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18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 09:23
Dix mots pour évoquer la toile...

 

 

 

Dans le cadre de la semaine de la langue française et de la Francophonie...


Une sélection de mots pour évoquer la toile, et l'univers informatique : au fond, c'est dans l'air du temps...

La révolution numérique est en marche : elle nous apporte son lot de bonheurs, de découvertes, de surprises plus ou moins bonnes.

 

Comment évoquer le monde du web sans parler d'avatar, de canular, d'émoticônes, et tant d'autres termes expressifs ?

 

Nous possédons presque tous, désormais, un avatar, une représentation virtuelle de notre personnalité, une image symbolique à laquelle nous tenons...

 

"L'avatar" a traversé les siècles pour désigner cette réalité moderne de la toile : ce mot venu du sanskrit désignait dans la religion hindouiste les différentes incarnations du dieu Vishnou. La voyelle "a" redondante signe un mot issu de cette ancienne langue indienne...

"Mahabharata, maharaja, avatar", ces mots résonnent d'un passé prestigieux... et de sonorités exotiques.

 

Autrefois, les "pirates" écumaient les mers, dorénavant ils naviguent sur la toile pour piéger des internautes... Voilà encore un mot ancien puisqu'il remonte au latin "pirata"et au grec "peiratès"..., issu lui-même d'un verbe "peiro" : essayer, se mesurer avec, tenter la fortune.

Le "pirate" évoque tant d'images : des aventures, des combats, des trésors dérobés et enfouis sur quelque île mystérieuse...

On songe à ce roman de Stevenson, L'île au trésor, au personnage de Long John Silver, le pirate à la jambe de bois, aux mille ruses et à la fausse bonhomie.

Il faut se méfier des pirates ! Ils peuvent être machiavéliques...

Ce mot en arrive à désigner une réalité très moderne liée au monde informatique...

 

Le "nomade" permet un échange sans que l'on soit relié à une installation fixe. Encore un mot ancien, venu d'un terme grec "nomas", désignant celui qui change de pâturage, qui erre à la façon des troupeaux.

Voilà un terme agricole intégré dans l'univers de la toile !

 

On connaît, aussi, le "fureteur" qui consulte des articles sur internet, qui cherche des informations. Et une fois de plus, la modernité rejoint le passé : le mot fureteur est formé sur le nom de cet animal "le furet", qui court sans arrêt, lui-même venu du latin "fur", le voleur...

 

Comment ne pas évoquer aussi le "nuage" informatique ? Issu du latin "nubes", la nuée, ce mot nous fait encore remonter vers les origines de notre langue, et vers un passé mythique.

 

On peut, dorénavant, "héberger" un site internet, l'accueillir sur son ordinateur, comme on le faisait pour un hôte, en vertu des lois de l'hospitalité, sacrées pour les grecs de l'antiquité...

 

On peut enregistrer aussi des "favoris", des sites, des adresses internet qui ont notre faveur : encore un mot que nous devons à la langue latine : "favor" signifie la faveur...

 

Et même un mot comme "l'émoticône", qui paraît si moderne, nous vient de l'antiquité... Issu du latin "motio, l'action d'émouvoir, le trouble" et du grec "eikon, l'image", ce terme qui désigne ces petits visages stylisés, accompagnant des messages, nous est maintenant familier..

 

Quant au "canular" de plus en plus fréquent sur la toile, il doit être rapproché du terme "canule" par allusion au caractère désagréable des lavements administrés avec cet objet. Le canular vise à tromper, à abuser les internautes qui se laissent souvent piéger. Et nous devons la canule à un radical latin "canna" : la canne, le tuyau...

 

Il reste un mot qui semble bien éloigné des langues anciennes "télésnober" : si le deuxième élément du mot est anglais, le premier remonte à la langue grecque : "télé" signifie "loin"...

"Télésnober", c'est le fait d' ignorer des personnes physiquement présentes en consultant son téléphone ou un autre appareil mobile : une pratique de plus en plus courante...
 

