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22 août 2017 2 22 /08 /août /2017 10:08
La traverse Mistral !

 

 

La traverse Mistral ! Ce seul nom fait rêver, un nom du sud, forcément, un nom désignant un vent tempétueux qui souffle sur la Provence, emporte tout sur son passage, un vent qui chasse les nuages et fait un ciel lumineux...

 

Dans le petit village de l'Estaque, cette rue portait bien son nom : elle était raide, abrupte, elle montait vivement vers les collines environnantes, elle se hissait vers des hauteurs, elle promettait des découvertes...

 

Il faut imaginer une ruelle étroite, coincée entre deux murs, des passages obscurs, des escaliers qui ponctuaient la montée...

 

La traverse Mistral était le lieu de tous les mystères, coincée entre deux murailles, elle offrait aux passants discrétion et secret.

Lieu de rendez-vous des enfants qui jouaient à se cacher, la traverse Mistral permettait de vivre des aventures : on aimait son obscurité, on la redoutait, aussi...

 

On pouvait imaginer toutes sortes de défis dans ce lieu pentu qui offrait ses escarpements.

 

Des amoureux s'y retrouvaient pour vivre leurs premiers émois, ils suscitaient la curiosité des enfants, avides de sensations et d'histoires croustillantes.

 

La forte pente de la rue permettait une vue magnifique sur la mer, un belvédère promis à tous ceux qui en faisaient l'ascension.

 

On avait, alors, sous les yeux, toute la baie de l'Estaque, les toits des maisons aux teintes éclatantes, la Méditerranée et ses replis de vagues infinis, le viaduc et ses arches harmonieuses.

 

La rue serpente encore entre les murs des jardins : elle est restée intacte, elle a été préservée telle qu'elle était autrefois, avec ses recoins, ses mystères.

Il est, ainsi, des lieux qui restent immuables, des lieux cachés, souvent, que la modernité n'atteint pas.

 

La traverse Mistral évoque, pour moi, des lieux de mon enfance : le nom me parle du sud, il me fait entendre l'accent de Marseille, des mots savoureux, aux sonorités chantantes, le parler de Provence...

 

Je revois le port de l'Estaque, les pointus, les pêcheurs qui s'affairaient sur le port, je m'enivre de senteurs marines, je goûte au bonheur d'une promenade sur le bord de mer...

 

La traverse Mistral a des tonalités pleines de poésie : elle suggère un chemin de traverse, des tempêtes de vents, des mugissements impétueux...

 

Le mot "mistral" lui-même résonne d'éclats : labiale "m", sifflante "s", dentale "t", gutturale "r", il nous fait entendre les échos du vent qui siffle dans les branches, qui s'engouffre dans les ruelles.

 


 

 

 

 

Photos : Christelle

La traverse Mistral !
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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 09:38
En évoquant mes grands-mères...

 


C'est, aujourd'hui, la fête des grands-mères...

 

En évoquant mes grands-mères, je ne peux m'empêcher de penser qu'elles furent pour moi importantes et même essentielles, alors que, curieusement, je ne les ai pas vraiment connues.

Une qui s'en est allée à l'âge de 45 ans, bien avant que je ne vienne au monde, une autre que j'ai à peine entrevue, décédée alors qu'elle avait 59 ans.

 

Rose, d'abord, une fille et une femme de la campagne, née dans le pays aixois : fille et petite fille de paysans, Rose était la simplicité même, elle aimait, sans doute, la nature, les arbres, les fleurs, les couchers de soleil...

Rose, aux longues mains si fines, Rose, aux cheveux bruns, Rose, une grande dame brune qui figure sur quelques photos de famille, Rose aux traits déjà burinés par le soleil...

Rose, qui fut victime des fièvres typhoïdes, juste après la guerre.

Rose, ma grand-mère, au doux sourire estompé.

