était finie pour eux. Nous, nous pensions que jamais nous ne pourrions rentrer en France.

Donc, tant pis ! Tu cueilles un brin d'herbe et tant pis si tu reçois une balle... voilà où on en est.

Maman ne pouvant plus marcher, nous étions avec deux amies, deux soeurs et il n'était pas question de s'évader de la colonne, l'une sans l'autre.

Il a fallu trouver un moment qui nous permette de fuir toutes les quatre. Nous nous sommes réfugiées dans une carrière, et nous nous sommes cachées dans une baraque à outils, où nous allons être découvertes, à l'article de la mort, par des ouvriers français qui venaient pour travailler. C'est ce qui nous a sauvées, car arrivaient, à ce moment là, les troupes de l'Armée Rouge dont j'ai gardé un souvenir horrible."

Question de François Busnel, en fin d'émission :

"Aujourd'hui, quand vous regardez ce qui se passe dans le monde, que ressentez vous ?"

Réponse de Jacqueline Fleury-Marié :

"Ce qui se passe en Ukraine, c'est innommable, c'est la destruction d'un peuple pour un autre. Et en plus, je revois les Russes, tels que je les ai vus, il y a 80 ans, et le monde n'a pas beaucoup changé, ça me fait très peur pour mes enfants, pour mes arrière petits enfants."

 

Plus jamais ça ! Mais, hélas, la guerre en Ukraine nous ramène aux temps de la barbarie...

 

 

Sources :

 

https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/la-grande-librairie-saison-14/3356794-emission-du-mercredi-27-avril-2022.html

 

https://memoiresdesdeportations.org/video/ils-navaient-jamais-vu-des-femmes-dans-un-tel-etat?temoin=356

 

 

 

 

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27 avril 2022 3 27 /04 /avril /2022 08:30
Le risque d'une troisième guerre mondiale...

 

"Le risque d'une troisième guerre mondiale est réel..." L'avertissement du chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov  est tombé quelques heures avant une réunion internationale organisée par les Etats-Unis, en Allemagne, pour évoquer l'envoi d'armes lourdes en Ukraine.

Jusqu'où peut-on soutenir l'Ukraine sans entrer dans le conflit ?

 

Berlin a annoncé la livraison de blindés anti-aériens... Des guépards, des chars allemands spécialisés dans la défense anti-aérienne : une cinquantaine vont être livrés à l'Ukraine, c'est là un tournant majeur dans la politique de Berlin.

 

40 pays ont été réunis à l'initiative des Etats-Unis.

"La réunion d'aujourd'hui montre comment les semaines qui suivent vont être cruciales pour l'Ukraine. Il faut avancer au rythme de la guerre..." a déclaré le ministre de la défense américain, Lloyd Austin.

 

Les Etats-Unis ont déjà livré plus de 3 milliards d'euros d'équipements militaires, la France 100 millions d'euros, l'Allemagne 119 millions d'euros, le Royaume Uni 204 millions d'euros...

Des livraisons massives mais ces pays disent toujours ne pas être en guerre contre la Russie.

Cette implication accrue des Occidentaux aux côtés de l'Ukraine ne suffit toutefois pas à en faire des cobelligérants, selon le droit international. "Vendre ou donner des armes n'est pas un acte de belligérance, rappelle ainsi le juriste Alain Pellet, interrogé par franceinfo. L'Europe a le droit de prendre des contre-mesures licites contre celui qui viole extrêmement gravement le droit international en envahissant un pays voisin."

 

Pourtant, le ministre des Affaires étrangères russe prévient : "Cette stratégie des Occidentaux pourrait mener vers une troisième guerre mondiale."

"Le danger est grave, il est réel, on ne peut pas le sous-estimer.", renchérit Sergueï Lavrov.

 

"Une rhétorique dangereuse et contre productive. Personne ne veut d'une guerre nucléaire : personne ne peut la gagner, tout le monde la perd... " a rétorqué le ministre de la défense américain.