 

Dans ce voyage à travers la toile, comment ne pas être étonné de tout ce vocabulaire si ancien qui désigne des réalités de notre monde ?

Ainsi, les mots de la toile prennent racine dans des langues anciennes, le latin, le grec, le sanskrit qui sont le substrat de la langue française...


 


  

 
 

http://www.dismoidixmots.culture.fr/ressources/depliant-2016-2017

 

http://www.dismoidixmots.culture.fr/ressources/thematique-dix-mots-2016-2017

Dix mots pour évoquer la toile...
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18 mars 2016 5 18 /03 /mars /2016 12:15
Au clair de la lumerotte...

 

 

 

Pour le plaisir des mots : semaine de la langue française et de la francophonie...

 

La lumerotte, petite lumière, nous séduit de son charme enfantin et discret...

Elle est discrète, la lumerotte, elle est légère, fragile, evanescente et somptueuse, en même temps.

 

Labiale "m", gutturale "r", dentales "t" nous font voir de petits éclats lumineux, des brillances feutrées et douces...

Les différentes voyelles font danser le mot :"u, e, o", comme pour évoquer une flamme qui bascule...

 

Voilà un mot dont le lointain ancêtre latin "lumen" a été recomposé avec un suffixe de diminutif.

"Lucide, luciole, translucide, élucider, lumière, lumineux, illumination, allumette, luminescence, lumignon", de nombreux mots français sont issus de ce radical...

 

Ainsi, les mots anciens reprennent vie, grâce à des préfixes ou des suffixes.

Lumières vacillantes de bougies dans des citrouilles dorées, les lumerottes créent des ambiances pleines d'harmonies et de douceurs, des ombres légères, des éclats hésitants et tremblants.

 

La lumerotte est soeur de la "loupiote", bien connue chez nous, et qui désigne, aussi, une petite lampe, ou une bougie.

 

Que cette lumière est légère et subtile !

Des lunes douces, tamisées se profilent à l'intérieur de cette lampe improvisée.

 

Des couleurs orangées de flammes rousses se libèrent.... Le décor, tout autour, devient dansant et vacillant, la lumière s'anime, virevolte, s'épanouit...

 

La lumerotte fournit un semblant de jour qui apaise : petite, ondoyante, elle si discrète !

La lumerotte rassure, apporte un réconfort à celui qui redoute la pénombre...

 

Juste assez de lumière, pour ne pas être effrayé par l'obscurité de la nuit !

 

Juste assez de couleurs, pour s'éclairer de douces lueurs d'automne !

 

Juste assez d'éclats, pour que l'enfant s'endorme dans une demi-obscurité, teintée de lueurs rouges !

 

Ce mot, venu de Belgique, nous charme par sa composition, son étrangeté, son mystère...

 

 

 

 

Dans le cadre de la semaine de la langue française... Dis-moi dix mots...

 

Ressources :

 

http://www.dailymotion.com/video/x38e1hk

 

http://www.dismoidixmots.culture.fr/ressources/la-thematique-et-les-dix-mots

 

Au clair de la lumerotte...
Au clair de la lumerotte...
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15 mars 2016 2 15 /03 /mars /2016 14:14
Le fada de l'Estaque...

 

 

 

 

Pour qui connaît un peu Marseille, ses habitants et le parler de Provence, le mot "fada" est souvent utilisé, dans le sud, comme un terme à la fois familier et sympathique...

 

Ce mot peut, d'ailleurs, à Marseille ou à l'Estaque, se décliner sous une autre forme : "espèce de fadasse !", pourra-t-on dire, parfois, à quelqu'un qui raconte des bêtises ou des fadaises.

 

Ces termes "fada, fadasse" méritent, comme il se doit, d'être prononcés avec l'accent du cru, en insistant sur la voyelle "a", pour donner encore plus de poids à ces insultes plutôt bienveillantes et même chaleureuses.