 

Sa brève vie fut marquée par des joies et des peines : la naissance d'une petite fille, ma mère, mais aussi la perte d'un autre enfant, un petit garçon mort à l'âge d'un an et demi.

Rose a connu la dure vie des paysans d'autrefois, une vie faite de labeurs, de soucis, de tourments.

 

Puis, du côté paternel, mon autre grand-mère, Hortense : une maîtresse-femme, dont les parents avaient immigré d'Italie.

Une femme, au caractère bien trempé, une pionnière : une aventurière qui aimait les voyages, qui avait le goût du risque...

Un voyage au Mexique pour tenter la fortune, un autre en Côte d'Ivoire, une envie de s'évader d'un monde terne, de sortir d'une condition modeste, des ambitions, des rêves de richesses.

Une travailleuse infatigable, une fée qui pouvait confectionner de ses doigts des vêtements somptueux.

Hortense, au visage rond de l'enfance, aux cheveux blonds, aux traits tirés...

Deux tempéraments, des choix différents, deux vies opposées...

 

L'une avait choisi une vie calme et sereine, l'autre avait opté pour l'aventure, la découverte.

 

Je n'ai pas eu la chance de les connaître vraiment : pourtant, j'aurais, sans doute, apprécié de côtoyer ces grands-mères aux profils si différents...

 

J'aurais aimé, sans doute, la douceur de Rose, sa simplicité, j'aurais apprécié les récits de voyages d'Hortense, ses expériences africaines, ses découvertes.

 

Hortense, la conteuse, m'aurait enchantée de ses histoires exotiques... elle qui  savait merveilleusement raconter des anecdotes, elle qui savait captiver son auditoire.

 

Rose, elle, m'aurait enseigné l'amour de la terre, la rudesse de la vie paysanne.

 

Rose et Hortense ont connu deux guerres, elles ont dû affronter des obstacles innombrables, une vie plus rude que la nôtre.

 

Elles font partie de mon histoire, de notre histoire, et, bien que je ne les aie pas connues vraiment, elles m'ont façonnée... 

Très différentes, elles étaient pétries d'humanité, avec leurs défauts, leurs qualités, leurs joies, leurs peines.

 

Rose et Hortense, dont je connais un peu l'histoire, font partie de mon imaginaire...

Elles sont et restent, indubitablement, une part de moi-même...

 


 

 

 

 

 

En évoquant mes grands-mères...
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21 octobre 2016 5 21 /10 /octobre /2016 13:16
La casquettière...

 

 


Il est des boutiques que l'on n'oublie pas, parce qu'elles sont liées à l'enfance, parce qu'elles ont disparu et ont laissé des souvenirs forts dans nos mémoires...

La mercerie où l'on entrait comme dans un sanctuaire, dans le silence feutré des tiroirs qui contenaient toutes sortes de trésors : des bobines de fil, des pelotes de laine, des boutons, de la dentelle....

Le petit vendeur d'esques qui tenait, dans un renfoncement, une minuscule boutique, où l'on pouvait trouver des articles de pêche, des cannes, des hameçons et puis, bien sûr, les "esques", ces vers servant d'appâts, dans le parler marseillais...

Le marchand de vins dont le réduit exhalait de fortes senteurs de tanins...

 

Et puis, il y avait la casquettière ! Le nom, à lui tout seul, était tout un programme : un mot qui claque et résonne d'échos sonores, un mot mystérieux qui pouvait évoquer toutes sortes de découvertes.

Gutturales qui se répondent, voyelles variées, ampleur du mot...

Ce magasin faisait figure, à l'époque, d'une grande modernité : c'était, dans le petit village de l'Estaque, une nouvelle boutique qui attirait tous les regards, une sorte de bazar qui suscitait la convoitise et la curiosité.

 

Pour accéder à la boutique de la casquettière, il fallait franchir des escaliers, et atteindre un niveau supérieur, il fallait s'élever pour rejoindre le seuil du magasin.