Mais comme l'écrit Harari "Ne sous-estimons jamais la bêtise humaine. Tant sur le plan personnel que collectif, les hommes sont enclins aux activités autodestructrices."

 

Malgré les bombardements russes massifs dans l'est du pays, le camp occidental pense désormais que l'Ukraine peut résister à l'offensive de Moscou, d'où ces livraisons...

 

Et un but affiché ouvertement par les Etats-Unis : affaiblir Vladimir Poutine, le dissuader de recommencer ailleurs...

 

 

 

 

Source :

https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/manifestations-en-ukraine/guerre-en-ukraine-jusqu-ou-les-occidentaux-peuvent-ils-soutenir-le-pays-sans-entrer-dans-le-conflit_5104405.html

 

 

Le risque d'une troisième guerre mondiale...
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25 avril 2022 1 25 /04 /avril /2022 11:10
"90% des Russes sont contre cette guerre !"

 

Il a osé l'affirmer : "90% des Russes sont contre la guerre en Ukraine..." L'oligarque russe Oleg Tinkov, 54 ans, s'est exprimé sur Instagram, en soulignant ne voir “AUCUN bénéficiaire de cette guerre absurde” où “des gens et des soldats innocents meurent.”

Le milliardaire russe Oleg Tinkov fustige une guerre "absurde" en Ukraine.

 

Et ce milliardaire n'a pas mâché ses mots ! Jugez plutôt :

“En se réveillant avec une gueule de bois, les généraux ont compris qu’ils avaient une armée de merde”, a affirmé ce mardi Oleg Tinkov, en ajoutant : “Et comment l’armée peut être bonne si tout le reste dans le pays,  c’est de la merde plongée dans le népotisme et la servilité ?”

"Népotisme, servilité" : des mots très critiques qui fustigent la gouvernance de Vladimir Poutine.

Un pouvoir autoritaire qui fonctionne par la peur, une société où la direction des grandes banques et sociétés d’Etat est plus en plus souvent attribuée aux descendants d’amis de Vladimir Poutine, et des appartements de grand luxe sont à disposition de femmes proches du président. 

 

Un système qui encourage le culte de la personnalité autour du président : "la poutinomanie n'a bien sûr ni la nature, ni l'ampleur du culte de la personnalité à la Staline, mais le culte de Poutine sert avant tout à présenter le président comme un leader sans alternative, dont la sécurité personnelle se confond avec celle de son régime pour prévenir toute contestation", écrit Tatiana Kastouéva-Jean, diplômée de l'Université d'État de Ekaterinbourg, du Master franco-russe en relations internationales...

Et l'oligarque russe lance cette exhortation :

“Cher Occident ‘collectif’, s’il vous plaît, laissez une issue claire à M. Poutine pour qu’il puisse sauver la face et mettre fin à ce massacre. S’il vous plaît, soyez plus rationnels et humanitaires”, a ajouté Oleg Tinkov en anglais dans son message publié sur Instagram.

Il est vrai que Tinkov vit à l'étranger et peut se permettre cette liberté de ton...

 

Ce n'est pas le cas de beaucoup de Russes...

"Dans un système autoritaire, la crainte des représailles empêche les personnes interrogées de dire publiquement la vérité : ainsi, un quart des Russes reconnaît ne pas exprimer ce qu'ils pensent vraiment lors des sondages... La propagande massive des chaînes de télévision publique met constamment en valeur Vladimir Poutine, alors que les opposants sont absents du champ médiatique officiel ou sont présentés comme "des traîtres nationaux" ou des "agents de l'Occident...", écrit encore Tatiana Kastouéva-Jean.

La propagande russe au service d'un dirigeant qui s'apprête à conserver le pouvoir jusqu'à 2036, grâce à une réforme constitutionnelle...

 

Rappelons enfin qu'Oleg Tinkov n’est pas n’importe qui. En 2006, il a fondé la banque Tinkoff qui est rapidement devenue la troisième par la taille en Russie avec 20 millions de clients, et la première émettrice de cartes de crédit dans le pays.

