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7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 11:20
Le vocabulaire du théâtre...

 

Un peu d'étymologie pour commencer :

Le mot "théâtre" vient d'un verbe grec  "θεάομαι, théaomai" : regarder. Le théâtre est donc associé dès ses origines à l'art du spectacle et de la mise en scène, il est fait pour être vu et regardé.

Toute pièce de théâtre est une oeuvre dramatique : ce mot est encore issu du grec "drama", "l'action", car elle développe une ou plusieurs actions où interviennent des conflits.

 

1) Les didascalies : ce sont toutes les indications de mise en scène en dehors du texte prononcé par les personnages : les noms des personnages, les indications sur le découpage du texte, les indications de lieu, sur les apparences des personnages, leurs gestes, sur la façon dont l'acteur doit prononcer une réplique... toutes les didascalies ont pour fonction d'orienter le travail du metteur en scène.

Remarque : les didascalies sont peu nombreuses dans le théâtre classique : il faut penser à les commenter car elles révèlent les intentions de l'auteur.

Au contraire, elles se multiplient dans le théâtre moderne : les auteurs montrent ainsi l'importance qu'ils accordent à la mise en scène : ils semblent vouloir contrôler cette mise en scène.

 

2) Les répliques : ce sont les propos échangés par les personnages.

 

3) Une tirade : c'est une longue réplique souvent très bien structurée : il est alors intéressant d'en étudier le plan.

 

4) Le procédé de stichomythie : il intervient quand les personnages se répondent vers par vers, les répliques sont constitués d'un seul vers. Ce procédé sert souvent à souligner un conflit ou la vivacité d'un dialogue.

 

5) La double énonciation : le théâtre instaure une situation de communication bien particulière :

a) les personnages parlent entre eux.   b) L'auteur ou le personnage s'adresse au spectateur.

Cette situation justifie des conventions théâtrales comme :

-le monologue : le personnage est seul sur la scène, le public seul entend ses propos.

-un aparté : c'est une réplique prononcée par un personnage et censée ne pas être entendue par les autres personnages. L'aparté est destiné, en fait, au spectateur : il instaure une connivence, une complicité.

 

6) Les différentes parties d'une pièce de théâtre :

- La scène et l'acte d'exposition : la scène d'exposition apporte au lecteur/ spectateur les éléments d'information sur l'histoire, elle présente les personnages, elle situe la pièce : contexte, lieu époque, registre... Elle met aussi en place l'action. Souvent, c'est tout l'acte I qui est consacré à l'exposition.

-Le noeud de l'action : c'est le processus de transformation de l'état initial, l'action connaît alors plusieurs péripéties qui constituent l'intrigue.

-Le dénouement : c'est la conclusion de la pièce.

 

7) La représentation théâtrale : elle fait intervenir la notion de mise en scène : les décors, costumes, jeux de lumières, musique, bruitages etc.

La mise en scène est une interprétation du texte, parfois une réinterprétation... 

Une pièce de théâtre peut être modernisée. Des mises en scène peuvent donner lieu à des lectures différentes de la pièce : ainsi, certaines insistent sur l'aspect comique de Tartuffe, d'autres sur son aspect tragique.

 

8) Le théâtre classique est régi par des règles précises :

-La règle des 3 unités : 

unité de temps : l'action doit se dérouler en 24 heures.

unité d'action : l'intrigue doit être unique.

unité de lieu : l'action doit se dérouler dans un seul lieu. (un intérieur bourgeois pour la comédie, un palais pour la tragédie...

La règle des 3 unités découle de la règle de vraisemblance : on fait coïncider le plus possible le temps de l'action et celui de la représentation.

La règle des bienséances : tous les événements ne peuvent pas être représentés sur la scène, les meurtres, les batailles, la mort : un acteur ne doit pas mourir sur scène. On évoque ces actions violentes sous forme de récits : les faits sont racontés par un personnage.

 

9) Le théâtre ou le drame romantique rejette toutes ces contraintes.

 

10) Le conflit théâtral : 

Au théâtre, les personnages s'opposent les uns aux autres par des sentiments, des idéaux, des intérêts contradictoires.

Le dialogue mais aussi le monologue théâtral sont souvent la représentation verbale de ces conflits externes ou internes.

 

11) La parole :

a) Le dialogue peut être informatif : c'est le cas dans la scène d'exposition. Il peut être aussi conflictuel : il fait intervenir un affrontement d'idées dans un échange plus ou moins vif de répliques. Il peut, à l'inverse, établir une complicité.

b) Le monologue : on assiste souvent à un dédoublement du personnage, le monologue mettant en jeu un conflit interne. Le personnage est partagé : il hésite entre deux comportements possibles.

Le dédoublement apparaît à plusieurs niveaux :

-dans le système énonciatif : recours à la 2ème personne du singulier, le personnage s'apostrophe lui-même. Le pronom "je" peut apparaître dans des tournures interrogatives.

-au niveau sémantique, avec des champs lexicaux contradictoires.

-dans le rythme et l'organisation du texte : on trouve des césures nombreuses (coupes au milieu des vers). Le rythme joue sans cesse sur des oppositions symétriques.

Le monologue traduit donc souvent le déchirement intérieur du personnage partagé entre des sentiments, des idées contradictoires, confronté à des choix impossibles.

 

 

 

 

 

Le vocabulaire du théâtre...
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23 février 2020 7 23 /02 /février /2020 14:04
ça s'appelle une Batucada...

 

Rythme brésilien, percussions, danses endiablées, costumes colorés, ça s'appelle une batucada... un nom aux sonorités exotiques qui nous fait voyager...