Ce sanctuaire se méritait : on pouvait d'abord admirer dans une vitrine placée en hauteur, les marchandises vendues par la casquettière... puis on montait les marches, on se hissait sur des hauteurs, on atteignait un autre monde...

 

On entrait, alors, dans un bric-à-brac d'objets divers : des chaussures, des chaussettes, des casquettes, des chapeaux de toutes sortes, des jouets, des ballons...

A l'intérieur, des senteurs de cuir, de tissu, de cotons...

C'est dans ce sanctuaire que l'on achetait des chaussures...

 

La casquettière, une dame imposante, au verbe haut, nous accueillait de son sourire de commerçante, la vendeuse de casquettes nous faisait essayer des chaussures de la dernière mode...

Le choix était tout de même assez limité dans cette boutique multifonctions d'autrefois.

L'espace était réduit dans cet encombrement d'objets, mais on trouvait son bonheur à un prix relativement modique...

Un miroir à l'antique, une psyché permettait de voir si les chaussures seyaient aux clients et aux clientes... 

 

Ces boutiques d'autrefois ont disparu : le marchand d'esques, la casquettière, le marchand de vin.

La casquettière n'est plus de ce monde : elle a été remplacée par des grandes surfaces ou des supermarchés.

Certaines petites boutiques existent encore, mais elles ont l'air de s'étioler et de s'évanouir peu à peu, face à la concurrence des grands magasins...

On voit leur devanture vieillie, noircie par le temps.

Et on garde un souvenir ému de ces magasins d'autrefois où on connaissait bien les commerçants, où on avait l'impression d'accéder à un autre univers...

 

 


 

Photos : Christelle

La casquettière...
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5 octobre 2016 3 05 /10 /octobre /2016 15:55
Les jambins de l'Estaque...

 

 

Le "jambin" : voilà un mot que seuls les gens du sud peuvent connaître,  un terme et un objet d'autrefois utilisé par les "pescadous" ou pêcheurs de l'Estaque.

Avec ce mot, on entre dans le domaine méditerranéen, on côtoie le petit monde des pêcheurs, on entend l'accent savoureux de Marseille.

On entend leurs mots : "le gobi, l'esquinade, l'arapède, le pataclet, les piades, le salabre"...

Le mot "jambin" évoque tout un art de tresser l'osier avec patience : mon grand-père fabriquait, lui-même, ses jambins, ces nasses en joncs, destinées à attirer les poissons et à les capturer : c'était encore l'époque du travail laborieux de tous les petits artisans pêcheurs...

 

On les voyait remailler leurs filets sur le port de l'Estaque, on les voyait confectionner ces pièges à poissons et langoustes que sont les jambins.

Les joncs étaient cueillis, puis séchés et pouvaient être, ensuite, tressés avec soin pour devenir de véritables objets d'art...

Les pêcheurs allaient ramasser, eux-mêmes, les joncs dans la calanque du Jonquier située entre le Rove et Niolon... Dominée par un viaduc à 5 arches, cette calanque offrait un cadre idéal pour la cueillette des joncs...

 

Je revois ces nasses habilement ouvragées par des mains expertes.

Je revois ces entrelacs de mailles, ces objets aux formes rondes, aux teintes de paille.

 

Les jambins étaient remisés dans une cave, et on les voyait luire dans l'ombre, formes apaisantes et douces...

Pour la pêche, ces nasses étaient remplis de pain ou de moules écrasées, les poissons, attirés par cette manne, entraient dans le piège par une ouverture en forme d'entonnoir.

 

Le mot évoque, pour moi, des paysages familiers, le petit port de l'Estaque, grouillant de bateaux, "des bettes et des pointus", comme on les appelle en Provence.

Le mot nous fait sentir des embruns marins, des algues, un air vivifiant.

Aussitôt, surgissent des images marines, la Méditerranée aux reflets flamboyants, des pins qui dévalent les pentes des calanques.