 

 

 

Source :

 

https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/un-monde-d-avance/l-oligarque-russe-oleg-tinkov-denonce-une-guerre-folle-en-ukraine_5067220.html

 

 

 

"90% des Russes sont contre cette guerre !"
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19 avril 2022 2 19 /04 /avril /2022 12:08
Ces mères russes qui ont perdu leurs fils et qui adhèrent au récit de Poutine...

 

Terrifiant ! Elles sont Russes, elles ont perdu leurs fils à la guerre, et les perçoivent comme des héros partis pour combattre le nazisme en Ukraine...

Ce sont des soldats très jeunes, presque des adolescents, ils sont morts en Ukraine, et leurs mères adhèrent totalement au récit de Poutine.

A Louga, en Russie, une de ces mères revient tous les jours sur la tombe de son fils : Nikita avait 20 ans, engagé dans un régiment de cavalerie russe, il est mort au combat près de Karkhiv, fin mars.

20 ans seulement ! Un tout jeune homme envoyé faire la guerre en Ukraine, envoyé à la mort, par la décision d'un seul chef qui détient tous les pouvoirs : Vladimir Poutine.

Comment peut-on envoyer des jeunes gens inexpérimentés faire la guerre ? Quelle abomination !

 

"Comme c'est un tankiste, on nous a d'abord dit que seul son tank avait été dynamité, puis plus tard on a appris que toute l'unité avait été attaquée, il avait de nombreuses blessures..." commente la mère de Nikita.

Son corps a été rapatrié 12 jours plus tard dans un cercueil fermé.

Lors de l'enterrement, un élu de la ville a dit qu'il s'était sacrifié pour combattre les néonazis et les nazis nationalistes.

"Que personne ne dise que ce petit garçon était parti là bas pour assassiner, non ! Il est allé défendre les civils, sauver des enfants cachés dans les caves, pour que tout aille bien pour eux" affirme la grand-mère de Nikita.

"Vous le considérez comme un héros ?", interroge un journaliste.

"Oui, bien sûr, évidemment !"

 

Malgré la disparition de leur enfant, cette famille soutient "l'opération spéciale", comme la qualifie toujours le pouvoir.

 

Dans ce cimetière, le tankiste de 20 ans n'est pas un cas isolé. Il y a quelques jours, un autre soldat a été enterré ici et d'autres soldats devraient bientôt être enterrés dans les prochains jours, les prochaines semaines.

Dans le cimetière de Louga, tout est prêt pour recevoir ces dépouilles de soldats.

Dans cette petite ville de 30 000 habitants à 700 km de Moscou, on est fier de son armée. Quelques voitures affichent des aides de soutien.

Le grand-père de Nikita avait combattu les nazis d'Hitler, le petit fils voulait faire pareil.

 

La mère montre alors les photos de son fils enfant, puis en habit militaire.

Cette famille n'a aucun doute sur le comportement de son fils à la guerre exemplaire ni sur celui des autres unités russes.

"Tout ça, comme Boutcha, ce sont des mises en scène pour salir nos garçons qui ont une mission absolument différente, vous voyez. Si nous avions voulu écraser réellement l'Ukraine, nous l'aurions fait. Mais, là, avec nos opérations très précises sur le terrain, on perd tous nos enfants.", se désole la grand-mère.

Un discours largement partagé en Russie...

 

La mère de Nikita, elle, ne souhaite plus s'exprimer, il lui reste un seul garçon de 15 ans : l'adolescent voulait s'engager plus tard dans l'armée. Cette fois, elle a refusé.

 

Selon l’OTAN, les pertes de l'armée russe seraient estimées entre 7 000 et 15 000 hommes.

. En Russie, la guerre et la mort font partie du récit national, révisé par la propagande. 

 

Par ailleurs, on ne sait pas ce que sont devenus les marins du Moskva, le bateau russe coulé par un missile ukrainien. Sur le Facebook russe, le père d'un marin ne cache pas sa colère, depuis jeudi, il est sans nouvelles de son fils...