 

On peut, aussi, entendre, à Marseille, cette atténuation affectueuse : "fadoli !", et dans ce cas, l'accent se fait plus insistant sur la voyelle "o"...

 

Le "fada", c'est le simple d'esprit, le fou... mais, comme il est d'usage à Marseille, d'exagérer et d'amplifier nombre d'expressions, il ne faut pas vraiment prendre le mot au pied de la lettre.

Il s'agit, en fait, souvent d' une appellation pleine de tendresse...

 

Ce terme pourrait, ainsi provenir du latin "fata", "la déesse de la destinée", à rapprocher du nom de la "fée", issu d'un verbe "for, fari" : "dire, parler", la fée étant celle qui dit et dicte les destins par avance.

 

Le "fada" peut donc désigner celui qui est touché par les fées, à l'origine, un simple d'esprit, celui qui regarde le monde avec un oeil naïf et nouveau.

 

Cette relation avec les fées rend le "fada" plutôt aimable, attirant et sympathique.

 

Le fada sort du lot, il se démarque, c'est un original... "la maison du fada", c'est ainsi que les marseillais ont appelé l'immeuble construit par Le Corbusier, entre 1947 et 1952, un immeuble futuriste, pour l'époque.

 

Les Marseillais et les provençaux cultivent, ainsi, un langage savoureux, des expressions souvent amusantes et pleines de charmes.

"Feignasse, frotadou, balèse, ballèti, bancaou, barjaquer, bisquer, main de pâti, malon", autant de mots savoureux à découvrir...

 

Des mots qui sont, pour moi, des mots d'enfance puisque je suis née à Marseille, plus précisément à l'Estaque, petit port de pêche, si pittoresque, connu de tous.

 

Des mots simples, des mots de tous les jours...

 

Des mots qui rayonnent, qui évoquent le soleil, la lumière, la mer, ses embruns, ses couleurs changeantes et moirées, des paysages du sud, des collines parfumées de thym, des senteurs marines toutes proches...

 

Des mots qui chantent la langue du sud, qui nous font entendre des accents chaleureux, pleins de bonhommie et de tendresse...

 

 

Dans le cadre de la semaine de la langue française...

Ressource :

 

http://dai.ly/x38e1e5

 

 

Le lexique du parler marseillais :

 

http://parler.marseillais.overblog.com/lexique-du-parler-marseillais

 

 

 

 

Photos : Christelle

L'Estaque

L'Estaque

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14 mars 2016 1 14 /03 /mars /2016 12:26
Des mots pour la France d'ici et d'ailleurs...

 
 

 

Célébrons ce "verbe" français, cette verve unique, ce bonheur de dire et d'exprimer mille nuances...

Célébrons ce parler pittoresque et ancien, ce bel héritage qui est le nôtre.

 

La langue française s'éparpille : présente dans de nombreux pays, elle est riche de mots si divers et si variés !

Il est étonnant de découvrir des mots insolites, nouveaux, qui nous font voyager, et nous montrent toute l'expressivité de notre langue.

 

Ce vocabulaire nous intrigue par certains particularismes et nous invite à la découverte de terres inconnues...

Notre langue devient, ainsi, objet d'émerveillements et de surprises : on y perçoit des trésors d'inventivité, grâce à différentes dérivations.

 

On est sensible, alors, à un certain exotisme dans ces mots qui nous étonnent, qui évoquent, parfois, des pays et des climats lointains...

 

La LUMEROTTE, venue du nord, nous éclaire de sa petite lueur et de ses sonorités qui dansent : le suffixe de diminutif lui confère un charme enfantin et mystérieux. Labiale, gutturale, dentale s'égrènent, dans ce joli mot empli de poésie !

 

La DRACHE recouvre, soudain, l'horizon de ses averses sombres, elle tombe avec violence, comme le suggère la brièveté du mot : aussitôt, on voit le plat pays, la Belgique, traversée de pluies brusques et ombrageuses ... nous voilà passés de la lumière à l'ombre !