Des rochers abrupts qui s'accrochent sur des ravines... des pins qui se penchent sur la mer.

 

Et puis, bien sûr, une pêche merveilleuse : des langoustes prises au piège, des couleurs étonnantes de roux, des algues accrochées aux bords de la nasse, des poissons aux teintes variées : des fiélas, des murènes, des girelles, aux teintes lumineuses et étincelantes...

Le jambin, mot du sud, avec ses deux voyelles nasalisées, nous fait rêver à des flots ondoyants, à des envolées de vagues.

Le jambin évoque le monde des pêcheurs d'autrefois qui étaient de petits artisans laborieux, des gens simples qui arrivaient à vivre de leur activité de pêche.

 

 

 

 

Chanson : Les pescadous... les paroles 

http://gauterdo.com/ref/pp/pescadous.html

 

 

Les jambins de l'Estaque...
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7 avril 2016 4 07 /04 /avril /2016 13:03
Les rires des enfants et les Mistrals gagnants...

 

 

 

L'enfance,  ses bonheurs, les souvenirs, le temps qui passe, la tendresse d'un père, tant de thèmes sont évoqués dans cette chanson de Renaud : Mistral gagnant...

 

Le texte écrit à la deuxième personne se présente sous la forme d'un discours familier et tendre, adressé à un enfant...

 

Le temps d'une pause dans la vie trépidante qui nous emporte, le temps de s'asseoir "cinq minutes sur un banc", de "regarder les gens"... Renaud suggère, là, des bonheurs quotidiens, banals : "parler du bon temps d'autrefois" à son enfant, "serrer ses petits doigts"...

 

Vivre un instant fugace, en observant le monde, les gens qui passent, des pigeons idiots à qui on donne à "bouffer"..., s'amuser comme un gosse "à leur filer des coups de pieds pour de faux"... et rejoindre ainsi le monde de l'enfance...

 

Le bonheur, aussi d'entendre, le rire de l'enfant qui "lézarde les murs", car ce rire éclaire le monde et semble même l'ébranler et le modifier !

Cette image forte restitue bien tous les pouvoirs de l'enfance...

 

Ce rire salvateur, bénéfique parvient, d'ailleurs, à "guérir toutes les blessures."

 

Le bonheur de parler, de raconter des souvenirs d'enfance, quand on était "minot", un terme familier qui renvoie bien à toute la tendresse de cet âge...

 

C'est un âge fait d'insouciance, de légèreté, que nous raconte Renaud, comme le montrent bien les souvenirs évoqués : les sucreries, les bonbons transformés en "bombecs fabuleux", véritables objets de convoitise qu'on "piquait chez le marchand"...

L'énumération de ces gourmandises retranscrit toute une époque passée : 

"Car-en-sac et Mintho caramels à un franc 
Et les Mistrals gagnants"...
 

 

Les Mistrals gagnants, surtout... , des confiseries aujourd'hui disparues, une poudre sucrée contenue dans un sachet, une "biberine" que l'on aspirait grâce à un petite paille en réglisse... Si à l'intérieur on trouvait la mention "gagnant", on avait droit à un nouveau "bonbec"gratuit. 
 

Renaud évoque, également, le bonheur tout simple de marcher sous la pluie, tout en regardant le monde, "la vie", de parler encore de la "terre", de ses merveilles...

 

Le bonheur de la complicité avec son enfant, le bonheur de lui "bouffer les yeux" pour s'imprégner de son image rayonnante. le plaisir de "sauter dans les flaques", comme pour vivre intensément le moment présent et, entendre les reproches de la mère qui "râle" de ces enfantillages...

 

Et, bien sûr, le rire de l'enfant fait partie de ces moments privilégiés, il est, cette fois, comparé au bruit que fait la mer, belle image qui retranscrit une harmonie.