"Il a été signalé que tout l'équipage avait été évacué. C'est un mensonge ! Mensonge flagrant et cynique !

Un autre sous-officier de marine serait manquant, selon son épouse.

Interrogée par un journaliste indépendant russe, une mère dont le fils a survécu affirme qu'il y aurait une quarantaine de morts.

Difficile de connaître la vérité : la propagande et la désinformation encore et toujours...

 

 

 

Sources :

https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/manifestations-en-ukraine/guerre-en-ukraine-en-russie-enterrer-les-soldats-sur-fond-de-propagande_5086054.html

 

 

https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/manifestations-en-ukraine/guerre-en-ukraine-le-mystere-autour-du-sauvetage-de-l-equipage-du-navire-russe-moksva_5089099.html

 

 

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15 avril 2022 5 15 /04 /avril /2022 11:29
Le contrôle des médias en Russie : mensonges et falsifications...

 

La journaliste Manon Loizeau dénonce la fermeture de plusieurs médias russes par le pouvoir en pleine guerre en Ukraine ainsi que les arrestations massives de citoyens russes qui manifestent contre le conflit.

Des médias muselés, une presse sous contrôle, des manifestations interdites, des opposants arrêtés... n'est-ce pas là la marque d'un pouvoir dictatorial qui impose sa vision du conflit en Ukraine ?

 

"Une opération de pacification"... telle est la version officielle, sauf que les Ukrainiens sont sous le feu des bombes et des missiles russes.

 Selon Manon Loizeau, ce conflit n'est pas considéré comme une guerre par le pouvoir russe ni par les autres médias : "Tous les médias officiels russes disent que c'est une opération de pacification et de défense des citoyens russes dans la région de Donetsk" souligne-t-elle. Elle poursuit : "Quand ce sont des images de Karkhiv (la deuxième plus grande ville ukrainienne) qui sont montrées, les Russes disent que ce sont les Ukrainiens eux-mêmes qui bombardent. Ce sont des théories du complot totales, que croient beaucoup de Russes". 

Eh oui, comment échapper à ces mensonges quand on vit en Russie ?

 

Tous les médias indépendants ont été fermés : le pluralisme n'existe plus en Russie, sous Poutine.

"La Russie est loin d'être un modèle en matière de liberté des médias : les espaces d'information totalement contrôlés coexistent avec des îlots de liberté d'expression de plus en plus sous contrainte." écrit Tatiana Kastouéva-Jean, spécialiste des politique intérieure et étrangère russes.

 

Elle précise : "Les médias publics épousent fidèlement la ligne officielle du Kremlin sans émettre la moindre critique. Certains médias sont même connus pour la fabrication et la diffusion de contenus déformés, voire falsifiés, en vue d'alimenter et de crédibiliser le discours officiel. La mainmise sur les chaînes de télévision date de la fermeture de NTV en 2001, dont l'éclairage critique à l'égard de l'armée fédérale lors de la deuxième guerre de Tchétchénie avait mécontenté le Kremlin."


Ainsi, Le Moskva, un fleuron de la Marine russe, vaisseau amiral en mer Noire, a coulé ce jeudi 14 avril après avoir été touché par un missile ukrainien selon Kiev, mais selon Moscou, le naufrage de ce lance-missiles serait dû à un incendie accidentel. 

"Moscou" a coulé, atteint par des missiles ukrainiens, voilà une vérité que les Russes ne sont pas prêts à entendre...

Deux versions des faits... où l'on voit que les médias russes se livrent à une falsification de la réalité.

 

C'est ce que l'on appelle des médias aux ordres.

Les Russes ne sont donc que très mal informés des réalités de leur pays.

C'est ainsi que Vladimir Poutine impose sa politique musclée à un pays de 140 millions d'habitants.

Comment les Russes pourraient-ils se révolter ? Très peu de personnes sont prêtes à descendre dans la rue pour défier Poutine...