 

La batucada est un genre de musique avec des percussions traditionnelles du Brésil dont les formules rythmiques en font un sous-genre de la samba. Par extension, on utilise en France le mot « batucada » pour désigner un groupe de musiciens pratiquant ce genre musical. La batucada est née à Rio de Janeiro. 

 

Une batucada a eu lieu lors de la Feria de Nîmes dans un cadre somptueux : devant le Carré d'Art, en face de la Maison Carrée.

Costumes colorés, musiciens vêtus de rouge et de noir, danseurs et danseuses perchés sur des échasses... le spectacle a attiré une foule de spectateurs...

 

Les danseurs et danseuses ont d'abord évolué sur le parvis du Carré d'Art : des sauts, des pirouettes acrobatiques... il ont ensuite franchi les marches du parvis avec aisance et un sens inouï de l'équilibre, puis ils ont déambulé dans la ville pour le plus grand bonheur des spectateurs...

 

Beaucoup de gaieté et d'enthousiasme dans cette batucada : une musique tonitruante qui donne envie de danser, des costumes de fête, des plumes, des maquillages somptueux.

 

On a pu admirer l'habileté des circassiens : perchés sur leurs échasses, ils se déplacent avec aisance, ils dansent, bondissent, tapent des mains, entraînent le public dans leur sillage...

Ils répandent tout autour d'eux la joie, ils saluent les enfants émerveillés de leurs danses...

 

En face, la Maison Carrée offrait un décor magnifique à cette batucada... 

Ainsi, soudain, le passé et la modernité s'unissent, se rejoignent dans une harmonie étonnante...

Le monument reprend vie, résonne et rayonne d'une musique éclatante...

La ville de Nîmes riche de son passé accueille ainsi de nombreux spectacles dans des vestiges prestigieux : les Arènes, la Maison Carrée, les Jardins de la Fontaine, le temple de Diane...

 

 

 

A mes lecteurs : vous pouvez commenter sur You-tube... car Overblog est en panne pour les commentaires...

 

Photo et vidéos : rosemar

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24 janvier 2020 5 24 /01 /janvier /2020 14:18
Ensemble Les Turqueries : quand l'occident regarde l'orient...

 

Un quintette qui réunit  des musiciens passionnés ayant pour ambition de rapprocher les musiques anciennes européennes et les musiques orientales, voilà de quoi susciter l'intérêt et la curiosité de nombreux mélomanes...

 

L'Ensemble Les Turqueries a donné un concert aux multiples facettes, lors de l'Automne musical de Nîmes.

 

Un mélange de mélodies traditionnelles orientales et de musiques anciennes occidentales... un programme qui nous fait voyager dans le temps et l'espace...

 

Le récital s'ouvre sur une création originale du groupe : Passamezzo Antico. Une musique orientale légère, emplie de gaieté, rythmée par un tambour : une musique qui nous fait voyager vers l'orient... On apprécie la beauté des instruments, théorbe et oud, aux formes élégantes...

 

Puis, on est envoûté par la Suite Husseyni : un hymne soufi de la confrérie mevlevi. Un gros tambour, un daf, aux sonorités graves, ponctué par la musique des autres instruments : théorbe, oud, violoncelle nous entraînent dans un rythme très lent, très oriental, puis plus dansant, et même très accéléré...

 

On est surpris par la délicatesse du morceau suivant : Aksak Bayati, douceur des sonorités de l'oud bientôt relayé par le violon, encore un rythme très oriental ponctué par un tambourin...

 

Puis, accompagné par un air très discret du théorbe , on écoute ces mots dits par la violoncelliste : "Tu te trompes en pensant que les années ne vont jamais finir, il faut mourir...

Il faut bien mourir, la mort cruelle fait honte à tous... Jeunes, enfants, tous les hommes ensemble doivent finir..."

Cette passacaille aurait été composée par un auteur anonyme italien du XVIIe siècle ou par Stefano Landi,  un morceau poignant au rythme lancinant. Le texte d'abord parlé, en français, est ensuite chanté en Italien par la violoncelliste.
 

"Oh come t’inganni 
se pensi che gl’anni
non hann’ da finire, 
bisogna morire.

È un sogno la vita 
che par sì gradita,
è breve gioire, 
bisogna morire.
Non val medicina,
non giova la China,
non si può guarire, 
bisogna morire.

Oh, comment vous vous trompez
si vous pensez que votre temps
ne sera pas fini,
nous devons mourir.

La vie est un rêve
qui semble si agréable
mais qui est brièvement apprécié,
nous devons mourir.
La médecine
ne sert à rien, la quinine ne sert à rien,
nous ne pouvons pas être guéris,
nous devons mourir."

Puis, c'est une mélodie très douce qui nous charme, jouée sur l'oud et le théorbe, intitulée Bouria et 7ème toushia de Msarqi Sghir....

On écoute aussi volontiers une Pavane espagnole de J. Schop, un air très léger, aérien, qui nous fait rêver...

C'est alors une suite de danses traditionnelles de la Renaissance, rythmées par un tambour, qui nous enchantent : lentes, pesantes, puis le son du tambour se fait de plus en plus intense.

On entre ensuite dans le monde des parfums, avec un morceau intitulé "Abir", composé par T. Rocheron... une musique très orientale, presque obsédante grâce aux sons du tambour.

On est séduit aussi par la légèreté et la grâce de ce chant aérien composé par Frescobaldi : Se l'aura spira...

 

"Se l'aura spira tutta vezzosa
La fresca rosa ridente sta,
La Siepe ombrosa di bei smeraldi
D'estivi caldi timor non ha.
A'balli, a'balli liete venite,
Ninfe gradite, fior di belta,
Or che si chiaro il vago fonte
Dall'alto monte al mar sen va.
suci dolci versi spiega l'augello,
E l'arbuscello fiorito sta.
Un volto bello all'ombra accanto
Sol si dia vanto d'aver pieta.
Al canto, Ninfe ridenti,
Scacciate i venti di crudelta."