Puis, c'est le retour vers les souvenirs d'autrefois, à nouveau le temps des friandises, à travers une énumération :

"Te raconter surtout les carambars d'antan et les coco-boers 
Et les vrais roudoudous qui nous coupaient les lèvres et nous niquaient les dents 
Et les Mistrals gagnants..."

 

Des friandises dont l'enfant ne percevait pas encore tous les effets, mais qui étaient un véritable réconfort et qui symbolisent, à merveille, toutes les douceurs de l'enfance.

 

Le "banc", sur lequel on revient, symbolise bien, aussi, ce moment d'arrêt qui permet d'observer le monde et "le soleil qui s'en va"représente le temps qui passe inexorablement.

Cette pause sur le banc offre encore l'occasion de communiquer, de parler "du bon temps qu'est mort"...

 

On perçoit là toute la nostalgie et la mélancolie du poète, une mélancolie qu'il veut effacer en affirmant "qu'il s'en fout".

 

Le rire de l'enfant est, ensuite, assimilé à des cris d'oiseaux qui s'envolent haut dans le ciel, comme pour le magnifier et en montrer toute la force.

 

La chanson s'achève sous la forme d'un message adressé à l'enfant, d'abord une sorte de mise en garde : "les méchants, c'est pas nous...", cette phrase révèle, de manière implicite, l'existence de ces "méchants" dont il faut, tout de même, se méfier et se prémunir...

 

Mais le message ultime est encore plus fort, c'est une invitation à profiter du bonheur présent, avec intensité : il faut "aimer la vie, même si le temps est assassin... lui qui emporte les rires des enfants et les Mistrals gagnants..."

 

La mélodie, au piano, égrène des notes simples et limpides... lumineuse, elle restitue, à la fois, les bonheurs de l'enfance et toute la mélancolie du poète.

 

 

 

 

 

Le texte :

 

http://www.parolesmania.com/paroles_renaud_9473/paroles_mistral_gagnant_331485.html

 

 

Photo : rosemar

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24 février 2016 3 24 /02 /février /2016 10:06
La trottinette...

 

 

 

Une photo d'autrefois...


Ma soeur et mon frère sont photographiés, devant la maison de l'Estaque : c'est l'hiver, comme en témoignent les tenues, un petit manteau à capuche pour ma soeur, un bonnet, une cache-nez pour mon frère, vêtu d'une veste épaisse...

Mon frère, qui doit avoir 2 ou 3 ans, tient une trottinette et ma soeur, d'une dizaine d'années, maintient les mains de mon frère sur le guidon de l'engin, afin de l'aider dans sa progression.
Tous deux sont en pantoufles, pour une sortie de courte durée devant le portail de la maison.

A l'arrière, le portail en bois, le mur de briques crues, la barrière qui le surmonte et du linge étendu sur la terrasse...

Un décor modeste, pour une distraction tout aussi modeste : la trottinette connaissait, à l'époque, un grand succès et les garçons jouaient volontiers, en se déplaçant avec une trottinette...

Mon frère paraît visiblement ravi de ce moment de bonheur et de découverte, il sourit malicieusement et se plaît à regarder l'objectif pour la photo.

L'objet est simple : un guidon, une tige, un plateau, deux roues et le plaisir de rouler en douceur, pendant quelques instants, en patinant d'un pied...


Un jouet d'autrefois, qui avait été abandonné et oublié un certain temps, et qu'on a redécouvert, puisqu'il connaît encore un certain succès, auprès des jeunes.
On voit, de plus en plus, dans les parcs, les jardins et même les rues, des enfants et des adolescents se déplacer en trottinette.

On voit même des adultes, des personnes âgées utiliser ce moyen de transport...

La trottinette revient à la mode et il n'est pas rare de croiser un de ces engins, sur les trottoirs des villes.

Le mot lui-même évoque une certaine simplicité, avec ses deux suffixes de diminutifs qui renvoient à l'enfance.

Voilà un joli mot enfantin, avec sa consonne dentale réitérée, ses voyelles variées qui chantent, sa terminaison "-ette", pleine de charmes...