 

Source :

 

https://www.francebleu.fr/infos/international/les-russes-ne-voient-plus-d-avenir-possible-raconte-la-journaliste-manon-loizeau-sur-france-bleu-1646399247

 

 

 

 

Le contrôle des médias en Russie : mensonges et falsifications...
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11 avril 2022 1 11 /04 /avril /2022 11:46
Le "déraillement" de Poutine et ses tragiques conséquences...

 

Philippe de Lara, philosophe et maître de conférence en science politique à Paris nous explique la situation en Ukraine et évoque le basculement de Poutine :

"Le moment du déraillement de Poutine, c'est Poutine 1 :  il était encore premier ministre de Eltsine, avant même qu'il ne devienne président, la façon dont il a déclenché, par des moyens peu glorieux, la deuxième guerre de Tchétchénie, et dont il l'a conduite, était un geste de rupture avec l'Occident.

 

L'une des meilleures oeuvres sur la Russie post-soviétique, c'est celle d'Anna  Politkovskaïa qui a beaucoup enquêté sur la guerre de Tchétchénie, elle a été assassinée en 2006 pour ça et quand on lit ses ouvrages, on comprend l'importance qu'elle donne à cette guerre (bien sûr, il y a un aspect humanitaire de dénonciation, de l'horreur, des massacres) elle a compris  et expliqué alors que la Russie changeait de nature...

(Dans la Russie du début des années 2000, Anna Politkovskaïa était devenue dangereuse pour le pouvoir car elle était la journaliste qui défiait le Président, Vladimir Poutine… Une insoumise qu’on ne pouvait pas arrêter avec des menaces. Travailleuse infatigable, elle était persuadée que le courage civique individuel finirait par avoir raison de l’État despotique. Connue dans le monde entier pour ses enquêtes sur les exactions russes en Tchétchénie, les violences dans l’armée, la corruption et les mensonges des responsables politiques, elle était devenue la figure de l’opposition médiatique… Elle le paiera de sa vie.

La Tchétchénie ! Le déshonneur de la Russie !

Voici la monstrueuse et cynique déclaration de Poutine,  à la mort de cette journaliste, en 2006 : "Oui, il est vrai que cette journaliste avait pour habitude de critiquer les autorité fédérales, je pense donc qu'elle devait savoir que ce qu'elle écrivait ne pouvait pas rester sans conséquences , mais je vous rassure : son degré d'influence sur la vie politique en Russie était minime."

Une intervention du Président russe qui est à l'image de sa politique en matière de liberté de la presse et des Droits de l'homme.)

Le règne de la peur et une menace à peine voilée envers tous les opposants au régime...

Gare à ceux qui se permettent de critiquer Poutine !

On voit comment fonctionne ce régime : les opposants sont rapidement jugulés, réduits au silence, emprisonnés, voire assassinés, s'ils sont trop gênants.

Une femme, une journaliste assassinée par les sbires de Poutine. Quelle honte !)

 

Anna Politkovskaïa a compris que la page plus chaotique que démocratique de 91 à 99, donc les années Eltsine, était tournée de manière très profonde, et en particulier du fait de l'assentiment d'une partie importante de la population russe à la guerre de Tchétchénie et au comportement de l'armée russe en dépit du fait que tout le monde savait que la seconde guerre de Tchétchénie a été déclenchée en riposte à des attentats terroristes tchétchènes qui, en fait, étaient organisés par le FSB. (Service fédéral de sécurité de la fédération de Russie.)

Les Américains ont été divisés et fluctuants, d'une façon générale... Georges Bush sénior était très réservé sur l'indépendance de l'Ukraine, il était obsédé par le problème de la dissémination des armes nucléaires. Il y avait un arsenal nucléaire soviétique très important en Ukraine et l'indépendance de l'Ukraine s'est faite rapidement, malgré les Etats-Unis.