 

"Si la brise souffle, toute gracieuse, la fraîche rose demeure rieuse,

Le buisson ombreux de vertes émeraudes ne craint pas les chaleurs de l’été.

Aux danses, aux danses, gaiement venez nymphes aimables, fleurs de beauté

Maintenant que, si limpide, la belle source du haut de la montagne s’écoule vers la mer.

L’oiseau répand ses suaves chansons, et l’arbrisseau reste fleuri.

Seul un beau visage près de l’ombre se montre fier d’avoir pitié.

Aux chants, aux chants, nymphes aimables, chassez les vents cruels."

 

Le récital s'achève avec La Marche des Turcs de J. B. Lully, arrangée encore un peu plus à la mode orientale... La Marche des Turcs avait été composée par Lully pour la comédie-ballet Le Bourgeois gentilhomme de Molière.

 

La Cérémonie des Turcs est une musique sous forme de marche majestueuse. M. Jourdain est fait alors "Mamamouchi", un titre faussement honorifique, pour désigner une personne de haut rang, un haut fonctionnaire. Ce terme a une forte dimension ironique. Il a été inventé par Molière pour " Le Bourgeois gentilhomme ".

 

Ce concert a attiré un public nombreux séduit par l'exotisme des musiques, des instruments : un dépaysement total et une belle découverte de mélodies anciennes...
 

 

 

"Si les cultures orientales et occidentales nous semblent parfois éloignées, elles ont toujours été intimement
liées et la musique en est un témoin direct. On retrouve ainsi de nombreuses lignes directrices communes aux deux esthétiques : la filiation entre le oud et le luth, les modalités rythmiques et mélodiques, la danse, l’improvisation et l’ornementation.

L’enjeu des Turqueries est de réunir ces deux univers sans les dénaturer, au travers d’arrangements originaux, d’improvisations et de compositions. Il s’agit de créer une matière sonore riche aux multiples facettes qui transportera l’auditeur entre musiques traditionnelles orientales(ottomane, arabo-andalouse et amazighe) et musiques anciennes occidentales (renaissance et baroque)."

 

 

Véronique Bouilloux : violon baroque
Sacha Dessandier : chant, violoncelle baroque
Simon Waddell : luth baroque, théorbe
Léo Fabre-Cartier : oud
Thibaut Rocheron : percussions orientales (daf, riqq)

 

 

 

https://soundcloud.com/ensemble-les-turqueries/tracks

 

 

http://icietaudela.over-blog.com/article-stefano-landi-40744299.html

 

https://www.facebook.com/656073937791146/videos/vb.656073937791146/1559045864160611/?type=2&theater

 

 

 

 

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27 décembre 2019 5 27 /12 /décembre /2019 11:42
La magie du patinage !

 

La magie du patinage ! Eh oui, on pourrait croire à une forme de magie quand on voit évoluer les patineurs et patineuses sur la glace... Quelle souplesse ! Quelle élégance ! Quelle impression de facilité !

 

Et pourtant, derrière tant d'élégance, que de travail, que d'heures d'entraînement !

 

Le patinage exige force, tonus, agilité, technique... et quand il s'agit de danse sur la glace, il faut aussi de la grâce...

 

C'est un magnifique spectacle que de voir évoluer ces artistes sur la glace...

 

Et quand le spectacle se déroule devant un monument antique, la Maison Carrée, à Nîmes, le ballet est encore plus captivant...

 

Les colonnes de marbre forment un somptueux décor... dans la nuit, elles s'illuminent de teintes nouvelles d'aurore aux doigts de rose...

 

Le monument devient un palais féerique, les lumières soulignent la forme élancée des colonnes, la délicatesse des feuilles d'acanthe qui ornent les chapiteaux...

 

Ce bâtiment construit il y a plus de 2000 ans au début du premier siècle après J. C. nous est parvenu dans un état de conservation remarquable : colonnades et murs sont intacts. 

 Les feuilles d'acanthe au sommet des chapiteaux dans le plus pur style corinthien font songer à de la dentelle par leur finesse, leur délicatesse. Sous le toit des volutes subtiles parcourent le monument de leur frise ininterrompue.

 

Dans un tel écrin, le spectacle est encore plus magique...

On admire la force de ces artistes, leur maîtrise sur la glace, on admire leur adresse, leur sens de l'équilibre.

 

Boucles, sauts, pirouettes, quelle virtuosité !

 

Des musiques de Noël emplies de gaieté accompagnent toutes ces figures acrobatiques...

 

Un joli spectacle festif, au coeur de la ville de Nîmes...

 

Tout autour, des illuminations, sapins de lumières aux teintes variées, étoiles filantes, un spectacle féerique qui a enchanté petits et grands en cette période de Noël.

 

 

 

un spectacle inaugural donné par  la Compagnie Délice show production.

 

Autres vidéos :

 

https://youtu.be/ffTuw4ng4C8

 

https://youtu.be/xd3EzgUierI

 

 

 

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23 décembre 2019 1 23 /12 /décembre /2019 11:26
Merveilleux chants de Noël !

 

Des chants emplis de gaieté, des chants traditionnels qui évoquent les Noëls de notre enfance... on ne peut qu'être séduit par ces musiques anciennes...

 

La chorale Tutti Canti a donné un magnifique récital de ces chants d'autrefois.

 

On écoute d'abord une mélodie rythmée par un petit tambourin : bonne humeur, enthousiasme sont communicatifs... Les spectateurs sont sous le charme...