 

La RISTRETTE nous emmène vers la Suisse : elle se pare, elle aussi, d'un suffixe de diminutif pour évoquer "un petit noir" bien serré... Le mot nous réveille de ses sonorités éclatantes de gutturale, sifflante, dentale "t" réitérée.

 

De quoi être VIGOUSSE, dès le petit matin ! Adjectif expressif, s'il en est, puisqu'il évoque une grande vigueur, grâce à ses sonorités variées de fricative, de gutturale et de sifflante...

 

La POUDRERIE, quant à elle, nous fait voyager vers des pays de neige, aux hivers rigoureux, des pays où le vent emporte des embruns glacés et les accumule sur le sol : la poudrerie évoque, bien sûr, également, la poudreuse, jolis mots volatiles et aériens, jolis mots qui font virevolter une neige blanche de lys !

 

Le DÉPANNEUR pourra, si la neige est trop dense, permettre, aussi, quelques courses rapides, près de chez soi...

 

Des pays froids et glacés, nous voilà, soudainement, transportés en TAP-TAP vers Haïti : le mot, sous forme d'onomatopée, évoque  et suggère, à merveille, les cahots de ces autocars, inconfortables mais pleins d'animation et de vie, qui sillonnent ce pays.

 

Au Congo, les CHAMPAGNÉS nous feront, peut être, bon accueil, et nous pourrons, ainsi, côtoyer des gens d'influence qui boivent du Champagne, dans des flûtes effilées... Mais ces champagnés nous rappellent un personnage tristement célèbre, nommé CHAMPAGNE, croqué par La Bruyère... type même de l'égoïste, se perdant dans "les douces fumées d'un vin d'Avenay ou de Sillery"...

 

Et la France, elle-même, nous réserve bien des surprises : dans le sud, du côté de Marseille et de l'Estaque, on pourra rencontrer un FADA pittoresque, au parler enjoué, un de ces fous sympathiques qui racontent des histoires à dormir debout, avec un bagou incroyable.

 

A l'inverse, on évitera les CHAFOUINS, ces hypocrites, à tête de chat et de fouine, ces êtres ambigus et malsains qui se cachent sous des apparences trompeuses. Le mot, avec sa chuintante initiale, sa fricative "f", pleines de délicatesse et de charmes, semble mimer la feinte douceur de ces personnages : ne nous y fions pas et détournons-nous de ces vils hypocrites. Ils nous rappellent "ces chattemites", que dénonce Rabelais, ces personnes fourbes, rusées, ces "cagots", ces "cafards" que l'humaniste poursuit de sa vindicte et qu'il fustige souvent... Fuyons les chattemites et les chafouins !

 

Nous aurons fait, alors, un tour amusant et pittoresque de la Francophonie !

 

 

 

 

 

Dans le cadre de la semaine de la langue française : dix mots pour le dire...

 

Ressources :

 

 

http://dai.ly/x38e1e5

 

http://www.dismoidixmots.culture.fr/ressources/depliant

 

http://www.dismoidixmots.culture.fr/ressources/la-thematique-et-les-dix-mots

 

Le texte de La Bruyère :

 

https://fr.wikisource.org/wiki/Page:La_Bruy%C3%A8re_-_Les_Caract%C3%A8res,_Flammarion,_1880.djvu/145

 

Des mots pour la France d'ici et d'ailleurs...
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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 17:55
Le mot "bravo" nous fait voyager vers l'Italie...

Ce mot qui se termine par la voyelle "-o" trahit bien, ainsi, ses origines italiennes : il semble, en l'écoutant, qu'on entende des "oh" et des "ah" d'admiration.... Issu de l'italien "bravo" qui signifie "beau", il peut se décliner en "bravissimo", superlatif qui marque l'excellence, des qualités d'exception.

On songe à d'autres mots aux sonorités italiennes : "buongiorno, prego, piccolo, meno, un gelato, quattro..."