Un mot sur l'adhésion de l'Ukraine à l'OTAN : l'indépendance a été plébiscitée en Ukraine mais pas du tout la perspective d'adhérer à l'OTAN... nous avons des sondages au moins depuis l'an 2000 et même avant sur l'opinion vis à vis des différentes possibilités d'insertion dans la communauté internationale, neutralité, adhésion à l'union eurasiatique proposée par la Russie, adhésion à l'Union Européenne, adhésion à l'OTAN... l'opinion fluctue : au début, les Ukrainiens sont très prudents, ils ont été très vite pour l'Union Européenne, c'était un peu le symbole de l'Etat de Droit : "nous méritons de vivre comme des Européens", disaient-ils, et en revanche, il y avait alors une grande hostilité à l'adhésion à l'OTAN.

Et la courbe s'est inversée d'un coup en 2014, après l'annexion de la Crimée et l'intervention russe dans le Donbass.

L'histoire de l'Ukraine, c'est l'histoire d'une bascule permanente entre l'Est et l'Ouest : il y a eu des périodes où une partie des élites s'est trouvée tout à fait à l'aise dans l'Empire russe, il y avait beaucoup d'Ukrainiens dans les élites politiques et intellectuelles, mais le paradoxe de l'Ukraine, c'est que en dépit du fait que c'est une nation très étendue entre l'Est et l'Ouest, aux portes de l'Europe, le sentiment de l'unité de cette nation a été très précoce : il y a un sentiment national en particulier lié à la langue.

Il existe une grande littérature de langue ukrainienne, dès le début du 19ème siècle.

Il 'y a pas vraiment de séparatisme dans le Donbass, il y a bien des différences entre l'Est et l'Ouest mais il est inexact de dire que l'Ouest est ukrainophone, que l'Est est russophone parce que la répartition des langues maternelles ressemble plus à une carte en peau de léopard. Il y a beaucoup de russophones à l'Ouest, les grandes villes de l'Est et du Sud sont russophones mais pas forcément les campagnes alentour.

Les soi-disant séparatistes du Donbass en 2014 sont en réalité des Russes, des supplétifs russes qui ont lancé le mouvement séparatiste... jusqu'à 2014, il n'y a jamais eu de séparatisme dans l'est de l'Ukraine, pas plus qu'à Odessa.

Quels sont les buts de guerre de Poutine ?

Une volonté de revenir aux frontières anciennes de l'Empire ?

Hubert Védrine, quant à lui, rapporte ces propos de Poutine :

Poutine disait : Celui qui ne regrette pas l'Union Soviétique n'a pas de coeur, mais celui qui veut la reconstituer n'a pas de tête.", tout le problème étant : est-ce qu'il n'a pas oublié la deuxième partie du propos ?

Et Védrine donne aussi son avis sur l'armée russe : une armée de soudards non préparée, pas encadrée, il n'y a pas de sous-officiers, les soldats sont parfois ivres, ils se livrent à des abominations : dans certains chars, on trouve des uniformes de parade, on leur avait expliqué que c'étaient des manoeuvres et qu'ils seraient bien accueillis !

 

 

 

Sources :

 

https://www.franceculture.fr/emissions/repliques/que-nous-apprend-la-guerre-en-ukraine

 

 

 

https://www.franceinter.fr/emissions/affaires-sensibles/affaires-sensibles-du-mercredi-02-mars-2022

 

 

 

Le "déraillement" de Poutine et ses tragiques conséquences...
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8 avril 2022 5 08 /04 /avril /2022 11:33
Guerre en Ukraine : un photographe témoigne...

 

Il s'appelle Peter Turnley, il est photo-reporter, il revient d'Ukraine : il a photographié ces hommes, ces femmes, ces enfants forcés de quitter leur pays... direction : la Pologne.

Peter est franco-américain, il veut témoigner de la vie de son époque... il a commencé à faire des photos, dès l'âge de 16 ans.

Voici son témoignage :

"J'ai un certain credo : j'envisage tous les gens de la terre comme des frères et des soeurs. J'ai l'impression que la terre entière, c'est ma famille.