 

Puis, place à un chant que tout le monde connaît en Provence : La Cambo me fai mau ... écrit par Nicolas Saboly, il raconte l'histoire d'un berger qui demande qu'on selle son cheval pour aller saluer l'enfant Jésus, car il a mal à la jambe : là encore, on est emporté par le rythme vif de la musique...

"La cambo me fai mau,
Bouto sello, bouto sello
La cambo me fai mau,
Bouto sello à moun chivau."

 

On est aussi séduit par cette mélodie apaisante : Tant crie-t-on Noël. Un chant qui évoque dans un style poétique les charmes de l'hiver : "Dans le bois flambe le houx, et l'hiver rentre chez nous."

Rythmé par triangles et tambourin, le chant "Berger, écoutez" nous entraîne dans des notes emplies de gaieté.

Comment ne pas être ébloui par cette mélodie "Un soir que les bergers...", une chanson de Noël du Béarn ?

 

"Un soir que les bergers rassemblés dans la lande,
Surveillaient leurs troupeaux à l'heure de minuit,
Ils virent tout à coup une clarté si grande,
Que celle d'un beau jour qui luit.


Un sauveur vous est né sous une forme humaine ;
Pour vous Il a voulu se faire tout petit.
Bergers, vous le verrez dans la ville prochaine,
La ville du grand roi David.

 
Il est dans un crèche au jour de sa naissance,
N'ayant autour de lui que ses pauvres parents,
N'attendez pas de voir cette magnificence
Qu'on voit autour des rois du temps."

 

Puis, c'est un court hymne en latin qui nous apaise : "Non nobis", une prière d'action de grâce.

"Non nobis, non nobis, Domine
Sed nomini tuo da gloriam.

Non pas à nous Seigneur, non pas à nous,
Mais à Ton Nom (seul), donne la gloire."

 

C'est ensuite un appel à "Toute la nature humaine" pour aller célébrer l'enfant qui vient de naître : rythmé par un tambourin, ce chant plein de vivacité nous entraîne dans son sillage.

 

Une chanson humoristique des Frères Jacques nous emporte alors dans un tourbillon de jeux de mots...


"C'était un Shah, tait un Shah, tait un Shah,
Un Pacha plein d'argent, Shah Persan si puissant
Que dans son, que dans son, que dans son, son harem
Toutes les femmes lui disaient Shah Shah Shah comme on
t'aime!
Mais malgré ses mi-mi, ses mi-mi, ses milliards,
Le Pacha, Shah Shah Shah, avait bien le cafard,
Des pé-pé, des pé-pé, des pétroles il était saturé...

Car son rêve...
C'était d'voir pousser l'gazon...
Devant son pa-pa...
Son palais en toutes saisons..."

 

Puis, c'est un "kyrie" apaisant qui nous berce de ses notes si douces et mélancoliques... magnifique !

 

C'est encore un chant traditionnel du Béarn qui évoque les Rois mages :

"Nous sommes trois souverains princes
De l'Orient
Qui voyageons de nos provinces
En Occident
Pour honorer le Roi des rois
Dans sa naissance
Et recevoir les douces lois
Que donne son enfance

Le firmament fait sous le voile
De cette nuit
Scintiller une belle étoile
Qui nous conduit
Nous nous guidons par les beaux feux
Qu'elle fait naître
Nous allons accomplir nos vœux...

 

Une chanson napolitaine : La palummela qui nous séduit avec ses belles sonorités de la langue italienne...

 "Palummella, zompa e vola
addo sta nennella mia…
Non fermate pe’ la via,
vola, zompa ch’ella la…
 Cola scella la saluta,
falle festa falle festa attuorno attuorno…
e le ha di ca, notte e ghiuorno
ie sto sempe ie sto sempe souchpira"

 

"Colombe, saute, et vole
vers ma petite chérie
Ne t’arrête pas en route,
vole, saute, car elle est là
 Avec ton aile, salue-la,
fais lui fête, tourne lui autour
Et dis-lui que nuit et jour
je soupire toujours après elle."

 

On est séduit aussi par cette évocation de l'hiver et de son cortège :

 

"C’est l’hiver et son cortège
Qui arrive tout blanc de neige
Et met dans son capuchon
Les toits rouges des maisons. Bis

 D’abord il appelle le vent
Qui sifflote entre ses dents
Et lui dit: « Va et emporte
Au loin tout’s les feuilles mortes. Bis

 Ensuite il appelle le froid
Et lui dit: « Viens avec moi
Dessinons des fleurs de gel
Aux fenêtres des chapelles." Bis

On se laisse encore bercer par cette célèbre Barcarolle napolitaine :

 

Sul mare luccica l'astro d'argento.
Placida è l'onda, prospero è il vento.
Sul mare luccica l'astro d'argento.
Placida è l'onda, prospero è il vento.
Venite all'agile barchetta mia,
Santa Lucia! Santa Lucia!
Venite all'agile barchetta mia,
Santa Lucia! Santa Lucia!

 

Sur la mer miroite l'astre d'argent,
L'onde est calme, le vent est favorable,
Sur la mer miroite l'astre d'argent,
L'onde est calme, le vent est favorable,
Venez sur mon agile petite barque
Sainte Lucie ! Sainte Lucie !
Venez sur mon agile petite barque
Sainte Lucie ! Sainte Lucie !

 

Le récital s'achève avec le célèbre Ave verum de Mozart : on est ému par la simplicité et la beauté de ce chant religieux :

 

"Ave verum corpus natum de Maria Virgine
Vere passum, immolatum in cruce pro homine,
Cuius latus perforatum fluxit aqua et sanguine,
Esto nobis prægustatum in mortis examine.