Ces mots chantent l'accent du sud, ils font naître des paysages ensoleillés, des dédales de ruelles, des îles, le passé somptueux de ce pays, des temples, des statues, des monuments illustres... la Méditerranée, le déroulement infini des vagues...

Le mot "bravo", lui, est associé à des spectacles qui suscitent l'enthousiasme : théâtre, opéras, danse.

L'art mérite souvent des "bravos" : les applaudissements sont nourris, à la fin d'une représentation théâtrale, ils réunissent les spectateurs dans une sorte de ferveur et de communion.

L'art qui est une ouverture sur le monde, un épanouissement, une découverte, sans cesse renouvelée nous offre un émerveillement, une émotion qui peut se traduire par des "bravos !"

L'art, source de réflexion, de culture peut bien susciter cette ferveur.

L'enthousiasme des spectateurs se traduit par des battements de mains ou par des cris de joie, "bravo !"

D'ailleurs, le mot "bravo" s'accompagne, souvent, d'un point d'exclamation qui souligne l'admiration...

Un tel mot nous séduit par ses origines italiennes, ses sonorités éclatantes de voyelles qui constituent autant d'interjections, ses consonnes contrastées étonnantes labiale, gutturale, fricative.

Un tel mot nous fait voyager vers l'Italie, pays de lumières, à la langue qui chante...

Ce mot nous fait entendre des airs italiens célèbres : "o sole mio !" "Funiculi, funicula."

Il nous montre que la langue française a su intégrer des vocables d'autres pays, elle a su se montrer accueillante, elle s'est enrichie de nombreux emprunts, de maints amalgames...

La langue française s'est unie à bien d'autres langues !

Comment ne pas être sensible à ces sonorités différentes, ces mots qui viennent d'ailleurs, qui ont un air exotique et mystérieux ?

Le terme "bravo" nous fait entrevoir, aussi, un certaine façon de vivre, une envie de s'exprimer propre aux italiens, une forme d'exubérance...

Ce mot nous révèle toute une culture, un bonheur de dire, de montrer ses sentiments.

Ce nom nous éblouit de ses sonorités, de son sens élogieux, de l'admiration qu'il traduit...





Cet article a été rédigé dans le cadre de la semaine de la langue française...

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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 16:54
Bonheurs et déboires de l'amalgame...


Probablement issu de l'arabe, "āmal al-jamāa", "le fait de rassembler ou mélanger", ce mot "amalgame" était utilisé, anciennement, par les alchimistes...

Selon une autre étymologie plus fantaisiste, ce nom pourrait venir de deux mots grecs, "ama", "ensemble", et "gamein", "marier, unir"... On connaît la signification de ce substantif : le terme "amalgame" désigne une association d'éléments, une combinaison inattendue.

Ce mot réunit à trois reprises, la même voyelle "a" et par deux fois, la consonne "m", créant, ainsi, une forme d'harmonie qui correspond au sens même du mot.

Amalgamer, c'est unir et fondre ensemble des choses différentes, mélanger pour amener la confusion ou obtenir une fusion.

La langue française a ainsi amalgamé de nombreux mots de langue étrangère : elle s'est montrée accueillante, elle a intégré des termes venus d'ailleurs, de nombreux mots espagnols, italiens, africains, suédois.

Les mots peuvent, aussi, fusionner entre eux et former de nouveaux vocables : c'est d'ailleurs le cas du mot amalgame, issu, peut-être, de deux termes grecs.

Les mots valises consistent, eux, à réunir deux mots distincts : "adulescent" formé à partir des deux termes, "adulte et adolescent", "alicament", contraction des noms, "aliment et médicament", "franglais" qui est composé des deux adjectifs "français et anglais", "informatique", fusion de "information" et "automatique."

Ces amalgames désignent des réalités modernes, nouvelles, et sont, parfois, péjoratifs : "l'adulescent" évoque un adulte qui se comporte comme un adolescent...
Le terme "alicament" est communément utilisé pour désigner les produits alimentaires industriels transformés, modifiés avec ajouts d'éléments divers qui sont supposés avoir des vertus de prévention, voire curatives pour la santé : baisse supposée du cholestérol, par exemple !