Un mot d'enfance, empli de tendresse, aux sonorités éclatantes et douces, à la fois...

La photo révèle, en tout cas, la joie de mon frère.
Elle montre un moment de détente partagé, une complicité entre ma grande soeur et mon frère.

 

Cette photo en noir et blanc est, aussi, empreinte de poésie, par ses teintes feutrées, par une sorte d'harmonie entre le décor et la trottinette...

Tout y est simple : les sourires pleins de naturel, le geste protecteur de ma soeur, le décor.

Tout y est évident, tendre, sans artifices...


 

 

 

 

 

La trottinette...
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21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 09:20
Sur la tête, la coiffe de Davy Crockett...

 


Une photo d'autrefois...


Mon frère doit avoir 5 ou 6 ans, il pose en habit de Davy Crockett, devant le portail en bois de la maison....

Affublé d'une petite canadienne, il porte un ceinturon, une petite corne, et tient, de la main droite, un couteau qu'il brandit comme une arme redoutable.

Sur la tête, la coiffe de Davy Crockett, en fourrure et, sur le côté, un petit havresac en fourrure également.

Le plus amusant est la mine et l'air farouche qu'il se donne... la bouche en coin, il semble afficher une envie de se battre, de vaincre un adversaire hypothétique.

La tenue lui va à ravir : il semble prêt à attaquer un animal sauvage, un loup, un ours...

Avec cette photo, on voit revivre toute une époque : celle des westerns américains, des films qui évoquent ce héros mythique, une chanson qui magnifie le personnage, d'autant que cette photo en noir et blanc fait penser à ces vieux classiques avec John Wayne, Gary Cooper...

 

De nombreux films de cinéma et séries télévisées ont évoqué la vie de Davy Crockett,   qui a été incarné, entre autres, par John Wayne dans le premier film qu'il a réalisé Alamo, en 1960. Ce personnage est devenu le symbole de l'ouest américain.

 

"L'homme qui n'a peur de rien" surgit du passé, on voit une nature sauvage, intacte, des êtres d'exception, des aventures extraordinaires.

On voit des paysages somptueux de l'ouest américain, des espaces de liberté, des canyons, des rivières tumultueuses, des personnages héroïques, des indiens farouches, des chevauchées dans le désert, des coups de feu, des guerres sans fin.

Des bisons, des ours, des coyottes, des serpents, des caravanes, des animaux sauvages, des dangers...

On entrevoit un monde lointain, différent, des terres arides, brûlées de soleil, des horizons infinis...

On entend une chanson qui célèbre les exploits du héros :

"Y'avait un homme qui s'appelait Davy, 

Il était né dans le Tennessee, 

Si courageux que quand il était p'tit, 

Il tua un ours du premier coup d' fusil..."

Ce pionnier américain fut l'objet d'un véritable culte, en défendant Fort Alamo, en 1836, il devint un héros mythique.

Associé à la toque de raton laveur, ce personnage a fait rêver de nombreux enfants et adultes !


Derrière mon frère, le décor très simple s'accorde bien avec le personnage : les planches en bois du portail et de la barrière évoquent quelque habitation rustique, ainsi que le mur en briques crues.

Le pied gauche en avant, ce gamin de 5 ans mime à la perfection le geste conquérant d'un vainqueur ! Il joue son rôle de héros d'aventures, comme s'il était prêt à terrasser un ennemi.

Il regarde l'objectif avec férocité et conviction... Etonnante photo d'autrefois ! Elle semble s'animer sous nos yeux, tellement le geste est vif... la mine est celle d'un enfant, mais aussi celle d'un héros farouche.


 

Quelques repères biographiques sur Davy Crockett :
 

 

http://www.histoiredumonde.net/Davy-Crockett.html

 

 

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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 09:03
Solennelle ! C'est bien le mot qui convient !

 

 



Une photo d'autrefois...