 

Je te salue, vrai corps né de la Vierge Marie,
Qui a vraiment souffert et a été immolé sur la croix pour l'homme,
Toi dont le côté transpercé a laissé couler du sang et de l'eau.
Puissions nous te recevoir à l'heure de la mort."

 

Ce concert a été donné au profit de l'ONG Action contre la faim.

Créée en 1979, cette association  lutte contre la faim dans le monde. Sa mission est de sauver des vies en éliminant la faim par la prévention, la détection et le traitement de la sous-nutrition, en particulier pendant et après les situations d’urgence liées aux conflits et aux catastrophes naturelles.
 

 

 

 

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4 décembre 2019 3 04 /12 /décembre /2019 11:31
Sur un air d'accordéon...

 

 

L'accordéon évoque les bals populaires, une musique entraînante qui donne envie de danser...

 

Des airs de bal musette virevoltent, tourbillonnent autour du musicien...

 

L'accordéoniste fait corps avec son instrument : il tangue, bascule avec lui, il épouse son accordéon, l'enlace avec ferveur et enthousiasme.

 

L'accordéoniste fait vibrer des airs populaires connus de tous, il nous enivre de ces mélodies légères, aériennes...

On écoute avec émerveillement un air extrait des Parapluies de Cherbourg : Je ne pourrai jamais vivre sans toi.

 

Une musique mélancolique, émouvante, envoûtante, qui fait rêver... une musique composée par Michel Legrand, un musicien d'exception...

 

On est emporté aussi par des airs de bal musette. Mon amant de Saint-Jean, Sous les ponts de Paris...

Des mélodies populaires, connues de tous... un patrimoine musical empli de charme...

 

Le musicien égrène les notes avec sensibilité : il vit sa musique, il est concentré, les yeux fermés, il danse avec son accordéon...

 

Les doigts courent sur le clavier avec vivacité, élégance...

 

On admire la maîtrise du musicien, sa technique...

L’accordéon, pour certains, n’est qu'un instrument poussiéreux et complètement dépassé. Celui de nos aïeux, de la musette, de la valse et des guinguettes de l’avant et de l’après guerre. 

Même s'il est synonyme de musique populaire, il a servi tous les genres et tous les styles de musique. 

Classique, opéra, jazz, rock...

C'est un merveilleux instrument aux sonorités amples et somptueuses.

 

A l'accordéon : Félicien Brut

"Portant son instrument sur les plus belles scènes du moment , Félicien Brut s’impose comme le représentant de l’accordéon dans la nouvelle génération de musiciens classiques. Instrumentiste virtuose, il réconcilie musiques populaires et savantes, rend hommage au style musette tout en favorisant la création contemporaine, fédère autour de lui un collectif de musiciens brillants au service d’un répertoire et de programmes dont l’éclectisme transcende les genres."

 

 

Vidéos :

 

https://youtu.be/XJEFbsFpbso

 

https://youtu.be/JdWQp9K8T24

 

 

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15 novembre 2019 5 15 /11 /novembre /2019 13:58
Barbara Furtuna : les voix corses...

 

 

Quatre chanteurs à la voix profonde et mélodieuse, deux guitares : voilà de quoi émouvoir et enchanter tout un public...

Barbara Furtuna nous fait découvrir des chants corses traditionnels, mais aussi tout un répertoire de nouvelles créations...

Le récital commence avec un air de guitare, puis une voix qui résonne, qui fait vibrer la langue corse, puis quatre voix à l'unisson : un chant qui roucoule, un chant fait pour consoler les âmes....

Des voix apaisantes, des sonorités qui font rêver... Le public est conquis dès les premières notes.

Le deuxième chant nous berce encore de ses envolées de douces sonorités...

 

Puis, c'est un chant religieux plus sombre qui nous émeut : en latin, d'abord puis en corse...

"Stabat Mater dolorosa
Juxta Crucem lacrimosa
Dum pendebat Filius."

"Debout, la Mère des douleurs
Se dresse le visage en pleurs,
Sous la croix où pend son Fils."

Les chanteurs égrènent d'autres mélodies envoûtantes... chansons d'amour, poésies emplies d'échos sonores... le choeur des voix est magnifique...

 

"Nous avons besoin de poètes, de penseurs qui viennent apporter une lumière nouvelle, quitte à contrarier, à déranger...", commente un des chanteurs.

 

C'est alors un chant mélancolique et lancinant qui évoque aussi un thème religieux : 

"Maria, O di senteli gridà
Ci portanu l’angunia
Chì l’ora hè venuta avà         
Maria, O tempu ùn ne ferma più
À morte è cusì sia
U to figliolu Gesù
Tandu penserai à tanti ghjorni è tanti mesi
Per ghjunghjene oghje à tamanti malanni
È per ch’ella sia più dolce la to offesa         
Maria, avà nun ti scurdà

 

Marie,
J’entends les clameurs
Qui nous annoncent l’agonie
Car l’heure est arrivée
Marie,
Il ne reste plus de temps
C’est la mort annoncée
De ton fils Jésus
Rappelle-toi de ces jours et ces mois
Pour arriver à ce jour funeste
Et pour que ta douleur soit plus douce
Marie, souviens t’en à présent
De ses premiers pas à ses premiers mots
Tu as été la mère de chaque instant de chaque pleur
Il n’y a pas de plus belle école que la vie
Marie, l’heure est arrivée"

 

Puis, c'est un chant d'amour empli de gaieté, très rythmé qui séduit encore le public...

 

Des messages viennent ponctuer les chansons : la Corse, terre agro-pastorale est devenue une terre résidentielle... L'appétit des promoteurs est sans limite, il ne faut pas sacrifier toute une jeunesse et une partie de notre âme sur l'autel du profit.