Le "franglais" consiste à mélanger le français et l'anglais, c'est un usage excessif et immodéré de la langue anglaise.

Ces amalgames ne sont pas des plus heureux !

D'autres sont plus sympathiques : "foultitude, bistroquet, burkini, manuscrit..."
Les amalgames permettent de jouer avec les mots, de créer de nouveaux termes, parfois amusants, pleins d'humour...

Mais, au fond, tout texte est un amalgame et un assemblage de mots divers, créant des effets variés : poésie, rires, peur, inquiétude, angoisse, amusement, compassion, interrogations, admiration !

Des mots contrastés peuvent être associés dans des oxymores : "cette obscure clarté, cette douce violence, le soleil noir de la mélancolie".

Certains termes peuvent former des redondances à valeur d'insistance : "un lac calme et paisible".

Les sonorités des mots créent également des amalgames, des harmonies ou des dissonances, effets de douceur ou de violence.

L’amalgame, dans un sens figuré , consiste, aussi, à associer abusivement des personnes, des groupes ou des idées. Dans ce cas, l'amalgame a pour but de dénigrer, de rabaisser ou de critiquer.

Ce genre d'amalgame est malhonnête et doit être combattu vigoureusement !



Cet article a été écrit dans le cadre de la semaine de la langue française.

Bonheurs et déboires de l'amalgame...
Bonheurs et déboires de l'amalgame...
Bonheurs et déboires de l'amalgame...
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17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 17:39
Tout le monde connaît ce mot "wiki"...



Tout le monde, de nos jours, connaît et utilise ce mot "wiki", mais qui en maîtrise la signification et le sens premier ?

Curieusement, ce terme vient de l’hawaïen, "wikiwiki" qui signifie "rapide", par l'intermédiaire de l'anglais.
Ce nom "wiki" désigne un site web dynamique, dont les pages peuvent être modifiées par tout visiteur.
Un wiki permet de diffuser rapidement des informations, mais aussi de les structurer, pour permettre de naviguer aisément sur internet.

Le terme "wikipédia" est formé à partir d'un deuxième radical grec, "paideia", l'éducation, lui même dérivé du nom "παις" "pais" qui désigne l'enfant, en grec...

Quelques mots français comportent ce radical, "pédagogie, pédagogue, pédiatre"...

Le nom "wiki" présente, lui, des sonorités plus exotiques, avec ses consonnes rares le "w" et le "k"...

On perçoit, là, une curieuse association, un étonnant amalgame de deux mots d'origines très différentes, et lointaines... Voilà un mot valise qui surprend dans sa composition hétéroclite !

Du "wiki", au "kiwi", on perçoit, aussi, comme une connivence... mots originaires d'Océanie, ils se ressemblent, tout en désignant des réalités très différentes.

En tout cas, ces mots résonnent de sonorités lointaines, redoublées dans le terme "wikiwiki" : avec ce vocable, on a l'impression de voyager à l'autre bout du monde !

Ainsi, on voit que les mots se diffusent, se répandent, s'échangent, se combinent de manière étonnante !

En utilisant ce mot, nous parlons tous hawaïen, sans le savoir....

Comment ne pas être étonné par le mot originel redoublé : "wikiwiki" ? On perçoit, dans cette répétition, comme une urgence, celle de la rapidité, justement, sens originel et premier de ce mot.

Mot exotique et expressif, le "wiki" correspond bien à notre monde voué à une communication rapide : il faut espérer, cependant, qu'elle ne reste pas superficielle...

Le "wiki" nous est, souvent, précieux pour trouver rapidement de nombreuses informations sur n'importe quel sujet. Le "wiki" aide bien des étudiants, des enseignants dans leurs recherches.

Mais la rapidité n'est pas forcément signe de qualité : le wiki peut, aussi, comporter des erreurs ! Eh, oui, le wiki n'est pas toujours fiable.... Il faut rester vigilant, et quand on a un doute, vérifier sur d'autres sources : dictionnaires, livres qui restent des références.