Quand je suis arrivé en Ukraine, je n'étais pas prêt à voir ce que j'ai vu là-bas : c'est la plus grande crise, le plus grand exode depuis la deuxième guerre mondiale.

Imaginez qu'on perd tout de son existence : sa maison, son compte en banque, on perd ses amis, on perd son voisinage et on va vers l'inconnu. Et aujourd'hui, en Ukraine, il s'agit de presque 4 millions de personnes qui ont perdu ce sens de l'existence."

Sur une des photos prises par Turnley, on voit une femme avec peu d'affaires, une valise et toute sa vie qui vient de basculer...

 

Turnley a travaillé essentiellement dans deux endroits, à la frontière polonaise, puis en Ukraine à Lviv : "les scènes à la gare de Lviv étaient vraiment incroyables, il y avait des milliers de gens qui sont passés pour avoir les dernières places dans un wagon de train et j'ai eu un voyage qui a été assez extraordinaire...

Je suis rentré d'Ukraine dans un wagon débordant de réfugiés, et tous ces gens dans ce wagon avaient tout perdu.

Je regardais leur visage, les yeux glacés de beaucoup de femmes, ce qui me frappait, c'étaient les âges différents de ces gens qui venaient de tout perdre...

 

Souvent, je voyais de vieilles dames, (ma propre mère est morte il y a deux ans, elle avait 92 ans, elle était invalide, mais elle était entourée d'amour à la fin de sa vie.)

Et je voyais ces vieilles dames qui, tout d'un coup, avaient tout perdu, toute relation, elles n'avaient aucune idée de savoir ce qui les attendait et probablement, elles savaient qu'elles allaient mourir dans un endroit qui n'étaient pas leur propre patrie.

 

Lors de ce reportage en Ukraine, j'étais en voyage dans ce wagon, j'étais debout, il n'y avait pas un centimètre libre dans ce wagon de train et quand nous sommes arrivés en Pologne, on a attendu deux heures que les garde frontières ouvrent les portes de chaque wagon, mon wagon était le dernier, et quand ils ont ouvert la porte, en descendant du train, j'ai eu un sentiment énorme de culpabilité...

Moi, je savais que je pouvais partir vers une vie que je connais, vers la sécurité, vers quelque chose qui n'est pas étranger pour moi, et je savais que tous ces gens que je laissais derrière n'avaient pas du tout cette chance.

La seule chose qui restait à ces gens, c'était l'amour."

 

En 2000, Peter Turnley était allé en Russie en reportage : il rencontre alors Vladimir Poutine, et il réalise un cliché de son visage.

"J'étais envoyé à Moscou, c'était tout au début du régime de Poutine, il venait d'arriver au pouvoir, et je témoigne à travers mes photos aussi des grands leaders, des dirigeants de pays et c'était tout naturel que le monde entier s'intéresse à cet homme, Poutine.

Quand je photographie les gens, j'aime beaucoup les regarder dans les yeux, et je regardais dans les yeux de Poutine sur la Place Rouge, et si vous me demandez ce que j'ai vu, je n'aurai pas une réponse facile, ce que j'ai vu, c'est une énigme."

"Dans ce regard, il y a tellement de choses : il y a de l'inquiétude, la sûreté, la fragilité, il y a tout ce que l'on peut imaginer de cet homme.", commente le journaliste qui interroge Turnley.

 

De fait, ce cliché date de 22 ans : physiquement, Poutine a changé : il avait à l'époque un visage émacié, des poches sous les yeux, un front marqué de rides soucieuses.

Il a aujourd'hui un visage plein, épanoui...  disparues les poches sous les yeux...

D'aucuns disent qu'il a eu recours à la chirurgie esthétique. De mauvaises langues ? Il est vrai que son visage apparaît figé, sans ride, malgré son âge.

 Vladimir Poutine joue la carte de la virilité, mais en même temps, il y a, dans ce visage botoxé, avec des joues rondes, une forme de féminité...