 

Des anecdotes aussi : un voyage en Albanie, l'occasion d'échanges enrichissants, la découverte d'une langue, d'une culture différentes...

Des plaisanteries sur la légendaire lenteur des Corses viennent émailler le concert.

 

Le récital s'achève avec l'hymne corse, le Salve Regina, chanté à cappella.
      
"Dio vi salvi Regina
E Madre Universale
Per cui favor si sale
Al Paradiso.

Voi siete gioia e riso
Di tutti i sconsolati,
Di tutti i tribolati,
Unica speme.

A voi sospira e geme
Il nostro afflitto cuore,
In un mar di dolore
E d'amarezza.

Maria, mar di dolcezza
I vostri occhi pietosi,
Materni ed amorosi
A noi volgete.

Noi miseri accogliete
Nel vostro santo Velo
Il vostro Figlio in Cielo
A noi mostrate.

Gradite ed ascoltate,
O Vergine Maria,
Dolce, clemente e pia,
Gli affetti nostri.

Voi dei nemici nostri
A noi date vittoria ;
E poi l'Eterna gloria
In Paradiso.    Que Dieu vous garde, Reine,
Et Mère universelle
Par qui on s'élève
Jusqu'au Paradis.

Vous êtes la joie et le rire
De tous les attristés,
De tous les tourmentés,
L'unique espérance..

Vers vous soupire et gémit
Notre cœur affligé
Dans une mer de douleur
Et d'amertume.

Marie, mer de douceur,
Vos yeux pieux
Maternels et aimants,
Tournez-les vers nous.

Nous, malheureux, accueillez-nous,
En votre saint Voile
Votre fils au Ciel
Montrez-le nous.

Acceptez et écoutez
Ô Vierge Marie,
Douce, clémente et pieuse,
Nos marques d'affection.

Sur nos ennemis
Donnez-nous la victoire ;
Et puis l'Éternelle gloire
Au Paradis."

 

Un beau moment de partage, de sensibilité, d'émotions... Des voix mélodieuses qui ont charmé et envoûté le public nombreux venu assister à ce concert...

 

 

 

http://www.barbara-furtuna.fr/wp-content/uploads/2016/04/textes-et-traductions-album-danima.pdf

 

 

 

 

imagina

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6 novembre 2019 3 06 /11 /novembre /2019 11:26
Musique à la cour des Sforza et des Farnèse avec l'Ensemble A rebours...

 

 

Que diriez-vous d'un parcours musical en Italie du Nord à l'époque de la Renaisssance et au début du baroque ?

 Les familles Sforza à Ravenne et à Milan, les Farnèse à Venise, Parme, Plaisance, Mantoue ont été très influentes dans la politique, l'économie, la religion et les arts, surtout par leurs alliances avec les Médicis et les Visconti.
Elles se sont offert les meilleurs artistes pour la peinture, l'architecture et la musique tant profane que religieuse.

 

L'Ensemble A Rebours composé de solistes réputés a donné à Nîmes un récital de ces musiques anciennes peu connues... 

 

D'abord, on est charmé par un air mélodieux de Josquin des Prés : Baisiez-moi...  les chanteurs sont accompagnés par les sons d'une sacqueboute et d'un cornet à bouquin... dépaysement garanti...

 

Comment ne pas apprécier aussi la belle vivacité de ce morceau : El Grillo, Le grillon ? C'est enlevé, léger, charmant, scandé par un tambourin...

 

"El grillo è buon cantore,
Che tienne longo verso,
Dalle beve grillo canta.


Ma non fa come gli altri uccelli,
Come li han cantato un poco,
Van' de fatto in altro loco
Sempre el grillo sta pur saldo,
Quando la maggior è'l caldo
Al' hor canta sol per amore.

 

 

Le grillon est un bon chanteur
Il peut chanter longtemps
Il chante tout le temps


Mais il n’est point comme les autres oiseaux
S’ils ont chanté un peu
Ailleurs ils s’en vont
Le grillon reste ou il est
Et quand la chaleur est très accablante
Alors il ne chante que pour l’amour."

 

 

On écoute ensuite une danse d'un anonyme, un air de flûte solo : une musique légère, vaporeuse, sautillante...

 

Comment ne pas être séduit par l'air suivant de Palestrina : Amor, fortuna ? On est envoûté par la douceur et l'harmonie de cette mélodie.

 

On est aussi ébloui par la vivacité, la gaieté de ces airs : L'Innamorato, L'Accesso de Giovanni Gastoldi... quelle légèreté et quels envols de notes !

 

Puis, c'est un duo instrumental auquel on est convié, un "bicinium", avec sacqueboute et flûte : douceur et légèreté de la flûte, notes plus graves de la sacqueboute, une musique apaisante qui nous entraîne vers le rêve...

 

C'est encore un duo instrumental de Frescobaldi qui nous enveloppe d'une musique envoûtante, douce : une canzone, la Bernardina...

 

Des madrigaux de Claudio Monteverdi, notamment S'andasse amor a caccia nous entraînent dans des notes légères, virevoltantes....

 

On pourrait s'étonner de voir Josquin des Prés dans un programme de musique italienne : en fait, il a passé une bonne partie de sa carrière en Italie, chez les Sforza.

Au cours d'un entracte, Mario Hacquard a présenté au public les instruments utilisés lors de ce concert :

la sacqueboute, ancêtre du trombone, le cornet à bouquin dont l'embouchure ressemble à celle d'une trompette...

Un beau moment pour ce concert donné dans le cadre de l'Automne musical de Nîmes, et une occasion de découvrir des mélodies peu connues...