Ma soeur est photographiée pour sa communion solennelle : c'était l'expression consacrée à l'époque...

Solennelle ! C'est bien le mot qui convient, quand on voit la tenue somptueuse que porte ma soeur...

Un éblouissement de blancs ! Ue robe brodée de galons, pleine d'élégance, dont on perçoit la matière d'un tulle transparent sur un jupon de soie...

Un long voile retombe, en plis, jusque vers le milieu de la jupe, révélant des broderies sous forme de ramages et d'arabesques.

Le bord du voile laisse voir un galon soyeux... Sur la tête, une couronne de roses retient le voile qui encadre le visage juvénile de ma soeur et qui laisse entrevoir ses longs cheveux sombres.

A la ceinture, est accrochée une aumônière, piquetée de filaments, d'une blancheur de lys.

Les mains, gantées d'un très léger voile, tiennent un missel et un long chapelet...
La tenue est complétée par une croix ouvragée, en or, qui descend sur le col.
Les manches sont ornées de galons et laissent entrevoir des envolées de tulle.
Le missel, lui-même, est couvert de broderies.

On est subjugué par cette tenue somptueuse, d'autant que nous sommes issus d'une famille très modeste.

Mais, à cette époque, on ne badinait pas avec les robes de communiantes ! Il suffit de regarder des photos de ces jeunes filles aux robes longues, majestueuses pour en prendre conscience.

Plus tard, "l'aube", une tenue plus sobre et plus stricte a remplacé ces robes d'autrefois, faisant disparaître un peu de la magie de ces cérémonies religieuses...

Cette robe, c'est ma grand-mère paternelle qui l'avait cousue et conçue de toutes pièces !

Un véritable travail d'artiste ! Ma grand-mère avait des doigts de fée !

Ma grand-mère mexicaine, ma grand-mère aventureuse qui avait tenté de s'exiler au Mexique pour y faire fortune, avait des talents extraordinaires de couturière.

Un jour, ma mère m'a montré cette robe, conservée comme une relique, dans la cave de la maison familiale : elle-même en admirait encore la facture et me révélait son émerveillement pour les dons et le travail de ma grand-mère.

Instant magique, moment de connivence avec ma mère ! Une façon de rendre, aussi, hommage à ma grand-mère...

Elle avait accompli un travail digne d'une couturière professionnelle qui était, aussi, la marque d'un goût raffiné, d'une envie de perfection.

A cette époque, il n'était pas rare que les mères, les grands-mères confectionnent toutes sortes de vêtements, et la communion solennnelle était l'occasion de déployer tout un savoir-faire qui a disparu de nos jours...

Cette robe somptueuse paraissait digne de figurer dans un conte de fées, tant elle rayonnait d'éclats, tant elle signait une tenue de rêve !


 

 

 

 

Solennelle ! C'est bien le mot qui convient !
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19 juillet 2015 7 19 /07 /juillet /2015 13:19
Le chat tigré...

 

 

 

Un chat, sur la terrasse de la maison de l'Estaque, un chat tigré qui revient dans mes souvenirs, un chat plein de modestie et de tendresse...

Le regard du chat en dit long sur son degré d'humanité, j'ai vu des chats au regard perçant, aigu, acéré.

J'ai vu des chats à l'oeil vif, intense, pleins d'éclats...

Mais ce chat tigré avait l'oeil intelligent, compréhensif, parfois même mélancolique, et empreint de tristesse.

Si jeune, il semblait avoir le regard d'un vieux chat, empli de sagesse, de ferveur et d'empathie.

Si jeune, ses moustaches blanches qui retombaient sur son museau lui donnaient un air de vieux sage, impassible et serein.

Sa fourrure somptueuse faisait de lui un tigre si doux et moelleux, ses pattes légères piquetées de taches et de marbrures paraissaient si délicates.

Curiosité, tendresse, émotion, voilà ce que révélait le regard de ce chat !