On trouve, ainsi, parfois, sur wikipédia, des étymologies fantaisistes qui peuvent être séduisantes mais qui ne sont pas conformes à l'origine du mot !

Oui, le wiki va très vite, mais n'est pas toujours performant !!

Cet article a été écrit dans le cadre de la semaine de la langue française...

Tout le monde connaît ce mot "wiki"...
Tout le monde connaît ce mot "wiki"...
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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 17:39
Semaine de la langue française : alors, là, Brighelli exagère...

Jean-Paul Brighelli publie, ce lundi 16 Mars, sur le journal Le Point, un article intitulé : "Une journée de la langue française, sans français : un exploit !"

Son article commence ainsi :"Alors que la semaine de la langue française pourrait être l'occasion d'exalter ce qui nous fait grands, le ministère ( de l'Education nationale) célèbre la diversité..."

Eh oui, la langue française est faite d'apports divers et c'est, aussi, ce qui en fait la richesse !
Le grec, le latin sont les supports de notre langue, mais de nombreux mots français viennent de l'italien , de l'espagnol, de l'arabe et ils font désormais partie de notre vocabulaire !

On ne va tout de même pas les renier, ces mots, d'autant qu'ils sont, pour la plupart, utilisés couramment par chacun d'entre nous...
"Amalgame, bravo, cibler, grigri, inuit, kermesse, kitsch, sérendipité, wiki, zénitude".

En dehors du "kitsch" dont on parle dans le domaine de l'art et du mobilier, en dehors du mot "sérendipité" qui est d'un emploi exceptionnel, les autres termes sont d'un usage assez fréquent et parfaitement intégrés à notre langue !

Là, il semble que Jean-Paul Brighelli veuille aller chercher des poux au ministère de l'Education nationale !

La langue française est belle, aussi, parce qu'elle est riche de tous ces "amalgames" !
Pourquoi ne pas l'admettre ?

Le mot "bravo" est magnifique, dans ses échos et ses sonorités ! Pourquoi ne faudait-il pas le célébrer, puisqu'il fait partie de notre patrimoine ?

"L'amalgame" est un mot très évocateur, avec sa voyelle "a" réitérée...

Célébrer la langue française, c'est, aussi, la célébrer telle qu'elle est, avec tous ces mots venus d'ailleurs et ils sont nombreux !!

Jean-Paul Brighelli dénonce, souvent, avec raison, certaines dérives de l'Education nationale : le mépris de la discipline, l'abandon de l'orthographe, la réforme des rythmes scolaires, mais, dans cet article, on perçoit une mauvaise foi évidente et dangereuse.

Le français n'est pas une langue immuable et monolithique, heureusement ! Pourquoi ne pas reconnaître tous ces apports précieux venus d'autres langues ?

Faudrait-il supprimer le mot "bravo" ? Ce serait dommage, d'autant que ce mot comporte un certain exotisme dans ses sonorités !

De plus, le titre de l'article est lui-même une aberration : "Une journée de la langue française, sans français !"
Qui oserait dire que les mots cités ne sont pas français ? C'est absurde !
Issus de langues étrangères, ils sont devenus des termes français...

Tant de mots français viennent d'ailleurs ! Ils sont aussi essentiels que les autres !
Ces mots sont la substance de notre langue : comment pourrait-on dire qu'ils ne sont pas français ??
Ce n'est pas l'origine des mots qui importe ! Ces mots ont été acceptés et admis dans l'usage... ce qui co
mpte, c'est la maîtrise de la langue française.


L'article du journal Le Point :

http://www.lepoint.fr/invites-du-point/jean-paul-brighelli/une-journee-de-la-langue-francaise-sans-francais-un-exploit-16-03-2015-1913082_1886.php

Semaine de la langue française : alors, là, Brighelli exagère...
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15 mars 2015 7 15 /03 /mars /2015 15:54
Ces mots qui nous parlent d'autres pays...