 

 

Source :

 

https://www.france.tv/france-2/20h30-le-dimanche/3165903-emission-du-dimanche-27-mars-2022.html

 

 

 

Guerre en Ukraine : un photographe témoigne...
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6 avril 2022 3 06 /04 /avril /2022 08:24
Quand la religion justifie et cautionne la guerre...

 

Nous savons les guerres saintes d'autrefois, nous connaissons les croisades menées par la chrétienté, des guerres impitoyables lancées au nom de la religion.. "guerres saintes, guerres sournoises qui n'osent pas dire leur nom...", comme l'écrit et le chante si bien Brassens.

Et voilà que surgissent de nouvelles guerres qui se parent encore d'auréoles de sainteté...

Nous avons vu et nous voyons encore les horreurs du Djihad, des meurtres, des attentats indignes qui touchent le plus souvent des innocents.

Et voici "la guerre sainte" de Poutine ! Une guerre qui n'ose pas dire son nom ! puisque Poutine refuse lui-même d'employer le mot "guerre" pour son "opération spéciale"...

Que c'est joliment dit ! Une façon d'édulcorer les réalités terrifiantes de la guerre : les bombes qui fusent, les bombes qui tuent des civils, des hommes, des femmes, des enfants, des vieillards... des destructions massives, des populations qui se terrent, qui fuient, qui connaissent la terreur, le froid, la faim, le dénuement et le désespoir...

Et la religion vient même cautionner cette guerre impitoyable contre un pays souverain...

Le religion se fait encore une fois complice des horreurs de la guerre.

 

Le Patriarche Kirill est le patron de l’église orthodoxe à Moscou. Avec son homologue de Constantinople (autrement dit Istanbul), c’est la plus haute autorité de cette branche de la chrétienté.

Il a notamment déclaré : "Nous sommes engagés dans une lutte qui n’a pas une signification physique mais métaphysique..."

Scandaleux ! Est-ce que les bombes et les missiles qui tombent sur les Ukrainiens sont métaphysiques ?

 

Kirill, 75 ans, est d'ailleurs un personnage controversé et l’un des plus fidèles soutiens de Vladimir Poutine, qui s’est progressivement rapproché du clergé.

Kirill est lui-même un ancien espion du KGB dans les années 70, et il est connu pour son amour des voitures et des montres de luxe.

Un homme d'église ancien espion du KGB ! Quelle référence ! Un homme d'église qui a une passion pour le luxe ! Quelle abnégation !

Un oligarque en soutane... qui fait penser à un mafieux ! Une religion à la dérive, encore !

 

Ce qu’il proclame dans ses sermons, depuis le début de la guerre, est proprement scandaleux !

"Kirill ne se contente pas de justifier l’agression russe, qu’il présente comme une défense de la région du Donbass agressé. Il ne se contente pas d’affirmer avec Poutine que les nations russe, ukrainienne et biélorusse n’en forment qu’une.

 Il parle d’une lutte du Bien contre le Mal. Où le Bien, c’est la Russie. Et le Mal, c’est l’Occident décadent.

 

L’Occident qui s’incarne, selon lui, dans les "gay prides". Un sujet emblématique pour lui.

Pour Kirill, ce qui se joue dans cette guerre, c’est "le Salut de l’Homme, sa place à côté de Dieu le Sauveur"."

Pas moins !

Quelle prétention ! Quel manichéisme ! Qui peut y croire ?

Un fanatisme religieux qui revient en force... une folie dévastatrice qui s'empare du monde...

 

"​​​​​​Le fanatisme est à la superstition ce que le transport est à la fièvre, ce que la rage est à la colère. Celui qui a des extases, des visions, qui prend des songes pour des réalités, et ses imaginations pour des prophéties, est un enthousiaste ; celui qui soutient sa folie par le meurtre est un fanatique..." Voltaire

 

Source :

https://www.franceinter.fr/emissions/le-monde-d-apres/le-monde-d-apres-de-jean-marc-four-du-lundi-14-mars-2022

 

Quand la religion justifie et cautionne la guerre...
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