 

 

MUSIQUE A LA COUR des SFORZA et des FARNESE, Josquin des Prés, Allegri, Ingegneri, Palestrina, Graziani, Gastoldi, Monteverdi, Frescobaldi, Sabbatini

Ensemble A REBOURS
Bertrand Dazin, contre-ténor
Pierre Vaello, ténor
Maud Caille, cornet à bouquin, flûte
Claire McIntyre, sacqueboute
Mario Hacquard, baryton et direction

 

 

 


 

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11 octobre 2019 5 11 /10 /octobre /2019 11:52
Deux jeunes musiciens à l'honneur : Héloïse Houze et Basile Maurel...

 

 

Ils sont jeunes, remplis d'enthousiasme, ce sont des musiciens en formation, et ils ont donné un magnifique récital au Carré d'Art dans le cadre des Jeudis de Nîmes.

 

Basile Maurel a fait une démonstration époustouflante de son talent au cours d'un récital de piano.

D'abord, il interprète avec brio le prélude et la fugue en ré majeur BWV 874 Livre II de Bach.

 

On est subjugué par la virtuosité de ce très jeune musicien : le piano claironne dans une mélodie dansante, puis la musique devient plus lente, s'apaise, s'adoucit et nous fait rêver.

Quelle maîtrise dans l'interprétation !

Basile Maurel joue sans partition, de mémoire...

 

Puis, on découvre les Variations sérieuses op. 54 de Mendelssohn. La musique d'abord assez lente s'accélère dans un vertige de notes... on est emporté dans un vibrato et un tourbillon de notes...

Le rythme s'apaise à nouveau et nous berce de son harmonie.

 

L'extrait suivant nous transporte à nouveau dans une cascade, un torrent de notes : c'est époustouflant ! Il s'agit de l'étude n°4 op. 10 de Chopin...

 

Ce jeune garçon est impressionnant dans la maîtrise de son art, dans sa concentration, et ses interprétations étourdissantes...

 

Puis, c'est Héloïse Houze qui nous présente un extrait de Roxanna Panufnik, compositrice britannique née à Londres le 24 avril 1968.

La musicienne joue avec son alto une mélodie aux airs un peu tziganes, mélancolique et douce...

On est envoûté par cette musique au rythme empli de douceur...

 

Enfin, les deux jeunes artistes interprètent ensemble un concerto pour alto de Béla Bartok.

La musique est d'abord ponctuée par quelques notes graves au piano, un air lancinant, sombre, puis on écoute avec ravissement un ruissellement de notes au piano... l'alto crisse, pleure, puis, le rythme devient dansant, tourbillonnant...

Magie de la musique qui nous emporte au bord du rêve !

Bravo à ces deux musiciens, jeunes diplômés du conservatoire de Nîmes, dont on a apprécié tout le talent et toute la modestie.

 

 

 

 

 

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27 septembre 2019 5 27 /09 /septembre /2019 12:29
Un spectacle empli d'émotions : Victor Hugo, un géant dans son siècle...

 

Ecouter la voix de Victor Hugo, l'écouter raconter son parcours, l'entendre dire ses poèmes : c'est là le sujet d'un spectacle plein d'émotions qui évoque la vie et l'oeuvre d'un des plus grands poètes que la France ait connu.

  A la fin de sa vie, le poète se raconte. Né en 1802, il mourra en 1885, embrassant à lui seul ce XIXe siècle à la fois corseté moralement et génial sur le plan culturel. 

 

Le spectacle est ponctué par des extraits de poèmes et des airs d'accordéon qui viennent souligner les événements de la vie de l'écrivain.

"Je m'appelle Hugo Victor-Marie, je suis né le 26 février 1802 à Besançon..." c'est ainsi que se présente l'écrivain...

 

"Ce siècle avait deux ans ! Rome remplaçait Sparte,
Déjà Napoléon perçait sous Bonaparte,
Et du premier consul, déjà, par maint endroit,
Le front de l'empereur brisait le masque étroit.
Alors dans Besançon, vieille ville espagnole,
Jeté comme la graine au gré de l'air qui vole,
Naquit d'un sang breton et lorrain à la fois
Un enfant sans couleur, sans regard et sans voix ;
Si débile qu'il fut, ainsi qu'une chimère,
Abandonné de tous, excepté de sa mère,
Et que son cou ployé comme un frêle roseau
Fit faire en même temps sa bière et son berceau.
Cet enfant que la vie effaçait de son livre,
Et qui n'avait pas même un lendemain à vivre,
C'est moi. "

 

"Mon père alors capitaine sera plus tard général et Comte de l'empire, il épouse en 1797 Sophie Trébuchet à Paris, mes parents auront deux autres fils, Abel et Eugène..."

 

Et le père entraîne toute sa famille sur les routes de France  et d'Europe et l'emmène dans ses campagnes, en Italie, en Espagne...

Le jeune Hugo n'aura que des contacts épisodiques avec son père dont la séparation avec sa mère a été difficile à vivre, même si ce père restera à jamais pour Victor un héros...

 

On entend alors ce poème célèbre :

"Mon père, ce héros au sourire si doux,
Suivi d’un seul housard qu’il aimait entre tous
Pour sa grande bravoure et pour sa haute taille,
Parcourait à cheval, le soir d’une bataille,
Le champ couvert de morts sur qui tombait la nuit.
Il lui sembla dans l’ombre entendre un faible bruit.
C’était un Espagnol de l’armée en déroute
Qui se traînait sanglant sur le bord de la route,
Râlant, brisé, livide, et mort plus qu’à moitié.
Et qui disait:  » A boire! à boire par pitié !  »
Mon père, ému, tendit à son housard fidèle
Une gourde de rhum qui pendait à sa selle,
Et dit: « Tiens, donne à boire à ce pauvre blessé.  »
Tout à coup, au moment où le housard baissé
Se penchait vers lui, l’homme, une espèce de maure,
Saisit un pistolet qu’il étreignait encore,
Et vise au front mon père en criant: « Caramba!  »
Le coup passa si près que le chapeau tomba
Et que le cheval fit un écart en arrière.
« Donne-lui tout de même à boire », dit mon père."