Mots venus d'ailleurs, mots venus du passé, du présent, beaucoup de termes nous font voyager, dans le temps et l'espace !

Mots aux sonorités exotiques et lointaines, mots devenus pourtant si familiers, si proches !

Ces mots nous parlent d'autres pays, d'autres langues, d'autres coutumes, ils semblent, parfois, empreints d' un air lointain, mystérieux, étrange !

"Kermesse, inuit, zénitude, kitsch, wiki" : on perçoit bien, là, des sonorités venues d'ailleurs, parfois d'un autre monde !

Ces mots aux sons de gutturales "k", de voyelles répétées, à la consonne "z" nous paraissent étranges, étonnants...

Ils retentissent d'échos qui ne sont pas les nôtres !

Mots flamand, esquimau, oriental, allemand, hawaien, ils nous font espérer des découvertes, d'autres paysages.... ! On voyage tout autour de la terre, on découvre de nouveaux horizons !

N'est-ce pas la magie de la langue française ? Faite de grec, de latin, de langues diverses, elle nous fait goûter à toutes les cultures, nous les fait apprécier !

La diversité du monde s'offre à nous : la langue française, si riche d'apports, nous transporte vers d'autres paysages....

Il suffit de prononcer ce mot "kermesse" pour voir se déployer les plaines du Nord, les Pays bas, la Belgique, des fêtes paroissiales colorées, mascarades, danses, éclats de rires...

Le nom "inuit" nous glace de ses voyelles aiguës, et nous emmène vers le grand nord, au pays des esquimaux, des igloos, de la nuit polaire...

Avec "la zénitude" on voyage vers le pays du soleil levant, le Japon, sa culture raffinée et mystérieuse, ses estampes aux teintes d'azur.

Le "kitsch " est né en Bavière, et représente une forme de mauvais goût que l'on trouve, parfois, dans l'art moderne... Les sonorités du mot parlent, aussi, de ses origines...

Le "wiki" nous vient des îles hawaiennes : souverain sur le web, ce terme moderne, associé à l'idée de rapidité, puisqu'il signifie "vite !", s'est imposé dans quelques mots : wikipédia, wiktionnaire,

D'autres mots encore, "amalgame, bravo, cibler, grigri, sérendipité" nous étonnent et nous emportent vers différents univers...

L'alchimie et ses "amalgames",ses vieux grimoires, ses mystères, nous subjuguent, et nous entraînent dans un monde plein d'étrangeté... Origine grecque ou arabe ? Le mot revêt, ainsi, encore plus de mystères...

"Bravo !", avec ce mot, on entend toute l'Italie chanter ! "O sole mio" ! Et, on applaudit ces airs italiens, aux sonorités éclatantes !

Le verbe "cibler" nous paraît plus familier : il nous vient de Suisse, et semble, par là même, moins exotique.

Le "grigri" aux sons redoublés évoque l'Afrique, un petit objet magique, aux ingrédients secrets...

La "sérendipité" est un croisement étrange d'anglais, de persan : ce mot rare, peu employé, nous étonne par ses sonorités contrastées : sifflante, gutturale, dentale, labiale, dentale à nouveau, un mélange hétéroclite qui suggère des rencontres inattendues, des découvertes incroyables, dues au hasard !

La langue française nous permet, ainsi, de faire un véritable tour du monde, elle nous offre une évasion vers des pays inconnus, vers des sonorités étranges ou plus familières...

Quels tourbillons de mots ! Quel vertige ! Celui des mots venus d'ailleurs !



Cet article a été écrit dans le cadre de la semaine de la langue française et de la francophonie : les dix mots retenus cette année : amalgame, bravo, ci
ble, grigri, inuit, kermesse, kitsh, sérendipité, wiki, zénitude...


La thématique : Le français, langue hospitalière...

Ces mots qui nous parlent d'autres pays...
Ces mots qui nous parlent d'autres pays...
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