Une photo d'autrefois montre ses yeux intenses, attentifs, comme si ce chat scrutait l'objectif, voulait en pénétrer les mystères.


Les oreilles en éveil, le museau plein de finesse, l'attitude attentive sont si étonnants et attendrissants.

Une beauté mélancolique, un charme inoui se dégageaient de cet animal.

Un air de tigre si doux, comment y résister ? Des yeux si lumineux, comment y être insensible ?

Ce chat tigré provoquait, en chacun de nous, tendresse, émotion, complicité.

Ce chat tigré respirait la bonté, la simplicité, toute la délicatesse du monde...

Il suffit d'observer la photo pour retrouver ce charme délicat, cette fourrure marquetée si floue, caressante.

Ce chat semble nous parler de ses yeux si doux, il semble nous inviter à toutes sortes de générosités et de tendresse...



 

 

 

Photos : rosemar

Le chat tigré...
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Published by rosemar - dans souvenirs
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8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 14:56
Les pigeons du Vieux Port...

 

 


Une photo d'autrefois, sur le Vieux Port de Marseille....

C'est le mois de Mai : en tenues légères, nous posons devant l'objectif, ma soeur, mon frère et moi....

Sur le fond, on perçoit les immeubles du port, avec leurs balcons de fer forgé, on voit quelques voitures garées : une 2 CV,  une dauphine... Toute une époque !

Tout autour de nous, la vie s'agite, des gens s'affairent et discutent, des inconnus qui passent.

Et nous sommes en arrêt, immobiles devant quelques pigeons, occupés à picorer, à nos pieds !

Tout un spectacle, ces pigeons pour les enfants que nous sommes ! 

Ils sont là, à portée de mains et nous offrent leurs plumages soyeux et bariolés.

Sourires aux lèvres, émerveillés de soleil, nous savourons cette scène...

Seul, mon frère a sa mine plus sérieuse de matamore : un peu à l'écart, il affiche un air impérieux et sûr de lui... Ma soeur d'une douzaine d'années, dans un geste protecteur, entoure mon visage de ses mains.

Sur le côté, la main droite dans la poche de son short, bien campé sur ses deux jambes, mon frère impose son minois de 5 ans, avec assurance... Pour ma part, éblouie de soleil, les yeux plissés, je souris légèrement, du haut de mes 3 ans.

La fratrie est réunie, pour une promenade sur le Vieux Port de Marseille : la mer toute proche nous enivre de bonheur, on sent des embruns marins, un air de liberté...

Devant nous, une dizaine de pigeons impassibles nous montrent leurs formes arrondies d'oiseaux familiers.

Le soleil rayonne, car on voit les ombres portées sur le bitume, le soleil enlumine les pigeons, fait ressortir leurs teintes contrastées de gris, de blancs, de noirs, leur plumage qui resplendit.

Des vagues se dessinent sur leurs plumages ombrés, des motifs ourlés, des embruns, des arrondis de brumes...

Les ombres portées redoublent les silhouettes des pigeons, et permettent de voir comme des éclats sur leurs plumages.

Nous-mêmes, nous sommes comme étourdis de soleil, les yeux émerveillés, étonnés de tout ce spectacle de la nature.

Les pigeons, le soleil, la mer toute proche, les bateaux du port, nos yeux n'en reviennent pas de tant de nouveautés et de bonheurs !

La photo en noir et blanc met en évidence un bonheur simple, ordinaire, des sourires esquissés, qui traduisent une sorte d'intériorité, de retenue.

Belle photo d'enfance ! Un joli moment qui révèle des caractères, des joies sereines...

Au dos de la photo, ma mère a écrit, de sa main appliquée, la date, le mois de Mai et le but de la promenade : "en allant à la Vierge de la Garde", un pélerinage que font souvent les Marseillais, maintenant encore.


 


 

Les pigeons du Vieux Port...
Les pigeons du Vieux Port...
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