 

Victor Hugo passe aussi une partie de son enfance à Paris au 8 rue des Feuillantines dans cet ancien couvent vendu comme bien national à la Révolution.

 

Et c'est aux Feuillantines que le jeune Hugo découvre avec ses frères les merveilles de la lecture :

"Mes deux frères et moi, nous étions tout enfants.
Notre mère disait: jouez, mais je défends
Qu'on marche dans les fleurs et qu'on monte aux échelles.

Abel était l'aîné, j'étais le plus petit.
Nous mangions notre pain de si bon appétit,
Que les femmes riaient quand nous passions près d'elles.

Nous montions pour jouer au grenier du couvent.
Et là, tout en jouant, nous regardions souvent
Sur le haut d'une armoire un livre inaccessible.

Nous grimpâmes un jour jusqu'à ce livre noir ;
Je ne sais pas comment nous fîmes pour l'avoir,
Mais je me souviens bien que c'était une Bible.

Ce vieux livre sentait une odeur d'encensoir.
Nous allâmes ravis dans un coin nous asseoir.
Des estampes partout ! quel bonheur ! quel délire!

Nous l'ouvrîmes alors tout grand sur nos genoux,
Et dès le premier mot il nous parut si doux
Qu'oubliant de jouer, nous nous mîmes à lire.

Nous lûmes tous les trois ainsi, tout le matin,
Joseph, Ruth et Booz, le bon Samaritain,
Et, toujours plus charmés, le soir nous le relûmes.

Tels des enfants, s'ils ont pris un oiseau des cieux,
S'appellent en riant et s'étonnent, joyeux,
De sentir dans leur main la douceur de ses plumes."

 

Le poète évoque aussi ses débuts littéraires, son mariage avec Adèle Foucher qu'il avait rencontrée aux Feuillantines alors qu'il avait huit ans. Cinq enfants naîtront de cette union : Léopold, Léopoldine, Charles, François-Victor et Adèle.

 

Puis, c'est le récit détaillé et haut en couleurs de la bataille d'Hernani... en 1830, les représentations de la pièce resteront célèbres comme terrain d'affrontement entre classiques et la nouvelle génération des romantiques qui aspirent à une révolution de l'art...

 

Bien sûr, Hugo raconte aussi sa rencontre avec Juliette Drouet, le début d'une merveilleuse histoire d'amour...

Puis, les romans Bug-Jargal, Claude Gueux, Le dernier jour d'un condamné, Notre Dame de Paris, Les Misérables, l'Homme qui rit...

 

1843 : une année terrible, Léopoldine meurt tragiquement dans la Seine à Villequiers, noyée avec son mari, Charles Vacquerie.

Et on est ému par un des plus célèbres poèmes de Victor Hugo : Demain, dès l'aube...

 

Cette même année, Hugo tombe éperdument amoureux de Léonie d'Auney, avec qui il va avoir une liaison de 7 ans.

 

Puis, Hugo commence à s'intéresser à la politique et aux questions sociales, nommé maire du huitième arrondissement de Paris et député de la deuxième république en 1848, en 1849, il est élu à l'assemblée législative.

C'est là qu'il prononce le magnifique discours sur la misère :

 

"Je ne suis pas, Messieurs, de ceux qui croient qu’on peut supprimer la souffrance en ce monde, la souffrance est une loi divine, mais je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu’on peut détruire la misère.

Remarquez-le bien, Messieurs, je ne dis pas diminuer, amoindrir, limiter, circonscrire, je dis détruire. La misère est une maladie du corps social comme la lèpre était une maladie du corps humain ; la misère peut disparaître comme la lèpre a disparu. Détruire la misère ! Oui, cela est possible. Les législateurs et les gouvernants doivent y songer sans cesse ;  car, en pareille matière, tant que le possible n’est pas le fait, le devoir n’est pas rempli. 

La misère, Messieurs, j’aborde ici le vif de la question, voulez-vous savoir où elle en est, la misère ? Voulez-vous savoir jusqu’où elle peut aller, jusqu’où elle va, je ne dis pas en Irlande, je ne dis pas au moyen-âge, je dis en France, je dis à Paris, et au temps où nous vivons ? Voulez-vous des faits ?"

 

 

Le poète raconte aussi l'exil, la fuite à Bruxelles, à Jersey, Guernesey... la dénonciation de la tyrannie de Napoléon III dans les Châtiments...

Puis, les derniers recueils de poèmes : Les Contemplations, La légende des siècles, L'art d'être grand-père...

 

Ce spectacle écrit et interprété par Pierre Jouvencel fait revivre un des plus grands écrivains français : poète, romancier, dramaturge, pamphlétaire, Hugo a excellé dans tous les genres littéraires.

Pierre Jouvencel incarne à merveille le poète, il nous fait partager toutes sortes d'émotions, on est particulièrement ému par le discours sur la misère qui reste, hélas, par bien des aspects encore d'actualité...

 

 

 

Discours sur la misère :

 

https://fr.wikisource.org/wiki/D%C3%A9truire_la_mis%C3%A8re,_Discours_%C3%A0_l%27Assembl%C3%A9e_nationale_l%C3%A9gislative_9_juillet_1849_(extrait)

 

 

 

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